L’Inconnue de Blackheath : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 29]

Titre : L’Inconnue de Blackheath                                         big_3-5

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2014)

Résumé :
En 1897, alors que la Grande-Bretagne est lancée dans une course à l’armement, l’inspecteur Pitt doit trouver celui qui a sauvagement tué puis défiguré une jeune femme ressemblant fort à la servante du haut fonctionnaire Dudley Kynaston.

Derrière ce meurtre sanglant, chercherait-on à atteindre cet expert du gouvernement détenteur de nombreux secrets sur la stratégie navale britannique ?

Tandis que d’autres meurtres surviennent, Pitt aura besoin de tout le secours de Charlotte et de sa sœur Emily, dont le mari vient d’obtenir un siège de député au Parlement.

Critique : 
Une femme de chambre qui s’enfuit dans la nuit noire et obscure ne vaut pas la peine que l’on ouvre une procédure. Sans aucun doute était-ce pour une aventure qu’elle a fait le mur, la petite raclure.

Si ladite femme de chambre (ou bonne) est retrouvée morte deux semaines plus tard, le personnel aura le cafard, car un salopard aura fait tomber la petite dans un traquenard et le policier se fera flemmard.

Mais si le corps retrouvé est horriblement mutilé, défiguré et que son patron est haut placé, alors, va falloir s’activer ! D’une banalité, on passe à une tragédie compliquée.

— Une femme de chambre qui s’enfuit avec son amant c’est dérangeant, néanmoins cela n’a rien d’exceptionnel, reprit-elle. Je crois en avoir perdu au moins trois de cette manière, voire quatre, si j’y ajoute une fille de cuisine. En revanche, une femme battue à mort et laissée en pâture aux animaux dans un lieu public, voilà qui est à la fois grotesque et tragique.

— Dans cette affaire, le banal le dispute à la tragédie.

Dudley Kynaston, employeur de Kitty, la disparue retrouvée morte non loin de chez lui, est un haut fonctionnaire qui travaille pour la « britannique navale ».

Voilà une enquête épineuse pour Thomas Pitt car si on pose trop de questions, on éveille les soupçons chez les autres, sans parler des interrogatoires qui n’ont rien de ceux vu dans le roman « 1974 » où c’était à coup de seau de merde lancé à la tête du suspect.

Ici, faut mettre des gants et trouver les réponses aux questions « Qui ? Pourquoi ? Comment ? Quand ? Quoi ? Où ? ».

Va falloir prendre l’enquête par le bon bout, les amis ! Heureusement que Thomas Pitt peut compter sur Stocker, son assistant, sur Narraway, son ancien chef, sur Lady Vespasia, la grande-tante et un peu sur Charlotte, sa femme, bien qu’elle soit moins présente dans les enquêtes.

Je me suis régalée avec ce roman où tout n’est que mystère depuis la fuite de Kitty et depuis l’arrivée de deux cadavres de jeunes filles, mutilés, et déposées non loin de chez Kynaston. Mais pourquoi a-t-elle fui ? Mystèèèère…

Emily, la petite sœur de Charlotte, est plus présente dans ce tome et j’ai bien aimé de la voir évoluer vers la quarantaine, avec sa crise, ses angoisses, ses questions, sa peur de devenir transparente dans les soirées.

— Nous tenons la lumière pour acquise, jusqu’au moment où elle s’éteint. Vous êtes accoutumée à tourner le robinet pour avoir de l’eau. Vous avez oublié ce qu’il en est d’aller en chercher au puits.
Emily haussa les sourcils.

— Vous pensez que je me sentirais mieux en allant au puits ?
— Pas du tout. En revanche, si vous le faisiez plusieurs fois, tourner le robinet aurait certainement cet effet.

Dommage que les deux sœurs ne puissent plus aller sortir les vers hors du nez des vieilles rombières buveuse de thé.

Par contre, j’avais trouvé le coupable avant Pitt et son équipe (mais pas le mobile) et je ne comprends pas comment il leur a fallu autant de temps pour trouver le colonel Moutarde avec le chandelier dans la véranda !

Du mystère, des secrets, des trucs louches bien cachés et des corps qui font leur apparition pour dérouter tout le monde. Et les cadavres en déroutent, ça me rappelle une autre aventure !

Tout compte fait, l’habit de chef de la Special Branch sied à ravir à notre Thomas Pitt qui comprend petit à petit comment jongler avec les multiples rouages de l’espionnage et sait se comporter comme un parfait petit agent 007.

Ses triomphes étaient voués à demeurer secrets, tandis que ses échecs seraient désastreusement publics.

Je ne sais pas si c’est parce que ce tome est l’avant-dernier (pour le moment), mais j’ai trouvé que certains personnages se mettaient un peu plus à nu et cela m’a donné de l’émotion.

Il tendit la main par-dessus la nappe blanche et la posa sur la sienne, très doucement, mais avec trop de force pour qu’elle puisse se dégager.
— Croyiez-vous réellement que j’allais vous demander de le faire ? Je vous en prie, accordez-moi plus de sensibilité et plus d’affection à votre égard !

Cet épisode mettra aussi en avant l’exploration des « petits travers de la société victorienne » en abordant les naissances « avec ou sans » cuillère en or dans la bouche… Qui fait que selon votre rang, vous aurez accès, ou pas, à des postes importants, sans que l’on tienne compte de votre compétence.

— On ne peut pas confier un poste aussi important à quelqu’un en vertu de son seul nom.

Un bon moment de lecture remplit d’interrogations.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, d’une LC chez Bianca, le Challenge « Victorien » chez Camille et du Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda (dernière fiche).

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Sir Arthur Conan Doyle’s Sherlock Holmes – Les mystères de Londres [FILMS]

Sherlock Holmes : Les Mystères de Londres (Sir Arthur Conan Doyle’s Sherlock Holmes) est un film américain de Rachel Goldenberg sorti directement en DVD en 2010.

C’est un mockbuster, c’est-à-dire un film à petit budget espérant capitaliser sur le succès du film homonyme de Guy Ritchie, sorti peu de temps auparavant.

C’est le second film produit par la société Asylum à s’inspirer des écrits d’Arthur Conan Doyle, après King of the Lost World.

Une fois qu’il fait humide, mon brushing est foutu… Mes cheveux crollent tout seuls…

1. Synopsis :

C’est le Blitz à Londres en 1940. Un docteur John Watson âgé et malade raconte à son infirmière l’histoire de son enquête la plus complexe avec Sherlock Holmes, qu’ils ont tous les deux juré de ne jamais raconter au public ni adapter dans une des fameuses histoires de Watson.

Le Coronet, un navire transportant l’or des impôts de la couronne est attaqué et détruit par une pieuvre géante.

L’or disparait mystérieusement de l’épave. Sherlock Holmes et Watson se rendent sur la côte afin de mener l’enquête, officiellement confiée à l’inspecteur Lestrade.

Durant ce temps, un jeune homme est tué par un tyrannosaure dans Whitechapel.

De retour à Londres, Holmes, après avoir lui-même échappé à l’attaque du tyrannosaure dans Hyde Park et avoir analysé les traces, en arrive à la conclusion que les monstres sont artificiels et construits par un génie criminel.

Au terme de son enquête, Sherlock Holmes découvre que tous ces évènements ne sont que les signes avant-coureurs de la terrible vengeance de Jack Talons-à-Ressort visant non seulement à assassiner la reine Victoria mais à détruire Londres.

Le tout en faisant porter le chapeau à l’inspecteur Lestrade avec lequel le génie criminel a un vieux compte à régler.

sherlock_holmes_mysteres_londres_022. Fiche technique :

  • Titre original : Sir Arthur Conan Doyle’s Sherlock Holmes ; Sherlock Versus Monsters (diffusion télé)
  • Titre français : Sherlock Holmes : Les Mystères de Londres
  • Réalisation : Rachel Goldenberg
  • Scénario : Paul Bales, d’après les personnages de Conan Doyle
  • Musique : Chris Ridenhour
  • Société de production : The Asylum Home Entertainment
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Format : Couleurs – 35 mm – 1,78:1 – Dolby Digital
  • Durée : 89 minutes
  • Dates de sortie : 26 janvier 2010 ; France : 7 août 2012

3. Distribution :

  • Ben Syder (VF : Gérard Malabat) : Sherlock Holmes
  • Gareth David-Lloyd (VF : Cyrille Monge) : le docteur John Watson
  • Dominic Keating : Thorpe Holmes
  • William Huw : Lestrade
  • Elizabeth Arends : Anesidora Ivory
  • David Shackleton : le docteur Watson âgé
  • Rachael Evelyn : Lucy Hudson
  • Neil Williams : Phineas Stiles
  • Dylan Jones : Grolton
  • Chris Coxon : John Poole
  • Kate Thomas : Sally Fassbinder
  • Iago Patrick McGuire : Lees

Ce que j’en ai pensé :
Lorsque mon homme m’avait signalé (mi-2011) un autre film avec Sherlock Holmes, étiqueté sur le Net comme le « Sherlock Holmes 2 » j’avais accouru vers lui pour découvrir la fiche dudit film.

Une arnaque dans le titre, j’aurais dû m’en douter, le second film de Ritchie étant encore loin d’être annoncé. Malgré tout, ne le connaissant pas, je l’ai donc téléchargé (oui, en Belgique, pas de loi Hadopi).

Dès les premières images visionnées, je m’étais dit « mais où suis-je tombée? ».

Le pire, c’est que j’ai essayé de le revisionner pour le Mois Anglais 2015, mais je vous le dit de suite, ce fut impossible ! Mes mains se serraient convulsivement, mes yeux se fermaient pour ne pas revoir ce spectacle et pour finir, n’étant pas masochiste, j’ai arrêté le visionnage pour ne pas vomir mon quatre heures. Le voir une fois, c’était déjà bon.

Malgré tout, ce cauchemar ambulant m’a marqué et je m’en souviens encore, dans les détails, même !

Au début, nous avons la ville de Londres sous les bombardements de la seconde guerre mondiale. Watson est un vieux croulant et notre brave docteur dicte à une infirmière une enquête à laquelle il a participé avec Sherlock Holmes.

Flash-back… Dès les minutes suivantes, j’ai ouvert grand mes yeux d’ébahissement : une espèce de Kraken qui, à l’aide de ses monstrueuses tentacules engloutissait un navire ! Tiens, serait-ce un crossover avec « Pirates des Caraïbes » ??

Je ne m’étendrai pas sur le docteur Watson (il n’est pas du tout sexy, l’acteur qui le joue), empâté comme un veau trop gras, encore moins sur l’acteur qui joue le rôle de Holmes (un mauvais Holmes, en plus, pas crédible pour deux sous) et qui m’énervait prodigieusement !

Aurais-je rêvé où Holmes est plus petit que Watson, dans le film ? En effet, ils ont choisi un nain pour jouer le rôle d’un détective de 1,80m ! L’acteur mesure 1,73m seulement. Quand je suis de mauvais poil, je chicane sur les détails.

Holmes n’a aucune considération pour Watson, en plus. Je m’explique.

Lorsqu’ils se trouvent sur une falaise, en train d’observer d’en haut l’épave du bateau coulé, Holmes demande à Watson de descendre le long de la falaise, alors que c’est dangereux et que le Holmes canonique n’aime pas faire prendre des risques à Watson (dans « Le ruban moucheté », Holmes avait des scrupules à avoir entraîné Watson dans cette histoire, car elle était dangereuse).

Seul leur guide s’occupe de la corde, Holmes s’en moquant totalement et au final, la corde s’use sur la pierre et elle menace de se rompre.

Passons aussi sur l’espèce de T-Rex miniature qui s’attaque à une prostituée… Je n’ai toujours pas compris pourquoi il avait épargné l’homme qui se trouvait là aussi. Dommage que je n’ai pas eu droit à ma scène culte de « Jurrasic Park » (le vieux) quand le T-Rex arrachait de sa grande gueule, les chiottes… Là, au moins, j’aurais ri un peu…

Même après avoir eu les explications finales, je sais pertinemment bien qu’il était impossible d’arriver à un aussi beau résultat à cette époque.

Lestrade ? Il parle un peu trop du frère de Holmes et on se demande parfois ce qu’il fait non loin d’un endroit où le dino est apparu subitement.

Que vous dire de plus sans trop en dévoiler ?

On se doute chez « QUI » Holmes va tomber, mais je m’étais trompée dans le choix du prénom. J’avais pensé à M, mais pas à celui dont vous pensez. La famille est plus grande que celle du canon…

Que dire de cet espèce d’Iron Man de méchant ? Totalement absurde !

