1974 : David Peace

Titre : 1974                                                                                big_2-5

Auteur : David Peace
Édition : Payot et Rivages (2003)

Résumé :
Après Jeanette Garland et Susan Ridyard, la jeune Clare Kemplay vient de disparaître sur le chemin de l’école. Son cadavre sera bientôt retrouvé dans une tranchée sur un chantier.

Nous sommes en 1974, dans la région de Leeds. Noël approche. Edward Dunford, reporter à l’Evening Post, est encore un néophyte qui fait ses premières armes dans l’ombre du journaliste vedette de la rédaction, Jack Whitehead.

Au volant de la vieille voiture de son père, il sillonne les routes de l’Ouest du Yorkshire à la recherche d’indices susceptibles d’éclairer les meurtres de ces trois fillettes.

Au début, il croit seulement chasser le scoop, mais plus il enquête, plus il découvre que bien des choses sont pourries au royaume du Yorkshire: policiers corrompus, entrepreneurs véreux, élus complices…

Petit plus : Depuis ce premier volume de la tétralogie que David Peace a consacrée au Yorkshire, la réputation de l’auteur n’a cessé de grandir. Dès la parution de 1974, la presse avait été quasi unanime : « On ne saurait échapper à la musique d’une telle douleur », lisait-on dans le New York Times, tandis que Michel Abescat parlait dans Télérama d’un « requiem bouleversant d’humanité et de compassion ».

Critique : 
Si on devait coller une chanson sur ce roman, ce ne serait sûrement pas « Love is in the air » de Paul Young ou « All you need is love » des Beatles, mais bien « Paint it black » et « Sympathy for the devil » des Rolling Stones parce qu’on ne nage pas vraiment dans l’allégresse et les Bisounours !

Oui, qui dit roman noir anglais dit aussi chanteurs anglais. Of course. Restons dans le ton.

Edward Dunford est un jeune journaliste et pour être plus précise, c’est LE nouveau reporter criminel à l’Evening Post, dans la région de Leeds.

Débutant, pas encore au fait de tout ce qui s’est passé dans cette région, pas toujours très futé, un peu borné, mal poli, bref, le genre de personnage pour qui je n’ai eu aucune sympathie.

Quand je vous disait qu’on était dans du sombre, je ne plaisantais pas. d’entrée de jeu, on commence fort : la jeune Clare Kemplay vient de disparaître sur le chemin de l’école. Son cadavre sera retrouvé dans une tranchée sur un chantier. Avant elle, il y a eu Jeanette Garland et Susan Ridyard en 1969 et en 1972.

Ceci est un roman noir, le premier de la quadrilogie « Red Riding Quartet ».

L’avenir, comme le passé, est écrit. On ne peut le changer, mais il peut contribuer à guérir les plaies du présent.

Pendant ses petites investigations, Edward va déterrer des choses qui auraient mieux fait de rester enterrées car certaines personnes n’aiment pas que l’on vienne fourrer son nez de journaleux dans leurs petites magouilles en tout genre.

Ceci devait être un grand moment de lecture et le résultat est que je suis mitigée.

J’ai aimé le portrait au vitriol de cette Angleterre raciste au possible, de ces flics corrompus jusqu’à la moelle et qui utilisent des méthodes ressemblant plus à de la torture qu’à des interrogatoires en présence de votre avocat.

A cinq heures du matin, dix policiers, sous les ordres du superintendant Noble défoncèrent la porte de la maison de ma mère à coup de masse, la giflèrent quand elle sortit du couloir et la repoussèrent dans le couloir,se précipitèrent dans l’escalier le fusil à la main, me tirèrent hors du lit, m’arrachèrent des poignées de cheveux, me donnèrent des coups de pieds qui me firent rouler dans l’escalier, me rouèrent de coups de poing quand j’arrivai en bas (…) A l’arrière de la camionnette ils me tabassèrent jusqu’à ce que je perde connaissance puis me giflèrent et urinèrent sur moi jusqu’au moment où je repris conscience.

La scène de l’attaque du camp des gitans par des flics est horrible à souhait et on en tremble de dégoût devant cette injustice et cette violence gratuite dont font preuve les flics véreux. À ce niveau là, on est gâté.

Ce qui m’a déplu dans ce roman, c’est le style littéraire constitué de phrases très courtes qui donne l’impression d’un texte décousu dû à cette brièveté, sans parler des dialogues qui sont dépouillé de tout.

Aucun détail dans ce que font les personnages durant leur conversation, c’est nu, c’est chiant, on perd le fil de « qui parle » et j’ai détesté le fait qu’Edward, narrateur, nous balance des multitudes de « je dis : » avant sa réponse.

De plus, Edward est un couillon, il n’a rien dans les tripes, il se fait tabasser sans rendre un seul coup (enfin, presque) et il est d’une vulgarité et d’une violence dans ses paroles… Je l’ai détesté.

Entre nous, si j’avais eu 5 cents à chaque fois qu’il a prononcé le mot de Cambronne, je serais en train de vous écrire d’une villa aux Maldives !

Tout ça mis ensemble durant presque 400 pages, et bien, c’est usant et épuisant. L’auteur aurait dû les utiliser à bon escient. Et je ne vous parle même pas des incessants rappel de son père, décédé en début de roman, avec les 36.000 « la montre de mon père ».

Putains de chiens.
Je versai le reste du scotch dans le verre et me souvins de l’époque où j’avais effectivement voulu devenir flic, mais avais eu une telle chiasse que je n’avais même pas essayé.
Putains de poulets.
Je bu la moitié du verre et me souvins de tous les romans que j’avais voulu écrire, et que j’avais eu une telle chiasse que je n’avais même pas essayé.
Putain de rat de bibliothèque.
Je ramassai un poil de chat sur mon pantalon, un pantalon que mon père avait fait, un pantalon qui nous enterrerait tous.

Quant au final, il est « trop »… trop de sang, trop de gore, trop de tabassages, trop d’horreur, le cortège est tellement « trop » que je l’ai lu comme dans un état second, la tête déjà ailleurs. C’est violent ad nauseam.

Un roman noir à la fois répulsif et attractif puisque je n’ai pas stoppé ma lecture.

Malgré cet avis en demi-teinte (ou demi-pinte), je poursuivrai ma tétralogie parce que, hormis ce style d’écriture merdique, le reste était sombre à souhait. Un vrai noir de chez noir.

Edward Dunford… J’espère ne plus suivre ce personnage étrange, mal dans sa peau, qui est devenu une créature fort sombre sur la fin, comme s’il avait tout peint en noir…

♫ I wanna see it painted black, painted black
♪ Black as night, black as coal ♪
♪ I wanna see the sun, blotted out from the sky
♫ I wanna see it painted, painted, painted, painted black ♪

♪ Pleased to meet you hope you guess my name. Oh yeah ♪
♪ Ah what’s puzzling you is the nature of my game. Oh yeah ♫

BILAN - Minion M'attendais à mieuxChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OKCHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)

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[Série] Whitechapel – Saison 2 – Le retour des frères Kray (2010)

Whitechapel-saison21. Synopsis                                                                                        big_3-5

Chandler, travaillant officiellement à Whitechapel avec Miles, McCormack et Kent, se voit rarement affecté à de gros dossiers suite à leur échec face au copycat de Jack l’Éventreur. Une situation qui n’est pas aidée par le fait qu’il n’y a pas de meurtres dans le quartier. Rapidement pourtant, un corps est retrouvé dans la Tamise, et une série attaques suivant ce crime vient faire écho aux actes commis par les frères Kray dans les années 1960 …

s7488_image_38008-cropCe que j’en ai pensé :
Après avoir dévoré la saison 1 l’année dernière, je me suis mise en quête de la saison afin de voir ce que les scénaristes nous réservaient. Difficile de trouver mieux que l’Éventreur, le challenge était donc élevé.

Le générique nous propose une belle mise en bouche avec des vieilles images des quartiers populaires de Londres.

Le beau blond, le DI Chandler souffre de l’inertie dans laquelle il est plongé, lui et son équipe et de ce fait, le premier épisode est un peu lent à se mettre en place, comparé au premier de la saison 1 où on plongeait direct dans l’action avec un crime ressemblant à ceux de jack l’Éventreur.

Malgré tout, j’ai retrouvé du plaisir à revoir cette fine équipe qui s’entend un peu mieux… enfin, presque !

Avantages et inconvénients de cette série, c’est qu’elle ne fait que 3 épisodes.

Pas de risque de s’enliser durant une éternité, mais petit problème, c’est parfois trop court pour mettre tout en place.

Lorsque nous avons affaire à un copy-cat de Jack, tout va très vite, mais lorsque nous sommes dans de la corruption et la pègre, ça met un peu plus de temps.

Le second épisode est plus mieux car il démarre vraiment la saison 2 après un épisode 1 qui avait l’air de se chercher et d’avancer à tâtons dans le noir. Les frères Krays avaient tout du cheveu dans la soupe en matière de copycat, comme si les scénaristes n’y croyaient pas vraiment eux-mêmes.

Les frères qui ?? Ouvrons une petite parenthèse culturelle…

Les frères jumeaux Ronald « Ronnie » Kray (24 octobre 1933 – 17 mars 1995) et Reginald « Reggie » Kray (24 octobre 1933 – 1er octobre 2000) étaient des gangsters anglais originaires du quartier de Hoxton à Londres, et de grands noms du crime organisé dans l’East End de Londres dans les années 1950 et 1960. On suppose que Ronald souffrait de schizophrénie paranoïde.

