Mes derniers flambages livresques ! Ou « Ça va pas arranger ma PAL !! »

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Christelle, de Dealer de lignes m’a demandé de réaliser un article avec mes derniers flambages (car nous sommes deux flambeuses) et je l’ai fait avec grand plaisir parce que ça faisait longtemps que je n’avais plus fait d’articles sur « Descente en librairie » et puis, cela m’a permis aussi de remettre mes listes à jour…

Voici donc la liste de mes derniers craquages livresques, de mes flambages, bien que le mot « flambage » soit relatif puisque j’achète de nombreux livres en seconde main !

Vous remarquerez qu’il y a assez bien de nouveautés… et quelques anciens. Et plus des 3/4 ont été acheté en seconde main, mais neufs, comme jamais lus ou alors, avec beaucoup de soins !

Certains de cette liste ont déjà été lus (8), malgré que les plus anciens des achats ne remonte qu’à janvier 2016 !

  1. Affaire de sang : Aventure inédite de Sherlock Holmes : MacBird (lu)
  2. Agent indien, l’ : Dan O’Brien
  3. Anges noirs, les : Ævar Örn Jósepsson
  4. Au bonheur des îles : Bob Shacochis
  5. Carnets noirs : Stephen King
  6. Chant de la Tamassee, le : Ron Rash (lu)
  7. Chambre blanche, la : Martyn Waites
  8. Chien des Basqueville, le : Jean d`Aillon
  9. City on fire : Garth Risk Hallberg
  10. Culasse de l’enfer, la : Tom Franklin
  11. De chair et de sang : Michael Cunningham
  12. Dedans ce sont des loups : Stéphane Jolibert (lu)
  13. De force : Karine Giebel
  14. Dernier appel pour les vivants : Peter Farris
  15. En crachant du haut des buildings : Dan Fante
  16. Feuillets de cuivre : Fabien Clavel
  17. Il reste la poussière : Sandrine Colette
  18. Lagon noir : Arnaldur indridason
  19. La nuit derrière moi : Giampaolo Simi (lu)
  20. Les petites filles : Julie Ewa
  21. Les salauds devront payer : Emmanuel Grand
  22. Livre des âmes, le : James Oswald
  23. Méridien de sang : Cormac McCarthy
  24. Méthode 15/33 : Shannon Kirk
  25. Meurtres à Willow Pond : Ned Crabb
  26. Ombres innocentes, les : Audru
  27. Plateau : Franck Bouysse
  28. Porte d’or, la : Michel Le Bris
  29. Positif : David Wellington
  30. Prendre Gloria : Marie Neuser
  31. Prendre Lily : Marie Neuser
  32. Principe de parcimonie, le : Mallock
  33. Retour à Oakpine : Ron Carlson (lu)
  34. Suburra : Giancarlo De Cataldo
  35. Rivière des indiens, la : Jeffrey Lent
  36. Rural noir : Benoît Minville (lu)
  37. Serre-moi fort : Claire Favan
  38. Trilogie new-yorkaise : Paul Auster
  39. Trois jours et une vie : Pierre Lemaitre
  40. Un prisonnier modèle : Paul Cleave (lu)
  41. Vagabond : Franck Bouysse
  42. Viens avec moi : Castle Freeman Jr. (lu)
  43. Solomon Gursky : Mordecai Richler
  44. Petit traité de la fauche : Jim Nisbet
  45. Ce qu’il nous faut, c’est un mort : Hervé Commère
  46. Julian : Robert-Charles Wilson
  47. Les Affinités : Robert-Charles Wilson
  48. Psychiko : Paul Nirvanas
  49. Les saisons de la nuit : Colum McCann
  50. Et que le vaste monde poursuive sa course folle : Colum McCann
  51. Les Brillants – T2 – Un monde meilleur : Marcus Sakey
  52. Captifs : Kevin Brooks
  53. Condor : Caryl Férey
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Revival : Stephen King [LC – Impressions de lecture 2/2]

Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 224) : Prise de contact, mystère et suspense.
Plaisir de faire connaissance avec le petit Jamie Morton et avec le révérend Charles Jacobs qui n’a rien d’un prédicateur ou d’un révérend que j’éviterais, que du contraire. Un début tout en lenteur, on prend ses marques, on bouge dans le temps, entre 1962 et 2008.

Impressions de Stelphique (page 1 à 224) : En attente…
« Il s’est passé quelque chose »…. Oui d’accord, on veut bien le croire sur parole, mais bon, comme Saint Thomas, j’aimerai bien le voir, moi !!!!! Le Maitre nous raconte une belle histoire, un joli reflet de l’Amérique, mais pour ce qui est de « l’effet King », on a du mal à le voir arriver, la foudre se fait désirer….

Impressions du Cannibal Lecteur (page 225 à 448) : On accélère
Jamie a changé, Charles Jacobs aussi, mais je m’attendais à bien pire… Le tout est amené avec lenteur, ça ne change pas brutalement. Le final est assez horrible quand on pense aux conséquences désastreuses. Frissons, tensions, suspense, mais… il a manqué quelque chose.

Impressions de Stelphique (page 224 à 448) : Et ben, il était temps !!!!
Heureusement qu’ils vantaient tous la fin, donc j’ai attendu patiemment jusqu’aux dernières pages… Enfin le coup de foudre est arrivé !!! 400 pages à prendre son temps, ça fait un peu long, même si le voyage était agréable dans les lignes du King !

Book Fangirling Award – TAG : le prix de l’addict lecture

Pour ce TAG, je dois répondre aux questions posées par Geneviève du blog Collectif Polar, citer ensuite cinq blogueuses qui selon moi méritent cette récompense et leur poser à mon tour cinq questions.

Stelphique, dans sa grande bonté, m’a aussi nommée pour le TAG, sans savoir que j’avais été couverte de peinture par Collectif Polar.

Parce que c’est ma binômette et que je n’ai rien à foutre pour le moment,  je vais répondre à ses questions en quelques phrases seulement, tout en bas de l’article.

De quel auteur achèterais-tu n’importe quel livre, sans même lire le résumé ?

Oulàlà, question piège car il n’y en a pas qu’un et de plus, j’aime bien lire les 4ème afin de satisfaire ma curiosité…

Mais je dirais Stephen King, Ron Rash, Nicolas Lebel, Franck Thilliez, Karine Giebel, Arnaldur Indridason, Jussi Adler-Olsen, entre autre.

