Frankenstein ou Le Prométhée moderne : Mary Shelley [LC d’Halloween avec Stelphique]

Titre : Frankenstein ou Le Prométhée moderne                       big_5

Auteur : Mary Shelley
Édition: Marabout (1964) / J’ai Lu (1993 – 1997 – 2005) / Presse Pocket (2000) / LP (2009)

Résumé :
Victor Frankenstein, scientifique genevois, est recueilli sur la banquise par un équipage faisant route vers le Pôle Nord.

Très tourmenté, il livre son histoire au capitaine du bateau : quelque temps auparavant, il est parvenu à donner la vie à une créature surhumaine.

Mais celle-ci sème bientôt la terreur autour d’elle…

Critique de Cannibal (Stelphique en bas) :
Ce roman fait partie des romans qui m’ont marqué. Je l’avais lu il y a longtemps et si j’ai décidé de le relire, c’est un peu à cause de ma binômette Stelphique qui l’a choisit pour fêter dignement Halloween (© Cannibal Approuved).

Tout d’abord, remarquons que ce roman a été écrit par une femme. À l’époque (1818), ce n’était pas rien ! Voilà, c’était la minute de féminisme…

Lorsque j’ai décidé de lire ce livre pour la première fois, dans les années 1990 (80-10 pour mes amis français), je croyais tout savoir sur Frankenstein.

Et bien, comme on dit chez nous, j’aurais mieux fait de laisser croire les bonnes sœurs, elles sont quand même là pour ça et en plus, elles sont payées pour…

J’avais tout faux ! Mais vraiment tout faux. Une claque que je m’étais prise dans la figure à l’époque. Mon jeune âge en était sans doute la cause (18). Puisqu’en 2015 j’ai plus que dépassé ou doublé l’âge de raison, allais-je encore avoir les mêmes frissons ?

Sachez tout d’abord qu’il ne faut pas confondre le Professeur Frankenstein et la créature du Professeur Frankenstein, cette même créature composée de divers fragments de cadavres.

Enfin non, ce sont les films qui nous montre un professeur en train de déterrer des cadavres et mon visionnage de « Frankenstein Jr » ne m’aide pas à avoir l’esprit clair.

Ici, dans le roman, l’auteur ne nous explique pas comment le docteur met au point sa créature, alors, oublions les cimetières à minuit par des nuits sans lune, les cadavres en putréfaction et les éclairs d’un gros orage pour donner la vie.

Alors, ce replay, qu’est-ce que ça a donné ? Et bien, je suis toujours en colère sur le jeune Victor Frankenstein ! Si cet éminent étudiant en science avait envie de créer une vie, il lui suffisait pour cela d’introduire son éprouvette dans le tube à essai d’une fille, d’y laisser un dépôt en liquide et de renouveler l’opération autant de fois que nécessaire !

La phrase de Rabelais illustre bien ce que fit Frankenstein : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Notre Victor l’apprendra à ses dépends, lui qui voulu se faire l’égal de Dieu en créant une vie. Tel Icare, il se brûla les ailes et la chute fut longue et dure.

Voilà un jeune homme qui, durant 2 ans travailla sans relâche sur l’élaboration de sa créature, s’éloignant du monde des vivants, restant tout ce temps sans donner la moindre nouvelle à sa famille, fils ingrat et, au moment où sa créature ouvrit les yeux, tel un enfant qui a attendu son cadeau sous le sapin, il s’en détourne et l’abandonne lâchement à elle-même.

Une sinistre nuit de novembre, je pus enfin contempler le résultat de mes longs travaux. Avec une anxiété qui me mettait à l’agonie, je disposai à portée de ma main les instruments qui allaient me permettre de transmettre une étincelle de vie à la forme inerte qui gisait à mes pieds. Il était déjà une heure du matin. La pluie tambourinait lugubrement sur les carreaux, et la bougie achevait de se consumer. Tout à coup, à la lueur de la flamme vacillante, je vis la créature entrouvrir des yeux d’un jaune terne. Elle respira profondément, et ses membres furent agités d’un mouvement convulsif.

Mégalomanie et ensuite, abandon. Frankenstein, vous êtes l’instrument de votre propre chute.

Cela faisait presque deux ans que je travaillais dur, avec pour seul objet de communiquer la vie à un corps inanimé. Je m’étais à cet effet privé de repos et j’avais compromis ma santé. J’avais désiré cet objet avec une ardeur qui allait bien au-delà de ce qu’accepte la modération, mais maintenant que j’en avais terminé la beauté du rêve avait disparu et une horreur et un dégoût à couper le souffle m’emplissaient le cœur. Incapable de supporter la vue de l’être que j’avais créé, je quittai précipitamment la pièce.

À nouveau j’ai été transportée par le récit que la créature fera à son créateur de la vie qu’elle mena, livrée à elle-même. Elle souffre, cette créature, d’être fuie par les humains, quand bien même elle leur aurait rendu des services cachés.

« Ne pas connaitre l’amitié est la pire des infortunes ».

Un démon m’avait arraché tout espoir de bonheur à venir; nulle créature n’avait jamais été aussi malheureuse que moi; un évènement aussi effrayant est unique dans l’histoire humaine.

Sa souffrance et sa haine de l’humain suinte de toutes les pages du roman. J’ai eu mal avec elle. Oui, elle a tué… mais le professeur l’avait abandonné à son triste sort et cette pauvre créature n’avait pas envie d’avoir le côté pacifiste d’un Joseph Merrick.

« Maudit soit le jour où j’ai reçu la vie ! ai-je hurlé. Maudit soit mon créateur ! Même TOI, qui m’a fait, je te dégoûte ! Dieu à créé l’homme à son image, mais moi je suis la forme corrompue de la tienne, plus horrible même! Satan a des compagnons pour l’admirer et le suivre, moi je reste solitaire et haï. »

Sans cesse, je cherchais l’amour et l’amitié, et je ne rencontrais que le mépris. N’y avait-il pas là une injustice ? Dois-je donc passer pour le seul criminel, alors que l’humanité entière a péché contre moi ?

Relire tout le passage où la créature est cachée et observe une famille, apprenant à parler et découvrant une partie de l’Histoire du monde est tout simplement magnifique. Elle ne sait rien et sa virginité est éclairante car nous nous découvrons aux travers de ses pensées et il est vrai que l’humain est capable du pire comme du meilleur.

« Tout ce nouveau savoir m’inspirait des sentiments bizarres. L’humain pouvait-il être si puissant, si magnifique, et à la fois si mauvais, si vil ? Se montrer grand, noble, sensible, mais également plein d’abjection et de bassesse ? »

Mettez vos a priori sur le côté, laissez croire les bonnes sœurs et ne pensez pas tout savoir d’une œuvre avant de vous être penchée dessus parce que ce roman vous remettra à votre place.

La plume de Mary Shelley est envoûtante et le récit se lit d’une traite, bien que le début soit un peu plus lent et l’introduction sous forme épistolaire.

Un livre qui m’avait marqué au fer rouge et qui me remet sa marque au même endroit. Vite, du synthol !

Les malheureux peuvent se résigner, mais il n’y aucune paix pour les coupables ! Les abîmes du remords empoisonnent la douceur qu’il y a, parfois, à se bercer d’un trop-plein de douleurs.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, le Challenge Halloween 2015 chez Lou & Hilde, « A year in England » chez Titine et LC impévue avec ma binômette Stelphique.

unnamedPourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Halloween et ses monstres! Je ne voulais pas avoir peur toute seule donc j’ai invité ma chère binôme dans cette lecture ! (© Cannibal Approuved cette initiative)

Synopsis :
Victor Frankenstein ! C’est l’inventeur, le savant maudit ! A quinze ans, il est témoin d’un violent orage foudre, traînée de feu, destruction d’un chêne… Son destin est tracé. Après des années de labeur, il apprend à maîtriser les éléments ; l’alchimie est pour lui une seconde nature.