Son âme damnée ? Même madame Tussaud n’est jamais arrivée à un tel résultat. Impossible, vous dis-je. Sauf en science-fiction…

Non, trop de fantastique ! Même si l’auteur voulait faire un petit clin d’oeil aux mondes perdus, ça ne passe pas.

Trop de choses totalement impossible pour l’époque. En me souvenant des premiers essais des aviateurs et en ayant vu la plupart chuter avec leurs appareils, je me demande comment le « vilain pas beau qui en veut à la terre entière » parvient à le faire décoller et voler, vu la masse !

Au fait, Holmes s’appelle en fait « Robert », mais à la fin, il décide de changer son prénom en « Sherlock » pour que le monde le retienne mieux.

Non, un nanar de la pire série B, surtout après l’excellent film de Ritchie, ça fait mal. J’avais perdu mon temps à l’époque.

Oui, j’avais tout regardé à ce moment-là, mais je vous jure que ça avait été pénible. Cette fois-ci, j’ai manqué de courage pour le revisionner, mais bon, un corps couvert de pustules due au film, ça fait mauvais genre en vacances.

Un conseil ? Fuyez ce film, pauvres fous ! What the FUCK ????

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OKchalle11

« Jack The Ripper » de Jesús Franco (1976) [FILMS]

Jack l’Éventreur (Jack the Ripper) est un film germano-suisse réalisé par Jesús Franco sorti en 1976.

  • Titre : Jack l’Éventreur
  • Année : 1976
  • Réalisateur : Jesús Franco
  • Genre : Horreur
  • Musique : Walter Baumgartner
  • Scénario : Jesus Franco et Jean-Claude Carrière
  • Durée : 92 min

1. Synopsis :

Le Dr. Dennis Orloff est un médecin respecté de tous, à la générosité qui semble être sans limite.

Pourtant, derrière ce parfait exemple de la société civilisée, se cache un redoutable tueur en série, connu sous le nom de Jack l’Éventreur, qui tue et démembre brutalement des filles de joie, afin de… [No spoiler].

2. Distribution :

  • Klaus Kinski : Dr Dennis Orloff / Jack l’Éventreur
  • Josephine Chaplin : Cynthia
  • Andre Mannkopff : Inspektor Selby
  • Herbert Fux : Charlie, the Fisherman
  • Lina Romay : Marika Stevenson
  • Nikola Weisse : Frieda
  • Ursula von Wiese : Miss Higgins
  • Hans Gaugler : Mr. Bridger, the blind man
  • Francine Custer : Sally Brown, first victim
  • Olga Gebhard : Ms. Baxter
  • Angelika Arndts : Ms. Stevenson
  • Peter Nüsch : Sergeant Ruppert
  • Esther Studer : Jeanny, second victim
  • Regine Elsener : Blondy
  • Lorli Bucher : Lulu
  • Mike Lederer : Coach Driver
  • Otto Dornbierer : Charlie’s friend

3. Anecdotes :

Ce film a été tourné sans son, les acteurs pouvaient jouer dans la langue qui leur était le plus facile, selon leur nationalité. La post-synchronisation s’est donc faite après.

C’est la langue allemande qui a été faite en premier, donc la version originale est considérée comme étant la version allemande, bien que les mouvements de lèvres des acteurs ne soient pas plus exacts avec les dialogues que les version anglaises et françaises faites ensuite.

Klaus Kinski a doublé lui-même les versions allemande et anglaise, pour son rôle.

Ce que j’en ai pensé :
— Non mais allo quoi ?? On a gâché de la pellicule pour réaliser ce film ?

Seriously ? Voilà ce qui s’appelle gâcher du matériel et faire perdre son temps aux gens…

Là, je peux le dire, je viens de regarder LE nanar du mois Anglais, Ze nanar on Jack The Ripper.

J’ai aussi dans ma manche Ze nanar of Sherlock Holmes, mais bon, celui-là c’était un second visionnage, ici, c’est le premier et ça fait mal aux yeux.

Bon, d’entrée de jeu, Jack a déjà frappé… On commence le film avec une pute saoule qui refuse de faire crac-crac avec un monsieur portant un costume noeud-pap… parce que pour une guinée, c’est non !

Nous savons (ceux qui ont suivi mon travail sur Jack en juin 14) qu’en 1888, les prostituées touchaient en moyenne 6 pences pour faire trembler les genoux de leur client…

Elle refuse une guinée ?? Valeur de la guinée ?

Parenthèse culturelle : certes, la guinée a été retirée de la circulation en 1817 pour être remplacée par le souverain, mais malgré tout, le terme guinée continue à être utilisé durant le XIXe siècle pour exprimer un montant de 21 shillings, soit une livre et un shilling (ou un souverain et un shilling).

Le penny, au pluriel pence pour la somme d’argent ou pennies pour les pièces elles-mêmes, est une pièce en bronze valant 1/12 de shilling (1/240 de livre). La pute refuse une passe qui rapporte en temps normal 6/12 de shilling alors qu’on lui propose 21 shillings ?? Impensable ! Fin de la touche culture.

L’homme bien habillé qui sort du pub un peu louche ? Irréaliste !

La prostipute habillée proprement, avec des vêtements même pas rapiécés ? Jamais vu ! Des dents si blanches qu’elles pourraient tourner dans une pub pour Ultrabright ?? N’importe nawak !

Que voilà des prostituées bien vêtues !!

Les décors sont cheap, les endroits qu’elle traverse trop bourgeois pour une pute de Whitechapel, la musique est à chier aussi.

L’agression de cette pute ? Les vêtements sont déchirés plus rapidement que si c’était ceux utilisé par Arturo Brachetti lors d’un de ses shows.

L’agresseur, bien habillé, la transporte via une barque dans un autre endroit où une complice le reçoit, l’appelant « docteur ». Peu de sang, sur le sac… et on s’en débarrassera, après découpage intégral, dans la flotte.

Ne cherchez pas de point commun avec le véritable Jack, ni avec ses crimes, parce que nous en sommes trèèèèèèès loin.

L’inspecteur qui mènera l’enquête ne mérite pas le nom d’acteur parce qu’il a trois expressions faciales sur le visage. Et encore, je suis large en disant 3 !

La plupart des « acteurs » (peut-on les désigner ainsi ??) fournissent le minimum syndical, donnent l’impression qu’ils sont là par hasard et ça ajoute de l’horreur dans ce film qui ne volera jamais plus haut que le derrière d’un mollusque.

L’inspecteur est celui de gauche, bein entendu !

Klaus Kinski est minable dans le rôle, lui aussi… Pourtant, il a la gueule de l’emploi pour camper un Jack l’Éventreur correct, mais lui aussi donne l’impression d’être ailleurs et passe totalement à côté du personnage.

Même pas un grain de folie à donner à son personnage, comme Heath Ledger le fit avec une interprétation magistrale du Joker dans Batman.

Ses dialogues en sont sans doute la cause, parce que entre les trois mots qu’il balance à sa logeuse où à ses malades, tous des indigents qui ne paient pas, on ne peut pas dire qu’il ait aussi de quoi nous éblouir.

Le scénariste et le dialoguiste devaient être eux aussi au minimum syndical… Un tueur de putes la nuit qui soigne les pauvres le jour, ça fait très Dr Jekyll et Mr Hyde.

On touche le fond aussi avec le témoin aveugle du meurtre de Sally Brown… Il est aveugle, donc, son odorat et son ouïe est plus développée que les nôtres. Je ne discute pas.

Mais, rien qu’en sentant l’odeur qui se dégageait du meurtrier et en écoutant ses halètements, le Gilbert Montagné de la rue nous la joue « profiler » et nous dresse un de ces portrait psychologique de l’assassin que même ceux d' »Esprits Criminels » n’oseraient pas faire sous peine de se faire lyncher.

Des odeurs de belles étoffes, odeurs de plantes rares… Il sent même ses irradiations… L’homme qui tue les putes n’est pas un sadique, mais il a aussi un grand cœur.

Si l’homme avait pété, l’aveugle nous aurait dit ce qu’il avait mangé il y a 3 semaines et donné ses bulletins scolaires pour le même prix.

— Quand j’étais jeune et que mes parents voulaient me punir, ben ils changeaient tous les meubles de place, les salauds !

Hé, partez pas encore, je vais aussi vous parler de cette poursuite interminable entre « Jack » et une prostituée dans des bois où il fait clair comme en plein jour avec des tonnes de fumée artificielle dans les arbres…

Bon, là au moins, ils n’ont pas oublié d’ajouter le brouillard, parce qu’après le premier meurtre vu par le téléspectateur, une vieille rombière, témoin du meurtre, dit qu’elle avait pas bien vu avec tout le brouillard, hors nous, on n’avait pas de brouillard !!

Bref, la pute, il la poignarde (scène horriblement filmée), lui arrache les vêtements aussi facilement que si c’était du papier tout fin, la viole debout contre un arbre, vous voyez même les soubresauts du bassin de monsieur qui copule avec la dame sans lui demander son autorisation.

— T’as d’beaux nichons, tu sais !

Le must est encore à venir ! Par miracle, elle survit assez longtemps pour arriver jusqu’à l’antre de Jack l’Éventreur.

Elle ne décédera qu’après s’être fait enlever un nichon par ce bon vieux Kinski qui nous la joue Nip/Tuck…

Tout cela étant naturellement mal joué, mal filmé, mal musicalisé, pas effrayant du tout et encore moins captivant.

Le film oscille sans cesse (et en dents de scie) entre la violence, le côté gore des meurtres ou les scènes de cul…

Une fois de plus, comme en cuisine, le dosage de ces ingrédients est à calculer pour ne pas devenir ad nauseam.

Le mobile des meurtres est à hurler de rire, rien n’est cohérent dans ce film (vêtements pas d’époque, des dents trop blanches, des taches sang couleur rouge mais jamais sombre, du brouillard de merde, acteurs, personnages…).

Coup de poignard final ?
Jack l’Éventreur, version Jesús (mais j’avale pas) Franco, est, pour le moment, l’un des plus médiocres films sur le célèbre meurtrier de Whitechapel.

N’ayant pas encore tout vu, tout est encore de l’ordre du possible, bien que je me demande s’il est vraiment possible de tomber encore plus bas que cette merde.

Tapez-vous la version des Frères Hughes, « From Hell » avec le bô Johnny Deep  ou faites vous offrir celle – un peu moins connue – mais très bien faite de David Wickes, « Jack l’Eventreur », avec Michael Caine dans le rôle d’Abberline (un téléfilm en deux volets).

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OK

Jack l’Éventreur sur la toile : ça déchire !

[Article réalisé dans le cadre du challenge le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda].

Jack l’Éventreur, qui terrorisa le quartier de Whitechapel – East End – en 1888, a inspiré une multitude d’œuvres de fiction.

Mon second vice se retrouve mentionné dans des romans, des nouvelles, des bandes dessinées, des jeux vidéo, des chansons, des pièces de théâtre, des opéras, des séries télévisées, des films et des jeux de société.

Bref, autant de succès que mon vice premier : Sherlock Holmes !

Paraîtrait que les descriptions les mieux connues se trouvent dans le roman The Lodger (1913) de Marie Belloc Lowndes, repris et adapté au théâtre et au cinéma, et dans l’ouvrage Jack the Ripper : The Final Solution (1976) de Stephen Knight.

Celui-ci décrit une hypothétique conspiration impliquant des membres de la franc-maçonnerie (comme par hasard, les Frères Trois Points), la royauté britannique (évidemment, qui dit complot, dit haut pouvoir) et la profession médicale (puisqu’il fut dit aussi qu’il devait être ou médecin, ou chirurgien, ou barbier ou boucher ou dépeceur dans un des nombreux abattoirs du coin).

Cette thèse sera reprise dans plusieurs œuvres dramatiques (Murder by decree, entre autre). Une thèse farfelue, un peu comme celle de madame Patricia…

Les ouvrages de la fin de l’époque victorienne, dont les premières enquêtes de Sherlock Holmes et L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, ont largement inspiré les auteurs, lesquels ont mêlé plusieurs genres où apparaît le tueur en série.

Les ouvrages de science-fiction et d’horreur ont aussi recours à ce personnage parce qu’il est internationalement reconnu comme l’incarnation du Mal.

Puisque je parlais de mon vice premier, Sherlock Holmes apparaît régulièrement aux côtés de Jack l’Éventreur dans les ouvrages de fiction.

Par exemple, l’amusant pastiche de Sherlock Holmes Jack El Destripador (Jack l’Éventreur), écrit en espagnol, paraît peu de temps après les meurtres.

Les deux personnages sont présents dans The Last Sherlock Holmes Story (1978) de Michael Dibdin, A Study in Terror (1966) d’Ellery Queen, Black Aura (1974) de John T. Sladek et Sherlock Holmes and the Royal Flush (1998) de Barrie Roberts.