Ton coup de cœur de 2015 ? Dis m’en un peu plus !

  • « Nous rêvions juste de liberté » d’Henri Loevenbruck m’a fait un effet bœuf et sans la blogo qui en a parlé en bien, jamais je n’aurais ouvert un tel roman ! C’eut été une grossière erreur de ne pas le lire.
  • « Que ta volonté soit faite » de Maxime Chattam car il a réussi à nous produire un putain d’excellent roman noir et à remonter dans mon estime, moi qui ne le lisait plus du tout (alors qu’avant, je l’aurais acheté les yeux fermés).
  • « ÇA – Tomes 1/2 »  de Stephen King car sans ma binômette de lecture (Stelphique pour ceux qui ne suivent pas), jamais je n’aurais osé ouvrir ce roman terrifiant du King.
  • « L’effet papillon » de Jussi Adler-Olsen car il m’a donné une émotion pas possible avec son petit Marco.

Oui, j’en ai donné 4 au lieu d’un, mais si je m’écoutais, je vous les foutrais tous ! Parce qu’ils y en 50 qui furent de la super bonne came en 2015 et que j’avais déjà eu du mal à les essorer pour n’en garder que 20 oses qui m’ont foutus une virée pas possible. Pour ceux que ça intéresse, c’est ICI !!

Et puis aussi parce qu’une Belette Cannibal, ça joue pas le jeu et ça triche honteusement et ça n’a même pas honte ! Fuck the rules ! Merde aux règles !

Combien de livres lis-tu par an ?

L’année 2015 était riche de 109 romans et de 105 bédés (des nouveautés et des relecture). Là, pour ce début 2016, j’en suis à 13+17+10= 40 romans de lus pour ce 17 mars, date à laquelle je rédige ce TAG.

2013 était la meilleure avec 116 romans de lus. Et oui, c’est un challenge pour moi et j’essaie d’en lire un max afin de faire diminuer cette putain de PAL qui est immense !

Ma PAL devenue HAL

Pourquoi une PAL ? qu’est ce que ça représente pour toi ? Un besoin, une envie irrépressible, la fièvre acheteuse ? Peux tu m’expliquer l’effet PAL ?

Ma PAL… tout un vaste programme et un gros problème insondable. Ma PAL, c’est comme le trou de la sécu, t’en vois pas le bout.

Dire que quand j’avais 20 ans (hier, quoi), j’avais une mini PAL de 20 ou 22 romans d’avance et point barre.

J’avais déjà fait une liste à cette époque et je barrait consciencieusement les titres lus, mais bizarrement, j’en ajoutais toujours un peu plus sur la feuille, jusqu’à ce que je doive ajouter du papier sous la liste, au moyen de papier collant afin de la prolonger.

Depuis, elle ne fut jamais à sec, mes tours sur la blogosphère la faisant monter de plus en plus, mes tours chez les bouquinistes aussi. Oui, je n’achète pas QUE des livres neufs n’étant pas la fille de Bill Gates ou de Rockefeller !

Ne participant pas non plus aux SP pour cause d’indépendance proclamée – et pour pouvoir lire mes romans dans l’ordre que je veux, sans être sous pression aucune et afin de pouvoir lire aussi des vieux romans datant du mésozoïque – cela ne me laisse pas trop le choix pour le procurer les derniers sortis tous chauds : c’est soit écumer les bouquineries ou agresser les djeuns à la sortie de l’école pour leur piquer leur flouze.

Oui, une fièvre aphteuse… acheteuse ! C’est vraiment ça puisque j’achète plus que je ne saurais en lire. Des psychanalyste et des psychiatres y ont laissé leur raison en tentant de me faire parler sur leur divan…

Une envie de posséder des livres, de les voir se presser dans mes étagères, de les contempler, tel Sméagol-Gollum devant son Préééécieux…

L’effet PAL, c’est comme ceux qui amassent de l’argent : ils savent qu’ils ne sauront (Sauron ? mdr) jamais le dépenser en entier, mais ils amassent, comme des écureuils à la veille de l’hiver et plus ils en ont, plus ils en veulent.

Et bien, l’effet PAL, dans le fond, ce doit être la même chose.

Eux ils ont le plaisir de voir fructifier leurs portefeuilles boursiers, moi de voir descendre le mien en achetant des livres, en fouillant les étagères, en tombant sur LA nouveauté en bon état parfait, comme tombée du camion, pour la modique somme de 9€ !

Hé, dis moi ! Comment est né ton blog ?

Juin 2012… Après avoir testé quelques blogs qui ne plaisaient pas, j’étais un peu désemparée, souhaitant faire un blog avec mes critiques et ne trouvant pas chaussure à mon pied.

C’est alors que j’eus l’idée de faire un site… Ce que je fis, chez Jimdo. Site qui est en refonte totale, gros travaux, gros bordel, mais bon, ça m’occupe mes longues soirées d’hiver. Mdr

Septembre 2012. À peine 3 mois plus tard, j’ajoutais un blog (WP que je ne connaissais pas et que je venais de découvrir me tendait les bras) en sus de mon site.

Pourquoi ?  Tout simplement parce que le blog était un outil très pratique, très facile, très rapide et qu’il possédait le flux RSS !! Chose que le site n’avait pas…

Et puis, plus facile pour interagir avec les autres, plus facile pour les commentaires, et je dois dire que WP propose des bons blogs, sérieux, faciles à manier et j’ai tout découvert moi-même, presque.

Postant déjà mes critiques sur Babelio, je me suis dit qu’une publication planétaire ne me ferait pas de tort… PTDR. Depuis, je m’amuse avec mon blog et mon site, sans me prendre la tête !

Contrairement aux autres, je ne nommerai personne pour le TAG. Je les fais volontiers, mais je ne TAG personne. Celui qui veut, voici les questions qui sont toutes tendancieuses parce que je n’avais rien d’autre dans ma tête.

  1. Est-ce que la taille est importante pour toi ?
  2. Et la profondeur ? Tu aimes ça ? Si oui, où exactement ?
  3. Tu le fais dans quelle position ?
  4. Tous les jours ou tu es capable de jeûner dans ce plaisir ?
  5. Seul(e) ou à plusieurs ?