Avec leur gang, « The Firm », les jumeaux Kray ont commis des braquages à main armée, incendies, rackets, agressions, et les meurtres de Jack « The Hat » McVitie et George Cornell. Craints et respectés dans leur milieu, ils sont devenus si célèbres qu’ils ont eu droit à une interview télévisée.

En parallèle, ils étaient gérants de boîtes de nuit et ont ainsi fréquenté des célébrités. Ils finirent par être arrêtés en 1968 et condamnés à la prison à vie en 1969.

La légende des frères Kray a marqué durant des années le quartier de Whitechapel. Ce qui les rendait effrayants était la démence de Ronnie, les actes de violence, leur popularité mais surtout le fait qu’ils tuaient eux-mêmes, la plupart du temps.

Ronnie Krays a dit, dans une interview : « C’étaient les plus belles années de notre vie. Ils appelaient ça les « Swinging sixties ». Les Beatles et les Rolling Stones gouvernaient la pop, Carnaby Street gouvernait le monde de la mode… Et mon frère et moi gouvernions Londres. Putain, on était intouchables… » (Science de la déduction).

Fin de la parenthèse culturelle.

Dans le deuxième épisode, on sent que les scénaristes contrôlent la situation et ils nous scotchent devant notre écran en nous faisant rencontrer Jimmy et Johnny Kray, qui se présentent comme les descendants d’un des frères Krays.

Aaaah, maintenant, on la sent mieux, la menace ! Elle est tangible, elle a un visage, non, deux, puisque ce sont des jumeaux.

Le premier épisode nous montrait les résultats de ces menaces avec des personnes mutilées qui n’osaient pas témoigner, mais le tout était brumeux et nos policiers n’avaient pas l’air de croire Edward Buchan, le spécialiste des tueurs, alors que ce dernier les avaient bien aidé pour Jack The Ripper.

L’avantage de Jack, c’est qu’il est plus facile à ressusciter que les frères Krays qui sont moins connus que l’autre, de ce côté-ci du Channel.

Niveau personnages, on est au top, Ray Miles est toujours aussi hargneux, le chef Chandler toujours aussi « je souffre de TOC mais je me soigne pas » et la petite bande de flics aura du pain sur la planche avec ce vent de corruption qui souffle sur la police. À qui faire confiance ou pas ?

Le troisième et dernier épisode est rempli de tension, de peur, de suspense, de joutes entres nos policiers et les deux malfrats.

Le final m’a scotché à mon fauteuil et je ne savais pas si je devais rire ou avoir peur lorsque j’entendis un des frères Krays appeler sa mère pour lui demander une confirmation. Il y avant, dans la voix de ce grand caïd, celle d’un petit garçon apeuré et quoi voit ses joujoux enlevé de ses mains.

Par contre, les amis, j’avais trouvé le traître bien avant vous ! Rien qu’à sa gueule, tiens.

Verdict ? Début un peu poussif, l’air de se chercher, l’air de se demander comment on va faire intervenir Edward Buchan, le type spécialisé dans les tueurs (et surtout dans Jack), choisissant de l’imposer, presque, pour finalement retomber sur ses pieds dans les épisodes 2 et 3, justifiant pleinement la présence de cet hurluberlu qui en a tout de même sous le bob.

Des personnages qui évoluent et de la tension tout plein sur la fin. Malgré tout, un peu en deçà de la saison 1.

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La dernière victime : Emmanuel Ménard

Titre : La dernière victime                                                         big_3-5

Auteur : Emmanuel Ménard
Édition : Le masque (1992) CyLibris (2002)

Résumé :
Le 31 août 1888 débute dans les bas-fonds de Londres, dans le quartier de Whitechapel, une des plus célèbres affaires criminelles au monde.

En l’espace de quelques mois, la mort de quatre prostituées, retrouvées horriblement mutilées, fait surgir la figure diabolique de Jack L’Éventreur, la terreur de l’East End, dont l’identité est encore à ce jour demeurée mystérieuse.

Depuis cet automne de 1888, les hypothèses les plus folles se sont succédé… Complot franc-maçon, rejeton royal sombré dans la folie, médecin de la reine cherchant à venger la mort de son fils syphilitique, toutes les pistes ont été suivies…

Sans résultat, et pour cause, ainsi que vous pourrez le découvrir ici en côtoyant tous les acteurs de ce drame, du chef de la police londonienne, sir Charles Warren, à un jeune auteur de romans de détection, un certain médecin du nom de Conan Doyle…

Critique : 
The return of Jack The Ripper ! ♫ Tonton Jack est revenu ♫ Du sang, des viscères, comme on en avait jamais vu ♪

Non, non, il n’est pas « revenu » au sens premier du terme, c’est juste moi qui ait lu beaucoup sur lui ce mois-ci, dont un pas plus tard que le lundi 15 juin.

Là, je suis contente de ma lecture, pas de dégommage de roman en règle, pas de tir au bazooka sur un auteur qui tenterait à l’aide d’hypothèses foireuses ou capillotractées de nous faire croire que l’affaire est classée car il (elle) l’a résolue.

Nous sommes face à de la fiction, mais avec des personnages connus puisque nous croiserons Arthur Conan Doyle, médecin écossais qui a écrit un roman avec une sorte de détective appelé Sherlock Holmes (marchera jamais, mdr), le fameux incompétent Sir Charles Warren (chef de la police de Londres), l’inspecteur Abberline, Sa Très Gracieuse Majesté, etc.

— Ce général Warren, fit Elizabeth, tout gentleman qu’il est, me paraît fort incompétent.
— Je ne suis pas d’accord, s’écria Hallward émergeant de son mutisme. Warren n’a rien d’un gentleman.

Ici, les descriptions des meurtres, tout en étant véridiques, sont tout de même édulcorées, vous ne devrez pas lire les rapports d’autopsie (zut alors), ce qui fait que les âmes sensibles pourront le lire sans défaillir.

Les descriptions de l’East End ne sont pas détaillées comme dans les autres romans qui avaient tout du roman noir, mais l’accent est plus mis sur la psychologie des gens.

Nous avons tout d’abord le reflet des mœurs et des pensées de l’époque : pas de femmes dans la police; les meurtres ne peuvent être que des actes d’étrangers, jamais un anglais de ferait ça; le colonialisme, c’est bon pour les peuples parce qu’ils faut bien les civiliser, ces sauvages; quand à l’esclavage, c’est pas mauvais pour la santé, enfin !

Sans oublier que tous ces gens bien pensant des beaux quartiers se fichaient pas mal des gens qui vivaient dans « l’abîme » (l’East End), étaient tout à fait d’accord et heureux lorsque Sir Charles Warren fit charger 20.000 chômeurs par les policiers, déclenchant un Bloody Sunday…

Les gens riches et aisés se moquaient bien de la misère noire qui régnait dans certains quartiers et après deux meurtres sanglants, les voilà qui veulent jouer les bons samaritains. Hypocrisie, quand tu nous tient.

—[…] Depuis la mort de Mary Nichols, tout le monde, et notamment les gens aisés de Londres, s’aperçoivent que durant des années, ils ont côtoyé avec un mépris souverain une misère noire qui les dérangeait parce qu’elle était devant leur porte. Et pour rattraper des décennies d’hypocrisie, tout le monde s’émeut brusquement, clame la misère de l’East End, et veut apporter son écot pour améliorer la situation de Whitechapel. Ceux là même qui applaudissaient Warren quand il fustigeait « la racaille » sont les premiers à vouloir jouer les bons samaritains. Quel qu’ait été le but de Jack l’Éventreur, il aura au moins réussi à nous ouvrir les yeux sur la situation de l’East End ! D’après mon ami, tel a peut-être été toujours été le mobile de l’assassin.

Avec un style tout ce qu’il a de plus classique dans l’écriture, l’auteur nous entraine dans les rues de Whitechapel ainsi que dans l’enquête sur le fameux Jack menée par un pair du royaume : Lord Edward Ashley.

Œuvre de fiction, donc, pas de coupable ayant une existence réelle, mais tout de même bien trouvé. J’ai entrevu la vérité peu de temps avant Edward et je me suis demandée comment l’auteur allait meubler les 60 dernières pages.

Pas de panique, elles furent bien meublées et j’en suis restée ébahie. Purée, c’est vache un coup pareil mais bien pensé. Juste un léger bémol : tenir autant de gens dans le secret n’est pas très réaliste parce que les gens, ça parle !

Mention très bien pour un blackmailer qui, malgré toute ses exactions m’est resté sympathique jusqu’au bout.

Un bon roman fictionnel sur Jack The Ripper, sans trop de sang ou de boyaux, sans les théories fumeuses habituelles, avec une enquête bien ficelée, brillante et des personnages sympathiques et réels (pour certains).

Ça fait du bien après les spéculations orientées de madame Patricia Cornwell…

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix du Roman Policier du festival de Cognac 1992) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

The Hound of the Baskervilles – 1972 [Sherlock Holmes – FILMS]

The Hound of the Baskervilles est un téléfilm américain de Barry Crane, sorti en 1972.

Ce film fait partie d’un ensemble de 3 épisodes pilotes, qui devaient servir de point de départ à une série de téléfilms policiers ayant comme personnages principaux respectivement Sherlock Holmes, Hildegarde Withers (avec Eve Arden) et Nick Carter (avec Robert Conrad). Les pilotes n’ayant pas eu le succès escompté, la série fut abandonnée.

1. Synopsis                                                                                 big_2-5

Le docteur Mortimer se rend à Baker Street pour informer Holmes et Watson que Sir Charles Baskerville a succombé à une attaque cardiaque dans son domaine de Dartmoor et dans de mystérieuses circonstances.

Mortimer raconte la légende du chien spectral qui hante la famille Baskerville depuis des générations et aimerait un conseil pour protéger l’héritier unique de Sir Charles, Sir Henry Baskerville.

