La malédiction de la Méduse : Erik Emptaz

Malédiction de la Méduse - Emptaz

Titre : La malédiction de la Méduse

Auteur : Erik Emptaz
Édition : Grasset (2005)

Résumé :
Le 2 juillet 1816, à la tête d’une mission chargée de reprendre le Sénégal aux Anglais, la frégate La méduse, commandée par un vieil officier incompétent et alcoolique, échoue au large de la Mauritanie, sur un haut-fond pourtant bien connu des marins.

Cent cinquante hommes qui ne pourront prendre place dans les embarcations du bord construisent un radeau de fortune, que les chaloupes remorqueront quelques milles, avant de l’abandonner en pleine mer, avec son fardeau humain.

Entassés sur le radeau, de l’eau jusqu’à mi-cuisse, les naufragés périssent les uns après les autres. Tempêtes, rixes meurtrières, faim lancinante, rage de survivre et désespoir : après quelques semaines, ils ne seront plus que quinze, qui se décideront à manger l’un des cadavres…

On connaît le tableau de Géricault, mais sait-on bien les circonstances de ce drame, fait divers historique qui fut, en son temps, un véritable scandale politique.

La malédiction de la Méduse, roman d’une aventure vraie, fait revivre cette incroyable odyssée.

Critique : 
Chronique d’un naufrage annoncé… Celui de la frégate, pas du roman qui lui, tient les flots et la barre haute. Hissez haut !

Pourtant, c’était pas un pédalo, la Méduse ! Non, c’était une belle frégate qui faisait 47 mètres de long, 12 mètres de large, avec la coque renforcée par des plaques de cuivre, monsieur ! 44 canons en sus.

Et si cette belle frégate royale a coulé, c’est parce que celui qui maniait le gouvernail était un imbécile, un crétin diplômé, un connard fini qui avait dû avoir son brevet de navigation dans un paquet Bonux !

Ou alors, il avait été à la même école qu’un certain commandant de Costa Croisières.

Et comme toujours, dès que des incapables ont des responsabilités, ce sont les subalternes qui trinquent.

D’ailleurs, on sent venir la chose, tant les deux personnages qui sont à la tête du navire sont des magouilleurs, des imbéciles, des fats, des menteurs, des flagorneurs, des sourds à tout bon sens… Ils t’auraient fait couler un canard en plastique dans une baignoire, ces deux là !

Chaumareys donnerait ses galons pour un fond de flacon. Pourtant, il a dû sacrément batailler avant de les gagner. Pour en arriver là, il en a fallu des interventions, des suppliques, des flagorneries, des pressions plus ou moins amicales entrecoupées d’évocations appuyées de son oncle, l’amiral d’Orvilliers, et de son amitié avec le comte d’Artois, frère du roi.

Le « seul maître à bord après Dieu » n’entend pas le matelot qui ajoute dans son dos : « Un marin qui fait confiance à la mer, c’est comme un pendu qui ferait confiance à la corde pour le tirer d’affaire… ».

Le récit se lit d’une traite, les yeux passant de bâbord à tribord, descendant la grande vergue et finissant au gouvernail, manié par le crétin de vicomte Hugues de  Chaumareys, capitaine de frégate commandant La Méduse au nom du roi et qui n’a plus navigué depuis au moins 20 ans.

« C’est impensable, Savigny, le commandant Chaumareys a confié le navire à un passager. Oui, tu m’as bien entendu, à un homme qui s’y entend en navigation à peu près aussi bien que toi ou moi…». Sans me laisser le temps de répondre, il pointe un doigt vengeur vers la dunette, et vitupère : « Et ça ne te préoccupe pas plus que ça ? J’ai obtenu son nom, c’est un certain Richefort, encore un de ces émigrés qui nous reviennent de chez les Anglais, un rentrant comme ce Chaumareys. Ah je t’assure, Savigny, il faut le voir pour y croire…»

Jean-Baptiste Savigny, jeune marin à bord de la Méduse, commence par nous conter un beau voyage vers le Cap Vert avec un arrêt qu’ils feront au Sénégal (Saint-Louis) car ils ont pour mission de reprendre le pays aux Anglais, et ça se termine empalé, non pas dans un iceberg, mais dans un ban de sable connu de tous les marins.

