Territoires : Olivier Norek [LC : Impressions de lecture 3/3]

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Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 100) : Démarrage sur les chapeaux de roues.
On envoie du lourd, du très lourd dès le départ ! Plongée dans la citée, dans ses problèmes… Les Cols Blancs s’encanaillent avec les kailleras et c’est chaud, très chaud. Bon, j’vous laisse, j’ai un cadavre sur la table qui m’attend…

Impressions de Stelphique (page 1 à 100) : Enchantée !
Trop contente de revoir l’équipe de choc de flic! La réalité nous frappe autant que dans Code 93, si ce n’est plus. S’insinuer dans l’économie souterraine des cités n’est pas sans danger… La drogue fréquente le chocolat (ça c’est un mix d’enfer !!!!!;) ), et Coste et ses acolytes n’ont pas fini d’en voir des vertes et des pas mures…..

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 101 à 200) : Chauds les marrons, chauds !
Cette équipe me plait toujours autant que la première fois. Ça pue la corruption pire que si j’avais mis les pieds dans un tas de fumier tout frais. Allez, je vous laisse, j’ai des bagnoles à incendier et des parpaings à lancer…

Impressions de Stelphique (pages 101 à 200) : À feu….
L’incendie démarre dans les quartiers chauds… Entre intrigue voilée et dramatiques retombées, le feu n’est pas près de redescendre! Et nous, on se régale de vivre cela de l’intérieur, tout en restant aux cotés de l’équipe de choc !

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 201 à fin) : Captivée !
Plus moyen de m’arrêter. Norek m’a passé les menottes et fichu en garde à vue. Non, je ne ferai pas appel à mon avocat, je suis bien avec l’équipe de l’inspecteur Victor Coste. J’en redemande !

Impressions de Stelphique (pages 201 à fin) : À sang….
Le nœud de vipère se resserre dangereusement et ce n’est pas sans conséquences ! Un final sanglant et de haute voltige très appréciable !!!!!

Nosfera2 : Joe Hill

Titre : Nosfera2                                                                               big_4

Auteur : Joe Hill
Édition : J.-C. Lattès (2014)

Résumé :
Il suffit que Victoria monte sur son vélo et passe sur le vieux pont derrière chez elle pour ressortir là où elle le souhaite. Elle sait que personne ne la croira. Elle-même n’est pas vraiment sûre de comprendre ce qui lui arrive.

Charles possède lui aussi un don particulier. Il aime emmener des enfants dans sa Rolls-Royce de 1938. Un véhicule immatriculé NOSFERA2.

Grâce à cette voiture, Charles et ses innocentes victimes échappent à la réalité et parcourent les routes cachées qui mènent à un étonnant parc d’attractions appelé Christmasland, où l’on fête Noël tous les jours ; la tristesse hors la loi mais à quel prix…

Victoria et Charles vont finir par se confronter. Les mondes dans lesquels ils s’affrontent sont peuplés d’images qui semblent sortir de nos plus terribles cauchemars.

Critique : 
Le Fils vaut-il le Père ? Le Père a-t-il passé au Fils une partie de son talent de conteur ? Le Saint-Esprit créatif du King est-il aussi présent chez le Fils ?

Tel Saint-Thomas, par un beau matin, je voulais aussi voir de mes yeux lus que le Fils avait profité de l’Encre Merveilleuse, le Saint-Graal du Père.

Sûr que je ne ferai pas comme Pierre en reniant le Fils avant le chant du nosferatu, le soir au fond d’une Rolls !

En vérité je vous le dis, le Fils a exhaussé mes vœux en m’offrant une lecture aussi jouissive qu’un Châteauneuf-du-pape grand cru. Alléluia !

Des personnages bien travaillés, forts, pouvant changer de caractère en prenant de l’âge ou au fil des pages, selon les épreuves qu’ils ou elles auront traversé.

Un scénario recherché et plus qu’intéressant car nous sommes à cent lieues d’une banale histoire de vampire suceur de sang. Ici, c’est bien pire qu’un Dracula, plus glaçant, plus terrifiant. Du fantastique comme je l’aime.

La plume du King Jr a roulé sur le papier aussi bien que le vélo Raleigh de Vic lorsqu’elle s’élançait, debout sur les pédales, dans le pont couvert (ceux qui l’ont lu comprendront, les autres imagineront) et tout le récit a carburé aussi bien que les pistons de la vieille Rolls de Charlie Manx.

On ne s’embête pas durant la lecture, les moments plus calmes seront entrecoupés de quelques essorage de la poignée de gaz de la Triumph parce que de temps en temps, faut envoyer du plus lourd lorsqu’on chevauche une moto. Ce sera 620 pages qui fileront à la vitesse du vent.

