L’Inconnue de Blackheath : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 29]

Titre : L’Inconnue de Blackheath                                         big_3-5

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 (2014)

Résumé :
En 1897, alors que la Grande-Bretagne est lancée dans une course à l’armement, l’inspecteur Pitt doit trouver celui qui a sauvagement tué puis défiguré une jeune femme ressemblant fort à la servante du haut fonctionnaire Dudley Kynaston.

Derrière ce meurtre sanglant, chercherait-on à atteindre cet expert du gouvernement détenteur de nombreux secrets sur la stratégie navale britannique ?

Tandis que d’autres meurtres surviennent, Pitt aura besoin de tout le secours de Charlotte et de sa sœur Emily, dont le mari vient d’obtenir un siège de député au Parlement.

Critique : 
Une femme de chambre qui s’enfuit dans la nuit noire et obscure ne vaut pas la peine que l’on ouvre une procédure. Sans aucun doute était-ce pour une aventure qu’elle a fait le mur, la petite raclure.

Si ladite femme de chambre (ou bonne) est retrouvée morte deux semaines plus tard, le personnel aura le cafard, car un salopard aura fait tomber la petite dans un traquenard et le policier se fera flemmard.

Mais si le corps retrouvé est horriblement mutilé, défiguré et que son patron est haut placé, alors, va falloir s’activer ! D’une banalité, on passe à une tragédie compliquée.

— Une femme de chambre qui s’enfuit avec son amant c’est dérangeant, néanmoins cela n’a rien d’exceptionnel, reprit-elle. Je crois en avoir perdu au moins trois de cette manière, voire quatre, si j’y ajoute une fille de cuisine. En revanche, une femme battue à mort et laissée en pâture aux animaux dans un lieu public, voilà qui est à la fois grotesque et tragique.

— Dans cette affaire, le banal le dispute à la tragédie.

Dudley Kynaston, employeur de Kitty, la disparue retrouvée morte non loin de chez lui, est un haut fonctionnaire qui travaille pour la « britannique navale ».

Voilà une enquête épineuse pour Thomas Pitt car si on pose trop de questions, on éveille les soupçons chez les autres, sans parler des interrogatoires qui n’ont rien de ceux vu dans le roman « 1974 » où c’était à coup de seau de merde lancé à la tête du suspect.

Ici, faut mettre des gants et trouver les réponses aux questions « Qui ? Pourquoi ? Comment ? Quand ? Quoi ? Où ? ».

Va falloir prendre l’enquête par le bon bout, les amis ! Heureusement que Thomas Pitt peut compter sur Stocker, son assistant, sur Narraway, son ancien chef, sur Lady Vespasia, la grande-tante et un peu sur Charlotte, sa femme, bien qu’elle soit moins présente dans les enquêtes.

Je me suis régalée avec ce roman où tout n’est que mystère depuis la fuite de Kitty et depuis l’arrivée de deux cadavres de jeunes filles, mutilés, et déposées non loin de chez Kynaston. Mais pourquoi a-t-elle fui ? Mystèèèère…

Emily, la petite sœur de Charlotte, est plus présente dans ce tome et j’ai bien aimé de la voir évoluer vers la quarantaine, avec sa crise, ses angoisses, ses questions, sa peur de devenir transparente dans les soirées.

— Nous tenons la lumière pour acquise, jusqu’au moment où elle s’éteint. Vous êtes accoutumée à tourner le robinet pour avoir de l’eau. Vous avez oublié ce qu’il en est d’aller en chercher au puits.
Emily haussa les sourcils.

— Vous pensez que je me sentirais mieux en allant au puits ?
— Pas du tout. En revanche, si vous le faisiez plusieurs fois, tourner le robinet aurait certainement cet effet.

Dommage que les deux sœurs ne puissent plus aller sortir les vers hors du nez des vieilles rombières buveuse de thé.