Pour planter un bateau ainsi : « Faut vraiment être une bourrique qu’a la cataracte ou un borgne des deux yeux ! »

Les femmes et les gradés dans les canots, les autres – les soldats et une partie du petit personnel – sur un radeau. 150 hommes sur un grand radeau qui prend l’eau. Jean-Baptiste Savigny nous racontera leur misères sans jamais sombrer dans le pathos.

Les pauvres gars sur le radeau seront lâchés ignominieusement en pleine mer, comme un chien abandonné sur le bord de l’autoroute, le jour du départ en vacances, les autres occupants des canots n’ayant pour eux qu’un pauvre regard du genre « Oh, l’amarre a cassé ».

Nous partîmes 150 sur le radeau et, par un prompt renfort de la Mort, nous fûmes bientôt 15 à survivre, obligé d’arriver à des extrémités que je ne puis condamner, la survie en dépendant.

Ce qui m’a le plus foutu en rogne, c’est l’attitude condescendante des gradés – le commandant Chaumareys et le colonel Julien Désiré Schmaltz, commandant les établissements français du Sénégal. Imbus d’eux même, persuadés qu’ils sont qu’ils ont agis pour le bien de tous, incapables de se remettre en question – surtout Chaumareys.

Et ce gros porc de Schmaltz qui fait des beaux discours en se mettant en avant, défiant les survivants de parler, sinon, il balance ce qu’ils ont fait sur le radeau pour survivre…

Là, Schmaltz a peiné sur la formule mais, à la relecture, il la trouve imparable : « En s’en rapprochant pour la reprendre, on s’exposait à ce que les malheureux qu’il portait se jetassent en foule dans les embarcations déjà surchargées et qui auraient été inévitablement submergées sans pouvoir contribuer au salut des hommes qu’on aurait été tenté de secourir. »

« On se vit donc dans la nécessité de l’abandonner pour éviter une perte générale. »

Et si les quinze revenants de ce cauchemar la lui posent, il leur fera la même réponse : la « nécessité » et le souci « d’éviter une perte générale ». Deux arguments qu’ils devraient être à même de comprendre. Et trouver recevables, puisque ce sont aussi ceux qui les ont conduits à manger la chair de leurs semblables.

À force de se le répéter, il finira pas y croire, comme il en fut avec sa non-présence dans le fort Penthièvre à Quiberon, lors de la bataille… Mais dont il a réussi à se persuader que si, il y était !

À la longue, à force de raconter, Chaumareys a fini par oublier qu’il a vécu le gros de la bataille sous l’édredon d’une épouse de négociant qui l’appelait « mon prince » tandis qu’il lui donnait l’assaut à grands coups de reins. Il est désormais persuadé de sa présence en première ligne. Et gare à celui qui prétendrait en douter !

Certes, les 150 sur le radeau se sont mis eux-mêmes à la flotte et dans les bras de la Mort en se bagarrant ou en s’enivrant dans des beuveries monumentales. Pas un pour relever l’autre, sur ce bout de bois, mais tout de même.

Un récit qui se lit tout seul, comme une aventure, même si l’on sait déjà que la frégate coulera, on dévore le récit de Savigny, jeune gars qui a signé un jour où il était rond et déprimé pour entrer dans la marine.

Une écriture qui roule comme les vagues, pourvues de quelques jolis mots de vocabulaire, un style pas « simpliste » mais facile à lire et qui ne sombre jamais dans le pathos, car il aurait été facile de s’y vautrer lorsque nous étions sur le radeau.

Malgré tout, ce ne fut pas une partie de plaisir sur le radeau et avec peu de mots, de phrases, l’auteur arrive très bien à nous faire comprendre que ça n’a pas rigolé !

D’autant que cette unique barrique de vin est aux trois quarts vide. Les deux soldats chargés de sa garde en ont, à notre insu, sifflé une bonne partie. Retrouvés ivres morts, ils ont été balancés à l’eau sans autre forme de procès. Il avait été décidé que quiconque tenterait de s’emparer de nos provisions serait puni du châtiment suprême. L’affaire n’a pas traîné. À la pointe de leurs propres baïonnettes, les deux buveurs brutalement dégrisés par la peur ont été poussés à la mer.