6da15e0c53-sherlock holmes logo9851OKMais assez parlé de littérature pour aujourd’hui et profitons de la fin de ce Mois Anglais 2015 (*lourds sanglots*) pour passer sur la Toile et parler de Jack vs films !

En cherchant un peu, je me suis rendue compte que, à l’instar de Holmes et de la littérature, le Jack avait beaucoup de films à son actif (mais moins que Holmes) et quelques nanars !

J’en ai visionné certains, d’autres pas, ce qui fait qu’il me reste encore quelques Mois Anglais à remplir de mes deux vices, qu’ils soit télévisuels ou littéraire.

Le roman The Lodger (1913) de Marie Belloc Lowndes inspire cinq films et  contrairement à l’intrigue du roman, le pensionnaire (lodger) traque le tueur en série, ce qui explique son comportement étrange :

  • The Lodger : A Story of the London Fog d’Alfred Hitchcock (1927),
  • The Lodger (1932),
  • The Lodger (1944),
  • Man in the Attic (1953)
  • The Lodger (2009)

L’intrigue de Room to Let (1950) ressemble à celle du roman The Lodger, mais s’inspire plutôt d’une dramatique radiophonique de 1948 conçue par Margery Allingham.

C’est l’un des premiers films d’horreur produit par Hammer Film Productions. Valentine Dyall joue le pensionnaire, le Dr. Fell, qui s’est échappé d’un asile où il a été enfermé pendant 16 ans après avoir commis les meurtres de Whitechapel. La société Hammer sort deux films inspirés de l’histoire du tueur en série en 1971.

Dans La Fille de Jack l’Éventreur, jouée par Angharad Rees, la vedette voit son père tuer sa mère et devient à son tour meurtrière.

Dans Dr Jekyll et Sister Hyde, le Dr Henry Jekyll se transforme en une femme diabolique, Sister Hyde, responsable des meurtres imputés à Jack l’Éventreur.

Dans Terror in the Wax Museum (1973), un meurtrier se déguise en une poupée de cire ressemblant à Jack l’Éventreur.

Jack the Ripper (1958) est un téléfilm de la série The Veil mettant en vedette Boris Karloff dans le rôle d’un clairvoyant qui identifie le tueur en série comme un chirurgien respecté dont la mort a été maquillée pour cacher son internement dans un asile. L’intrigue s’inspire d’un article de 1895 qui rapporte que Robert James Lees a utilisé de prétendus pouvoirs de voyance pour traquer Jack l’Éventreur jusqu’à la maison d’un médecin londonien.

Jack l’Éventreur (1959), produit par Monty Berman et Robert S. Baker sur un scénario de Jimmy Sangster, s’inspire librement de la thèse de Leonard Matters selon laquelle le tueur en série est un docteur vindicatif. Il reprend des icônes de films d’horreur à succès, que ce soit Dracula (1958) ou Frankenstein s’est échappé (1957), en faisant porter à Jack l’Éventreur une cape et un haut-de-forme.

Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur (1965) A Study in Terror (en english) et Meurtre par décret (1979) oppose Sherlock Holmes à Jack l’Éventreur.

Le film A Study in Terror et le roman du même titre d’Ellery Queen, publié en parallèle,, décrivent la famille parfois démente du duc de Shires, où l’histoire d’amour entre l’un des fils et une prostituée sert de prétexte aux meurtres.

Murder by decree (Meurtre par décret), mettant en vedette Christopher Plummer et James Mason en tant que Sherlock Holmes et le docteur Watson, s’inspire beaucoup de la thèse conspirationniste prônée par l’auteur Stephen Knight dans Jack the Ripper : The Final Solution qui affirme qu’un médecin est le tueur en série.

Une partie de l’intrigue est reprise dans le téléfilm Jack l’Éventreur (1988), où Michael Caine joue le rôle de l’inspecteur Frederick Abberline.

Dans le film The Ripper sorti en 1997, Samuel West joue le rôle du Prince Eddy, qui est le tueur.

En 2001, les frères Hughes, s’inspirant de la bande dessinée From Hell, produisent le film du même titre où Johnny Depp joue le rôle de l’inspecteur Abberline.

Même si l’histoire du film s’inspire de la thèse de Knight, le personnage d’Aberline emprunte à la fois des traits de Sherlock Holmes par son remarquable sens de la déduction et sa dépendance aux drogues (Holmes n’était pourtant pas si dépendant que ça !), ainsi que de Robert James Lees par sa clairvoyance et son sens de l’anticipation.

Dieu et mon droit (1972), satire de l’aristocratie britannique, relie cette classe sociale à Jack l’Éventreur. Jack Gurney, 14ème comte de Gurney joué par Peter O’Toole, croit être le tueur en série et commet quelques meurtres.

Le film d’humour noir Deadly Advice (1994) met en vedette Jane Horrocks en tant que tueuse en série qui croit recevoir les conseils des fantômes de meurtriers célèbres. John Mills joue le rôle d’un coiffeur aux manières douces qui est aussi Jack l’Éventreur.

Dans Docteur Folamour, film d’humour noir sorti auparavant, l’un des personnages s’appelle « General Jack D. Ripper », mais le scénario n’explore pas davantage le lien avec le tueur.

Cheeseburger film sandwich est une comédie parodique sortie en 1987 dans laquelle le monstre du Loch Ness se déguise en Jack l’Éventreur.

Le film Drôle de drame de Marcel Carné (1937) est une autre parodie du tueur en série dans lequel Jean-Louis Barrault est un végétarien de l’East End londonien qui massacre les bouchers pour venger la mort des animaux.

Night After Night After Night (1970) est un film à petit budget dans lequel le juge d’une cour de justice supérieure (joué par Jack May) imite Jack l’Éventreur en agressant les prostituées dans le quartier Soho de Londres.

Pendant les années 1970 et 1980, des liens insignifiants sont faits avec l’histoire de Jack l’Éventreur pour des raisons commerciales.

Par exemple, les films de sexploitation et d’horreur Blade of the Ripper (1970), The Ripper of Notre Dame (1981) et L’Éventreur de New York (1982) n’ont, titres exceptés, aucun lien avec le tueur.

The Ripper of Notre Dame est dirigé et écrit en collaboration par Jesús Franco, auquel on doit aussi Jack l’Éventreur (1976) – fiche à venir – qui met en vedette Klaus Kinski dans le rôle d’un médecin meurtrier dont la mère est une prostituée.

What the Swedish Butler Saw (1975), dans lequel le tueur en série se cache dans un studio de photographe, est surtout un film de pornographie soft.

Les thrillers Jack the Mangler of London (1973), New York, deux heures du matin (1984), Night Ripper (1986) et Jack’s Back (1988) ont reçu de mauvaises critiques.

Edge of Sanity (1989) est dans le prolongement du film Psychose où Anthony Perkins joue à la fois Dr Jekyll et son alter ego Jack Hyde ; il est mal reçu par la critique.

Jill the Killer (2000) de Dolph Lundgren renverse les rôles de victimes et criminels puisque c’est une femme qui tue des hommes.

Dans C’était demain (1979), inspiré du roman Time After Time de Karl Alexander, Jack l’Éventreur se rend dans un San Francisco moderne grâce à une machine à voyager dans le temps, où il est poursuivi par H. G. Wells.

Dans un premier temps, le scénariste a envisagé que le chasseur soit Robert Louis Stevenson, auteur de L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde.

Dans Terror at London Bridge (1985), mettant en vedette David Hasselhoff, l’esprit de Jack l’Éventreur occupe une pierre maléfique logée dans le London Bridge de Lake Havasu City en Arizona aux États-Unis.

Dans The Ripper (1985), son esprit est au contraire scellé dans un anneau maléfique.

Ripper Man (1994) dépeint un homme qui se croit la réincarnation de George Chapman, tueur britannique soupçonné d’avoir été Jack l’Éventreur après son arrestation et son exécution en 1903.

Sortis la même année, les films Ripper et Bad Karma (renommé Hell’s Gate) sont éclipsés par From Hell.

Ripper raconte l’histoire de l’étudiante en psychologie Molly Keller qui étudie les tueurs en série et en vient à rechercher un imitateur qui tue ses collègues.

Bad Karma reprend le thème de la réincarnation en ajoutant toutefois une complice, jouée par Patsy Kensit.

signatureÀ partir des années 1960, la télévision américaine exploite Jack l’Éventreur comme une « force du Mal universelletrad » ; il est donc susceptible d’apparaître dès que le concept du Mal doit être véhiculé.

Dans l’épisode The New Exhibit de la série télévisée La Quatrième Dimension diffusée en 1963, Martin Balsam incarne le conservateur d’un musée de cire qui devient obsédé par cinq figures de cire personnifiant des meurtriers, y compris Jack l’Éventreur, et il en vient à commettre un assassinat pour les protéger.

Dans l’épisode Un loup dans la bergerie (1967) de la série Star Trek, l’auteur Robert Bloch reprend, en partie, sa nouvelle Yours Truly, Jack the Ripper. Un être éternel, appelé « Redjac », se nourrit de la peur et a déjà commis une multitude de meurtres, dont ceux habituellement attribués à Jack l’Éventreur.

Dans l’épisode Knife in the Wilderness de la série télévisée Cimarron (1968), écrit par Harlan Ellison, Jack poursuit ses activités criminelles à travers les États-Unis et s’arrête dans Cimarron City, où des Amérindiens mettent fin à sa vie.

Dans la série télévisée Max la Menace, l’épisode House of Max (1970) montre le tueur sous la forme d’une poupée de cire animée.

Lynda Day George a aussi joué dans la première série Mission impossible.

Dans l’épisode With Affection, Jack the Ripper de la série télévisée Le Sixième Sens (1972), un homme devient fou à la suite d’une expérience paranormale où il s’incarne dans le corps de Jack l’Éventreur..

Le même auteur, Don Ingalls, a écrit un épisode de L’Île fantastique, aussi intitulé With Affection, Jack the Ripper (1980).

Dans cet épisode, Lynda Day George incarne la criminologue Lorraine Peters qui utilise un portail temporel pour confirmer ses soupçons que Jack l’Éventreur est le médecin Albert Fell, joué par Victor Buono. Fell la suit à travers le portail, la capture et l’amène en 1888, où l’énigmatique M. Roarke intervient à propos et Fell meurt quelques instants plus tard pendant sa fuite.

Un portail temporel est aussi utilisé dans A Rip in Time (1997), premier épisode de la série télévisée Timecop, où un policier qui voyage dans le temps se rend en 1888 pour capturer un criminel qui a tué et remplacé Jack l’Éventreur.

L’épisode Comes the Inquisitor de la série Babylon 5 (1995) met en vedette le personnage Sebastian qui est dans les faits Jack l’Éventreur, enlevé par des extraterrestres vorlons en 1888 et forcé de devenir inquisiteur pour tester (par la torture) des êtres sélectionnés pour occuper de hautes fonctions.

La BBC diffuse en 1973 la minisérie Jack the Ripper. Elle met en vedette deux policiers de la série Z-Cars qui enquêtent sur les meurtres selon une perspective historique.

Dans le premier épisode, Kolchak: The Night Stalker (1974), le journaliste Carl Kolchak poursuit un tueur aux pouvoirs surnaturels dont les victimes présentent les mêmes traits que celles de Jack l’Éventreur.

Un épisode d’Au-delà du réel : L’aventure continue intitulé Ripper (1997) se déroule en 1888 et met en vedette Cary Elwes jouant le rôle du Dr Jack York, qui tue les femmes possédées par un être extraterrestre selon lui.

Dans l’épisode The Knife de la série télévisée Le Monde perdu (2001), les explorateurs rencontrent deux hommes que l’auteur Stephen Knight accuse de meurtres selon sa théorie conspirationniste : le médecin William Gull (un proche de la reine Victoria) et le policier Robert Anderson (rattaché à Scotland Yard).

Spike Milligan a parodié les clichés du genre dans The Phantom Raspberry Blower of Old London Town.

D’autres séries télévisées s’inspirent de l’affaire « Jack l’Éventreur ».

Ripper Street, de BBC One, se déroule dans le district de Whitechapel en 1889, six mois après les meurtres imputés à Jack l’Éventreur.

Dans Esprits criminels (épisode 18 de la saison 2, L’Éventreur), des meurtres sont commis en Louisiane après l’ouragan Katrina.

Le mode opératoire du tueur ressemble à celui de Jack l’Éventreur.