Ce dernier vivait jusqu’alors au Canada mais revient désormais sur les vieilles terres des Baskerville pour occuper la demeure de ses ancêtres.

Dès son arrivée, il reçoit un message anonyme le conseillant de se tenir éloigner de la lande…

2. Fiche technique

  • Titre original : The Hound of the Baskervilles
  • Réalisation : Barry Crane
  • Scénario : Robert E. Thompson, d’après le roman « Le Chien des Baskerville » d’Arthur Conan Doyle
  • Direction artistique : Howard E. Johnson
  • Décors : Arthur Jeph Parker
  • Costumes : Andrea E. Weaver
  • Photographie : Harry L. Wolf
  • Son : James R. Alexander
  • Montage : Bill Mosher
  • Production : Stanley Kallis
  • Production associée : Arthur Hilton
  • Production exécutive : Richard Irving
  • Société de production : Universal Television
  • Société de distribution : American Broadcasting Company
  • Pays d’origine :  États-Unis
  • Langue originale : anglais
  • Format : couleur (Technicolor) — 35 mm — 1,33:1 — son Mono
  • Genre : film policier
  • Durée : 74 minutes
  • Dates de sortie :  États-Unis : 12 février 1972

3. Distribution

  • Stewart Granger : Sherlock Holmes
  • Bernard Fox : Docteur Watson
  • William Shatner : George Stapleton
  • Anthony Zerbe : Docteur John Mortimer
  • Sally Ann Howes : Laura Frankland
  • Jane Merrow : Beryl Stapleton
  • Ian Ireland : Sir Henry Baskerville
  • John Williams : Arthur Frankland
  • Alan Caillou : Inspecteur Lestrade
  • Brendan Dillon : Barrymore
  • Arline Anderson : Eliza Barrymore

Ce que j’en ai pensé :
Le générique de début m’a bien plu avec Sherlock Holmes en ombre chinoise sur les murs de la ville. Juste un petit soucis avec la vision d’un deerstalker et d’une pipe calabash.

Petit soucis avec la voix de Watson, enfin, de son doubleur : c’est la voix d’un personnage de dessin animé, mais pas moyen de me rappeler lequel !

Si Stewart Granger a l’air taillé pour le rôle – il n’a pas eu l’air de se forcer pour interpréter Holmes – par contre, son âge joue contre lui. Énervant qu’à l’époque, nous ayons toujours droit à des acteurs de plus 50-60 ans en lieu et place de deux jeunes plein d’entrain.

Bernard Fox – qui enfile le rôle du docteur Watson – est différent de son rôle de l’hilarant Dr Bombay dans « Ma sorcière bien aimée ». Mais au moins, s’il est très sérieux, il n’interprète pas un Watson débile et abrutit comme le faisait Nigel Bruce.

L’histoire avec Sir Hugo est racontée par notre ami Watson et la voix de dessin animé du doubleur gâche l’intensité dramatique. Mais niveau clébard, le leur est pas mal fait du tout !

Juste les dialogues lors de la course-poursuite qui sont nuls à chier avec de telles réparties :

[La meute de chiens s’est arrêtée] « Seul un être diabolique peut les arrêter » dira un membre de la bande de ripailleurs violeurs. D’accord les gars…

Si Sherlock Holmes est habillé normalement pour la ville, il enfilera la macfarlane pour la lande. Mauvais point à lui lorsqu’il sortira un « Élémentaire Watson ».

La plus grosse merde dans ce film vient en fait des décors ! Londres est toute propre, les cochers ont les dents ultrabright et on n’a pas l’impression de se balader dans les rues d’une Londres victorienne.

Idem pour la lande où là, c’est encore plus flagrant ! Décors peinturlurés et pas de profondeur dans le paysage… Une lande reproduite dans un tout petit studio, petit budget et ça fout tout le film en l’air ces décors peints à l’arrière des acteurs.

Le déroulement du film s’éloigne du récit original et ce n’est pas plus mal d’innover un peu. Le docteur Mortimer est plus jeune que dans les autres films, il boite comme House et a une mégère pour épouse.

Avantage : on suspecte des tas de gens parce que tous avaient un bon mobile pour zigouiller le Charles Baskerville.

Mais c’est bien dommage qu’ils soient passé à côté d’une scène qui, habituellement, vous fout le trouillomètre à zéro quand le chien poursuit Sir Henry… ou plutôt un homme portant ses habits.

Mention très bien au commandant Kirk, téléporté depuis sont Enterprise dans la lande désertique de carton mâché. William Shatner est inattendu dans le rôle de George Stapleton.

Un méchant comme on les aime ! Un sourire vicieux, des petits yeux cruels et on se demande bien comment le beau Kirk peut être aussi diabolique. Dommage qu’il n’ait pas un rôle plus important dans ce téléfilm, il méritait qu’on le voit plus à l’écran.

Si je ne me suis pas embêtée durant le visionnage, je dois bien avouer que les ambiances lugubres que j’avais avec la version de la Hammer sont absentes dans ce téléfilm.

Même la musique n’est pas top. Au début, on a une belle musique, comme dans une série télé, mais l’orgue qui jouera ensuite est bien moins horrifiant que celui de la Hammer qui savait s’y prendre pour vous rendre l’atmosphère ténébreuse.

À la limite, je me suis même marrée avec certains dialogues :

— Plus haut, encore plus haut… Ça vient !

Comme je vous le disais, si les décors sont merdiques, le chien, lui, est mieux déguisé que celui de la Hammer mais, une fois de plus, la tension dramatique va retomber avec une phrase de Holmes qui fait grandiloquente pour rien :

— Ce chien, dans les affres de l’agonie, se serait emparé de n’importe quelle proie pour l’entraîner dans la mort avec lui.

Diantre… comme si le chien, avant de clamser, s’était dit « Tiens, et si j’en emmenait un avec moi dans la mort ?? ».

Heureusement qu’il se reprend ensuite avec cette phrase de bon sens sur laquelle nous pouvons tous méditer : « L’homme peut créer le Mal mais il ne peut jamais le contrôler ».

À choisir, je préfère – et de loin – la version de la Hammer ! Les décors sont bien mieux, la musique aussi et puis, Christopher Lee en jetait plus en Sir Henry que le barbu qui joue ici.

L’adrénaline est manquante, pas de hurlements sur la lande, la nuit, peu de drague entre Sir Henry et Béryl, peu de tension, peu de suspense car Holmes dévoile assez vite le secret des bijoux de la couronne.

Malgré le fait qu’ils aient pris des libertés avec le récit originel, ils font l’impasse sur certaines scènes importantes et palpitantes qui ajoutent du mystère, des questions et des battement de cœur additionné de dressage de poils sur les bras.

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

7. Sherlock Holmes : Le Cycliste Solitaire – The Solitary Cyclist

Sherlock Holmes :  Le Cycliste Solitaire  – The Solitary Cyclist

SAISON 1 – ÉPISODE 4

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Adaptation : John Hawkesworth
  • Réalisateur : Paul Annett
  • Scénariste : Alan Plater
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 1er épisode tourné
  • Série 1 : 4/7
  • 1ère diffusion : Angleterre : 15 Mai 1984 – ITV Network (4ème épisode diffusé); Etats Unis : 4 avril 1985 – WGBH; France : 25 décembre 1988 – FR3 (1er épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 10 sec

  •   Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. Watson
Barbara Wilshere …  Violet Smith
John Castle …  Carruthers
Michael Siberry …  Woodley
Ellis Dale …  Williamson
Sara Aitchison …  Sarah Carruthers
Simon Bleakley …  Peter
Penny Gowling …  Mrs. Dixon
Stafford Gordon …  Landlord
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Miss Violet Smith fait irruption au 221b Baker Street pour demander de l’aide à Sherlock Holmes, sur le point de réaliser une expérience chimique délicate.

Sa vie a été bouleversée depuis que deux amis de son oncle Ralph, Carruthers et Woodley, lui ont appris qu’elle était son unique héritière, mais que malheureusement il était mort dans la misère en Afrique du Sud.

En guise de compensation, Robert Carruthers lui propose de l’héberger et devenir professeur de piano de sa fille, à Chiltren Grange, pour un généreux salaire.

Chaque week-end, rentrant à bicyclette chez elle, Miss violet a remarqué, sur une portion de route déserte, un cycliste à barbe noire qui la suit à distance depuis quelques temps et qui déjoue ses tentatives de le voir de plus près. 

Une fois de plus, l’intro est mystérieuse à souhait et plante le décor : une forêt de sapins, un chemin forestier en bon état, une jolie cycliste qui roule.

Bucolique ? Pas vraiment car la caméra nous montre un homme sur un vélo, caché dans une trouée de sapins.

Un autre adepte de la pédale ? On aurait de sérieux doutes en le voyant vérifier que son révolver est bien chargé avant de se lancer derrière la jolie jeune fille.

Doux Jésus, il la suit ! Pas discrètement, en plus. Genre 10 mètres derrière la jeune fille.

Et je ne vous parle même pas de son allure générale : chapeau melon, lunettes noires, grosse barbe fournie.

Ensuite, le plan nous montre la cycliste roulant dans les rues de Londres.

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Comme d’habitude, après cette intro qui plonge le spectateur dans l’expectative, nous retrouvons nos deux compères à Baker Street où nous retrouvons Holmes devant sa paillasse du parfait petit chimiste, jouant avec sa cornue.

Faut pas le déranger et ça va le faire râler que madame Hudson, sa logeuse, vienne lui signaler qu’une jeune fille désire le voir.

Madame Hudson l’a prévenu, elle est obstinée, la demoiselle et elle se permet même de faire irruption dans l’appart de nos deux gaillards.