Des personnages bien tranchés, un faible pour Savigny et quelques uns de ses compagnons de misère, un récit double puisque nous aurons une partie de ce qu’il se passait à Saint-Louis, des bons mots, des répliques acérées et l’envie folle de pendre à la grande vergue le commandant Chaumareys, ce commandant qui a tout du célèbre capitaine de croisière dont je parlais plus haut…

Comment est-ce déjà son nom ? Allez, si, celui qui aimait un peu trop se frotter aux côtes avec son gros bateau ! Crétino ? Stronzo ? Sketbatô ? On me signale dans l’oreillette que c’était Schettino ! Celui qui, comme avant Chaumareys, quitta le navire dans les premiers au lieu d’être le dernier.

À force de ressasser son innocence, il en est venu, même dans ses moments de lucidité, à ne plus s’attribuer la moindre culpabilité. L’amarre ? « Elle a coupé » Le fait qu’il n’ait pas quitté le navire le dernier ? Il s’en est déjà expliqué : « Il fallait veiller à l’évacuation…»

Et bien, au commandant Chaumareys, on lui dirait bien « Vada a bordo, CAZZO !!! »

C’est comme si notre frégate n’était plus La Méduse, mais la Nef des fous.

— Monsieur, nous avons déjà eu un aperçu éclatant de vos dons pour la navigation, nous ferez-vous la grâce de nous épargner vos talents de stratège.

Étoile 4Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (295 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

Les enfants de Dune – Dune III : Frank Herbert [LC avec Stelphique]

Enfants de Dune - T3 - Herbert

Titre : Le cycle de Dune, tome 3 : Les enfants de dune

Auteur : Frank Herbert
Édition : Pocket (2005)

Résumé :
Sur Dune, la planète des sables, les prophéties s’accomplissent : le désert devient jardin. Du coup, les vers géants se font rares et l’Épice de prescience vient à manquer.

Tout ce qui reste de l’épopée de Muad’Dib, c’est un empire conquis des guerriers déchus, des prêtres tentés par la théocratie. Et les jumeaux, Leto et Ghanima, qui portent en eux les souvenirs d’innombrables générations. Y compris, peut-être, l’antique

Abomination redoutée par les sœurs du Bene Gesserit et prête à revenir du passé génétique pour faire basculer l’univers dans le cauchemar. Les morts dominent les vivants.

Leto devra affronter les uns et les autres en un combat sans merci dont l’enjeu est plus que la prescience, plus que la longévité: au moins la toute-puissance, et peut-être l’immortalité.

enfants-dune-1Critique (Stelphique en bas)
Je ne sais pas si – comme le dit  Wiitoo – Franck Herbert a abusé de l’épice pour écrire ce troisième tome mais je pense qu’il m’en aurait fallu une bonne dose, à moi, pour arriver à apprécier ce volet !

Les deux cent premières pages furent une torture car composée presque exclusivement d’une succession de réflexions tellement ennuyeuses et complexes qu’il m’a fallu des Aspirines pour les digérer mentalement et des allumettes afin de tenir mes paupières ouvertes.

Enfin, cela m’a permis d’apprendre que sans les vers de sable, plus d’épice et là, c’est la catastrophe assurée vu tout ceux qui en dépendent, dont la Guilde et le Bene Geserit.

« Si les vers s’en vont, l’épice s’en va. Si l’épice s’en va, avec quelle monnaie achèterons-nous notre vie ? »

Les enfants de Paul Atréides (Muad’Dib), les jumeaux Leto et Ghanima ont maintenant 10 ans. Les enfants ? Difficile à les catégoriser lorsqu’on a un corps d’enfant mais une capacité d’adulte et la conscience de ceux qui vous ont précédés. J’ai trouvé leur personnalité bien esquissée puisque nous étions face à des gamins avec des conversations d’adultes.

« Vous n’êtes pas encore mon Duc ! Vous êtes un… un enfant ! »
« Je suis un adulte dans un corps d’enfant ! »

— J’ai largement cet âge ! Je suis le plus vieux de tous, ici ! Tu n’es qu’un bébé à côté de moi ! Mes souvenirs remontent à plus de cinquante siècles dans le temps. Oui ! Je me souviens de l’époque où les Fremen vivaient encore sur Thurgrod !