Dans Les Enquêtes de Murdoch, l’épisode L’Éventreur de Toronto (deuxième saison, épisode 2) raconte l’histoire d’Edward Scanlon, un enquêteur de Scotland Yard en visite à Toronto qui affirme être sur les traces de Jack l’Éventreur. Dans les épisodes 20 et 21 de la quatrième saison de la série télévisée Grimm, un imitateur de Jack l’Éventreur sévit.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OK Sherlock___Running_Wallpaper OKQuelques affiches :

Lundi mélancolie – Le jour où les enfants disparaissent : Nicci French

Titre : Lundi mélancolie – Le jour où les enfants disparaissent

Auteur : Nicci French                                                                         big_4
Édition : Pocket (2013)

Résumé :
En ce lundi brumeux à Londres, la photo de Matthew, 5 ans, fait la une de toutes les télévisions, de tous les journaux : l’enfant a disparu à la sortie de l’école quelques jours auparavant, sans laisser de traces.

Dans son cabinet, la psychanalyste Frieda Klein est témoin d’autres drames, ceux qui se jouent dans l’esprit de ses patients.

Comme Alan, cet homme très perturbé qui lui confie son rêve : il ne cesse de songer à un enfant, roux comme lui, qui serait son fils. Curieusement, cette description correspond trait pour trait au petit Matthew.

Frieda aurait-elle reçu sur son divan les confidences d’un kidnappeur d’enfant, d’un tueur peut-être ? Elle avertit le commissaire Karlsson en charge de l’affaire, mais il refuse de la prendre au sérieux…

Persuadée qu’elle doit découvrir la vérité et retrouver Matthew, Frieda va essayer de percer les pensées les plus intimes d’un psychopathe.

Pendant que près de là, dans les ténèbres, un petit garçon effrayé se demande si quelqu’un viendra jamais le délivrer de son cauchemar…

Critique : 
Frieda Klein n’a rien de l’image que l’on se fait d’un psychanalyste, c’est-à-dire un patient couché dans un divan et auquel le praticien veut faire avouer qu’il voulait coucher avec sa mère et tuer son père, ou le contraire.

Non, Frieda Klein n’a rien d’un Freud en jupons, elle est différente, elle est juste là pour aider ses patients et on aurait presque envie de prendre rendez-vous avec elle pour quelques séances.

— Le type que je suis censé soigner est complètement égocentrique. C’est ça, son véritable problème. Je veux dire, c’est grave, non ? Si je commence à trouver que mon tout premier patient est un vrai boulet.
— Vous n’êtes pas tenu de l’aimer. Vous devez juste lui venir en aide.
— Ce type, reprit Jack, rencontre des difficultés dans son couple. Mais il s’avère que lesdits problèmes ont surgi parce qu’il a envie de coucher avec une collègue de bureau. En gros, il a entrepris une thérapie dans le seul but que je lui concède que sa femme ne le comprend pas et qu’il serait en droit d’aller voir ailleurs. C’est comme s’il se mettait à l’épreuve pour être en mesure de s’autoriser à le faire sans ressentir de culpabilité.

Ami du trépidant, ne viens pas t’engager dans ce roman car il n’a rien d’un 24h/chrono où l’auteur indiquerait qu’il est 06h02 et que Frieda boit un café avant d’aller rejoindre Jack Bauer à 7h05.

Non, non, pas de course-poursuite, même si le final fait mon l’adrénaline (surtout, ami lecteur, si tu comprends certaines), mais plutôt un roman qui prend le temps de présenter les personnages et de planter le décor, sans pour autant vous donner l’impression de tourner en rond ni vous faire bailler.

Malgré l’utilisation de thèmes connus (enlèvements d’enfants, médias nécrophage et qui font dans la surenchère, personnage principal avec un lourd passé, enfance foutue en l’air, culte au disparu ou pour d’autres, la page qui est tournée, faire justice sois-même, une psy qui aide les flics dépassés), la soupe n’est pas indigeste car la manière de les aborder est telle que vous avalez le bouillon en vous délectant les babines.

Notre psychanalyste a ses petits problèmes – comme je le soulignais – mais je remercie les auteurs de ne pas en avoir fait trop, ce qui aurait ruiné le capital sympathie que j’ai ressenti pour elle.

Oui, elle boit un petit verre de temps en temps, mais sans abus notoire, oui elle a une vie sentimentale un peu merdique, mais elle ne la ramène pas non stop comme certaines autres héroïnes d’un autre roman.

Frieda, elle aime son job, mais elle aspire aussi à se retrouver chez elle, dans sa maison, cocon douillet qu’elle préserve jalousement.

Frieda ne s’arrêta pas avant d’avoir atteint sa maison, où elle ressentit le soulagement qu’elle éprouvait toujours une fois réfugiée, quand elle fermait la porte sur le monde extérieur, qu’elle respirait cette odeur de propreté et de sécurité. Dès l’instant où elle l’avait vue, trois ans auparavant, elle avait su qu’il la lui fallait absolument, même si elle n’était plus entretenue depuis des années et qu’elle faisait miteuse et mal située, coincée comme elle l’était en d’affreux box sur gauche et des HLM sur sa droite. A présent que les travaux avaient été faits, tout était à sa place.

Alors oui, elle a un passé lourd, des problèmes dont on en saura sans doute plus au prochain tome, mais pas de surenchères ni de lourdeur dans les actions de Frieda. Pas de surenchères non plus dans le glauque.

Bon, je devais être bien réveillée ou alors, l’abus de Sherlock Holmes en juin a-t-il aiguisé mon esprit parce que moi, je ne me suis pas laissée abuser comme certains personnages !

Frieda, mais où avais-tu donc la tête ?? Comment ne t’es tu pas rendue compte que [NO SPOILER] ?? Allez ma grande, tu n’es pourtant pas une imbécile, tu as même réussi là où Scotland Yard avait échoué.

Certes, nul n’est parfait ou infaillible (même pas Holmes) et une héroïne trop futée m’aurait énervée.

Un premier tome prometteur avec des personnages attachants au possible !

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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The seven-per-cent solution – Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express [Sherlock Holmes – FILMS]

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Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express (The Seven-Per-Cent Solution) est un film américano-britannique de Herbert Ross sorti en 1976.

C’est l’adaptation du roman, paru en 1974, « La solution à sept pour cent » de Nicholas Meyer, qui signe lui-même le scénario.

Meyer est l’auteur de deux autres romans pastiches de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle : « L’Horreur du West End » (1976), dans lequel le détective côtoie Oscar Wilde et Bram Stoker, et « Sherlock Holmes et le fantôme de l’Opéra » (1993).

1. Synopsis :

En 1891, Sherlock Holmes est retrouvé par le docteur Watson dans un état de totale prostration causé par l’usage de la cocaïne.

Avec l’aide de Mycroft Holmes, Watson parvient à entraîner Holmes à Vienne afin de lui faire suivre une cure de désintoxication auprès du docteur Sigmund Freud.

Après diverses péripéties, tous les trois seront conduits à prendre l’Orient-Express pour sauver une ancienne patiente de Freud qu’un sultan veut emmener en Turquie.

2. Fiche technique :

  • Titre français : Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express
  • Titre original : The Seven-Per-Cent Solution
  • Réalisation : Herbert Ross
  • Scénario : Nicholas Meyer, d’après son roman La solution à sept pour cent et d’après les personnages créés par Arthur Conan Doyle
  • Musique : John Addison
  • Photographie : Oswald Morris et Alex Thomson (seconde équipe)
  • Distribution : Universal Pictures
  • Pays d’origine : Royaume-Uni et États-Unis
  • Genre : Policier
  • Durée : 113 minutes
  • Format : Couleur Technicolor – 1.85:1 – 35 mm
  • Date de sortie : États-Unis: 24 octobre 1976 / France : 16 avril 1980

3. Distribution :

  • Alan Arkin (VF : Jacques Ferrière) : Dr Sigmund Freud
  • Robert Duvall (VF : Gabriel Cattand) : Dr John H. Watson / le narrateur
  • Nicol Williamson (VF : Jean Roche) : Sherlock Holmes
  • Vanessa Redgrave : Lola Deveraux
  • Laurence Olivier (VF : Philippe Dumat) : Professeur James Moriarty
  • Régine (VF : elle-même) : Madame
  • Samantha Eggar : Mary Morstan Watson
  • Joel Grey : Lowenstein
  • Charles Gray (VF : William Sabatier) : Mycroft Holmes

Alors, avant toute chose, faut en préciser une : le titre est très mal trouvé !! Si en V.O il a tout son sens « The seven-per-cent solution » et aurait dû être traduit par « La solution à 7% ». Phrase célèbre que toute personne ayant lu « Le signe des quatre » connait.

Non, eux, en V.F, ils en ont fait « Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express »… Hors, si Holmes va bien poursuivre un train et monter dans celui-ci sans y être invité, il ne s’agit pas du vrai Orient-Express dans lequel Hercule Poirot avait résolu un meurtre !

Il attaque un train privé qui se dirige vers Istanbul, c’est tout…

Ce que j’en ai toujours pensé :
Bon, pas évident de revoir après tant d’années un film que j’avais apprécié en son temps.

Allait-il « passer » ou « passer à la trappe » ?

Je vous l’avoue de suite, à l’époque où je l’avais vu pour la première fois, j’avais adoré ! Surtout que j’avais lu le roman de Nicholas Meyer (qui lui avait des passages un peu longs mais un final de malade) avant de découvrir ce film.

Le postulat de départ n’est pas une nouveauté pour les holmésiens de tout poil : en effet, certains pensent et disent tout haut que Holmes et le professeur Moriarty ne faisaient qu’une seule et même personne et que Holmes s’était inventé sa Némésis.

Je n’ai jamais partagé cette idée mais elle vaut la peine d’être étudiée et je l’avais bien aimée dans le roman.

Dans le film, donc, le professeur Moriarty, le Napoléon du Crime, le Mal incarné n’est qu’un pauvre professeur, harcelé par un Holmes en manque de cocaïne.

Avec l’âge, j’ai trouvé des tas de défauts au film, dont celui, notamment, de pousser un peu trop le piston de la seringue à cocaïne !

Oui, Holmes prenait une solution à 7% de cocaïne quand il s’ennuyait et qu’il n’avais pas d’affaire, mais ici, ils en font véritablement un drogué en manque qui doit aller se faire soigner dans un centre de désintoxication de suite.

Mycroft Holmes, joué par Charles Gray, qui le rejouera pour la série de la Granada.

Pourtant, malgré quelques incohérences et des cascades qui auraient plus leur place dans un James Bond que dans un Holmes, le film s’est laissé revoir avec plaisir.

Déjà, le générique ne manque pas d’originalité puisqu’il nous présente les personnages via des dessins de Sidney Paget (le dessinateur anglais de Sherlock Holmes).

Sherlock Holmes (Nicol Williamson) est dans un état critique, il transpire abondamment en racontant à Watson que Moriarty est le Napoléon du Crime. L’appart du 221b est un capharnaüm pas possible et Watson le regarde trembler et casser des tasses de thé sans avoir l’air de trop s’émouvoir.

Une seringue posée sur un écrin de velours bleu est bien visible. Si vous n’aviez pas compris, vous voilà mis au parfum Cocaïne !

Un flash-back avec un petit garçon montant l’escalier, le tout sous des lumières bleues donne un petit air mystérieux au récit de Holmes. Ce flash-back aux tons bleus sera le fil rouge durant tout le film puisqu’il reviendra souvent, sans que l’on sache à quoi fait-il référence, hormis à la fin.

Nous sommes face à un Watson (Robert Duvall) qui est loin d’être le benêt habituel dans les séries. Dans les récits canoniques, il n’a certes pas l’intelligence de Holmes, mais il est comme le lecteur : pas un imbécile, juste un non-voyant.

Le film le met aux avants-postes puisque c’est lui qui prendra la décision d’amener Holmes jusqu’à Vienne, chez un certain docteur Sigmund Freud, en lui faisant courir derrière le leurre qu’est le professeur Moriaty.

Le Moriarty de la BBC fiche la trouille, mais celui de ce film est un paisible professeur qui en a marre que Holmes lui tourne autour en l’accusant ce qu’il n’est pas. J’aime ce film aussi pour ce fait là : il explore d’autres hypothèses et ça nous change de l’habituel.

En route pour Vienne ! Mais Holmes ne le sait pas encore… Mais virez-moi cet attribut horrible sur la tête de Holmes !

Nicol Williamson ne sera jamais mon Holmes préféré. De ce côté-là, John Neville (A study in terror) a plus de classe.

Ici, notre Holmes se promène partout revêtu de sa deerstalker et de son grand manteau cape, même en ville ! Hors ces vêtements ne sont portés qu’à la campagne.

Il fumera même la pipe calebasse devant la maison de Moriarty. Anachronisme puisque non existante à cette époque.