Du suspense, de l’angoisse et une visite glaçante dans les allées du parc de Christmasland qui m’a collé des sueurs froides, le Fils jouant, comme son Père, avec nos peurs primales et enfantines.

Tous les feux de l’enfer seraient encore trop cléments envers un homme, ou une femme, qui torture ses propres enfants.

Sans oublier un Méchant réussi, aidé d’un acolyte aussi sadique que bête et qui n’arrête pas de causer. Vous n’aimeriez pas que ces deux là vous prennent en stop ou que Charlie vous emmène dans son extrospection personnelle. Les introspection de Sherlock Holmes ne fichent pas la trouille, elles.

— Si je n’ai pas très faim, c’est sans doute parce que tes bavardages incessants m’ont plus que rassasié. Un sacret paquet de calories inutiles.

Mes bien chers Frères, mes biens chères Soeurs, Lisez-le tous ! Lisez le NOS-PÈRE-À-TOUS du Fils car, par l’entremise de sa tante Artémise (*), vous boirez l’encre du Père. Et si y’a le téléphon qui son, vaut mieux pas y répondre ici ! Ceux qui l’ont lu comprendront…

Ainsi soit-il pour le roman de Joe Hill…Le Père a bien eu un Fils. Ite missa est.

(*) Référence à la chanson de Nino Ferrer « Le Telefon »

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Territoires : Olivier Norek [LC avec Stelphique – Intro]

— Qu’est-ce qu’un territoire ? Demandons au meilleur élève de la classe de nous le définir ! Oui, vas-y Jean de Lamollefesse…

[Air important] — Le terme de territoire est polysémique : il renvoie à des significations variées qui dépendent de l’angle d’approche, des disciplines qui l’étudient et de l’époque. En géographie plus particulièrement, la notion de territoire a pris une importance croissante, notamment en géographie humaine et politique.

— Ta gueule, fayot ! Un autre ? Personne dans la classe pour me le définir autre que le Jean qui mérite le surnom de Wiki ? Bon, ben, je vais le faire moi-même alors… Pour mon chien, c’était facile, son territoire, c’était la portion de terrain délimité par ses incessants pipis à tous les coins. Mais je ne pense pas que le beau Olivier va nous causer d’un chien qui marquerait son territoire en urinant à tous les vents…

— Madame ! Territoire vient du latin « territorium », formé de la racine « terra » qui signifie terre et du suffixe -orium.

— La ferme, Jean de Wiki. Mais bon, c’est pas faux ce que tu dis, ça va causer de terre. Mon grand-père avait les siennes délimitées par des bornes… mais je ne crois pas non plus que le livre va parler de terroir et de champs qui fument au petit matin glauque.

— Zy’va, m’dame, un territoire, chez nous, c’est ouskke les keufs z’y peuvent pas mettre leurs grolles ! C’est la zone, là ouski osent pas aller sans renfort des kakis ! Paske dans ma cité, c’est le territoire des dealers, des chefs de bande et on veut pas voir des képis dans nos cités, yo.

— Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que c’est votre camarade du fond de la classe qui aura raison… Le roman de Norek ressemblera plus à la zone qu’à la campagne bucolique de mon aïeul… Ici, pas de petites fleurs, pas de p’tis zoziaux, pas de Bisounours à l’horizon.

— M’dame, si tu vois du Bisounours chez nous, alors, change pas de dealer, c’est d’la bonne qu’t’as eu !

[TAG] La chanson qui…

Un petit TAG bien sympathique piqué chez Lord Arsenik et que je viens de faire au pied levé ! Je ne tague personne, le pique qui veut !

Et puis, j’ai triché un peu moi aussi…

La chanson qui vous fait rire ?
« Le zizi » de Pierre Perret, bien entendu.

« Gare au gorille » de Brassens aussi me fait rire, surtout le final où le gorille prend le juge pour se vider les bourses… et puis, les dernières phrases vous pètent dans la gueule, prouvant que même dans l’humour, on peut piquer et parler de choses plus sombres :

♫ Car le juge, au moment suprême, Criait : « Maman ! », pleurait beaucoup, Comme l’homme auquel, le jour même, Il avait fait trancher le cou. ♪

La chanson qui vous donne la pêche ?
« Paint in black » des Rolling Stones. Je peux l’écouter tant que je veux, ça me donne toujours envie de me trémousser et de bouger.

