Un père idéal : Paul Cleave

Titre : Un père idéal                                                                    big_4

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine / Livre de Poche (2012)

Résumé :
Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées.

Aussi son fils Edward ne s’attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l’histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.

Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d’avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines.

Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c’est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu’il va se tourner pour prendre conseil.

Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L’instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ?

Autant de questions qu’Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l’horreur.

Critique : 
Diaboliquement excellent, ironique et sadique : voilà comment je qualifierait ce livre.

Certes, pas aussi hilarant que « Un employé modèle » mais ce père idéal me réconcilie totalement avec l’auteur (en froid avec lui après « Nécrologie »).

Edward Hunter est un comptable ordinaire, comme bien d’autres en Nouvelle-Zélande et dans le monde. MAIS, voyez-vous, même les comptables les plus ordinaires peuvent cacher des secrets inavouables !

Par exemple, je me verrais mal annoncer à mes collègues de boulot que mon papounet chéri purge une peine de prison pour avoir fait comme l’autre Jack, son cousin anglais : zigouiller des prostituées !

Le monstre qui l’habitait ne se manifestait jamais à la maison, il restait tapi dans les ténèbres avec le sang et la chair de ses victimes, mais parfois – au moins onze fois de ses propres aveux – papa sortait le soir et allait retrouver ce monstre. Il n’était alors plus mon père, il était autre chose.

Mon père s’est fait arrêter parce qu’il avait des penchants que les autres n’approuvaient pas trop – pas même les gens de Christchurch.

Et bien, Edward, c’est pareil ! Sa vie a basculé lorsque les flics sont venu arrêter son père parce qu’il avait assassiné des femmes de petites vertus exerçant le plus vieux métier du monde. Se prénommant Jack, son père fut surnommé « Jack The Hunter » par les journaleux.

Sa vie pèpère avec sa femme et sa petite fille va pourtant valser en l’air lors d’une visite à la banque. Visite qui va refroidir son épouse adorée.

Paul Cleave sait sortir des sentiers battus et je peux vous assurer que non, ceci n’est pas une Xième histoire de céréales-quiller. C’est bien mieux que ça.

Non seulement l’auteur distille quelques doses d’humour dans son récit, mais en plus, alors que l’on pense avoir établit le profil de l’histoire, hop, elle prend un virage à 90°, nous entrainant dans une poursuite infernale où le pauvre Edward va jouer un rôle important, à l’insu de son plein gré, aidé en partie par son père, qui n’est pas si idéal que ça !

La moquette est usée jusqu’à la trame et maculée de taches qui ressemblent à de la graisse, comme si quelqu’un avait essayé d’ôter la poussière en passant des morceaux de poulet frit dessus au lieu d’un aspirateur.

— Je suis à la bourre avec tous les suicides de Noël qui commencent chaque année de plus en plus tôt. Dès qu’il y a des sapins et des guirlandes dans les centres commerciaux, les gens se mettent à sauter des ponts.
— C’est la saison, observe Landry.

Un roman jouissif de par ses personnages, détaillés, mais sans en faire trop et une écriture qui vous fait oublier où vous êtes : oui, j’étais à Christchurch en train de me demander pourquoi il faisait 40° à Noël… Bonn sang, mais c’est bien sûr !

Ils annoncent qu’il fait déjà 27 degrés et que la chaleur va monter, nous rappellent que des restrictions d’eau sont en vigueur, que le réchauffement climatique est en route, que nous sommes seulement à un peu plus de sept jours de Noël.

De plus, cerise sur le cadavre, le récit s’emboite dans les trois autres romans et nous retrouvons des têtes connues.

Ce roman, c’est de l’émotion à l’état brut (pour une certaine scène), de la drôlerie, des situations cocasses (je ne vous mettrai pas au « courant », warf, warf), des retournements de situations et un récit sans temps mort (et quand il y en a un peu, on se bourre la gueule à grand renfort de bière froide).

Je repose la bouteille de bière vide. Il y en a toute une rangée devant moi, et Dieu merci, mes amis – mes amis qui me ressassent des platitudes du genre « Les choses vont s’arranger », ceux qui ne savent pas quoi dire -, Dieu merci, mes amis ont eu la décence de m’apporter des tonnes de bières !

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015).

BILAN - LC réussie - OKPourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique, ma binôme de LC) :
Il ne me manquait que celui ci pour faire le tour des œuvres de cet auteur dont je suis fan… Je suis encore plus contente de l’avoir lu en Lecture Commune Interactive avec Cannibal Lecteur.

Synopsis :
Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s’attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l’histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.

Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d’avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines.

Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c’est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu’il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L’instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ?

Autant de questions qu’Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l’horreur.

Les personnages :
Edward Hunter, il m’a beaucoup plu dans ses maladresses, dans son désespoir, et quoiqu’il arrive à lutter contre ses démons, à essayer de faire taire son monstre…Le destin s’acharne contre lui, et la compassion accompagne chacun de ses actes répréhensibles.

Jack Hunter, ce père est comme une ombre au dessus de thriller, Pas tout à fait là, mais redoutablement dangereux…Idéal, je n’en suis pas sure, mais diablement efficace si on a besoin de lui…..

Schroder, un flic au top! Profondément investi, mais compréhensif, on aimerait qu’il soit tous de sa trempe !

unnamedCe que j’ai ressenti :
Comme ça vu de l’extérieur, cette ville à l’air lumineuse et une jolie destination de vacances… Et bien si jamais vous ouvrez un livre de Paul Cleave votre envie d’évasion vers ce lieu risque d’être coupée en plein vol… Christchurch regorge de personnes non recommandables, de tueurs très sanguinaires et de flics dépassés par les évènements… Un lieu de débandade cauchemardesque, mais qu’est ce que j’aime m’y retrouver grâce à la plume de cet auteur….

Je n’ai pas pu lâcher ce thriller de haut vol, complètement retournée dans cette spirale infernale, happée dans les méandres de l’esprit torturé de Edward (ou Jack, on ne sait plus….). C’était trop ahurissant cette plongée en enfer de ce personnage à la lignée rouge sang…. Cet homme si équilibré, avait une revanche à prendre sur les préjugés, mais face au drame, le passé reprend son homme et le plie à sa volonté…

« Nous sommes des hommes de sang » p139
« Parfois vous devez faire quelque chose de mal pour arriver à quelque chose de bien. » p203

Paul Cleave sait nous livrer des personnages forts et intéressants à suivre… On est fatalement sous l’emprise de chacun, ils les faits si touchants et à la fois borderline, jamais idéal, mais on pourrait tant leur ressembler, si humains en somme, que ce qui fait leur force, c’est leur imperfection…. C’est toute l’ingéniosité de son écriture, ça, et son humour disséminé en miettes de sarcasmes, avec des rebondissements palpitants, on ne peut que passer un super moment!!!!

« Tous sont endormis, et des ronflements et des pets résonnent dans tous les coins: si quelqu’un craquait une allumette, l’air s’embraserait ». p269

Je n’y ai vu aucune fausse note, j’ai même versé une larme d’émotion pure…. Pour moi, un chef-d’œuvre de thriller!!!! La voix à l’intérieur de moi (elle ne s’appelle pas Noirceur ^^) vous dis de lire ce livre de toute urgence.

« Ou alors peut être que nous sommes tous ici, peut être que la noirceur de mon père et mon monstre sont assis sur la banquette arrière, à papoter, à comparer leurs anecdotes et à parier sur l’issue de la nuit ». p275

Ma note Plaisir de Lecture : 10/10unnamed

BILAN - LC réussie - OK

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