Bientôt il détient le pouvoir de conférer la vie à la matière inerte. Nuit terrible qui voit la naissance de l’horrible créature faite d’un assemblage de cadavres ! L’œuvre de Frankenstein. Un monstre ! Repoussant, inachevé mais doté, d’une force surhumaine et conscient de sa solitude. Échappé des ténèbres, il va, dans sa détresse, semer autour de lui crimes et désolation.

D’esclave qu’il aurait dû être, il devient alors le maître, harcelant son créateur. Il lui faut une compagne semblable à lui… Pour Frankenstein, l’enfer est à venir…

Ce que j’ai ressenti :
« Esprits errants, si vraiment vous errez et si vous ne restez pas dans vos lits étroits, accordez moi un peu de bonheur ou conduisez moi comme votre compagnon, loin des joies de l’existence! »

Ma première satisfaction, c’est d’enfin avoir lu ce Classique ! Dès fois on s’en fait une montagne, on ne s’y aventure pas de peur que ce ne soit trop ardu comme lecture, mais finalement c’est n’est pas le style qui m’a rebuté malgré les 200 ans qui nous en sépare !

Connaitre enfin la véritable histoire de ce personnage et l’origine de ce mythe restera le gros « plus » de cette lecture. Maintenant je sais que Frankenstein n’est pas la créature mais le créateur, qu’elle était jaune (et non pas verte) et qu’elle n’est pas un monstre dénué de paroles, mais bien, un être pensant. C’est fou l’effet de la cinématographie de nos jours comme elle peut induire en erreur.

Pour ce qui est de l’œuvre en elle même, j’ai adoré l’incipit épistolaire! J’aurai même préféré suivre ce roman ainsi ! Ce Robert Walton a une passion dans son écriture qui nous anime des meilleurs sentiments! On se sent présent à ses cotés dans le Grand Froid et son enthousiasme est fortement contagieux ! Ce capitaine courageux et animé a eu plus mon intérêt qu’aucun autre personnage de ce livre.

« Qui peut arrêter un cœur déterminé et un homme résolu à tout ? » p18

« Je suis surement besogneux-entreprenant comme un artisan qui travaille avec persévérance et courage- mais en outre il y a en moi l’amour du merveilleux, la croyance au merveilleux, présente dans tous mes projets. » p16

Changement de style ensuite et autre personnage qui prend le relais… Déjà, j’accroche moins… La vie de Victor Frankenstein est intéressante jusqu’à ce qu’il crée sa fameuse créature… Là l’ennui commence à me saisir, car ce personnage sombre dans la mélancolie et se plaint, se plaint, se plaint…. J’aurai encore préféré suivre un savant fou imbu de lui même, que cet être lâche et abattu qui refuse de prendre ses responsabilités !

Le temps m’a paru long et ennuyeux à ses cotés, simplement parce qu’il me semblait trop apathique, et puis cette créature pensante (d’ailleurs là aussi Grand Mystère quant à sa capacité de vie et de conscience^^) qui détient les vraies valeurs de Bien décide de se tourner vers le Mal parce qu’il est rejeté? Mouais pas convaincue , moi!

Heureusement que sur la fin j’ai vu comme un petit regain d’intérêt pour ce duo maléfique et torturé.

Après, je peux comprendre que ce livre a ses adeptes, mais c’est surtout l’imaginaire vers quoi il tend qui est intéressant! Les pensées et réflexions qui en découlent, plus que le texte en lui même qui manque un peu d’action. Précurseur d’un genre littéraire, il me fallait enfin connaitre ce Classique pour mieux apprécier la SF d’aujourd’hui.

Ma note Plaisir de Lecture  fee clochette  6/10

Rouge abattoir : Gilda Piersanti

510xvkdF44L._SX306_BO1,204,203,200_Titre : Rouge abattoir

Auteur : Gilda Piersanti
Édition : Pocket (2008)

Résumé :
Au cœur de la Ville éternelle ensevelie sous la neige, dans le très populaire et très branché quartier romain de Testaccio, une troisième jeune fille vient d’être assassinée, au beau milieu des fêtes de fin d’année.

Le commissaire D’Innocenzo ne croit pas à l’ hypothèse du tueur en série que les journaux se plaisent à rabâcher, mais ne sait plus comment maîtriser la peur qui gagne les habitants du quartier et cette population jeune et nombreuse qui fréquente, le soir, ses restaurants et ses discothèques et son cinéma.

Une jeune femme inspecteur, téméraire et secrète dans sa réputation, rejoint l’équipe du commissaire sans son consentement.

Au fil des heures et du raisonnement, une entente mutuelle finit par s’établir qui viendra à bout d’une histoire personnelle ensevelie, comme la ville sous la neige, sous les années de plomb de la vie politique italienne.

Critique : 
À qui c’est la main coupée que l’on vient de retrouver dans la neige ? Que le légitime propriétaire vienne la réclamer à la morgue !

Les gens sont d’un sans-gêne (à Rome, pas à Gênes), tout de même. Ils laissent trainer leur main coupée dans la neige au risque qu’une pauvre passante fasse une attaque d’apoplexie en tombant dessus.

Pour le commissaire D’Innocenzo, ça commence à bien faire. Voilà la troisième jeune femme retrouvée assassinée dans les paisibles rues du quartier romain et branché du Testaccio. Un assassin se prendrait-il pour une sorte de Jack lo Squartatore à la sauce spaghetti ?

En plus, pour le contrarier un peu plus, on lui dépêche, en direct des Abruzzes, une femme flic qui, un jour, s’est prise pour Clint Eastwood version Blondin et à refroidi un meurtrier en tirant plus vite que Lucky Luke himself.

Alors ? Bon, ça cassera pas trois pattes à une dinde de Noël, mais voilà un petit polar à la sauce bolognaise bien sympathique à se réserver pour un moment où on a pas trop la tête à ça.

L’enquête avance bien, on ne traine pas inutilement tout en entrant dans la vie privée des différents protagonistes, chacun ayant sa croix à porter, sans que cela devienne redondant ou déjà-lu.

Le côté ours bourru du commissaire s’effaçant tout doucement devant sa nouvelle collègue, sans pour autant sombrer dans le mièvre à deux balle.

Quant à Mariella de Luca, notre inspectrice, bien que cabossée par la vie, elle est plaisante elle aussi. Sa vie sexuelle, par contre, est un peu borderline. Menottes et déguisement sont de mises pour la coquine.

Niveau style d’écriture, il est tout ce qu’il y a de plus correct, agréable à lire, plaisant, riche mais sans devoir sortir son dico à toutes les phrases.

À éviter de lire en pleine canicule car l’enquête se déroule durant la période des fêtes de fin d’année (on commence le lendemain de Noël) et n’oubliez pas de sortir la calculette car nous sommes avant l’Euro !

Rien d’exceptionnel dans ce roman si ce n’est qu’il est reposant, agréable à lire et que de temps en temps, ça fait du bien pour donner du temps de libre à son cerveau occupé ailleurs.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et le « Mois Italien » chez Eimelle.

Frankenstein ou Le Prométhée moderne : Mary Shelley [Impressions de lecture]

Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 100) : Prise aux tripes
Plongée dans ce roman que j’avais dévoré il y a plus de 20 ans et dont je ne me souvenais plus que des grandes lignes. Les wagons ont été accrochés direct et je l’ai redécouvert. Calme au départ, et puis, le récit commence à prendre forme, à s’épaissir. La création… ou quand l’homme veut se faire l’égal de Dieu.