Puisque l’expérience chimique est interrompue, Holmes se lève en bougonnant  et va vers la demoiselle qui se présente : Violet Smith.

De nouveau nous avons droit à une séance de déduction de la part de Holmes qui sait se montrer courtois envers le beau sexe.

Il ne se prive pas d’examiner les mains et les doigts de la demoiselle… Non, pas pour les renifler comme si c’était des Fingers, juste pour vérifier une hypothèse.

Il pensait la demoiselle dactylographe, mais il a compris qu’elle était pianiste.

La scène est amusante car ensuite, Watson examinera, lui aussi, les mains de la jolie demoiselle.

À croire qu’ils vont la demander tous les deux en mariage !

Dans cette scène de l’examen des mains de Violet Smith par Sherlock Holmes, Jeremy a voulu montrer que le détective cachait sa sensibilité, derrière le masque du professionnel qui en déduit qu’elle est pianiste.

On ressent son trouble dans ce contact délicat, presque caressant et sensuel de la main de la jeune fille et de l’effleurement de son visage.

Dommage, toute cette scène ne se finira pas par une scène de galipettes !

Tout au long de la série, l’acteur cherchera à montrer ce qu’il nommait des « fêlures holmésiennes », les traduisant par des expressions ou des gestes qui trahissent la sensibilité refoulée du détective, son émotion à la musique ou au désarroi de ses des clients.

Non, Holmes n’est pas qu’une machine à penser et nous le voyons ici.

Cela ne l’empêchera pas de faire une petite grimace lorsque la demoiselle lui apprendra qu’elle se mariera à la fin de l’été.

Ici aussi le récit est rempli de mystère : une jeune fille qui vit seule avec sa maman, pas de famille, hormis un oncle en Afrique du Sud.

Un avocat la contacte et lui présente deux hommes : Monsieur Woodley – une sale gueule – et monsieur Carruthers – distingué.

Ces deux messieurs lui signalent la mort du tonton, qui ne lui laisse rien, mais puisque les deux hommes l’ont bien connu et que monsieur Carruthers a besoin d’une préceptrice pour apprendre le piano à sa fille, il est prêt à engager la demoiselle pour 100£ par an.

Ce qui équivaut au double de salaire prévu pour la fonction. Holmes renifle déjà du louche. Nous aussi.

Surtout que la tronche du sieur Woodley n’inspire pas confiance et on se demande pourquoi, par pure amitié, le Carruthers engagerait pour le double du salaire pratiqué, cette jeune demoiselle, nièce de son ami mort sans le sou.

Violet Smith n’est pas une faible femme, une demoiselle qui s’inquiète pour un rien, mais elle trouve tout de même bizarre de ce faire suivre par un cycliste solitaire en pleine forêt alors qu’elle se rendait à la gare pour prendre le train pour Londres.

Si la jeune fille vit chez Carruthers la semaine pour donner des cours de piano à sa fille, elle rentre le week-end chez sa mère.

Et ce cycliste la prend en filature aussi bien entre son trajet de Chiltren Grange à la gare de Farnham, qu’en sens inverse, de la gare de Farnham à Chiltren Grange.

Si la demoiselle ralentit, lui aussi, elle accélère, il fait de même, elle s’arrête, lui aussi.

Elle a même essayé de le surprendre, accélérant et puis s’arrêtant net après la boucle de la route, mais le mystérieux barbu avait disparu.

Lorsque je disais que la demoiselle n’était pas une faible femme, cela se vérifie aussi à la manière dont elle a tenu tête à l’infâme Woodley qui lui a fait des avances déplacées et quasi impérieuses.

Comme si elle avait envie de l’épouser ! C’est un rustre qui pense que lorsqu’une femme dit « non » ou ne veut pas quelque chose, c’est qu’en fait, elle le désire ardemment.

C’est vous dire sa manière de penser de la gent féminine ! Carruthers est un gentleman, lui.

J’aime cet épisode pour la femme forte qu’il nous présente : Violet Smith.

Il met aussi en avant Watson à qui Holmes confie la tâche, samedi, d’aller surveiller le passage à vélo de Violet et essayer d’en apprendre un peu plus sur son mystérieux suiveur.

Le docteur Watson est comme nous, il a un esprit brillant, mais il n’est rien comparé au Maître.

Il se planque dans les bois, observe la jeune Violet se faire suivre et essaye d’apercevoir la tronche du barbu, mais il est trop loin. Par contre, il a trouvé le nom du propriétaire de ce petit bois.

Notre ami est persuadé qu’il a bien fait et, tout content de ses investigations lorsqu’il est de retour à Londres, raconte à Holmes ce qu’il a découvert.

S’attendant – ou espérant – des félicitations, il est tout dépité lorsque le détective lui réplique qu’il en aurait appris bien plus en allant au pub, là où tous les ragots ont lieu.

— J’ai bien fait ??
— NON !

En plus d’avoir du mystère et des trucs louches qui se passent sur les chemins forestiers, il y a toujours une pointe d’humour dans les échanges entre Holmes et Watson.

Le regard que Holmes lance à Watson quand celui-ci, tout guilleret, attends le susucre qu’il n’aura jamais car il mal négocié sa mission.

Le regard aussi de Holmes, soupirant, hésitant à lui dire qu’il a tout foiré et puis décidant, tout de même, de le lui dire.

Un autre moment drôle est quand Holmes décide d’aller à Farnham lui-même pour enquêter. Watson, assis dans le fauteuil, murmure, avec quelque ironie :

— Essayez le pub, c’est une mine d’information.

Holmes, qui a l’ouïe fine, entend le murmure sarcastique et répond :

— Merci Watson ! C’est une info capitale !

Cet épisode a beau être le premier tourné de toute la série, on sent déjà la complicité entre Jeremy Brett (Holmes) et David Burke (Dr John Watson).

Le pub est haut en couleur… Un homme, visiblement éméché, et portant la croix, a bien du mal à monter sur son cheval !

Notre détective interroge, l’argent délie toutes les langues, c’est bien connu mais il se retrouve face-à-face à l’infâme Woodley, peu apprécié par les gens du cru.

Les déductions, c’est bien, l’action, c’est encore mieux ! Holmes sait se battre et il le prouve… sauf que nous sommes dans une série tout public et que les scènes de combats sont pitoyables au possible !

Nous assistons donc à un combat de boxe (à mains nues) entre le gentleman qu’est Holmes et l’infâme Woodley.

Hors, en boxe, il y a des règles qui doivent être respectées et vu que l’adversaire est un rufian, les règles, il s’essuie le derrière avec !

Holmes fait mouliner ses poings dans tous les sens, ce qui donne un caractère burlesque à la scène, pareil pour son jeu de jambes qui ressemble plus à celui d’un ballet de danse classique que d’un combat de boxe.

J’ai lu que c’était Jeremy Brett himself qui avait assuré la chorégraphie des pas de danse, prouvant son sens de l’humour et de la dérision.

La scène est cocasse et drôle : un petit coup envoie Holmes reculer à l’autre bout de la pièce ! Un autre envoie l’infâme Woodley rouler sur une table, KO… Oui, c’est très rapide !

Le tout sous les « ohh » et « ahh » de l’auditoire qui applaudira Holmes pour le KO car personne dans le petit village n’aime le rouquin Woodley. C’est un rustre et un mal poli.

Anecdote : Les applaudissements à la fin du spectacle sont une idée du réalisateur.

Au final Sherlock Holmes en revient amoché, mais non pas peu fier de sa prestation.

Par contre, pour son petit bobo au-dessus du sourcil, il se fait soigner comme un petit garçon par maman Watson !

Il ira même jusqu’à regarder le résultat dans le miroir. Ouf, sa sexy-face est toujours aussi belle.

Mon avis : Bien que dans le canon, nos deux héros aient commencé très jeunes (27 ans pour Holmes dans « Une étude en rouge » et 30 pour Watson, à quelques années près) et que les acteurs face à nous soient tout de même bien plus âgés (Brett a 51 ans et mourra 11 ans plus tard – David Burke en a 50), ils ont réussi à insuffler du dynamisme dans la série, ils débordent d’énergie donnent aux épisodes toute leur énergie.

C’est tonique et divertissant. On est loin des vieux croulants souvent interprétés à l’écran.

Si le début de l’histoire est conventionnel avec une intrigue mystérieuse et une enquête à mener, cela n’empêchera pas la suite d’être drôle.

Ici, tout le mystère réside dans le fait que l’on ne sait pas pourquoi on suit Violet, ni qui !

solitaryLa musique, adaptée aux événements qui se déroulent sous nos yeux, donne une dimension tragique à l’histoire.

En effet, il y une accumulation de périls autour de la jeune fille : Woodley et sa violence, on pourrait presque penser qu’il va la culbuter sur la table, l’attitude de Carruthers, qui la défend mais qui semble avoir peur de Woodley.

Ce Carruthers, homme riche, qui n’a même pas un attelage avec des chevaux !

Sans parler du mystérieux cycliste à la barbe noire et d’autres choses que je ne divulguerai pas.

Voir ces épisodes, c’est plonger dans un autre siècle, découvrir les toilettes des dames, les beaux costumes de ces messieurs qui vont chez le barbier pour se faire raser.

Les décors sont superbes et j’aime revoir Baker Strett, qui, bien que différent de mon interprétation personnelle, est tout de même bien réalisée.

Holmes est un homme de déduction mais aussi un homme d’action et il n’hésite pas à ordonner à Watson d’arrêter le cheval sans conducteur et qui galope seul, tirant la charrette dans laquelle Violet était dedans.

tumblr_lq2gn1rMho1qa7pfco1_500Nous retrouverons aussi de l’humour à la fin de l’épisode, dans l’expérience ratée de chimie qui manquera d’asphyxier nos deux héros.