À croire que les scénaristes voulaient à tout prix que l’on sache, à coup sûr, que nous étions bien face à Sherlock Holmes, qu’ils l’ont affublés de tout ces accessoires non canoniques, mais qui, au fil du temps, on fixé l’image du détective dans l’imaginaire collectif.

L’acteur qui joue Watson a de la présence, les pieds bien ancrés dans la réalité et de l’envergure. Il est le biographe de Holmes, mais aussi son ami, son garde-fou, celui qui invente avec Mycroft Holmes un plan pour faire soigner Holmes de son addiction.

Mention au frère de Sherlock, Mycroft, qui est le même que celui de la série Granada : Charles Gray (plus jeune).

Toby, chien renifleur très connu, en voyage avec Holmes et Watson.

Si à son arrivée à Vienne, comprenant qu’on s’est joué de lui, Holmes devient bougon, il comprend aussi qu’il est temps de se faire soigner.

La rencontre avec Freud dans son bureau donnera lieu à des déductions.

L’avantage de le regarder en V.O.STFR est que l’on entend bien l’accent germanique sous l’anglais de Freud.

Dans le bureau du docteur Sigmund Freud.

Freud utilisera l’hypnose pour tenter de guérir l’addiction de Holmes à la cocaïne, mais son côté psychologue comprendra aussi que les racines de ce mal sont profondes et que si on ne s’y attaque pas, il replongera.

Le film n’est pas très trépidant dans ces moments là, on assiste à quelques scènes de la vie de famille des Freud et des passages où Holmes est en proie à des cauchemars dû sans doute au manque de drogue.

Beaucoup d’antisémitisme aussi. Freud étant juif, il ne plait pas à tout le monde, surtout qu’il a des idées révolutionnaire et tout le monde n’apprécie pas de s’entendre dire qu’il a voulu coucher avec sa mère…

[Holmes en proie à des cauchemars terribles et au manque de cocaïne] — Vivement que Michel Onfray vous démonte, Freud !!

« Suivez le pendule et laissez-vous z’hypnotiser »

L’enquête qui se greffe dans l’histoire n’est pas mal, elle permet à Holmes de sortir de la routine et de faire travailler son esprit qui rouille quand il n’est pas au travail.

Par contre, la scène dans le manège, avec les chevaux gris présenté en cobra et qui chargent nos amis, ça fait pas vrai du tout ! (La cobra est une épreuve de présentation de juments ibériques attachées ensemble par le cou).

Des chevaux qui chargent des hommes comme des taureaux ?? Sans parler qu’à la fin, ils foncent dans une porte de sortie qui semble fort épaisse et bardaf, ils ont font du petit bois d’allumettes ! Pas réaliste du tout.

Un Stradivarius ? Non, LE stradivarius !

Manque de réalisme aussi dans plusieurs scènes, mais la pire restera la scène de la bagarre au sabre sur le toit d’un wagon, le train étant en marche…

On commence par un combat dans le wagon et on finit au-dessus, parfois même en ne se tenant plus qu’à la barre de côté… Juste digne d’un mauvais James Bond avec Roger Mooore dans le rôle titre.

Oui, le film est truffé de ce genre de scènes irréalistes, mais il se regarde quand même avec plaisir, juste pour passer du bon temps.

La scène finale me fait toujours sourire… Une autre explication de la disparition de Holmes et du fait qu’il ait demandé à Watson d’écrire sa mort le temps qu’il prenne du repos.

Bien entendu, nous avons eu le fin mot de l’histoire du flash-back ! Il me fait toujours froid dans le dos, même si je le connais depuis longtemps.

En conclusion, ceci n’est pas LE film holmésien à noter dans les annales, mais il vaut tout de même la peine pour découvrir un autre éclairage, d’autres hypothèses sur le fameux professeur Moriarty, le Napoléon du Crime dont personne ne connaissait l’existence, hormis Holmes !

Prendre le train, c’est salissant ! Et fatiguant.

Vacances bien méritées pour Holmes !

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

9. Sherlock Holmes : L’Interprète Grec – The Greek Interpreter

Sherlock Holmes : L’Interprète Grec – The Greek Interpreter

SAISON 1- ÉPISODE 9 (Série II)

  •     Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •     Adaptation : John Hawkesworth
  •     Réalisateur : Alan Grint
  •     Scénariste : Derek Marlowe
  •     Décorateur : Margaret Coombes
  •     Musique : Patrick Gowers
  •     9ème épisode tourné
  •     Série 2 : 2/6
  •     1ère diffusion : Angleterre : 1er sept 1985 – ITV Network (9ème épisode diffusé); Etats Unis : 6 février 1986 – WGBH; France : 19 février 1989 – FR3 (9ème épisode diffusé)
  •     Durée : 50 min 25 sec

  •  Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Charles Gray …  Mycroft Holmes
Alkis Kritikos …  Mr. Melas
Anton Alexander …  Paul Kratides
George Costigan …  Wilson Kemp
Nicholas Field …  Harold Latimer
Victoria Harwood …  Sophy Kratides
Rita Howard …  Mrs. Stern
Oliver Maguire …  Inspector Gregson

Le pitch ?
Pour la première fois, le docteur Watson entend Sherlock Holmes évoquer sa famille et lui révéler l’existence de son frère de 7 ans son aîné, Mycroft.

Ce dernier plus habile que lui, mais moins doué d’énergie, les invites au Club Diogène pour leur soumettre l’affaire étrange d’un interprète grec.

Monsieur Melas a été engagé par un certain Harold Latimer pour servir d’interprète entre un grec et deux anglais qui les retiennent, lui et sa sœur contre leur volonté.

Conduit de force, les yeux bandés dans un lieu secret, il a été témoin des sévices infligés au grec, qui par son refus obstiné de signer un document met sa vie en danger.

Un port, la nuit… Un homme dans la rue, bagage à la main. Un certain monsieur Latimer vient le chercher et l’emmène vers sa voiture, tirée par deux chevaux (oui, une deux chevaux !!) et boum, il assomme l’homme !

Baker Street, la rue animée.

Le prologue est laissé à Watson qui nous dit que Sherlock Holmes n’a jamais parlé de sa famille et qu’il avait fini par croire qu’il était orphelin. Nous aussi, tiens.

Jusqu’à ce que Holmes lui parle de son frère !!

Baker Street, intérieur… Un bordel de papier est étalé dans l’appartement (ce n’est ni la première ni la dernière fois).

Et voilà que Holmes nous parle de sa mamy, qui était la sœur du peintre Vernet et enchaîne sur son frère Mycroft qui possède les mêmes qualités que lui, Sherlock reconnaît même qu’il lui est supérieur dans le don d’observation.

C’est dans ce dialogue que Holmes lui dit qu’il déteste la fausse modestie, Watson ayant pensé, à tort, que son détective d’ami faisait son modeste…

– Mon cher Watson, dit-il, je ne saurais être d’accord avec ceux qui rangent la modestie parmi les vertus. Pour le logicien, toutes les choses doivent être exactement ce qu’elles sont, et se sous-estimer soi-même, c’est s’écarter de la vérité, autant qu’exagérer ses propres mérites. Donc, quand je dis que Mycroft a des facultés d’observation supérieures aux miennes, vous pouvez croire que je dis à la lettre l’exacte vérité.

Pourquoi son frère n’est-il pas connu en tant que détective ?? Parce qu’il n’est pas un homme de terrain, il ne sort jamais ses rails « Pall Mall / Whitehall ».

C’est son frère qui a fondé le Diogene’s Club.

– Le club Diogène est le plus étrange de Londres et Mycroft est un de ses membres les plus étranges. […] Il y a à Londres, vous le savez, beaucoup d’hommes qui, les uns par timidité, les autres par misanthropie, ne recherchent nullement la société de leurs semblables. […] C’est pour la commodité de ces gens-là que le club Diogène a été formé, et il compte, maintenant, les hommes les plus asociaux, les plus ennemis des clubs qui soient à Londres. On ne permet à aucun membre de se préoccuper d’un autre. Sauf dans la salle des Étrangers, il est interdit de parler, dans quelques circonstances que ce soit, et trois infractions à cette règle, si le comité en est informé, peuvent entraîner l’exclusion du bavard. Mon frère fut l’un des fondateurs et j’ai moi-même trouvé dans ce club une atmosphère éminemment sédative.

Le côté drôle de la scène, c’est la tête de Watson qui vient d’apprendre que Holmes avait une famille et que oui bien sûr il veut le rencontrer, ne fut-ce que pour vérifier qu’il existe !!

Dans cette série, les robes des dames sont magnifiques, le costume noir et haut-de-forme de Holmes est superbe, mais alors, les décors, purée, la classe !

Sexy le Sherlock en habits et haut-de-forme ! Plus élégant que le deerstalker et le macfarlane !!

Surtout le Diogene’s Club ! Des boiseries partout et une bibliothèque à vous faire tomber raide mort !

Cet épisode, je l’apprécie surtout pour une scène : Mycroft Holmes, assis sur une escabelle dans le bow-windows, aussi large que Sherlock est mince, la figure rougeaude et bon enfant.

Il invite son cadet à le rejoindre sur l’escabelle en face et tout deux vont se livrer à un exercice de déduction sur un type dans la rue. Un vrai match de tennis, chacun en ajoutant ou corrigeant l’autre, sous les yeux ébahis de Watson.

Pour moi, c’est un pur moment de bonheur !

C’est Charles Gray qui joue le rôle de Mycroft, rôle qu’il connait bien puisqu’il avait déjà interprété ce rôle en 1976 dans le film « The seven-per-cent solution » tiré du roman de Nicholas Meyer (traduit en français sous le titre « Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express).

Charles Gray était taillé pour interpréter Mycroft. Il a le profil physique, décrit dans le canon comme corpulent, au visage massif, au regard d’acier et au sourire énigmatique passant de l’aménité à la dureté.

Et cet Holmes là excelle tout aussi bien que son célèbre cadet, dans l’art de la déduction, comme en témoigne leur joute devant la fenêtre.

Leurs rapports sont très complices, faits d’émulation intellectuelle et de tendresse fraternelle.

Lorsque Mycroft s’avance pour accueillir monsieur Melas, Sherlock émerge de sa large stature, donnant l’impression que le jeune frère s’échappe de l’ombre envahissante de son aîné pour prendre la prérogative.

Après ce petit échauffement, Mycroft parle à son frère de Monsieur Melas, interprète grec, à qui il est arrivé une bien curieuse affaire !

Ici, beaucoup de moments angoissants, surtout lorsque monsieur Melas raconte comment il a été emmené un soir, par un mystérieux individu pour se retrouver à faire le traducteur entre deux hommes anglais et un grec dont le visage était quasi tout bandé.

La pièce est remplie de meubles couverts de draps afin de les protéger des poussières… ambiance !

Si Latimer a encore quelques airs de gentleman, son complice, Kemp, a tout de la gueule du truand sadique.

— Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?? Quelque chose qui n’va pas ? Elle ne te revient pas ?

Melas a aussi une paire de couilles, parce qu’il a testé les deux salopards en ajoutant quelques petits mots grecs dans les questions qu’il devait poser au pauvre gars, et, ne voyant aucune réaction de leur part, en a conclu qu’ils ne pétaient pas un mot de la langue du pays de la feta.

Alors, tout en répétant sans cesse « Vas-tu signer le document ? », il converse avec le pauvre hère qui, incapable de parler, doit tout écrire sur un petit tableau.

Durant tout l’interrogatoire, l’inquiétant Kemp affiche en permanence un sourire narquois, avec ses petits yeux presque enfantins écarquillés derrière ses lunettes rondes à la Harry Potter qui aurait sombré du côté obscur de la Force.

Son langage caustique et son rire sadique renforcent la gêne et le coté sordide de l’histoire.

L’équipe du film a gardé les dialogues entre les interlocuteurs anglais et grecs dans leurs langues maternelles, ce qui donne plus de réalisme en accentuant le côté énigmatique, l’impossibilité de communiquer et de se mettre d’accord.

Melas, d’ailleurs, lorsqu’il parle anglais, a une pointe d’accent ! Oui, j’ai visionné en V.O STFR.

Notre Melas (qui était dedans) étant en train d’en apprendre de plus en plus sur cet énigmatique prisonnier lorsqu’une dame fit irruption dans le salon, se plaignant qu’elle s’emmerdait (bon, pas en ces termes, je vous l’accorde)…

Le prisonnier se lève et hurle « Sophiaaaaaa » (sans le côté débile d’un « Adriiiiiaaaaannne »).

Melas touchera 5 souverains pour oublier cette soirée et, après deux heures de trajet dans la voiture aux fenêtres masquées, il se fera déposer sans ménagement devant chez lui.

