Mr Mercedes : Stephen King

Titre : Mr Mercedes                                                                         big_4

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (2015)

Résumé :
— Je crois qu’il y a plein de gens qui rêvent de faire ce que j’ai fait… La seule différence, c’est que moi, je l’ai vraiment fait !

Midwest 2009. Un salon de l’emploi. Dans l’aube glacée, des centaine de chômeurs en quête d’un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés.

Le chauffard, lui, s’est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces.

Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre.

Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris.

Avec ce polar très noir, véritable plongée dans le cerveau d’un psychopathe qui ferait passer Norman Bates pour un enfant de chœur, Stephen King démontre une fois encore son époustouflant talent de conteur, qui s’affranchit des frontières et des genres.

Critique : 
Sûr que si le tueur avait utilisé une R6 pour faire son coup, il aurait tué moins de monde lorsqu’il fonça dans cette foule de chômeurs attendant dans l’aube glacée que le salon de l’emploi s’ouvre…

Par contre, le titre du roman aurait fait moins classe… L’avantage de la bagnole a fait 8 morts et 15 blessés.

Le King qui nous gratifie d’un polar, un vrai de vrai, sans monstre tapi sous le tapis ou sous le lit. Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’en redemande.

Vous êtes un flic à la retraite, avec un bide digne d’une femme enceinte de 5 mois et vous passez vos mornes journées affalé dans votre fauteuil à regarder à la télé des programmes tellement débiles qu’à côté d’eux, une certaine Nabi** passerait pour un prix Nobel en physique nucléaire. C’est vous dire…

— Tu peux faire accéder une pute à la culture mais tu peux pas la faire réfléchir.

Votre carrière fut prolifique, mais c’est sur cette affaire non résolue qu’elle s’est achevée. Devant la platitude de votre existence, l’envie vous prend d’introduire le canon d’un révolver dans votre bouche afin de mettre fin à cette retraite de merde. Appuiera, appuiera pas ?

Ding, dong, vl’a l’facteur avec une lettre qui va vous changer la vie. Une lettre de celui que la presse surnomma Mr Mercedes vous est adressé et ce petit salaud vous nargue. Allez, on secoue sa bedaine et on résout cette putain d’enquête qui fait tache sur le CV de départ !

Éliminons d’emblée ce qui m’a énervé dans ce roman : l’utilisation du présent. Pour le reste, ce n’est que du bon.

Ceci est une enquête classique si ce n’est que, à la différence des Agatha Christie, pas de coupable à choisir dans la salle à manger puisque nous connaissons l’identité du tueur à la Mercedes.

Un psychopathe digne des plus fêlés parce qu’un méchant, ça doit être mieux réussi que les autres, un méchant bien travaillé, sans circonstances atténuantes. Comme je les aime.

Des personnages secondaires attachants (Jerome, Janey, Holly), possédant de l’humour et notre flic retraité qui, tel un chien de chasse, repart sur la piste de son Moby Dick. Un flic reste un flic, même à la retraite.

Heureusement qu’il sera secondé par sa fine équipe, dont un jeune gars bourré d’humour et des références à Sherlock Holmes à profusion.

Pas besoin d’être Sherlock Holmes pour deviner que Pete est arrivé le premier.

— J’en doute pas, mais comme ça, t’auras le temps de réfléchir à mon petit problème en faisant la queue. Imagine que t’es Sherlock, ça t’aidera peut-être.

— Ok. » Tyrone Feelgood Delight sort de sa boîte. « Missié être Sherlock ! moi simple docteu’ Watson ! »

— Donc c’est plus le mystère de la pièce fermée, c’est celui de la voiture fermée. Un problème à résoudre en quatre pipes, ça, m’sieur Holmes.

— Je sais pas, monsieur Hodges, on dirait une énigme à la Sherlock Holmes. Un vrai problème à résoudre en trois pipes mais je ne vais pas vous demander de ne pas m’adresser la parole pendant cinquante minutes.

Une écriture agréable, ne crachant pas sur l’humour ou les situations cocasses, sans temps mort malgré un récit qui roule sur son train de sénateur.

Si je devais choisir entre un dépannage au Paradis des Pedzouilles et me faire enfoncer une belette dans le cul, je choisirais la belette.

Du sang, du sexe, de la sueur et des larmes… De l’émotion brute ressentie (avec Sammy le camion de pompier et Janey – seuls les lecteurs comprendront), du rire, des sourires, de l’adrénaline, du suspense et des moments d’angoisses.

Le King, c’est tout ça. Il ne cesser jamais de m’enchanter et de me captiver.

Le King, c’est « It’s now or never » et un conseil « NOW » !

BILAN - Coup de coeurChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)CHALLENGE - US

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