Bilan Livresque : Mars 2015

 BILAN - Livresque RAT OKC’est avec un peu de retard que je publie mon Bilan Livresque du mois de Mars !

Un coup de barre ? En Mars, ça repart !

Pas moins de 9 livres lus. Ce qui est tout de même 3 de plus qu’en février, mais juste 2 de plus par rapport à janvier.

Ok, je laisse tomber les statistiques qui ne veulent rien dire et que je n’ai même pas trafiquées, en plus.

Le premier tome m’avait été offert pour mon anniversaire, en 2013, et je m’étais régalée avec les aventures de ce commissaire au nom imprononçable : Yeruldelgger. Pour ma Saint-Valentin, je me suis fait offrir la suite « Les Temps Sauvages » de ce diable de Ian Manook (ICI).

Attention, croire que ce roman est uniquement un roman policier serait une grossière erreur et une insulte. Il est bien plus que ça. Il y a aussi une dimension humaine, des faits de société et la découverte d’un pays mal connu. Un coup de cœur, une fois de plus.

C’est chez Consulting Blogger que j’avais entendu parler de ce pastiche qui n’en est pas vraiment un puisque, « Une étude en écarlate » de Jean d’Aillon (ICI) se déroule à Paris en 1420 ! Edward Holmes et Gower Watson sont, en tout cas, copié sur les originaux de Conan Doyle. Mais au fait, qui a copié qui ?

Une aventure bien sympathique mais déconseillé pour les allergiques à l’Histoire avec un grand H.

Ma Lecture Commune avec Stelphique, ma binôme, portait sur le roman de Paul Cleave « Un père idéal » et ce fut une réussite, cette fois-ci (ICI) ! Non pas que nous nous sommes de manches, mais bon, la dernière fois, le roman n’était pas à la hauteur de nos espérances.

Paul Cleave sait sortir des sentiers battus et je peux vous assurer que non, ceci n’est pas une Xième histoire de serial-killer. C’est bien mieux que ça. Ce roman, c’est de l’émotion à l’état brut.

Une météorite va mettre K.O la terre en octobre… En attendant, pour l’inspecteur Palace, ce suicide dans les chiottes du MacDo local ressemble plus à un meurtre. « Dernier meurtre avant la fin du monde » de Ben H. Winters (ICI) raconte son enquête.

Le récit est teinté de mélancolie et quelques grains de folie venant de la part de certains personnages (dont les collègues de Palace). Mais jamais l’auteur ne pousse le bouchon trop loin, tout est amené par petites touches. Très bien, mais il manquait une touche de sel en plus.

On m’avait dit que ça ressemblait aux X-Men mais sans être tout à fait ça, malgré tout, le sentiment final qui me restera, c’est que « Les brillants » (ICI) de Marcus Sakey (1er tome d’une trilogie) a quand même beaucoup des X-Men.

Au final, cette dystopie qui m’avait semblé banale au départ, donnant l’impression que l’auteur faisait du neuf avec du vieux avait tout de même de la profondeur dans ses pages. Divertissant.

Puisque nous sommes dans le divertissement, voilà une aventure qui ne cassera pas trois pattes à un canard, mais qui aura eu le mérite de me faire sourire et d’apporter une touche de fraicheur : « Le Club Vesuvius – Une aventure de Lucifer Box – Tome 1 » de Mark Gatiss (ICI). Une sorte de James Bond sous Edward 007, en quelque sorte.

Pour la Lecture Commune du mois, c’était « Lisson Grove » de Anne Perry (ICI) qui s’y collait cette fois-ci. Allez, direction l’Irlande pour un bon petit complot politique de derrière les fagots, avec notre Charlotte mise à l’honneur, ça faisait longtemps !

Je n’aimerai jamais la Special Branch, mais j’ai apprécié de roman pour le dépaysement qu’il m’a procuré – pas de huis-clos comme dans le précédent – et le côté politique entre l’Angleterre et l’Irlande.

Le gros coup de cœur du mois sera aussi pour « Montana 1948 » de Larry Watson (ICI) qui m’a entrainé dans un récit sur la perte des illusions d’un enfant. On se fait le voyeur en suivant le récit de David, gamin de 12 ans.

Si vous voulez lire un roman qui vous parlera des affres causées par un cas de conscience, si vous aimez nager dans les eaux troubles d’un dilemme qui porte sur le choix cornélien entre la fidélité à la famille et le devoir, alors, vous êtes à la bonne adresse.

Décidément, la fin du mois a été productive ! Non contente d’avoir lu 3 livres en 4 jours, j’ai encore eu un plaisir livresque avec « Six fourmis blanches » de Sandrine Collette (ICI) qui m’a entrainé dans les montagnes d’Albanie pour une randonnée des plus éprouvantes.

L’auteur y joue avec nos peurs, celle qui peut nous rendre fou si on se retrouvait paumé en montagne, durant une tempête de neige. Sans oublier la peur de mourir de faim, de froid, peur de ce qui peut se cacher dans l’ombre, peur d’être le suivant à y passer.

Bilan Livresque de Mars : 9 livres

  1. Les Temps Sauvages : Ian Manook
  2. Une étude en écarlate : Jean d’Aillon
  3. Un père idéal : Paul Cleave ♥♥♥
  4. Dernier meurtre avant la fin du monde : Ben H. Winters
  5. Les brillants – Tome 1 : Marcus Sakey
  6. Le Club Vesuvius – Une aventure de Lucifer Box – T1 : Mark Gatiss
  7. Lisson Grove : Anne Perry ♥♥
  8. Montana 1948 : Larry Watson ♥♥
  9. Six fourmis blanches : Sandrine Collette

Pas de fouet cette fois-ci, mais une danse sensuelle, rien que pour vous !