Ces moments angoissants et très mystérieux seront contrebalancés par un Sherlock qui réveillera brusquement Mycroft, endormi durant le récit !

Petite mention spéciale à la phrase que nous sort Mycroft, avec un petit sourire d’excuses, presque :

— Sherlock est l’énergique de la famille !

Comme toujours, beaucoup de mystères entourent cette aventure : que fait ce grec en Angleterre, qui est cette femme qui semble le connaître, pourquoi le retient-on prisonnier, pourquoi veut-on lui faire signer un document à tout prix…

Tiens, ça va même faire sortir Mycroft de ses rails : il vient rendre visite à Sherlock car il a obtenu des réponses à ses petites annonces (qui n’étaient pas matrimoniales !).

Beaucoup de scènes de rues, aussi, avec Sherlock qui passe à la boutique de livres en bas de chez eux, des enfants qui courent un peu partout, des fiacres, des charrettes de foin.

Ça fleure bon l’ambiance victorienne !

On court beaucoup et on s’énerve aussi, surtout Sherlock qui, ayant été prévenir Scotland Yard, doit attendre l’arrivée d’un mandat dûment signé pour aller dans la maison des deux salauds afin de récupérer Melas et le sieur Kratides.

Ben oui, le pauvre traducteur s’est de nouveau fait enlever…

Rhôôôô, la petite pique que lance Mycroft à Sherlock quand celui-ci dit que la sœur de Kratides n’a pas dû se faire enlever, mais suivre les deux truands de son plein gré.

— Vous avez toujours la même opinion des femmes ?
— Dans ce cas, j’ai peur que ce soit justifié.

Le final dans le train ne se trouve pas dans la nouvelle canonique et c’est bien dommage parce qu’il vaut son pesant de tabac !!

Une poursuite pareille, c’est génial sans sombrer dans le jamesbondien.

Holmes qui fume dans un wagon où il est marqué que c’est interdit et Mycroft qui a dû courir pour monter dans le train, hurlant :

— Je ne suis pas fait pour courir, Sherlock !

« Fumer est strictement interdit dans ce compartiment »…!

J’aime bien Mycroft, parce que sous ses airs de gros ours débonnaire, il a de la suite dans les idées et, sans en avoir l’air, sera utile dans le final, même si, dans le compartiment, il dormait à poings fermés !

La soeur Kratides, c’est toute la froideur faite femme et Holmes aura raison de dire que « Ce n’est pas un crime d’avoir un cœur de pierre et aucune once de compassion ».

Holmes l’aura même dans ses bras, quand, à la fin, la pauvre choutte aura un peu peur…

Mon avis final ?
De la tension dramatique à la louche, du mystère, des questions, du stress et des grosses touches d’humour.

Les rapports entre les deux frères Holmes offrent des moments très amusants.  Il en est de même entre Watson et Holmes.

De plus, dès le début de l’épisode, on découvre un pan de la vie privée de Sherlock Holmes, ce qui est fort rare, avec l’existence de son frère aîné.

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« Ce n’est pas un crime d’avoir un coeur froid et aucune once de compassion »

♫ I’m poor lonesome consulting detective ♪

Quelques petites vidéos :

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

The private life of Sherlock Holmes – La vie privée de Sherlock Holmes [FILMS]

La Vie privée de Sherlock Holmes (The Private Life of Sherlock Holmes) est un film britannique réalisé par Billy Wilder en 1970.

1. Synopsis :

Sherlock Holmes et le docteur Watson sont invités à une soirée des Ballets russes, sur l’initiative de la danseuse étoile Madame Petrova : celle-ci voudrait d’Holmes un enfant qui ait son intelligence et lui offre en échange un violon Stradivarius.

Le détective refuse, prétextant que Watson est son « compagnon ».

Un peu plus tard, un cocher amène à leur domicile une jeune femme amnésique qui vient d’échapper mystérieusement à la mort et n’a sur elle qu’un indice, l’adresse des deux hommes.

Cette personne, retrouvant la mémoire, déclare s’appeler Gabrielle Valladon et demande à Holmes, qui accepte, d’enquêter sur la disparition de son mari. Le frère du détective, Mycroft Holmes, un agent du Gouvernement, le dissuade de poursuivre ses recherches.

Holmes va néanmoins poursuivre ses investigations qui vont le mener aux abords du Loch Ness…

2. Fiche technique :

  • Titre original : The Private Life of Sherlock Holmes
  • Titre français : La Vie privée de Sherlock Holmes
  • Réalisation : Billy Wilder
  • Scénario : Billy Wilder, I.A.L. Diamond, basé sur les personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle
  • Décors : Alexandre Trauner
  • Costumes : Julie Harris
  • Photographie : Christopher Challis
  • Son : Roy Baker
  • Montage : Ernest Walter
  • Musique : Miklós Rózsa
  • Société de distribution : United Artists Corporation
  • Pays d’origine : États-Unis,  Royaume-Uni
  • Genre : Film policier
  • Durée : 117 minutes
  • Dates de sortie : décembre 1970

vlcsnap-2011-07-03-16h53m34s1163. Distribution :

  • Robert Stephens (V.F. : Marc Cassot) : Sherlock Holmes
  • Colin Blakely (V.F. : Albert Médina) : le docteur Watson
  • Geneviève Page (V.F. : Geneviève Page) : Ilse von Hoffmanstal, alias Gabrielle Valladon
  • Christopher Lee (V.F. : Raymond Loyer) : Mycroft Holmes
  • Irene Handl (V.F. : Hélène Tossy) : Mme Hudson, la logeuse de Holmes
  • Clive Revill (V.F. : Serge Nadaud) : Nikolai Rogozhin, le directeur des Ballets russes
  • Tamara Toumanova : Mme Petrova
  • George Benson : l’inspecteur Lestrade
  • Catherine Lacey : la vieille dame en chaise roulante
  • Mollie Maureen (V.F. : Henriette Marion) : la reine Victoria
  • Peter Madden : Von Tirpitz
  • Michael Elwyn : Cassidy
  • Stanley Holloway : le premier fossoyeur
  • Eric Francis : le second fossoyeur
  • Graham Armitage : Wiggins

4. Analyse (mais pas de moi) :

Au moment d’une diffusion télévisée en 1989, Patrick Brion (alias André Moreau) écrivait dans Télérama :

« Sherlock Holmes — déclarait Billy Wilder — a toujours été un de mes personnages de fiction préféré, comme Cyrano et Les Trois mousquetaires.

Ce n’est pas un moraliste, ni un redresseur de torts qui veut livrer les criminels à la justice. Cela, il s’en moque. Ce qui l’intéresse, c’est de résoudre l’énigme.

Son grand regret, ce n’est pas qu’il y ait des crimes, mais qu’il y ait des crimes sans imagination.

Wilder a donc choisi, non pas d’adapter une des nouvelles de Conan Doyle, mais de se livrer à une éblouissante variation sur Holmes et Watson.

L’atmosphère victorienne est recréée avec beaucoup de goût, grâce notamment aux décors d’Alexandre Trauner.

L’esprit de Billy Wilder apparaît tout au long du film, que ce soit dans la description, parfaitement narquoise, du couple Holmes-Watson, ou dans un dialogue exceptionnellement brillant, sans oublier l’apparition d’une reine Victoria assez surprenante.

C’est dire que le film ravira tant les amateurs de Billy Wilder que ceux de Sherlock Holmes, confronté à une ténébreuse intrigue où se croisent des nains, le monstre du Loch Ness et le frère de Sherlock. Une grande réussite ».

Le prologue du film commence avec un générique qui nous fait comprendre que nous allons assister à une succession d’affaires laissées de coté par Watson du vivant de Holmes afin de ne pas écorner la légende.

On n’en aura en vérité que deux : celle de la ballerine Russe de passage à Londres et l’affaire Valladon…

Ce que j’en ai pensé (et ce, depuis le début) :
Oui, vous devez vous douter que vu mon addiction pour Sherlock Holmes, ce film avait été vu et revu depuis longtemps !

Je profite juste de l’occasion du Mois Anglais 2015 pour me refaire quelques lignes de Sherlock. Mes films préférés que je n’avais pas encore chroniqués…

Pour les premiers de classe, pas besoin de vous rappeler l’émoi qui m’avait saisi lorsque j’étais tombée sur le roman de Michaël Hardwick nommé « La vie privée de Sherlock Holmes » en 1990 (chronique ICI).

Mon cœur avait de nouveau raté quelques battements lorsque, peu de temps après, j’avais vu qu’il existait en film et qu’on le diffusait à la télé ! Après j’ai appris que c’était le contraire : le film en premier, la novélisation après.

Bon, je n’orgasme plus lorsque je le revisionne, mais le plaisir est toujours là, même si la surprise originelle du livre n’existe plus.

Si Billy Wilder s’est basé sur un apocryphe, il a tout de même réuni les choses essentielles qui font Holmes : le détective qui s’ennuie lorsqu’il n’a pas d’affaire en cours, qui s’adonne de temps en temps à la cocaïne pour stimuler son brillant cerveau et son côté maussade quand il a le cerveau au repos forcé, sans oublier son violon.

Holmes râle même sur Watson qui l’a fait trop grand dans ses chroniques !

Par contre, j’ai toujours un peu de mal avec l’acteur qui incarne Watson… Il manque de flegme et je le trouve un peu trop ronchon, trop excité, genre petit roquet et pas toujours très futé. Watson n’avait pas les dons de Holmes, mais ce n’était pas un branque non plus.

Il me fait un peu penser au rôle qu’avait Jack Lemmon dans « Some like it hot » : celui de Daphné, le Jiminy Cricket de Tony Curtis (de Billy Wilder aussi).

L’avantage de connaître l’histoire, c’est que je me marre à l’avance lorsque Holmes et Watson sont invité à l’opéra et que Holmes est reçu dans la loge de Madame Petrova, la danseuse étoile qui voudrait que Holmes soit son étalon…

La manière dont il lui explique avec soin qu’il décline son invitation est à mourir de rire. Il essaie tout, même la maladie de l’hémophilie avant de balancer que lui et Watson… sont de la jaquette !

— Le docteur Watson est votre verre de thé ?

Le pauvre Watson qui dansait au milieu de toutes les jolies danseuses de l’opéra verra progressivement son cheptel de femelles diminuer pour être remplacé par tous les danseurs, à son plus vif désaccord.

Et je ne vous raconte même pas sa crise de retour à Baker Street quand Holmes lui avouera le mensonge qu’il a dû dire afin d’éviter de devoir saillir madame Petrova comme un vulgaire étalon reproducteur !

Watson prendra très mal la chose, et lors de sa discussion avec Holmes, il lui demandera de confirmer qu’il a bien des rapports avec les femmes, ce que Holmes refusera de faire, laissant la question en suspend vu la manière dont il lui répond.

Si Robert Stephens n’est pas mon Sherlock Holmes préféré, j’ai appris à l’apprécier en apprenant, bien après, qu’il était un ami de Jeremy Brett (mon Holmes préféré) et qu’il l’avait mis en garde sur le personnage de Holmes qui avait failli le tuer…

Ce que je reproche à l’acteur, c’est le fait qu’il l’air un peu tsoin-tsoin, parfois. Et pour moi, bien que le personnage de Holmes ne soit pas intéressé par les femmes et qu’il s’en méfie ne fait pas de lui un homo.

Vu la manière dont il est maquillé dans la scène de l’opéra, on pourrait croire qu’il est vraiment de la jaquette !

Là où le film commence à devenir une véritable enquête, c’est lorsque la pauvre Gabrielle Valladon débarque chez nos deux compères avec sa mémoire lui faisant défaut… Elle a reçu un coup sur la tête et ne se souviens plus de rien.

Ne sachant plus qui elle est ni ou elle est, notre Gabrielle fera irruption, totalement nue, dans la chambre de Holmes, au soir, pensant qu’il est son mari ! Elle l’invite même clairement à le rejoindre dans le lit… Rhââââââ !

Holmes, pas trop perturbé, s’intéressera alors à un indice pour son identité : elle a une marque d’encre sur la paume.

Mais comme dans le livre, nous ne saurons pas plus ce qu’il s’est passé entre eux deux… Coucherie or not coucherie ?

Le lendemain, c’est Watson qui découvre la jeune femme seule, couchée dans la chambre de son ami.

Le retour de Holmes dissipera l’équivoque. En tout cas, Watson et surtout madame Hudson, la logeuse, seront outrés par le fait que Holmes ne l’ait pas chassé de sa chambre.

Durant tout le film, Gabrielle Valladon et Holmes vont maintenir une étrange relation, distante, mais pas trop, laissant flotter une certaine équivoque quant à la nature de leurs relations.

