Montana 1948 : Larry Watson

Titre : Montana 1948                                                                 big_5

Auteur : Larry Watson
Édition : Gallmeister (2010)

Résumé :
« De l’été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n’a pu chasser ni même estomper ».

Ainsi s’ouvre le récit du jeune David Hayden. Cet été 1948, une jeune femme sioux porte de lourdes accusations à l’encontre de l’oncle du garçon, charismatique héros de guerre et médecin respecté.

Le père de David, shérif d’une petite ville du Montana, doit alors affronter son frère aîné. Impuissant, David assistera au déchirement des deux frères et découvrira la difficulté d’avoir à choisir entre la loyauté à sa famille et la justice.

Montana 1948 raconte la perte des illusions de l’enfance et la découverte du monde adulte dans une écriture superbe digne des plus grands classiques américains.

Critique : 
Montana, c’est… Comment vous dire ? C’est fort ! La sauce à l’air d’avoir un goût de déjà-lu, mais une fois en bouche, c’est âpre, piquant, corsé, rude, poignant… C’est pas pour les minets.

David Hayden est le narrateur, il a douze ans en cet été 1948. Direction le Nord-Est du trou du cul du Montana, en l’occurrence la petite ville de Bentrock. La famille Hayden sont des notables et cela a toute son importance.

Julian, le grand-père a été le shérif du comté avant de faire de son fils cadet, Wesley – père de David – être le calife à la place du calife.

Quant à Frank, le frère aîné, c’est un homme admiré de tous, à la fois pour son statut de héros de guerre et  parce qu’il est docteur. Jusqu’au jour où le cadet apprend que son aîné n’est pas tout blanc…

Les secrets de famille dont tout le monde a connaissance mais dont personne ne veut être celui qui le déterre, c’est vieux comme le monde. Des tas d’auteurs l’ont traité, mais malgré tout, Larry Watson arrive à nous donner des sueurs froides tant le sentiment d’étouffement est grand durant la lecture.

De l’été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n’a pu ni chasser ni même estomper.

Au travers le récit d’un homme qui se souviens de l’été de ses 12 ans, nous suivons tout ce qui découlera du fait que Wesley Hayden, shérif, enquêtera sur son frère, Franck, qui aurait eu les mains et la queue baladeuse avec les indiennes qu’il auscultait contre leur gré.

Oui, monsieur est médecin et il aimait jouer au docteur et mettre les doigts ailleurs que dans les oreilles. Ce sont, du moins, les accusations de Mary Little Soldier, l’indienne sioux et nurse de David.

Faut-il se taire ou dénoncer son frère ? Wesleyy aura-t-il le courage d’inculper son frère, le chouchou de papa ? Peut-on ruiner le vie de son frangin, héros de la guerre et respecté de tous ou laisser pisser le mérinos ? Après tout, ce ne sont que des indiennes…

— Pourquoi mentirait-elle, Wesley ?
Mon père ne répondit pas mais je devinais ce qu’il pensait: « C’est une Indienne, pourquoi dirait-elle la vérité? »

En 1948, le racisme est loin d’être éradiqué et la société à l’air d’avoir encore des relents de far-west non civilisé. Les paysages sont arides, comme les gens qui vivent là-bas.

La douleur intérieure que vont ressentir certains personnages est latente, évoluant petit à petit. C’est un peu comme une rage de dent. Au début, ça dérange, mais on supporte quand même la douleur, pensant que ça va passer.

Mais ça ne passe pas et la douleur devient de plus en plus forte, elle pulse, l’abcès suinte, ça nous lance et même lorsqu’il est crevé, on souffre toujours.

Dans ce roman noir, même après avoir extrait la dent pourrie, la gencive saigne toujours et le trou ne cicatrise jamais.

Alors, jeune David, tu avais des illusions sur le monde des adultes ? Ben tiens, elles viennent de sombrer aussi profond que le Titanic, entrainant ton innocence en même temps.

D’ailleurs, comme tu le dis si bien, si ton père se dispute avec ton grand-père, tu n’iras plus chez eux et tu devras faire une croix sur ton poney… À 12 ans, on a des pensées très égoïstes.

160 pages, c’est court, mais qu’est-ce que c’était intense !!

BILAN - Coup de coeurChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Le « Challenge US » chez Noctembule et « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

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Lisson Grove – Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 26]

Titre : Lisson Grove                                                                    big_3-5

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2010)

Résumé :
Un vent révolutionnaire souffle sur Londres : certains groupes d’anarchistes semblent déterminés à faire trembler la Couronne, et ce malgré la vigilance de Thomas Pitt et celle de son supérieur à la Special Branch, Victor Narraway.

Aussi, lorsqu’un informateur est assassiné, Thomas n’hésite pas à suivre son meurtrier jusqu’à Saint-Malo pour en savoir plus sur l’identité des commanditaires. Pendant ce temps, à Londres, Victor Narraway, victime d’un piège, est démis de ses fonctions.

N’écoutant que son courage, Charlotte décide de lui venir en aide et de l’accompagner à Dublin, où les rancunes contre les Anglais et le chef de la Special Branch en particulier sont extrêmement vivaces.

De salles de théâtre en salons de thé, Charlotte va découvrir que la bonne société irlandaise de cette fin de XIXe siècle n’a rien à envier à l’Angleterre en matière de mensonges et de faux-semblants…

Critique : 
Thomas Pitt et son collègue Gower sont lancés aux trousses d’un informateur, qui, vu la manière dont il cavale, n’a plus trop envie d’informer la Special Branch ! Aurait-il peur de se faire refroidir dans une ruelle sombre ?