« The house of the rising sun » des Animals me donne la pêche aussi. La musique, la guitare, je ne puis m’empêcher de chanter, même si je parle anglais comme une vache espagnole et que je chante comme une poêle Téfal.

La chanson qui vous rappelle votre chéri ?
« Dio come ti amo » de Carmelo Zappulla. Parce que c’est une chanson italienne qu’on n’entend jamais à la radio, parce que c’est beau et que ça sort des sentiers battus que sont « L’italiano » de Cuttugno ou « Ti Amo » de Umberto Tozzi. Mais bon, on peut dire aussi que tous les standards de la chanson italienne me font penser à Chouchou (« Tornero » de Santa California ou « Vado Via » de Drupi).

La chanson que vous auriez aimé écrire ?
« Quand on n’a que l’amour » de Jacques Brel. C’est beau, c’est puissant, c’est fort. Idem avec « La Quête »… des paroles qui te frappent, qui te percute le coeur, l’esprit.

« Ô Marie » de Johnny Hallyday, parce que putain, c’est beau ! « Si tu pars » chantée par lui à l’un de ces concerts… les paroles me donnent encore des frissons :

♫ Si tu pars Je veux que la terre entière se couvre de brouillard Et que le silence s’installe dans les villages Que plus rien ne bouge en vie et sur les plages Qu’on n’entende que le vent Qui hurle, qui crie, et qui comprend ♪

La chanson qui vous rend nostalgique ?
« Ne me quitte pas » de Jacques Brel car on sent que l’homme est prêt à tout pour que sa chérie lui revienne, quitte à devenir l’ombre de son chien… Les paroles sont magnifiques et elle aurait dû avoir sa place dans celles que j’aurais aimé écrire, mais bon, je peux pas tout mettre au même endroit ! Et vu qu’elle a sa place aussi dans la nostalgie…

« Puisque tu pars » de Goldman, parce que depuis que je l’ai entendue à un enterrement, elle me fait mal.

Les titres de Mylène Farmer et ceux de Pet Shop Boys parce qu’ils me font penser à mon pote mort bien trop tôt, bien trop jeune et que ça fait toujours mal.

La chanson qui vous rappelle votre adolescence ?
« Smells Like Teen Spirit » de Nirvana. Mon dieu, la claque !

La chanson que vous aimez d’un artiste que vous détestez ?
« Lucie » de Pascal Obispo. Non, je n’aime pas trop ce chanteur, mais je n’avais pas de chanson préférée chez un artiste que je déteste. Quand je déteste, je déteste ! mdr

La chanson que vous admettez aimer (honteusement) ?
Les chansons à texte de Carlos comme « Papayou », « Tirelipimpon ». Ça a souvent des connotations sexuelles et je les trouve moins pouraves que celles de Patrick Sébastien qui fait tourner les serviettes… bon, tant que c’est pas les serviettes hygiéniques ! mdr

La chanson que vous trouvez parfaite ?
« L’hymne à l’amour » de Piaf. J’aurais aimé qu’on me la chante, qu’on me l’écrive, et j’avoue que chantée par Johnny, elle est encore plus belle…

La chanson avec laquelle vous aimez vous réveiller en ce moment ?
« Dethroned » de  X Ray Dog me réveille tous les jours de la semaine. « Here Comes The King » me réveille le week-end. Elles font partie des chansons que j’ai fourrée dans mon GSM, ensuite, un ami m’a sélectionné un petit morceau avec un programme et je les ai ajoutées aux mélodies pour le réveil !

La chanson qui vous fait penser aux vacances ?
« Wicked Game » de Chris Isaak et « I’m Not In Love » de 10 CC parce que ce sont elles que le lecteur de MP3 de la voiture a passé lorsque nous sommes entrés en Ardèche, en juin 2014. 10 CC d’abord et Chris Isaac ensuite (programmation aléatoire).

La chanson dont vous aimez l’interprétation ?
Heu… là, je sèche, alors je balance « Unforgiven » de Metallica et « November Rain » de Guns’N Roses.

La chanson qui vous fait penser à votre meilleur ami ?
Comme dit plus haut, les chansons des Pet Shop Boys et de certains albums de Mylène Farmer. Il m’avait prêté les albums et j’en ai hérité à présent qu’il est ailleurs…

La chanson que vous aimez chanter ?
« L’Assasymphonie » de Mozart, l’opéra rock. J’aime la musique, les paroles, et quand elle passe dans mon MP3, je la chantonne avec ardeur.

La chanson qui correspond à votre état d’esprit du moment ?
« J’envoie valser » de Zazie parce que certains jours, j’enverrais bien tout au diable !