Par contre, j’avais trouvé le coupable avant Pitt et son équipe (mais pas le mobile) et je ne comprends pas comment il leur a fallu autant de temps pour trouver le colonel Moutarde avec le chandelier dans la véranda !

Du mystère, des secrets, des trucs louches bien cachés et des corps qui font leur apparition pour dérouter tout le monde. Et les cadavres en déroutent, ça me rappelle une autre aventure !

Tout compte fait, l’habit de chef de la Special Branch sied à ravir à notre Thomas Pitt qui comprend petit à petit comment jongler avec les multiples rouages de l’espionnage et sait se comporter comme un parfait petit agent 007.

Ses triomphes étaient voués à demeurer secrets, tandis que ses échecs seraient désastreusement publics.

Je ne sais pas si c’est parce que ce tome est l’avant-dernier (pour le moment), mais j’ai trouvé que certains personnages se mettaient un peu plus à nu et cela m’a donné de l’émotion.

Il tendit la main par-dessus la nappe blanche et la posa sur la sienne, très doucement, mais avec trop de force pour qu’elle puisse se dégager.
— Croyiez-vous réellement que j’allais vous demander de le faire ? Je vous en prie, accordez-moi plus de sensibilité et plus d’affection à votre égard !

Cet épisode mettra aussi en avant l’exploration des « petits travers de la société victorienne » en abordant les naissances « avec ou sans » cuillère en or dans la bouche… Qui fait que selon votre rang, vous aurez accès, ou pas, à des postes importants, sans que l’on tienne compte de votre compétence.

— On ne peut pas confier un poste aussi important à quelqu’un en vertu de son seul nom.

Un bon moment de lecture remplit d’interrogations.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, d’une LC chez Bianca, le Challenge « Victorien » chez Camille et du Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda (dernière fiche).

Sir Arthur Conan Doyle’s Sherlock Holmes – Les mystères de Londres [FILMS]

Sherlock Holmes : Les Mystères de Londres (Sir Arthur Conan Doyle’s Sherlock Holmes) est un film américain de Rachel Goldenberg sorti directement en DVD en 2010.

C’est un mockbuster, c’est-à-dire un film à petit budget espérant capitaliser sur le succès du film homonyme de Guy Ritchie, sorti peu de temps auparavant.

C’est le second film produit par la société Asylum à s’inspirer des écrits d’Arthur Conan Doyle, après King of the Lost World.

Une fois qu’il fait humide, mon brushing est foutu… Mes cheveux crollent tout seuls…

1. Synopsis :

C’est le Blitz à Londres en 1940. Un docteur John Watson âgé et malade raconte à son infirmière l’histoire de son enquête la plus complexe avec Sherlock Holmes, qu’ils ont tous les deux juré de ne jamais raconter au public ni adapter dans une des fameuses histoires de Watson.

Le Coronet, un navire transportant l’or des impôts de la couronne est attaqué et détruit par une pieuvre géante.

L’or disparait mystérieusement de l’épave. Sherlock Holmes et Watson se rendent sur la côte afin de mener l’enquête, officiellement confiée à l’inspecteur Lestrade.

Durant ce temps, un jeune homme est tué par un tyrannosaure dans Whitechapel.

De retour à Londres, Holmes, après avoir lui-même échappé à l’attaque du tyrannosaure dans Hyde Park et avoir analysé les traces, en arrive à la conclusion que les monstres sont artificiels et construits par un génie criminel.

Au terme de son enquête, Sherlock Holmes découvre que tous ces évènements ne sont que les signes avant-coureurs de la terrible vengeance de Jack Talons-à-Ressort visant non seulement à assassiner la reine Victoria mais à détruire Londres.