Bardaf, c’est l’embardée, notre informateur vient de se faire égorger !

Ni une, ni deux, Pitt et Gower décident de pister l’assassin et se retrouvent de l’autre côté de la Manche, à Saint-Malo !

Le soleil, ♫ coquillages et les crustacés ♪, pas mal comme ville pour commencer une planque.

De son côté, le chef de la Special Branch, Victor Narraway est suspecté d’avoir détourné des fonds et va devoir aller mener une enquête en Irlande, afin de se faire blanchir. Un anglais chez les irlandais, c’est moins bucolique que la plage de Saint-Malo !

Ce tome met en avant Charlotte, qui se retrouve à enquêter aux côtés de Narraway afin de préserver la carrière de Thomas puisqu’il est le petit protégé de Narraway et que celui-ci est démis de ses fonctions.

Chaque personnage est mis en avant, tour à tour, dans les romans, mais cela se fait toujours au détriment d’autres personnes que j’aime beaucoup. Ici, Gracie et Tellman m’ont fortement manqué Par contre, j’étais heureuse de voir Charlotte de retour aux affaires.

Le côté politique est plus marqué dans la série consacrée à Special Branch et les socialistes, chauds bouillants, sont surveillés de près. Oui, à cette époque troublée de 1895, les hommes de gauche n’avaient rien à voir avec du flan au caramel et encore loin du caviar. Non, ils étaient limite terroristes, certains Rouges.

Des chapitres sont consacrés à l’enquête de Pitt à Saint-Malo (et j’avais compris une chose bien avant lui) et les autres sont pour Charlotte, à Londres et en tain d’enquêter Irlande. On n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer et le final est assez mouvementé.

Charlotte est toujours aussi bonne enquêtrice et elle avait dû lire « Silver Blaze » car, comme Sherlock Holmes, elle avait remarqué le bizarre incident du chien pendant le meurtre.

Je n’aimerai jamais la Special Branch, mais j’ai apprécié de roman pour le dépaysement qu’il m’a procuré – pas de huis-clos comme dans le précédent – et le côté politique entre l’Angleterre et l’Irlande.

J’espère juste que dans le suivant, j’aurais encore le plaisir de travailler avec Victor, Gracie, Tellman et tous les autres, en même temps.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et, last but not leaste, d’une LC chez Bianca.

Club Vesuvius – Une aventure de Lucifer Box : Mark Gatiss

Titre : Club Vesuvius – Une aventure de Lucifer Box

Auteur : Mark Gatiss
Édition : Bragelonne (Février 2015)

Résumé :
Une immersion étourdissante dans le monde fascinant de la haute société edwardienne – et de ses bas-fonds. Plongez dans cette aventure de Lucifer Box, portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Où il découvre qui s’amuse à assassiner les meilleurs scientifiques du royaume – tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière.

Critique :
Le 4ème de couverture nous donnait un aperçu de quelques critiques dont celle du « Times » qui disait « plié de rire à la lecture de ce petit chef-d’œuvre ».

Bon, c’est un tantinet exagéré ! « Nombreux sourires » serait plus juste et bien que le roman soit très plaisant et divertissant, je ne le qualifierais pas de chef-d’œuvre pour autant.

Hormis pour la couverture, la tranche dorée et les illustrations intérieures. Oui, de ce côté là, le roman en jette visuellement.

Lucifer Box est un dandy, peintre à ses heures perdues et notre bellâtre mène une double vie : il est aussi une sorte d’agent secret doublé d’un tueur à gages pour sa Très Gracieuse Majesté, le Roi Edward… heu… numéro 7 !

Notre homme se fait le narrateur de ses aventures et il est plaisant à lire car il n’hésite pas à ajouter quelques traits d’humour à son récit. De plus, notre bel espion a tendance à user de son révolver très souvent, que vous soyez une belle femme ou un bel homme. Là, je parle bien entendu de la Chose qui se trouve dans son pantalon !

D’ailleurs, il n’hésitera jamais à faire sa petite affaire aux dames dans des ruelles ou dans des buissons de rhododendrons ! Ramoner un homme ne le dérange pas non plus, faut juste faire gaffe parce qu’à son époque, c’est punissable ! Oui, Lucifer aime faire la Chose, même seul dans son bain s’il le faut. Après tout, sa main droite est là pour ça aussi…

Durant 300 pages trépidantes, j’ai suivi ce diable d’agent — mi-James Bond et mi-SAS — j’ai flingué des hommes après le repas, failli me faire tuer dans des bains turcs, participé à une course-poursuite en fiacre, descendu dans une morgue pour examiner un cadavre…

Ensuite, j’ai pris un vapeur pour aller à Naples et j’ai failli y mourir, j’ai enquêté un peu partout, esquivé et enjambé des corps de partouzeurs qui s’emmanchaient joyeusement dans un club louche, j’ai joué à Sodome sans Gomorrhe, monté au sommet du Vésuve (pas de connotation sexuelle, ici) et pris du bon temps tout en foutant en l’air des tas de costumes hors de prix à force de jouer à Indiana Jones un peu partout.

