911 : Shannon Burke

Titre : 911 [NUM]                                                                        big_4

Auteur : Shannon Burke
Édition : Sonatine (2014)

Résumé :
Lorsqu’il devient ambulancier dans l’un des quartiers les plus difficiles de New York, Ollie Cross est loin d’imaginer qu’il vient d’entrer dans un monde fait d’horreur, de folie et de mort. Scènes de crime, blessures par balles, crises de manque, violences et détresses, le combat est permanent, l’enfer quotidien.

Alors que tous ses collègues semblent au mieux résignés, au pire cyniques face à cette misère omniprésente, Ollie commet une erreur fatale : succomber à l’empathie, à la compassion, faire preuve d’humanité dans un univers inhumain et essayer, dans la mesure de ses moyens, d’aider les victimes auxquelles il a affaire. C’est le début d’une spirale infernale qui le conduira à un geste aux conséquences tragiques.

Petit Plus : Dans un style viscéral, Shannon Burke prend littéralement le lecteur à la gorge et nous livre un portrait de la condition humaine digne d’Hubert Selby Jr ou de Richard Price.

Critique : 
911, Nine-one-one est un numéro que nous connaissons tous et toutes. C’est celui des urgences. Les urgences américaines, bien entendu.

New-York, années 90… Un groupe d’ambulanciers urgentistes que nous allons accompagner durant des interventions.

De grâce, laissez de côté vos souvenirs de la série Urgences ! Ici, pas de beau George ClooNescafé pour vous prendre en charge avec gentillesse tout en vous servant un ristretto.

Ici, le seul Noir que vous pourrez prendre, ce sera celui que vous chargerez – ou non – dans votre ambulance. Et si vous êtes un peu sadique sur les bords ou brisé par votre travail, vous le prendrez avec votre ambulance, mais au sens propre… Oui, « boum » dans un être humain.

Je vous avais dit que nous étions à New-York, mais dans le quartier de Harlem !

La misère humaine est celle de Zola, les êtres décharnés qui louvoient dans les rues ont tous une aiguille fichée dans le bras, ou presque. Le quartier est gangréné et l’amputation ne résoudrait rien. Des immeubles sont laissés à l’abandon et la population aussi. Ce qui ne la rend pas aimable, vous en conviendrez.

Vous intervenez pour essayer de sauver des vies et vous vous prenez des insultes ou des parpaing sur la tronche. Bienvenue à Harlem !

Nos voisins de Manhattan ont des boulots, ils votent, ils paient leurs impôts. Les gens qu’on a ici, c’est de la racaille. Des parasites. Et dès que quelqu’un essaie de les aider, ils se mettent à hurler, jamais un merci. Je leur souhaite tous de crever. Je leur souhaite tous de se prendre une putain de balle dans le foie et de crever de la mort la plus douloureuse qui soit. Mais s’ils souffrent, s’ils sont mes patients, je les soignerai mieux que Verdis. […] Ma façon de voir les choses, c’est que, pour préserver l’objectivité et la distance

C’est dans cette atmosphère particulière que travaille notre unité d’ambulanciers : des anciens, des vieux de la vieille, des altruistes, des sadiques, des blasés et notre Ollie, jeune bleu qui fait ambulancier afin d’avoir de l’expérience pour entamer des études de médecine.

Il est jeune et rempli d’empathie, l’amertume ne l’a pas encore contaminé, lui. D’autres sont déjà passé du côté obscur, se donnant pour mission d’éradiquer les drogués en les laissant crever (sorry pour le terme, mais c’est celui qui convient vu la manière dont c’est fait).

Il est difficile d’expliquer cette transition à quelqu’un qui n’a pas vécu çà, mais lorsque vous n’arrivez plus à dormir, lorsque votre vie vous semble complètement vide, que vous croisez la mort tellement de fois qu’elle en devient banale, que vous êtes dévoré par la culpabilité d’être vivant parmi les morts, alors vous finissez par devenir parfaitement insensible, immunisé contre les sentiments qu’éprouvent habituellement les gens, le genre de personne qui peut trébucher sr le corps mutilé d’un ado ou le cadavre pourrissant d’une vieille dame.

Chaque personnage est bien campé, a son caractère bien à lui, sa manière de bosser. Ollie est en apprentissage et son coéquipier est important. Nous verrons comment notre Olivier va basculer lentement du côté obscur de la Force. L’indifférence, ça te tue à petit feu.

De cette indifférence, qui n’est qu’une protection, découle un risque bien particulier du métier. Lorsque plus rien n’a de sens, y compris la vie ou la mort d’autrui, vous n’êtes plus qu’à un pas du mal. Et ce putain de pas est terriblement facile à franchir.

Si ceci est une œuvre de fiction, l’auteur, qui fut ambulancier, sait de quoi il parle et chaque intervention est tintée d’un réalisme qui frôle la perfusion… non, pardon, la perfection !

Sans jamais tomber dans l’excès de voyeurisme, sans temps mort, sans jamais gaver son lectorat de termes médicaux en tout genre qui ferait ressembler le roman à un syllabus médical, l’auteur a mis en place toute une histoire derrière et on s’attache à certains personnages, on les voit sombrer, se raccrocher, s’en sortir ou péter les plombs.

Attention, c’est sombre, c’est du p’tit roman noir serré et vos tripes vont se remuer parce que l’auteur a dû mettre les siennes pour l’écrire. C’est sans concession aucune.

Si le 911 a changé notre jeune Ollie en 11 mois, le 911 vous changera en 200 pages. Ensuite, comme eux, vous ressentirez un grand vide.

Excellent !

BILAN - Coup de coeurChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Long Spoon Lane : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 24]

Titre : Long Spoon Lane [NUM]                                                     big_4

Auteur : Anne Perry
Édition:  10/18

Résumé :
Réveillé en pleine nuit par Victor Narraway, chef de la Special Branch, Thomas Pitt est sommé de se rendre d’urgence dans Myrdle Street où des anarchistes menacent de faire sauter une bombe.

Après une course-poursuite effrénée, il parvient à arrêter deux d’entre eux, mais découvre dans leur Q.G. de Long Spoon Lane le cadavre de leur chef, fils d’un lord très influent, abattu d’une balle dans la nuque.

