De sang-froid : Truman Capote

51v0t5jB-rL._SX305_BO1,204,203,200_Titre : De sang-froid                                                                       big_4

Auteur : Truman Capote
Édition : Folio (1972)
Première publication : In Cold Blood (1966)

Résumé :
« De Sang froid » est l’histoire inspirée d’un fait divers de deux jeunes repris de justice qui, le 15 novembre 1959 à Holcomb, petite ville du Kansas, assassinèrent froidement une famille d’agriculteurs. Le récit, chef-d’œuvre de Truman Capote, est le résultat d’un long travail d’investigation mené par l’auteur.

L’écrivain américain a en effet suivi de très près l’enquête policière sur le massacre de la famille Clutter allant jusqu’à interroger lui-même policiers et criminels impliqués. Une investigation qui ne se terminera qu’avec l’exécution des deux meurtriers à laquelle l’écrivain assiste.

Petit Plus : A force de détails, de témoignages, d’observations, Truman Capote raconte ce qui a pu se passer sans jamais prendre parti, ni juger, et crée un genre nouveau, le «roman de non-fiction».

« De Sang froid » (1966) obtient un énorme succès et porte Truman Capote au sommet de la gloire. Le livre est adapté au cinéma par Richard Brooks en 1967.

Critique : 
On aurait pu titrer aussi « Chronique d’un massacre annoncé » puisque d’entrée de jeu, nous faisons connaissance avec la famille Clutter dont on sait que 4 de ses membres finiront avec une balle dans le corps.

Ceci n’est pas une fiction, mais tiré d’un fait divers bien réel qui a eu lieu en novembre 1959, à Holcomb, Kansas.

« Le village de Holcomb est situé sur les hautes plaines à blé de l’ouest du Kansas, une région solitaire que les autres habitants du Kansas appellent « là-bas ». A quelques soixante-dix miles à l’est de la frontière du Colorado, la région a une atmophère qui est plutôt Far West que Middle West avec son dur ciel bleu et son air d’une pureté de désert. Le parler local est hérissé d’un accent de la plaine, un nasillement de cow-boy, et nombreux sont les hommes qui portent d’étroits pantalons de pionniers, de grands chapeaux de feutre et des bottes à bouts pointus et à talons hauts. Le pays est plat et la vue étonnamment vaste : des chevaux, des troupeaux de bétail, une masse blanche d’élévateurs à grain, qui se dressent aussi gracieusement que des temples grecs, sont visibles bien avant que le voyageur ne les atteigne. »

Sans mobile apparent, les quatre membres de la famille du fermier Clutter se font tuer. Truman Capote, tombant sur un article traitant de ce crime a décidé de relater cette histoire avec la plus grande précision.

Ce roman est ce qu’on appelle un « True Crime » car ceci est une reconstruction des faits, avant, pendant, après, ainsi que les conséquences qu’eurent ces meurtres sauvages sur les habitants de la petite ville de Holcomb.

Pensez-vous bien, on avait assassiné un homme qui était respecté, une famille qui allait à l’église tous les dimanches et qui, comme tous les habitants de la petite ville, ne fermaient jamais ses portes à clés.

La question que tout le monde se pose, c’est « Pourquoi eux ? » car il n’y a pas de mobile apparent vu que très peu d’argent volé car monsieur Clutter n’utilisait que des chèques pour payer.

L’auteur utilise tous les codes de la fiction mais dans le but de nous décrire un fait réel. La seule partie qui pourrait être fastidieuse à lire pour certains, c’est celle consacrée au procès. Pour moi, pas de soucis.

Sinon, ça se lit tout seul, la boule au fond de la gorge parce qu’on sait qu’on ne doit pas s’attacher aux membres de la famille Clutter, membres qu’on apprécie (surtout Nancy), malgré l’extrême bigoterie du père (ne boit pas, ne fume pas,…). Clutter est un homme de bien, intègre et honnête, mais on ne trinquera jamais avec une bière, nous deux.