Lucifer Box, c’est un gros grain de fantastique  dans une enquête policière, saupoudrée de James Bond (sans les gadgets, sans Q mais avec du cul), mélangée à un peu de SAS pour les situations inextricables qui-semblent-perdues-mais-dont-le-héros-s’en-sortira-toujours-vainqueur, avec de la gouaille d’un San-Antonio, l’argot en moins.

À noter les noms et prénoms de autres personnages secondaires : ils sont, heu, comment dire… pittoresques ? Totalement surréaliste de se trouver face à des gens prénommés « Crétacé » ou dont le nom de famille est « Miracle » ou « Jackpot ». PTDR.

Lucifer, ça se lit sans prise de tête, on sourit, on passe un bon moment et ensuite, on passe à autre chose. Divertissant, pétillant et amusant.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Challenge « Polar Historique » de Sharon.

Les brillants – Tome 1 : Marcus Sakey

Titre : Les brillants – Tome 1                                                       big_3-5

Auteur : Marcus Sakey
Édition : Gallimard (2015)

Résumé :
Dans le Wyoming, une petite fille perçoit en un clin d’œil les secrets les plus sombres de tout un chacun. À New York, un homme décrypte les fluctuations des marchés financiers. À Chicago, une femme maîtrise le don d’invisibilité en sachant d’instinct se placer là où personne ne regarde. On les appelle les « Brillants ».

Depuis les années 1980, 1 % de la population naît avec ces capacités aussi exceptionnelles qu’inexplicables.

Nick Cooper est l’un d’eux : agent fédéral, il a un don hors du commun pour traquer les terroristes.

Sa nouvelle cible est l’homme le plus dangereux d’Amérique, un Brillant qui fait couler le sang et tente de provoquer une guerre civile entre surdoués et normaux.

Mais pour l’arrêter, Cooper va devoir remettre en cause tout ce en quoi il croit, quitte à trahir les siens.

Critique : 
Quelqu’un m’a dit : « Ça ressemble à X-Men mais c’est différent ».

Bien, va pour une lecture Canada Dry ©, alors. J’aurai la couleur de l’alcool… Sans l’ivresse.

Bizarrement, au départ, j’ai trouvé que mon Canada Dry avait le goût de l’alcool au lieu de n’avoir que sa couleur ! Ça sentait fort le X-Men, les manipulations de tornades, les griffes et les têtes bizarres en moins.

Les Brillants sont des gens doués de certaines facultés, des petits génies capables de vous « lire », de prévoir vos actions ou celles de la Bourse. Ils ont leurs académies et des clans se forment parmi les Brillants : ceux qui veulent vivre avec les gens Normaux et les autres à part.

Sans compter les gens qui ont peur de leurs pouvoirs et certains qui l’ont utilisé à mauvais escient. Quant je vous disais que ça sentait l’alcool ! Heu, le X-Men !

Rien de transcendantal dans le début de ma lecture, donc.

Les personnages sont sympathiques, surtout Nick Cooper, un Brillant qui en chasse d’autres pour une agence gouvernementale, nous avons un Grand Méchant terroriste qui fait tout sauter, des petites touches d’adrénaline, une écriture simple qui glisse, tel un glaçon dans un verre rempli de liquide ambré.

J’étais partie pour une lecture agréable mais qui ne me laisserait pas un souvenir impérissable en me donnant un magistral coup de pied au cul.

Et puis tout à coup, alors que je naviguais à une vitesse de croisière, savourant un livre sans prise de tête, le récit a atteint un peu plus de profondeur lors d’une réflexion sur le terrorisme. Ça m’a saisi, moi qui pensait me faire une lecture pèpère.

Diantre, l’auteur a saisi une partie du problème et il n’hésite pas à le transcrire. Extrêmement et agréablement surprise je fus. Si ça pouvait en faire réfléchir certains, ça me ferait encore plus plaisir.

Tout compte fait, la lecture devenait plus intéressante ! Certes, un des coups que l’auteur nous fait est vieux comme le monde, je l’avais vu venir de loin, mais le reste de la réflexion était juste.

En fait, dans cette dystopie, il suffirait de remplacer quelques noms de personnages par des gens connus ainsi que le lieu exact de l’attentat pour qu’une vieille théorie vienne refaire surface… et vous hérisse les poils de frayeur.

J’ai tremblé deux fois durant le récit : à la fin et en pensant à cette théorie, qui, si elle était vraie, me flanquerait encore plus la pétoche. Là, je me suis prise un Ice Bucket glacé en imaginant que ce pourrait être véridique.

Entre nous, moi, j’aurais choisi une autre option que Nick Cooper avec la micro-puce… Oui, l’autre possibilité !

Ce roman, qui semblait banal au départ, donnant l’impression de faire du neuf avec du vieux et ayant été écrit juste pour nous divertir, possède, tout de même, de la profondeur dans ses pages.

Et puis, un peu d’alcool dans le Canada Dry ©, ça ne peut pas faire de mal…

Un bon moment de lecture et l’envie de voir si la suite de cette trilogie tiendra ses promesses.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Dernier meurtre avant la fin du monde : Ben H. Winters

Dernier_meurtre_avant_la_fin_du_mondeTitre : Dernier meurtre avant la fin du monde      big_3

Auteur : Ben H. Winters
Édition : SUPER 8 Éditions (2015)

Résumé :
À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir ?

Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête.

Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre.

Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon.

Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer.