Intrigué par ce meurtre et les accusations plutôt troublantes des deux anarchistes qui dénoncent une corruption policière étendue, Pitt décide d’enquêter avec l’aide de son ancien acolyte du commissariat de Bow Street, l’inspecteur Tellman.

Il découvre alors une conspiration policière et politique terrifiante, orchestrée par le Cercle intérieur, qui ne lui laissera pas d’autre choix que de s’allier avec son pire ennemi, Lord Charles Voisey.

Critique : 
C’est fou comme certaines lectures peuvent rejoindre l’actualité… Et malgré plus d’un siècle d’écart, les pensées imbéciles et les désirs haineux de certains sont toujours d’actualités.

En aurions-nous douté ? Pas moi, en tout cas.

Je viens donc de prendre mon pied avec ce roman (tout en ayant une pensée pour l’actualité de ces dernières semaines) qui me donnait envie de chanter ♫ Non, non, rien à changé ♪

Lecture, qui, au départ, fut entamée avec appréhension. Pourquoi ? Parce que je n’aime pas la Special Branch et que je n’ai toujours pas digéré l’éviction du commissaire Thomas Pitt de Bow Street. C’est donc en ronchonnant un peu que j’ai ouvert le livre, mais ce fut de courte durée.

Direction les bas-fonds de Londres, les quartiers les plus miteux, ceux où les gens triment 6 jours sur 7 pour des salaires de misères. Un contexte social et politique étaient présent, de quoi me réjouir, donc.

Des anarchistes ont déposé une bombe afin de faire sauter une maison bien précise mais vu qu’ils n’ont pas accès au site Comment-faire-une-bombe.com, c’est trois immeubles qui sont parti en fumée, laissant leurs occupants encore plus miséreux.

Courses-poursuites en fiacre, fusillade… et un anarchiste au tapis ! Mais qui l’a tué, et pourquoi ??

Lorsque je vous parlais des airs contemporains de cette enquête, c’était au niveau politique. Suite à l’attentat, certains parlementaires ont présenté un projet de loi visant à doter les policiers londoniens d’armes à feu et de leur donner plus de pouvoirs.

Un Patriot Act version « Tea for two »… Des policiers armés en permanence ainsi qu’une possibilité de fouiller les gens et leurs maisons SANS mandat, autrement dit, si les flics ont quelques soupçons ou que votre tronche ne leur revient pas, hop, à la fouille !

Et vu que la police a mis 30 ans afin de se faire accepter par les gens des quartiers les plus miséreux, ils risquent de perdre la confiance du petit peuple.

De plus, une partie de ces flics sont corrompus et rançonnent les petits commerçants… Oui, mafia version rosbeef. Notre Thomas Pitt a du pain sur la planche et les esprits s’échauffent vite, même sans les réseaux sociaux.

L’auteur nous démontre bien les manipulations qui peuvent se faire, en Haut Lieu, afin de permettre à certains de transformer les policiers en petite armée privée, quitte, pour arriver à leurs fins, à provoquer eux-mêmes des attentats afin de renforcer le climat d’insécurité. La démagogie bat son plein.

— Wetron va se servir du sentiment d’insécurité pour faire passer cette loi. Tout nouvel incident fera son jeu. Il va laisser la criminalité augmenter jusqu’à ce que plus personne ne se sente en sécurité nulle part : vols, agressions, incendies et peut-être même d’autres bombes. Il veut, et il va, semer la peur au point que les gens supplieront qu’on donne à la police des armes, des effectifs et des pouvoirs supplémentaires. Et quand il les aura obtenus, il écrasera le crime en quelques jours pour apparaître en héros.

On comprend aussi comment il est possible de présenter, sous un jour favorable, des projets de lois renforçant votre sécurité, alors qu’il n’en est rien. Le produit à l’air alléchant lorsqu’il est présenté par un parlementaire alléché, mais lorsque l’on creuse un peu, on est horrifié des pouvoirs que l’on donne aux autres.

— C’est généralement à cause des troubles que nous acceptons les changements.

Bref, ne nous laissons pas manipuler par les politiciens et les médias, nous rappelle le roman dont certains dialogues m’ont enchanté (surtout les réparties entre Thomas et les anarchistes) et étaient tout ce qu’il y a de plus contemporains.

— Nul n’a le droit de s’en prendre à des gens innocents pour faire valoir son point de vue. C’est mal, quel que soit le désespoir dans lequel on se croit.

Il pouvait se montrer imprudent, ne se rendant pas compte que parfois de mauvaises personnes peuvent prêcher de bonnes croisades.

Un petit roman noir bien serré, une dose de suspense, additionné de fiacres poursuites, saupoudré de coups de feu, et rehaussé d’une enquête qui n’a pas dit son dernier mot avant le mot « fin ». Plus quelques incursions dans les salons huppés avant de replonger dans des petites ruelles coupe-gorge.

Tous nos personnages habituels sont présent, même si Charlotte ne peut plus enquêter comme elle le faisait avant, lorsque Thomas était au commissariat de Bow Street.

Sans oublier une alliance contre nature entre Thomas Pitt et Charles Voisey. Et il est dit que lorsqu’on dîne avec le Diable, il faut se munir d’une longue cuillère (Long Spoon).

Tout compte fait, la Special Branch vient de remonter dans mon estime.

BILAN - Coup de coeurLu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2013-2014), du Challenge « Polar Historique » de Sharon, du Challenge « Victorien » chez Arieste, du Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et, last but not leaste, d’une LC chezBianca.

La collection : Paul Cleave [Theodore Tate 2]

Titre : La collection [NUM]                                                             big_3-5

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (2014)

Résumé :
Des gens disparaissent à Christchurch. C’est d’abord Cooper Riley, un professeur de psychologie criminelle distingué. Puis une de ses étudiantes, Emma Green.

Le père de celle-ci appelle à l’aide Theodore Tate, un ancien flic, qui vient juste de sortir de prison, où il purgeait une peine pour avoir renversé Emma alors qu’il était ivre au volant.

Mû par un intense sentiment de culpabilité, Tate recommence donc à arpenter les rues brûlantes de la ville, conscient que chaque heure qui passe voit se réduire les chances de retrouver Emma vivante.

Bientôt, ses pas le mènent vers l’ancien hôpital psychiatrique de Christchurch, Grover Hills, un établissement au sombre passé.

