Un prisonnier modèle : Paul Cleave [Joe Middleton 2]

Prisonnier modèle, un - Paul Cleave

Titre : Un prisonnier modèle

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (2016)

Résumé :
Joe Middleton s’est tiré une balle dans la tête. Par malheur, il s’est raté et a atterri à l’hôpital, escorté par une horde de policiers qui se demandent déjà s’ils n’auraient pas mieux fait de l’achever discrètement. Peut-être en effet auraient-ils dû.

Un an plus tard, Joe est toujours derrière les barreaux d’un quartier de très haute sécurité, accusé d’une série de meurtres plus horribles les uns que les autres. En attendant son procès, qui doit s’ouvrir quelques jours plus tard, il s’apitoie sur les vicissitudes de sa vie de détenu et tente encore de se faire passer pour un simple d’esprit auprès des différents experts en psychiatrie.

Mais pour ceux qui connaissent mieux Joe sous le nom du Boucher de Christchurch, seule une mort rapide est souhaitable.

À commencer par son ex-complice qui compte bien le faire abattre avant son entrée au tribunal ; Raphael, le père d’une de ses victimes, qui veut plus que tout au monde voir Joe payer ses crimes ; ou encore Carl Schroder, l’ancien policier qui a arrêté le tueur en série…

Critique : 
Quel plaisir de retrouver Joe Middleton, notre fameux Joe-Le-Lent, Boucher de Christchurch de son état.

Non, il ne découpait pas des côtelette à la boucherie Sanzot ! Joe, c’est tout simplement premier serial-killer qui m’avait fait rire.

Ici, on rigole moins… Joe est en prison – c’est sa place – et il n’a pas changé d’un iota : il pense toujours qu’il peut berner les gens, que lui seul a des droits et qu’on ne les respecte pas, que tout ceci est une erreur et qu’il va sortir libre de la prison avec sa ligne de défense imparable qui est « Je ne se souviens de rien ».

C’est bien connu, en prison, il n’y a que des innocents et niveau mauvaise foi royale, Joe n’est pas le seul champion du monde, la concurrence est rude avec Kenny-Le-Père-Noël.

— C’est dingue les trucs qui nous font paraître coupables, lui dis-je. Merde, le fait que tu te sois fait prendre dans une bagnole volée en costume de Père Noël avec un gamin enfermé dans le coffre, ça veut rien dire.
— Exactement, convient Kenny.
— Et le fait que c’était en avril n’a pas aidé. Ça t’a fait sortir du lot.
— Exactement. Alors quoi, c’est un crime maintenant de porter un costume de Père Noël à Pâques ?
— Ça devrait pas l’être. Tu crois que c’est un crime d’être déguisé en lapin de Pâques à Noël ?
— Et comment je pouvais savoir que ce gosse était dans le coffre ?
— Tu pouvais pas.
— Et je volais pas la bagnole, je croyais que c’était la mienne. Elle ressemblait à la mienne. Et il faisait noir. L’erreur est humaine.
— Les choses paraissent différentes dans le noir, dis-je.
— C’est ce que je veux dire. Ce gamin, il croit que c’est moi qui l’ai enlevé, mais comment il pourrait le savoir vu que je lui avais bandé les yeux ?
— Très juste. 

Surprise je fus lorsque j’appris qu’on avait écrit une suite de « Un employé modèle ». Que pouvait-on dire de plus ? N’allait-on pas tourner en rond et perdre le bénéfice d’une super lecture lors du premier opus ?

Vu les critiques élogieuses de mes potes blogueurs, j’ai ouvert le roman confiante, mais méfiante tout de même… Joe-Le-Lent aurait pu les payer pour qu’ils vantent la suite des ses aventures. Mdr

La suite est tout simplement jubilatoire, comme la première, mais dans un tout autre registre.

Paul Cleave a toujours une plume remplie d’humour noir et de cynisme.

Le roman, lui, est composé d’une recette imparable qui comprend : du suspense, du mystère, des bons mots, des situations cocasses, des rebondissements, des changements de narrateurs, une pincée de roman noir, du social, des embrouilles,…

Quant aux personnages, ils sont travaillés, on les connait, on a suivi leur parcours, ils ont leur force, leurs faiblesses. Pas de dichotomie entre les bons et les méchants, personne n’étant tout blanc ou tout noir. Quant à la mère de Joe, elle mérite l’Oscar du personnage le plus à l’Ouest !

Sans oublier que dans tous les romans de Paul Cleave interagissent entre eux, les personnages de l’un se retrouvant cité dans un autre, ou passant faire un petit coucou dans un autre… C’est une véritable toile d’araignée où tout se tient à merveille.

Il n’est pas nécessaire de les avoir tous lus pour comprendre, mais cela ajoute du piment pour le lecteur qui l’a fait, bien que ma mémoire passoire m’ait fait oublier des tas de petits détails.

Un employé Modèle possédait SA scène culte (dans le parc), les hommes doivent s’en souvenir, de cette perte horrible. Et bien, la suite en possède une autre qui m’a donné envie de vomir tout mon quatre heures et mon midi aussi. Beurk !

Les gardiens de prison sont forts devant un Joe emprisonné, mais ils feraient moins les mariolles et les durs devant un Joe en liberté ! Mais bon, ça risque pas.

« Bon appétit », me lance Adam, ce qui, je suppose, signifie Va te faire foutre en latin.
Je déballe le sandwich et ouvre le pain. Il y a des poils pubiens entre une tranche de fromage et une tranche de viande, suffisamment pour tricoter un pull à une souris – ce qui est ironique, car la dernière fois qu’Adam m’a apporté un sandwich, il y avait une souris crevée dedans. Je le remballe et veux le rendre à Adam, qui ne le prend pas.
« C’est soit ça, Middleton, soit tu crèves la dalle.
— Alors je crèverai la dalle. »
De la même manière que j’ai crevé la dalle après le sandwich au Mickey.

Une chose m’a fait réfléchir avec le comportement des gardiens de prisons et de certains flics…

A-t-on le droit de rabaisser un prisonnier accusé de multiples meurtres en lui faisant des saloperies ? Ne se met-on pas à son niveau en faisant cela ? Les flics auraient-ils bien fait s’ils avaient descendu Joe par « accident » lors d’une fausse tentative d’évasion ? S’ils l’avaient fait, cela aurait évité bien des drames.

Mais si on cautionne ce genre de comportements, n’est-ce pas la porte ouverte à tout et n’importe quoi, dont la déshumanisation de ceux qui se doivent d’être droit ? Vaste débat.

Une suite aussi jubilatoire que le premier tome, mais dans un registre différent, des retournements de situation, des chocs pour le lecteur, du suspense, du rire, de la peur, des petites subtilités, des questions que l’on se posera, pas de jugements, une intrigue complexe, de haut-vol, un puzzle dont les pièces se mettront en place lentement mais sûrement et des personnages qu’on prend plaisir à retrouver.

Un conseil : ne faites jamais confiance à Joe-Le-Lent… Ni à Mélissa X ! Mais plongez sans crainte dans cette suite délectable que le beau Paul Cleave nous a rédigé de sa petite plume acérée et jouissive.