Ici, ce qui tue, c’est un certain manque d’action, trop de blablas (et même pas le zéro tracas), un récit lourd, des pensées toutes aussi complexes les unes que les autres, des considérations ennuyeuses et une pléthore de complots qui font que, à la fin, on ne sait plus qui complote sur qui ou qui ne le fait pas.

Même les morts se sont mis à comploter. Trop de complots tue le complot. Brouillard total vu combien je peinais pour tourner les pages, y perdant mon latin et mon envie de poursuivre.

Ouf, de temps en temps, des choses agréables à lire. Mais je les compte sur les doigts d’une main. Bien que le dernier cinquième du roman soit un peu plus mouvementé et moins chiant à lire.

Ce troisième tome aborde la transition de pouvoir : Paul Atréides n’est plus et ses enfants vont avoir bien du mal à sortir de tous ces complots qui tournent au-dessus de leurs têtes. Snif, mon prophète Muad’Dib n’était plus là pour agrémenter mes pages lectures. Enfin, son ombre était là, mais sans lui, ce n’est plus le même.

De plus, Dune est devenue une planète moins hostile, une partie des déserts sont devenus des jardins luxuriant et France Gall pourrait nous chanter « Quand le désert recule » tant le paysage change, faisant de ce fait changer le peuple du désert, les Fremens.

La disparition du désert c’était la disparition de quelque chose de précieux pour l’homme, une chose qu’il ne saurait décrire, pas plus qu’il ne pouvait décrire ce qui se passait en Dame Jessica.

Eux, ils ont perdu de leur superbe depuis que le désert recule ! Les Fremens n’ont pas avancé, mais reculé avec lui : certains vivent même dans des maisons et cela m’a fait mal au cœur de voir ce peuple du désert devenir aussi crétin que les habitants des villes, devenant eux aussi des con-sommateurs.

— Certains pensent qu’il est mal de prendre l’eau. Ces Fremen en chemise de dentelle font maintenant des tas de détritus dans leurs villes nouvelles ! Des tas de détritus ! Est-ce que l’on a jamais vu cela sur Dune ?

Une qui m’a déçue, c’est Alya. Son personnage a bien changé et moi qui avait un faible pour elle, et bien, je suis atterrée de voir comment elle a si mal tourné, la pauvre. La peur était une mauvaise conseillère et les voix aussi.

Quant à Dame Jessica, à la fin, je me demandais bien pour qui elle roulait.

Ce troisième tome est surtout l’analyse d’une civilisation sur le déclin, un peuple qui est en train de perdre ses racines, ses valeurs, ses repères, sa solidarité, son système clanique, surtout chez les jeunes, plus attiré par un nouveau mode de vie que celui qui était fort rude dans les sietchs.

Un roman qui complote dans tous les coins, blablate trop, endort son lecteur (en tout cas, moi, il m’a endormi) et lui donne envie d’abandonner sa lecture.

Si je dois lire le tome 4 et qu’il est du même acabit que le 3, je pense que je vais consommer de l’épice afin de pouvoir le lire et comprendre tout leur délires délirant.

Étoile 2

Le « Challenge US » chez Noctembule. et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (552 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

BILAN - Minion tasse dépité - OK

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :
On a décidé de poursuivre notre voyage sur Arrakis avec ma binôme!

Synopsis :
Sur Dune, la planète des sables, les prophéties s’accomplissent : le désert devient jardin. Du coup, les vers géants se font rares et l’Epice de prescience vient à manquer. Tout ce qui reste l’épopée de Muad’Dib, c’est un empire conquis, des guerriers déchus, des prêtres tentés par la théocratie. Et les deux jumeaux, Leto et Ghanima, qui portent en eux les souvenirs d’innombrables générations.

Y compris, peut-être, l’antique Abomination redoutée par les sœurs du Bene Gesserit et prête à revenir du passé génétique pour faire basculer l’univers dans le cauchemar. Les morts dominent les vivants. Leto devra affronter les uns et les autres en un combat sans merci dont l’enjeu est plus que la prescience, plus que la longévité : au moins la toute-puissance, et peut-être l’immortalité.