Il va alors être amené à affronter deux personnages pour le moins inquiétants. Melissa X, une tueuse en série dont la police, qui possède ses empreintes, son ADN et sa photo, n’est pourtant jamais parvenue à déceler la véritable identité. Et un mystérieux individu, amateur de serial killers au point de les collectionner…

Petit Plus : Avec « La Collection », Paul Cleave inscrit un nouveau chapitre magistral à sa grinçante « comédie humaine » et nous ouvre un peu plus grand la porte de sa petite boutique des horreurs.

Une fois encore, l’auteur d’ Un employé modèle se surpasse pour explorer les recoins les plus sombres de l’âme humaine dans un thriller addictif à l’humour très noir !

POLAR - asile-hopital-abandonné-15Critique : 
Dire que j’ai failli abandonner ma lecture avant la page 50… Heureusement, j’ai persévéré et mon entêtement s’est révélé payant.

Ce qui a failli causer l’abandon, c’est cette foutue narration au présent que je déteste plus que tout, additionné du personnage de l’ex-inspecteur Theodore Tate que je n’apprécie pas vraiment.

Pourquoi ais-je donc continué à lire ce roman qui me faisait soupirer ? Pour deux choses.

Je commencerai par la seconde, si vous le permettez : je n’avais pas envie de rester sur deux mauvaises impressions consécutives alors que le premier roman que j’avais lu de Paul Cleave m’avait emballé (Un employé modèle).

Et la première des raisons qui a fait que je me suis accrochée, c’est à cause du récit d’Adrian (faites taire le Rocky en vous !) qui se trouve en alternance avec celui de Tate.

Adrian est personnage qui m’a touché, un personnage complexe qui m’a ému et dont je voulais absolument suivre le récit.

Adrian a les fils qui se touchent, dans sa tête. Ses cases ne sont pas dans le bon ordre… de ce fait, il en a bavé dès son plus jeune âge, lorsqu’il était à l’école. Vous savez, tout comme moi, que les enfants ne sont pas des tendres avec ceux qui n’ont pas toutes leurs frites dans le cornet.

Son récit est poignant et on a beau savoir qu’il est devenu un homme que l’on aurait peur de croiser, on ne peut pas s’empêcher de ressentir de l’empathie pour lui. Comment est-ce possible ? Et bien c’est simple : si les autres – enfants et adultes – ne l’avaient pas brimé, rejeté, abaissé, violenté et toussa toussa, nous n’en serions pas là !

Malgré un début laborieux, je suis entrée dans le récit et je me suis laissée emporter par toutes les péripéties d’Adrian, de Tate, de Cooper, d’Emma et j’ai apprécié la complexité de l’intrigue. Tout à l’air simple, mais dans le fond, ça ne l’est pas et je salue l’auteur pour certaines choses (no spoiler !!).

L’ex-inspecteur Tate est toujours à baffer, il est têtu comme une bourrique, ne se rend pas toujours compte qu’il fait beaucoup de dégâts chez les autres au cours de ses enquêtes, on ne sera jamais copains tous les deux, mais je dois reconnaître que sans son acharnement, les flics seraient toujours à tourner comme des chiens après leurs queues.

Si Nécrologie se déroulait sous une pluie battante, La Collection vous rôtira la peau car nous sommes sous un soleil cuisant ! Pas évident de lire ça alors que dehors il fait froid et humide…

Mélangeant les récits avec des « je » pour Tate et des « il » pour les autres personnages, cela permet de jouer beaucoup plus avec les pensées de notre enquêteur ex-policier tout en conservant des choses cachées pour les autres personnages.

Lors de notre passage au Grove (vous saurez ce que c’est en le lisant), les huis-clos sont plus tendus que le string d’une prostituée arpentant les trottoirs de Christchurch et je dois avouer que j’ai fermé les yeux lors d’un certain passage assez… heu… violent !

L’écriture est assez simple, sans chichis, mais sans concession avec la ville de Christchurch ou notre société. L’humour est grinçant, noir et ça, j’adore.

« Il y a dix ans, il y avait des règles : si une information n’était pas avérée, les journaux se montraient réticents à la publier. Les temps ont changé. Internet s’impose comme le média dominant, les chaînes d’information tournent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la concurrence est plus féroce que jamais, et les journalistes n’ont plus le temps de vérifier leurs sources.L’important n’est plus d’informer les gens de ce qui se passe, mais de définir les programmes et de gagner de l’argent, car l’argent importe plus que le bien et le mal ».

« Je me dirige vers le petit office de tourisme. Une femme sérieusement obèse, qui n’a pas conscience que porter un débardeur moulant dans son état est un crime contre l’humanité, m’indique où trouver Jesse Cartman ».

Du suspense, une toile d’araignée gigantesque, et un thriller qui sait ne pas suivre les codes. Idem en ce qui concerne les serial-killer : l’auteur ne brasse jamais deux fois la même chose.

Au moins, ce roman m’a réconcilié avec l’auteur qui m’avait un peu déçu lors de ma lecture de « Nécrologie ».

Là, c’est comme avec les Panzani : « Il m’épate, il m’épate ».

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015).

CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)

Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines : Beatty & Indro

Titre : Sherlock Holmes, Tome 2/2 : Les origines                       big_3-5

Scénariste : Scott Beatty
Dessinateur : Daniel Indro
Édition :  Soleil Productions n° 2 (2012)Résumé :
« Le légendaire détective d’Arthur ConanDoyle revient dans une nouvelle aventure explorant ses origines jamais révélées ! Joignez-vous au docteurJohn Watson lors de sa rencontre avec le jeuneSherlockHolmes.Une rencontre qui définira à jamais le destin des deux hommes. En proie à des meurtres sanglants, Londres a peur.

Le Dr. Watson réalise que le seul homme capable de faire cesser les assassinats n’est autre que le jeune Sherlock Holmes, un apprenti détective aussi mystérieux que les crimes sur lesquels il enquête. »

Critique :
Second et dernier album des origines de Sherlock Holmes.

Le premier m’avait déjà bien plu, avec ses crimes sordides évoquant la mort de chacun des Césars (il y en eu douze), alors, c’est tout naturellement que je les relis régulièrement.

