Bilan Livresque Mensuel : Août 2015

Alors, quoi de neuf en Août ?? Ben, on peut dire que j’ai déjà fait mieux… 7 romans (un 8ème était en cours de lecture), c’est décevant pour moi.  Mais les lectures furent bonnes, alors, on va pas se lamenter !

Il va sans dire que l’on ne lit pas « De sang-froid » de Truman Capote (ICI) comme on lirait un roman ordinaire puisque ceci n’est pas une fiction, mais tiré d’un fait divers bien réel qui a eu lieu en novembre 1959, à Holcomb, Kansas. Un roman qui m’a glacé d’effroi devant tant de sang-froid (ou sang-chaud) pour un quadruple crime qui aurait pu ne jamais avoir lieu.

J’attendais beaucoup de « Et ils oublieront la colère » d’Elsa Marpeau (ICI) et au final, je suis mitigée. J’ai aimé certains passages, j’ai frissonné, j’ai eu mal au coeur, mais certaines incohérences de scénario m’ont fait tiquer, foutant tout le bon travail en l’air, presque. Pourtant, le postulat de départ avait tout d’un grand.

Toujours dans le roman pas marrant, j’ai choisi « Aux animaux la guerre » de Nicolas Mathieu (ICI)  pour continuer dans la sombriture si bien commencée. Voilà un magnifique roman noir servi par une plume efficace et des personnages bien travaillés. Malgré la noirceur du sujet, il y a des petites traces d’humanité et d’espérance dans ce roman.

Allez, un peu d’humour avec notre introduction pour « Code 93 » d’Olivier Norek que je lisais avec Stelphique pour notre LC mensuelle (ICI) que vous attendez tous avec impatience. Dans ce roman, c’est le réalisme qui te pète à la gueule. T’es dans la cité, mec, alors fais profil bas et perds pas de vue qu’ici, tu n’es pas le bienvenu. On sent que l’auteur a mis ses tripes et ses connaissances dans ce roman. Nous avons adoré !

Un roman qui prenait la poussière, alors qu’il avait l’étiquette indiquant qu’il ne pouvait pas trop trainer… « Replay » de Ken Grimwood est sorti plus vite grâce à une LC proposée par Yvan (ICI) à plusieurs lecteurs. Magnifique !! C’est uécit de SF, mais on ne le ressent pas ainsi. Des personnages attachants, un récit qui se renouvelle sans cesse, des retrouvailles émouvantes, des séparations éprouvantes, un voyage dans le temps et dans l’Amérique des Sixties… un beau voyage.

Depuis le temps que je voulais le lire, c’est chose faite et je ne fus pas déçue par « Le dernier arbre » de Tim Gautreaux (ICI). Un grand roman coup de cœur qui ne vous laissera pas indifférent, un roman sur l’impitoyable capitalisme des années 20 dans une Amérique qui se gave de progrès technique au point de ne pas réfléchir et de détruire tout le capital « arbres ».

Là, j’ai eu aussi un gros coup au cœur au point de terminer la lecture en larmes. « Nous rêvions juste de liberté » de Henri Loevenbruck (ICI) est tout simplement à lire, à découvrir, un truc de fou, un roman magnifique, une balle en plein dans ton âme… De l’amitié, de la vitesse, de la folie, un zeste d’iscariotisme (moi aussi j’invente de mots) et ça donne un cocktail détonnant, une furie.

Commencé sur le fil du rasoir du mois d’Août et terminé pour début septembre, « Cible mouvante » de John Ross MacDonald (ICI) en version retraduite dans son intégralité de texte fut une belle découverte. Lew Archer, le privé qui hante ces pages est tout simplement génial. L’enquête part un peu dans tous les sens et après quelques moments plus longs, pour planter le décor, le reste filera tout seul pour donner un final en feu d’artifice qui m’a emporté au-delà d’un Colonel Moutarde dans la véranda avec la clef anglaise.

Bilan Livresque Août 2015 : 7 romans

  1. De sang-froid : Truman Capote
  2. Et ils oublieront la colère : Elsa Marpeau
  3. Aux animaux la guerre : Nicolas Mathieu
  4. Code 93 : Olivier Norek [LC avec Stelphique] <
  5. Replay : Ken Grimwood [LC proposée par Yvan]
  6. Le dernier arbre : Tim Gautreaux
  7. Nous rêvions juste de liberté : Henri Loevenbruck
  8. Cible mouvante : John Ross MacDonald (terminé en septembre)

L’indien blanc : Craig Johnson [Walt Longmire 3]

Titre : L’indien blanc                                                                         big_4

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister (2011)

Résumé :
Walt Longmire est le shérif du comté d’Absaroka depuis près d’un quart de siècle et n’a pas pour habitude de s’éloigner de ses terres familières du Wyoming.

Quand il décide d’accompagner son vieil ami Henry Standing Bear à Philadelphie, où vit sa fille Cady, il ne se doute pas que son séjour va prendre une tournure tragique.