Et rien, même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de résoudre son affaire.

nh_concord_statehouseCritique : 
Ça y est ! La malbouffe a encore frappé chez MacDo… On a retrouvé un homme mort, pendu par sa ceinture dans les W.C de cet établissement de haute gastronomie industrielle.

Je savais que leur cuisine était infecte, mais de là à aller se pendre, il y a une marge. À la limite, pendre le dirigeant du fast-food, oui !

Mais en ces temps de fin du monde annoncée, les suicides sont nombreux. La fin du monde ? Oui, dans 6 mois, un astéroïde de six kilomètres de long va percuter la terre, réduisant l’espèce humaine et tout le reste comme à l’époque des dinosaures.

Tous les flics veulent classer l’affaire. Tous ? Non, un inspecteur résiste encore et toujours. Son nom ? Hank Palace qui, lui, est persuadé que c’est un crime déguisé en suicide.

Si vous êtes à la recherche d’une enquête trépidante, passez votre chemin et allez manger chez Quick, se sera plus rapide (jeu de mot facile) car ici, le temps qui leur reste à vivre à beau être compté (on connait la date de l’impact), notre inspecteur va tout de même mettre une semaine pour résoudre cette affaire.

Patiemment, il va remonter les pistes, se tapant régulièrement la main sur le front en s’exclamant « Bon sang, mais c’est bien sûr ! » et en se disant que sur ce coup là, il a été un crétin fini.

Hank Palace n’a rien à voir avec un Sherlock Holmes, lui, c’est un ancien policier patrouilleur monté en grade. Il n’est pas le meilleur mais il est tenace.

L’atmosphère de ce roman est étrange, nous sommes dans une ambiance pré-apocalyptique. La fin du monde est prévue pour le mois d’octobre et les gens ont un peu tendance à devenir zinzin. Bref, le récit est teinté de mélancolie et quelques grains de folie venant de la part de certains personnages (dont les collègues de Palace). Mais jamais l’auteur ne pousse le bouchon trop loin, tout est amené par petites touches.

Un roman étrange de par la perspective de l’astéroïde, des personnages simples et une enquête qui réserve son lot de surprise parce que si Palace n’avait rien vu venir et a mit du temps pour comprendre, moi, j’avais vu que dalle alors que tous les éléments étaient sous mes yeux.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Un père idéal : Paul Cleave

Titre : Un père idéal                                                                    big_4

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine / Livre de Poche (2012)

Résumé :
Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées.

Aussi son fils Edward ne s’attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l’histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.

Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d’avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines.

Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c’est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu’il va se tourner pour prendre conseil.

Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L’instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ?

Autant de questions qu’Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l’horreur.

Critique : 
Diaboliquement excellent, ironique et sadique : voilà comment je qualifierait ce livre.

Certes, pas aussi hilarant que « Un employé modèle » mais ce père idéal me réconcilie totalement avec l’auteur (en froid avec lui après « Nécrologie »).

Edward Hunter est un comptable ordinaire, comme bien d’autres en Nouvelle-Zélande et dans le monde. MAIS, voyez-vous, même les comptables les plus ordinaires peuvent cacher des secrets inavouables !

Par exemple, je me verrais mal annoncer à mes collègues de boulot que mon papounet chéri purge une peine de prison pour avoir fait comme l’autre Jack, son cousin anglais : zigouiller des prostituées !

Le monstre qui l’habitait ne se manifestait jamais à la maison, il restait tapi dans les ténèbres avec le sang et la chair de ses victimes, mais parfois – au moins onze fois de ses propres aveux – papa sortait le soir et allait retrouver ce monstre. Il n’était alors plus mon père, il était autre chose.

Mon père s’est fait arrêter parce qu’il avait des penchants que les autres n’approuvaient pas trop – pas même les gens de Christchurch.

Et bien, Edward, c’est pareil ! Sa vie a basculé lorsque les flics sont venu arrêter son père parce qu’il avait assassiné des femmes de petites vertus exerçant le plus vieux métier du monde. Se prénommant Jack, son père fut surnommé « Jack The Hunter » par les journaleux.

Sa vie pèpère avec sa femme et sa petite fille va pourtant valser en l’air lors d’une visite à la banque. Visite qui va refroidir son épouse adorée.

Paul Cleave sait sortir des sentiers battus et je peux vous assurer que non, ceci n’est pas une Xième histoire de céréales-quiller. C’est bien mieux que ça.

Non seulement l’auteur distille quelques doses d’humour dans son récit, mais en plus, alors que l’on pense avoir établit le profil de l’histoire, hop, elle prend un virage à 90°, nous entrainant dans une poursuite infernale où le pauvre Edward va jouer un rôle important, à l’insu de son plein gré, aidé en partie par son père, qui n’est pas si idéal que ça !

La moquette est usée jusqu’à la trame et maculée de taches qui ressemblent à de la graisse, comme si quelqu’un avait essayé d’ôter la poussière en passant des morceaux de poulet frit dessus au lieu d’un aspirateur.

— Je suis à la bourre avec tous les suicides de Noël qui commencent chaque année de plus en plus tôt. Dès qu’il y a des sapins et des guirlandes dans les centres commerciaux, les gens se mettent à sauter des ponts.
— C’est la saison, observe Landry.

Un roman jouissif de par ses personnages, détaillés, mais sans en faire trop et une écriture qui vous fait oublier où vous êtes : oui, j’étais à Christchurch en train de me demander pourquoi il faisait 40° à Noël… Bonn sang, mais c’est bien sûr !