Cet album clôt le cycle de la rencontre entre Holmes et Watson, les auteurs les ayant fait se rencontrer avant « Une étude en Rouge », impliquant aussi, bien avant l’heure, des personnages canonique dans cette histoire.

Cela ne gênera pas les non connaisseurs et les connaisseurs auront un petit plus, puisque qu’ils ont lu le canon.

L’aventure, tout en continuant sur les meurtres sordides, englobera aussi celle du « Gloria Scott (bien connue des holmésiens), sans oublier le personnage de Victor Trévor, seul ami de Holmes au collège.

L’album, est un comics et non une bande dessinée habituelle. Les couleurs sont sombres, il y a beaucoup de traits sur les visages, les rendant moins esthétique, de ce fait.

Par contre, je salue une mise en scène des auteurs, nous faisant passer du présent à des évènements se déroulant dans le passé d’une manière très subtile.

Je m’explique : nous voyons la tête du pendu, couché au sol après sa dé-pendaison, ensuite, la case suivante, juste en dessous, nous retrouvons la même tête, mais dans un décor différent, l’homme étant endormi.

Dans une autre case un peu plus loin, on frappe à la porte de la chambre dans laquelle Holmes et Watson se trouvent, en la case suivante, à l’autre page, nous sommes ailleurs, avec un policier qui frappe à la porte de son supérieur.

Belle manière de mettre du suspense ou de passer à un récit dans le passé.

Juste un petit bémol, dès la première case, on voit Holmes se coiffer d’un deerstalker, la fameuse casquette à double visière, juste bonne pour les balades à la campagne. Il faut sans doute contenter les non-holmésiens qui pensent, dur comme fer, que cet appendice était le couvre-chef préféré de Holmes…

Dans cet album, nous découvrirons enfin la tête du Grand Méchant, totalement givré et possédant une invention diabolique qui servit assez bien dans les temps passé et que l’on nommait « le feu du diable ».

Le méchant expliquera pourquoi il a fait tout ça (les méchants parlent toujours trop), ses origines lointaines et nous donnera l’explication de son nom de famille.

Pourquoi pas ? On a déjà entendu pire.

Je m’en voudrais d’oublier de vous signaler que notre jeune Sherlock Holmes m’a rempli de joie avec une scène qui sera LA scène de l’album (pour moi). Je ne vous dis rien de plus.

Au final, nous avons Holmes et Watson qui emménagent au 221b et qui se retrouvent, ensuite, avec un Lestrade, sur une scène de crime, où le policier leur parie un mois de son salaire qu’une femme nommée Rachel est impliquée dans le meurtre.

Erreur, Lestrade !! Le grand « RACHE » inscrit en lettres de sang sur le mur signifie « Vengeance » en allemand…

J’ai passé un bon moment avec les deux albums et les relire afin de me remettre tout en mémoire m’a fait du bien.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Arieste et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Que ta volonté soit faite : Maxime Chattam

Titre : Que ta volonté soit faite [NUM]                                            big_5

Auteur : Maxime Chattam
Édition : Albin Michel (2015)

Résumé :
« Les enfants de toute l’Amérique avaient le Croquemitaine pour se raconter des histoires qui font peur, à Carson Mills, ils avaient Jon Petersen. »

Pour son vingtième roman, Maxime Chattam dresse le portrait d’une petite ville du Midwest américain des années 60 jusqu’au début des années 80, avec pour fil rouge l’évolution de Jon Petersen – pervers psychopathe – de son enfance jusqu’au point culminant de sa sinistre carrière criminelle.

Petit Plus : Un roman noir à l’écriture et à l’atmosphère uniques dans la carrière de l’auteur, où tout converge vers un final aussi étonnant qu’imprévisible. Que ta volonté soit faite est non seulement un voyage à Carson Mills, mais aussi dans ce qui constitue l’essence même du roman policier, la vérité et le crime.

Nourri de ses lectures de Stephen King, Maxime Chattam s’inscrit ici dans la filiation de Jim Thompson et de D.R. Pollock dont Le diable tout le temps ne laissait pas indemne.

Critique : 
Si on m’avait fait lire ce livre à l’aveugle, j’aurais parié ma chemise et tout le reste que l’auteur était américain et auteur de polars noirs.

C’est toute nue que j’aurais terminé puisque Maxime Chattam est français et que le polar noir n’est pas son créneau habituel.

Pourtant, ce n’est pas la première fois que je lis cet auteur, sa trilogie du Mal m’avait déjà happé, ses autres œuvres aussi, mais je fus bien incapable de reconnaître sa patte.

Direction Ploucville… Enfin, Carson Mills, plutôt, mais c’est du pareil au même. Nous sommes dans les années 50-60, dans une petite bourgade un peu retirée avec des gens simples, frustres, une famille riche qui domine le tout et une division religieuse entre les luthériens et les méthodistes.

Et le Mal rôde en la personne d’un homme qui fera preuve d’une extrême violence envers les autres, avec sa femme, son fils et envers tout le monde.

Le premier chapitre est sans concession et je l’ai terminé en fermant les yeux, avalant difficilement ma salive. Le ton était donné : âmes sensibles, dégagez !

Sombre, violent, dérangeant, angoissant, avec un contexte social d’une petite ville en toile de fond. Bref, un p’tit roman noir serré comme je les aime.

Ce que j’ai apprécié, c’est que le premier chapitre donne le ton tout en nous présentant deux personnages clés – Jon Petersen et son fils, Riley – avant de faire un retour de plus de 30 ans en arrière pour nous expliquer l’histoire de Jon.

L’écriture est âpre et elle vous imprégnè, telle de la fumée qui se fixerait dans vos vêtements et sur votre peau. Nous sommes face à un roman cérébral qui, même refermé, nous fera encore cogiter longtemps.

Si la violence transpire à toutes les pages, elle n’est pas gratuite et bien souvent larvée, cachée, en attente. On la sent naître, on suspecte ce qu’il va se passer (ou ce qu’il s’est passé) et la sueur froide dégouline dans le dos. Bref, c’est pire qu’une explosion de violence. C’est sournois, même.

Les personnages sont typés, mais sans être stéréo (typés), ils sont travaillés avec peu de détails et, malgré tout, ils arrivent  à être tellement présent qu’ils vous hanteront longtemps après la fin (et vous mettrez des années à regarder les coquelicots sans frissonner). Il y a une dualité du Bien contre le Mal, au travers de deux personnages, qui ajoute de la pression durant la lecture.