Ce que j’ai ressenti:…Un souffle de désertion…
On peut dire que cette lecture fut laborieuse. Plus j’avançais, moins j’accrochais….Si Dune m’avait enchantée par son décor, cette nouvelle perspective de paysage manque un poil de charme, mais c’est bien les complots qui ont eu raison de mon manque d’enthousiasme.

Finalement, j’ai préféré butiner cette lecture, la prendre comme une œuvre de poésie, ouvrant au hasard d’une page, lisant un chapitre ou deux, m’imprégnant d’une autre manière de la beauté de Dune, retournant quelques fois sur des passage arrières, puis lire la fin.

J’adore l’écriture d’Herbert, elle est riche, imagée, mais j’ai complètement lâché l’histoire et ses personnages et je crois bien les laisser vivre leurs vies sur Dune sans moi.

« Tu peux croire ce que tu désires croire. « 

« C’est lorsque nous tentons de dissimuler nos plus secrètes pulsions que tout notre être hurle et nous trahit. »

« Passer une nuit éveillé c’est ajouter un jour à sa vie . »

« Mieux valait conserver cette ancienne vertu qu’il avait toujours chérie: la loyauté. Mieux valent les difficultés que l’on pense connaitre que celles qui défient la connaissance. Mieux vaut le présent que l’avenir du rêve. « 

>Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 5/10

Casino Royale : Martin Campbell [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 9/52]

— Le monde entier saura que vous serez mort en me grattant les couilles [James Bond]

Casino Royale est un film américano-britanno-germano-tchèque d’espionnage réalisé par Martin Campbell.

Il est sorti le 22 novembre 2006 en France et en Belgique. C’est le 21e opus de la série des films de James Bond produite par EON Productions.

Chronologiquement, c’est la première aventure de l’espion anglais. James Bond est ici incarné par Daniel Craig, succédant ainsi à Pierce Brosnan.

C’est l’adaptation cinématographique du roman Casino Royale de Ian Fleming, publié au Royaume-Uni en avril 1953.

Le roman avait déjà été adapté dans un téléfilm du même nom avec Barry Nelson en 1954 et dans une comédie de 1967 avec David Niven.

1. Synopsis :
James Bond vient d’obtenir le statut d’agent 00 au sein du MI6.

Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre.

Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d’une partie de poker à haut risque au Casino Royale.

La très belle Vesper, attachée au Trésor, l’accompagne afin de veiller à ce que l’agent 007 prenne soin de l’argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu.

2. Fiche technique :

  • Titre : Casino Royale (Le « e » de Royale n’est pas une faute d’orthographe : le titre original du roman de Ian Fleming est l’abréviation de Casino de Royale-les-Eaux. Cette signification est perdue dans le film, puisque le casino est situé au Monténégro.)
  • Titre de travail : James Bond 21 et Ian Fleming’s Casino Royale
  • Réalisation : Martin Campbell
  • Scénario : Neal Purvis, Robert Wade et Paul Haggis, d’après Casino Royale de Ian Fleming
  • Pays d’origine :  Royaume-Uni,  États-Unis Allemagne République Tchèque
  • Langues originales de tournage : anglais et français
  • Genre : espionnage, action, thriller
  • Budget : 72 millions USD (production), 150 millions $ (avec la publicité)
  • Durée : 138 minutes (2h18)

3. Distribution :

  • Daniel Craig : James Bond 007
  • Eva Green : Vesper Lynd
  • Mads Mikkelsen : Le Chiffre
  • Jesper Christensen : M. White
  • Judi Dench : M
  • Jeffrey Wright : Felix Leiter
  • Giancarlo Giannini : René Mathis
  • Caterina Murino : Solange
  • Simon Abkarian : Alex Dimitrios

Ce que j’en ai pensé :
Ah ben voilà la preuve que l’on peut réaliser un excellent James Bond !

Ok, j’avoue que je m’y prend avec 10 ans de retard, mais à ma décharge, j’avouerai, mesdames et messieurs des jurés, que j’avais fait la grimace en découvrant Daniel Craig pour jouer mon James Bond.