J’ai un jour donné un coup de pied dans les couilles à un sans-abri et menacé de lui foutre le feu dans cette rue – même si, évidemment, je plaisantais. Je ne suis pas sûr qu’il ait saisi la plaisanterie – c’est le problème avec les gens, ils ne comprennent pas l’ironie.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (565 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

Mois du Polar - Février - Sharon

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L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T1 – Chili con carnage : Lupano & Salomone

Titre : Chili con carnage – L’homme qui n’aimait pas les armes à feu 1

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Salomone

Édition : Delcourt – Conquistador (2011)

Résumé :
Début du XXe siècle, Arizona… Maître Byron Peck, citoyen britannique et avocat d’affaires, escorté de son acolyte, l’effrayant Monsieur Hoggaard, parcourt le désert de pierre aride et brûlant en quête d’un mystérieux papier qui pourrait changer le cours de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique à jamais.

Dans le même but, la dangereuse Margot de Garine s’associe à une bande de mexicains sans foi ni loi… Et ils seront sans pitié !

Critique : 
C’est dans le mensuel « Lanfeust Mag » que j’avais découvert cette série, au moment où le catalogue Delcourt était venu s’additionner à celui des Éditions Soleil (ou le contraire) et que le tome 2 avait été publié dans mon mensuel préféré.

Le fait d’avoir, à l’époque, commencé par le tome 2, m’a gâché la surprise lorsque j’eus enfin la possibilité – il y a quelques jours – de découvrir les premières images du 1…

Ben oui, je savais pourquoi ce grand échalas de maître Byron Peck – un gentleman anglais, avocat aux États-Unis – sapé comme un prince, cheveu gominé et moustache fine se promenait dans un chariot aux côtés d’un colosse norvégien et je savais aussi pourquoi cette force de la nature ne s’exprimait plus que par geignements ou borborygmes (Knut Hoggaard).

Plus de mystères pour moi en ce qui concerne les documents importants, hélas… Trop de savoir tue le mystère…

Ceci étant dit, pour le lecteur qui découvre pour la première fois ce western déjanté, tout le mystère de la chose lui sera hermétique et il découvrira au fil des pages une partie de ce qui s’est passé avant tout cela !

Byron Peck est un avocat sans scrupules… même s’il s’est un peu assagi, il ne s’embarrassera pas de balancer le cadavre d’un hors-la-loi hors du chariot. Le tout avec des dialogues bourré d’humour noir et de cynisme.

— Décidément, ces hors-la-loi sont bien tous les mêmes. Pour dévaliser les banques et tuer des innocents, ils ont la forme. Mais dès qu’il s’agit de faire quelques kilomètres dans le désert avec une balle dans le ventre, il n’ y a plus personne.

— Oh, je sais bien ce que vous pensez, Monsieur Hoggaard. Et vous avez raison : à présent qu’il est mort, il n’y a plus qu’à espérer que ses informations étaient bonnes. De toute façon, nous ne sommes plus très loin. Nous serons bientôt fixés. Et si d’aventure l’homme a menti, nous pourrons toujours repasser par ici pour manquer de respect à son cadavre. Par principe.

Quant à son acolyte, il a tout de l’homme de Néandertal mal dégrossi et passe son temps à hurler son fameux « Lha soloop! ».

— Avant son « accident », Monsieur Hoggaard, c’était un garçon étonnant : une sorte de viking hirsute et rugueux, éructant sa joie de vivre, et qui ne dessoulait jamais… Une force de la nature ! Et un humour, avec ça ! Irrésistible ! Tiens, un jour, à Los Angeles, un passant lui demande le plus court chemin pour se rendre au cimetière. Eh bien, Monsieur Hoggaard l’a poussé aussi sec sous les roues d’un attelage !

Espionnant une hacienda remplie de bandits mexicains où Margot de Garine, une belle dame vient de débarquer, nos amis vont se retrouver dans des situations pas possibles pour notre plus grand plaisir.

Le tout sera de ne pas se faire descendre… Et de retrouver ces fichus documents hyper importants !

— Nous sommes d’incorrigibles bons vivants, monsieur Hoggaard. D’ailleurs, l’expérience a prouvé que nous faisons de mauvais morts.

Beaucoup d’humour dans cette bédé qui a tout du western classique au départ avec les ingrédients habituels : un duo improbable, un jeune premier naïf (Tom Bishop) totalement in love d’une femme fatale, une poignée de bandits mexicains, une attaque de train, un navajo un peu demeuré et un document secret dont je ne vous dirai rien de plus, juste que la nation en dépend !

Avec tous ces ingrédients classiques du western et d’une enquête privée, l’auteur y ajoute un sérieux grain de folie, d’humour, de déjanté, de fraicheur, de mystère, de bons mots, de cynisme, une belle plante et une leçon pour se pays où tout le monde a le droit d’être armé.

Je tiens à remercier la chambre des représentants de l’État du Texas qui, au moment où ce livre part à l’impression, vient d’autoriser le port d’armes à feu sur les campus universitaires.
Voilà les tueurs de campus bien attrapés : ils vont devoir se rabattre sur les écoles primaires pour faire des carnages.
On autorisera donc le port d’arme à l’école primaire. Les tueurs devront alors s’en prendre aux crèches.
Qu’à cela ne tienne, on armera les assistantes maternelles et les enfants en bas âge.
Etc etc.

Un pari osé de nous sortir un western aussi déjanté mais le pari est réussi car jamais ils n’ont sombré dans le lourd ou le grotesque, ni au niveau du scénario, ni au niveau des dessins qui ne manquent jamais de tons chauds.

C’est fin, très fin et ça se mange sans faim.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, Le « Challenge US » chez Noctembule, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (48 pages – 4477 pages lues sur le Challenge).

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal LecteurMois du Polar - Février - Sharon

RAT Winter Édition – Le suivi cannibalesque ! [PART 3]

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Quoi de neuf docteur pour la troisième semaine du RAT Winter Edition ?

Le RAT Winter Éditions se déroule chez Chroniques Littéraires et j’y participe dans la catégorie la plus petite :

  • Catégorie moufles : je lis ce qui tombe de ma PAL dans l’ordre que ça me vient, nombre de livres non fixé, hormis le nombre de pages aucune contrainte

Mon suivi de la semaine du vendredi 19 février au vendredi 26/02 (semaine 3) :

  1. Dans son ombre : Gerald Seymour (581 pages – 100 pages déjà lues = 481 pages)
  2. Les enfants de poussières : Craig Johnson (371 pages)
  3. Les nuits de Reykjavik : Arnaldur Indriðason (351 pages)
  4. L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – Tome 1 – Chili con carnage : Lupano & Salomone (48 pages)
  5. L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu – Tome 2 – Sur la piste de Madison : Lupano & Salomone (48 pages)
  6. L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu – Tome 3 – Le mystère de la femme araignée : Lupano & Salomone (48 pages)
  7. Un prisonnier modèle : Paul Cleave (138 pages lues sur les 568)

= 1485 lues pour la semaine 3

+ 1381 pages lues la semaine 2 + 1611 pages lues la semaine 1 = 4477 pour les trois semaines

Les Nuits de Reykjavik : Arnaldur Indriðason

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Titre : Les Nuits de Reykjavik

Auteur : Arnaldur Indriðason
Édition : Métailié (2015) / Points (2016)

Résumé :
Erlendur le solitaire vient d’entrer dans la police, et les rues de Reykjavik dans lesquelles il patrouille de nuit sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques…

Des gamins trouvent en jouant dans un fossé le cadavre d’un clochard qu’il croisait régulièrement dans ses rondes.

On conclut à l’accident et l’affaire est classée. Pourtant le destin de cet homme hante Erlendur et l’entraîne toujours plus loin dans les bas-fonds étranges et sombres de la ville.