La psychologie des différents personnages est très fine et bien mise en œuvre, notamment avec les deux communautés religieuses. Là, on est dans le très fin et on touche à l’excellence à tous les points de vue.

Chattam a dû biberonner aux grands auteurs noirs, les trempant dans sa soupe du midi et en reprendre dans ses biscuits de 16h. D’ailleurs, il en cite quelques uns – le shérif est un lecteur – et c’est pas de la gnognotte.

L’auteur a dû suivre aussi un stage de foot parce qu’il m’a taclé assez violemment alors que je soufflais après une accalmie et que l’enquête était en place.

Paf, dans ma gueule. L’équivalent du choc que le joueur Battiston a dû ressentir en se faisant percuter par Schumacher lors de la fameuse finale à Séville en 1982.

J’étais par terre, groggy, sonnée. Pas de gong pour sonner le glas, on se relève et on continue jusqu’à ce que je me reprenne un uppercut qui m’a envoyé au tapis.

Brillant ! Faudra d’ailleurs un jour que j’embrasse l’auteur – si j’ai le bonheur de le croiser – pour le remercier de m’avoir offert ça !

C’est un roman noir très fort, prenant et un coup de cœur, aussi fort que les coups de poings que j’ai pris. Chattam, il shoote et ça fait mal, mais c’est bon.

Avec ce livre, t’es sur un ring, tu te prends les coups, tu voudrais les rendre mais… t’en redemande !

Que ta volonté soit faite… et elle le fut ! Oh que oui !

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

BILAN - Coup de coeur

Sherlock Holmes – Tome 1/2 – Les origines : Beatty & Indro

Titre : Sherlock Holmes, Tome 1/2 : Les origines                    big_3-5
Scénariste : Scott Beatty
Dessinateur : Daniel Indro
Édition :  Soleil Productions n° 1 (2011)

Résumé :
L’intrépide détective créé par Sir Arthur Conan Doyle est de retour en bande dessinée, dans un récit présentant ses origines jusqu’alors inexplorées. Partagez avec le Docteur Watson sa rencontre décisive avec le jeune Sherlock Holmes, rencontre qui scellera à jamais la destinée des deux hommes.

Alors qu’une série de meurtres épouvantables plonge Londres dans la terreur, le Docteur John Watson réalise que la seule personne capable d’endiguer l’hécatombe est Sherlock Holmes, qui deviendra bientôt le plus célèbre détective que le monde ait connu.

Le duo improbable se lance sur les traces d’un tueur dont les horribles forfaits marquent le début d’une aventure inédite de Sherlock Holmes, intitulée « Les Douze Césars ».

Critique :
Sa belle couverture (que certains trouvent moche) m’avait fait de l’œil, sur le site de la SSHF et le fait que ce soit un « comics » ne m’avait pas fait peur.

Donc, achetée direct lors de sa sortie en 2012 et j’apprécie toujours autant la relire.

Se lancer dans une adaptation, ou dans une histoire inédite de notre détective préféré,  bien connu de tous et mis à tellement de sauce, aurait pu se révéler une catastrophe, surtout dans un format aussi contraignant que celui du comics, plus petit que le format d’une bédé classique.

Pari relevé et réussi par Beatty et Indro qui nous livrent ici les origines de Sherlock Holmes (il n’est ici qu’un jeune étudiant, sortant déjà de l’ordinaire et nous montrera l’étalage de ses talents multiples).

Dès l’ouverture, on n’a aucun doute de notre entrée dans un comics. Le dessin, les couleurs, les ombres plus marquées. Pas d’erreur possible.

On ne perd pas non plus son temps : d’entrée de jeu nous tombons sur notre jeune Sherlock Holmes qui vient de résoudre une affaire et, un peu abîmé physiquement, il reçoit les soins d’un médecin vétéran, mettant ses connaissances au service de Scotland Yard, en tant que légiste, surtout.

Cet ancien médecin de l’armée, je vous le donne en mille, c’est le docteur Watson, qui sera fortement intrigué par ce jeune homme. Bon, entre nous, le jeune Sherlock passe difficilement inaperçu !

Mais pourquoi est-il blessé, le jeune Sherlock ?

Et bien, notre futur détective jouait les jeune extra cours d’un dîner mondain. Bizarrement, les invités semblent être subitement pris de vertiges et de pertes de conscience. Serait-ce le vin qui ferait tourner les tête ? Pas avec le peu qu’ils ont bu !

Le jeune Sherlock Holmes, à qui on ne la fait pas, en doute fortement…

Alerté par son incroyable instinct, il semble avoir mis le doigt sur un complot bien ficelé, visant à détrousser les nobles pendant leur sommeil artificiel.

Ce constat sera validé par l’arrestation de toute la bande par la police londonienne. Mais entre l’arrivée des zorros de la police, le jeune Sherlock se fera quelque peu malmener, rendant tout de même coup pour coup. Sa science du Baritsu lui sera bien utile.

La référence au Baritsu ne sera pas l’unique référence canonique, les auteurs nous parlerons aussi, entre autre, de Musgrave et du Gloria Scott.

Particularité de ce comics : les flash-back et la manière de nous faire changer de « situation » dans l’histoire.

Ainsi, si nous commencions pas un Sherlock blessé et un Watson le soignant, nous avons droit ensuite à un flash-back sur la bataille de Maiwand, en Afghanistan où le docteur Watson fut blessé, à l’épaule et à la cuisse (le scénariste résout le problème de la blessure de Watson qui migrait  entre « Une étude en rouge » de l’épaule à la cuisse dans « Le signe des quatre ») et ensuite, tout en revenant à la figure de Sherlock blessé pour deux cases, hop, sans transition, nous passons à son entrée en scène de son enquête.

Oui, de sa tête blessée nous passons à cette même tête en train d’enfiler un loup pour servir les riches nobles. Et ce ne sera pas l’unique fois dans l’album.

La manière de faire reste dans le subtil, je vous rassure, et même dans l’artistique, quelques fois. Si vous voulez le voir de vos yeux et que vous n’avez jamais lu ce comics, je vous conseille de venir voir une planche sur mon site, en exemple.