La chanson qui vous rappelle votre ex ?
Ce con n’aimait pas la musique, pas autant que moi, ça tombe bien, parce que j’ai tout oublié de lui !

Les assassins : R.J. Ellory

Titre : Les assassins                                                                    big_4

Auteur : R.J. Ellory
Édition : Sonatine (2015)

Résumé :

Sur dix-huit mille assassinats par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer.

Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux.

Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet que les quatre meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon des procédures rigoureusement identiques jusque dans les moindres détails.

Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs et leur rend ainsi un funèbre hommage?

En compagnie de Karen Langley, une journaliste du City Herald, et de Ray Irving, détective du NYPD, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier, à l’intelligence aussi fulgurante que morbide et à la virtuosité impressionnante.

Petit Plus : Bouleversant tous les clichés de rigueur, R.J. Ellory transfigure ici totalement le genre du roman de serial killer, dont on pensait pourtant avoir fait le tour, en lui insufflant un souffle complètement nouveau, comme seuls les très grands écrivains savent le faire.

Revenant sur les plus grandes figures des tueurs qui ont marqué les États-Unis, de Ted Bundy au fameux Zodiac, il poursuit son exploration du mal américain, interrogeant cette fois notre fascination pour les monstres.

Avec le formidable sens de l’intrigue, des personnages, du suspense et le pouvoir d’émotion qu’on lui connaît, il nous donne ainsi le roman définitif sur le sujet.

Critique : 
Avec R.J Ellory, c’est une grande histoire d’amour à sens unique : dès qu’un de ses romans sort, je l’achète, tandis que lui ne donnerait pas un kopeck pour mes bafouilles. Mdr

En voyant le résumé du roman, je m’étais dit « Chouette, une histoire de serial-killer » tout en me demandant ce qu’on pouvait raconter de neuf sur les céréales killer…

Que ceux qui ne l’ont pas acheté parce qu’ils ont soupiré sur le fait que ça parlait encore de serial killer, aillent de suite réparer cette injustice car se serait faire insulte au talent de l’auteur en pensant qu’il ne concerne que ÇA.

Oui, on cause de tueurs en série, mais non, ce n’est pas que ÇA ! Il y a du récit tout autour et de la profondeur dans les personnages qui gravitent autour des reconstitutions des meurtriers tristement célèbres.

Ils étaient là parce que des gens avaient été brutalement et sadiquement assassinés. Ils étaient là parce que quelqu’un s’était donné pour mission de débarrasser la planète des êtres qu’il jugeait indignes de la peupler. Folie, inhumanité, absence totale de pitié, de compassion ou de scrupule.

Oui, il y a une histoire dans l’Histoire, des personnages forts et d’autres blessés au plus profond de leur être.

Véritable mini bible du crime, ce roman m’a entrainé dans Big Apple, au milieu d’un poste de police où l’inspecteur principal Irving est bien embêté avec ces crimes commémorant les dates anniversaire des crimes commis par des tueurs en série.

Ici, nous avons la crème du crime ! De l’Ice Crime véritable… Le Commémorateur, tout comme l’auteur, a potassé son sujet, on sent qu’il en connait un bout et qu’il pourrait faire notre bonheur au prochain repas de famille…

Attention, bien que nous donnant des détails sur certains meurtres, l’auteur n’en rajoute pas non plus au point de nous dégouter, non, il le fait avec parcimonie, juste pour nous instruire sans nous abrutir d’infos.

L’enquête va à son aise, il n’est point aisé de retrouver un serial killer dans la Grosse Pomme, surtout un gars aussi fin que celui auquel l’inspecteur Ray Irving est confronté.

Ceux qui gravitaient autour – les représentants du cabinet du maire, les attachés de presse, voire les agences fédérales – voulaient l’assassin, mais pas le travail. Il y avait la police pour ça. Les impôts servaient à payer la police. La police savait toujours exactement quoi faire, et elle le faisait.

Irving n’est pas épaulé non plus : entre la réélection du maire pour bientôt, les vagues qu’il ne faut pas faire, la populace qu’il ne faut point effrayer, la journaliste Karen Langley du City Herald qui materne John Costello, son enquêteur un peu étrange qui connait tout sur les céréales killer – au point qu’on pourrait le renommer Wiki ou Google – on peut dire que notre inspecteur mériterait bien une médaille, quand bien même si la pêche au gros tueur ne donnait rien.