Impressions de Stelphique (page 1 à 110) : Surprise…
Frankenstein le savant fou, déjà c’est une surprise… Et puis Exit aussi la créature verte… Je crois qu’il fallait que je lise ce Classique pour m’en faire ma propre idée !!!
Je ne le vois pas du tout comme ça dans mon esprit, et je ne pensais pas que l’œuvre serait écrite de cette façon aussi….
Ouais, Surprise c’est le mot !!!!! Allez je vais voir ce qu’il a dire maintenant !!!!! 😉

Impressions du Cannibal Lecteur (page 101 à fin) : Mal aux tripes
Oui, mal aux tripes de voir comment Frankenstein a abandonné sa créature, celle pour qui il avait donné deux ans de sa vie. Mal de voir comment cet homme créé de toutes pièces fut rejeté et mal de voir comment il a tourné. Mes frissons furent de dégoût devant tout ces morts inutiles, tout ça pour la mégalomanie d’un homme.

Impressions de Stelphique (pages 101 à fin) : Dubitative.
Cette deuxième partie me laisse un peu perplexe. Je me suis un peu ennuyée dans ce milieu de roman, mais la fin a au moins le mérite de remonter tout ça ! Une lecture en demi teinte, loin des frissons que j’en attendais…

Frankenstein : Mary Shelley [LC imprévue avec Stelphique – Intro]

67371-gf♫ Vas-y Francky c’est bon
Vas-y Francky c’est bon bon bon ♪

— Non, Cannibal, arrête !
— Quoi Stelphique, tu n’aimes pas lorsque je chante ?
— *longue hésitation* Heu, si, ta voix est magnifique, mais là n’est pas la question.
— Tu m’as proposée une LC impromptue, à l’insu de mon plein gré avec ma volonté pour fêter dignement d’Halloween : Franck Einstein… D’où ma chanson sur Francky. Tu aurais préféré une intro plus intello du genre E=MC2 ? Ou alors sa célèbre phrase : « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »
— FRANKENSTEIN de Mary Sheilley ! Blonde, va ! Et l’autre, c’est Albert son prénom.
— Oups… mais je l’ai déjà lu tu sais, il y a longtemps, il fait même partie de mon Top 20 de mes livres préférés.
— Yvan relit bien plusieurs fois un certain roman qu’il a adoré. N’as-tu pas envie de vérifier si, avec l’âge plus prononcé, tu aimeras toujours le roman ? N’es-tu pas curieuse de savoir si tu as évolué et si le roman te fait toujours autant vibrer ? N’es-tu pas tentée par une sorte de Replay ?
— Et si avec le recul je ne l’aime plus ?? Je fais quoi ?
— Si tu recules… et bien moi j’éviterai d’avancer !

♫ Vas-y Francky c’est bon
Vas-y Francky c’est bon bon bon ♪

— Quelqu’un peut-il l’empêcher la Belette Cannibal de chanter ?? Y’a quelqu’un ?? Zut, ils sont tous partis dès qu’elle s’est mise à chanter…

Frankenstein Junior : Mel Brooks [FILMS]

Frankenstein Junior (Young Frankenstein) est un film américain réalisé par Mel Brooks, sorti en 1974.

Synopsis :

Frederick Frankenstein, arrière petit-fils du docteur Frankenstein, n’est pas fier des travaux de son arrière grand-père.

Après avoir donné un cours sur le système nerveux, Frederick est abordé par un homme apportant le testament de son grand-père. Frederick laisse alors sa fiancée Elizabeth et se rend au château familial en Transylvanie, où il est accueilli par Igor, un serviteur bossu et Inga, une laborantine.

Frederick décide à son tour de créer un être vivant à partir de cadavres. Igor est chargé de trouver le cerveau d’un génie pour l’implanter dans la tête de la créature. Malheureusement, Igor se trompe et apporte à son maître un cerveau anormal.

Fiche technique :

  • Titre français : Frankenstein Junior
  • Titre original : Young Frankenstein
  • Réalisation : Mel Brooks
  • Scénario : Gene Wilder et Mel Brooks, d’après le roman Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley
  • Production : Michael Gruskoff
  • Musique : John Morris et Victor Herbert
  • Photographie : Gerald Hirschfeld
  • Montage : John C. Howard
  • Décors : Dale Hennesy
  • Costumes : Dorothy Jeakins
  • Société de distribution : Twentieth Century Fox
  • Budget : 2 800 000 $
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Langue : anglais, allemand

Distribution :

  • Gene Wilder (VF : Gabriel Cattand) : le docteur Frederick Frankenstein (prononcé Frankenstine)
  • Marty Feldman (VF : Georges Riquier) : Igor (prononcé Aïgor)
  • Peter Boyle (VF : William Sabatier) : le Monstre
  • Madeline Kahn (VF : Perrette Pradier) : Elizabeth
  • Cloris Leachman (VF : Lita Recio) : Frau Blücher
  • Teri Garr (VF : Claude Chantal) : Inga
  • Kenneth Mars (VF : Georges Aminel) : l’inspecteur Hans Wilhelm Friederich Kemp
  • Gene Hackman (VF : Claude Joseph) : Harold (le vieil aveugle)
  • Richard Haydn : Gerhard Falkstein
  • Liam Dunn : monsieur Hilltop
  • Danny Goldman (VF : Jean-Pierre Leroux) : l’étudiant en médecine
  • Oscar Beregi Jr. (VF : Philippe Dumat) : le geôlier sadique

Ce que j’en ai pensé : HI-LA-RANT ! Pas à se rouler par terre, mais j’ai eu un sourire débile et béat pendant le visionnage de ce vieux film en noir et blanc.

Ici, tout est burlesque, aussi bien dans les dialogues que dans les scènes.

Du serviteur bossu Igor (prononcez Aïgor), avec sa bosse qui change de côté et dont ses yeux globuleux sont un régal, à la gardienne du château du Baron Frankenstein, Frau Blücher, dont le seul nom fait cabrer les chevaux de peur, en passant par Inga, l’assistante laborantine du petit-fils Frankenstein qui pense un peu trop souvent au sexe.

Quant au descendant du docteur Frankenstein, celui qui se faisait appeler docteur Fronkonstine pour ne plus rien à voir avec son tristement célèbre aïeul, celui qui criait haut et fort qu’on ne pouvait pas réanimer la matière morte, et bien, il vaut tout les Oscars du monde.

Certes, l’humour ne fait pas dans le fin, on est dans le burlesque, dans l’outrancier, ici, mais je n’ai pas trouvé que c’était trop gras, ça vole tout de même plus haut qu’un certain Pilote dont-on se demandait s’il était dans l’avion !

Tout comme dans le roman, la Créature ne demande qu’un peu d’amour et de compassion, elle a beau avoir obtenu le cerveau d’un anormal, elle reste néanmoins un être vivant qui n’aime pas qu’on que le conspue ou que se moque.

La scène entre la créature et la petite fille est formidable, on sent venir la chose et lorsqu’elle se produit, on pète de rire. Mais le top du top revient à la scène avec l’ermite aveugle (Gene Hackman dans le rôle) qui elle, est à pisser de rire.

Et lorsque que notre aveugle, ne comprenant pas pourquoi son nouveau compagnon muet le quitte alors qu’il lui a servi une soupe, du vin et allumé un cigare lui crie « J’allais nous faire un expresso » on ne peut que s’esclaffer en se disant qu’on a perdu une scène burlesque car tout ce qui venait avant était tordant.