La seule faute de ce comics est que le joli minois du Holmes de la couverture ne ressemble pas à sa tête dans le comics… Mais passons.

Intrigué par le souvenir du jeune homme étrange qu’il a croisé, Watson enquête un peu sur lui, découvrant sa chambre en désordre et le fait qu’il a une colocataire. Oui, « une » ! Jolie en plus… A son sujet, nous en apprendrons plus dans le second opus.

Ce premier tome est en fait scindé en deux : si la première partie concernait le cambriolage et la rencontre des deux hommes, la suite sera consacrée à de mystérieux crimes sanglants.

Vu qu’un mystérieux meurtrier semble prendre un malin plaisir à semer des cadavres dans les rues sombres de Londres, laissant la police perplexe (une fois de plus) et démunie… Vu que Watson leur suggère de faire appel à cet étudiant qui a démontré des capacités de réflexion et de déduction extraordinaires.

Pas le choix, mis au pied du mur, ils devront faire appel à notre Sherlock Holmes.

Une fois de plus, Holmes nous montrera l’étendue de son talent pour comprendre que les crimes reproduisent en fait les morts de douze César qui régnèrent sur Rome (César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus, Domitien).

Ce sont les premiers princes de Rome ayant porté le nom et le titre de « César », de Jules César à Domitien.

Mais pourquoi les tuer de cette manière ? Ben vous le saurez au prochain épisode, ou en lisant tout simplement le second opus.

Vous avez l’air dubitatif ? Hésitants ? Même si je vous signale que les deux auteurs ont eu le mérite de me captiver, de m’embarquer pour une aventure totalement inédite, faite de mystères et de révélations.

Croyez-moi ou pas, mais c’était une lecture savoureuse et appréciable et j’ai lu la suite avec un grand plaisir.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Arieste et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Holmes (1854 / 1891 ?) – T3 – L’ombre du doute : Brunschwig & Cecil

Titre : Holmes (1854 / 1891 ?), Tome 3 : L’ombre du doute           big_4

Scénariste : Brunschwig Luc
Dessinateur : Cecil
Édition :  Futuropolis (2012)

Résumé :
A priori Sherlock Holmes est mort lors d’un combat avec l’empereur du mal, le professeur Moriarty.

C’est toutefois ce que pensait le fidèle Watson. Il apprend rapidement qu’en réalité le célèbre détective se serait suicidé pour échapper à la folie qui menaçait de s’emparer de lui.

Après s’être rendu chez la famille de son ami, il est assailli de doutes compte tenu de ce qui s’y passe et des zones d’ombre relevées dans le passé de ce clan pour le moins singulier.

Accompagné de son épouse, il part en France sur les traces de la nourrice de Holmes.

Pendant ce temps, Wiggins se rend à Londres pour enquêter sur l’étonnante infirmière chargée de s’occuper de Holmes père.

Mais le médecin est un drôle de personnage, et Wiggins se retrouve malgré lui mêlé à un violent combat de rue en plein Whitechapel, provoqué par Parks.

Un combat de rue dans l’ombre duquel traîne un certain Mycroft Holmes…

Critique :
Quatre ans, qu’il a fallu, avant qu’il ne sorte, ce tome trois !

« Quatre ans ! La grande guerre » comme se lamentait Louis De Funès dans « La grande vadrouille ».

Et vu que la série doit en comporter 9 (de tomes)…

Comme le disait l’ami Jean-Claude de la SSHF : « au rythme d’un livre tous les quatre ans, je serai pensionné quand ils la termineront ! » Moi aussi.

Mais cessons ces jérémiades et passons aux choses sérieuses : ce que j’en ai pensé.

Point de vue du graphisme, c’est magnifique. Une pureté dans le trait, dans les détails. Pas de visages mal faits, comme dans certaines autres bandes dessinées holmésiennes.

Toujours coloriée dans des tons « entre gris clairs et gris foncés » (gris acier pour les yeux de Holmes), cela donne une atmosphère bien spécifique à cette œuvre, la rendant incomparable.

Bon, pour celui qui aime les tons chaleureux, c’est râpé. Mais si vous aimez les dessins exécutés de main de maître, je vous la recommande.

Les personnages sont bien travaillés et si le rythme est un peu lent, c’est sans doute parce que le scénariste veut que le lecteur s’imprègne de l’histoire, se vautre dans l’ambiance, pénètre dans le passé de Sherlock Holmes, se gorge des dialogues taillés au scalpel.

Parce qu’il veut que le lecteur doute en même temps que Watson, après avoir – qui sait ? – avalé des couleuvres.

A-t-on tout dit à Watson ? Ne lui a t-on pas raconté des carabistouilles ? Ou alors, est-ce Watson qui devient fou et imagine des choses ? Son compagnon était-il bien celui qu’il croyait être ? Fut-il tué par Moriarty lors de leur combat aux chutes de Reichenbach ou s’est-il suicidé ?

Malheureusement, si Watson a passé sept ans aux côtés de Holmes, il n’a jamais réussi à appliquer sa méthode, ni à devenir un esprit aussi brillant que lui.

Attention, Watson est loin d’être un imbécile, mais face à Holmes et à son esprit, il ne fait pas le poids. Nous non plus.

Le seul qui pourrait s’en sortir mieux, c’est le jeune Wiggins, qui lui, mène son enquête du côté d’un médecin un peu étrange qui pourra le renseigner sur la encore plus étrange garde-malade du père de Holmes.

D’ailleurs, dans cet album, nous verrons la rencontre « Holmes-Wiggins » quand celui-ci n’était encore qu’un gamin d’une petite dizaine d’années. Une réflexion de Wiggins avait surpris Holmes et pour le surprendre, fallait se lever tôt.

Si cet opus ne répond, pour le moment, à aucune de mes questions, le récit s’avère toujours aussi prenant et, dans ce troisième tome, il se dirige vers l’enquête à proprement dite. Plus que dans le deuxième.

Malgré tout, de nombreuses questions sont soulevées sans avoir de réponse pour le moment.

Le fait que Watson et Wiggins mènent leur enquête séparément est une bonne idée, cela donne du suspense au scénario. De la profondeur, aussi, tant il est travaillé.

