Papillon de nuit : R.J. Ellory

Titre : Papillon de nuit                                                              big_5

Auteur : R.J. Ellory
Édition : Sonatine (2015)

Résumé :
Après l’assassinat de John Kennedy, tout a changé aux États-Unis. La société est devenue plus violente, la musique plus forte, les drogues plus puissantes que jamais. L’Amérique a compris qu’il n’y avait plus un chef, un leader du pouvoir exécutif, mais une puissance invisible. Et si celle-ci pouvait éliminer leur président en plein jour, c’est qu’elle avait tous les pouvoirs.

C’est dans cette Amérique en crise que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Vernet, son meilleur ami.

Nous sommes maintenant en 1982 et Daniel est dans le couloir de la mort. Quelques heures avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Et que la politique et l’histoire des sixties ne sont pas qu’une simple toile de fond dans la vie de Daniel, peut-être lui aussi victime de la folie de son temps.

Petit Plus : Publié en 2003 outre-Manche, Papillon de nuit est le premier roman de R.J. Ellory. Récit d’un meurtre, d’une passion, d’une folie, il nous offre une histoire aussi agitée que les années soixante.

Critique : 
Avec Ellory, mon esprit littéraire a joui une fois de plus. Le récit m’a pris à la gorge, au cœur, dans mes tripes, dans mes cou… Ah non, ça j’en ai pas !

Cet auteur a une manière bien à lui de décrire les années sombres des États-Unis, alors qu’il est anglais, et j’en redemande à chaque fois.

Ici, c’est tout un pan des sixties qu’il va mettre en scène. Les années 60 et sa putain de guerre du Vietnam, cette boucherie à ciel ouvert pour jeunes recrues qui ne savaient même pas où ça se trouvait.

Les années 60, c’est aussi l’époque où les Noirs acquièrent enfin des droits. Oui, mesdames et messieurs, ça ne remonte pas à si loin que ça, l’entrée des Noirs à l’université, dans ce grand pays qui se prend pour le gendarme du monde et grand donneur de leçons devant l’Éternel.

Enfin, le droit d’aller à l’unif… c’est sur papier ! La loi le dit, mais faut encore qu’on autorise ces personnes à franchir la porte. Du côté des États du Sud, ils résistent encore et toujours à la déségrégation raciale.

Tout cela va nous être raconté aux travers des souvenirs de Daniel Ford, prisonnier dans le couloir de la mort.

Nous sommes en 1982 et notre Danny Boy, racontant ses souvenirs à un prête, va nous narrer son histoire d’amitié avec Nathan, un jeune gamin noir, quand ils avaient tous les deux 6 ans.

La plume d’Ellory m’enchante toujours autant et son premier roman ne fait pas exception. Lui, il peut même se permettre de faire des phrases courtes, ça passe toujours.

L’alternance des récits, celui de 1982 mélangé à des souvenirs d’antan, rend le roman addictif, on ne le lâche plus et on découvre avec effroi ces années sombres des États-Unis.

Des personnages bien campés, bien détaillés, un récit fort, puissant, magnifique, addictif, de l’émotion à l’état brut, sans jamais plonger dans le pathos gratuit, Ellory nous sert là un plat de résistance gargantuesque sans avoir besoin de nous servir un pavé.

Non, le pavé, on se le prendra dans la gueule si on est un grand naïf et qu’on ne sait pas encore qu’on ne nous dit pas tout et que les complots sont aussi nombreux dans certains milieux que les punaises de lit dans de la literie d’une auberge pouilleuse du 18ème.

Je savais que l’on pratiquait de la démagogie et de l’intox à tous les étages, mais Ellory en a ajouté quelques uns dont je n’avais pas encore connaissance.

L’Amérique s’est aperçue que ceux qui pouvaient tuer son président en plein jour pouvaient faire tout ce qu’ils voulaient. Il n’y avait plus un homme seul, le meneur de la nation, mais une fraternité invisible non élue. Et cette même fraternité nous a donné le LSD et la psychiatrie, l’amour libre, la pornographie, la violence à la télé, tout ce qui faisait qu’il était acceptable d’être dingue.

Un roman que j’ai dévoré, ne laissant aucune miette, me pourléchant les babines tout en le finissant sur les genoux, tant l’émotion m’avait saisie à la gorge, au cœur, dans mes tripes et dans mes cou…

Oui, si j’en avais eu, le récit m’aurait saisi là aussi. Un putain de super bon roman. Les mots me manquent.

BILAN - I-Love-Minion-Wallpaper - OKChallenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « Challenge US » chez Noctembule et « A year in England » chez Titine.

CHALLENGE - Sherlock___Running_Wallpaper_by_draft624 Corrigé CHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016

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26 réflexions au sujet de « Papillon de nuit : R.J. Ellory »

  1. Hou Hou, bon, Léa a dégainé plus vite que le p’tit duc… Un super bouquin qui me semble déjà bien mature, car rappelons le c’est son premier chronologiquement parlant ! Merci pour ta chronique, @bientôt, Grybouille du « Léa Touch Book »

    Aimé par 1 personne

  2. Voilà une lecture qui percute!!!!Tu le dis si bien!!!!Et bien contente de voir enfin lire ce livre qui m’a tant marquée, et cette chronique est réjouissante!!!!;)
    A bientôt pour d’autres partages tout aussi bon!!!!!!;)

    Aimé par 1 personne

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