Petit Plus : On découvre ici ce qui va faire l’essence de ce personnage taciturne : son intuition, son obstination à connaître la vérité, sa discrétion tenace pour résister aux pressions contre vents et marées, tout ce qui va séduire le commisaire Marion Briem.

En racontant la première affaire d’Erlendur, le policier que les lecteurs connaissent depuis les premiers livres de l’auteur, Arnaldur Indridason dépasse le thriller et écrit aussi un excellent roman contemporain sur la douleur et la nostalgie.

51wBgUH+IgL._SX301_BO1,204,203,200_Critique : 
Ça devient une habitude, dans les romans d’Arnaldur Indriðason, que les cadavres soient trouvés par des enfants qui jouent car dans « La femme en vert » c’était pareil.

Bon, dans l’autre roman, c’était un morceau d’os humain, ici, c’est tout le corps noyé d’un SDF que les gamins trouvent, en jouant au radeau de la méduse dans l’eau des anciennes tourbières.

Les garçons tapotèrent l’anorak vert qui tournoya à la surface de l’eau, puis décrivit un arc de cercle avant de couler. S’aidant de leurs bâtons, ils le firent remonter et furent saisis d’effroi.

Quel choc j’ai eu de découvrir mon cher commissaire Erlendur Sveinsson à l’époque où il était un simple flic travaillant de nuit, dans les années 70 (1974)… « Erlendur, simple flic », ça ferait un bon titre de film.

Notre vieil ami est jeune et bien moins bougon et ours mal léché que lorsqu’il prendra de la bouteille et du galon, malgré tout, un trait de caractère est déjà bien présent : il ne lâche rien et piétine toutes les règles imposées aux policiers.

– Vous devriez passer nous voir à la Criminelle si vous avez envie d’un peu de changement, déclara Marion. J’ai parcouru les rapports que vous nous avez remis sur Hannibal et Oddny. J’ai pu constater que ça ne vous gênait pas d’enfreindre toutes les règles que nous nous imposons au sein de la police.

Erlendur étant un simple flic de proximité, il n’a pas à enquêter sur la mort du clochard Hannibal puisque son domaine d’action c’est les tapages nocturnes, les bagarres, les cambriolages, les accidents de la route…

Mais c’est plus fort que lui, il veut savoir ce qu’il lui est arrivé, si c’est un meurtre déguisé en accident ou pas…

Pourquoi ? Parce qu’il avait croisé souvent la route de ce laissé-pour-compte, qu’il est curieux et qu’il avait trouvé que cette affaire avait été enterrée trop vite par ses collègues de la Criminelle car ils avaient une affaire de disparition sur les bras et qu’elle était plus importante que la mort d’un clochard.

Erlendur se demandait si la manque de zèle de ses collègues tenait au statut social de la victime, s’ils ne considéraient pas en fin de compte qu’il ne s’était tien passé de notable, si ce n’est que depuis il y avait un clochard de moins dans les rues.

Têtu et tenace, notre pas-encore-commissaire va remonter patiemment et méticuleusement la piste du SDF durant ses journées de récupération, à titre personnel et se rendre compte que… Non, je ne dirai rien de plus !

Lire les romans d’Arnaldur Indriðason c’est plonger la tête la première dans ce beau pays qui est l’Islande, mais pas du côté de la carte postale touristique, non, dans ces mauvais quartiers, entrant chez les gens et découvrant leur noirceur : drogues, viols, femmes battues, disparitions, meurtres… Que des joyeusetés, en fait.

L’auteur nous parle des disparitions mystérieuses de personnes, ceux qui, un jour, ont pris la route du travail, de la maison, de l’école et n’y sont jamais arrivés. Disparus, on ne les a jamais retrouvés, comme si la terre les avait englouti. Couché Fox Mulder ! Pas de vérité ailleurs, ici, ni d’aliens.

Il pensa à cette maison du quartier Ouest devant laquelle il lui arrivait de passer quand revenait l’obséder l’histoire de la jeune fille disparue sans laisser de traces alors qu’elle se rendait à l’Ecole ménagère.
Il était évident qu’il s’intéressait aux disparitions. Au phénomène en soi, mais aussi au sort de ceux qu’on ne revoyait jamais et à ceux qui restaient.
Il avait conscience que cette obsession plongeait ses racines dans le drame qu’il avait vécu dans sa chair sur les hautes landes des fjords de l’Est et dans ses lectures sur les gens qui se perdaient dans la nature et les épreuves qu’ils enduraient en sillonnant ce pays âpre et impitoyable.

Sans jamais avoir une plume ennuyeuse, l’auteur nous parle de son pays au travers des pérégrinations de notre Erlendur et nous ballade durant son enquête, nous entrainant sur des pistes qui peuvent se révéler être fausses ou dans des maisons qui cachent de vilaines choses derrière leurs façades.

Avec Erlendur, la résolution du crime passerait même pour sommaire tant le contexte social de l’Islande est important.

Mais rassurez-vous, l’auteur ne sacrifie ni l’un, ni l’autre et donne tout son talent aussi bien pour nous servir une enquête simple (mais jamais simpliste) avec une résolution plausible tout en nous mitonnant un portrait de son pays aux petits oignons.

Un roman qui se lit tout seul, découvrant, émerveillée, les premiers pas de Erlendur dans la police, moins bougon que d’habitude, encore célibataire et sans ses problèmes avec ses deux enfants (pas encore nés), mais déjà un homme soucieux, taciturne, mélancolique, solitaire et sans cesse hanté par les fantômes de son enfance.

Il pensait aux nuits de Reykjavik, si étrangement limpides, si étrangement claires, si étrangement sombres et glaciales. Nuit après nuit, ils sillonnaient la ville à bord d’une voiture de police et voyaient ce qui était caché aux autres: ils voyaient ceux que la nuit agitait et attirait, ceux qu’elle blessait et terrifiait. Lui-même n’était pas un oiseau nocturne, il lui avait fallu du temps pour consentir à quitter le jour et à entrer dans la nuit, mais maintenant qu’il avait franchi cette frontière, il ne s’en trouvait pas plus mal. C’était plutôt la nuit que la ville lui plaisait. Quand, dans les rues enfin désertes et silencieuses, on n’entendait plus que le vent et le moteur de leur voiture.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Nordique 2016 » chez Mes chroniques Littéraires, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (351 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

Enfants de poussière : Craig Johnson [Walt Longmire 4]

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Titre : Enfants de poussière – Walt Longmire 4

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister (2014)

Résumé :
Le comté d’Absaroka, dans le Wyoming, est le comté le moins peuplé de l’État le moins peuplé d’Amérique.

Aussi, y découvrir en bordure de route le corps d’une jeune Asiatique étranglée est-il plutôt déconcertant.

Le coupable paraît pourtant tout désigné quand on trouve, à proximité des lieux du crime, un colosse indien frappé de mutisme en possession du sac à main de la jeune femme.

Mais le shérif Walt Longmire n’est pas du genre à boucler son enquête à la va-vite.

D’autant que le sac de la victime recèle une autre surprise : une vieille photo de Walt prise quarante ans plus tôt, et qui le renvoie à sa première affaire alors qu’il était enquêteur chez les marines, en pleine guerre du Vietnam.

Petit Plus : Enfants de poussière entremêle passé et présent au gré de deux enquêtes aux échos inattendus.

Ce nouveau volet des aventures du shérif Longmire et de son ami de toujours l’Indien Henry Standing Bear, nous entraîne à un rythme haletant des boîtes de nuit de Saïgon aux villes fantômes du Wyoming.

article-2303845-1909A80B000005DC-692_470x610Critique : 
Retrouver Walt Longmire, shérif  du comté d’Absaroka (Wyoming) et toute son équipe, chien compris, c’est comme retrouver de vieux amis.