Dans le roman original, il y avait aussi un vieil aveugle, mais il ne vivait pas seul, mais avec ses enfants. Et cela n’avait rien de marrant, je vous le jure.

Bref, je vous avoue que ça fait du bien de se taper un film burlesque de temps en temps et je remercie mon vieux collègue et ses bons plans ciné !

Faut dire aussi que mon collègue doit dater d’avant l’invention du cinéma muet.

 

L’immense obscurité de la mort : Massimo Carlotto

Titre : L’immense obscurité de la mort                                     big_4

Auteur : Massimo Carlotto
Édition : Métailié (2006) / Points (2008)

Résumé :
Il s’est enfui avec le butin, sain et sauf – ça ressemble à miracle. Un miracle cher payé: il laisse derrière lui deux morts innocents et son coéquipier Raffaello, qui écope de la perpétuité.

Quinze ans plus tard, Raffaello formule un recours en grâce et demande le pardon de Silvano, père et mari des victimes.

Ce dernier, fou de douleur, accepte de pardonner pour mieux se venger.

Critique : 
Deux hommes, un braquage d’une bijouterie qui tourne mal. Une femme et son enfant abattus comme des bêtes par un des braqueurs qui carburait à la poudre Blanche.

Un mari et père dévasté par la mort brutale de sa femme, Clara et d’Enrico, son fils de huit ans. Dévasté est encore un faible mot pour un homme qui n’a jamais su se relever.

« Ma vie était enfermée pour toujours dans l’immense obscurité de la mort. Mon présent et mon avenir n’étaient que du temps passé dans l’antichambre à attendre la fin, parce qu’il ne me restait rien d’autre ».

Roman à deux voix, celle de Raffaello, le braqueur qui a pris perpète car il n’a pas donné le nom de son complice et celle de Silvano, l’homme qui a tout perdu. Notre braqueur étant atteint d’un cancer incurable, il a demandé à Silvano d’accepter sa mise en liberté.

Roman 100% ♫ black is black ♪ car il ne reste plus aucun espoir à Silvano sauf la vengeance, qui, comme vous le savez, se déguste froide.

Donc, si Raffaello – qui n’a rien d’une douceur à la noix de coco – sort de cabane, non seulement Silvano pourra se venger de lui, mais aussi mettre la main sur le complice, celui qui a flingué ses deux amours.

L’auteur, qui sait ce que c’est la prison, esquisse le milieu carcéral avec réalisme, sans en faire trop, sans en faire des tonnes. La vérité dans sa nudité toute nue.

Oui, la prison est méritée pour certains, mais elle reste néanmoins inhumaine et n’a rien d’un Club Med comme on pourrait le penser parfois. Les geôliers étant de pires voleurs que ceux qu’ils surveillent.

Durant tout le récit, jamais l’auteur ne se pose comme juge ou comme avocat de la défense. Au lecteur de porter un jugement sur les deux damnés que sont Raffaello et Silvano et moi, je ne m’y risquerai plus.

Sans concession aucune pour ses deux personnages clés, l’auteur les tourmente, nous plongeant dans leurs pensées les plus obscures, secrètes, leurs désirs les plus fous et, tout d’un coup, nous renverse la vapeur en nous démontrant que dans tout homme sommeille la bestialité et que de victime, on passe facilement au statut de bourreau.

— J’ai toujours été pour la peine de mort pour les criminels. Sauf que c’est aux magistrats d’émettre la sentence et à l’État de l’exécuter. On n’est pas au Far West, ici, monsieur Contin, et personne ne vous a accroché l’étoile de shérif sur la poitrine.
— Pourtant, c’est nous autres, les victimes.

Si au départ j’avais pensé que l’histoire allait être téléphonée, je suis vite revenue sur mes pas car le roman part dans un sens totalement inattendu, plongeant même au plus profond de la noirceur humaine.

Un roman court, bref, intense, plus fort qu’un expresso dont la cuillère n’oserait pas descendre, de peur de se perdre dans ce noir 100% remplit de sombritude (néologisme).

Corsé, âpre, avec un récit taillé au scalpel, une plume acide et une autopsie de l’humain sans concession aucune pour le lecteur.

Un récit de rédemption, de folie et une vengeance qui fait froid dans le dos. Les personnages qui gravitent dans ce petit univers ne sont ni tout noir, ni tout blanc, ni tout à fait bon, ni tout à fait méchant. Ils sont gris.

Ici, en plus d’un récit noir, on a plein de nuances de gris et croyez-moi, il y en a plus que 50…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Challenge « À tous prix » (grand prix festival Cognac 2007) chez Asphodèle et le « Mois Italien » chez Eimelle.

CHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016CHALLENGE - Mois Italien

Nos disparus : Tim Gautreaux

Titre : Nos disparus                                                                            big_4-5

Auteur : Tim Gautreaux
Édition : Seuil (2014)

Résumé :
1918. Sam Simoneaux, dont la famille a été massacrée quand il avait six mois, débarque en France le jour de l’Armistice. On l’envoie nettoyer les champs de bataille de l’Argonne.

1921. Rentré traumatisé à La Nouvelle-Orléans où il est devenu responsable d’étage aux grands magasins Krine, Sam ne peut empêcher l’enlèvement, quasiment sous ses yeux, de Lily Weller, trois ans et demi.

Licencié, sommé par les parents Weller de retrouver leur enfant, il embarque comme troisième lieutenant à bord de l’Ambassador, bateau à aubes qui organise des excursions sur le Mississippi. Le roman longe le fleuve sur fond de musique de jazz – orchestre noir, orchestre blanc et alcool à volonté.

Au gré des escales et des bagarres, Sam, toujours en quête de Lily, met au jour un fructueux commerce d’enfants animé par quelques spécimens peu reluisants de la pègre des bayous.

Les vrais sujets de cette fresque naturaliste striée de noir restent les liens du sang, l’inanité de la vengeance et la transmission des valeurs.

Critique : 
Voilà ce qui s’appelle avoir une chance de cocu ! Sam Simoneaux ainsi que les autres combattants Américains, arrivent en France pour participer à la Première Guerre Mondiale le… 11 novembre 1918.

À peine descendu de leur rafiot, c’est des scènes de liesse partout : la guerre est finie. On pourrait penser qu’ils vont se tourner les pouces, mais non, faut déminer les champs remplis de grenades, bombes, obus… Sans se faire exploser sois-même !

Dès le début, en quelques pages (40), l’auteur, de sa plume sans concession, nous démontre toute l’absurdité, toute la bestialité, toute la cruauté et l’inhumanité d’une guerre. Nos soldats, tout dépités lorsqu’ils étaient arrivés de ne pas pouvoir participer à cette Grande Boucherie, comprennent ce à quoi ils ont échappés. Voir les corps déchiquetés et la terre éventrée vont les secouer et les traumatiser.

Ensuite ? Retour à la casa América pour nos hommes et Sam Simoneaux se retrouve à la Nouvelle-Orléans comme responsable d’étage aux grands magasins Krine.

N’allez pas croire qu’on se la coule douce, dans les romans de Tim Gautreaux. Nous sommes dans le Sud de l’Amérique, et c’est toujours un Sud poisseux et inhospitalier que nous allons évoluer. Un Sud aux mentalités raciales que vous connaissez bien. La tolérance, c’est toujours un gros mot.

Ici, on boit de l’alcool de contrebande, sorte de tord-boyaux qui donnera un peu de courage aux gens ou qui les fera oublier dans quelle misère noire ils vivent. Certes, tous ne vivent pas dans la misère, mais les contrastes sont assez prononcés entre les deux populations : les très riches et les pauvres.