Ils annoncent qu’il fait déjà 27 degrés et que la chaleur va monter, nous rappellent que des restrictions d’eau sont en vigueur, que le réchauffement climatique est en route, que nous sommes seulement à un peu plus de sept jours de Noël.

De plus, cerise sur le cadavre, le récit s’emboite dans les trois autres romans et nous retrouvons des têtes connues.

Ce roman, c’est de l’émotion à l’état brut (pour une certaine scène), de la drôlerie, des situations cocasses (je ne vous mettrai pas au « courant », warf, warf), des retournements de situations et un récit sans temps mort (et quand il y en a un peu, on se bourre la gueule à grand renfort de bière froide).

Je repose la bouteille de bière vide. Il y en a toute une rangée devant moi, et Dieu merci, mes amis – mes amis qui me ressassent des platitudes du genre « Les choses vont s’arranger », ceux qui ne savent pas quoi dire -, Dieu merci, mes amis ont eu la décence de m’apporter des tonnes de bières !

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015).

BILAN - LC réussie - OKPourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique, ma binôme de LC) :
Il ne me manquait que celui ci pour faire le tour des œuvres de cet auteur dont je suis fan… Je suis encore plus contente de l’avoir lu en Lecture Commune Interactive avec Cannibal Lecteur.

Synopsis :
Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s’attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l’histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.

Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d’avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines.

Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c’est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu’il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L’instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ?

Autant de questions qu’Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l’horreur.

Les personnages :
Edward Hunter, il m’a beaucoup plu dans ses maladresses, dans son désespoir, et quoiqu’il arrive à lutter contre ses démons, à essayer de faire taire son monstre…Le destin s’acharne contre lui, et la compassion accompagne chacun de ses actes répréhensibles.

Jack Hunter, ce père est comme une ombre au dessus de thriller, Pas tout à fait là, mais redoutablement dangereux…Idéal, je n’en suis pas sure, mais diablement efficace si on a besoin de lui…..

Schroder, un flic au top! Profondément investi, mais compréhensif, on aimerait qu’il soit tous de sa trempe !

unnamedCe que j’ai ressenti :
Comme ça vu de l’extérieur, cette ville à l’air lumineuse et une jolie destination de vacances… Et bien si jamais vous ouvrez un livre de Paul Cleave votre envie d’évasion vers ce lieu risque d’être coupée en plein vol… Christchurch regorge de personnes non recommandables, de tueurs très sanguinaires et de flics dépassés par les évènements… Un lieu de débandade cauchemardesque, mais qu’est ce que j’aime m’y retrouver grâce à la plume de cet auteur….

Je n’ai pas pu lâcher ce thriller de haut vol, complètement retournée dans cette spirale infernale, happée dans les méandres de l’esprit torturé de Edward (ou Jack, on ne sait plus….). C’était trop ahurissant cette plongée en enfer de ce personnage à la lignée rouge sang…. Cet homme si équilibré, avait une revanche à prendre sur les préjugés, mais face au drame, le passé reprend son homme et le plie à sa volonté…

« Nous sommes des hommes de sang » p139
« Parfois vous devez faire quelque chose de mal pour arriver à quelque chose de bien. » p203

Paul Cleave sait nous livrer des personnages forts et intéressants à suivre… On est fatalement sous l’emprise de chacun, ils les faits si touchants et à la fois borderline, jamais idéal, mais on pourrait tant leur ressembler, si humains en somme, que ce qui fait leur force, c’est leur imperfection…. C’est toute l’ingéniosité de son écriture, ça, et son humour disséminé en miettes de sarcasmes, avec des rebondissements palpitants, on ne peut que passer un super moment!!!!

« Tous sont endormis, et des ronflements et des pets résonnent dans tous les coins: si quelqu’un craquait une allumette, l’air s’embraserait ». p269

Je n’y ai vu aucune fausse note, j’ai même versé une larme d’émotion pure…. Pour moi, un chef-d’œuvre de thriller!!!! La voix à l’intérieur de moi (elle ne s’appelle pas Noirceur ^^) vous dis de lire ce livre de toute urgence.

« Ou alors peut être que nous sommes tous ici, peut être que la noirceur de mon père et mon monstre sont assis sur la banquette arrière, à papoter, à comparer leurs anecdotes et à parier sur l’issue de la nuit ». p275

Ma note Plaisir de Lecture : 10/10unnamed

BILAN - LC réussie - OK

Un père idéal ?? Nos impressions de lecture (2/3

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 1 à 100) : Conquise !
Découverte des personnages dans un joli tableau champêtre d’une maisonnée où tout va bien, jusqu’à ce qu’une mort brutale ne nous révèle que non, non, nous n’étions pas dans le monde des Bisounours – la ville de Christchurch est violente – et que certains personnages ont un passé assez… heu… c’est pas rose, leur passé !

Bien accroché au récit et aux différents personnages. Paul Cleave saura-t-il, une fois encore, nous dressez un portrait de serial-killer différent de ses autres romans ?