A la fin de ma lecture, j’ai eu cette impression aussi forte qu’un furoncle purulent mal placé que l’on aimerait bien que Watson ne poursuive pas son enquête…

Qui est cet homme mystérieux qui le suit, lui et son épouse ? Pourquoi diable veut-on l’empêcher d’interroger une personne ?

Nombreuses références aussi à la ville de Pau (où certains pasticheurs disent que Holmes a passé son enfance), au peintre Horace Vernet (le frère de la grand-mère de Holmes, ça, c’est canonique), au fait que Holmes se prénommait William (pas canonique).

Petit plus : un cahier graphique passionnant qui accompagne ce volume.

Un troisième album que j’ai eu plaisir à lire et dont j’espère que la suite ne se fera pas trop longtemps attendre…

Nous sommes en 2014, il est sorti en juin 2012, et j’ai beau relire souvent les trois premiers tomes, pour la suite, je ne vous toujours rien venir… Snif !

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Arieste et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Holmes (1854/1891 ?) – T2 – Les Liens du sang : Brunschwig & Cecil

Titre : Holmes (1854/1891 ?), Tome 2 : Les Liens du sang        big_3-5

Scénariste : Luc Brunschwig
Dessinateur : Cecil
Édition :  Futuropolis (2008)

Résumé :
16 avril 1844. L’effervescence règne à Dorval où les sœurs Sherringford s’apprêtent à faire la connaissance de Siger Holmes, le promis d’Emilie. 2 juin 1891, dans le Yorkshire.

Poursuivant leurs investigations, Wiggins, Watson et son épouse, arrivent devant la demeure des Holmes nourris de l’intention de rencontrer les parents du défunt détective.

Esprit brillant, artiste, mélomane mais aussi personnage fragile, misogyne et cocaïnomane, qui était vraiment Sherlock Holmes ? Un enquêteur hors pair ? Un mystificateur ?

Les circonstances de sa disparition et les contradictions que recèlent les diverses informations qu’il a pu recueillir posent question à Watson.

Quelque chose ne colle pas entre ce qu’on lui dit de son ancien ami et l’être dont il a partagé, un temps, le logement. Il lui faut en savoir plus sur l’homme, sur son passé, sur sa personnalité, sur sa famille, sur ce qui l’a construit et peut-être détruit.

Critique :
Un deuxième tome presque à la hauteur du premier.

Parfait à tous les points de vue que ce soit pour les dessins encore une fois très soignées et élégants que pour le scénario, même s’il ne se passe pas grand-chose.

Cette fois-ci, Cecil utilise deux types de dégradés : toujours des teintes de bleu acier, de blanc et de noir (comme pour le premier tome) pour la période consacrée à 1891.

En ce qui concerne les périodes antérieures à la naissance de Holmes (celles de la rencontre entre son père, Siger Holmes et une des filles Sherrinford – sa future mère), ce sont des tons sépia.

Ses dessins sont toujours aussi bien réalisés et on ne peut pas dire qu’il dessine des p’tits Mickeys !

Le scénario est un peu plus lent mais j’ai éprouvé à sa lecture autant de plaisir que pour le premier album.

La différence entre le Siger jeune et le Siger vieux, est stupéfiante, l’homme n’étant plus que l’ombre de lui-même.

Vraiment du beau travail de grande qualité qui vous plongera dans l’univers méconnu de notre détective préféré. Nous découvrirons la vérité sur le passé de Holmes et l’explication de ses relations plus que houleuse avec le professeur Moriarty.

Bon, elle est un peu tarabiscotée, un peu « non canonique » (beaucoup ?), mais chacun sa vision des choses. Les auteurs fument ce qu’ils veulent, après tout.

L’intrigue ainsi dosée ne se dévoile qu’au compte-goutte et nous laisse quand même avide de lire la suite.

En espérant que ça bouge un peu plus, tout de même et que l’on voit un peu plus Holmes qui est un grand absent.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Arieste et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

L’effet papillon : Jussi Adler-Olsen

Titre : L’effet papillon [NUM]                                                        big_5

Auteur : Jussi Adler-Olsen
Édition : Albin Michel (2015)

Résumé :
Marco, un adolescent de quinze ans, a passé toute sa vie au sein d’une bande de jeunes voleurs exploités par son oncle Zola. Un jour, alors qu’il essaie de sortir de la clandestinité, il découvre le cadavre d’un homme, lié à des affaires de corruption internationale, dans le bois derrière les maisons de son ancien clan, et doit fuir, poursuivi par son oncle qui veut le faire taire.

Parallèlement, l’enquête du Département V sur la disparition d’un officier danois, piétine. Du moins, jusqu’à ce que Carl Mørck ne découvre qu’un jeune voleur, Marco, pourrait avoir des informations pour résoudre ce cold case.

Déjà traqué par la bande de Zola, Marco déclenche malgré lui un tsunami d’évènements et se retrouve avec des tueurs serbes et d’anciens enfants soldats sur le dos. Aucun moyen ne sera épargné pour l’éliminer et gagner le département V de vitesse.

Petit plus : Encore une fois, Jussi Adler-Olsen a réussi à nous surprendre. Dans ce cinquième tome de la série, Carl Mørck et ses assistants s’engagent dans une course-poursuite au suspense haletant qui, des rues de Copenhague, les amène jusqu’en Afrique.

Critique :
L’effet papillon, c’est quoi ? Et bien, c’est un phénomène assez étrange…  Il est dit que l’effleurement de la plume d’Adler-Olsen sur une feuille de papier, au Danemark, peut provoquer, chez ses lecteurs, un tsunami d’émotions.

Oui parfaitement ! À chaque roman de cet auteur, c’est un coup de cœur. Quatre romans lus et, non seulement les enquêtes du Département V me passionnent toujours autant, mais en plus, l’auteur se renouvelle à chaque fois, évitant ainsi de tomber dans une trame identique qu’il copierait à l’envi.

À croire qu’il a trouvé la recette parfaite et qu’il change juste la manière de la cuisiner afin de nous surprendre.

Certains ingrédients sont toujours dans la recette de base, tels que des faits concrets et d’actualités (cette fois-ci, c’était sur l’immigration, le traitement des Roms et l’exploitation des minorités…), du suspense (sans en abuser), des personnages secondaires attachants, bien travaillés, une plume qu’il trempe dans l’humour (quelques pincées de-ci, de-là), sans oublier le fil rouge avec les membres récurrents du Département V.