— Vous comprendrez bien que je ne suis pas totalement convaincu…
— Convaincu de quoi ? Que quelqu’un puisse connaître les tueurs en série comme d’autres les joueurs de base-ball ou les équipes de football ? Si je vous avais dit que je connaissais le score de tous les matchs des Giants depuis vingt ans, et les noms des joueurs, et leurs moyennes…

L’écriture est un délice, la tension est bien dosée, l’horreur prête à nous jaillir dessus, le couteau aussi, les pages sont remplies de noms de types avec lesquels vous n’auriez pas envie de manger, le Diable non plus et je me suis délectée de chaque morceau de mot, de chaque éclat de dialogue, de toutes les éclaboussures d’encre, la plume étant trempée dans un mélange d’hémoglobine.

« Si tu cherches le diable, tu trouveras tous les diables du monde dans un seul homme ».

— Vous ne pouvez pas rationaliser l’irrationnel. Nous ne sommes pas en train de parler de gens qui suivent les chemins convenus de la réflexion et de l’action, mais d’individus qui ont abandonné depuis longtemps tout ce qui passe pour la normalité.

Bémol ? Oui, le roman est fini et son final aurait peut-être mérité un peu plus de travail ou de finesse parce que j’ai vu venir le brol de loin. Nom de Dieu, inspecteur Irving, où aviez-vous donc la tête ??

Ce petit bémol n’entachera pas mon enthousiasme né de cette lecture.

Un super grand roman de l’auteur, comme je commence à en avoir l’habitude.

Comme quoi, on peut écrire sur des sujets rabâchés et faire du neuf avec du très très vieux, sans tomber dans l’abîme de la facilité.

Nietzsche disait que quiconque se battait contre des monstres devait prendre garde à ne pas en devenir un lui-même. Il disait que celui qui scrutait trop longtemps l’abîme était aussi scruté par l’abîme.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule«  et A year in England » chez Titine.BILAN - Minion femme ménage - dépoussière - OK

Bilan du Mois Américain : Septembre 2015

Alors ce Mois Américain ? Fut-il bon ou médiocre ? Si je le compare avec celui de Septembre 2014 et ces 36 fiches, celui-ci fera pâle figure avec seulement 20 fiches pour emmerder son organisatrice, Titine.

Mais le temps m’a manqué pour en faire plus, malgré tout, je suis satisfaite de mon bilan. 16 romans lus (certains n’étaient guère épais, je l’avoue), 3 films visionnés et une série.

Le Mois Américain fut aussi Western puisque 2 films et 6 romans lui furent dédié.

J’ai aussi fait l’effort de me tenir à ma liste de départ, même si j’ai ajouté Cujo, Notre-Dame des loups et Certains l’aiment chaud (Voir Liste de départ).

  1. Ross Macdonald : Cible mouvante
  2. Jack Schaefer : L’homme des vallées perdues
  3. Johnson Dorothy : Contrée indienne
  4. Craig Johnson : L’indien blanc ♥½
  5. Il était une fois dans l’Ouest : Film
  6. Robert Chambers : Le roi en jaune
  7. David Bell : La cavale de l’étranger
  8. Léonard Elmore : 3h10 pour Yuma ♥½
  9. Certains l’aiment chaud : Film
  10. Le bon, la brute et le truand : Film
  11. Norman Ginzberg : Arizona Tom
  12. Donald Westlake : La mouche du coche
  13. Harper Lee : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (LC)
  14. Heurtier : Sweet Sixteen
  15. Adrien Tomas : Notre-Dame des loups ♥½
  16. Carnival : Série
  17. Stephen King : Cujo (LC)
  18. Chandler Raymond : Le grand sommeil
  19. Fel Jeremy : Les loups à leur porte
  20. Glendon Swarthout : Le tireur

Bilan Livresque Mensuel : Septembre 2015

BILAN - Minions quel bilan - okLe Bilan Livresque de ce mois-ci fut plus étoffé que le précédent. Ce n’est pas moins de 16 romans qui furent lus en Septembre.

Plus que le double d’août. Mon Mois Américain a été productif, même si j’ai fait moins bien que 2014.

Alors, quoi de neuf, docteur ?

J’ai sorti en premier lieu une nouveauté de l’année 1949, retraduite correctement par les éditions Gallmeister. Il s’agit de Cible mouvante de John Ross Macdonald (ICI) mettant en scène pour la première fois le privé Lew Archer. on ne doit pas ouvrir un Lew Archer pour son intrigue ou son tempo d’enfer, mais pour sa galerie de personnages.

Petite excursion dans le western avec l’excellent L’homme des vallées perdues de Schaefer (ICI). C’est le récit d’un homme qui lutte contre sa violence intérieure, d’un homme que l’on aimerait pas avoir comme ennemi, d’un homme dangereux, mais auquel on peut faire confiance. C’est fort, c’est grand, c’est beau !