Avant d’entrer dans le Wyoming, j’avais enfilé ma doudoune, mes gants, mon bonnet, une écharpe… et merde, c’est le mois de juillet ! Allez hop, à poil !

Notre shérif Longmire est bien ennuyé, lui qui voulait passer du temps avec sa fille convalescente, le voilà avec le cadavre d’une jeune vietnamienne retrouvée étranglée à proximité de l’autoroute.

Un suspect ? Oui ! Et de taille !

Les enquêtes de Walt Longmire et de sa fine équipe n’ont rien de « trépidantes », on ne court pas dans tous les sens car ici, on n’est pas dans 24h chrono !

Pourtant, un indien a dû jeter un sort aux pages du livre car il m’était impossible de poser le roman. « Allez, encore un chapitre et puis j’arrête… Allez, encore deux paragraphes… » Résultat, en une journée, il a été dévoré.

Les personnages sont bien travaillés, on prend plaisir à les voir évoluer, s’interroger,… L’équipe qui entoure le shérif n’est pas en reste et c’est vraiment une bande de copains dont je prend plaisir à retrouver à chaque roman. L’Ours étant mon chouchou avec le jeune basque.

Je pensai à mon effrayante adjointe originaire de Philadelphie, au fait qu’elle pouvait tirer, boire et jurer davantage que tous les flics que je connaissais, et au fait qu’elle représentait en ce moment même notre comté à l’Académie de police du Wyoming.

Dans ce roman, le passé et présent s’entremêlent au gré de deux enquêtes : celle au Wyoming, de nos jours, et celle que mena un jour Walt Longmire, alors jeune inspecteur des Marines, au Vietnam. Deux enquêtes à résoudre et ce ne fut pas aussi facile qu’on pourrait le penser.

— Autant chercher une petite bite dans une botte de foin vietnamienne.

Très addictif les chapitres consacrés à la guerre du Vietnam et à l’enquête sur un trafic de drogues. Au début, je me demandais où cela allait nous mener, mais l’auteur connait son job sur le bout des doigts et il nous raccrochera les wagons à la fin de son récit.

— Écoute, ce pays est infesté de drogue, et une grande partie de cette merde vient de notre propre CIA. Il y a du bhanj qui pousse partout, de l’opium dans la montagne et l’héroïne ma thuyi est l’industrie artisanale de choix, par ici. (Il leva sa bière et cogna la mienne.) T’as plus qu’à choisir ton poison. Tiens, mate un peu.

Les guerres ont toujours été des saloperies et celle du Vietnam ne fait pas exception à la règle.

On les avait enroulés dans des ponchos en plastique parce que l’armée avait épuisé son stock de sacs mortuaires. Elle avait aussi épuisé son stock de nourriture, de munitions et de médicaments – les morts étaient l’une des rares choses qui semblaient toujours se trouver en abondance.

En peu de chapitres, l’auteur nous fait vivre au travers des récits les combats féroces et barbares qui eurent lieu, nous parle des gradés qui manquèrent de couilles, de parole, de discernement, qui se cachèrent (courage, fuyons !) et punirent ensuite ceux qui en avaient eu deux (de paires de cojones), tout en faisant enquêter son jeune inspecteur.

Durant l’enquête dans le présent, on jouera au chat et à la souris pour terminer sur une page glauque de l’Histoire car là où il y a de la misère humaine, il y aura toujours des gens sans scrupules pour en profiter et se faire du fric sur le dos des autres.

— Ils ont été exploités par les Vietnamiens, les communistes, les Français, et maintenant, ils le sont par nous. Et lorsque cette guerre criminelle sera terminée, je peux te certifier que ce seront eux qui paieront le prix fort.

Encore une enquête rondement menée par notre shérif préféré, Walt Longmire, de l’Histoire avec un grand I, des Indiens, de l’humour, des fines réparties, de l’amitié, et une plume qui m’entraine toujours dans un autre monde, celui de Walt et de son équipe.

Grand Esprit, garde-moi de critiquer mon voisin tant que je n’ai pas marché une heure durant dans ses mocassins.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule, Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (371 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

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Dans son ombre : Gerald Seymour

 

Dans son ombre - Seymour Gerald [NUM] 2

Titre : Dans son ombre

Auteur : Gerald Seymour
Édition : Sonatine (2015)

Résumé :
Londres, 2001 : Joey Cann se tient devant une maison qu’il a vue des centaines de fois sur des photos, dans des dossiers, dans des rapports, celle d’Albert William Packer, un richissime homme d’affaires soupçonné de diriger la mafia londonienne.

Joey est membre de l’Église, un service des douanes britanniques qui vient de subir un cuisant revers.

Après trois ans de surveillance, un budget de cinq millions de livres, un procès retentissant, Packer, qui a été emprisonné pendant des mois, vient en effet d’être libéré suite à l’étrange défection d’un témoin clé. Si l’enquête est officiellement close, Cann s’est malgré tout juré de ne jamais renoncer.

Désormais, il sera dans l’ombre de sa cible, en permanence. Un homme retrouvé mort à Sarajevo va bientôt forcer Packer à sortir de son antre pour gagner la Bosnie.

C’est sur ce terrain inattendu, dans un pays durement éprouvé par la guerre, que Cann, accompagné de Maggie Bolton, une experte en surveillance, va tenter de le piéger.

mafiaCritique :
« Captivant de la première à la dernière ligne, c’est le genre de livre qui vous fait perdre toute notion de l’heure. » (selon The New York Times).

« Pas si captivant que ça, je trouve, trop long au départ mais addictif sur les 200 dernières pages » (dixit Belette2911)

Mais je ne suis pas le New-York Times, moi, et ma critique ne fera sûrement pas vendre plus parce que je n’ai pas du tout perdu la notion de l’heure ou celle du temps, lors de ma lecture. Que du contraire ! Heureusement que ça passe mieux après les 150 premières pages.

Mister (Albert William Packer) est un mafioso, dans sa version anglaise. Notre homme est distingué, sûr de lui, self-made man, rempli de self-control, toujours prompt à riposter envers ceux qui ne jouent pas le jeu ou veulent le doubler, imbu de lui-même…

Un vrai Napoléon du crime qui n’a jamais connu de défaite et qui vole d’Austerlitz en Iéna (de victoire en victoire, quoi).

Le voilà qui vient de sortir parfaitement libre de son procès, laissant son adversaire – le service des douanes britanniques – tenter de digérer ce cuisant revers. Trois ans de travail réduit à néant sur défection d’un témoin.

Au départ, même si Mister fait « truand chic et impitoyable », j’ai trouvé qu’il avait le charisme d’une amibe desséchée.

Bon, après, j’ai révisé mon jugement, son côté amibe a disparu et j’ai vu une hyène en costume cravate, mais malgré tout, il lui manquait la flamboyance des vrais Grands Méchants. Même si c’est un vrai salopard, il lui manquait un truc pour en faire un Méchant inoubliable.

Joey Cann – l’autre personnage principal – faisait partie des douanes, il était archiviste, autrement dit, une chiure de mouche, mais lui, il ne veut pas laisser tomber l’affaire.

Alors, il va suivre Mister lors de son périple à Sarajevo, là où il veut étendre son domaine d’action. Dans sa mission, Joey sera aidé par Maggie Bolton, un agent féminin qui en connait un sacré bout sur la ville. Si Joey est un néophyte, elle, c’est une pro !

