Viens avec moi : Castle Freeman Jr.

 

Viens avec moi - Castle Freeman Jr.

Titre : Viens avec moi

Auteur : Castle Freeman Jr.
Édition : Sonatine (2016)

Résumé :
Dans les fins fonds désolés du Vermont, la jeune Lilian est devenue la cible de Blackway, le truand local. Son petit ami a préféré fuir, elle a décidé de rester.

Bien résolue à affronter celui qui la harcèle. Alors que le shérif se révèle impuissant, Lilian se tourne vers un étrange cénacle.

Sous la houlette de Whizzer, ancien bûcheron en chaise roulante, quelques originaux de la région se réunissent chaque jour dans une scierie désaffectée pour disserter en sirotant des bières.

Devant la détermination de la jeune femme, Whizzer décide de l’aider en lui offrant les services de deux anges gardiens peu ordinaires : un vieillard malicieux, Lester, et un jeune garçon, Nate, plus baraqué que futé.

Avec eux, Lilian se met à la recherche de Blackway dans les sombres forêts qui entourent la ville pour s’expliquer avec lui.

De bar clandestin en repaire de camés, la journée qui s’annonce promet d’être mouvementée, l’affrontement final terrible.

vermont moulinCritique : 
On pourrait résumer en disant que c’est l’histoire de deux gars qui vont aider une bonne femme qui a bien des soucis avec l’espèce de caïd de la région :  Blackway.

Rien que son nom, ça sent déjà l’homme malfaisant, l’homme que tout le monde craint, l’homme qui pense que tout lui est dû et que si vous n’êtes pas d’accord pour lui donner ce dont il a envie, et bien, il le prendra à l’insu de votre plein gré.

Une fois de plus, je viens de plonger dans un infâme trou du cul du Vermont nommé « Est Connardville » par le regretté Kevin qui est parti la queue entre les jambes à cause justement de Blackway.

Dans le couple que formait Kevin avec Lilian, c’était elle qui portait la paire de… la paire de vous devinez quoi ! Notre Lilian nationale, elle en a marre des agissements de Blackway, du fait qu’il la suive, qu’il lui ait bousillé sa bagnole et bien d’autres saloperies encore dont je tairai la chose.

Le shérif, ne sachant pas appliquer la loi, lui conseille de s’adresser à ce que je nommerai « une bande de paumés » qui passent leur journée à boire et à bavasser dans le vieux moulin de Whizzer.

Elle s’en ira régler son affaire avec Lester, un vieux qui a dû voir Napoléon perdre à Waterloo – morne plaine – et le jeune Nate qui lui, ne pourra pas revendiquer le surnom de Futé, juste celui de Bison car il est baraqué et sait se battre.

Le trou du cul du Vermont, le caïd local que tout le monde craint, la criminalité tellement apparente qu’elle fait partie du décor, des bars glauques sans vitres, une recherche du fameux Blackway en demandant poliment – oups – à ses acolytes et une vendetta locale qui a tout de l’opération de la dernière chance qui va mal tourner car nos énergumènes n’ont rien de L’agence tous risques.

Cela aurait pu donner quelque chose de super, les ingrédients étant là.

Ajoutons à cela des chapitres qui se mélangent entre le trio qui cherche Blackway et les zozos qui sont restés au moulin, en train de discutailler sur des lieux communs, sur leur patelin, les mœurs de certains, racontant leurs souvenirs embrumés – tout en éclusant des bières –  leurs conversations étant enflammées, humoristiques mais… lourdingues !

Et bien, c’est loupé ce roman ! Certes, j’ai aimé ce portrait peu flatteur de l’Amérique profonde avec ses paumés marginaux, ses sociétés qui n’existent plus car elles ont toutes fermé, sa consanguinité, ses truands…

J’ai aimé l’enquête du trio afin de remonter la piste de Blackway, la visite de la ville m’a enchanté, ses mœurs aussi – même si je n’irai jamais en vacances chez eux – mais j’en reviens à la chose qui m’a énervé prodigieusement : les DIALOGUES !

Leur redite, leur « quoi ? » à tout bout de champs, comme s’ils étaient des crétins congénitaux, ces pages de dialogues courts où, à la fin, je ne savais plus qui parlait, m’a pompé l’énergie et a rendu ma lecture très difficile à certains moments.

Lilian aussi, m’a pompé l’air ! Voilà une femme qui veut qu’on lui résolve son affaire, qui veut trouver Blackway, qui se plaint quand ses deux aidants ne se bagarrent pas et qui s’offusque quand ils le font – à leur manière – et que Lester bousille le genou d’un homme à terre. Hé, oh, tu sais ce que tu veux ??

— Vous saviez à quoi il servirait. On peut pas faire peur à Blackway. Vous le saviez. Vous l’avez dit vous-même. Blackway a pas peur. Il marche pas au bluff. On vous avait prévenue : quand vous commencez avec Blackway, vous devez être prêt à aller jusqu’au bout.

Un roman noir qui manque de corps, de charpente, de dialogues un peu plus travaillés, même si ce sont des bouches de loosers qui les prononcent. Sérieusement, si j’avais été à la table de ces gars là, je me serai levée et j’aurais fichu le camp de suite.

Plus de pages n’auraient pas fait de mal à ce roman ultra court (185 pages) afin de lui donner une meilleure charpente sur laquelle les dialogues de ces piliers de comptoirs auraient pu venir s’arrimer sans faire tanguer tout le récit de par leur courtes phrases et leurs répétitions à gogo.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (185 pages – 893 pages lues sur le Challenge).

BILAN - Minion tasse dépité - OK

rat-a-week1-copie Mois du Polar - Février - Sharon

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17 réflexions au sujet de « Viens avec moi : Castle Freeman Jr. »

  1. J’ai beaucoup aimé pour ma part malgré l’aspect très court du roman (qui peut déranger notamment du fait du manque de développement) mais j’ai tellement aimé l’histoire et les dialogues que j’ai passé outre 🙂

    Aimé par 1 personne

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