La nuit derrière moi : Giampaolo Simi

Nuit derrière moi, la - Giampaolo Simi

Titre : La nuit derrière moi

Auteur : Giampaolo Simi
Édition : Sonatine (2016)

Résumé :
« J’ai une deuxième vie : celle de Furio Guerri, le monstre ». C’est ainsi que commence la confession du héros de ce livre, commercial dans une société d’imprimerie, bien sous tous rapports. Soigner son sourire et ses chaussures, tel est le secret, selon lui, du bon vendeur.

Il a une belle maison dans la province de Pise, une femme qu’il aime, une fille pour qui il s’efforce d’être un père présent et compréhensif. Un modèle.

Mais, derrière les apparences, il y a la face obscure de Furio, qui passe certaines de ses journées sous une identité d’emprunt, rôde pour une raison obscure près d’un lycée, et épie les jeunes filles.

Quand il commence à connaître quelques soucis professionnels et qu’il découvre que sa femme, Elisa, lui cache des choses, son « vernis de respectabilité » commence peu à peu à se fissurer.

La tension monte, jusqu’à devenir insupportable. Va-t-il parvenir à se contrôler encore longtemps ?

ob_33161f45cf7094f0762c3a07cf3121cf_1600bulle-jpgCritique : 
Si je devais faire une comparaison entre ce roman et un cheval de course, je dirais que, de prime abord, en regardant son pedigree, il ne casserait pas trois jambes à un pur-sang !

Le coup de l’homme qui est un monstre, qui nous raconte sa vie, ma foi, c’est du déjà lu et la course sera vite jouée.

C’est ce que j’ai pensé en ouvrant tout de même ce roman dont mes potes blogueurs disaient le plus grand bien. Mais bon, ils avaient pu se tromper et prendre des vessies pour des lanternes ou une rossinante pour un fier destrier Espagnol. Un bon maquignon et l’affaire est faite.

Après une cinquantaine de pages de chevauchée molle, pour moi, c’était un fait entendu que tout ceci avait tout de l’outsider tocard qui ne gagnerait jamais un Grand Prix d’Amérique ou le Grand Steeple Chase, pas même une course de village !

Je suivais, sans plus, la vie de VRP de Furio Guerri, qui, tout en nous expliquant qu’il était un « monstre » nous parlait de sa petite vie pépère, de sa femme, jolie comme tout, de leur fille, un peu trop enfant gâtée et que j’aurais bien baffée.

Certes, niveau coups bas dans son boulot, Furio, c’est un salaud, mais rien de neuf sur le champ de course et pas de quoi en faire un monstre puisque, jusqu’à présent, notre Furio n’avait rien d’un Furioso et se contentait de trotter mollement.

Sorry les gars, mais je ne l’avais toujours pas vu enlever des petites filles, torturer des jeunes demoiselles ou éventrer des putes à Whitechapel ! Ah non, nous sommes en Italie (à Pise) on dira à « Cappellabianca ».

Non, jusque là, notre tocard se contentait d’observer des jeunes adolescentes dans une cour d’école et de jouer aux réparateurs informatique non conventionné. Ça va venir, alors ? Ben non, ça venait pas…

Et puis tout à coup, tel Ourasi le roi fainéant, voilà que notre Furio mets les gaz en grand et me prends le mors aux dents pour un galop infernal, dépassant les grands champions qui pensaient avoir course gagnée. Niké ! (c’est pas un gros mot, c’est la déesse de la victoire).

Moi qui le prenait pour un tocard, moi qui croyait la course jouée – au moins cent fois, telle de la soupe réchauffée – moi qui pensait être en face d’un bête récit de serial-killer qui ne killait pas, et bien, j’en ai pris pour mon grade et je n’ai plus qu’à aller réviser mes Galops sur un vieux cheval de carrousel.

Méfiez-vous des monstres qui se cachent sous d’innocents habits de VRP avec des chaussures cirées… Méfiez-vous du tocard sur lequel vous n’auriez pas parié un kopeck et qui avait une cote de 400 contre 1, car il pourrait vous surprendre par un galop furieux, le Furio !

286 pages que je comptais lire à un train de sénateur et qui m’a fait faire des heures supp’ tant je voulais le terminer avant d’aller au lit. Le réveil fut dur le lendemain.

Le suspense est distillé avec plus de discrétion que du produit dopant dans le moteur d’un vélo au Tour de France à l’insu de votre plein gré, le tout sans débauche de violence, sans effusion d’hémoglobine, sans cadavres empilés à tous les chapitres.

Non, la violence, elle sera psychologique, larvée, sournoise. Nous avons beau être à Pise, le récit ne s’écroulera pas et ne penchera jamais vers le n’importe quoi ou le non plausible.

Pour un canter (galop d’essai) ce ne fut pas une promenade de santé… j’ai pris un coup de pied au cul alors que je ne m’y attendais pas du tout.

Allez, Furio, on rentre à l’écurie parce que là, je suis cassée à cause de toi et de la ruade que tu viens de me faire.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

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35 réflexions au sujet de « La nuit derrière moi : Giampaolo Simi »

  1. ahah bien fait ! tu pensais que j’avais misé sur un tocard ? (moi aussi j’ai pris un gros coup de pied sans le derrière alors que je ne l’y attendais pas)
    Il est chouette ton galop chroniquesque (m’en fout si le mot n’existe pas)

    Aimé par 1 personne

    • C’était en lisant ce que tu en disais et en notant mon commentaire sur Babelio que l’idée est arrivée ! Je ne savais pas comment expliquer mon ressentit et boum, l’illumination comme un sapin de Nowel !

      Vu que nous ne sommes pas toujours du même avis sur nos lectures « communes mais décalées dans le temps », tu aurais pu aimer et moi le trouver insipide. J’ai vraiment cru avoir affaire à un tocard… je n’avais même pas capté une certaine chose, mais ça, je dois te l’avouer via MP sinon, je vais spolier !

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    • Le début est un peu lent et on se demande quoi, comment, et on ne voit pas le rapport avec le monstre. C’est ensuite que ça vient, d’où ma métaphore toute trouvée avec le tocard qui gagne la course parce qu’ensuite, ça devient super.

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  2. Très jolie chronique, ma chère Belette ! En effet, les cent premières pages (ou les cent premiers mètres) n’ont rien de trépidant, mais la course s’emballe sur les deux autres tiers du roman. Une super lecture, y a pas photo(-finish).
    Amitiés.

    Aimé par 1 personne

    • En effet, le début de la course n’est pas terrible, mais faut pas lâcher le roi fainéant de l’oeil, il nous réserve une belle surprise.

      Merci du compliment, Claude, je séchais sur ma chronique et c’est un comm sur celle d’Yvan dans Babelio qui m’a éclairé.

      Furio gagne à plate couture. Dire que j’ai monté une jument nommé Fury il y a longtemps… et c’en était une !

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  3. Tant que ce n’est qu’un coup de pied !
    au cul…
    Pour lequel tu ne t’y attendais pas…
    Parce que sinon, vaut mieux s’y attendre et s’y préparer 🙂

    Aimé par 1 personne

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