Le tout en faisant porter le chapeau à l’inspecteur Lestrade avec lequel le génie criminel a un vieux compte à régler.

sherlock_holmes_mysteres_londres_022. Fiche technique :

  • Titre original : Sir Arthur Conan Doyle’s Sherlock Holmes ; Sherlock Versus Monsters (diffusion télé)
  • Titre français : Sherlock Holmes : Les Mystères de Londres
  • Réalisation : Rachel Goldenberg
  • Scénario : Paul Bales, d’après les personnages de Conan Doyle
  • Musique : Chris Ridenhour
  • Société de production : The Asylum Home Entertainment
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Format : Couleurs – 35 mm – 1,78:1 – Dolby Digital
  • Durée : 89 minutes
  • Dates de sortie : 26 janvier 2010 ; France : 7 août 2012

3. Distribution :

  • Ben Syder (VF : Gérard Malabat) : Sherlock Holmes
  • Gareth David-Lloyd (VF : Cyrille Monge) : le docteur John Watson
  • Dominic Keating : Thorpe Holmes
  • William Huw : Lestrade
  • Elizabeth Arends : Anesidora Ivory
  • David Shackleton : le docteur Watson âgé
  • Rachael Evelyn : Lucy Hudson
  • Neil Williams : Phineas Stiles
  • Dylan Jones : Grolton
  • Chris Coxon : John Poole
  • Kate Thomas : Sally Fassbinder
  • Iago Patrick McGuire : Lees

Ce que j’en ai pensé :
Lorsque mon homme m’avait signalé (mi-2011) un autre film avec Sherlock Holmes, étiqueté sur le Net comme le « Sherlock Holmes 2 » j’avais accouru vers lui pour découvrir la fiche dudit film.

Une arnaque dans le titre, j’aurais dû m’en douter, le second film de Ritchie étant encore loin d’être annoncé. Malgré tout, ne le connaissant pas, je l’ai donc téléchargé (oui, en Belgique, pas de loi Hadopi).

Dès les premières images visionnées, je m’étais dit « mais où suis-je tombée? ».

Le pire, c’est que j’ai essayé de le revisionner pour le Mois Anglais 2015, mais je vous le dit de suite, ce fut impossible ! Mes mains se serraient convulsivement, mes yeux se fermaient pour ne pas revoir ce spectacle et pour finir, n’étant pas masochiste, j’ai arrêté le visionnage pour ne pas vomir mon quatre heures. Le voir une fois, c’était déjà bon.

Malgré tout, ce cauchemar ambulant m’a marqué et je m’en souviens encore, dans les détails, même !

Au début, nous avons la ville de Londres sous les bombardements de la seconde guerre mondiale. Watson est un vieux croulant et notre brave docteur dicte à une infirmière une enquête à laquelle il a participé avec Sherlock Holmes.

Flash-back… Dès les minutes suivantes, j’ai ouvert grand mes yeux d’ébahissement : une espèce de Kraken qui, à l’aide de ses monstrueuses tentacules engloutissait un navire ! Tiens, serait-ce un crossover avec « Pirates des Caraïbes » ??

Je ne m’étendrai pas sur le docteur Watson (il n’est pas du tout sexy, l’acteur qui le joue), empâté comme un veau trop gras, encore moins sur l’acteur qui joue le rôle de Holmes (un mauvais Holmes, en plus, pas crédible pour deux sous) et qui m’énervait prodigieusement !

Aurais-je rêvé où Holmes est plus petit que Watson, dans le film ? En effet, ils ont choisi un nain pour jouer le rôle d’un détective de 1,80m ! L’acteur mesure 1,73m seulement. Quand je suis de mauvais poil, je chicane sur les détails.

Holmes n’a aucune considération pour Watson, en plus. Je m’explique.

Lorsqu’ils se trouvent sur une falaise, en train d’observer d’en haut l’épave du bateau coulé, Holmes demande à Watson de descendre le long de la falaise, alors que c’est dangereux et que le Holmes canonique n’aime pas faire prendre des risques à Watson (dans « Le ruban moucheté », Holmes avait des scrupules à avoir entraîné Watson dans cette histoire, car elle était dangereuse).

Seul leur guide s’occupe de la corde, Holmes s’en moquant totalement et au final, la corde s’use sur la pierre et elle menace de se rompre.