Bien évidemment, bande de cochons, je parle de lecture ! De la taille d’un roman, de la profondeur de ses personnages, de son scénario, de la position dans laquelle vous lisez, si vous pouvez vous passer de lecture ne fusse qu’un seul jour (et je vise TOUTES les lectures, même les potins) et si vous faites des LC ou pas…

Questions posées par Stelphique :

1. Quel est LE livre qui a changé ta vie ? Que ce soit ta perception du monde, ou juste celui qui t’a changé à jamais en tant que personne ?

Difficile à répondre… Je dirais les romans parlant de la Seconde Guerre Mondiale qui m’ont montré jusqu’où l’Homme pouvait aller dans son abjection. Les romans noirs aussi… Mais ils sont nombreux ceux qui ont changé ma perception du monde, ça ne m’est pas venu avec un seul roman.

2. Quelle est la couleur dominante de ta bibliothèque (en livres papier) ?

Noire… Pour les couvertures de Gallmeister, des Points Policiers, des Livres de Poche qui ont des tranches noires comme la nuit.

Blanche, aussi, pour tout les Presse Pocket, les 10-18 et la collection « La Blanche » de Gallmeister.

Et puis du Rouge, et de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

3. Quelle genre d’histoire te plaît le plus ?

Celles où il y a un crime, un mystère à résoudre, un huis clos oppressant, un contexte social fort, des choses véridiques, un soupçon de terreur, un scénario béton, des personnages forts, travaillés, de l’amitié, des grands espaces, des villes remplie de gens et de polllution…

Bon, pas tout ça en même temps, mais ce sont des choses que j’aime dans les livres que je lis.

4. A quel moment de ta vie, la lecture a t-elle était un indispensable ?

Dès 5 ans quand j’ai compris le pouvoir des images, le poids des mots. Mdr. Mon grand-père me lisait tellement de fois mes quelques Tintin (j’en avais 2 ou 3) que je les connaissais pas cœur et gare s’il se trompait dans un mot.

Toute gamine, il me fallait déjà un truc avec des images pour me faire manger… Je lis toujours en mangeant, ou je mange en lisant, comme vous voulez.

Je voulais apprendre à lire et j’ai réussi assez vite à l’école, mais c’est pas pour autant qu’ils m’aient laissé sortir avant d’avoir fait tout mon putain de cycle !

Je n’ai pas eu une journée sans que j’aie lu au moins quelque chose, que ce soit un magazine, l’étiquette de mes céréales, de ma boite de lait (quand ma mère m’interdisait d’avoir un livre sur la table des repas), de la bouteille d’eau. Une vraie drogue.

5. Quel personnage masculin te fait le plus « craquer » ?

Sherlock Holmes, sans aucun doute. Sa froideur, sa distance avec les gens, ont fait que je cherchais dans les récits de Conan Doyle la moindre allusion à une empathie, le moindre soupçon d’amitié, bref, j’en ai trouvé et ce sont des perles, pour moi.

Dedans ce sont des loups : Stéphane Jolibert

Dedans ce sont des loups - Stéphane Jolibert

Titre : Dedans ce sont des loups

Auteur : Stéphane Jolibert
Édition : Le Masque (2016)

Résumé :
Aux confins du Grand Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus : hôtel, bar et bordel. Nul ne sait à qui appartiennent les lieux mais ici se réfugie la lie de l’humanité et ici s’épanouissent les plus bas instincts.

Dans ce milieu hostile, Nats fait son boulot avec application, jusqu’au jour où débarque un homme au visage familier, et avec lui, une flopée de mauvais souvenirs.

Dès lors, tandis que la neige efface le moindre relief du paysage.

Tandis que la beauté de Sarah chamboule son quotidien. Tandis que le vieux Tom lui raconte le temps où les loups tenaient les chiens à distance. L’esprit de vengeance tenaille Nats, impérieux, dévorant.

s6bj94yoCritique : 
La neige éclatante à perte de vue et pourtant, ce roman est sombre comme les hommes qui l’habitent…

Mais malgré toute cette noirceur, il y a tout de même quelques lueurs d’espoir au fond de ce trou à rat qu’est le Terminus.

Nous sommes à la Frontière, celle du Grand Nord, dans une zone à l’écart de tout, une zone sans droit, sans autres règles que celle du Grand Patron, l’homme qui gère tout, caché dans l’ombre.

Ensuite, il faudra respecter les règles du contremaître, du garde-putes, de l’Irlandais, tenancier du bar Terminus et du Vieux Tom, le bootlegger qui rempli leurs cuves d’alcool distillé par lui-même.

Dedans, ce sont des loups et les chiens ne sont pas tolérés dans cette zone où fraye toute la lie de la société.

Ici, c’est une meute de loups et si l’Homme est un loup pour l’Homme, il en est un aussi pour le véritable « canis lupus » qui courrait, libre, dans ces bois, avant de se faire exterminer par l’Homme.

Le Terminus, c’est un peu comme à la Légion Étrangère : on ne te demande pas qui tu es en vérité et ce que tu fuis. Pour la plupart, c’est la police.

Les personnages qui hantent ces pages ont tout été amochés par la vie et trainent un passé plus lourd qu’un boulet qu’ils tentent de noyer dans l’alcool ou entre les jambes des 12 prostituées qui opèrent au Terminus.

— On se marrait bien, tous les deux, avec mon paternel, avant qu’il se mette dans l’idée de battre le record du monde d’absorption de boisson qui dérouille le foie. Fallait voir ce qu’il s’envoyait, même un pipeline pompait moins de litres à l’heure.

Le récit est cohérent, empreint d’une grande profondeur, humain, malgré la violence qui règne dans cette zone oubliée de tous.

La misère, ça pousse n’importe quel gentil à devenir teigneux.

De plus, j’ai aimé le mélange entre les récits au passé et ceux au présent. Le passé nous éclairant un peu sur la personnalité des protagonistes qui évoluent dans les pages du roman.

L’histoire est comme un moteur qui ronronne et t’entraine toujours plus loin, toujours plus bas, ou toujours plus haut, c’est comme le lecteur le ressentira. Soit il raclera le fonds avec la lie tel Sean, soit il s’élèvera avec Nats et Sarah.

Quant à la plume, elle est sans concessions, créant des personnages ni tout bon, ni tout mauvais, chacun ayant l’une ou l’autre chose à cacher et cela nous sera divulgué au fil des pages que l’on tournera avec frénésie.