Impressions de lecture de Stelphique (pages 1 à 100) : Avertie…
Nous mettons les pieds dans une famille ou il ne fait pas bon vivre… Christchurch n’en a pas fini de nous sortir des habitants pour le moins atypique… Je suis bien partie dans cette histoire, j’accroche bien aux personnages, le ton est très efficace…

Comme j’ai une confiance quasi aveugle en Paul Cleave, j’ai plutôt confiance sur la suite des évènements mais je relève une crainte puisque je lui trouve une ressemblance avec Dexter, surtout lorsqu’on découvre ce fameux père…

La Noirceur et le Passager noir, est bien trop proche à mon gout, et je serai déçue de voir une copie de mon tueur en série préféré… J’ai donc hâte de poursuivre ma lecture pour enlever ce doute…

Impressions du Cannibal Lecteur (Pages 101 à 200) : De la Folie pure !
Edward a pété un câble, boit plus qu’il ne devrait et vire parano, limite schizophrène en voyant des choses qui n’existent que dans son imagination. Niveau « meurtres », Edward n’a pas les mains d’argent (mwarf) de son père.

Par contre, chez Ed, le silence est d’or et le mensonge est digne d’un arracheur de dents. Sérieusement, je me demande comment tout cela va tourner, mais en attendant, je me marre et je me délecte de cette lecture !!

Impressions de Stelphique (Pages 101à 200) : Happée
Je suis rentrée dans la spirale infernale de ce cher Edward. Toutes les craintes émises plus tôt se sont envolées, et là mes ongles ont pris un sacré coup, mes nerfs sont chauffés à blancs, je suis complètement happée par l’intrigue, et j’adore les p’tits clins d’œil aux tomes précédents de l’auteur…

Son style reste toujours aussi attrayant, allez j’y retourne,car là, l’impatience me gagne de voir notre héros se sortir de ce piège à rats…

Impressions du Cannibal Lecteur (Pages 201 à 333) : De la folie pure !
Une course poursuite qui se termine un peu à la manière du Petit Poucet : en semant des morceaux un peu partout. Un vrai délire ! Une évasion qui donne plus lieu à pouffer de rire que de s’inquiéter, une trahison (que je sentais venir) et un pincement au cœur (et j’ai nié la situation). Et un final qui dépote !

Impressions de Stelphique (Pages 201 à 333) : Adrénaline….
Un pur moment d’adrénaline, un souffle dévastateur sur Chrischurch, il ne fait pas bon réveiller les noirceurs de certains !!!! Jusqu’à la fin, on est tenu au garrot, la course est effrénée et sanglante, mais hautement addictive !!!

Génial, mordant à souhait pour des Cannibales Thrillersque que nous sommes !!!!!!

« Il s’avère que le repas de choix du tueur en série n’est pas un Happy Meal, mais un Big Mac ». (p274)

Vous en prendrez bien une petite bouchée ???!!!!!

Un père idéal ? C’est ce qu’on va voir…

Seconde LC avec ma binôme Stelphique : nous allons lire le roman « Un père idéal » de Paul Cleave et tenter de répondre à la question « Jack Hunter est-il un père idéal alors qu’il est un serial-killer spécialisé dans l’assassinat des prostituées ? »

Un tel père – emprisonné – peut-il aider son fiston, devenu grand et honnête père de famille, à se venger des malfrats qui viennent de lui ruiner sa vie ??

Edward Hunter va-t-il nous faire le coup de Sigmund Freud et devoir tuer son père après avoir voulu coucher avec sa mère ?

Nous le Sauron – heu… – saurons (je confonds toujours avec l’autre, là, le Seigneur des Anneaux) en lisant ce roman et en vous donnant nos impressions de lecture au fur et à mesure…

Si nous avons jeté notre dévolu sur ce roman, c’est parce que l’auteur, dont les yeux sont bleus comme des lacs finlandais, ne nous laisse pas indifférentes… Ses yeux comme sa jolie petite gueule d’amour nous crient « braguette ».

Interview de Paul Cleave

De plus, dans tous ses romans, il nous parle de serial-killer, changeant le portrait de ses criminels en série pour ne pas rendre la soupe insipide.

Donc, étant fille de serial-killer, je voudrais savoir si le papa d’Edward Hunter est un père aussi idéal que le mien (qui nous ramenait parfois du travail à la maison). Il me semble que du côté de ma binôme, c’est le même cas… un papa psychopathe, d’après ce qu’elle m’a appris.

Diantre, nous allons, en plus de vous poster nos impressions de lecture, pouvoir tester ce papa, soit-disant idéal, avec les nôtres !!

 

Une étude en écarlate : Jean d’ Aillon [Chroniques d’Edward Holmes et Gower Watson]

Titre : Une étude en écarlate                                                         big_3-5

Auteur : Jean d’ Aillon
Édition : 10-18 (2015)

Résumé :
Le 21 mai 1420, Isabeau de Bavière, reine de France, signait, au nom de son mari Charles VI, fou et incapable, un traité par lequel le roi reconnaissait Henri V de Lancastre, son gendre, héritier de la couronne de France.

Quelques mois plus tard, Edward Holmes, clerc et demi-frère du baron de Roos tué à la bataille de Baugé, était chassé de l’hôtel parisien de son seigneur.

Ne pouvant rentrer en Angleterre, maître Holmes trouva logis chez le bonnetier Bonacieux, sis rue du Coq, où il partagea la chambre de Gower Watson, un archer blessé à la bataille d’Azincourt.

Dans un Paris ou règnent la faim, le froid et la misère, Edward Holmes devra mettre à jour un terrible complot dans lequel les conjurés veulent entraîner son ami Gower Watson.