Qualifier ce roman de policier ne serait pas faux, nous avons notre Sam qui va se muer en enquêteur de fortune afin de retrouver la petite fille kidnappée, presque sous ses yeux, au magasin.

Mais ceci n’est qu’une partie visible de l’Histoire avec un grand I. C’est aussi de l’Aventure que l’on vous propose, une Quête, parce que retrouver la gamine est une sorte d’exorcisme, une expiation d’une faute ancienne. Ce roman mélange habillement tout ces genres pour nous donner un plat de résistance dont on se pourlèche les babines.

Sorte de voyage initiatique sur un bateau à aubes remontant le Mississippi sur des airs de jazz et de bagarres, l’auteur nous ballade à travers le Sud sans que l’on voit le temps passer, nous présentant une (faible) partie de ses plus mauvais gens. Et les pires ne sont pas toujours chez les pauvres ! Mais certains valent la peine qu’on ne les croise jamais de notre vie.

— Mais ces gens sont complètement malades !
Les yeux de Soner lui parurent clairs et brillants.
— Absolument pas. Ils sont exactement comme vous et moi. Ils sont seulement descendus quelques barreaux plus bas sur l’échelle morale que la majorité.

— À cette époque, quand on rencontrait un Cloat, on finissait la gorge tailladée par un rasoir ou une balle de .45 dans le crâne. Enfin, si on était un homme. Les femmes, elles, devaient subir d’autres types de pénétration. Les Cloat ne sont pas d’ordinaires mauvaises graines d’assassins.

— Un des Skadlock dont je t’ai parlé.
— Moitié homme, moitié belette.
— Pour la partie belette, tu as sans doute raison.

J’ai joué de la musique pour des culs-bénis, des soulards ou des péquenauds, j’ai dansé au son de la musique Noire, j’ai essuyé des crachats, lavé le pont souillé de vomi, l’ai fait briquer, j’ai enquêté, j’ai terminé mes journées épuisée et vous savez quoi ? J’en redemande.

Il leva la main, puis la laissa retomber.
— Je n’y comprends rien. Il y a quelques jours encore, c’était une épave puante. Aujourd’hui, il me donne envie de partir en croisière au clair de lune.

Les bateaux à vapeur, ils sont toujours en bois, et pas du meilleur ni du plus épais. En fait, ces rafiots sont à peine plus solide que des cages à poules. Quand il y en a un qui se cogne contre le pilier d’un pont, sûr qu’en aval les gens ont plus besoin d’aller s’acheter des cure-dents pendant un bon bout de temps.

La plume de l’auteur fait toujours mouche, ses personnages sont toujours aussi fouillés, attachants ou donnant des envies de meurtre (une certaine bonne femme, surtout), sans nous gaver, il nous brosse le portrait d’une Amérique dans les années 20 avec détails, mais pas de trop. À nous d’aller voir ce qu’est un train des orphelins.

La trame n’est pas cousue de fil blanc parce que j’ai eu des surprises. Franchement, je pensais qu’on allait plier l’affaire en deux coups de cuillère à pot et bien non !

Un portrait sombre du Sud, des personnages taillés à la serpe, hantés par des deuils non accomplis, des idées de vengeance, des douleurs muettes et des envies de revenir en arrière pour tout changer.

Son oncle lui avait dit et répété que la vengeance ne menait nulle part et qu’un salaud se punissait tout seul en en étant un.

Il y a une humanité énorme dans le personnage de Sam et sa force de caractère lors de certains passages ont forcé mon admiration. Oui, il y a encore des traces d’humanité. Le roman en est rempli.

– Petit, un pistolet dans la poche d’un homme change sa façon de penser. Quand il n’en a pas, il hésite à prendre certains risques. Quand il en a un, il va là où il ne devrait pas, ou fait ce qu’il ne devrait pas faire. Il pense qu’une arme est un passe-partout, mais il se trompe.
– Mais c’est aussi une protection, non ? Un dispositif de sécurité ?
– Quand on ne sait pas nager, il vaut mieux ne pas s’approcher de l’eau.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et Le « Challenge US » chez Noctembule.

CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016 CHALLENGE - Polar historiqueCHALLENGE - US

Tea time [and coffee] : Tag avec Stelphique

Cannibal Lecteur : C’est sur le blog de Bianca que j’ai chipé ce petit TAG. Le thé est une boisson que j’apprécie beaucoup, surtout par fortes chaleurs ou grands froids…

Stelphique : Moi aussi Grande Amatrice de tous les thés, ce Tag alliant Thé/Lecture me branchait plus que tout !

Bref, je comptais faire le TAG. La petite nouveauté c’est qu’il sera réalisé avec ma binômette Stelphique et que puisque nous sommes amatrices de café, on a ajouté une section kawa. Sans le bô Georges Clooney à côté de la machine, mais avec toute notre verve livresque.

Et là, c’est juste l’idée de folie, parce que Thé/Café/Lecture, c’est encore plus de bonheur Je vous dis pas quand Cannibal Lecteur m’a proposé cette jolie extension comme j’étais trop contente !!!! Elle est si géniale ma binôme, plein de ressources cette fille, j’adooooooooooooooooooooore!

En principe, si je n’avais pas fait ma Blonde, nous aurions dû faire le TAG Musique à deux… mais bon, parfois je capte pas bien.

Ouais je crois qu’on aurait encore plus rigolé sur celui-ci !!! Parce que vive les mêmes références et délires similaires !!!!

Comme toujours, je triche un peu !

Ben forcement, sinon on te reconnaitrait pas….^^

English breakfast tea – Un livre que tout le monde t’as recommandé et que tu as donc fini par lire…
Cannibal Lecteur :
Heu, il y en a assez bien, mais je dirais que le dernier était « Nous rêvions juste de liberté » de Loevenbruck. Sans les potes de la blogo, je ne l’aurais même pas regardé. J’aurais perdu une superbe lecture.

Et oui que feriez sans nous?!!!!;)

Stelphique : On me conseille rarement des livres, c’est plus dans l’autre sens que ça fonctionne. Donc vive la blogo, pour piocher les bonnes idées! 😉

Earl Grey – Un livre sombre qui t’as laissé une forte impression même après l’avoir terminé…
Cannibal Lecteur : Mon premier traumatisme littéraire de jeunesse « Mon ami Frédéric » de Hans Peter Richer. Il y a aussi « La plupart ne reviendront pas » d’Eugenio Corti. Comme je triche, j’ajouterai « Le village » de Dan Smith, « Grossir le ciel » de Franck Bouysse et « Une terre d’ombre » de Ron Rash.

Stelphique : Je dirais Miserere de Grangé. Très dérangeant cette idée de mettre le Mal absolu dans des enfants. Je ne m’en remets toujours pas, mais niveau lecture , super évidemment !

Rooibos – Un livre qui t’as fait découvrir un autre pays que le tien…
Cannibal Lecteur : Le roman de Deon Meyer « Les soldats de l’aube » et « La tuerie d’octobre » de Wessel Ebersohn qui m’ont fait découvrir des pans peu reluisant de l’Afrique du Sud et de son apartheid.

Stelphique : J’ai été surprise et enchantée de partir en Mongolie, avec Yeruldegger de Ian Manook. C’est rare cette destination, donc d’autant plus intéressant.

Chaï – Un livre de ta PAL, que tu es sûre d’aimer avant même de l’avoir lu…
Cannibal Lecteur : Heu, j’hésite, j’en ai tellement… allez, mes dernières acquisitions : « Trait Bleu » de Jacques Bablon, sans oublier « Et justice pour tous » de Michael Mention et « Lonesome Dove » de Larry McMurtry.