Un chef d’équipe avait dit d’elle un jour : « Elle pourrait coller une sonde dans le cul d’un crocodile et il ne s’apercevrait même pas qu’on est en train de lui chatouiller les sphincters ».

Passant tour à tour du côté de la loi (Cann et les autres) à celui des truands (Mister et son équipe); de Londres à Sarajevo; de 2001 (époque où l’action se déroule) à 1992, lors de la guerre en Yougoslavie, on ne pourra pas se plaindre que l’auteur ne nous ait pas fait varier les plaisirs, les protagonistes, les lieux ou les époques.

Ce sont ces passages sur la vie à Sarajevo, avant, pendant et après la guerre, qui m’a captivé et fait perdre la notion du temps. Certes, on se demande, au départ, ce que la guerre et la pose des mines dans les champs aura avoir avec le roman, mais les explications viendront en temps utile (fin du livre).

La question que tout le monde se pose est « Est-ce que Sarajevo sera le Waterloo de Mister ? Ou tout simplement une version de la « retraite – la queue entre les jambes – de Russie » comme pour le véritable Napoléon.

— Vous savez ce qui me tracasse ? Je veux dire, ce qui m’empêche vraiment de dormir ? C’est qu’un jour, vous vouliez aller trop loin – je veux dire – que vous fassiez un pas de trop. Voilà ce qui me tracasse…

Joey Cann peut-il le faire tomber ? Can(n) he do it ? Le loser peut-il venir à bout du winner ? Réponse dans le roman.

En tout cas, Joey est tenace, n’a pas peur de Mister et sera comme un moustique qui vous tourne autour mais que vous ne pouvez pas écraser au vu de tous, de peur qu’ils pensent que vous perdez votre sang-froid légendaire.

Là où le roman devient addictif, c’est dans le duel final… Ne vous attendez pas à un duel à la Clint Eastwood dans « The good, the bad and the ugly », mais notre Joey aura tout du salopard dans ce duel, bien que je ne puisse le blâmer.

— Tu vois, Nasir, je m’en fiche de descendre plus bas que terre avec lui, et de devoir me battre encore plus salement que lui. Il perd, je gagne. Ce que je veux, c’est le tenir dans ma main et l’écraser. Il a toujours gagné, et j’ai toujours perdu, mais pas ici. Tu comprends ça, Nasir ?

On sent le travail du journaliste dans la plume de l’auteur car tout y est bien détaillé et nous donne l’impression d’être plongé jusqu’au coup dans cette ville où règne toujours la misère et la corruption. Gros tacle aussi sur notre Société à nous, sur ceux qui sont allé pour « aider » et tir à boulets rouges sur ce que le côté salaud du genre humain.

— Est-ce que nous aurions pu faire ça ? bredouilla Joey. Est-ce que nous aurions fait ces choses dans les camps, vous et moi ?
— Bien sûr que nous l’aurions fait, répliqua-t-elle d’une voix lasse. C’est une question d’environnement, d’instinct de survie, de propagande. C’est ce vieux truc de vouloir avilir son ennemi. Gratte sous la peau de n’importe qui et tu trouveras un abcès de bestialité. Quand la haine tourne à l’obsession, quand on veut écraser l’autre, prouver sa suprématie, n’importe lequel d’entre nous peut se retrouver à agir de cette façon.

— Ils ont impliqué le maximum de gens dans le nettoyage et les massacres, de manière que la faute soit collective. Créer une culpabilité collective, ça a été un des grands talents de leurs leaders. Le second point très habile, ça a été de détruire l’héritage de ceux qu’ils avaient forcés à partir. Mais n’oublie jamais une chose : il n’y a pas eu de saint parmi les seigneurs de guerre, d’un côté comme de l’autre, aucun, seulement des pécheurs.

Même celui qui voudrait rester loin de la corruption, rester propre, clean, tombera dedans un jour. Pas le choix. Enfin, si : marche avec nous ou crève ! C’est vicieux, mais c’est ainsi.

— Je ne pensais pas que j’avais un prix, dit le juge. Je vous le dis, priez votre Dieu pour ne jamais avoir à boire dans la coupe du diable.

Un roman qui est loin d’un John Le Carré comme indiqué, il ne me marquera pas mon esprit – hormis pour ses passages sur la pourriture de guerre qui eut lieu entre 1992 et 1996 – bien que j’ai tout de même passé un bon moment avec lui sur la fin, ce qui m’a consolé du départ laborieux.

Malgré tout, vu ce qui était noté en 4ème de couverture, j’avais espéré bien mieux que ce que je viens de lire… Dont un Grand Méchant plus « charismatique », pas pour l’aimer, mais pour frissonner à mort du début à la fin.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), « A year in England » chez Titine, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (581 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

Django Unchained : Quentin Tarentino [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 8/52]

Django Unchained ou Django déchaîné au Québec et au Nouveau-Brunswick est un western américain écrit et réalisé par Quentin Tarantino, sorti en 2012.

Nommé pour cinq Oscars dont celui du meilleur film en 2013, le film est récompensé à deux reprises ; meilleur acteur dans un second rôle pour Christoph Waltz et meilleur scénario original pour Quentin Tarantino.

Doté d’un budget de 100 millions de dollars, le film rapporte plus de 425 millions de dollars au box-office, ce qui en fait le meilleur succès commercial de Tarantino.

1. Synopsis :
Texas, 1858. Il raconte l’histoire de Django (Jamie Foxx), un esclave noir et du docteur Schultz (Christoph Waltz), chasseur de primes qui promet de libérer Django et de lui donner une petite récompense pécuniaire, si ce dernier l’aide à arrêter trois fugitifs recherchés.

Une fois libéré, Django part alors à la recherche de sa femme, Broomhilda, alors qu’ils ont été séparés quelques années plus tôt en tentant de fuir leur ancien lieu d’esclavage.

Il est alors accompagné de Schultz, qui s’est noué d’amitié avec Django et qui souhaite l’aider.

2. Fiche technique :

  • Titre original : Django Unchained
  • Titre québécois : Django déchaîné
  • Réalisation et scénario : Quentin Tarantino
  • Budget : 100 000 000 de dollars
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Langue originale : anglais (quelques dialogues en allemand et français)
  • Format : couleur – 35 mm – 2,35 : 1
  • Genre : western
  • Durée : 165 minutes
  • Dates de sortie :
    •  Canada États-Unis : 25 décembre 2012
    •  Belgique,  France,  Suisse romande : 16 janvier 2013

3. Distribution :

  • Jamie Foxx : Django
  • Christoph Waltz : docteur King Schultz
  • Leonardo DiCaprio : Calvin J. Candie
  • Samuel L. Jackson : Stephen
  • Kerry Washington : Broomhilda von Shaft
  • Laura Cayouette : Lara Lee Candie-Fitzwilly, la sœur veuve de Calvin
  • Dennis Christopher : Léonid « Léo » Moguy, avocat de Calvin J. Candie
  • Walton Goggins : Billy Crash
  • James Remar : Ace Speck et Butch Pooch
  • Don Johnson : Spencer Gordon « Big Daddy » Bennet

Ce que j’en ai pensé :
Putain, c’était de la balle ! Voilà un bon western de Tarantino ! Avec des dialogues extras, de l’action, de la profondeur, et des Méchants magnifiques.

Les premières images sont dures, on y voit un convoi de quelques esclaves Noirs conduits par deux cavaliers, ils sont enchaînés l’un à l’autre et marchent difficilement. Il fait froid, c’est la nuit, et ils n’ont qu’une pauvre couverture sur leur torse nu.