Critique : 
♫ C’était au temps où Paris s’anglicisait, ♫ C’était au temps où l’roi des Anglais vous gouvernait ♪ (Pardon, Jacques).

Hé oui, les gars, un jour, il y a 600 ans, vous fûtes sous l’autorité d’un roi Anglais ! Charles VI a signé le traité qui stipulait que la couronne de France serait cédée à Henri V d’Angleterre. Mais ce con de numéro 5 meurt et c’est son fils, Henri VI d’Angleterre, qui est reconnu roi de France par les Anglais et les Bourguignons, maîtres de Paris et de la partie nord du royaume de France. Ben mon vieux !

Un pastiche de Sherlock Holmes qui n’en est pas tout à fait un, ça ne pouvait qu’éveiller ma curiosité ! Pensez bien, un clerc nommé Edward Holmes qui résout des petites énigmes après avoir croisé un dénommé Gower Watson et qui se balade dans les rues de Paris en 1420, je ne pouvais passer à côté.

Bien entendu, j’ai cherché toutes les petites références canoniques mais je n’en ai pas vu beaucoup (la viole au lieu du violon – Mortimer=Moriarty ?), le clerc Holmes étant tout de même assez éloigné de son modèle officiel, tout comme Watson, archer dans cette aventure.

Sherlock Holmes savait se battre et notre Edward Holmes est parfois un peu pusillanime quand il s’agit de monter au front, bien qu’il ne manquasse pas de courage lorsqu’il faut montrer qu’on en a « sous la toge » afin de sauver son ami Gower.

Malgré ces petites choses, j’ai souri, car ce pastiche est bien fichu et les personnages aussi. J’ai bien aimé l’introduction qui nous changeait de la vieille malle en fer blanc…

Rien de trépidant, le roman n’étant pas un thriller, mais le récit a du rythme, il est plaisant à lire à condition que l’on ne soit pas allergique à l’Histoire. Parce que oui, de l’Histoire de France, vous allez en bouffer ! Moi, j’ai apprécié, mais il n’en aurait pas fallu plus.

On sent de suite que l’auteur maîtrise l’Histoire et dans le récit, elle a son importance, vu les complots qui se trament dans les arrière-cour ! Ils avaient déjà dû lire « Game of thrones » en 1420 parce que niveau complotages (néologisme) et assassinats, ça se défend bien.

Les descriptions des rues de Paris, de la vie des habitants, du prix des denrées, sont légions et je n’aurais pas aimé vivre à cette époque là.

Chuffart garda alors le silence, réfléchissant à la signification de ce que venait de lui apporter Holmes. Lady Mortimer se trouvait à Paris depuis un mois et, à ses yeux, sans raison. Quelle Anglaise de qualité pouvait souhaiter venir vivre dans une ville pareille, où les épidémies sévissaient et où tout était hors de prix ? Cette attitude avait intrigué la reine Isabeau qui lui avait demandé d’en savoir plus, mais il n’avait rien découvert, bien qu’ayant réussi à placer un espion chez elle. Ce Holmes semblait en savoir plus que lui !

Les dialogues sont en V.O, c’est-à-dire avec des mots de l’époque et les notes explicatives en fin d’ouvrage sont à consulter souvent, ainsi qu’un dictionnaire, afin de ne pas laisser passer des mots inusités et dont on ne connait pas la signification. Avec l’inconvénient de ralentir la lecture.

Plusieurs petites affaires à dénouer, des intrigues de Cour, des autres mystères que Holmes devra déjouer pendant que vous, peinard, les pieds au chaud (et pas dans les rues boueuses de Paris), vous suivrez la manière dont il va résoudre les énigmes, parce que Vous, Lecteur, vous savez déjà tout puisque vous avez aussi accompagné les conspirateurs dans leur périple.

Un roman policier historique qui se laisse lire, à condition qu’on ne soit pas sujet à attraper pas des boutons en lisant des récits remplis de faits historiques. Des personnages bien campés, le tout dans un Paris qui crève de faim, dans un Paris écartelé, dans un Paris qui fut massacré, un Paris où les vides-gousset sont légion, dans un Paris sale mais un Paris arpenté par Holmes !

Un pastiche holmésien qui n’en est pas un, mais qui s’inspire des personnages de Conan Doyle, pour mon plus grand plaisir. Si l’auteur continue, je le lirai avec grand plaisir.

— Pour manger avec le Diable, il faut une longue cuiller, observa Edward.

— Il n’est pas interdit de brûler une chandelle à Dieu et une autre au Diable.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Arieste et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Les Temps Sauvages : Ian Manook [Yeruldelgger 2]

Temps sauvages - Ian Manook [NUM]Titre : Les Temps Sauvages                                                          big_4-5

Auteur : Ian Manook
Édition : Albin Michel (2015)

Résumé :
Après le sujet des terres rares, ce nouvel opus des aventures de Yeruldelgger aborde la question des relations troubles de la Mongolie avec les pays voisins, ses affaires d’état, d’espionnage et de contrebande internationale.

Afin d’échapper à un complot dont il est la cible, Yeruldelgger enquête sur la mort d’une prostituée et la disparition de son fils adoptif, tandis que ses équipiers cherchent à élucider deux morts très étranges.

POLAR - Mongolie-114Critique : 
Ayant lu le premier opus des aventures du commissaire Yeruldelgger (Yerul pour les intimes), c’est avec une joie mêlée de crainte que j’ai ouvert la suite.