Stelphique : allez moi aussi je pioche dans les nouveautés de ma PAL!!!!;) Donc « Trait Bleu » de Jacques Bablon (tiens c’est si bizarre, ça!!! Une autre LC ma binomette ???) et « Revival » de Stephen King.

Darjeeling – Une pépite que tu aimes tellement que tu la recommandes à tout le monde…
Cannibal Lecteur : Je recommande rarement des romans autour de moi car peu de gens lisent chez moi. Du moins, pas comme moi ! Sur la blogo, je ne fais pas non plus de la pub pour un seul livre, tout le monde n’ayant pas les mêmes goûts.

Stelphique : Souvent mes coups de cœur du moment, mais je crois que celui que je suis arrivée à convaincre le plus de lecteurs occasionnels, c’est « Nous rêvions juste de Liberté » de Loevenbruck.

Oolong – Le genre livresque que tu considères comme ton péché mignon…
Cannibal Lecteur : Les romans policiers à énigmes. Des vrais madeleines de Proust que sont devenus tous les Sherlock Holmes de Conan Doyle ou les Hercule Poirot de la mère Agatha Christie. Les déductions pour Holmes, les sorte de huis clos pour Poirot et la réunion de tous les protagonistes… j’adore !

Stelphique : La Bit-Lit. C’est pas mon genre de lecture préférée, mais quand je craque, je me régale.

Ginseng – Un livre qui t’as fait sortir d’une panne livresque…
Cannibal Lecteur : Vu mon stock, ma dernière panne livresque doit remonter à l’époque lointaine où j’avais 12 ans ! Sinon, je dirais qu’en décembre 2001, n’ayant pas de roman pour lire dans le train (oublié le mien à mon studio et là j’étais en visite chez mes parents),c’est ma sœur qui m’a dépannée en me mettant dans les mains le tome 2 de J.K Rowling « Harry Potter et la chambre des secrets » que je me refusais à lire. Je l’ai lu et j’ai continué la série !

Stelphique : Les pannes livresques ça arrive, mais, comme moi, ça tient de la folie pure, je ne peux m’empêcher de lire quand même, mais si je suis au creux de la vague, je prends souvent un Jeunesse. Pas prise de tête de préférence….

Camomille – Un livre qui t’as endormi et que tu n’as pas pu finir…
Cannibal Lecteur : immanquablement « Le roi en jaune » de Robert William Chambers. Il aura la palme de la plus belle sieste. C’est le dernier qui m’a endormi, sinon, j’ai les noms des autres aussi, si jamais vous étiez insomniaques.

Stelphique : « Songes de Mevlido » de Antoine Volodine, mais bon rien que déjà le titre il donnait envie de dormir, j’aurai du me méfier!!!!

Thé au jasmin – Un livre qui t’as chamboulé mais que tu n’as pas pu reposer avant de l’avoir fini…
Cannibal Lecteur : Il y a eu dernièrement « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee que j’ai failli dévorer en une seule journée. Dommage que je devais me lever tôt le lendemain, sinon, je le bouffais tout cru ! Et pour me chambouler, il m’a chamboulé. Idem avec « Sweet Sixteen » d’Annelise Heurtier.

Stelphique : « Wave« , de Sonja. Un témoignage bouleversant, une confidence que je n’arrivais pas à lâcher. 

Thé vert Matcha – Le livre que tu considères comme le joyaux de ta bibliothèque…
Cannibal Lecteur : Je dirais une édition anglaise du canon holmésien, en provenance toute droite du musée de Sherlock Holmes à Londres. J’ajoute aussi mon édition bilingue de chez Omnibus dans mes joyaux. Allez, soyons fous, on peut prendre toute ma collection littéraire holmésienne en fait… ainsi que les mémoires de Valérie T. en 36 volumes ! PTDR

Stelphique : C’est toute ma bibliothèque que je trouve être mon joyau de la maison, mais je dirais pour le coté sentimental, les Stephen King (d’époque) de ma grand mère.

Stelphique : Non mais là, je suis juste horrifiée !!!! Why ??? What ???? Pas de thé à la menthe ??? Mais c’est quoi ce TAG qui connait pas la douceur d’un très oriental moment ????!!! Pour qui veut, je peux vous en faire un merveilleux, j’ai eu ma formation auprès de ma belle famille…Il est fabuleux avec les gâteaux qui vont avec…. 😉 (Dix kilos plus tard….)

Cannibal Lecteur : T’énerves pas ma binômette, la Belette Cannibal va réparer l’oubli horrible. Oui, moi aussi j’adore le thé à la menthe !

Thé à la menthe – Le roman oriental de ta bibliothèque…
Cannibal Lecteur : Là, c’est la colle ! Ah, si, ça me revient, j’ai un roman de Marek Halter qui met en scène, de manière romancée, Fatima, la fille du prophète Muhammad.

Stelphique : Je dirais l’édition en quatre volumes des Contes des Milles et Une Nuits… Mais bon aussi la fameuse trilogie de Marek Halter que ma binôme vient de nommer !!! 😉

Café filtre — Le livre dont on voit le fond mais qu’on aime bien une fois de temps en temps…
Cannibal Lecteur : La collection des « Wiggins », romans de Béatrice Nicodème, rayon jeunesse. On y parle de Wiggins, le meneur des « Baker Street Irregulars », de Sherlock Holmes, mais bon, ça reste léger, très léger.

Stelphique : la saga Twilight. C’est cousu de fil blanc, mais c’était quand même un plaisant moment de lecture, je pense par contre que si je le relisais aujourd’hui, ça ne me ferait plus le même effet….(10 ans ont passé quand même !!!)

Expresso — Le roman noir bien serré qu’on a lu ou qu’on aimerait se faire…
Cannibal Lecteur : « Les mois d’avril sont meurtriers » et « J’étais Dora Suarez » de Robin Cook (l’anglais !) dans ceux que j’ai fait. L’excellentissime « La bête contre les murs » de Bunker. Dans ceux que j’aimerais déguster, il y a « Et justice pour tous » de Mention ainsi que « Trait bleu » de Bablon.

Stelphique : Ça sera ma prochaine lecture, mais je le sens d’ici qu’elle va être noire cette lecture : Perfidia de James Ellroy.

Américano — Le roman noir allongé (pas trop noir quoi)…
Cannibal Lecteur : Les romans de R.J Ellory. Un contexte social, mais pas QUE ça, des enquêteurs, des vrais, des assassins, un tableau assez sombre des États-Unis, sans être tout aussi Noir que ceux des pères fondateurs du Roman Noir.

Stelphique : Il était noir de chez noir !!! « Natural Enemies » de Julius Horwitz.

Macchiato — Le roman corsé mais onctueux en bouche…
Cannibal Lecteur : Mes romans Western publiés chez Actes Sud dans la collection « L’Ouest, le vrai ». Une collection dirigée par Bertrand Tavernier, ainsi que mes western publiés chez Gallmeister. On est loin des westerns gentillets, on est dans l’ouest, le vrai, c’est corsé, âpre, on ne rigolait pas tous les jours, on risquait même de se faire refroidir, mais le tout est onctueux parce que les histoires sont bonnes et qu’elles me font chaud au cœur lorsque je les déguste.

Stelphique : « Les Neufs Cercles » de R.J.Ellory. On ne ressort pas indemne d’une telle lecture, mais la plume de l’auteur reste divine!

Cappuccino — Le roman gourmand, celui qu’on se garde pour les jours où on a moins la forme…
Cannibal Lecteur : Les romans de Gilles Legardinier sont parfaits pour les lectures gourmandes. On rit, on pleure, ça fait un bien fou.

Stelphiqu : « Charley Davidson » de Darynda Jones, avec un cappuccino, ben c’est juste merveilleux !