Nancy Clutter est toujours à la course, mais elle a toujours le temps. Et c’est là une définition de ce qu’est une dame.

La première partie, fort importante, comporte la reconstitution minutieuse de tous les protagonistes à cette affaire, et pas à la n’importe nawak : Capote les a mis en scène grâce aux témoignages qu’il avait recueillis sur eux, additionnés des documents qu’il avait consulté. C’est un portrait d’une certaine Amérique des années 50 qu’il nous offre au travers de tout ces gens.

La seconde partie se compose de l’enquête, qui piétine, des rumeurs, qui enflent comme des ballons de baudruche, des pérégrinations de nos assassins et puis de leur traque.

Le lecteur passera beaucoup de temps avec nos meurtriers, apprenant des choses sur leur passé, leur enfance, leurs parents et verront avec horreur comment de marginaux ils sont devenus des criminels de sang-froid.

La psychologie des personnages est bien décrite, fouillée, profonde. Sans leur trouver des excuses (ils n’en n’ont pas), on « comprend » comment tout ce qu’ils ont vécu a fait d’eux des meurtriers putatifs. Les deux hommes sont sensiblement différent et si Dick est une grande gueule, Perry est plus prudent.

La psychologie de la petite communauté est aussi bien travaillée. Comment cette population sans histoires va basculer ensuite dans la paranoïa pure et simple… Comment ces gens ont-ils géré cette tragédie et les conséquences que cela a eu sur leur comportement.

La majorité de la population de Holcomb, après avoir vécu durant sept semaines au sein de rumeurs malsaines, d’une méfiance générale et de soupçons, semblait avoir été déçue d’apprendre que le meurtrier n’était pas l’un d’entre eux.

Ce roman m’a happé. De lent, dans les premières pages, quasi bucolique dans cette description de la vie à la campagne, on se laisserait bien aller à baguenauder si l’auteur ne nous envoyait pas de temps des piqûres de rappel en nous disant que cette famille va mourir.

Du modus operandi des auteurs, vous n’en saurez rien au début, il vous faudra attendre les aveux pour comprendre ce qu’il s’est passé et comment le tout à basculé dans le sang alors que cela aurait pu être empêché.

Ce roman magistral a valu à l’auteur une immense gloire, mais lui a collé une dépression sévère, touché qu’il avait été de sa rencontre avec Perry Smith, l’un des deux assassins. Celui qui, pour moi, avait la psychologie la plus profonde, celui pour qui j’avais ressenti de l’affection, malgré les crimes. Et la pendaison ne résout pas tout…

Il est presque impossible à un homme qui jouit de la liberté et de toutes ses prérogatives de se rendre compte de ce que signifie la privation de cette liberté.

Les riches ne sont jamais pendus. Seulement ceux qui sont pauvres et sans amis le sont.

— Oui, m’sieur, dit le gardien, confirmant cette nouvelle, ils ont eu la peine de mort ».
Dick dit :
— Bien sur. C’est drôlement à la mode dans le Kansas. Les jurys la donnent comme s’ils donnaient des bonbons à des gosses.

Perry et Dick ont été pendus mardi dernier. J’étais là parce qu’ils me l’avaient demandé. Ce fut une épreuve atroce. Dont je ne me remettrai jamais complètement. Je vous en parlerai un jour, si vous pouvez le supporter.

Un roman qui m’a glacé d’effroi devant tant de sang-froid (ou sang-chaud) pour un quadruple crime qui aurait pu ne jamais avoir lieu.

« Est-ce que j’ai des regrets? Si c’est ce que tu veux dire, non. Je ne ressens rien . Je voudrais bien. Mais ça me laisse complétement froid. Une demi-heure après que ce soit arrivé, Dick blaguait et moi, je riais. Peut-être qu’on n’est pas humains. J’suis assez humain pour m’apitoyer sur moi-même. Je regrette de ne pas pouvoir sortir d’ici quand tu t’en iras. Mais c’est tout. »

À quoi ça tient, la vie, parfois… juste à un fil ténu que n’importe qui peut vous sectionner gratuitement.