La scène suivante donne envie de rire car une carriole surmontée d’une molaire énorme qui tangue sur son ressort apparaît devant les deux cavaliers.

La suite sera violente… Et les répliques du docteur King Schultz, le dentiste, sont un mélange de décontraction à la Mentalist et de petits sarcasmes, le tout servi par une précision de tir à la Lucky Luke.

Schultz aux esclaves : Quant à vous, pauvres diables, si vous voulez mon sentiment au sujet de ce qu’il convient de faire maintenant, s’offre à vous messieurs deux solutions. Première solution : dès que je disparait, vous retirez la bête de la jambe du Spek survivant pour emporter celui-ci dans la ville voisine qui se trouve bien à… 60 km en rebroussant chemin. Deuxième solution, vous vous débarrassez de vos chaines, vous prenez ce fusil, vous lui mettez une balle dans le crâne, vous enterrez bien les deux cadavres et ensuite vous vous dirigez vers les régions les plus évoluées de ce pays. A vous de choisir. Oh et si d’aventure, il se trouve parmi vous des fanas d’astronomie, je vous rappelle que l’étoile polaire indique le nord. Salut !

Je ne dirais pas que le film est un film sur  l’esclavagisme, loin de là.

Certes, nous avons des scènes de racisme primaire, qui, à l’époque où nous nous trouvons (1858) était logique pour la majorité des Blancs… mais je crains bien que les propriétaires terriens n’aient jamais organisé des combats entre leurs ouvriers Noirs.

Ils avaient une valeur marchande et, financièrement parlant, c’eut été un risque trop grand que de les faire combattre tels des gladiateurs dans une arène ou une sorte de ring de boxe. Mais bon, ces combats ont leur raisons d’être dans le film.

J’ai eu un gros faible pour le Dr Schultz (Christoph Waltz, le Grand Méchant dans « 007 Spectre ») qui, ici, a un rôle dans la mesure de son talent.

Le dialoguiste n’était pas parti en vacances et j’ai souvent ricané devant les énormités qu’il sortait, l’air tout tranquille. Et le pire, c’est qu’il avait raison en tout point, le docteur chasseur de primes.

Le Dr Schultz n’est ni tout blanc, ni tout noir. Il a beau ne pas cautionner l’esclavagisme, s’il a libéré Django, ce n’était pas par grandeur d’âme, mais parce qu’il a besoin de lui.

Pourtant, au fur et à mesure de leur étroite collaboration, c’est de l’amitié qui va naître entre eux.

Django, lui, il est sexy en diable et va lui aussi devoir jouer un rôle qu’il n’aimera pas afin de tenter de sauver sa belle. Et puisque la fin justifie les moyens, il devra mordre sur sa chique et se faire cracher dessus par ses semblables (en plus des Blancs).

Mais le meilleur, ce fut sans nul doute Leonardo Di Caprio dans le rôle de Calvin J. Candie, un salopard au sourire mielleux, un gars qui peut passer du sourire au rictus le plus haineux, un rôle comme je les aime pour le beau Roméo qui m’avait fait chavirer à l’époque.

Entre lui et Django, ce ne sera pas toujours du gâteau niveau relations et nous donnera des répliques telle que celle qui énerva les hommes de main de Candie :

Calvin Candie : Je suis curieux de savoir ce qui fait de toi un si grand expert.
Django : J’suis curieux de savoir pourquoi vous êtes si curieux de savoir.

Son retour à la propriété, avec son staff, ses esclaves combattants, Django et le Dr Schultz a laissé des traces dans mes jambes tellement mes mains se sont agrippées à mes cuisses durant la scène entre Calvin Candie, D’Artagnan et les trois bergers malinois. J’avoue avoir fermé les yeux devant l’horreur.

La scène avec le crâne de l’Oncle Ben est à flipper elle aussi et j’ai reculé de peur que le beau Leo ne me postillonne dessus tant il était entré dans une colère noire.

Sérieusement, il faisait peur, sa voix était remplie de haine, mais avec un ton maitrisé, une colère froide, une colère qui vous donne envie de foutre le camp sous la table.

Quand Candie (Leo) frappe sur la table, cassant quelques morceau du crâne, et bien, le beauDiCaprio s’est réellement blessé à la main gauche.

Ce n’était pas de l’hémoglobine ketchup Heinz mais du vrai sang et notre beau Leo, imperturbable, a continué de jouer la scène malgré sa blessure.

Les autres acteurs, perplexes, ont continué de jouer. C’est son véritable sang qu’il étale sur le visage de Kerry Washington.

Un acteur que je n’avais pas reconnu, c’est Samuel L. Jackson dans le rôle du vieil esclave noir et homme de confiance de Candie, Stephen. Je le surnommerais bien « Bounty » parce que bien que Noir à l’extérieur, il était devenu Blanc à l’intérieur.

Dr Schultz : Monsieur Calvin, normalement je devrais vous dire « Auf wiedersehen ». Mais attendu qu’auf wiedersehen signifie en réalité « jusqu’au revoir », et attendu monsieur que je n’ai nul désir de vous revoir, je me contenterai de vous dire Adieu.

Bon, on ne peut pas dire que le Blanc en sortira grandi puisque, hormis le Dr Schultz – qui est d’origine Allemande et pas Américaine – dans le film, tous les Blancs sont des salauds et il n’y a pas la demi-mesure de celui qui s’en lave les mains ou qui est neutre.

Allez, je soulignerai une erreur : Alfred Nobel a inventé la dynamite en 1866, en 1867, il dépose le brevet. Nous sommes en 1858 alors faudra m’expliquer comment Django peut utiliser ce petit bâton qui fait boum-boum…

Ah, autre petit détail… C’est ultra violent et je me dis qu’il y avait moyen de faire la même chose sans cette profusion d’hémoglobine qui explose partout dès qu’une balle entre dans le corps d’une personne.

Ça gicle tant et si bien qu’à la fin du visionnage, j’ai dû essuyer l’écran du PC, le clavier, mon visage… Putain, Tarantino a repeint une baraque en rouge, quasi !

En résumé :  de l’action, des dialogues aux petits oignons, une bande-son qui mérite son nom et qui porte la marque de l’Ennio (même si tirée d’anciens films), des personnages excellents, tous bien dans leurs rôles et un film qui se regarde d’une traite, sans même voir le temps passer.

Étoile 4

« Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, le Challenge « Victorien » chez Camille, le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

Tijuana city blues : Gabriel Trujillo Muñoz

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Titre : Tijuana city blues

Auteur : Gabriel Trujillo Muñoz
Édition : Gallimard (2010)

Résumé :
Toujours risqué, d’avoir des ouvriers chez soi, surtout quand on vit à Mexico. Aussi, quand Miguel Àngel Morgado, avocat qui s’est officiellement consacré à la défense des droits de l’homme, en voit arriver un en larmes, il se dit que pour une fois…

Mais le charpentier nommé Blondie a appris qu’il travaille en fait pour le plus privé des privés, et lui demande de retrouver son père, disparu depuis 1951.

Une enquête historique, se dit encore Morgado, car le disparu est le dernier ami resté fidèle à l’écrivain Willliam S. Burroughs, quand celui-ci est sorti de taule après avoir logé une balle dans la tête de sa femme, Joan.