Blue Montain — Le grand cru parmi nos romans…
Cannibal Lecteur : Là, c’est la colle parce que j’en ai des tas. Les écrits canoniques de Conan Doyle, mon édition ancienne de « Jane Eyre », mes vieux romans de Perry Mason, édités dans la collection Presse de la Cité…

Stelphique : Sans hésitation, « Papillon de Nuit » de R.J.Ellory. Mon coup de foudre de l’année !!!! (© Cannibal approuved)

Café biologique — Le roman édité par une petite maison d’édition et qui vaut la peine d’être mis en lumière…
Cannibal Lecteur : Je dirais les romans de la petite maison d’édition « Caïman ». Chez eux, la notion de Territoires n’est pas vaine, tous les polars ont un ancrage dans différents terroirs. De plus, la maison d’éditions est tenue par deux passionnés, et ils ont des soucis. Si j’avais dû faire ce TAG il y a quelques années, j’aurais dit « Gallmeister » et « Mirobole » mais je pense que maintenant, ils n’ont plus rien de petits, mais tous des grands. Dans le bon sens !

Stelphique : Il me tient à cœur de parler donc de « 2097 Mémoires de mon père », de Jérôme Bezançon. Il est édité aux éditions Atria. Un trésor de SF, avec une plume très actuelle et un auteur vraiment sympa !!!!!

Pacamara — Le roman où beaucoup de sujets se mélangent…
Cannibal Lecteur : Je dirais ceux du duo Giacometti et Ravenne : romans policiers ésotériques, historique, maçonnique. Idem avec les romans de Steeve Berry ou de David Gibbins. De temps en temps, ça change de pareilles lectures, même si certaines sont un peu légères ou finissent par toutes se ressembler.

Stelphique : c’est vrai que les romans de Steeve Berry sont passionnants, mais ceux de Dan Brown également, je me régale dès que j’ouvre un de leurs livres!!!!;)

Stelphique : Le meilleur moment du café, c’est celui que je partage aux alentours de 13h. Que ce soit avec mes collègues de boulot, ou avec ma binôme, virtuellement. J’en suis accro à celui là !!! C’est pour cela que mon meilleur moment de lecture c’est celui que je partage avec Cannibal Lecteur, je suis addict à nos LC donc que ce soit avec du Thé ou avec du café, la lecture partagée reste pour moi le Nec plus Utra ! Merci à Belette pour ses moments de délire, contente d’avoir pu aussi partager autour d’un TAG.

Cannibal Lecteur : Le café, j’en suis accro aussi. Une première tasse à 7h, une autre à 8h, sans oublier celle de 9 et de 10h. Après le repas, aussi, vers 15h à la pause, et puis, ma meilleure, c’est celle du soir ! 7 par jour, presque, si pas plus. Les jours où je dois créer les intros de nos LC, je carbure au café pour trouver l’inspiration afin de contenter ma binôme et nos lecteurs. Les 15 du mois sont attendus, pire que si c’était un jour où on toucherais nos salaires.

 

Hôtel Transylvanie 1 [Films Animation]

Hôtel Transylvanie (titre original : Hotel Transylvania) est un film américain réalisé par Genndy Tartakovsky, sorti en 2012.

Fiche technique :

  • Titre original : Hotel Transylvania
  • Titre français : Hôtel Transylvanie
  • Réalisation : Genndy Tartakovsky
  • Scénario : Peter Baynham et Robert Smigel, d’après une histoire de Todd Durham, Dan Hageman et Kevin Hageman

Synopsis : Bienvenue à l’Hôtel Transylvanie, le somptueux hôtel de Dracula, où les monstres et leurs familles peuvent enfin vivre leur vie, se détendre et faire « monstrueusement » la fête comme ils en ont envie sans être embêtés par les humains.

Pour l’anniversaire de sa fille, la jeune Mavis, qui fête ses 118 printemps, Dracula invite les plus célèbres monstres du monde – Frankenstein et sa femme, la Momie, l’Homme Invisible, une famille de loups-garous, et bien d’autres encore…

Tout se passe très bien, jusqu’à ce qu’un humain débarque par hasard à l’hôtel et se lie d’amitié avec Mavis…

Ce que j’en ai pensé : Les mauvais coucheurs vous diront que c’est téléphoné, trop sucré, trop rempli de bons sentiments sur l’acceptation des autres et de la tolérance. Bref, certains pourraient trouver ça niais ou que la relation romantique entre notre jeune touriste américain et la fille chérie du comte Dracula est sans alchimie.

Moi, je laisse les mauvais coucheurs dehors et je vous dit, sans mentir, que j’adore voir et revoir ce film d’animation. Oui, les situations sont du déjà-vu, mais la mise en scène me fait rire et me divertit, ce qui me comble de joie lorsque j’ai le moral en baisse.

Dracula a une fille, il la chérit plus que tout, lui interdisant même d’aller voir le monde qui l’entoure, allant mêle jusqu’à lui en brosser un portrait peu flatteur, quitte à mentir ou travestir la réalité.

Alors, quand un jeune touriste américain débarque dans l’Hôtel réservé à des monstres, le jour de l’anniversaire de la fille chérie, pensez bien que ça va foutre un bordel pas possible.

Situations cocasses, dialogues au poil et quiproquos drôles et marrants.

Voir ce vampire de père faire tout pour que sa fille ne sache pas que cet étrange arrivant est un humain et ensuite, éviter qu’elle ne tombe amoureuse de cet humain qu’elle prend pour un monstre est cocasse et me fait toujours passer du bon temps.

Les codes du fantastiques sont tous présent, mais inversés puisque ici, ce sont les êtres humains qui sont les monstres.

Bref, on est toujours le monstre d’un autre.

Alors, même si tout est cousu de fil blanc, voir ce dessin animé est toujours un plaisir, surtout les petits détails dans le grand hall de l’Hôtel (genre le petit loup-garou qui pisse au fauteuil, le couple de puce qui passe sa nuit de noce, les armures qui se déglinguent et les têtes coupées faites par les Jivaros…).

J’aime aussi le changement qui s’opère dans ce père : lui qui n’aime que s’amuser calmement, le jeune Jonathan va lui montrer comment se marrer avec des tables et l’amener progressivement à changer.

Oui, j’adore regarder ce film d’animation lorsque je suis crevée et que mon cerveau ressemble à de la gelée de groseille. J’en ai toute une collection, et un jour, si vous êtes sage, je vous parlerai de la quadrilogie de Ice Age !

Le Challenge Halloween chez Lou & Hilde et Le « Challenge US » chez Noctembule.

CHALLENGE - US

Territoires : Olivier Norek [LC avec Stelphique]

Titre : Territoires                                                                            big_4-5

Auteur : Olivier Norek
Édition : Michel Lafon (2014)

Résumé :
Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste, le calme semble être revenu au SDPJ 93.

Son équipe, de plus en plus soudée, n’aura cependant pas le temps d’en profiter. L’exécution sommaire, en une semaine, des trois jeunes caïds locaux de la drogue va tous les entraîner dans une guerre aussi violente qu’incompréhensible.

Coste va avoir affaire à une armée de voyous sans pitié : tous hors la loi, tous coupables, sans doute, de fomenter une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ?

Critique : 
Putain, sa mère, c’t’enroule, elle déchire sa race !

Quelle claque ! Le premier opus était déjà costaud et envoyait du lourd, mais celui-ci le surclasse et monte d’un cran dans la qualité du récit.

Monsieur Norek est un récidiviste, chacun de ses romans semble être plus mieux que le précédent, on sent que notre caïd de la littérature va nous péter un train postal s’il continue dans cette voie du grand braquage du lecteur.