Vu la fumée qui sort de Baker Street par la fenêtre qu’ils ont ouvert de toute urgence, des gens ont même appelés les pompiers !

Anecdotes : Les tournages ont eu lieu à Cheshire Willington Hall, un hôtel près de Tarporley pour Chiltern Grange, la maison de Carruthers.

Les poursuites en bicyclette et en calèche près de Charlington Hamm se passent dans la magnifique forêt de Delamere.

L’extérieur du Pub est en réalité la partie élisabéthaine bâtie en 1581, du manoir d’Adlington Hall près de Macclesfield.

L’acteur qui interprète Carruthers, John Castle, est l’acteur qui jouait n°12 dans la série « Le Prisonnier », puis plus récemment il apparait dans les séries anglaises policières « L’inspecteur Morse » et « Wycliffe ».

Michael Cox disait qu’il serait toujours reconnaissant envers le metteur en scène Paul Annett. Il accomplit le dur travail de montrer à Jeremy et David Burke, comment ils devaient jouer leurs rôles, à quoi ils devaient ressembler, quelles sortes de vêtements ils devaient porter, quels rapports ils devaient entretenir…

Il évita beaucoup d’erreurs à Jeremy qui avait tendance à en faire trop, en accentuant les traits de son personnage, s’il n’était pas remis sur les rails et dirigé fermement.

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Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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Quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre : Robin Cook

Titre : Quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre

Auteur : Robin Cook (II)                                                                         big_2
Édition : Payot et Rivages (2003)

Résumé :
Richard Watt, journaliste anglais, vit en exil en Italie avec sa compagne Magda depuis qu’il a fui une Angleterre gouvernée par un Premier ministre « socialiste », en réalité un dictateur.

En effet, Jobling – c’est son nom – se refuse à organiser de nouvelles élections à l’expiration de son mandat.

Petit Plus :

Publié en 1970 et salué par la presse anglaise comme un digne successeur du 1984 de George Orwell, Quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre (dont le sous-titre est « Un avertissement pour ceux qui ne sont pas curieux ») est un roman prémonitoire et plus que jamais d’actualité, qui dénonce le « totalitarisme des démocraties en décadence et dégénérescence, se voulant des modèles de libre entreprise et de libéralisme, qui font fi rapidement de leurs propres lois et de leurs codes judiciaires qu’elles n’hésitent pas à transgresser ou à bafouer au nom de l’intérêt général, d’impératifs économiques, d’états d’urgence ou de sécurité publique.

Elles entrouvrent alors la porte à un fascisme ordinaire qui ne tardera pas à gangréner insidieusement les fondements et les institutions démocratiques d’un pays, à partir d’une prise de pouvoir parfaitement légale, avant de se muer en un pouvoir personnel ou collectif résolument autocratique. » (Jean-Pierre Deloux, Polar spécial Robin Cook).

Critique : 
Toscane… Deux anglais expatrié loin de leur pays… ♪ We’re poor lonesome english ♫ We’re a long long way from home ♫

Pourquoi ? Pour le climat ? En quelque sorte. Voyez-vous, monsieur Richard Watt était un journaliste consciencieux qui a, lors d’un interview d’un politicien, été trop loin.

Rien de bien méchant, Richard n’a fait que son boulot de journaliste : pousser le politicien Jobling dans ses retranchements, le faire s’énerver afin de dénoncer son côté tyrannique et mettre en garde ses concitoyens (qui furent plus cons que citoyens).

Las, il fut obligé de fuir le pays, comme un certain Edward Snowden car il ne fait jamais bon d’être le messager.

Ce roman est une dystopie qui pourrait donner la main au « 1984 » de Orwell car il dénonce la prise de pouvoir par un seul homme qui s’arroge tous les droits et qui fait marcher tout le monde au pas, virant aussi ceux qui lui plaisent moins dans la population (ici, les gens de couleur).

Un tyran règne donc sur la Perfide Albion, le pays de Galles et l’Écosse ayant fait sécession. Le pays de Sa Très Gracieuse Majesté sombre dans la nuit sombre du fascisme et l’auteur nous décrit ce qu’il pourrait se passer dans ce pays voué à une dictature…

Pour dire vrai, j’ai eu du mal avec ce roman, surtout le début, qui est lent, mais lent… Les digressions de Richard sur sa vie dans le petit village toscan de Roccamarittima sont à bailler d’ennui. Toute la première partie, en fait.

Sautant des pages, passant des paragraphes entiers, je n’ai pas retrouvé la plume enchanteresse des autres romans tels que « Les mois d’avril son meurtriers » ou du sublime « J’étais Dora Suarez ».

Jamais je n’ai réussi à m’attacher au personnage comme je me suis attaché au sergent sans nom du service A14.

Par contre, bien que je n’ai pas aimé ce roman et que j’ai abandonné l’affaire, je dois quand même souligner qu’il a le mérite de vous donner une claque dans sa seconde partie.

Dénonciations des anglais exilés, les autres pays qui regardent ailleurs, la presse muselée ou conciliante parce que c’est ce qu’elle veut, fausses accusations, camps de concentration (rééducation) pour les contestataires,…

Le chantage qu’exerce le tyran Jobling sur l’Italie est abject, mais rien de science-fictionnel dans cette manière de faire, hélas. Au nom de l’économie, on regarde ailleurs, on fait son petit business et on évite de parler des gens qui souffrent parce qu’ils ont osé dire la vérité.

Ce fascisme est une gangrène qui contamine les membres sains, faisant pourrir les fruits de toute la corbeille, charriant un sang chargé d’idées sales.

Les lois et les codes judiciaires sont bafoués, violés, piétinés au nom de l’intérêt général, pour des motifs économiques, des états d’urgence imaginaire ou au nom de la sécurité publique.

Les gens sont broyés par le système, laminé par le pouvoir, usé par les chantages en tout genre et les fausses promesses.

Publié en 1970, Robin Cook n’avait pas dû chercher bien loin l’inspiration, vu comment le monde tournait à cette époque là.

Dommage que je n’ai pas accroché à ce roman qui pourtant est d’une sombritude (néologisme offert royalement) à faire peur.

Par contre, restons vigilant, on nous trompe et nous ne disons rien…

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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Jack l’Éventreur – Affaire classée – Portrait d’un tueur : Patricia Cornwell [LC]

9782253090311Titre : Jack l’Éventreur – Affaire classée – Portrait d’un tueur

Auteur : Patricia Cornwell                                                               big_1-5
Édition : Le Livre de Poche (2004)

Résumé :
Entre les mois d’août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées à Londres dans le quartier de Whitechapel.

La nature effroyable de ces meurtres provoqua la panique et la terreur dans l’East End, et donna naissance au surnom qui allait devenir synonyme de serial killer : Jack l’Éventreur. Pendant cent quinze ans, ces meurtres ont constitué une des plus grandes énigmes criminelles du monde.

C’est lors d’une visite à Scotland Yard, en mai 2001, que Patricia Cornwell s’est intéressée à « l’affaire » Jack l’Éventreur et à la personnalité ambiguë et inquiétante de Walter Sickert, un peintre impressionniste britannique célèbre à la fin du XIXe siècle.

Très vite, elle a eu l’intime conviction que Sickert et l’Éventreur ne faisaient qu’un. Après avoir mis en piste les plus fins enquêteurs et experts en médecine légale, l’auteur nous livre les résultats de son enquête et, comme un véritable témoin à charge, présente ses preuves.

Grâce à sa connaissance des enquêtes criminelles, à l’étendue de sa documentation et à ses talents de romancière, Patricia Cornwell reconstitue l’arrière-plan de cette sinistre affaire : l’Angleterre à l’époque victorienne.

Patricia Cornwell réussit un véritable thriller, avec une parfaite maîtrise et une conviction sans faille.

La critique de ma binôme Stelphique se trouve sous la mienne…

crimechatiment12Critique : ♫ Si j’avais un scalpel, je découperai le livre ♪ Comme Jack The Ripper, ♫ Je prélèverais des morceaux ♫ Oho Et j’en jetterais au feu ♫ Ou les mettrais dans les W.C ♫ Pour pouvoir m’essuyer, les jours où j’ai plus rien ♫ Ohoho, ce serait le bonheur ♪

Oui, hérésie que de couper dans un livre, mais j’ai une envie folle de lui briser l’échine et, aidée d’un scalpel, d’ôter tous les passages qui m’ont énervés prodigieusement : tout ce qui a trait à Walter Sickert, en fait !

Patricia Cornwell a décidé que c’était lui et que l’affaire était classée. Elle l’a même fait noter sur la couverture. J’t’en foutrai moi, des affaire classée !

Durant ma lecture, j’ai sauté les nombreux paragraphes consacré à ce peintre car c’est vraiment une bio indigeste et là, zapping.

Avant même de l’ouvrir, je savais très bien que « Jack l’Éventreur, affaire classé, portrait d’un tueur » de Patricia Cornwell sentait le souffre (et pour beaucoup d’autres aussi, notamment les Ripperologues qui l’ont crucifiée).

Autrement dit, il n’était pas question que ce roman, oscillant entre biographie, enquête orientée et témoignages fasse un jour son entrée dans ma bibliothèque.

Pourquoi ? Parce que je savais que Patricia Cornwell avait interprété les faits pour les faire coïncider avec sa théorie et qu’il était flagrant que son enquête n’avait pas été partiale du tout.