Tant qu’à faire, puisque les colts sont dégainés, autant poursuivre dans le genre avec l’excellent recueil de nouvelles de Johnson Dorothy : Contrée indienne (ICI). Ces petites nouvelles m’ont toutes enchantés et mon seul regret sera qu’elles n’aient pas été plus longues car en peu de pages, je m’attachais aux personnages, à leur récit.

Une retrouvaille avec le shérif Walt Longmire, le personnage phare de Craig Johnson dans le 3ème opus, L’indien blanc (ICI). L’enquête prend son temps, sans trainer non plus et il faudra faire gaffe de ne pas se recevoir une balle mal placée. Une enquête menée avec la hache de guerre déterrée mais sans pouvoir faire justice sois-même… De l’humour, une enquête, des moments émouvants, d’autres plus coquins, des balles qui vous frôlent et de la Blanche qu’il ne vaut mieux pas trafiquer.

Dans le rôle du roman qui m’aura fait bien dormir, je nomme Le roi en jaune de Robert Chambers (ICI). Si la première nouvelle m’avait plu, le reste m’a endormi.

La cavale de l’étranger de David Bell (ICI) avait tout pour am plaire, le scénario allait dans le bon sens et puis, boum, c’est fini… Ok, c’est une nouvelle, mais de là à nous la terminer un peu en eau de boudin, il n’y avait qu’un pas que l’auteur a franchi.

Pour me remettre de ces deux lectures pas vraiment super, j’ai pris le train pour l’Ouest, la gare de Yuma… On m’a dit 3h10 pour YumaLéonard Elmore est une valeur sûre et ses nouvelles western m’ont régalées (ICI). Ici, pas de gras non plus sur les histoires, c’est brut de décoffrage, en peu de mots, il t’en dit beaucoup même si, souvent, tu en aurais voulu un peu plus. C’est comme un nectar, pour le savourer, tu dois être rationné.

Une fois de plus, puisque j’étais bien, je suis restée dans le western et j’ai enchainé sur l’amusant Arizona Tom de Norman Ginzberg (ICI) qui m’a fait passer un agréable moment un peu décalé. Y’a du cynisme et des vérités, dans ce roman western qui ne fait rien comme les autres.

Si vous aimez l’humour noir et les situations cocasses, La mouche du coche de Donald Westlake (ICI) est fait pour vous car Al Engel a tout d’un Dortmunder : il ne tue pas, il lui arrive des tas de trucs, il se retrouve dans des situations qu’il n’a pas voulu et à l’impression que tout va de travers.

Un roman qui me tentait mais que je n’osais pas ouvrir de peur d’être déçue alors que tout le monde en disait du bien : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee (ICI) a été un coup de coeur (lu en Lecture Commune). Un roman qui m’a pris aux tripes, un roman dont la plume, simple et complexe, vous entrainera dans le Deep South, le Sud profond, dans tout ce qu’il a de plus laid, mais dans tout ce qu’il a de plus beau aussi.

Étant bien partie avec les droits civiques refusés à une partie de la population américaine (aux Noirs, pour les béotiens), j’ai continué avec Sweet Sixteen d’Annelise Heurtier (ICI). Un grand roman fort, brutal, servi par une plume que l’on sent au service de la littérature jeunesse, mais qui n’écorchera pas les yeux d’un lecteur adulte. Un roman qui fait réfléchir sur les comportements totalement fous de certains humains qui auraient juste mérité le titre de tarés profonds et dangereux. Non, pas taré, ce serait encore trop gentil.

On reste en Amérique mais on passe au roman fantastique avec des loups-garous… Ce que j’ai aimé dans Notre-Dame des loups d’Adrien Tomas (ICI), en plus de l’action qui ne subit que peu de temps mort, c’est le fait que chaque veneur raconte un chapitre. Changer de narrateur de la sorte et faire tout les membres de la troupe a donné un plus à ce roman. Les personnages qui composent la troupe de veneurs sont bien campés, bien différents l’un de l’autre et sans en faire trop, l’auteur nous plonge dans le groupe et distille quelques mystères.

Pour notre Lecture Commune du 15 de chaque mois, Stelphique et moi avions choisi Cujo de Stephen King (ICI). Le suspense prend son temps, il monte crescendo et certains passages sont angoissants au possible. Le final est éprouvant, horrible, rempli de tension. J’ai passé un bon moment d’angoisse avec ce roman qui me donne encore des frissons.