Passons aussi sur l’espèce de T-Rex miniature qui s’attaque à une prostituée… Je n’ai toujours pas compris pourquoi il avait épargné l’homme qui se trouvait là aussi. Dommage que je n’ai pas eu droit à ma scène culte de « Jurrasic Park » (le vieux) quand le T-Rex arrachait de sa grande gueule, les chiottes… Là, au moins, j’aurais ri un peu…

Même après avoir eu les explications finales, je sais pertinemment bien qu’il était impossible d’arriver à un aussi beau résultat à cette époque.

Lestrade ? Il parle un peu trop du frère de Holmes et on se demande parfois ce qu’il fait non loin d’un endroit où le dino est apparu subitement.

Que vous dire de plus sans trop en dévoiler ?

On se doute chez « QUI » Holmes va tomber, mais je m’étais trompée dans le choix du prénom. J’avais pensé à M, mais pas à celui dont vous pensez. La famille est plus grande que celle du canon…

Que dire de cet espèce d’Iron Man de méchant ? Totalement absurde !

Son âme damnée ? Même madame Tussaud n’est jamais arrivée à un tel résultat. Impossible, vous dis-je. Sauf en science-fiction…

Non, trop de fantastique ! Même si l’auteur voulait faire un petit clin d’oeil aux mondes perdus, ça ne passe pas.

Trop de choses totalement impossible pour l’époque. En me souvenant des premiers essais des aviateurs et en ayant vu la plupart chuter avec leurs appareils, je me demande comment le « vilain pas beau qui en veut à la terre entière » parvient à le faire décoller et voler, vu la masse !

Au fait, Holmes s’appelle en fait « Robert », mais à la fin, il décide de changer son prénom en « Sherlock » pour que le monde le retienne mieux.

Non, un nanar de la pire série B, surtout après l’excellent film de Ritchie, ça fait mal. J’avais perdu mon temps à l’époque.

Oui, j’avais tout regardé à ce moment-là, mais je vous jure que ça avait été pénible. Cette fois-ci, j’ai manqué de courage pour le revisionner, mais bon, un corps couvert de pustules due au film, ça fait mauvais genre en vacances.

Un conseil ? Fuyez ce film, pauvres fous ! What the FUCK ????

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OKchalle11

« Jack The Ripper » de Jesús Franco (1976) [FILMS]

Jack l’Éventreur (Jack the Ripper) est un film germano-suisse réalisé par Jesús Franco sorti en 1976.

  • Titre : Jack l’Éventreur
  • Année : 1976
  • Réalisateur : Jesús Franco
  • Genre : Horreur
  • Musique : Walter Baumgartner
  • Scénario : Jesus Franco et Jean-Claude Carrière
  • Durée : 92 min

1. Synopsis :

Le Dr. Dennis Orloff est un médecin respecté de tous, à la générosité qui semble être sans limite.

Pourtant, derrière ce parfait exemple de la société civilisée, se cache un redoutable tueur en série, connu sous le nom de Jack l’Éventreur, qui tue et démembre brutalement des filles de joie, afin de… [No spoiler].

2. Distribution :

  • Klaus Kinski : Dr Dennis Orloff / Jack l’Éventreur
  • Josephine Chaplin : Cynthia
  • Andre Mannkopff : Inspektor Selby
  • Herbert Fux : Charlie, the Fisherman
  • Lina Romay : Marika Stevenson
  • Nikola Weisse : Frieda
  • Ursula von Wiese : Miss Higgins
  • Hans Gaugler : Mr. Bridger, the blind man
  • Francine Custer : Sally Brown, first victim
  • Olga Gebhard : Ms. Baxter
  • Angelika Arndts : Ms. Stevenson
  • Peter Nüsch : Sergeant Ruppert
  • Esther Studer : Jeanny, second victim
  • Regine Elsener : Blondy
  • Lorli Bucher : Lulu
  • Mike Lederer : Coach Driver
  • Otto Dornbierer : Charlie’s friend

3. Anecdotes :

Ce film a été tourné sans son, les acteurs pouvaient jouer dans la langue qui leur était le plus facile, selon leur nationalité. La post-synchronisation s’est donc faite après.