C’est tellement bien décrit que tu vois les lieux lors de ta lecture, tu sens la neige froide et humide qui s’immisce dans tes os et les balles te transperceront le corps.

Le vieux contrôlait les sorties, les dépenses, la manière de se vêtir de chacun, il contrôlait tout à l’exception de ce qui lui échappait. L’amour. La tendresse.

On pourrait dire que le roman regroupe des tranches de vie miséreuse de personnes qui en ont bavé dans leur vie, qui en ont reçu plein la gueule pour pas un balle, des gueules cassées, des blessés de la vie. Mais ce serait oublier la profondeur du récit car ce roman, c’est bien plus que ça.

C’est un récit qui vit et qui continue de tourner dans ta tête, même une fois le roman refermé.

Un récit âpre, froid, maîtrisé, cohérent, brut de décoffrage, violent – mais pas de la gratuite – sombre, mais avec une lumière qui brille dans le fond.

Bref, encore un putain de roman noir qui te pète à la gueule, qui te traine dans un bar mal famé et où tu hurles à la lune « Encore » tant le style est d’enfer.

Étoile 5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

BILAN - Coup de coeur

Revival : Stephen King [LC avec Stelphique – Intro]

♫ Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs ♪ Reprenez avec moi tous en cœur ♪
♪ Pas de boogie woogie avant de faire vos prières du soir
♪ Ne faites pas de boogie woogie ♪
♫ Avant de faire vos prières du soir
Maintenant l’amour est devenu péché mortel ♪
Ne provoquez votre Père Éternel ♫

— CANNIBAL, arrête de chanter, s’il te plait… tout les lecteurs sont partis en courant et Yvan a même battu le record du 400m haies ! Au fait, pourquoi tu chantes cette chanson d’Eddy Mitchell ? On doit parler du King, nous !
— Le King ?? Sérieusement ? De lui j’adore « In the ghetto ». Sa voix grave et chaude me rend toute chose. Je peux te le faire, si tu veux… ♫ As the snow flies ♫ On a cold and gray Chicago mornin’ ♫ A poor little baby child is born ♫
— Non, je voulais parler de STEPHEN KING, pas d’Elvis ! Pourquoi tu chantais du Eddy Mitchell, Canni ??
— Mais enfin, Stelphique, à cause de notre LC ! « Revival » que tu as proposé de lire. Babelio m’a dit que ça causait du charismatique Révérend Charles Jacobs qui ne mit que quelques jours pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine… Et tu sais, qui dit curé, dit Eddy Mitchell et son excellente chanson ! Donc, je chantais avant de partir bouffer du curé et du prédicateur zélé. Tu me connais, moi, je m’adresse directement au Big Boss, jamais à ses saints ou ses représentants !
— En effet, ses représentants, tu les bouffes, hormis quelques uns qui reçoivent ton respect. S’il te plait, Canni, tu arrêtes la chanson, merci. Ouvre ton roman à la page 1 et lis en silence, merci !
— [Longs soupirs] D’accord… Bon, vu les couvertures, on va parler aussi d’électricité, cette bonne fée qui nous apporte la lumière et sans laquelle notre café se ferait moins bien. [Enthousiaste] Allez, je vais réviser mon petit Tesla et Edison illustré pour pouvoir parler des dangers du courant continu à l’époque de l’inspecteur Murdoch !
— Totalement barrée, la Belette Cannibal, une fois de plus ! [Désespérée]

Tant de chiens : Boris Quercia

tant de chiens

Titre : Tant de chiens

Auteur : Boris Quercia
Édition : Asphalte (2015)

Résumé :
Encore une mauvaise période pour Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili. Son partenaire Jiménez vient de mourir au cours d’une fusillade avec des narcotrafiquants. Pire encore, le défunt semble avoir été mêlé à des histoires peu claires, et il avait les Affaires internes sur le dos.

Par curiosité autant que par désœuvrement, Santiago commence à mener l’enquête, et il retrouve une jeune femme qu’il connaît bien, Yesenia. Tous deux ont grandi dans le même quartier avant que leurs chemins se séparent.

Entretemps, Yesenia a connu l’enfer : séquestrée et violée par son beau-père, elle ne vit plus que pour se venger. Au nom de leur amitié passée, elle va demander à Santiago d’abattre son bourreau…

img-2-small580Critique : 
Direction le Chili à la découverte d’un de ses flics : Santiago Quiñones qui se trouve en fâcheuse posture, les balles des narcotrafiquants sifflant au-dessus de sa tête, un rottweiller qui s’en prend à son partenaire, Jiménez…

Plusieurs pistolets mitrailleurs nous tirent dessus et les balles ricochent de partout, je suis planqué dans un cagibi où sont entreposées des bouteilles de gaz et les balles me sifflent aux oreilles.

Quand Quiñones s’en sort sans une égratignures, c’est pour apprendre que son partenaire est mort et qu’il avait les bœufs-carottes des Affaires Internes sur le dos.

Ce petit roman noir est un concentré de noirceur sur la vie au Chili. En peu de mots, de phrases, de réflexions (de Santiago ou d’autres), de pages, l’auteur survole ce qui ne va pas dans son pays et on parle de la corruption, de la misère des gens, de la pédophilie, des trafics de drogues, des gens désabusés, du sort des mapuches, des flics ripoux, des politiciens véreux…

Le style de Boris Quercia ne fait pas dans la dentelle et appelle un chien un chien et ces derniers seront nombreux dans ce court récit, tant les gens ont des vies de chiens.

On était déjà allées au commissariat et ils avaient envoyé le dossier au tribunal, mais il y avait un pont ce week-end là et personne n’avait envie de faire quoi que ce soit. Tout le monde s’en foutait. Je les comprends. Chacun a ses propres blessures, alors pourquoi souffrir en plus pour celles des autres ?

Il y a ce chien enragé de la malchance qui m’a sauté à la gorge et qui ne me lâche plus.

Les phrases sont courtes, sèches, mordantes comme les canines acérées d’un chien, piquantes comme des épines de cactus.

Je cherche mes cigarettes et lui en offre une. Il ne fume pas, c’est ce genre-là.