Classique parmi les classiques du Roman Noir, je me devais de lire Le grand sommeil de Raymond Chandler (ICI). Le détective Philip Marlowe fut une belle rencontre, mais j’ai eu un peu de mal vers la moitié du roman. Bref, une belle rencontre avec Marlowe, je remettrai le couvert mais une lecture en demi-teinte.

Coup de coeur chez certains ami(e)s blogueurs, je me devais de vérifier ça ! Pari réussi avec Les loups à leur porte de Jeremy Fel (ICI). Ce roman est composé de nouvelles qui forment une véritable toile d’araignée. Tout se tient, tout se recoupe. Étonnant, bien construit, jubilatoire de noirceur et beaucoup de tension durant la lecture. Cardiaques, n’oubliez pas vos pilules pour certains passages.

Quoi de plus terrible qu’une légende de l’Ouest qui a le cancer et qui a presque un pied dans la tombe ? Glendon Swarthout, l’auteur, aurait pu écrire avec des trémolos dans la plume, mais il n’en fit rien et Le tireur (ICI) est tout sauf larmoyant. Un roman court, fort, puissant, profond, avec des odeurs de mort, de poudre et aussi l’odeur du changement. C’est réaliste, noir, glaçant, brillant !

Bilan Livresque Septembre : 16 romans, 3 films, 1 série

  1. Ross Macdonald : Cible mouvante
  2. Schaefer : L’homme des vallées perdues
  3. Johnson Dorothy : Contrée indienne
  4. Craig Johnson : L’indien blanc ♥½
  5. Robert Chambers : Le roi en jaune
  6. David Bell : La cavale de l’étranger
  7. Léonard Elmore : 3h10 pour Yuma ♥½
  8. Ginzberg : Arizona Tom
  9. Donald Westlake : La mouche du coche
  10. Harper Lee : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (LC)
  11. Heurtier : Sweet Sixteen
  12. Adrien Tomas : Notre-Dame des loups ♥½
  13. Stephen King : Cujo (LC)
  14. Chandler Raymond : Le grand sommeil
  15. Fel Jeremy : Les loups à leur porte
  16. Glendon Swarthout : Le tireur
  1. Carnival : Série
  2. Il était une fois dans l’Ouest : Film
  3. Le bon, la brute et le truand : Film
  4. Certains l’aiment chaud : Film

Le tireur : Glendon Swarthout

Titre : Le tireur                                                                                big_4-5

Auteur : Glendon Swarthout
Édition : Gallmeister

Résumé :
Au tournant du XXe siècle, John Bernard Books est l’un des derniers survivants de la conquête de l’Ouest. Après des années passées à affronter les plus grandes gâchettes du Far-West, il apprend qu’il est atteint d’un cancer incurable : il ne lui reste que quelques semaines à vivre.

Les vautours se rassemblent pour assister au spectacle de sa mort, parmi lesquels un joueur, un voleur de bétail, un pasteur, un croque-mort, une de ses anciennes maîtresses, et même un jeune admirateur.

Mais Books refuse de disparaître sans un dernier coup d’éclat et décide d’écrire lui-même l’ultime chapitre de sa propre légende.

Petit Plus : À l’instar de Larry McMurtry avec « Lonesome Dove », Glendon Swarthout signe avec « Le Tireur » un western incontournable. Il a été porté à l’écran par Don Siegel en 1976, avec John Wayne dans son dernier grand rôle (« Le dernier des géants »).

Critique : 
J.B Books est une fine gâchette, un tireur émérite, le roi du six-coups… Pas de chance, c’est justement du côté de son six-coups que ça ne tourne plus rond. Le truc est enrayé, le canon fichu, foutu…

Notre tireur ne tirera plus les dames avec sa Chose car le cancer de la prostate lui ronge les entrailles. Malgré tout, il veut rester digne.

Je ne céderai pas. Je ne parlerai à personne de ma situation douloureuse. Je garderai ma fierté. Et mes revolvers chargés jusqu’à la dernière minute.

Nous sommes en 1901, la reine Victoria a cassé sa pipe en Angleterre et nos derniers survivants de la Conquête de l’Ouest commencent à sentir la naphtaline. Le monde change et ce monde n’a plus besoin de ces fines gâchettes.

— Ça doit faire longtemps que vous n’avez pas regardé un calendrier, Books. On est en 1901. Les jours anciens sont morts et enterrés et vous ne le savez même pas. Vous pensez que cette ville est juste un endroit comme les autres où faire régner une terreur de tous les enfers. Un enfer, c’en est un. Bien sûr qu’on encore des saloons, des filles et des tables de jeu, mais on a aussi l’eau courante, le gaz, l’électricité et une salle d’opéra, on aura un tramway électrique d’ici l’année prochaine et on parle même de paver les rues. On a tué le dernier crotale dans El Paso Street il y a deux ans, dans un terrain vague.