Qu’est-ce que la vie? C’est le scintillement d’une luciole dans la nuit. C’est le souffle d’un buffle en hiver. C’est comme la petite ombre qui traverse les champs et va se perdre dans le coucher du soleil.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur et Le « Challenge US » chez Noctenbule.

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Portrait d’une Cannibale Lectrice

Pour ceux qui ne connaissent pas Noctenbule, c’est elle qui organise depuis quelques années le « Challenge Américain » auquel je participe.

Noctembule, tout comme Yvan il y a deux ans, a osé me donner la parole ! Et vous savez que je ne sais jamais m’arrêter de causer, moi.

Alors, si vous voulez connaître la couleur de mon string, la matière de mes soutiens, mes positions préférées ou la couleur de mon canard sex-toys, allez chez Noctembule pour tout savoir sur tout ce que vous n’auriez jamais oser demander !

Pardon, Noctenbule me signale que son blog est un blog sérieux et que l’interview sur mes strings et tout le reste, c’est chez Play-Boy qu’il est publié.

Elle, elle m’interroge juste sur les livres, mes vices, mes romans préférés… Bref, elle me tire le portrait !

22h05 rue des Dames

unnamed-3La Belette qui se fait aussi appeler Cannibal Lecteur est une lectrice qui aime les mots bien noirs où dégoulinent de bonnes grosses lettres de sang. Elle aime partager ces coups de cœurs de lecture sur un ton humoristique donnant ainsi aux plus horribles meurtriers des allures de nounours adorables. Le souci après la lecture ? La tentation de lire les même choses, car elle a très bon goût. Prêt à découvrir une curieuse tentatrice ?

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Le Pavillon des cancéreux : Alexandre Soljenitsyne

Titre : Le Pavillon des cancéreux

Auteur : Alexandre Soljenitsyne
Édition : Presse Pocket (2005)

Résumé :
En 1955, au début de la déstalinisation, Alexandre Soljenitsyne est exilé dans un village du Kazakhstan après huit ans de goulag.

Il apprend alors qu’il est atteint d’un mal inexorable dont le seul nom est un objet de terreur. Miraculeusement épargné, il entreprendra quelques années plus tard le récit de cette expérience.

Au « pavillon des cancéreux », quelques hommes, alités, souffrent d’un mal que l’on dit incurable. Bien que voisins de lit, Roussanov et Kostoglotov ne se parlent pas.

Pour l’un, haut fonctionnaire, la réussite sociale vaut bien quelques concessions.

Pour l’autre, Kostoglotov, seule compte la dignité humaine.

Pour ces êtres en sursis, mais également pour Zoé la naïve, Assia la sensuelle, Vadim le passionné, c’est le sens même de leur vie qui devient le véritable enjeu de leur lutte contre la mort. Une œuvre de vérité.

Critique : 
Il est des chroniques plus difficile à écrire que d’autres parce qu’on ne sait pas vraiment par quel bout commencer, ni comment l’introduire.

Un peu comme un œuf qu’une poule aurait du mal à pondre tant la lecture fut longue, dure, intensive, mélangeant des tas d’émotions qu’à la fin, on termine un peu saoule. Et devant sa page blanche.

Éliminons déjà le caillou dans la chaussure, perçons l’abcès de suite : j’avais pris plus de plaisir dans « Une journée d’Ivan Denissovitch » mais les deux romans ne sont pas comparables au niveau du nombre de pages (700 ici).

Pourtant, dans cet hôpital qui soigne les cancéreux, nous avons ici aussi un large panel de la société russe dans toute sa splendeur.

Paul Roussanov est un crétin fini (dans le sens de veule et méprisant) qui s’insurge qu’une tumeur ait osé s’en prendre à lui, cadre zélé du parti communiste ! Non mais… Il est exigeant, s’insurge qu’on ne l’ait pas encore examiné après 18h et menace toujours de porter plainte.