Plaisir de retrouver des personnages que j’apprécie car ils sont bien travaillés et possèdent une présence physique, mais crainte que le second volet ne soit pas aussi bien que le premier. Crainte aussi parce que j’avais lu qu’une partie de l’action se déroulerait en France.

Quoi, notre commissaire bourru en France ? Non, je le voyais mal débarquer dans le pays voisin du mien. C’est là que réside un des multiples talents de l’auteur : oui, nous avons un volet français, mais notre sale caractère de Yerul ne viendra pas admirer votre Tour Eiffel mais tout cela sera cohérent et amené avec minutie.

Si on prend la même casserole pour préparer la « soupe » d’aïrag (lait de jument fermenté) en utilisant les personnages connus, le résultat n’est pas le même : si la soupe est toujours aussi bonne, l’auteur a pris soin de renouveler la préparation.

Yerul se retrouve avec des cadavres qui n’ont, de prime abord, aucun lien ensemble. Entre un alpiniste mort ♫ là-haut sur la montagne ♪, un cavalier mongol écrasé, avec sa monture, par un yack femelle semblant venir tout droit du ciel et une prostituée égorgée comme un goret dans une chambre d’hôtel, il n’y a pas de concordances. Impossible de faire le rapprochement.

Notre commissaire, durant son enquête, promènera sa grande carcasse dans le pays Mongol et en Russie, trainant son caractère de chien durant toutes les pages, passant même allégrement du côté Obscur de la Force. Je l’aurais bien baffé, parfois.

Solongo (le médecin légiste) restera la personne la plus sensée du groupe tandis qu’Oyun, partenaire flic de Yerul, aura le feu au minou et tentera de se le faire éteindre, non pas par un pompier, mais par un beau militaire qui sent bon la neige froide (pas de sable chaud dans l’hiver Mongol). Elle aussi, je l’aurais bien baffée !

Sherlock Holmes a raison : « Raison et émotions ne font pas bon ménage » et si Oyun avait gardé l’esprit froid au lieu d’avoir la chatte chaude, son esprit aurait additionné deux et deux, qui font quatre, comme moi. Mais ça aurait enlevé de l’humanité au personnage si elle avait été parfaite.

Deux fois déjà, lovés l’un contre l’autre, lui dans son dos après l’amour, il avait essayé de glisser son sexe encore bandé entre ses fesses. Deux fois elle avait détourné son geste en se retournant.

Malgré toutes les paires de baffes que j’aurais bien distribué, j’ai pris un pied fou durant ma lecture, me gavant de manière littéraire de la cuisine mongole (parce que la tête de chèvre bouillie, ce sera sans moi), bouffant de l’Histoire et apprenant des tas de petites choses sur le Grand Frère Russe d’à côté.

J’ai même arpenté les rues de la ville la plus radioactive : Krasnokamensk (à vos souhaits), celle dont la prison a hébergé l’oligarque russe, Khodorkovski. Ça vous fait froid dans le dos, des villes pareilles ainsi que le pouvoir des dirigeants russes et de leurs services secrets.

— Autour de la mine, à vingt kilomètres d’ici, la teneur en radon est cent fois plus élevée que les normes admises. En ville, on ne mesure plus depuis vingt ans, histoire de ne pas savoir. Mais je peux te dire qu’ici, on mange de l’uranium, on boit de l’uranium, et on respire de l’uranium. Et je ne te parle pas des métaux lourds et des boues toxiques dans laquelle tu patauges dès que tu descends du trottoir.

— Nous sommes la seule cité russe où le cimetière est plus grand que la ville.

La partie qui se déroule en France est bien amenée, j’ai pris plaisir à découvrir d’autres personnages, à suivre leur enquête et à manger des bons petits plats au Havre.

Il n’y a pas qu’une simple enquête policière dans les romans de Ian Manook, il y a aussi une dimension humaine, des faits de société, la découverte d’un pays mal connu (ses mœurs, son Histoire, sa cuisine, sa culture, ses habitants, ses légendes, ses croyances, son hospitalité, sa misère, son dépouillement de l’uranium par les russes).

— La puissance soviétique a été capable, tu te rends compte ? Construire toute une ville et deux cents bornes de voies ferrées pour y amener jusqu’à cinquante mille Russes. Tu vois ce qu’il a fallu d’immeubles, de commerces, d’infrastructures pour exploiter cette putain de mine et leur piller leur uranium ? Enfin, je veux dire, ton uranium. Garder cette zone secrète, en virer les Mongols, l’effacer des cartes, l’interdire aux voyageurs. Pas étonnant qu’en retour, vous ayez été capables de vous venger comme ça.

Et puis, dans ce roman, il y a aussi, comme disait le philosophe belge JCVD : « du spirit ». De la spiritualité, quoi.

Sans oublier des bons mots, de l’humour noir, de la violence, de l’amour et une forte personnalité qui ressort dans toutes les pages.

Attention, ce roman se déroule en plein hiver mongol, sous les moins 30° au minimum, les fourrures sont de mises, alors, afin d’en profiter un max, évitez, comme moi, de le lire alors qu’il y a un beau soleil dehors. Ça fou une partie de l’ambiance en l’air.

Hâte de découvrir le troisième opus pour savoir comment vont évoluer les personnages que j’ai eu un peu de mal à quitter (j’ai eu peur, même, à un moment).

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015).