« Tire-toi », je lui demande. Mais elle, loin de m’obéir, dégrafe sa robe et reste en face de moi, en petite culotte et talons hauts. « C’est gratuit », elle me dit, mais la vie m’a appris que rien n’est gratuit, et ça encore moins.

L’enquête de Santiago Quiñones est courte, rythmée, remplie de chausse-trappes, de pièges, de drogues, de saloperie, le tout distillé à la goutte près, de la came pure, non coupée, en somme.

Quant à notre flic, il est comme je les aime : ténébreux, pas toujours réglo, qui boit sans virer à l’alcoolo, qui ne crache pas sur une ligne de coke à l’occasion ou à se faire tailler une pipe dans des toilettes sales.

Un portrait noir mais pourvu de quelques lumières car s’il n’est pas tout noir, il n’est pas tout blanc non plus, notre flic. En tout cas, Santiago est lucide et le regard qu’il porte sur la société est servi dans sa vérité toute nue.

Si on apprend une chose en étant flic, c’est que les pères sont de vraies merdes dans ce pays. Ils fourrent leur bite et disparaissent. L’autre chose, c’est qu’ici personne ne paie pour ses fautes, à moins d’être pauvre. Mais ça ne compte pas, les pauvres payent toujours, ici comme ailleurs.

Une fillette qui vit dans la rue, dit Ricardo, a au moins son groupe de copains, des enfants comme elle qui vivent sous les ponts et sniffent de la colle. Ce sont des bandes urbaines avec des liens d’amitié très forts. Dans les foyers, l’amitié n’existe pas. Ce sont de petites prisons où tout dépend du sens moral de celui qui exerce le pouvoir, et l’histoire de l’humanité nous a suffisamment montré quel niveau d’abjection peut atteindre l’être humain.

La ville est aussi un personnage principal avec ses rues, ses habitants, sa pollution, ses salauds, ses pédophiles, ses trafics en tout genre. Une ville qui charrie encore son poison dans ses rues, elle qui a du mal à se remettre de la dictature.

C’est un grand type chauve, un peu voûté, comme souvent chez les gens grands au Chili. C’est un pays qui punit ceux qui dépassent la moyenne, les grands essayent de passer inaperçus et les très grands, comme ce type, se voûtent pour entrer dans le rang.

J’ai apprécié aussi que l’histoire ne parte pas dans le sens où je l’avais cru et qu’à un moment donné, tout en gardant ses protagonistes, elle bascule vers autre chose dont nous n’aurons le fin mot que dans les dernières pages, celles qui arrivent trop vite tant on aurait aimé prolonger le voyage.

Un petit roman noir corsé, une enquête qui sert de trame à présenter ce qui ne va pas dans le pays, à nous en brosser un portrait peu flatteur, une enquête rythmée, sans temps mort, avec quelques scènes de sexe pour faire passer tout cela.

Elle mord mon dos au travers de la chemise. Ça ressemble à une attaque cannibale. Je m’excite de plus en plus et j’ai du mal à me retenir, j’ai envie de la pénétrer, mais elle ne se laisse pas faire, elle continue à me travailler et à faire pression sur mon dos avec ses seins.

Une plume sèche, qui va droit au but et qui nous emporte directement au Chili.

Des personnages haut en couleur, des femmes fatales, des balles qui sifflent, une situation sociale de merde, des flics ripoux, de la violence non gratuite, de la drogue, des pipes, du sexe, des coups de pieds dans la fourmilière, des coups dans la gueule, des embrouilles, des magouilles, de l’horreur abjecte, des vérités vraies, …

Une fois qu’on t’a mis en taule, tu n’en sors plus, même si tu sors. C’est « l’université du crime », pour reprendre l’expression à la mode dans l’émission du Flaco Fuenzalida.

C’est du costaud, cette came de 199 pages concentrée et non coupée.

Bref, du hardboiled comme on l’aime : intelligent, brutal, sans fioritures et servi, cette fois-ci, avec une petite sauce chilienne bien piquante. Et on avale tout et on en redemande.

Un flic n’est pas là pour faire respecter la loi. Un flic est là, comme presque tout le monde, pour exécuter des ordres, des mandats. Arrêtez tel type. Enquêtez sur tel autre. Suivez cette dame, découvrez qui a envoyé ce mail. Si on ne supportait pas les injustices dans ce monde, on ne pourrait plus allumer la télé et regarder les informations. En fait, ce qui nous préoccupe vraiment, c’est arriver à la fin du mois, en vie d’une part, avec un peu d’argent de côté si possible d’autre part. Car être vivant sans un rond, ce n’est pas être vivant.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

Apnée Noire : Claire Favan

Apnée Noire - Claire Favan

Titre : Apnée Noire

Auteur : Claire Favan
Édition : Éditions du Toucan (2014) / Pocket

Résumé :
« Vêtue d’un pyjama en satin écru, la jeune femme repose dans une baignoire remplie, en position de fœtus inversé. Ses mains et ses chevilles sont étroitement liées derrière son dos et elle flotte encore avec un soupçon de grâce. »

À Columbia, sur la côte est des États-Unis, c’est la scène macabre que découvre le lieutenant Sandino. Officier intègre, c’est aussi un homme brisé depuis la disparition de sa famille.

Pour mener cette enquête, il doit collaborer avec Megan Halliwell, l’agent du FBI qui a permis l’année précédente l’arrestation de Vernon Chester, un tueur psychopathe qui vient d’être exécuté.

Très vite pourtant, il apparaît que ce dernier meurtre présente des ressemblances troublantes avec les crimes commis par Chester. Comment est-ce possible ?

Tandis que Megan n’ose imaginer le pire, une erreur judiciaire, Sandino se concentre sur certaines incohérences.

De discordes en silences la relation des deux policiers évolue, alors que chaque jour le tueur semble se rapprocher d’eux, omniprésent et insaisissable…

fbibadgeCritique : 
Pas toujours facile de proposer de nouveaux plats avec les ingrédients archi connus que sont les tueurs en série leurs cadavres semés un peu partout.

Soit le plat est insipide, manquant de sel, soit l’intrigue est déjà lue et rare sont ceux qui peuvent vous mitonner un repas somptueux et vous surprendre avec de tels ingrédients.

Claire Favan y est arrivée : de cet air de déjà-lu, elle nous change toute la recette – tout en gardant les ingrédients – et propose quelque chose de relevé niveau scénario mais nous foire l’affaire du côté des cuisiniers, pardon, je veux dire « des personnages ».