Face à lui, Kostoglotov, un relégué qui a vécu les purges staliniennes, les camps du goulag et la guerre. Un personnage que j’ai mis du temps à cerner…

Nous avons aussi, pour équilibrer le bateau, le bienveillant Sigbatov, condamné à se faire emporter par sa maladie, le cynique Pouddouïev, un moribond désœuvré… Chaly qui boit de la vodka,

Sans oublier l’étrange Chouloubine, qui  contemple la salle, silencieux. Du côté des médecins, on a la dévouée Lioudmila Dontsova, Vera Kornilievna Gangart dont la vie se résume à son travail, le serein Léonidovitch, le chirurgien respecté, et Zoé, l’impudente et naïve infirmière.

Dans cet espèce de huis-clos où toutes ces personnes sont obligées de cohabiter, malgré leurs différences de statut social (le Roussanov a refusé le pyjama de l’hosto et a amené le sien), vous n’échapperez pas aux méthodes de soin de l’époque – déjà des rayons, oui ! – ni aux regards des médecins sur ce crabe qu’ils tentaient déjà d’enrayer à l’époque.

L’époque, parlons-en, tien ! Elle n’est pas de tout repos non plus… 1955, Staline est out, mort et embaumé, et le pays est dans une phase de déstalinisation, ce qui n’arrange rien.

La maladie, par contre, les met égaux, se fichant pas mal qu’ils soient ancien prisonnier ou cadre du parti ! Là, c’est égalité. Et la maladie vous montre aussi une part peu connue des gens malades. Pas toujours la meilleure chez certains.

— Et pourquoi lire ? Pourquoi, si on doit tous crever bientôt ?
La balafre de « Grandegueule » frémit.
— C’est justement parce qu’on doit tous crever qu’il faut se dépêcher. Tiens, prends.

Malgré le fait que j’ai aimé découvrir ce petit monde qui souffre, qui espère, qui partage, qui se chamaille, qui perdent courage, qui se battent, j’ai souffert de certaines longueurs dans le roman au point que j’ai sauté des lignes.

Problème aussi, le nom des personnages qui changent souvent, étant appelé selon un nom et ensuite un autre… ça n’aide pas ! Lioudmila Afanassievna alias Dontsova, par exemple ou Paul Nikolaievitch qui est ensuite appelé Roussanov ou Paul Nikolaievitch Roussanov. Bon, lui, vu son caractère de chien, il était reconnaissable.

Soljenitsyne a été soigné dans un pavillon pour cancéreux et il a connu le goulag… Kostoglotov devait lui ressembler un peu. Un homme qui a connu l’horreur dans la vie et qui malgré tout, avance encore et toujours. J’ai aimé le personnage.

C’est un roman sombre, qui vous parle de ce régime qui oubliait sciemment ses membres les plus faibles et qui se complaisait dans ses odieuses certitudes.

Nizamoutdine Bakhramovitch avait aussi insisté pour que l’on ne gardât pas les malades condamnés. Leur mort devait survenir, autant que possible, hors de l’hôpital; cela libérerait de nouveaux lits, épargnerait un spectacle pénible aux malades qui restaient et améliorerait les statistiques, ces malades étant rayé non pour raison de décès, mais avec mention : « État aggravé. »

Un roman qui vous ouvrira tout grand les portes de la souffrance humaine…

Cela faisait six mois que je souffrais comme un martyr, j’en étais arrivé le dernier mois à ne plus pouvoir rester ni couché, ni assis, ni debout sans avoir mal, je ne dormais plus que quelques minutes par vingt-quatre heures, eh bien, tout de même, j’avais eu le temps de réfléchir ! Cet automne-là, j’ai appris que l’homme peut franchir le trait qui le sépare de la mort alors que son corps est encore vivant. Il y a encore en vous, quelque part, du sang qui coule mais, psychologiquement, vous êtes déjà passé par la préparation qui précède la mort. Et vous avez déjà vécu la mort elle-même.