Hors, Sherlock Holmes l’a bien dit « C’est la théorie qui doit coller avec les faits ». Parce que bâtir des théories avant d’avoir les données est une erreur monumentale : insensiblement on se met à torturer les faits pour qu’ils collent avec la théorie.

Et pour Patricia Cornwell – qui retrace tout de même avec précision et minutie ces meurtres – le coupable ne peut être qu’un seul homme : Walter Sickert, ce peintre renommé qui n’a pas d’alibi pour les meurtres commis en 1888 (comme 99,99% des habitants de Londres). Pour elle, il EST Jack The Ripper. Point barre.

Sickert ? Bio exprès : peintre, aussi beau qu’amoral – au sens victorien du terme – réputé pour son cynisme, pour sa passion des déguisements, des pseudonymes, des barbes postiches, pour sa manie d’errer des nuits entières dans les quartiers mal famés ainsi que pour les ateliers secrets dans lesquels il se livrait à des activités plus ou moins louches. Le profil type, quoi !

Ses thèmes de prédilection dans ses peintures peuvent aussi prêter à suspicion : les prostituées, les cadavres, les hommes menaçants penchés sur de faibles femmes et même… Jack l’Éventreur ! Rhôôô, on se rapproche là !

Mais jusqu’à ce que Patricia Cornwell ne lui tombe sur le paletot, le Walter  n’était qu’un nom sur une looooongue liste de candidats éventuels. Et pas dans le peloton de tête, en plus…

Le duc de Clarence, casaque jaune, toque noire, galopait en tête de liste, talonné par les francs-maçons, casaque rouge, toque verte, menant un train d’enfer avec les yearling Aaron Kośmiński et John Pizer. Avec quelques petits dépassement, de-ci, de-là. Sans oublier le vieux canasson de retour : Sir William Gull, médecin de la Reine Victoria.

Alors, pourquoi ai-je lu ce roman, moi qui ne voulait pas le voir trôner sur mes étagères ?? Parce que l’on me l’a donné…  Ben oui, merde alors. Je me suis dit qu’il serait peut-être temps que je l’analyse afin d’avoir la preuve, noir sur blanc, de ses boniments et de la torsion de la vérité. Quitte à ce que je finisse avec une distorsion d’intestins. Et puisque ma binôme de Lecture Commune était prête à faire l’indigestion avec moi… GO !

Revenons à nos moutons, ou notre peintre. Comment la mère Patricia a-t-elle pensé à lui ?? Bêtement en étant invitée à Londres et en discutant avec un inspecteur de Scotland Yard qui lui a dit que Walter Sickert avait le bon profil pour être ze Jack. Patricia, jusque là, n’avait même pas connaissance des meurtres de 1888 !

Alors, épluchant la biographie de Sickert, notre Kay Scarpetta du cold case lui a trouvé des similitudes avec la psychologie d’un serial-killer. Et pas n’importe que serial-killer, je vous prie.

Elle est même certaine que les multiples lettres envoyées aux journalistes ou à Scotland yard (certaines furent prises pour des canulars) sont en fait TOUTES de la main de Sickert (oui, toutes !). Comment ? Le bougre pouvait aisément contrefaire son écriture et inclure exprès des fautes d’orthographes (jamais les mêmes, of course).

Puisqu’il était adepte des costumes, notre limière est intimement persuadé qu’il était passé maître dans l’art de se travestir et de se fondre dans la foule : idéal pour passer aperçu et commettre des homicides sans être repéré par la suite.

Sickert connaissait l’East End même s’il n’y habitait pas. Bref que de points communs avec le tueur. What’else ?

Mais Cornwell va encore plus loin en l’accusant d’autres meurtres dans Londres, en Angleterre et même jusqu’en France : des femmes égorgées ou des corps démembrés – ce qui implique un changement de méthode mais qui s’accordent avec les déplacements probables du peintre et la sauvagerie de Jack. Pour elle, le Tueur au Torse et Jack sont Sickert ! Avec Sickert, tu doubles la prime !

Pourquoi lui et pas un autre vous me direz ? Cornwell n’est pas la première à l’avoir soupçonnée… Et son livre – qui m’a fait grincer des dents – a quand même été une petite bombe dans le milieu, tellement elle est allée loin dans ses recherches. L’ayant lu, je peux vous dire qu’elle a mangé, bu, vécu, baisé en ayant Sickert dans la peau.

Ça lui a couté un pont, aussi. Quatre millions de dollars selon le Richmond City Magazine, 6 millions selon le New York Times.

Si cher ?? Oui, parce que quand Patricia enquête, les experts du CSI – Gil Grissom et Horatio Caine peuvent même aller se rhabiller.  Comme si c’était GI Joe qui débarquait, elle a embauché des bataillons de graphologues, de chimistes et d’experts en tout genre.

Sans compter que tout ce qui était à vendre sur Sickert, la romancière l’a acheté : tableaux, gravures, lettres et même le livre d’or d’un hôtel de Cornouailles sur lequel aurait gribouillé Sickert… Vous comprenez le prix… Niveau enquête, elle y est allée fort, de ce côté là, on ne pourra pas lui reprocher la légèreté.

Madame voulait son ADN et madame pense qu’elle l’a eu (mais bon, qui prouve que c’est bien le sien ?? En plus, plus de 100 ans après, non, mais, allo quoi ? Et Sickert s’est fait incinérer !). Mais quel ADN de suspect avons-nous ? Lequel utiliser ? Comment trouver le bon ?

La police avait reçu des centaines de lettres moqueuses, elle a donc fait rechercher des bribes d’ADN au dos des timbres et sur le rabat des enveloppes afin de les comparer avec d’autres échantillons appartenant à Sickert. Autrement dit, si Sickert a envoyé une lettre pour se foutre de la gueule de Scotland Yard ou des flics locaux, boum, le voilà passé à la postérité en tant que Jack The Ripper.

L’auteur a tout de même reconnu que les résultats étaient encourageants, mais pas concluants : ça a éliminé environ 99% de la population anglaise, mais les résultats sont trop incomplets pour qu’on puisse affirmer que Jack Sickert est bien Walter l’Éventreur. Pardon, le contraire !

En revanche, l’analyse des lettres est très instructive (mais hyper chiante à lire) : non seulement on retrouve le même papier, avec le même filigrane, mais on constate que l’assassin écrivait parfois avec un pinceau en guise de plume et de la peinture en guise d’encre. Un examen minutieux conduit même à identifier des taches d’eau-forte. Or, Sickert était aussi réputé pour ses gravures que pour ses toiles.

Que garderais-je de ce roman qui, malgré ce que je pouvais penser, m’a tout de même apporter quelques jouissances littéraires ? Tout ce qui concerne la ville de Londres, son histoire, ses mauvais quartiers, les mœurs des gens, les putes, les meurtres, les rapports d’autopsie… Tout ce qui fait l’essence d’un grand roman noir ! Pas étonnant que Jack London appelait l’East End « L’Abîme ».

Les chapitres qui traitent de ces aspects techniques, de la psychologie des tueurs en série et des principes de profilage intéresseront les amateurs de polar. Me suis régalée, là.

Les amateurs de gore ou de comptes rendus d’autopsie tels que moi seront rassasiés, puisque, pour rappel à ceux qui ne suivaient pas, ce bon vieux Jack avait cette délicate attention qui était celle d’égorger ses victimes, puis de leur ouvrir le bas-ventre afin de récupérer l’utérus, le haut du vagin ou un morceau de vessie. Là, j’ai pris mon pied.

Les lecteurs aux penchants moins morbides préféreront le voyage dans le Londres de 1888 auquel nous convie la mère Cornwell. M’en suis pourléchée les babines aussi, de ces passages là.

De ce côté là, rien à critiquer, les ambiances sont là, les personnages importants aussi et la ballade dans les rues sombres (en 1888 l’éclairage public laissait encore beaucoup à désirer) est ravissante.

Mon verdict final ? Y’a à boire et à manger… et des tas de choses à scalper. Cornwell  est une brillante procureur qui maîtrise son dossier parfaitement, qui le connait sur le bout des doigts et qui nous sort des raisonnements sans faille avec une éloquence implacable. Et ce, à l’écrit ou à l’oral (sur les ondes de la BBC, elle n’aurait fait qu’une bouchée de ses adversaires). Madame a réponse à tout. Elle admet les faiblesses de son dossier mais nie la déformation des faits.

Pourtant, après lecture, et à mon humble avis, l’auteure n’a fait que réunir un faisceau de présomptions et fait tout pour que l’on croit Sickert coupable. On me dira que ça fait beaucoup de coïncidences, mais bordel, ça reste des coïncidences et des conjonctures, des théories et du bla-bla.

Celui ou celle qui ne lirait que ce roman serait persuadée d’avoir eu la réponse à cette vieille affaire et le ferait savoir à tout le monde que l’identité de Jack est connue ET prouvée, fin de l’histoire.

Certes, tout ceci n’est que théorie, il n’y a pas mort d’homme innocent, mais je n’ai pas aimé cette impression que l’auteur prenait des libertés avec les faits, avec les preuves, afin que tout colle avec sa théorie de départ : Sickert.

Il y a comme une odeur de mauvaise foi dans ce récit. Or, dans une enquête, on réuni toutes les preuves, tout ce que l’on a, ce que l’on sait et on élimine l’improbable au fur et à mesure. Mais ce sont les faits qui doivent conduire à une théorie, et jamais le contraire.

On ne part pas d’un potentiel coupable afin de chercher tout ce qui pourrait l’incriminer car en faisant de la sorte, on risque d’omettre des preuves qui pourraient conduire à un autre.

Verdict du procès ? Coupable sur toute la ligne !