Le pot-aux-roses ne sera jamais dévoilé, seuls les sentiments de l’un et de l’autre seront, eux, parfaitement clairs.

Le film a vieilli, certes, mais il se regarde toujours avec plaisir. On voyagera de Baker Street au Club Diogène, le club de Mycroft, le frère de Sherlock, interprété par Christopher Lee (décédé le 07 juin 2015).

Cet ancien Holmes, ancien Sir Henry Baskerville et ce futur Saroumane, est excellent dans le rôle.

Et comme avec le Mycroft de la BBC, on ne sait pas très bien à quoi il joue. Mauvais point pour Holmes qui sort affublé de la deerstalker et du macfarlane !! En plein Londres, je vous demande un peu !!

Ensuite, malgré le fait que son frère l’en dissuade, Sherlock va emmener sa petite troupe sur les bords du Loch Ness, faisant passer sa cliente, Gabrielle Valladon, pour son épouse (ils ont tous pris une fausse identité) et Watson comme valet.

Le film est rempli de petites péripéties et de moments un peu plus intimes entre Holmes et Gabrielle, mais vous ne verrez pas une scène de cul ou même le début, tout reste parfaitement propre ! Dommage…

Les dialogues sont succulents et lorsqu’on a vu souvent le film, on prend plus attention aux détails, comme ces moines que l’on voit passer plusieurs fois en arrière-plan.

Tous les petits détails qui semblaient anodins au départ trouvent leur sens une fois qu’on nous les explique et on additionne nous même les faits pour se rendre compte qu’on s’est fait mener par le bout du nez depuis le début.

Billy Wilder avait semé des petits cailloux tout au long du film et nous n’y avions pas prêté attention, trop occupés que nous étions à avoir notre attention ailleurs : les décors bien reproduits et l’histoire qu’il pourrait y avoir en Holmes et Gabrielle (♫ tu brûles mon esprit ♫)

Ni Sherlock, ni nous, n’avions vu venir la chose…

La scène finale est splendide de mélancolie et c’est alors que tout s’éclaire : après avoir eu lecture du télégramme, Holmes tenter de jouer du violon, puis l’abandonner pour s’adonner à son autre passe-temps, sous le regard de Watson.

Si Watson avait donné son approbation tranquille à l’écoute des notes de musique, ce sera l’inquiétude en entendant le violon s’arrêter, et sa désapprobation totale lorsque, sans un mot, Holmes se dirigera vers la petite mallette qui contient la solution à 7%.

Une scène dans laquelle toute la science de Wilder, sa délicatesse, mais aussi son amour du détail, vont droit au but, et en disent plus long sur Holmes, et aussi sur Watson, que les paragraphes entiers de Sir Arthur Conan Doyle.

Verdict Final : À juste titre, « La Vie privée de Sherlock Holmes » est considéré par les amoureux du détective comme l’une des meilleures variations du personnage à l’écran. Je ne suis pas loin de le penser, moi qui ait toujours une tendresse particulière pour ce film, quelque soit le nombre de visionnages.

Billy Wilder et I.A.L Diamond ont écrit un scénario original, qui reprend les personnages créés par Arthur Conan Doyle, afin de mieux s’attaquer au mythe du personnage de Sherlock Holmes.

Personnages super, décors aussi, dialogues au poil, mais pas de scène de cul, merde alors !

Note en plus : Le film original, plus long, allait plus loin encore, aussi bien sur les mensonges et les stratagèmes que sur les aspects graveleux (un épisode concernait les rapports ambigus de Holmes et d’une prostituée, un autre voyait Watson tenter de résoudre une affaire impliquant des fêtards nus dans un lit, etc).

Watson entrait en compétition avec Holmes, lui soumettant une affaire truquée par ses soins, infaisable, mais dont Holmes triomphait sans souci.

Une touche discrète reste dans le film, de façon insistante : Holmes n’est pas infaillible.

5. À savoir :

C’est un Billy Wilder fragilisé par ses derniers échecs qui s’attaque à une nouvelle extravagance : un film épique, énorme, sur Sherlock Holmes, dans lequel le personnage de fiction serait traité comme un homme ayant existé, et bien sur dans lequel la voix du Dr Watson allait pouvoir être entendue à sa juste valeur.

Ce film, on le sait, on ne le verra probablement jamais en entier, puisqu’il a été mutilé avant sa sortie par les Mirisch, et qu’aucune des quatre scènes qui avaient été enlevées afin de raccourcir la durée du film n’a survécu.

Ce qui reste, ce sont les 125 minutes de la version que les Mirisch ont assemblée, afin de capitaliser un tournage somme toute cher, et prestigieux.

Néanmoins, une fois ramené à une longueur moins effrayante, ce film est un bien bel anachronisme en 1970 : situé à la fin du XIXe siècle, il épouse le verbe de Conan Doyle, ça et là rehaussé de ces brillants traits d’humour Wilderiens.

Ici, le fin limier, formidablement incarné par Robert Stephens, possède des mœurs douteuses, est complètement manipulé par une femme qui de plus se révèle être une ********, et s’adonne à la cocaïne dans une solution diluée à 7 pour cent (telle que Conan Doyle l’avait décrite dans son œuvre).

Finalement les scénaristes accentuent les défauts du détective mais respectent le personnage et l’époque victorienne où ce dernier évoluait.

Par ailleurs, le scénario du film donnera une novélisation signée Michael et Mollie Hardwicke, deux grands experts holmésiens.

Le terme de « private life » adopté dans le titre, et qui était déjà dans la version de 180 minutes, fait allusion à la nature scabreuse du film, et au fait que dans les sujets ici retenus, il est largement question de sexe, et d’une manière générale des rapports de Holmes avec les femmes en général.

BILAN - Coup de coeurChallenge « Victorien » chez Arieste, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OK challe11

8. Sherlock Holmes : Les Hêtres-Rouges – The Copper Beeches

Sherlock Holmes : Les Hêtres-Rouges – The Copper Beeches

SAISON 1 – ÉPISODE 8 (Série II)                                                 big_4

  •     Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •     Réalisateur : Paul Annett
  •     Scénariste : William Craig
  •     Décorateur : Michael Grimes
  •     Musique : Patrick Gowers
  •     8ème épisode tourné
  •     Série 2 : 1/6
  •     1ère diffusion : Angleterre : 25 août 1985 – ITV Network (8ème épisode diffusé); Etats Unis : 27 février 1986 – WGBH; France : 12 février 1989 – FR3 (8ème épisode diffusé)
  •     Durée : 51 min 20 sec

  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Natasha Richardson …  Violet Hunter
Joss Ackland …  Jephro Rucastle
Lottie Ward …  Mrs. Rucastle
Patience Collier …  Miss Stoper
Angela Browne …  Mrs. Toller
Peter Jonfield …  Toller
Michael Loney …  Fowler
Rachel Ambler …  Alice

Le pitch ?

Sherlock Holmes broie du noir en fumant sa pipe. Il se lamente sur la déchéance de son art qui a atteint le « point zéro » avec une demande de conseil pour un emploi…

Cependant il daigne écouter Miss Violet Hunter, et son récit commence à l’intriguer.

La jeune femme lui confie son étonnement et son inquiétude, à propos du poste de gouvernante qu’Edward Rucastle lui propose aux Hêtres-Rouges, sa maison proche de Winchester.

Son employeur lui offre des gages très élevés en échange d’exigences bien particulières. Elle devra porter certaines robes choisies par lui, s’asseoir à une place précise et surtout couper sa magnifique chevelure, condition sine qua non pour obtenir la place.

Se refusant tout d’abord à sacrifier ses longs cheveux roux, la jeune femme finit par s’y résoudre et est engagée. Holmes décide de rester vigilant.

— MYSTÈÈÈÈRE ! comme le disait un magicien célèbre.

Une maison de campagne, la nuit… Un homme fait le mur. Pas pour en sortir, mais pour y entrer. Pas de bol pour lui, Médor le cador était lâché et le mec cavale en sens inverse pour repasser le mur plus vite qu’un perchiste aux J.O !

Ça vous met déjà dans l’ambiance ! Et que personne ne rouspète sur le fait que le toutou galope moins vite que le monsieur. Ce qui est impossible ! L’homme est un animal qui a de l’endurance à la course mais niveau rapidité, on est des escargots face à un chien.

Baker Street, un brouillard à couper au couteau tellement il est épais. Watson a un air mutin, le genre de sourire qui donnerait l’impression qu’il a fait des galipettes toutes la nuit tandis que Holmes, lui, tire une tête d’un qui aurait dû entendre les grincements de matelas toute la nuit.

Au temps pour moi, le sexe n’a rien à voir là-dedans !

Holmes se lamente sur le fait que Watson embellisse ses affaires, qu’il met en valeur le superflu.

Que le crime est commun mais la logique rare, que le criminel a perdu toutes ambitions, toute originalité.

Bref, il râle aussi parce qu’il n’a pas d’affaires, qu’on lui demande de retrouver des crayons disparus (ils se sont taillés, sans doute) ou si on doit accepter un poste de gouvernante ou pas.

Pourtant, s’il savait que cette innocente question allait déboucher sur une affaire sérieuse, il n’aurait pas pris cet air condescendant devant la jeune fille qui est venue lui raconter son étrange entretien d’embauche.

Violet Hunter va lui soumettre une affaire, qui, vu de près, n’a pas l’air si terrible… Quoique !

L’entretien qu’elle a passé chez une placeuse était pour le moins suspect. Elle entre dans le bureau et l’homme présent au côté de la placeuse dit d’emblée qu’elle est superbe, lui fait des sourires et à des exigences qui ferait penser que le mec est un mac en mal de prostituées pour son bordel.

Monsieur Rucastle à tout du chien en chaleur ! Il lui tourne autour, tout sourire et ne se prend pas pour de la merde, non plus. Monsieur est imbu de son gnome de 6 ans…

– Bah ! interrompit-il. Tout cela n’a rien à voir avec la question. Ce qu’il importe avant tout de savoir, c’est si vous possédez ou non les allures et le maintien d’une femme du monde. Voilà la seule chose qui compte à mes yeux. Si vous ne possédez pas cela, vous êtes inapte à faire l’éducation d’un enfant appelé peut-être à jouer plus tard un rôle considérable dans l’histoire de son pays.

Il lui offre même 100£, le double du salaire, pour un poste de gouvernante, mais faut que la jeune fille sacrifie son ample et belle chevelure et porte les robes qu’on lui dira de porter et pose son cul là où on lui dire de le mettre…

Tenez, en voici la preuve ! [Extrait de la nouvelle écrite]

– A la bonne heure. Ainsi, tenez, un exemple. Nous sommes un peu maniaques, voyez-vous, un peu maniaques, oui… mais nous avons bon cœur tout de même. Eh bien ! si l’on vous demandait de porter une robe à notre convenance et qui vous serait fournie par nous, vous n’auriez pas d’objection à satisfaire notre petite fantaisie, hein ?
« – Non, répondis-je, profondément surprise malgré tout.
« – Et si l’on vous demandait de vous asseoir ici, ou là, vous n’en seriez pas contrariée, non plus, n’est-ce pas ?
« – Oh ! non !
« – Ou encore de vous faire couper les cheveux avant de venir chez nous ?

Oui, ça jette un froid sur la jeune fille qui a de très beaux cheveux !

Monsieur Rucastle et son épouse

J’adore la tête de la placeuse, ses mimiques, ses petites phrases pour ne pas froisser le client, qui, comme tout le monde le sait, à toujours raison.

La vieille mal baisée est même très en colère sur Violet qui vient de refuser un poste à 100£/an car cela lui a fait perdre le banknote que le souriant Rucastle lui avait donné.

Holmes, qui ronchonnait au départ, sent un truc louche et dangereux là-dessous.
– Un danger ? Quel danger prévoyez-vous donc ?
Holmes hocha gravement la tête.
– Ce ne serait plus un danger si nous étions à même de le préciser, répliqua-t-il. Mais, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, passez-moi une dépêche, et j’accours aussitôt.

Malgré tout cela, Holmes congédie la demoiselle de manière assez cavalière en lui désignant la porte lorsqu’elle a fini son histoire et qu’il lui a conseillé de prendre la place (la demoiselle avait refusé, mais maintenant, elle veut accepter tout de même, Mr Rucastle l’ayant relancée).

On dégage !

— Je ne permettrais jamais à ma sœur d’accepter un tel poste, dira tout de même Holmes à Watson dans la série, une fois la jeune fille partie.

(– Mon Dieu, mademoiselle, je vous avoue franchement que ce n’est pas la situation que je choisirais pour ma sœur, si j’en avais une.) [dans le texte canonique et en présence de la demoiselle].