Un roman qui vous fera découvrir la Russie du 20ème siècle, celle de tous les excès, sa grandeur, ses injustices et l’amour énorme que portent ses habitants à leur chère patrie.

Un roman où il ne faut pas vraiment chercher un récit, une histoire, du suspense, car vous êtes juste face à un panel de patients et des médecins qui sont confrontés à la maladie et au manque de place dans cet hôpital de Tachkent

Un roman sombre, un roman qui dénonce un régime, un roman humaniste aussi, qui met en avant la capacité de l’humain à s’inscrire dans son destin. Ou pas.

Challenge « Myself II » par Près de la Plume… Au coin du feu et le « Pavé de l’Été » chez Sur Mes Brizées.

CHALLENGE - Pavé de l'été 2015

Bilan Livresque Mensuel : Juillet 2015

BILAN - Sherlock A lu tout ça - OKJuin avait été gargantuesque, Juillet est revenu à la normale avec 11 romans lus (dont un pavé de 700 pages qui fut long et dur), 1 manga, 1 comics (relecture) et 9 bédés lues (dont 2 relues).

Le mois a commencé par un roman dont vous ne lirez jamais la chronique puisque je l’ai lâché à la page 80, n’avançant plus et ayant l’esprit qui s’échappait. Il s’agissait de Mourir la belle affaire d’Alfredo Noriega.

Impossible de rentrer dans l’histoire, le style décousu m’a rendue folle et après avoir lu la fin (my god, l’horreur absolue), j’ai laissé tomber le roman. Ça m’ennuie fortement parce que j’avais rencontré l’auteur à la Foire du Livre de Bruxelles et c’était un homme qui parlait bien. Je ne lui ferai pas l’insulte de dézinguer son roman que j’ai à peine lu.

C’est le cœur en berne que j’ai quitté l’Amérique du Sud (Équateur) pour mettre le cap (warf) sur l’Afrique et le Mali pour me sniffer quelques rails de coke avec Black Cocaïne de Laurent Guillaume (ICI). Le portrait du Mali est cash, brut de décoffrage, violent.

L’histoire ne perdra pas de temps en salamalecs inutiles, on rentre direct et on en sortira groggy, secoué, éprouvé après cette putain de bonne lecture !

Puisque j’étais sur le continent Africain, je me suis dit qu’il fallait en profiter pour lire Dust, de Sonja Delzongle (ICI). Hop, direction le Kenya pour savoir ce qu’il en est de ces étranges croix de sang tracées au sol. Le scénario est pas mal, mais l’héroïne est à chier, trop parfaite, trop intelligente.

Avec un sujet aussi important au menu, dans un décor rempli de misère, c’est malheureux d’avoir fait un roman aussi foireux. De bons ingrédients, un chaudron qui ne demande qu’à bouillir… Tout ça pour arriver à un résultat tel que ce que je viens de lire, c’est donner des perles aux cochons ! Et j’en suis la première peinée que le beau côtoie le médiocre.

Allez, cap sur l’Afrique du Sud (mwarf, cap sur Le Cap) pour La Tuerie d’Octobre de Wessel Ebersohn (ICI), un roman noir dont l’auteur fut souvent interdit de publication dans son pays (Coin Perdu Pour Mourir fut longtemps interdit en Afrique du Sud).

L’enquête est bien menée, les personnages, à la psychologie fouillée, m’ont entrainé dans une Afrique du Sud qui a mal et l’auteur m’a subjugué avec sa plume simple, mais efficace, perfide aussi, et qui a fait mouche sans sombrer dans le grandiloquent ou le n’importe nawak. Un roman noir « coup de poing » et un final « coup de pied dans le cul ».

À croire que mon Mois Anglais m’a perturbée au point de débuter juillet par un Mois Africain ! J’étais en Afrique du Sud, j’y suis restée pour Les Soldats de l’aube de Deon Meyer (ICI). Ce roman qui avait tout des airs d’un Derrick pépère se révèle plus profond que ce que j’avais pensé au début. Le suspense est présent, savamment dosé et le mystère ne sera dévoilé qu’à la fin des 7 jours d’enquêtes (on est en juillet 2002).