Bienvenue dans la zone, l’Aire 93, ouske c’est pas le monde des Bisounours, mec. Trois caïds de la drogue se sont fait descendre dans la cité…

Vous pourriez croire béatement et benoitement que c’est super génial. Et bien non, pauvres fous, vous venez de vous foutre le joint dans l’œil jusqu’au coude.

Les gars, j’ai étudié la compta, l’économie, le business et toutes ses règles du marché, sans oublier les coups bas à la concurrence, mais je ne l’avais pas encore appliqué au business de la Blanche ou de la Brune. Sérieux, là je pense que j’ai une reconversion de job à faire, moi !

Ce qui frappe dans ce roman, ce n’est pas tellement un coup de batte de base-ball, mais le réalisme du récit. On sent le flic sous l’auteur, ça pue le vécu, en plus de puer la corruption à tous les étages.

— Vous savez, j’ai toujours classé les infractions en deux mobiles. L’argent et le sexe. Vous m’avez ouvert l’esprit. Il n’y a jamais qu’un seul mobile, celui du pouvoir.

Oui, nous oublions trop souvent qu’il y a des connections entre les kailleras des citées et les Cols Blancs. Je ne suis pas naïve, du moins, je le pense, je sais qu’un arbre peut cacher une forêt et que si nous savions toute la vérité, nous aurions des sueurs plus que glacées, mais ici, j’en ai eu le palpitant qui a manqué quelques battements.

Sa citation favorite lui revint, comme d’habitude, mais son sens n’eut jamais autant de force :
— Alors on a les mains dans la merde et dans le sang. Jusqu’aux coudes.
— Pourquoi ? Vous imaginiez qu’on peut gouverner innocemment ?

Ce roman, c’est quoi ? Un récit empreint de réalisme, un scénario diabolique où le but du jeu n’est pas de savoir QUI a tué, mais QUI a commandité, ou QUI a posé le couvercle sur une marmite qui bouillonnait déjà et monté la vitesse du gaz.

Une équipe de flics que nous connaissons déjà, mais que nous avons plaisir à retrouver, bien que les suivre soit assez dangereux, surtout dans les citées. Heureusement qu’ils ont de l’humour en plus de leurs armes.

— C’est du chocolat.
— Pardon ?
— C’est pas du sang sur le Scotch, c’est du chocolat.
— Tu déconnes ?
— J’ai deux gosses à la maison qui bouffent comme des bébés dinosaures et qui préfèrent leurs doigts aux fourchettes, alors permets-moi de faire l’experte.

Un Méchant sadique psychopathe qui fout la trouille parce qu’il n’a que 12 ans, un pauvre chat (oui, monsieur Norek, là, je porte plainte), de la came plein les pages, des pneus brûlés et des voitures renversées, des émeutes dans la citée et une personne qui a provoqué l’étincelle pour mettre le feu, sans compter une autre qui arrose de pétrole.

« La violence crée la peur et la peur soumet les hommes ».

Ce roman, c’est aussi de la corruption au plus haut niveau, des magouilles et compagnie et les bonnes vieilles méthodes mafieuses de l’arrosage au flouze, des familles qui crèvent la misère dans les citées parce qu’on ne veut pas que le monde voit cette misère noire aux portes de la capitale.

Un vrai putain de roman noir parce que ça pue la désolation, parce qu’on se fiche de coincer les coupables puisque le problème est bien plus grave qu’une simple résolution de meurtres. J’en suis encore sur le cul… que l’auteur m’a troué.

Assurément, Territoires, il a tout d’un grand. ♫ Si tu m’crois pas hé, j’t’incendie ta bagnole à la récré ♪

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

BILAN - LC réussie - OKCHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016

Pourquoi je l’ai choisi :
On avait hâte avec Cannibal Lecteur de retrouver l’équipe de Coste, et surtout l’écriture de Norek depuis le coup de cœur du Code 93 !

Synopsis :
Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L’exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables.

Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d’à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé…et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution.

Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d’être aussi fictives qu’on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

Les personnages :
Quel plaisir de retrouver cette équipe de flics atypiques!!!! Leurs empathies ressortent plus encore dans cet opus, et déjà qu’on aurait bien aimé boire un coup avec eux sur le toit, là je m’y ferais même un petit pique-nique, histoire de partager encore un peu plus avec eux !!!

Je me demande si Victor n’aurai pas les qualités de Olivier…. Déjà il a les beaux yeux bleus et le sourire, apparemment…..

– Tu sais quoi Victor ? Tu mets une bonne dose de n’importe quoi dans nos vies. Et je t’en suis reconnaissante.

Ce que j’ai ressenti :
Entre adrénaline et réalisme, on peut vraiment affirmer que Mr Norek confirme son talent ! Impossible ou presque de lâcher ses pages. ♫♫ Ça balance pas mal à Paris ♫♫, mais ça vrille à Malceny… Encore une enquête dans le 93, qui cette fois ci nous entraîne sur les chemins de traverse de la drogue et ses conséquences….

Adrénaline…
Ce thriller n’a rien de reposant! On est happé dans cette ville en feu! Les explosions, les menaces et règlements de comptes rythment le roman avec intensité! La peur et l’angoisse nous saisit, l’odeur de pneu en feu nous envahit le nez, l’horreur de certaines scènes nous saisit jusqu’au cœur.

L’escalade de violence est un phénomène récurrent dans ses lieux, mais le voir de l’intérieur, je peux vous dire que ça fait son effet bœuf, bien plus que des images d’un documentaire….

…Réalisme.
Je crois que c’est ce qu’il me plaît le plus dans cet auteur: Sa manière d’écrire ! Il nous éclaire sur les véritables enjeux de la politique et de l’économie souterraine, mais avec un style. Il nous met dans la confidence en tant que lecteur, tout en nous offrant le regard critique et incisif d’un flic qui en vu pas mal.

Chaque phrase sonne juste, chaque situation nous semble réelle, chaque battement de cœur est chèrement gagné pour cette équipe qui risque leurs vies à chaque descente… C’est saisissant de vérités et c’est pour cela que c’est d’autant plus effrayant !!!!

« C’est le drame de nos vies, on consacre nos journées et nos nuits à aider de parfaits étrangers sans être capables de faire attention à ceux qui nous sont proches. »

Le mot qui me vient à l’esprit pour illustrer ce livre c’est : Jeux. Jeux de pouvoir et tour de passe-passe, Jeux de dupes et faux-semblants, Jeux de séduction et sourires carnassiers, Jeux d’argent et sanglantes retombées. Il ne fait pas bon vivre dans ses quartiers, l’auteur nous le confirme une fois de plus, mais on s’aperçoit que les infos brûlantes que l’on en reçoit sont à prendre avec parcimonie. Coté action/réaction on est servi, par contre tout le monde, se passe le dossier Bombe/cité au plus vite pour ne pas s’ébouillanter les doigts ! Le jeu en vaut-il la chandelle ? Il ne vous reste qu’à ouvrir ces pages pour le découvrir !

La petite douceur de ce thriller énergique, c’est l’humour qui vient se glisser dans ses pages…Juste hilarantes ces petites notes !!!!!!

– Putain, j’ai vu des salopes de toutes les sortes, mais elle, elle fait la synthèse.

– Vous me faites marrer les mecs, les mecs, à croire que vous avez une baguette entre les jambes.
– Fais moi penser à écrire cette phrase sur tee-shirt.

En bref, je laisse le mot de la fin sur les mots de Norek : « Peut être un orage de merde se préparait-il au loin. Mais là, juste là, c’était un chouette moment. »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10