C’est par Burroughs que le père de Blondie a été envoyé avec un paquet suspect à Tijuana, d’où il n’est jamais revenu.

largeCritique : 
Vous avez décidé de visiter le Mexique et la ville de Tijuana ? Pas besoin de vous farcir des tonnes de prospectus, ce petit roman d’un peu plus de 100 pages fera l’affaire.

Bon, après lecture, vous aurez peut-être – tout comme moi – décidé d’abandonner le voyage !

Miguel Àngel Morgado est un avocat et le voici engagé par un charpentier (qui ne prénomme pas Joseph) pour retrouver la trace de son père, un américain mystérieusement disparu en 1951 lors de la fusillade dans la cantina El Tecolote à Tijuana.

Est-il toujours vivant ou non ? Et si oui, pourquoi cet homme bien n’a-t-il plus donné signe de vie à sa fiancée mexicaine qui avait un polichinelle dans le tiroir ?

La quête de ce paternel disparu mystérieusement de la circulation – comme si c’était Copperfield – mènera l’avocat dans la ville de Tijuana pour une confrontation avec la vérité toute nue et sans l’éclat du bronzage.

Une lecture qui se termine vite, sans temps mort, l’intrigue étant aisée à suivre sans pour autre être simpliste.

L’enquête était correcte, le dépaysement était total, et j’ai savouré les petites répliques acides entre l’avocat, mexicain, et le gars du FBI, américain jusqu’aux bout des ongles.

Et prends-toi dans la gueule, gars du FBI, que les yankees considèrent le Mexique comme un lieu de défoulement et un super réservoir pour obtenir des travailleurs à bas prix ou des prostiputes.

Mais attention, le gars du FBI a de la réplique ! Et prends-toi dans les dents que les Mexicains ne sont pas des anges non plus avec les autres.

— Arrêtons, Morgado. Je sus venu avec le drapeau blanc, des intentions pacifiques.
— C’est ce que vous avez dit à Géronimo et tu sais ce qui est arrivé.
— Et c’est ce que vous dites, vous, les mexicains, aux Indiens du Chipas, et tu sais ce qu’il leur arrive, répliqua Harry. Rien ne vous sert de leçon, à vous non plus. À toi moins qu’à tout autre. Je me trompe ?

Le seul bémol est la petitesse du roman (oui, parfois, la taille est importante).

La plume de Muñoz est un plaisir à suivre et j’aurais bien poursuivit l’Histoire de la ville, de ses vices et de ses délices, bien en sécurité dans mon divan que j’étais.

Vu les personnages, les approfondir ne leur auraient pas fait de tort, que du contraire, cela aurait donné encore plus de corps au récit.

Hélas, en 100 pages, l’auteur doit aller à l’essentiel et c’est bien dommage parce qu’il y avait matière là à nous écrire un bon 300 pages sans soucis. Plus si affinités.

Pas de regret d’avoir découvert « ce saisissant portrait du Mexique » comme l’écrivait Le Monde.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (109 pages – 2104 pages lues sur le Challenge).

Mois du Polar - Février - Sharon rat-a-week1-copie

Sans pitié, ni remords : Nicolas Lebel [LC avec Stelphique]

Sans pitié ni remords - Nicolas Lebel [NUM]

Titre : Sans pitié, ni remords

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout (2015)

Résumé :
9 novembre, cimetière du Montparnasse. Le capitaine Mehrlicht assiste, en compagnie de son équipe, aux obsèques de son meilleur ami, Jacques Morel.

Quelques heures plus tard, il se retrouve dans le bureau d’un notaire qui lui remet, comme « héritage », une enveloppe contenant un diamant brut.

Il s’agit de l’un des yeux d’une statue africaine, le Gardien des Esprits, dérobée dix ans auparavant lors du déménagement du Musée des arts africains et océaniens, que Jacques avait supervisé, et recherchée depuis par la « Police de l’Art ».

Merlicht prend un congé et son équipe se retrouve sous le commandement du capitaine Cuvier, un type imbuvable aux multiples casseroles, quand les inspecteurs Latour et Dossantos sont appelés sur la scène de l’apparent suicide d’un retraité.

Fleurs-du-mal_titelCritique (Stelphique est en-dessous) : 
Bon, faudrait pas que ça devienne une habitude de prendre mon pied avec le capitaine Mehrlicht ! Ça commence à bien faire ces coups de cœur pour ses aventures. Heureusement que sa tabagie n’aura aucune incidence sur mes poumons.

Après la moitié du mois de février à bouffer de la littérature anglaise, j’ai eu une envie folle de cuisine française et plus particulièrement des cuisses de Kermit la grenouille (mehrlicht) avec du beurre et de l’ail.

Le prologue annonce déjà que le plat sera corsé… Un pointage laser sur le torse avant de nous faire remonter le temps et de tout nous expliquer…

Quelques notes de tristesse pour un enterrement, quelques bons mots et puis on repart ensuite dans une nouvelle enquête avec le capitaine qui remplacera Mehrlicht durant ses congés : Cuvier…

— J’ai pas mon arme de service. T’aurais pas un flingue à me prêter? C’est pour un prêtricide… Je vais lui greffer un aller simple en plomb pour l’au-delà, un billet première classe Paris-saint-Pierre sans correspondance. Et histoire qu’il soit en règle pendant le voyage, je vais lui poinçonner la chasuble au six-coups. Après, on jette le corps dans le trou, ni vu ni connu…

Cuvier, c’est le champion du monde qu’on aimerait avoir avec soi à un dîner de cons. Il est imbu de lui-même, con, crétin, bourré d’aprioris sur tout le monde, surtout sur les personnes qui ne sont pas « made in France »…

Cuvier, c’est le con de compétition. Un maître con. Un cinquième dan. On se bouscule à sa porte pour suivre son enseignement. Si des gens organisent vraiment des dîners de cons, lui, il bouffe à l’œil tous les soirs !

Un personnage qu’on aurait envie de tuer s’il n’avait pas cette manière bien spéciale d’utiliser les expressions populaires. Alors, je suis restée indulgente avec ce connard de Cuvier, me disant qu’il devait être issu d’un accouplement entre le footballeur Ribéry et le cycliste Virenque, vu sa manière éloquente de parler.

— Mais patron, on ne va pas se laisser rouler dans le panneau. Elle va cracher à table, je vous le dis.

La dernière enquête de l’équipe de Mehrlicht est toujours bourré d’humour, de cynisme, de bons mots, de boulets rouge tiré à bout portant sur certains comportement de notre société – Mehrlicht et sa gouaille se prêtant bien à ces emportements dont je partage les vues.

Du mystère avec des énigmes à résoudre (bravo au cerveau tordu qui l’a pondu), un psychopathe à la gâchette facile, des cadavres qui se ramassent à la pelle, du Baudelaire, de la culture, des Gitanes fumées, du bon vin…

Un roman avec Mehrlicht, c’est aussi des personnages que l’on prend plaisir à retrouver, travaillés, avec leurs histoires, leur passé; un récit que l’on ne lâche que parce qu’on y est obligé (putain, fait chier le boss à être dans les parages) et de l’adrénaline dans toutes les pages, surtout les finales.

Mehrlicht, c’est comme un vin en provenance d’un pays méconnu : on se méfie, on grimace devant la bouteille aux teintes verdâtres qui ne paie pas de mine et on l’ouvre avec l’œil torve.

Mais une fois vidé dans le verre, la belle robe grenat nous épate et une fois en bouche, il vous aguiche les papilles avec ses notes de fumée et son goût qui tel des gravats, roulent dans le fond du palais avant de vous exploser la bouche.