Les personnages sont au poil, avec un Zet qui a les manières d’un Rick Hunter – la précision de tir en moins – la sagacité d’un Sherlock et le caractère d’un ours mal léché qui aurait gagné Master Chef, vu la manière dont il nous mitonne des bons petits plats. Un régal !

Retour à Londres avec le manga Black Butler – Tome 19 de Yana Toboso (ICI). L’enquête sur les loups-garous de la forêt maudite continue et Ciel et Sebastian ne ménagent pas leur efforts, au point d’être touché par ce mal étrange eux aussi.

Festival bédé et holmésien ave Sherlock Holmes Society – Tome 1 – L’Affaire Keelodge de Sylvain Cordurié & Stéphane Bervas (ICI), incursion dans le monde des Nains – Tome 1 – Redwin de la forge de Nicolas Jarry & Pierre-Denis Goux (ICI) et retour à Londres ave Les Quatre de Baker Street – Tome 6 – L’Homme du Yard de Djian & Legrand (ICI). J’ai passé un super moment de lecture en passant de trois bédés différentes l’une de l’autre.

Voilà un roman qui n’a pas trainé sur les étagères !  Le carnaval des hyènes de Michaël Mention (ICI) est passé de suite à la casserole ! La plume est incisive, trempée dans l’encre du réalisme, dépouillée de tout artifices dont la télé nous a habituée.

Pied intégral en dévorant l’histoire et en me gavant de l’écriture de Michaël. Un grand moment de lecture et un pied magistral avec 220 pages.

Victorian Undead – Sherlock Holmes Vs zombies de Ian Edginton & Davidé Fabbri (ICI) est une relecture, mais je me régale à chaque fois de Sherlock Holmes mis face à des créatures qui ne sont plus vivantes. Le tout très joliment mis en dessins !

Van Helsing contre Jack l’Éventreur – Tome 1 – Tu as vu le Diable de Lamontagne & Radovic (ICI) est une relecture puisque j’avais acquis le tome 2. Il est toujours aussi super, décors au top, dialogues au poil, reconstitutions géniales.

Van Helsing contre Jack l’Éventreur – Tome 2 – La Belle de Crécy de Lamontagne & Reinhold (ICI) confirme tout le bien que j’avais déjà pensé du tome 1. Suspense, embrouilles, fausses-pistes… du pur bonheur !

Qui dit acquisition des tomes 11 et 12 dit relecture des 9 et 10 qui constituent le début de la nouvelle saga d’Arleston et Floch : Les naufragés d’Ythaq – Tome 9 – L’impossible vérité fut relu avec le Tome 10 – Nehorf capitol avant que je puisse me lancer dans les Tomes 11 – L’Haleine de l’Ogre et 12 – Les Clés du néant ! De l’humour, de la science-fiction, des personages attachants, qu’on aime, ou qu’on déteste, de l’action et des manoeuvres politiques. J’adore.

J’avais jamais osé ouvrir Simetierre de Stephen King et c’est grâce à une LC avec Stelphique (ICI) que j’ai osé le lire. Une lecture qui restera gravée dans mon âme, une lecture qui explore notre refus de voir disparaître ceux auxquels on tient le plus; que ce soit nos proches ou tout simplement nos compagnons à quatre pattes de notre enfance.

Encore un putain d’excellent bouquin du King du Maine !! (à ne pas confondre avec celui de Memphis).

Celui là, je l’ai cherché longtemps, tellement j’avais envie de le lire. Une fois acheté, il n’a pas trainé mais je suis un peu mitigée de ma lecture de Or Noir de Dominique Manotti (ICI). Le début fut laborieux et ce n’est que ensuite que j’ai trouvé ma vitesse de croisière. Eu raison de m’accrocher, mais ce ne fut pas facile.