Ce que je devrais faire avec ce roman, c’est scalper toutes les pages qui concerne Sickert, toutes les digressions et ne garder que le meilleur, la quintessence du roman : les crimes, la vie dans Londres en 1888, bref, tout ce qui ne comporte pas le nom de Sickert…

PS : Pour ceux que ça intéresse de savoir pourquoi Walter aurait tué… bref, son ou ses mobiles, je vous le dis de suite, c’est encore une histoire de petite bite !

Oui, messieurs, une petite bite peut faire de vous un tueur en série potentiel… D’ailleurs, je pense que je vais tous vous éviter dorénavant, messieurs. Notre homme, lorsqu’il était enfant, a subi une série d’opérations d’une fistule.

Bon, jusque là, rien de grave, vous me direz. Oui, mais, ces opérations le laissèrent avec un pénis nanifié, tronqué, difforme. Puisqu’il ne pouvait pas grimper aux rideaux ou s’amuser avec la bêbête à deux dos (impuissant), il aurait donc joui avec le poignard à la main. Objet phallique, en plus.

BILAN - Minion mauve - WTF OKChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

Pourquoi je l’ai choisi :
Si j’en crois mon marque page, j’ai acheté ce livre en 2005…. Ça, c’est un livre qu’il fallait dépoussiérer……… ou pas….. Dans tous les cas, -1 dans ma PAL gigantesque !!!!! Youpi!!!!!

Synopsis :
Entre les mois d’août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées à Londres dans le quartier de Whitechapel. La nature effroyable de ces meurtres provoqua la panique et la terreur dans l’East End, et donna naissance au surnom qui allait devenir synonyme de serial Biller Jack l’Éventreur.

Pendant cent quinze ans, ces meurtres ont constitué une des plus grandes énigmes criminelles du monde. C’est lors d’une visite à Scotland Yard, en mai 2001, que Patricia Cornwell s’est intéressée à  » l’affaire  » Jack l’Éventreur et à la personnalité ambiguë et inquiétante de Walter Sickert, un peintre impressionniste britannique célèbre à la fin du XIXe siècle. Très vite, elle a eu l’intime conviction que Sickert et l’Éventreur ne faisaient qu’un.

Après avoir mis en piste les plus fins enquêteurs et experts en médecine légale, l’auteur nous livre les résultats de son enquête et, comme un véritable témoin à charge, présente ses preuves.

Grâce à sa connaissance des enquêtes criminelles, à l’étendue de sa documentation et à ses talents de romancière, Patricia Cornwell reconstitue l’arrière-plan de cette sinistre affaire l’Angleterre à l’époque victorienne. Patricia Cornwell réussit un véritable thriller, avec une parfaite maîtrise et une conviction sans faille

Ce que j’ai ressenti :

On en peut pas dire que ça ai été la lecture la plus passionnante qui soit. Pourtant Dieu sait que dès que je vois Jack L’éventreur, je ne peux m’empêcher de me jeter dessus. Après je suis moins experte que ma chère binôme Cannibal Lecteur, mais bon, assez pour voir que ce livre est un sacré ramassis de c*****  et spéculations.

On ne sait pas où l’auteure décide de nous emmener mais certainement pas à la réponse énigmatique de ce cher Jack. Toutes ses théories ne reposent sur rien de concret, même elle, nous le démontre, faut le faire quand même!!!!

Le Londres victorien est bien retransmis, on sent bien (oui même jusqu’aux odeurs !!!!) toute la misère, la saleté environnante, mais surtout le peu de moyens et de compétences dont dispose la Police , la Justice de l’époque. Un tel tueur ne POUVAIT pas se faire attraper, tout simplement parce que ce genre de carnage dépasse l’entendement, mais qu’il n’y avait pas encore la criminologie et la science à son secours.

Cornwell nous démontre que les coroners sont corrompus, la police impuissante face au taux de misère et de criminalité, les juges pas forcement bien renseignés sur les enquêtes en cours, les docteurs dépassées par les évènements et ne respectant aucune hygiène, sans compter les témoignages de soulards en tous genre.

Et là , elle espère nous faire croire qu’elle a trouvé des preuves tangibles et recevables, alors que il est bien apparent que c’est du grand n’importe quoi dans ses rues de Whitechapel, le chaos total ou rien n’est archivé ou respecté comme il se doit….

Tenir un couteau et tenir un stylo sont deux choses différentes, il faudra lui expliquer un jour à Patricia…. Ce n’est parce qu’ elle trouve des similitudes d’écritures ou de papier entre Sickert et les lettres du soi disant Jack que ça en fait un meurtrier !!!! Peut être que ces lettres sont un canular et que plusieurs personnes se sont engouffrés dans la brèche  de la pseudo célébrité. Éventrer une femme et se prendre pour un artiste écrivant à l’encre rouge, il y a un monde entre…..

Mais le mieux du mieux, c’est son obstination à vouloir faire de Sickert , son coupable. C’est fou le nombre de fois où elle extrapole, invente, relie des évènements qui n’ont rien avoir sur sa vie intime.

Attention spoiler, passez la ligne de couleur…. [spoiler] Moi j’aimerais bien lui demander si elle a remonté le temps pour nous donner toutes ses infos: si jamais elle a été voir dans le slibart de Monsieur pour savoir le pourquoi du comment de ses suppositions ??? Si elle était avec lui voir ce fameux Elephant Man ??? Et si jamais elle a lu par dessus son épaule ses lectures, pour nous affirmer qu’il a lu des ouvrages d’anatomie? [/spoiler] … Je ne connais pas ce pauvre artiste qui a dû bien assez souffrir déjà, mais là, je le vois se retourner dans sa tombe à ses accusations honteuses et non fondées.

Quel beau « ha,ha » cette lecture….Tiens d’ailleurs, à JETER aussi dans le grand néant imaginaire des limbes que j’ai ouvert il y a peu….

Ma note Plaisir de Lecture :fee clochette fachee

Sherlock Holmes – Détective consultant : John Bastardi Daumont

Titre : Sherlock Holmes – Détective consultant                        big_2

Auteur : John Bastardi Daumont
Édition : Editions de la Martinière (2014)

Résumé :
Son nom est synonyme de détective privé, mais aussi d’acuité intellectuelle, de vélocité d’esprit. Pour certains, il a réellement existé, tandis que d’autres ont tout simplement oublié son géniteur, Conan Doyle.

John Bastardi Daumont a enquêté durant deux ans pour retracer la biographie du plus populaire des héros de fiction policière : il a parcouru l’Angleterre afin de recréer le parcours de Sherlock Holmes.

Les sociétés holmésiennes les plus célèbres comme la Sherlock Holmes Society of London ou des fonds documentaires uniques, comme celui de la bibliothèque de Marylebone, l’ont aidé dans ses recherches.

Plus qu’une simple biograhie, cet ouvrage analyse la méthode holmésienne à l’aune des méthodes scientifiques contemporaines.

Ainsi, le lecteur y apprend autant sur Sherlock Holmes que sur la police scientifique moderne.

Enfin, l’auteur analyse les raisons du succès de ce personnage victorien à travers ses réussites, ses rencontres, ses extravagances démontrant ainsi que Sherlock Holmes est plus vivant que jamais.

Critique : 
La première chose qui m’est venu à l’esprit lorsque je l’ai acheté à sa sortie, c’est que je tenais dans mes mains un bien bel ouvrage.

Pages épaisses, pas en papier glacé (j’aime pas le papier glacé), belles illustrations…

Ensuite, il y a eu la polémique et le tacle, assassin mais justifié, du président de la SSHF (Société Sherlock Holmes de France) car le livre était bourré de fautes dans des dates ou dans l’orthographe de certains prénoms (Oracio au lieu de Horatio, celui des Experts Miami, pour ne citer qu’elle).

Sans vouloir revenir sur l’affaire ou mettre du pétrole sur le feu, il y a bel et bien des omissions ou des raccourcis qui sont malhabiles. L’auteur sait sans doute de quoi il parle, mais le lecteur n’étant pas dans sa tête, comment arriver à saisir le sens de ce qu’il sous-entend par-là ?

Sincèrement, je ne sais pas comment je dois interpréter un « Andrew Scott a donné de Sherlock Holmes, une interprétation remarquable… ». Moi, dans ma tête, je me dis qu’il y a erreur, c’est Benedict Cumberbatch qui interprète Holmes, pas Andrew Scott qui lui a le rôle de Moriarty.

Serait-ce un private joke sur le fait que certains holmésiens pensent que Holmes et Moriarty ne sont qu’une seule et même personne ???

Si c’est le cas, seul un holmésien peut comprendre ou y penser, mais je vous avoue que c’est bête de noter pareille chose sans l’expliquer.

Une personne non initiée pourrait prendre pour argent comptant le fait que ce soit Andrew Scott qui joue le rôle de Sherlock.

Oui, le livre est truffé de fautes, plus ou moins grosses et je vous le dis de suite, sans la SSHF pour les énumérer toutes, certaines seraient passées à la trappe dans mon esprit parce que je ne suis pas érudite dans la chose.

Un lecteur qui voudrait en savoir plus se retrouverait avec des renseignements totalement faux pour certains.

Holmes a pris sa retraite en 1903 et pas en 1930 comme renseigné dans le livre.

« Conan Doyle a écrit quatre nouvelles et cinquante-six histoires courtes ». Non, c’est 4 romans et 56 nouvelles, les mots sont importants ! Mary devient Marie, Irene se retrouve avec un accent (Irène).

« Holmes suscite depuis cent cinquante ans, de façon ininterrompue, une littérature apocryphe et de commentaires. ». Datant de 1887 (première publication), cela fait… 127 ans puisque l’ouvrage présent est paru en 2014.