C’est la langue allemande qui a été faite en premier, donc la version originale est considérée comme étant la version allemande, bien que les mouvements de lèvres des acteurs ne soient pas plus exacts avec les dialogues que les version anglaises et françaises faites ensuite.

Klaus Kinski a doublé lui-même les versions allemande et anglaise, pour son rôle.

Ce que j’en ai pensé :
— Non mais allo quoi ?? On a gâché de la pellicule pour réaliser ce film ?

Seriously ? Voilà ce qui s’appelle gâcher du matériel et faire perdre son temps aux gens…

Là, je peux le dire, je viens de regarder LE nanar du mois Anglais, Ze nanar on Jack The Ripper.

J’ai aussi dans ma manche Ze nanar of Sherlock Holmes, mais bon, celui-là c’était un second visionnage, ici, c’est le premier et ça fait mal aux yeux.

Bon, d’entrée de jeu, Jack a déjà frappé… On commence le film avec une pute saoule qui refuse de faire crac-crac avec un monsieur portant un costume noeud-pap… parce que pour une guinée, c’est non !

Nous savons (ceux qui ont suivi mon travail sur Jack en juin 14) qu’en 1888, les prostituées touchaient en moyenne 6 pences pour faire trembler les genoux de leur client…

Elle refuse une guinée ?? Valeur de la guinée ?

Parenthèse culturelle : certes, la guinée a été retirée de la circulation en 1817 pour être remplacée par le souverain, mais malgré tout, le terme guinée continue à être utilisé durant le XIXe siècle pour exprimer un montant de 21 shillings, soit une livre et un shilling (ou un souverain et un shilling).

Le penny, au pluriel pence pour la somme d’argent ou pennies pour les pièces elles-mêmes, est une pièce en bronze valant 1/12 de shilling (1/240 de livre). La pute refuse une passe qui rapporte en temps normal 6/12 de shilling alors qu’on lui propose 21 shillings ?? Impensable ! Fin de la touche culture.

L’homme bien habillé qui sort du pub un peu louche ? Irréaliste !

La prostipute habillée proprement, avec des vêtements même pas rapiécés ? Jamais vu ! Des dents si blanches qu’elles pourraient tourner dans une pub pour Ultrabright ?? N’importe nawak !

Que voilà des prostituées bien vêtues !!

Les décors sont cheap, les endroits qu’elle traverse trop bourgeois pour une pute de Whitechapel, la musique est à chier aussi.

L’agression de cette pute ? Les vêtements sont déchirés plus rapidement que si c’était ceux utilisé par Arturo Brachetti lors d’un de ses shows.

L’agresseur, bien habillé, la transporte via une barque dans un autre endroit où une complice le reçoit, l’appelant « docteur ». Peu de sang, sur le sac… et on s’en débarrassera, après découpage intégral, dans la flotte.

Ne cherchez pas de point commun avec le véritable Jack, ni avec ses crimes, parce que nous en sommes trèèèèèèès loin.

L’inspecteur qui mènera l’enquête ne mérite pas le nom d’acteur parce qu’il a trois expressions faciales sur le visage. Et encore, je suis large en disant 3 !

La plupart des « acteurs » (peut-on les désigner ainsi ??) fournissent le minimum syndical, donnent l’impression qu’ils sont là par hasard et ça ajoute de l’horreur dans ce film qui ne volera jamais plus haut que le derrière d’un mollusque.

L’inspecteur est celui de gauche, bein entendu !

Klaus Kinski est minable dans le rôle, lui aussi… Pourtant, il a la gueule de l’emploi pour camper un Jack l’Éventreur correct, mais lui aussi donne l’impression d’être ailleurs et passe totalement à côté du personnage.