Voilà un western comme je les aime : nous sommes loin des coups d’éclats, des attaques de diligence et autres faits qui font du western ce qu’il est. Ici, c’est la vie d’un homme sur le déclin, un homme qui a été une légende et qui l’est toujours, mais qui dans quelques semaines, ne sera plus qu’une loque pétrie de douleur. D’ailleurs, les douleurs sont déjà là et se lever du lit est pénible.

Ce que j’ai aimé, c’est l’écriture, simple mais belle, sans bla-bla inutiles, mais qui va droit au but. Paf, ça te tire une balle dans l’estomac et tu dégustes l’affaire à petit feu. C’est court, c’est bref, c’est intense et malgré ses 200 pages, ce roman est plus épais que certains qui en feraient le double. Il n’est pas long mais il est profond…

C’était terminé. Les rugissements des armes s’atténuèrent, puis se turent. Pendues au plafond par leur tige, les pales des quatre ventilateurs tournaient, agitant le chaudron de fumée noire. Le bruit qu’elles émettaient, l’unique bruit dans la pièce, n’était plus celui d’un souffle, d’une respiration discrète et régulière. Elles soupiraient. Elles semblaient pousser un soupir interminable, un chant funèbre et électrique pour le repos des morts en dessous d’elles.

Nous sommes face à la mort d’un homme et nous voyons défiler devant lui tout ce que la ville compte de margoulins, prêt à tout pour se faire du fric sur cette légende en train d’agoniser, cet homme qui ne sait même plus pisser, cet homme qui se fait ronger par le crabe de manière inexorable.

Ça va du journaliste en quête de scoop ou d’un livre à écrire, au croque-mort et à l’antiquaire, en passant pas son ex-copine et le barbier. Tout le monde veut faire du fric sur la mort de cette légende qui tirait plus vite que les autres.

J’ai eu de bons moments. Mais les meilleurs instants étaient toujours après, juste après, le revolver chaud dans la main, la morsure de la fumée dans mes narines, le goût de la mort sur ma langue, le cœur haut dans la gorge, le danger derrière moi, et puis la sueur soudaine et le néant, et la sensation douce et fraîche d’être né.

Les personnages sont profonds, certains vont même changer, passant de la haine au respect ou du respect à la haine.

La mort rôde, mais notre tireur veut rester digne et écrire sa propre histoire. On a beau se douter de l’issue fatale, on ne reste pas moins attaché à cet homme qui a choisi sa vie et refuse qu’on ne voit en lui qu’un assassin.

— Ce n’est pas d’être rapide, qui compte, c’est d’avoir de la volonté ou pas. C’est là toute la différence : face au mur, la plupart des hommes n’ont pas de volonté. Je m’en suis rendu compte très tôt. Avant d’appuyer sur la détente, ils cillent ou prennent une inspiration. Pas moi.

J’ai encore un peu mal au bide de la balle que je me prise et dans ma tête, le final s’est rejoué plusieurs fois, avec une précision de chirurgien parce que l’auteur te décrit tout, même les dégâts qu’une balle fait en traversant ta petite tête. C’est réaliste, noir, glaçant.

Un roman court, fort, puissant, profond, avec des odeurs de mort, de poudre et aussi l’odeur du changement. Un autre siècle s’est ouvert et les États-Unis commençaient à changer de visage.

— La fin d’une ère, un coucher de soleil. Vous êtes l’unique survivant, Monsieur Books, et nous vous en sommes reconnaissants – enfin quoi, votre réputation est connue à travers tout le pays… Un personnage haut en couleurs comme vous fait figure de héros pour les gars de là-bas. A New York, Boston, Philadelhie, Washington…

Le glas de la Conquête de l’Ouest venait de sonner, annonçant le crépuscule de ces années de folie et de duels devant le saloon du coin.

Ils étaient pareils à des acteurs sur une scène vide, tous les cinq. Le rideau s’était levé, l’heure était venue. Mais ils n’avaient aucun public, à l’exception d’eux-même, et plus déconcertant encore, ils n’avaient aucune pièce à jouer. Ils étaient rassemblés là afin de jouer des rôles pour lesquels aucune réplique n’avait été écrite, afin de participer à une tragédie qui ne dissimulait aucune intention créative évidente, afin d’imposer un ordre meurtrier dans cette absurdité.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Le Mois Américain » chez Titine.

CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014