Le lieutenant Vince Sandino, de la police de Columbia et l’agent Megan Halliwell du FBI sont clichés à mort et j’ai eu du mal à m’attacher à eux deux.

Pour Vince Sandido, des circonstances horribles ont fait qu’il est devenu une loque imbibée d’alcool et j’ai soupiré devant cet éternel cliché du flic brisé par la vie qui sombre dans l’alcoolisme sans avoir le panache d’un Jack Taylor de Ken Bruen. N’est pas alcoolo avec classe et désinvolture qui veut.

Quant à la Megan, cette agent du FBI froide comme un iceberg, détachée de tout, sauf de ces nouvelles affaires qui ont l’air d’être de la main de son tueur en série – Vernon Chester, mort par injection létale à la prison. Megan est un véritable robot sans émotions qui peut devenir tout à coup plus chaude qu’un volcan sur le point d’entrer en éruption… Pas accroché du tout à elle.

Pire, je me suis demandée comment une femme aussi « bordeline » avait pu monter en grade au FBI alors qu’elle est souvent hors limite, hors logique et têtue au point de tenter de faire coller les faits avec ses théories débiles.

Et quand je dis « débile », c’est parce que c’est tellement tiré par les cheveux qu’elle même devrait s’en rendre compte, sauf si on se trouvait dans la Quatrième Dimension. Mais nous sommes dans la réalité et elle ne le sait sans doute pas, pensant que la Vérité est ailleurs.

Si le scénario tenait bien la route (hormis les sorties de route de Megan), il était prenant, intriguant et, bien que n’étant pas Sherlock Holmes, j’avais déjà entrevu la seule théorie possible puisque, ayant éliminé l’impossible, ce qui restait devait être la vérité. Mais malgré ce que j’avais deviné, il me restait encore des choses à découvrir.

Là où le bât a blessé aussi, c’est au niveau des dialogues entre nos deux représentants de l’ordre : ce n’était pas Byzance mais parfois limite dialogues de Séries B. Dommage.

Les fanfaronnades de Vince ne sonnaient pas toujours juste dans les dialogues, mais bon, vous me direz que c’est sans doute dû au fait que quand un fanfaron se met à fanfaronner, ce n’est jamais juste dans ses propos.

Petit à petit, tout en ronchonnant sur le Vince qui engloutissait plus de bières qu’un pipe-line et sur son chef qui le couvrait pire qu’une poule couvant ses poussins, j’ai commencé tout doucement à m’attacher à lui sur la fin, quand il se réveille de sa torpeur et qu’il se met vraiment à enquêter.

Pour Megan, peau de zob, je n’ai jamais apprécié son personnage même si je lui ai trouvé des circonstances atténuantes. J’ai compris sa rancœur, mais pas pardonné son obsession jusqu’au boutisme pour sa théorie à la six-quatre-deux, ayant toujours eu une aversion pour ceux et celles qui s’entêtaient alors que tout leur indiquait le contraire.

Niveau final, j’ai été gâtée ! Du suspense, de la course, une enquête prenante, un Vince réveillé, un Vince prêt à tout, un Vince digne d’un Sherlock Holmes.

Un roman avec un scénario bien inspiré, des retournements de situations, un personnage qui va s’élever tandis qu’un autre va descendre bien bas, une enquête qui va prendre de la vitesse sur la fin et une conclusion qui m’a fait sursauter (j’avais pas tout deviné) mais je ne vous dirai rien de plus.

Dommage que les personnages n’aient pas eu plus d’épaisseur et qu’on ait pas pu éviter le cliché du flic alcoolique qui a vécu un grand malheur et d’une agent du FBI aussi tranchée, aussi têtue, aussi butée…

Ma découverte de l’univers de Claire Favan ne s’est pas déroulée aussi bien que que je le pensais, mais je ne compte pas m’arrêter à cette première impression un peu mitigée.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Le Grand Méchant Renard : Benjamin Renner

 

Grand méchant Renard

Titre : Le Grand Méchant Renard

Auteur : Benjamin Renner
Édition : Delcourt (2015)

Résumé :
Un petit renard ridicule veut devenir la terreur du poulailler.

Le co-réalisateur d’Ernest et Célestine signe une fable coup de cœur. Face à un lapin idiot, un cochon jardinier et une poule caractérielle, un renard chétif tente de trouver sa place de grand prédateur.

Devant l’absence d’efficacité de ses méthodes, il développe une nouvelle stratégie.

Sa solution : voler des œufs, élever les poussins et les croquer. Mais le plan tourne au vinaigre lorsque le renard se découvre un instinct maternel !

MechantRenard400Critique :
On prend un renard aussi féroce qu’une limace séchée et on le place dans son environnement forestier.

On ajoute sur une colline une ferme avec un chien blasé, un cochon jardinier, un lapin un peu crétin, des poules pas cool et un loup qui a tenté de l’initier au regard méchant qui tue.

Notre renard est un médiocre Padawan parce que ça n’a pas marché !

Les poules n’ont pas peur de lui, les petits z’oziaux encore moins, le cochon lui offre des navets et le chien de garde de la ferme lui demande de ranger le bordel qu’il fout.

Comment faire pour devenir un prédateur quand tout le monde n’a cure de vous ? Comment inspirer la crainte ou tout simplement manger quand personne n’a peur de vous ?

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Le loup, jamais à court d’idées sadiques, lui conseille d’aller voler des œufs afin d’élever les poussins et les croquer.

Qu’est-ce que ça va donner, une idée aussi sadique que celle-là ? Des crises de fous rires, des larmes tant on se marre, des quiproquos, des scènes délirantes, tendres et un pauvre goupil qu’on avait rarement vu aussi maladroit !

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J’ai adoré les dessins, sans cases, les dialogues sans phylactères (les bulles, pour les ignorants) et j’ai vécu 185 pages de rires et de délires.

On pourrait croire que les dessins sont « simples », mais ils collent à merveille au ton du récit et les lavis des couleurs donnent une belle ambiance chaleureuse, sans surcharger les pages.

Les poussins sont craquants, le chien a tout de l’inspecteur de travaux qui n’auront pas lieu, le cochon est un rigolo, le lapin est crétin, les poules de vraies mégères non apprivoisées et les expressions de tout ces animaux sont un régal pour les yeux, sauf quand je pleurais de rire, parce que là, les dessins devenaient tout brouillés.