Un roman avec le capitaine Mehrlicht c’est comme ce vin qui vient de vous surprendre et dont vous n’avez qu’une seule envie : vider la bouteille et vous enivrer avec.

PS : dans les remerciements de l’auteur vis-à-vis des blogueurs, j’en connaissais quelques uns, ça m’a fait plaisir de retrouver leurs noms à la fin du livre. Et puis, j’ai éclaté de rire avec l’adresse e-mail pour celui qui voulait insulter l’auteur… PTDR !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (384 pages – 2708 pages lues sur le Challenge).

Pourquoi je l’ai choisi :
Il fallait bien qu’on continue de se marrer en duo, et avec plaisir, sur le troisième opus !

Synopsis :
9 novembre, cimetière du Montparnasse. Le capitaine Mehrlicht assiste, en compagnie de son équipe, aux obsèques de son meilleur ami, Jacques Morel. Quelques heures plus tard, il se retrouve dans le bureau d’un notaire qui lui remet, comme « héritage », une enveloppe contenant un diamant brut. Il s’agit de l’un des yeux d’une statue africaine, le Gardien des Esprits, dérobée dix ans auparavant lors du déménagement du Musée des arts africains et océaniens, que Jacques avait supervisé, et recherchée depuis par la « Police de l’Art ».

Merlicht prend un congé et son équipe se retrouve sous le commandement du capitaine Cuvier, un type imbuvable aux multiples casseroles, quand les inspecteurs Latour et Dossantos sont appelés sur la scène de l’apparent suicide d’un retraité. Quelques heures plus tard, ils assistent impuissants à la défenestration d’une femme qui, se sentant menacée, avait demandé la protection de la police.

Les deux « suicidés » avaient un point commun : ils travaillaient ensemble au MAOO lors de son déménagement. Ces événements marquent le début de 48 heures de folie qui vont entraîner Mehrlicht et son équipe dans une course contre la montre, sur la piste de meurtriers dont la cruauté et la détermination trouvent leur origine dans leur passé de légionnaires. Une enquête sous haute tension, dans laquelle débordent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIe siècle.

Ce que j’ai ressenti :
« Ça fait quel bruit, le désespoir ? »

J’avoue avoir eu un peu de mal avec celui ci, surtout au départ… Je m’explique un peu, déjà pour moi les flics, ça ne part pas en vacances, « flic un jour, flic toujours » ou quelque chose comme ça…

Oui je sais je suis un peu dure, mais en fait je veux dire, Mehrlicht ne DOIT pas partir en vacances, parce que sinon, nous pauvres lecteurs assidus ,comment allons nous faire sans lui, sans sa lumière ( ben oui, il n’y a que moi qui la voit ou quoi ? Si, si, regardez bien les grenouilles c’est charmant, surtout si on l’embrasse….), ses bons mots et sa jovialité ????!!!! Oui elle m’a manqué sa joie, mais bon, forcement quand on perd un ami, ça vous fiche un peu le bourdon.

Alors peut être que j’étais trop triste en fait, comme lui, et du coup, mon moral en a pris un  coup. Et puis aussi moi le trafic d’Art, ça me passe un peu au dessus, parce que j’ai du mal à comprendre un tel engouement (caché/pas caché/ œuvre hors de prix/ convoitise malsaine…..).

Après, j’ai retrouvé mon plaisir sur la seconde partie du roman. Baudelaire, étant mon poète préféré, quel bonheur de le voir mettre ainsi à l’honneur, et sur une chasse au trésor, faite de jeux de mots et de rimes !

C’est vraiment la touche « Charme » de cet opus. On a eu Victor Hugo, mais là, avec juste CE poète là, c’est la classe !!!! Lebel aussi se défend bien aussi aux imbroglios de mots et grandes tirades idéalistes. Il me régale cet auteur !!!!

Je trouve qu’en faisant un hommage aux plus grands auteurs, il se révèle lui aussi, et nous prouve qu’il sait manier d’une main de maitre, sans rien envier à ses prédécesseurs, la langue française et cette poésie des mots. Je crois que je lui demanderai de m’encadrer sa grande envolée passionnée de Mehrlicht . Non mais, quelle ferveur !!!! J’en suis encore admirative, déjà, dans son précédent livre, j’avais été scotchée par la scène du Chaudron, mais bon celle ci l’égale !!!!! Merci donc Monsieur Lebel, d’être un auteur de thriller mais pas que…..

« (…)J’ai une tête de grenouille, on me le dit depuis tout petit, j’ai des idées sur tout, et pas que des bonnes, j’ai un caractère de sanglier alcoolique, mais j’ai pas la bêtise d’être raciste. Je vois plus grand, j’ai plus d’ambition, c’est tout… »

En règle générale, j’ai beaucoup aimé ce troisième roman, parce que c’est toujours un régal de retrouver ses personnages hauts en couleurs (Le vert de Mehrlicht, Le Bleu rougeoyant de Dossantos, le rose bonbon de Latour), on s’attache, on vie avec eux leurs plus belles émotions, leurs coup de gueule comme leurs larmes amères, et c’est cela qui fait la force de cette saga, ce noyau de personnalités qui nous fait vibrer !!! On se demande à quand le prochain ???!!!!!

En bref, ça ne sera pas mon préféré de cette trilogie de par son thème qui m’a moins passionnée, mais néanmoins, au niveau de l’émotion et du STYLE on a quand même un petit bijou de mots.

Meilleurs Moments du livre :

  • La scène de Merhlicht pour sa défense contre cette accusation de racisme. D’ailleurs les scènes où le téléphone sonne donne quelques jolies situations cocasses.
  • Les citations de Baudelaire.
  • Dans les remerciements, l’auteur rend grâce (aussi) aux bloggueurs!!!! Quelle gentille attention, j’ai trouvé que c’était vraiment sympa de sa part, et puis, j’en ai reconnu des prénoms . 😉

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

BILAN - LC réussie - OK

index LC

Sans pitié, ni remords : Nicolas Lebel [LC – Impressions de lecture 2/2]

Sans pitié ni remords - Nicolas Lebel [NUM]

Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 200) : Retrouvailles grisaille…
L’enterrement de Jaco, une larme versée pour ce personnage qui m’avait fait rire. Puis, tout va très vite : l’équipe est dirigée par un autre car Mehrlicht part en vacances ! Toujours de l’humour, toujours du suspense, du mystère, le plaisir est bien présent. Les frissons aussi !

Impressions de Stelphique (page 1 à 200) : Un poil à la traine….
Je ne sais pas si c’est la tristesse d’avoir perdu un sacré personnage, ou de voir notre équipe éclatée, mais là, je suis un peu moins emballée par la dynamique de l’équipe, le thème aussi, ça me passe un peu au dessus… Enfin bref, on va poursuivre parce que j’aime les petits indices disséminés d’outre tombe, et puis je fais confiance à Lebel aussi !!!

Impressions du Cannibal Lecteur (page 201 à fin) : Tambours et trompettes…
Pas le temps de souffler ! Les cadavres se ramassent à la pelle et on est à la ramasse face à ce qui se passe. On fume des clopes et on repart à la chasse ! Putain de suspense !

Impression de Stelphique (page 200 à fin)…..Ouf, une chasse au trésor !
Oui j’ai eu peur quand j’ai vu que ça ne partait pas trop… Mais heureusement c’était sans compter sans l’imagination fertile de Lebel. Une chasse au trésor sous forme d’alexandrin qui rend grâce à Baudelaire….Ahhhhhhhh Le Top quoi !!!!

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