Même pas un grain de folie à donner à son personnage, comme Heath Ledger le fit avec une interprétation magistrale du Joker dans Batman.

Ses dialogues en sont sans doute la cause, parce que entre les trois mots qu’il balance à sa logeuse où à ses malades, tous des indigents qui ne paient pas, on ne peut pas dire qu’il ait aussi de quoi nous éblouir.

Le scénariste et le dialoguiste devaient être eux aussi au minimum syndical… Un tueur de putes la nuit qui soigne les pauvres le jour, ça fait très Dr Jekyll et Mr Hyde.

On touche le fond aussi avec le témoin aveugle du meurtre de Sally Brown… Il est aveugle, donc, son odorat et son ouïe est plus développée que les nôtres. Je ne discute pas.

Mais, rien qu’en sentant l’odeur qui se dégageait du meurtrier et en écoutant ses halètements, le Gilbert Montagné de la rue nous la joue « profiler » et nous dresse un de ces portrait psychologique de l’assassin que même ceux d' »Esprits Criminels » n’oseraient pas faire sous peine de se faire lyncher.

Des odeurs de belles étoffes, odeurs de plantes rares… Il sent même ses irradiations… L’homme qui tue les putes n’est pas un sadique, mais il a aussi un grand cœur.

Si l’homme avait pété, l’aveugle nous aurait dit ce qu’il avait mangé il y a 3 semaines et donné ses bulletins scolaires pour le même prix.

— Quand j’étais jeune et que mes parents voulaient me punir, ben ils changeaient tous les meubles de place, les salauds !

Hé, partez pas encore, je vais aussi vous parler de cette poursuite interminable entre « Jack » et une prostituée dans des bois où il fait clair comme en plein jour avec des tonnes de fumée artificielle dans les arbres…

Bon, là au moins, ils n’ont pas oublié d’ajouter le brouillard, parce qu’après le premier meurtre vu par le téléspectateur, une vieille rombière, témoin du meurtre, dit qu’elle avait pas bien vu avec tout le brouillard, hors nous, on n’avait pas de brouillard !!

Bref, la pute, il la poignarde (scène horriblement filmée), lui arrache les vêtements aussi facilement que si c’était du papier tout fin, la viole debout contre un arbre, vous voyez même les soubresauts du bassin de monsieur qui copule avec la dame sans lui demander son autorisation.

— T’as d’beaux nichons, tu sais !

Le must est encore à venir ! Par miracle, elle survit assez longtemps pour arriver jusqu’à l’antre de Jack l’Éventreur.

Elle ne décédera qu’après s’être fait enlever un nichon par ce bon vieux Kinski qui nous la joue Nip/Tuck…

Tout cela étant naturellement mal joué, mal filmé, mal musicalisé, pas effrayant du tout et encore moins captivant.

Le film oscille sans cesse (et en dents de scie) entre la violence, le côté gore des meurtres ou les scènes de cul…

Une fois de plus, comme en cuisine, le dosage de ces ingrédients est à calculer pour ne pas devenir ad nauseam.

Le mobile des meurtres est à hurler de rire, rien n’est cohérent dans ce film (vêtements pas d’époque, des dents trop blanches, des taches sang couleur rouge mais jamais sombre, du brouillard de merde, acteurs, personnages…).

Coup de poignard final ?
Jack l’Éventreur, version Jesús (mais j’avale pas) Franco, est, pour le moment, l’un des plus médiocres films sur le célèbre meurtrier de Whitechapel.

N’ayant pas encore tout vu, tout est encore de l’ordre du possible, bien que je me demande s’il est vraiment possible de tomber encore plus bas que cette merde.

Tapez-vous la version des Frères Hughes, « From Hell » avec le bô Johnny Deep  ou faites vous offrir celle – un peu moins connue – mais très bien faite de David Wickes, « Jack l’Eventreur », avec Michael Caine dans le rôle d’Abberline (un téléfilm en deux volets).

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OK