Malgré le fait que l’on se doute de l’issue de tout cela, on se prend au jeu et on suit l’évolution des poussins et du renard tout en se demandant comment on va échapper au méchant loup.

Jamais le récit ne devient ennuyeux et quand on se demande ce qu’il va arriver ensuite, boum, ça rebondit et on repart de plus belle pour une autre facétie.

Une vraie bouffée de détente et de fraicheur, sourire béat affiché sur ma face et gloussements à toutes les pages.

Chapeau l’artiste d’être arrivé à me faire aimer un autre renard que ce bon vieux Rox des studios Disney.

Un album qui fera plaisir aux plus petits, mais qui amusera énormément les grands puisque je suis une grande… Enfin, on s’comprend !

Bon, je vous laisse, je vais apprendre aux poules l’art du combat.

Étoile 5

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La nuit derrière moi : Giampaolo Simi

Nuit derrière moi, la - Giampaolo Simi

Titre : La nuit derrière moi

Auteur : Giampaolo Simi
Édition : Sonatine (2016)

Résumé :
« J’ai une deuxième vie : celle de Furio Guerri, le monstre ». C’est ainsi que commence la confession du héros de ce livre, commercial dans une société d’imprimerie, bien sous tous rapports. Soigner son sourire et ses chaussures, tel est le secret, selon lui, du bon vendeur.

Il a une belle maison dans la province de Pise, une femme qu’il aime, une fille pour qui il s’efforce d’être un père présent et compréhensif. Un modèle.

Mais, derrière les apparences, il y a la face obscure de Furio, qui passe certaines de ses journées sous une identité d’emprunt, rôde pour une raison obscure près d’un lycée, et épie les jeunes filles.

Quand il commence à connaître quelques soucis professionnels et qu’il découvre que sa femme, Elisa, lui cache des choses, son « vernis de respectabilité » commence peu à peu à se fissurer.

La tension monte, jusqu’à devenir insupportable. Va-t-il parvenir à se contrôler encore longtemps ?

ob_33161f45cf7094f0762c3a07cf3121cf_1600bulle-jpgCritique : 
Si je devais faire une comparaison entre ce roman et un cheval de course, je dirais que, de prime abord, en regardant son pedigree, il ne casserait pas trois jambes à un pur-sang !

Le coup de l’homme qui est un monstre, qui nous raconte sa vie, ma foi, c’est du déjà lu et la course sera vite jouée.

C’est ce que j’ai pensé en ouvrant tout de même ce roman dont mes potes blogueurs disaient le plus grand bien. Mais bon, ils avaient pu se tromper et prendre des vessies pour des lanternes ou une rossinante pour un fier destrier Espagnol. Un bon maquignon et l’affaire est faite.

Après une cinquantaine de pages de chevauchée molle, pour moi, c’était un fait entendu que tout ceci avait tout de l’outsider tocard qui ne gagnerait jamais un Grand Prix d’Amérique ou le Grand Steeple Chase, pas même une course de village !

Je suivais, sans plus, la vie de VRP de Furio Guerri, qui, tout en nous expliquant qu’il était un « monstre » nous parlait de sa petite vie pépère, de sa femme, jolie comme tout, de leur fille, un peu trop enfant gâtée et que j’aurais bien baffée.

Certes, niveau coups bas dans son boulot, Furio, c’est un salaud, mais rien de neuf sur le champ de course et pas de quoi en faire un monstre puisque, jusqu’à présent, notre Furio n’avait rien d’un Furioso et se contentait de trotter mollement.

Sorry les gars, mais je ne l’avais toujours pas vu enlever des petites filles, torturer des jeunes demoiselles ou éventrer des putes à Whitechapel ! Ah non, nous sommes en Italie (à Pise) on dira à « Cappellabianca ».

Non, jusque là, notre tocard se contentait d’observer des jeunes adolescentes dans une cour d’école et de jouer aux réparateurs informatique non conventionné. Ça va venir, alors ? Ben non, ça venait pas…

Et puis tout à coup, tel Ourasi le roi fainéant, voilà que notre Furio mets les gaz en grand et me prends le mors aux dents pour un galop infernal, dépassant les grands champions qui pensaient avoir course gagnée. Niké ! (c’est pas un gros mot, c’est la déesse de la victoire).

Moi qui le prenait pour un tocard, moi qui croyait la course jouée – au moins cent fois, telle de la soupe réchauffée – moi qui pensait être en face d’un bête récit de serial-killer qui ne killait pas, et bien, j’en ai pris pour mon grade et je n’ai plus qu’à aller réviser mes Galops sur un vieux cheval de carrousel.

Méfiez-vous des monstres qui se cachent sous d’innocents habits de VRP avec des chaussures cirées… Méfiez-vous du tocard sur lequel vous n’auriez pas parié un kopeck et qui avait une cote de 400 contre 1, car il pourrait vous surprendre par un galop furieux, le Furio !

286 pages que je comptais lire à un train de sénateur et qui m’a fait faire des heures supp’ tant je voulais le terminer avant d’aller au lit. Le réveil fut dur le lendemain.

Le suspense est distillé avec plus de discrétion que du produit dopant dans le moteur d’un vélo au Tour de France à l’insu de votre plein gré, le tout sans débauche de violence, sans effusion d’hémoglobine, sans cadavres empilés à tous les chapitres.

Non, la violence, elle sera psychologique, larvée, sournoise. Nous avons beau être à Pise, le récit ne s’écroulera pas et ne penchera jamais vers le n’importe quoi ou le non plausible.

Pour un canter (galop d’essai) ce ne fut pas une promenade de santé… j’ai pris un coup de pied au cul alors que je ne m’y attendais pas du tout.

Allez, Furio, on rentre à l’écurie parce que là, je suis cassée à cause de toi et de la ruade que tu viens de me faire.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

Le Chant de la Tamassee : Ron Rash

Chant de la Tamassee - Ron Rash

Titre : Le Chant de la Tamassee

Auteur : Ron Rash
Édition : Seuil (2016)

Résumé :
Ruth Kowalsky, 12 ans, se noie dans la Tamassee, rivière de Caroline du Sud, alors que ses parents pique-niquent tranquillement à quelques mètres de là.