Quand la demoiselle envoie un télégramme, Holmes vole à son secours !

Nous aurons droit à quelques autres répliques holmésiennes durant le trajet e train :

– Des faits ! Il me faut des faits à l’appui ! On ne peut fabriquer de briques quand on n’a pas de terre à sa disposition.

 [Et sa réflexion sur les maisons isolées dans la campagne qui ne lui inspire rien de bon]

– Savez-vous bien, Watson, me dit-il, que c’est un des travers des esprits comme le mien de ne jamais envisager les choses que du point de vue qui me préoccupe ? Quand vous regardez ces habitations éparpillées, vous êtes frappé par leur côté pittoresque. Quand je les regarde, moi, la seule chose que j’éprouve est le sentiment de leur isolement et de la facilité avec laquelle les crimes peuvent s’y commettre en toute impunité.

– Grand Dieu ! m’exclamai-je. En quoi ces vieilles demeures peuvent-elles vous faire penser à des crimes ?

– Elles m’inspirent toujours une sorte d’horreur indéfinissable. Voyez-vous, Watson, j’ai la conviction (conviction basée sur mon expérience personnelle) que les plus sinistres et les plus abjectes ruelles de Londres ne possèdent pas à leur actif une aussi effroyable collection de crimes que toutes ces belles et riantes campagnes.

– Mais c’est abominable ce que vous me dites là !

– Et la raison est bien évidente. La pression qu’exerce l’opinion publique réalise ce que les lois ne peuvent accomplir. Il n’est pas de cul-de-sac si infâme et si reculé où les cris d’un enfant martyr ou les coups frappés par un ivrogne n’éveillent la pitié et l’indignation des voisins, et là toutes les ressources dont dispose la justice sont tellement à portée de la main qu’il suffit d’une seule plainte pour provoquer son intervention et amener immédiatement le coupable sur le banc des accusés. Mais considérez au contraire ces maisons isolées au milieu de leurs champs et habitées en majeure partie par de pauvres gens qui n’ont autant dire jamais entendu parler du code, et songez un peu aux cruautés infernales, aux atrocités cachées qui peuvent s’y donner libre cours, d’un bout de l’année à l’autre, à l’insu de tout le monde. Si la jeune fille qui nous appelle à son secours était allée habiter Winchester, je n’aurais jamais eu aucune crainte à son égard. C’est parce qu’elle se trouve à cinq milles dans la campagne que je ne me sens pas tranquille. Et cependant, il est évident qu’elle n’est pas personnellement menacée.

Mon verdict ?

Du mystère, de l’action, quelques belles réparties canoniques, j’adore cet épisode, en série ou en nouvelle.

On ne sait pas pourquoi Mr Rucastle a absolument voulu avoir mademoiselle Hunter alors que d’autres gouvernantes avaient plus de références ou de compétences qu’elle.

Mais dès qu’elle est entrée dans le bureau, c’est elle qu’il voulait et à n’importe quel prix ! Tout en restant intransigeant sur ses demandes : porter de temps en temps des vêtements qu’on lui dira de mettre, s’asseoir là où on lui dira de se mettre et couper ses cheveux !

Ce que j’apprécie aussi, c’est que, tout comme la Violet Smith du « Cycliste solitaire », elle a beau être une jeune femme, ce n’est pas une potiche pour autant !

Elle aussi se pose des questions lorsqu’elle a reçu l’ordre de s’asseoir durant une heure sur le petit divan dans le bow-windows, tandis que Rucastle la fait rire aux larmes pour que le temps lui semble moins long.

Dans sa robe bleue électrique qu’elle doit porter, elle réfléchit et la fois suivante, elle cache un petit miroir dans le creux de sa main afin de voir ce qui se déroule dans son dos.

Elle n’a pas froid aux yeux non plus quand elle passe une porte habituellement fermée à clé afin d’aller voir ce qu’il y a dans la tourelle du manoir.

C’est grâce à la témérité de sa cliente que Holmes récoltera des faits afin de fabriquer ses briques lorsqu’il la retrouvera à l’auberge du Cygne Noir. Pas pour une partie de jambes en l’air, voyons ! Parce que la demoiselle s’est sentie en danger.

La demoiselle n’hésite pas non plus à faire ce que Holmes lui demande de faire, puisque les Rucastle sont de sortie au soir.

Oui, elle a du cran, ce n’est pas une pleurnicheuse et c’est bien dommage que Holmes l’oublie aussi vite.

[Extrait du canon] « Quant à Mlle Violet Hunter, mon ami Sherlock Holmes,contrairement à ce que j’avais prévu, se désintéressa d’elle complètement dès que l’énigme dans laquelle elle avait joué un rôle si prééminent fut solutionnée ».

Il devrait lui être reconnaissant, de par sa demande de conseils, elle lui a apporté une belle affaire sur un plateau !

Bien sûr, il y a des petits couacs dans la série : notamment le chien méchant des Rucastle !  Ce chien que l’on affame pour le rendre plus teigneux et qui ne répond qu’aux ordres de Toller, l’homme à tout faire.

Lorsqu’il attaque une personne, on voit de suite que le chien de fait que jouer… Le sang sur les vêtements de la victime ressemble plus à de l’encre rouge qu’à de la vraie hémoglobine.

Mais on oublie vite ces petits défauts car l’esprit est concentré sur l’épisode et le suspense est au rendez-vous, ainsi que les questions sur le pourquoi du comment Violet doit faire tout ça chez ses employeurs.

La complicité entre Holmes et Watson est bien présente et on sent que les deux acteurs ne doivent pas faire semblant, ils s’entendent bien et s’apprécient mutuellement.

Il faut entendre Watson dire d’un ton docte, à la jeune Violet, lorsqu’ils sont à l’auberge et qu’elle disait qu’elle aimerait comprendre :

— On ne peut théoriser sans informations. (Ce qui fera sourire Holmes qui allait répondre la même chose à la jeune fille).

Le dialogue final entre Holmes et Watson est amusant aussi. Notre bon docteur lui lit, à voix haute, le texte qu’il a écrit sur cette enquête, terminant sur du grandiloquent…

Or, souvenez-vous, au début, Holmes lui reprochait de s’attarder sur le sentimental et non sur la logique…

Pour mémoire : [Les crimes sont fréquents, la logique est rare. Donc, c’est sur la logique qu’il faut insister, et non sur les crimes. Vous n’avez fait qu’une série de contes avec ce qui aurait dû être une suite de conférences].

— Verdict ? (demande Watson)
— Un compte-rendu admirable, Watson.
— Point trop de vie et de légèreté selon vous ?
— Je m’en remet bien humblement à votre jugement littéraire…

La mimique de fin de Holmes veut tout dire… Watson pavane, mais Holmes se moque.

La vidéo de leur échange final…

Petites vidéos marrantes :

Challenge « Victorien » chez Camille, Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda et Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Les abeilles de Monsieur Holmes : Mitch Cullin

Titre : Les abeilles de Monsieur Holmes                                big_4

Auteur : Mitch Cullin
Édition : Naïve (2007)

Résumé :
Sussex, 1947. Sherlock Holmes vit retiré d’un monde dont les mutations et le tapage absurde lui échappent de plus en plus. Seuls le préoccupent à présent ses abeilles, l’écriture et le déclin de sa mémoire.

Mais certains êtres cherchent encore auprès de lui des réponses essentielles sur la vie, l’amour ou les limites terriblement humaines de la raison, provoquant la résurgence d’émotions que Holmes avaient si longtemps enfouies, fissurant sa maîtrise légendaire…

Dans ce portrait subtil et doux-amer d’une figure mythique, réflexion sur l’absence du père, le temps qui passe et les barrières intérieures que l’on s’impose, Mitch Cullin mène l’enquête, entrelaçant trois histoires, trois temps de la vie de Holmes, et porte sur le personnage un éclairage inédit et émouvant.

Critique : 
Sherlock Holmes coule une retraite presque paisible dans une région où tous les hommes aimeraient aller : le Suce Sex !

Oh, pardon, j’ai mal compris, c’est le Sussex… Juste une question d’orthographe en somme.

C’est dans ce  petit coin des South Downs, au sud de l’Angleterre, qu’il élève des abeilles et vit dans le calme, loin du tumulte de Londres qui fut sa vie lorsqu’il était détective consultant.

Jouissant d’un joli point de vue sur la Manche, Holmes aurait tout pour être heureux s’il n’était pas aussi vieux !

93 ans… Mémoire qui flanche, il marche difficilement, a besoin de deux cannes, se réveille sans savoir où il est, trouve des objets dans ses poches dont il ne se souvient plus les y avoir mis… L’auteur nous a tout de même évité les fuites du robinet. Ouf.

Voici un portrait tout à fait inhabituel de Holmes, lui qui termina sa carrière « officielle », c’est-à-dire canonique, en 1914, à 60 ans, pour son dernier coup d’archet. Conan Doyle l’avait déjà zigouiller une fois dans les chutes, il nous a épargné des aventures avec un Holmes perclus d’arthrite et de rhumatismes.

Dans ce roman, nous avons trois « affaires » : Holmes vieux dans sa ferme qui se remémore deux choses : une affaire qu’il a eu à résoudre lorsqu’il avait la cinquantaine et son voyage qu’il vient de faire au Japon, visitant même Hiroshima après la bombe H.

J’avais hésité devant ce livre car voir Holmes vieux et défaillant, ça risquait de me faire mal au cœur.

Pour moi, Sherlock Holmes est comme les personnages de bédés qui ne vieillissent pas, ou alors lentement. Et le voir marcher à l’aide de deux cannes, avoir des absences fut un crève-cœur. Mais j’ai aimé ce roman.

L’unique problème vient que les trois affaires sont racontées de manière alternée mais ce, durant plusieurs chapitres, et lorsque la transition se fait entre deux histoires, on met un petit peu de temps à replonger dans le fil de l’histoire puisque l’on passe d’un vieillard à un homme dans la force de l’âge.

Le ton est agréable et non dénué d’humour, sans compter tous les clins d’œil qui parsèment le roman, comme de petites attentions pour le lecteur holmésien.

Puisque John revient occuper mes pensées, je voudrais en profiter pour évoquer ici un agacement récent. Il appert que certains dramaturges et auteurs de romans dits policiers ont récemment dressé un portrait injuste de mon ancien associé. Ces individus à la réputation douteuse dont le nom n’est pas digne d’être mentionné ici cherchent à le dépeindre sous les traits d’un balourd ou d’un sot. Rien ne pourrait être plus éloigné de la réalité.

J’ai eu le plaisir de passer ma jeunesse en compagnie d’un homme capable de flairer l’aventure dans les affaires les plus banales et qui tolérait, avec l’humour, la patience et la loyauté dont il était coutumier, les excentricités d’un ami souvent désagréable.
[Holmes en parlant de Watson]

— Eh non, répondit Holmes. Malheureusement, je n’ai jamais porté la casquette avec laquelle on me représentait toujours, ni d’ailleurs fumé la pipe. Pures inventions d’illustrateur décidé à me doter d’accessoires distinctifs afin de mieux vendre les magazines où paraissaient mes aventures. Je n’ai pas eu mon mot à dire.
— Ah… fit M. Umezaki, dont la déception était évidente. Il transmit l’information à son frère, qui adopta aussitôt la même expression, mais s’inclina prestement, comme s’il en avait honte.
— Je vous en prie, ce n’est rien, intervint Holmes, qui avait l’habitude qu’on lui pose ces questions et qui, à la vérité, prenait un plaisir pervers à détruire le mythe.

En fait, l’enquête est secondaire, quasi, hormis pour une chose : l’orgue de verre.

Ici, tout n’est que souvenirs ou émotions. J’avais pensé que le Holmes de Cullin serait d’une froideur absolue, mais non, il a un cœur et le voir s’attacher au petit Roger, fils de sa gouvernante, est un vrai plaisir de fin gourmet.

Tout à coup, comme il refermait l’album, Holmes se sentit submergé par la grande lassitude qu’il avait introduite avec lui dans la fermette. Le monde a pris un mauvais virage, se surprit-il à penser. Il a changé au tréfonds de lui-même, et je ne suis pas capable de comprendre ce qui s’est passé.

Ce fut une lecture fort émouvante sur de nombreux points, surtout que voir mon Sherlock Holmes diminué ne fut pas agréable pour moi.

Aucun regret pourtant, le portrait était beau et j’ai dévoré le roman en une journée.

La mort, comme le crime, est banale, avait-il écrit quelque part. Alors que la logique, elle, est rare.

ian-mckellen-mr-holmesChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon,  Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

challe11