Bref, même si cet ouvrage est bien fait au niveau du design, il présente de nombreuses coquilles et des erreurs monumentales que pour être conseillé.

Lorsqu’on les connait (voir ICI), il suffit de les imprimer et de lire l’ouvrage avec la liste sous les yeux, mais tout de même, vu son prix, ça fait mal !

Dommage, j’en attendais beaucoup… WTF !!

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

challe11

Sale temps pour le pays : Michaël Mention

Titre : Sale temps pour le pays                                                   big_5

Auteur : Michaël Mention
Édition : Payot et Rivages (2012)

Résumé :
1976. Une vague de meurtres touche le nord de l’Angleterre ; les victimes sont des prostituées. La police locale est sur les dents. Un homme clé pour diriger l’enquête : l’inspecteur George Knox, personnage austère, « gueule à la Richard Burton », états de services légendaires.

Secondé par le détective Mark Burstyn, Knox se lance à corps perdu dans cette affaire qui tourne pour lui à l’obsession, tandis que sa femme Kathryn est en train de mourir d’un cancer.

Le temps passe et plus le tueur semble jouer avec la police en brouillant les pistes, plus Knox s’enfonce dans l’abîme. Un abîme à l’image du chaos social et politique ambiant. Bientôt, c’est comme si la traque du tueur devenait une quête dérisoire en regard de la dépression qui gagne le pays et ses habitants.

Fasciné par les possibilités romanesques de l’affaire de l’Éventreur du Yorkshire, Michaël Mention la revisite du point de vue d’un Français passionné par l’Angleterre des années 1970.

Petit plus : Bourré de clins d’œil au cinéma et à la musique, ce roman oscille entre hommage au roman noir, déconstruction ironique du roman de serial killer et authentique portrait d’une Angleterre déboussolée, à un moment charnière de son histoire récente.

Critique : 
♫ C’était au temps où l’Angleterre était par terre, ♪ C’était au sale temps de toutes ces grèves ♫ C’était au temps où y’avait pas encore la Dame de Fer ♫ Mais d’un Éventreur qui savait y faire !

L’Éventreur du Caniche a encore frappé… oups, je me trompe de race : c’est l’Éventreur du Yorkshire ! Sale bête qui s’attaque aux femmes qui exercent le plus vieux métier du monde…

Sur fond d’enquête policière afin de mettre fin aux agissements de celui, qui, tout comme Jack l’Éventreur, étripe les putes, l’auteur nous dresse le portrait d’une Angleterre moribonde et guère brillante dans ses années 75-80.

Le chômage y est important, les usines ferment toutes, les gens ne savent plus comment boucler leurs fins de mois qui sont dures, surtout les trente derniers jours.

Dans ce petit roman noir comme un café sirupeux, le contexte économique, social et politique de l’époque se résume en un mot : crise (ou bordel total). Le choc pétrolier a eu lieu et les Travaillistes se sont pris une déculottée aux élections.

C’est court, certes, mais c’est intense, percutant et uppercutant et je vous jure que vous ne peindrez pas la girafe durant votre lecture car la recherche du tueur (qui fera tout de même 13 victimes) met les flics du nord de la perfide Albion sur les dents et  la populace, qui serait prête à lyncher le premier venu, en émoi.

Les flics sont bien torchés, haut en couleur, avec leurs fêlures, leurs blessures secrètes, leurs douleurs, leurs doutes et certains seront marqué plus que d’autres durant cette enquête.

J’ai eu un faible pour George Knox (20 ans dans la maison poulaga, un air de Richard Burton et des Ray Ban miroir qu’il porte non stop) et le détective Mark Burstyn. Deux flics intègres qui se donnent à fond.

Une enquête qui s’enlise, des flics qui pataugent, un tueur qui se fout de leur gueule et peu d’indices, le tout sur fond de politique, de musique des seventies et de références cinématographiques. Le pied !

Vous aurez même droit, tant que nous sommes au rayon des horreurs, à l’arrivée au pouvoir de Miss Maggie, madame Tatcher, qui redressera le pays au détriment des sans dents, heu, des petites gens qui resteront dans le fossé, le pays les laissant crever à petit feu.

Un petit bijou de café noir comme je les aime : noir profond, noir sans espoir, noir comme l’âme du tueur.

Un roman noir qui vous rappe le palais, vous l’écorche, long en bouche avec des saveurs de misère et de sang…

À déguster sans modération…

BILAN - Coup de coeurChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Grand Prix du roman noir français 2013) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois anglais 2015 flag CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1) CHALLENGE - À tous prixSherlock___Running_Wallpaper OK

Jack l’Éventreur : Affaire classée ou cassée ?? [LC avec Stelphique] – Impressions de lecture (3/3)

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Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 200) : Me pompe l’air, me fais chier, mais me fait jouir aussi… Impossible ? Non, je vous le démontre !
Failli jeter le livre dès la page 3, ce qui est du jamais vu, je dois dire dans toute la vie de lectrice. Le chapitre 1, après deux pages bucoliques de description des ambiances de Londres, vire vers une biographie de Walter Sickert, LE véritable Jack pour Patricia (no spoiler, c’est dans le résumé). Putain, là, me casse déjà les bonbons, royalement ! Dans le Chapitre 2, on a droit à ses états d’âmes parce qu’elle connait le nom du tueur et elle doit le dire…

Oui, elle aurait pu me libérer de mon contrat, mais moi, je n’aurais jamais pu me libérer de cette histoire. Je connaissais l’identité d’un meurtrier et il m’était impossible de détourner le regard.

Heureusement que les chapitres suivants (les 3, 4, 7, 8) sont consacrés à la vie à Londres, aux quartiers merdiques, aux mœurs, aux meurtres, aux putes,… bref, à tout ce qui me fait triper et sauter de joie.  Les chapitres 5 et 6 sont de nouveaux bourrés de la vie de Sickert, de son petit zizi atrophié et je me fais chier durant ces chapitres !!

Impressions de Stelphique (page 0 à 200) : Désistement.
Je suis désolée….. On m’avait mis au défi de défendre la victime face à une juge pas forcément partiale. Je ne vais pas pouvoir tenir ce rôle. J’ai trop de respect envers la Justice, et pour moi, la valeur Présomption d’Innocence est très importante.

Patricia Cornwell nous livre une théorie (qui pourrait se tenir….), mais commence par nous donner Son coupable…. Et brode, extrapole, invente sur cette personne. C’est perturbant. On nous parle d’ADN, de preuves solides, et dans ses 200 pages, on a une pathétique réinterprétation d’un Sérial Killer quelquonque (avec de préférence une petite partie intime). On ne sait pas si on est dans la réalité d’une enquête, ou dans une démarche romancée, enfin en tous cas, j’ai du mal à adhérer à ce choix d’écriture, et pour tout vous dire je voulais abandonner cette lecture…..

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 201 à 400) : Vie et mœurs dissolues de la population de Londres et de l’East End.
Rhôôô, je prends mon pied avec la description de Londres, de sa police, de l’enquête, des meurtres, des pendaisons d’avant… mais les passages sur Sickert me cassent les roudoudous (toujours) et on sent bien que tout est orienté pour faire de lui le coupable parfait. Sophie Herrefort avait mené une enquête, elle aussi, et après moult élimination, était arrivée à un tout autre nom. Bref, enquête orienté, les faits doivent coller et on les aidera un peu. Et madame ne manque pas d’air en vous balançant ça :

Il est triste de constater que des hommes dont les vies et les carrières ont été influencées par l’affaire de l’Éventreur puissent débiter des théories presque aussi farfelues que celles proposées par des personnes qui n’étaient même pas nées à l’époque de ces crimes.

Impressions de Stelphique (pages 200 à 400) : Énervante la Patricia…..
On ne peut pas dire que ses 200 pages supplémentaires s’améliorent….. Bon si je dois quand même dire un truc gentil, c’est que le Londres de 1880 est bien retransmit…. Donc il parait improbable avec les éléments qu’elle nous donne, qu’à elle, toute seule elle est résolu l’affaire du siècle. Elle se torpille plutôt toutes ses argumentations….(Je vous en reparlerai avec beaucoup de balises dans la chronique peut être….). Je continue donc sur ma lancée, mais bon sachant qu’on avait déjà envie avec Cannibal Lecteur de jeter le livre en travers de la pièce dès le premier chapitre je ne crois pas que sa conclusion soit très pertinente…..

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 401 à 700) : Engluée dans le livre comme une mouche agonisante sur du papier tue-mouche.
Mes aïeux… Que ce fut long et dur et pour une fois, je n’ai pas aimé ça. La seule chose qui m’a fait continuer la lecture c’est que je suis une petite fille persévérante et que je voulais boire le calice jusqu’à la lie. Les digressions de madame Cornwell sont soulantes au possible, à vomir tellement elle nous gave avec Walter Sickert et les 36.000 coïncidences ou théories du « il aurait pu » sans jamais nous parler du « il aurait pas pu ». La seule bonne chose a retirer du livre sont les descriptions des meurtres, les parties sur la médecine légale, sur la vie de Londres à cette époque, bref, tout paragraphe qui ne porte pas la mention « Sickert ».

Impressions 400 à fin : Ouf  c’est fini !!!!
Voilà finie la torture de part et d’autre, d’ailleurs….. En conclusion, je ne suis pas plus avancée sur le mystère Jack L’éventreur, il y a trop de zones d’ombres encore, et ne pourront JAMAIS être éclairées. Il ne peut que nous échapper encore une fois, et ce livre aurait été une bonne tranche de rigolade si jamais il l’avait eu entre les mains….. »HA, Ha, impossible d’attraper Jack… tous des imbéciles » pourrait-il dire encore une fois…..

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Arieste, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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