 

Six fourmis blanches : Sandrine Collette

Six fourmis blanches - Sandrine Colette [NUM]Titre : Six fourmis blanches                                                            big_4

Auteur : Sandrine Collette
Édition : Denoël (2015)

Résumé :
Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ?

Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant.

À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches…

Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

POLAR - Six fourmisCritique : 
Freud dirait sûrement que l’auteur a un compte à régler avec les randonnées vu comment elle a l’art de vous en dégoutter dans ses romans (2).

Je suis du même avis… On aura beau être au mois de juin, j’aurais des sueurs froides lors de mes randos de vacances !

« La montagne, ça vous gagne » disait la pub. Tu parles ! La montagne, ça peut te tuer, oui ! C’est une tueuse silencieuse, la montagne, aidée de sa compagne la poudreuse. Les salopes…

D’ailleurs, le syndicat d’initiative de l’Albanie doit avoir mis l’auteur sur liste rouge parce qu’après cette lecture, on a pas envie d’aller faire du trek dans leurs montagnes.

Allez, enfilez une tenue de circonstance avant de plonger dans ce délicieux roman qui peut vous glacer les sangs et le bout de vos doigts.

Lorsque j’ai commencé ma lecture, je me suis demandé quel rapport il pouvait y avoir entre le récit de Mathias, sacrificateur de chèvres (oui, ça existe, ça pourrait être une reconversion en ces temps de crise) et celui de Lou,  compagne d’Elias, qui a gagné, ainsi que 4 autres, un trekking en montagne à Valbona, Albanie.

Nos 6 randonneurs (4 hommes et 2 femmes) du dimanche vont, sous la conduite de leur guide, Vigan, gravir la montagne durant quelques jours. Mais rien ne va se passer comme ils le pensaient et certains vont même y laisser leur bien le plus précieux : la vie !

Au fur et à mesure du récit, je me suis attachée à Mathias, l’homme qui lance des chèvres du haut de la montagne, ainsi qu’à Lou, qui nous compte le récit mouvementé de leur rando. J’ai tremblé pour eux, j’ai croisé les doigts, j’ai eu froid pour eux et j’ai eu du mal à lâcher le récit, je l’avoue. Surtout quand j’ai commencé à entrevoir le lien entre les deux…

Avant la lecture, j’avais pensé à un récit à la « Dix petits nègres » comme le disait une chronique… Le genre où dans la cordée, le dernier disparait mystérieusement, ou un des trekkers qui ne revient pas après avoir été secouer son petit oiseau dans le froid. Mais il n’en était rien et c’est tout à fait autrement que ça s’est déroulé, et ce n’est pas plus mal, je ne voulais pas du « déjà lu ».

Sur ma gauche, je devine un mouvement et je pousse un hurlement. Une fraction de seconde, je vois la masse filer dans la descente et j’ai la certitude qu’Arielle avait raison, il y a bien quelque chose dans la montagne, qui nous suit, qui a senti que c’était son heure…

L’auteur joue avec nos peurs, celle qui nous rendrait fou si on se retrouvait perdu en montagne, durant une tempête de neige. Peur de mourir de faim, de froid, peur de ce qui peut se cacher dans l’ombre, peur d’être le suivant à y passer.

On ne vaut pas grand-chose face à la nature, ses déchainements incompréhensibles, et notre réflexion stupide de chercher une explication.

Quelle horrible impression, celle de nos propres limites: jamais, dans la vie ordinaire, nous n’avons besoin d’aller aux frontières de ce dont nous sommes capables, à l’extrême de nos forces. Le sentiment d’arriver au bout nous est étranger. Nous nous croyons invincibles, quand nous n’avons simplement pas à utiliser nos réserves. Nous sommes des protégés, des assistés qui s’ignorent. Des faibles. (..) Devant l’immensité des éléments, dans des situations extrêmes, nous ne sommes plus rien.

Un roman avec beaucoup de tensions, de suspense et de peurs qui vous rendra chèvre car la chute sera angoissante. Une écriture aux petits oignons et des personnages bien campés.

Un roman qui met aussi l’accent sur les coutumes d’un pays fort méconnu, l’Albanie, dont nous savons peu de choses, hormis nos préjugés.

On a beau être en 2015, dans certains petits coins paumés, les gens restent fort superstitieux et ne veulent pas froisser les Esprits.

Le mal suinte de ce pays comme l’eau des murs de nos maisons tout le long de l’hiver. Enraciné en nous, telle une sangsue fossilisée sur une pierre. C’est ce que disait mon grand-père, et avant lui son père, et le père de son père : depuis toujours ces montagnes sont maudites. Qui se souvient que quelque chose de beau y ait été conçu, s’y soit développé ? Que de contreparties à notre présence ici, que de compromis pour nous donner, parfois, le sentiment de bien vivre. Les vieux répètent à l’envi que les mauvais esprits ont choisi cet endroit pour venir mourir ; qu’ils y agonisent des années durant, crachant des imprécations sur nos roches et nos forêts malingres. Nous sommes de trop dans ces vallées ; nous en payons le prix fort. Nous aurions dû abandonner ces terres où nous n’avons jamais été les bienvenus. Si seulement nous étions raisonnables. Mais nous sommes faits de la même caillasse, refusant de céder une once de terrain, acharnés à faire pousser les tubercules qui nous permettent de tenir amaigris jusqu’au printemps suivant. Heureux d’un rien, aussi.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015).

CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)