Cela donne un sentiment de retrouver des vieux copains et de suivre leur petites histoires.

Distillant petit à petit des informations sur le staff des trois barjots qui composent le Département V, il nous tient par les c… heu… par les questions que l’on se pose sur le passé obscur de certains des membres (surtout Assad).

Et l’auteur, ce sadique, nous envoie des infos par petites doses… ce qui fait que je me questionne encore plus sur notre petit syrien, cet élément du groupe que j’adore (surtout ses métaphores avec les chameaux ou dromadaires) mais qui soulève bien des interrogations dans ma tête.

Je dois dire aussi que j’ai eu un coup de cœur pour le jeune Marco et j’apprécierais le retrouver dans les romans suivants… Monsieur Adler-Olsen, si vous me lisez… Merci.

Sans mettre la charrue avant les dromadaires, Adler-Olsen tisse sa toile de manière lente, mais sans vous faire bailler d’ennui. Si vous voulez dormir, ne vous lancez pas dans un de ses romans, comptez plutôt les chameaux !

De dunes de sables en dunes de sable, Adler-Olsen fait souffler un petit vent jusqu’à ce qu’à nous révéler le dromadaire caché derrière tout ce monticule de sable.

Et le coup de génie est là parce que chaque tome est différent : il peut nous divulguer beaucoup dès le départ ou quasi rien. Chaque roman est différent !

S’il manie l’humour avec brio, notre écrivain ne se prive pas non plus pour tacler son pays et la mentalité de ses habitants… la plume sait se faire perfide sans en avoir l’air.

Niveau suspense, je me demande même si l’auteur ne ferait pas partie – avec d’autres – d’un complot visant à me coller une tachycardie durant mes lectures. Si, si, parce que dans son roman, il y a quelques passages qui m’ont fait passer le palpitant à plus de 150 pulsations par minute.

Bref, sans être un thriller à cent à l’heure, il sait vous emmener à un train de dromadaire dans son enquête sans que vous voyez le temps passer. Et on en redemande.

Lire Jussi, c’est Jouissif…

BILAN - Coup de coeurChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires.

CHALLENGE - Nordique loups_scandinavie CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)

Holmes (1854/1891 ?) – Tome 1 – L’Adieu à Baker Street : Brunschwig & Cecil

Titre : Holmes (1854/1891 ?), Tome 1 : L’Adieu à Baker Street    big_4

Scénariste : Brunschwig Luc
Dessinateur : Cecil
Édition:  Futuropolis (2006)

Résumé :
4 mai 1891, Sherlock Holmes disparaît en Suisse aux Chutes de Reichenbach, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty.

Quelques jours plus tard, l’appartement du détective au 221 b Baker Street est mis à sac par des hommes de main envoyés par Mycroft Holmes, le propre frère de Sherlock. Mycroft tente ainsi de détruire toutes les preuves de la folie de son frère, qu’il accuse de s’être abandonné à la cocaïne.

Pour lui, la mort de Holmes est le suicide déguisé d’un homme qui ne pouvait se résoudre à voir son cerveau détruit par la drogue.

Malgré les preuves apportées par Mycroft Holmes, le docteur Watson se refuse à croire cette version des faits. Il se lance à travers toute l’Europe dans une incroyable enquête qui va tout lui révéler de l’histoire de Sherlock Holmes et de sa famille.

Chez les parents d’Holmes, le mystère s’épaissit. Watson fait de bien mystérieuses découvertes en fouillant dans la chambre d’enfance de son ami. Quelle influence a bien pu avoir Mycroft Holmes sur son frère Sherlock ? Comment interpréter les propos de Mycroft qui affirme que l’ennemi mortel d’Holmes, le professeur Moriarty, n’a jamais existé ?

Critique :
Cette bédé m’avait été chaudement recommandée par une connaissance et je ne regrette pas de l’avoir écoutée.

Le scénario de Brunschwig est particulièrement original. Les auteurs s’attaquent ici au « grand hiatus », la fameuse période durant laquelle Sherlock Holmes est « censé » avoir disparu brutalement après un ultime affrontement avec son ennemi mortel.

En plus, dans ce tome 1, on entrevoit la jeunesse de Holmes, qui ne fut jamais abordée dans le canon, si ce n’est pour nous parler de son frère aîné (si peu, d’ailleurs).

Dans ce récit, nous retrouvons donc notre brave docteur Watson, rentré à Londres, effondré par la disparition de son meilleur ami.

Le jour où il apprend les manoeuvres étranges entreprises par Mycroft, un doute effroyable s’insinue dans son esprit. Je n’en dis pas plus !

Les dessins de Cecil, sobres, entièrement réalisé en aquarelle monochrome bleu/gris, avec des dégradés de bleu, sont assez déroutants au départ. Je ne suis pas du tout habituée à ce style, mais au fur et à mesure de ma lecture, je m’y suis faite, même si j’aurais mieux aimé des couleurs conventionnelles (je pinaille encore une fois).

Malgré tout, je comprends le dessinateur, cela donne un style très victorien, une ambiance particulièrement sombre et elle s’accorde volontiers avec ce que le scénariste nous apprend. J’ai beau ne pas être d’accord avec sa vision des choses, j’ai apprécié le livre et dévoré d’un coup.

La structure du récit, très agréable à lire et particulièrement bien amenée, est tout à fait digne du canon. Holmes est ressemblant à ce qu’il devrait être, grand et mince (même si peu présent dans l’album) et Watson est mince, athlétique, malgré les cheveux blancs. Ils ne l’ont pas dessiné en gros lourdaud, au moins !

Sans oublier la présence de l’agent littéraire de Watson, j’ai nomme : Arthur Conan Doyle…

Pour moi, sans conteste, les instants les plus marquants sont les flashbacks de l’esprit de Watson : beaux et émouvants, tout en restant sobres, eux aussi.

Surtout le rêve qu’il fait (ou plutôt un cauchemar) et où il revoit son ami dans la pénombre de sa chambre, s’entretenant avec lui sur un ton de la plaisanterie qui est en fait d’une noirceur toute holmesienne, avec des propos d’une ironie cinglante, presque méchante, qu’il lui adresse…

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Arieste et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.