Le courant étant trop fort à cet endroit, les plongeurs ne parviennent pas à dégager son corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute.

Le père de la victime, un banquier qui a des relations, obtient l’installation un barrage amovible pour détourner le cours de l’eau vers la rive droite, contre l’avis des gens du cru qui connaissent le danger encouru.

Une guerre s’engage alors avec les écologistes locaux, qui se targuent du Wild and Scenic Rivers Act, loi fédérale interdisant à quiconque de perturber l’état naturel d’une rivière qui a obtenu le label » sauvage ».

Très vite, le fait-divers prend une dimension nationale, le cirque médiatique se déchaîne de répugnante manière et des enjeux plus importants que la digne sépulture d’une enfant se profilent : pouvoir local, chantage politique, intérêts financiers.

Une jeune photographe de presse, Maggie, native du comté où se joue le drame, est chargée de couvrir les événements.

Consciente que l’opinion publique soutient les parents, elle penche affectivement du côté des protecteurs de la nature : comme elle, plus d’un lecteur hésitera entre les deux camps.

ShowCritique : 
Munie de mon billet d’avion, je me suis envolée avec Air Ron Rash pour un voyage dont je me doutais que j’en reviendrais conquise et charmée mais aussi éprouvée par la profondeur des textes et des personnages.

Direction le comté d’Oconee, en Caroline du Sud, là où coule une rivière, frontière naturelle entre la Caroline du Sud et la Géorgie.

Vous mettez un orteil dans l’eau en Caroline du Sud et quelques mètres plus loin, vous êtes en Géorgie ! C’est amusant et la petite Ruth Kowalsky n’en pensait pas moins lorsqu’elle voulu aller se mettre à cheval sur la frontière.

En franchissant la Tamasse, c’est le Styx qui l’attendait dans un trou bien traitre de cette rivière tumultueuse et bardaf, ce fut l’embardée, ou plutôt, la noyade pendant que papa et maman avaient le dos tourné.

La rivière, cette garce qui n’en fait qu’à sa tête, elle qui bénéficie de la protection du Wild and Scenic Rivers Act (loi fédérale interdisant à quiconque de perturber l’état naturel d’une rivière qui a obtenu le label » sauvage »), la voilà qui décide de ne pas laisser remonter le corps de la gamine et le garde bien coincé sous un rocher.

C’est là que les Romains s’empoignèrent…

Ron Rash nous emmène une fois de plus dans une petite ville peuplée d’habitants que certains qualifieraient de « culs terreux », notamment le père de la gamine noyée qui pour le moment se heurte de plein fouet à des écolos gauchistes qui refusent d’entendre parler de l’érection d’un barrage provisoire (pour quelques heures durant) sur leur rivière sauvage.

De ce qui ne pourrait être qu’un banal fait divers, l’auteur s’applique à nous décrire une région sauvage au travers de ses habitants et du regard que portent les autres sur ces gens qui ne vivent pas vraiment comme eux.

Un dilemme cruel se joue sous nos yeux : la sauvegarde d’une rivière, l’envie de ne pas créer un précédent en accordant le droit de monter un barrage amovible et celle d’accorder à des parents éplorés le droit de récupérer le corps de leur fillette pour l’enterre dignement.

Brennon semblait abasourdi. « Êtes-vous en train de me dire que vous ne voudriez pas que je construise ce barrage s’il s’agissait de votre fille ? » a-t-il demandé.

Luke a rendu les photocopies à sa voisine. Il a ôté ses lunettes et les a remises dans la poche de sa chemise. « Je n’ai pas de fille, a-t-il dit, d’une voix qui n’était plus belliqueuse mais presque tendre. Pourtant, si j’en avais une, qu’elle était morte et que je savais que rien ne lui rendrait la vie, je ne vois pas de meilleur endroit que la Tamassee où je voudrais que son corps repose. Je voudrais qu’elle soit là où elle ferait partie de quelque chose de pur, de bon, d’immuable, ce qui nous reste de plus proche du paradis. Dites-moi où, sur cette planète, il y a un endroit plus beau et plus serein. Indiquez-moi un lieu plus sacré, monsieur Brennon, parce que je n’en connais pas. »

Deux journalistes pour couvrir les débats dans cette petite ville : Maggie Glenn, native du comté et Allen Hemphill, finaliste à un prix Pulitzer, vont être, eux aussi, les acteurs de ce drame qui se joue à guichet fermés.

Sans juger l’un ou l’autre point de vue, l’auteur nous décrit les événements qui vont découler de tout ceci.

De sa plume toujours aussi enchanteresse, il déroule son récit tout en faisant bouger ses personnages sur un grand échiquier, nous confrontant à leurs soucis, leur vie, leurs emmerdes et leurs rancœurs, telle Maggie envers son père.

Nous n’avions rien ajouté. Tout ce avec quoi nous pouvions nous blesser, nous l’avions dit. Nous étions donc restés plantés là en silence, papa et moi, comme des boxeurs qui ont asséné meurs meilleurs coups et constatent que leur adversaire est toujours debout.

L’Enfer est toujours pavé de bonnes intentions et ce sera au lecteur d’établir son propre jugement, s’il le désire.

Qui est responsable de tout ce merdier ? Les parents qui ont eu deux secondes d’inattention ? Les parents parce qu’ils veulent absolument récupérer le corps de la gamine après 5 semaines d’immersion dans l’eau ?

Le concepteur du barrage qui a pris tout le monde de haut, pensant qu’ils n’étaient que des culs-terreux ? La rivière qui ne se laisse pas dompter ? Ou bien tout le monde est coupable à différentes échelles, donnant tout ce gâchis ?

À vous de le décider, mais ce ne sera pas facile… Il y a du pour et du contre des deux côtés et ma décision, sans cesse, oscilla.

Un roman fort, une fois de plus, des personnages bien décrits, en peu de mots, attachants et exaspérants parfois. Normal, ils sont humains.

Lire Ron Rash, c’est entrer de plein fouet dans une région, dans la vie des habitants, dans leur intimité et assister, impuissant, aux déroulements des choses. C’est toujours puissant.

Un récit qui m’a envouté mais avec moins d’émotions que celles ressenties durant la lecture de « Une terre d’ombre ».

Étoile 4,5

Le « Challenge US » chez Noctembule et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (231 pages – xxx pages lues sur le Challenge).