Le carnaval des hyènes : Michaël Mention

Titre : Le carnaval des hyènes                                                 big_4-5

Auteur : Michaël Mention
Édition : Ombres Noires (2015)

Résumé :
Carl Belmeyer, arrogant présentateur de JT est faux, manipulateur, un authentique sale type. Ancien reporter de terrain, il vire ses collaborateurs sur un coup de tête, se moque de son audience, et sniffe de la coke.

Soudain, un scandale secoue la chaîne : dans son émission de téléréalité Villa Story, une candidate meurt après avoir été giflée par un concurrent.

Il faut redorer le blason de la chaîne, restructurer… Belmeyer doit changer !

Il est dépêché au Libéria, déchiré par la guerre civile, pour qu’il reprenne son rôle de journaliste engagé, et faire croire que la chaîne se recentre sur l’important, l’info.

Critique : 
« Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate » pourrait être noté aussi sur le fronton de chaque médias (télé ou papier), avec juste quelques petites adaptations.

Vous qui regardez cette télé, ce journal, oubliez toute espérance d’obtenir la vérité…

D’entrée de jeu, le livre t’uppercute et te rentre dedans violemment. Michaël Mention ne prend pas des gants pour dire tout haut ce que peu de gens pensent tout bas (la majorité étant des moutons suiveurs, On pense pour eux) sur les médias qui nous manipulent, sur la société, les polémiques, les grands faits d’actualité, la politique,…

La plume est incisive, trempée dans l’encre du réalisme, dépouillée de tout artifices dont la télé nous a habituée.

Au moins, l’auteur ne vend pas du temps de cerveau disponible pour une célèbre boisson gazeuse. Non, lui, il secoue le cocotier. Réveillez-vous, pauv’cons !

Que ceux qui nourrissaient encore des espérances sur la télé – le monde et tout le reste – ouvrent le roman avec douceur, des fois que la vérité, brûlante comme de l’acide, ne leur explose à la gueule.

Pour moi, ce fut une jouissance de voir par écrit – au travers du personnage de Carl – le fond de mes pensées sur l’actualité, les médias et sur les journaux, qui, pour la plupart (tous sauf 3 ou 4), appartiennent maintenant à des gros groupes industriels (ou des familles), perdant de ce fait leur rôle de Quatrième Pouvoir, pour mon plus grand désespoir.

Les médias, aux bottes des puissants qui l’utilisent comme un bon chien fidèle, celui qui n’ose mordre la main de celui qui le nourrit. Ces hommes d’affaires, propriétaires, lui faisant remuer la queue selon leurs désidératas pour mieux satisfaire leur égo surdimensionné.

N’allez pas croire que durant 220 pages l’auteur casse du sucre sur le dos des médias, du peuple soumis, des moutons qui la regardent, des politiciens qui l’utilise… Non, ce serait réducteur parce que le roman est bien plus subtil que ça.

Non, pas la peine de ma supplier, je ne dirais rien de l’histoire, ne voulant pas vous la dépuceler, ça vous gâcherait votre plaisir. Sachez juste que vous aller voyager et boire un petit noir bien serré.

Pour moi, je me suis prise un pied intégral, dévorant l’histoire, me gavant de l’écriture de Michaël, adorant détester certains de ses personnages, travaillés, profonds et nous réservant bien des surprises.

Un grand moment de lecture et un pied magistral avec 220 pages. C’est peut-être guerre épais (mwarf), mais ça fait de l’effet ! Et du bien par où ça passe.

Comme on a dit avec l’ami Gruz/Yvan, « Les hyènes ricanent, le carnaval passe ».

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

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Les Quatre de Baker Street – Tome 6 – L’Homme du Yard : Djian & Legrand

Titre : Les Quatre de Baker Street – Tome 6 – L’Homme du Yard

Scénariste : Jean-Blaise Djian
Dessinateur : Olivier Legrand

Édition : Vents d’Ouest (2015)

Résumé :
Sherlock Holmes est de retour ! Le crime aussi…

1893. Dissimulé dans l’East End londonien, Sherlock Holmes poursuit sa guerre secrète contre les anciens associés de Moriarty : le redoutable Colonel Moran et le superintendant Blackstone de Scotland Yard…

Bien décidé à débusquer Holmes avant qu’il ne refasse surface, l’Homme du Yard va tout mettre en œuvre pour remonter sa piste – une piste qui est aussi celle de nos héros, indispensables auxiliaires de l’insaisissable détective. Traqués par la police, Billy, Charlie et Black Tom doivent prendre la tangente.

Semée d’embûches et de dangers, leur cavale débouchera sur un terrible drame. Pour les Quatre de Baker Street, rien ne sera plus jamais comme avant…

Critique : 
C’est toujours avec un plaisir mêlé de crainte que j’entame tout nouvel album de cette saga.

Plaisir de retrouver cette petite bande de franc-tireurs, mais crainte qu’un jour l’auteur sombre dans la facilité et me ponde un tome où l’ennui serait présent, la fraicheur absente et l’intrigue inexistante.

Bon, ce jour maudit ne sera pas pour le 6ème tome même si le début est un peu lent.

Ensuite, l’action démarrera et finira sur un drame, confrontant nos gamins au deuil difficile.

Niveau dessins, c’est toujours un plaisir pour les yeux : les couleurs, les décors, les bas-fonds, les miséreux, tout cela nous transporte dans le Londres victorien.

L’immersion dans le terrible et dangereux quartier irlandais (où les roussins n’osaient pas entrer) est bien représentée avec ces taudis fait de planches, de bric-et-de-broc et toutes les mines patibulaires des types qu’on ne voudraient pas croiser à minuit au coin d’un bois. Ni nulle part ailleurs, quelque soit l’heure !

Les personnages des enfants ont évolués, Charly s’assume un peu mieux et n’hésite pas à se travestir en ce qu’il est vraiment afin d’aider les copains.

Sherlock Holmes est plus présent aussi, caché à l’insu de tous (sauf de quelques uns), tirant les ficelles depuis son repaire, avec les risques que cela peut comporter pour les autres.

Si les autres tomes peuvent se lire de manière indépendante (ce n’est pas conseillé, tout de même), les tomes 5 et 6 font exceptions puisqu’ils sont une suite et que je subodore que nous aurons la solution dans le tome 7.

Un album comportant de la tristesse, de la violence, du racisme envers les irlandais, des bas-fonds peuplé d’une faune et d’une flore que je ne voudrait pas rencontrer en vrai, de la débrouillardise, des magouilles, du double-jeu, de la trahison.

Un tome 6 qui tient toutes ses promesses et je croise les doigts que les suivants continuent à être d’un très haut niveau.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016),  Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « A year in England » chez Titine.

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