La blogo en disait le plus grand bien (surtout certains potes) et ils avaient raison parce que La Fille du train de Paula Hawkins (ICI) avait tout pour me plaire. Un roman plus psychologique et profond que de la course-poursuite, une héroïne que j’aurais bien bastonnée, mais qui se révélera sur la fin. Fallit le temps qu’elle désoule !

Coup de cœur avec Papillon de nuit de R.J. Ellory (ICI) qui explore, aux travers les souvenirs de Daniel Ford, sa vie en Caroline du Sud avec son ami Noir, Nathan Vernet, alors que la déségrégation raciale venait à peine de commencer. Un roman noir mais aussi Blanc, un roman sombre mais éclairé, un roman carcéral mais libérateur, un roman fort mais doux, des émotions à m’en nouer les cou… les tripes et le coeur !

Laborieuse fut mon début de lecture avec Le pavillon des cancéreux d’Alexandre Soljenitsyne (À venir). L’échantillonnage est varié, on a des personnages issus de tous les milieux et se faisant soigner dans cet hôpital pour le cancer, à l’heure où la déstalinisation a commencée. Superbe, mais de grosses longueurs souvent !!

Bilan Livresque Juillet : 11 Romans, 1 Manga, 1 Comics et 9 Bédés = 22

  1. Mourir, la belle affaire : Alfredo Noriega
  2. Black Cocaïne : Laurent Guillaume
  3. Dust : Sonja Delzongle
  4. La Tuerie d’Octobre : Wessel Ebersohn
  5. Les Soldats de l’aube : Deon Meyer
  6. Black Butler – Tome 19 : Yana Toboso
  7. Sherlock Holmes Society – Tome 1 – L’Affaire Keelodge : Sylvain Cordurié & Stéphane Bervas
  8. Nains – Tome 1 – Redwin de la forge : Nicolas Jarry & Pierre-Denis Goux
  9. Les Quatre de Baker Street – Tome 6 – L’Homme du Yard : Djian & Legrand
  10. Le carnaval des hyènes : Michaël Mention
  11. Victorian Undead – Sherlock Holmes Vs zombies : Ian Edginton & Davidé Fabbri
  12. Van Helsing contre Jack l’Éventreur – Tome 1 – Tu as vu le Diable : Lamontagne & Radovic
  13. Van Helsing contre Jack l’Éventreur – Tome 2 – La Belle de Crécy : Lamontagne & Reinhold
  14. Les naufragés d’Ythaq – Tome 9 – L’impossible vérité : Arleston & Floch
  15. Les naufragés d’Ythaq – Tome 10 – Nehorf capitol : Arleston & Floch
  16. Les naufragés d’Ythaq – Tome 11 – L’Haleine de l’Ogre : Arleston & Floch
  17. Les naufragés d’Ythaq – Tome 12 – Les Clés du néant : Arleston & Floch
  18. Simetierre : Stephen King [LC avec Stelphique]
  19. Or Noir : Dominique Manotti
  20. La Fille du train : Paula Hawkins
  21. Papillon de nuit : R.J. Ellory
  22. Le pavillon des cancéreux : Alexandre Soljenitsyne

BILAN - Bananaaaah - OK

Papillon de nuit : R.J. Ellory

Titre : Papillon de nuit                                                              big_5

Auteur : R.J. Ellory
Édition : Sonatine (2015)

Résumé :
Après l’assassinat de John Kennedy, tout a changé aux États-Unis. La société est devenue plus violente, la musique plus forte, les drogues plus puissantes que jamais. L’Amérique a compris qu’il n’y avait plus un chef, un leader du pouvoir exécutif, mais une puissance invisible. Et si celle-ci pouvait éliminer leur président en plein jour, c’est qu’elle avait tous les pouvoirs.

C’est dans cette Amérique en crise que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Vernet, son meilleur ami.

