Deux : Penny Hancock

Deux - Hancock

Titre : Deux

Auteur : Penny Hancock
Édition : Sonatine (2015)

Résumé :
Au Maroc, la vie de Mona est devenu un calvaire. Elle s’occupe de sa fille, Leila, et de sa mère malade. Al, son mari, a disparu depuis plusieurs mois, peut-être parti en Angleterre pour finir ses études de médecine. Aussi quand l’opportunité d’aller travailler à Londres s’offre à elle, Mona la saisit.

A Londres, Theodora a besoin d’aide. Entre son père qui souffre de la maladie d’Alzheimer, son fils qui passe sa journée devant la télé et son émission de radio, elle ne s’en sort plus.

L’arrivée de Mona dans sa vie va tout changer. Enfin elle va pouvoir s’occuper d’elle et des siens en sachant qu’elle peut se reposer sur quelqu’un. Sa maison sera impeccable, sa vie sociale à nouveau trépidante et elle va gagner, avec l’arrivée de la discrète Marocaine, plus qu’une employée de maison, une véritable confidente.

Chacune dépend de l’autre mais, très vite, va s’instaurer entre elles un rapport étrange, insidieux et violent. Une lutte feutrée, tout en retenue et en non-dits, qui ne peut que les mener au pire.

big_ben_nuit_londres_fev_2006_01Critique : 
Deux femmes… L’une – Theodora – a le pouvoir et détient un quasi droit de propriété sur l’autre femme – Mona – une marocaine importée par son ex-mari pour la seconder.

La seconde femme est ce que l’on peut appeler une esclave moderne car elle est attachée à sa nouvelle patronne. Sur ses papiers, elle ne peut travailler QUE pour elle.

Nous ne sommes pas dans un trou perdu du monde à une époque lointaine mais à Londres, en 2015. Ceci n’est pas une fiction, cette horreur est bien inscrite dans le code du travail.

[Theodora] Que vivre seule dans un pays étranger où l’on ne sait ni lire ni écrire la langue vous donne l’impression d’être un enfant vulnérable et hésitant. Quand vous ne savez pas à qui faire confiance, que vous pensez que les autorités se méfient de vous, au point que vous rasez les murs dans l’espoir de ne pas vous faire remarquer ?

Si j’ai eu de l’empathie pour Mona, pauvre travailleuse qui ne sait pas ce qu’est devenue son mari et qui a dû s’exiler en Angleterre pour faire vivre sa mère et sa petite fille, j’ai tout doucement commencé à haïr Theodora.

Theodora… Le don de Dieu, d’après l’étymologie de son prénom. Notre femme BCBG va sombrer, au fil des pages, du côté tellement obscur de la Force qu’elle en aurait fait pâmer de jalousie le grand Dark Vador himself !

L’écriture est assez simple et le fait d’être à deux voix – Theodora et Mona – va nous donner un point de vue plus élargit et faire monter crescendo le côté psychologique du roman ainsi que la tension qui, telle la petite bête, va monter, monter… jusqu’à l’apothéose des 100 dernières pages.

Tout le sel du roman se trouve dans ces deux personnages ainsi que tout ceux qui gravitent autour et dans cette putain de tension qui va s’insinuer entre Theodora et Mona.

Theodora est parano, j’ai d’ailleurs eu maintes fois l’envie d’aller la noyer dans la Tamise tant elle se prenait pour le nombril du monde, la chouchoute à papa et toussa toussa…

Si je ne l’ai pas fait parce que sa psychologie de cette Méchant Madame est magnifique ! Sa mauvaise foi, son déni… j’en avais les jambes coupées, la gorge nouée, le plexus bloqué et dans ma tête tournait ce « Non, c’est pas possible ».

Au début de ma lecture, j’avais cru entrevoir la fin, mais dans ces fameuses 100 dernières pages, l’auteure m’a asséné un coup de masse comme s’en prenait le pauvre Nicky Larson dans le manga (j’ai de la culture, moi, mâdame !).

Putain, quel duel… digne des meilleurs westerns, mais sans les révolvers… bien que les coups portés fassent mal. Très mal.

Un roman qui se déguste et dévore dans un divan confortable, un plaid sur soi car les frissons arriveront bientôt pour ne plus vous quitter jusqu’à la fin. Et encore après.

Un roman à l’ambiance aussi lourde que le buste de la maman de Theodora. K.O en 421 pages. Soigneur, venez me relever !

— Tu ne devrais pas avoir peur de ce qu’Allah te donne… Ce dont il faut avoir peur, c’est de ce que les êtres humains sont prêts à te faire.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), « A year in England » chez Titine et Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016).

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38 réflexions au sujet de « Deux : Penny Hancock »

  1. Rhooo ça a l’air vachement bien ! Tu me tentes, c’est une honte ! J’aime ces tensions psychologiques… Mais dis donc tu frises l’infarct’ à chaque lecture toi, tu transpires, tu grelottes, tu as des apnées 😆 Misère, où est la serpillière ? 😀

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            • J’aurais dit du flamand, avec « wassen », laver. Mais les flamands ne sont sans doute que des Hollandais déguisés en Belges ! mdr

              Une guerrière, moi ?? L’armure cache le petit coeur d’artichaut… 😉

              Allez, je devrais t’apprendre les insultes en brusseler ou en wallon !

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            • Le problème, c’est l’orthographe !! Vite, le Net !

              En bruxellois, j’aime et utilise :
              – Pitcheploeï : zizi qui ploie au moment fatidique
              – Floche : zizi
              – Jefke : zizi
              – Klachkop : chauve
              – Krimineilzat : ivre mort
              – Kus m’n kluute : fous moi la paix, vas te faire voir (litt : embrasse mes couilles)
              – Labbekak : fainéant, couillon
              – Mijole : sexe féminin
              – Zot : fou, cinglé, taré
              – Zotteke : foufou (litt : petit fou)
              – Zat : soûl
              – Tich / Tichke : pénis
              – Schieven architekt : architecte de travers (utilisé pour le concepteur du palais de justice, Joseph Poelaert)
              – Snotebelle : chandelle de morve
              – Snotneu(ï)s : morveux
              – Smeirlap : salaud, salopard
              Dikkenek : prétentieux, vantard (litt : gros cou)

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            • Ha oui quand même ! J’ai tout ça à retenir pour quand ??? 😆 Avé l’accent en plus je suppose ! Je pense au joueurs de poker, pas facile d’annoncer quand ils ont une quinte floche (flush mais bon le son est le même)) !!! Bon, merciiii , je copie colle et je vais m’entraîner ! 😀

              Aimé par 1 personne

            • Ce sont les plus usuels, que j’ai appris en vivant à Bxl et en ayant des collègues de bxl ou de flandres, car la plupart des mots sont dérivés du flamand.

              Je ne te raconte même pas notre hilarité lorsqu’un collègue, au snack avec moi (on faisait la file) a dit à une dame « oh, vous avez la même mijole que moi » car mijole veut aussi dire « porte-monnaie »… l’autre collègue derrière moi (on était 3 en tout) on a explosé de rire et celui devant ne captait pas parce que dans son vocabulaire, mijole ne voulait rien dire d’autre que porte-monnaie et que nous étions des esprits mal tournés d’avoir compris autre chose car jamais il n’aurait osé y faire allusion.

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    • Moi je profite de ton mois du polar pour potasser mon futur mois anglais et m’entraîner sur quelques longueurs afin de ne pas décevoir les organisatrices par une baisse de régime.

      Mes romans sont souvent anglais ou américain, dans la majorité, ensuite les français, des scandinaves, puis depuis quelques temps, des sud-américains.

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