Agressée pour une raison inconnue, Cady se retrouve dans un profond coma, première victime d’une longue liste, et Walt doit se lancer sur la piste d’un vaste réseau des trafiquants de drogue. Commence alors une longue errance urbaine sous la surveillance d’un mystérieux Indien blanc.

Petit Plus : Ce nouveau volet des aventures de Walt Longmire nous entraîne dans une course-poursuite haletante au cœur de la Cité de l’amour fraternel et confirme l’appartenance de ce shérif mélancolique à la famille des grands héros de roman policier.

Critique : 
QUOI ?? Comment cela se fait-il que l’on ne reste pas dans le comté d’Absaroka pour cet opus ?

Comment est-ce possible que cette enquête du shérif Walt Longmire ne se déroule pas dans le trou du cul du Wyoming, sous 50cm de neige ??

Et où c’est qu’il va, mon shérif préféré ? ♫ On the streets of Philadelphia ♪ Bon, d’accord, si c’est pour y retrouver Denzel Washington et Tom Hanks ou écouter The Boss Spingsteen chanter… Non ? Pour y rejoindre sa fille, Cady ? Je suis preneuse !

C’est toujours un plaisir pour moi de remettre mes bottes dans le Wyoming, plus particulièrement dans le comté régit par notre shérif Walt Longmire.

Imaginez combien je fus déstabilisée en apprenant qu’il allait sortir de son bled paumé pour rejoindre la ville de Philadelphie et que je ne passerais pas du temps avec la joyeuse bande habituelle de ses adjoints et flics de service.

Mais puisque le chien et Henry Standing Bear, son ami Cheyenne, étaient de la partie, j’ai tout de suite trouvé le voyage intéressant. Mais une fois arrivé à Philadelphie, rien ne s’est passé comme prévu. Bardaf, ce fut l’embardée…

On ne lit pas une enquête du shérif Walt Longmire pour sa vitesse d’action. Le lecteur en quête de thriller ou policier trépidant devra passer sa route… À ses risques et périls car il ratera par la même occasion un roman profond, des personnages humains, un shérif à 100 coups de fusil des flics borderline et alcoolo que l’on a tendance à trop croiser ces derniers temps.

Oui, on ouvre un roman avec Walt Longmire pour retrouver des amis, une famille, une bande de joyeux drilles de flics qui contrebalancent souvent les moments délicats par quelques vannes bien placées. Surtout le shérif.

Nous convînmes de nous rencontrer le lendemain, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, mais avant tout, à l’heure du petit déjeuner. Ils me dirent de garder le portable de Cady. Je leur demandai si j’avais droit à un insigne en plastique du PPD, mais ils me rappelèrent les restrictions budgétaires.

Mon ami Henry Standing Bear disait que la bibliothèque était l’endroit où les avocats allaient dormir pour deux cent cinquante dollars de l’heure environ.

Il faut dire que lorsque vous surnommez votre ami indien « La Nation Cheyenne », que votre adjointe Vic est surnommée par sa famille « La Sainte Terreur » ou « La terreur » tout court et qu’un autre de vos adjoints soit un Basque, ça laisse présager des moments comiques…

Quitter le comté d’Absaroka n’était pas une mauvaise idée, tout compte fait ! Arpenter les steets of Philadelphia fut un plaisir de fin gourmet car ils avaient emmené avec eux un petit morceau du Wyoming.

L’enquête prend son temps, sans trainer non plus, les cadavres se ramassent, telle les feuilles mortes, à la pelle et il faudra faire gaffe de ne pas se recevoir une balle mal placée.

Une enquête menée avec la hache de guerre déterrée mais sans pouvoir faire justice sois-même puisqu’on arrivera toujours, telle la Cavalerie, avec du retard.

De l’humour, une enquête, des moments émouvants, d’autres plus coquins, des balles qui vous frôlent et de la Blanche qu’il ne vaut mieux pas trafiquer.

L’auteur sait comment mélanger tous les ingrédients qui font un bon polar, et il le fait au shaker et pas à la cuillère. J’adore le déguster affalée dans le divan et me laisser porter par son écriture qui ne renie jamais les bons mots ou les pensées philosophique.

Nous nous trouvions dans un endroit qui ressemblait aux réserves indiennes là-bas, chez moi, un endroit où les rêves mourraient sans avoir eu le temps de naître, un endroit pour les vivants et plus probablement pour les morts.

— Nous appelons ça le débourrage forcé. Là, d’où je viens, quand on a un cheval qui a trop de caractère, on l’attache tout simplement à une mule pour la nuit. Quand on revient le lendemain matin, on a un cheval différent.
Elle m’observa.
— J’imagine que c’est toujours la mule qui gagne ?
— Oui presque toujours.

Toujours un plaisir de retrouver la fine équipe de Walt Longmire et de suivre leurs enquêtes, même si celle-ci comportait des tas de poulets philadelphiens.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « Le Mois Américain » chez Titine.

CHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016 CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014