Nous sommes maintenant en 1982 et Daniel est dans le couloir de la mort. Quelques heures avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Et que la politique et l’histoire des sixties ne sont pas qu’une simple toile de fond dans la vie de Daniel, peut-être lui aussi victime de la folie de son temps.

Petit Plus : Publié en 2003 outre-Manche, Papillon de nuit est le premier roman de R.J. Ellory. Récit d’un meurtre, d’une passion, d’une folie, il nous offre une histoire aussi agitée que les années soixante.

Critique : 
Avec Ellory, mon esprit littéraire a joui une fois de plus. Le récit m’a pris à la gorge, au cœur, dans mes tripes, dans mes cou… Ah non, ça j’en ai pas !

Cet auteur a une manière bien à lui de décrire les années sombres des États-Unis, alors qu’il est anglais, et j’en redemande à chaque fois.

Ici, c’est tout un pan des sixties qu’il va mettre en scène. Les années 60 et sa putain de guerre du Vietnam, cette boucherie à ciel ouvert pour jeunes recrues qui ne savaient même pas où ça se trouvait.

Les années 60, c’est aussi l’époque où les Noirs acquièrent enfin des droits. Oui, mesdames et messieurs, ça ne remonte pas à si loin que ça, l’entrée des Noirs à l’université, dans ce grand pays qui se prend pour le gendarme du monde et grand donneur de leçons devant l’Éternel.

Enfin, le droit d’aller à l’unif… c’est sur papier ! La loi le dit, mais faut encore qu’on autorise ces personnes à franchir la porte. Du côté des États du Sud, ils résistent encore et toujours à la déségrégation raciale.

Tout cela va nous être raconté aux travers des souvenirs de Daniel Ford, prisonnier dans le couloir de la mort.

Nous sommes en 1982 et notre Danny Boy, racontant ses souvenirs à un prête, va nous narrer son histoire d’amitié avec Nathan, un jeune gamin noir, quand ils avaient tous les deux 6 ans.

La plume d’Ellory m’enchante toujours autant et son premier roman ne fait pas exception. Lui, il peut même se permettre de faire des phrases courtes, ça passe toujours.

L’alternance des récits, celui de 1982 mélangé à des souvenirs d’antan, rend le roman addictif, on ne le lâche plus et on découvre avec effroi ces années sombres des États-Unis.

Des personnages bien campés, bien détaillés, un récit fort, puissant, magnifique, addictif, de l’émotion à l’état brut, sans jamais plonger dans le pathos gratuit, Ellory nous sert là un plat de résistance gargantuesque sans avoir besoin de nous servir un pavé.

Non, le pavé, on se le prendra dans la gueule si on est un grand naïf et qu’on ne sait pas encore qu’on ne nous dit pas tout et que les complots sont aussi nombreux dans certains milieux que les punaises de lit dans de la literie d’une auberge pouilleuse du 18ème.

Je savais que l’on pratiquait de la démagogie et de l’intox à tous les étages, mais Ellory en a ajouté quelques uns dont je n’avais pas encore connaissance.

L’Amérique s’est aperçue que ceux qui pouvaient tuer son président en plein jour pouvaient faire tout ce qu’ils voulaient. Il n’y avait plus un homme seul, le meneur de la nation, mais une fraternité invisible non élue. Et cette même fraternité nous a donné le LSD et la psychiatrie, l’amour libre, la pornographie, la violence à la télé, tout ce qui faisait qu’il était acceptable d’être dingue.

Un roman que j’ai dévoré, ne laissant aucune miette, me pourléchant les babines tout en le finissant sur les genoux, tant l’émotion m’avait saisie à la gorge, au cœur, dans mes tripes et dans mes cou…

Oui, si j’en avais eu, le récit m’aurait saisi là aussi. Un putain de super bon roman. Les mots me manquent.

BILAN - I-Love-Minion-Wallpaper - OKChallenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « Challenge US » chez Noctembule et « A year in England » chez Titine.

CHALLENGE - Sherlock___Running_Wallpaper_by_draft624 Corrigé CHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016