Le côté blondin ne m’avait pas plu et j’ai boudé durant de longues années (pas bien, je sais).

Alors maintenant que je me suis réconciliée avec l’acteur, que j’ai adoré Skyfall et me suis faite chier avec 007 Spectre, il est temps que je me fasse les deux autres en commençant par le commencement : Casino Royale !

Les d’jeuns qui découvriraient la scène d’ouverture pourraient penser que leur PC il est tout cassé puisque l’on débute en noir et blanc… La première scène est l’acquisition par l’agent James Bond de son double 0, autrement dit, le permis de tuer.

Le sang a coulé car il eu ses règles… Heu, son premier macchabée !

Le premier ? Oui, c’est la genèse de James.

Attendez là, y’a pas comme une problème avec l’actrice Judi Dench (M) ?? Gros problème de continuité, puisque celle-ci avait été présentée dans GoldenEye comme la successeur du M joué par Bernard Lee et Robert Brown…

Les recherches m’ont indiquées que cet apparent problème de continuité avait été réglé en affirmant que ce film démarrait une nouvelle série d’aventures cinématographiques de James Bond et qu’il n’y avait aucune continuité à rechercher puisqu’il n’y en avait plus.

Ok, les mecs. C’est la genèse mais ça commence une nouvelle partie. Vous suivez toujours les autres ??

Scène d’intro : pas de nanas dans le générique, absence de la traditionnelle scène du canon (elle viendra plus tard, ouf), et un début qui est une course-poursuite endiablée entre James et un homme plus agile qu’un singe (et ceci n’est pas une insulte) qui va me donner le vertige à grimper sur des poutrelles et des grues.

D’ailleurs, heureusement que j’avais vu deux autres Bond avec Craig parce que sinon, j’aurais eu un arrêt cardiaque en pensant qu’il allait chuter et mourir.

Punaise, mes yeux ne savaient plus suivre. Punaise, mes genoux me faisaient mal rien que de les voir sauter dans tous les sens. Non, non, jamais je ne ferai pareilles acrobaties et sauts dans les airs.

Par contre, il y a une chose qui me fera toujours hausser les sourcils d’étonnement : comment est-ce possible de rater James Bond qui court alors qu’ils sont plein de gars à lui tirer dessus à la mitraillette ??

Des balles touchent le gars qu’il emmène avec lui comme « otage » et notre James, lui, rien, pas une balle ne le frôle, comme si c’était des Gilbert Montagné en train de lui tirer dessus en lieu et place de militaires.

Nous sommes dans le monde du cinéma, tout est donc possible ! Passons à des considérations plus sérieuses, si vous voulez bien…

Ce que j’ai apprécié ici, c’est le côté plus profond de James Bond : ce sont ses débuts, il fait des erreurs, il doit apprendre.

C’est un James Bond plus psychologique et le côté sensible de notre célèbre agent apparait (ce qui fait finalement ressortir son côté humain).

Tout au long du film, on assiste vraiment à l’éclosion du personnage de James Bond (tchip tchip, le petit poussin sort de l’œuf).

Il a un côté plus sombre aussi que son prédécesseur, Pierce Brosnan. Et une musculature plus impressionnante aussi. Rhââââ….

Un personnage qui m’a fichu les jetons, c’est le Grand Méchant, le Chiffre… Le croiser au coin d’un bois me donnerait une seule envie : courir !!

Pas besoin de lui faire sortir de grandes phrases, avec un seul regard il vous cloue plus facilement que les romains ont cloué Jésus sur la croix.

Niveau cascades, celles de l’aéroport sont spectaculaires et heureusement que je savais que James allait survivre, sinon, j’aurais eu mon cœur en état d’arrêt cardiaque une fois de plus.

Après un coup pareil, je peux comprendre que le Chiffre ait envie de massacrer le beau James.

Bien qu’il n’y a pas QUE de l’action, les moments plus calmes ne sont pas pour autant des moments propices aux bâillements.

Quelques belles réparties dans le train avec la jolie Vesper Lynd (une comptable) une partie de poker qui m’a fait suer tant les mises étaient énormes, des revers, des vodka-martini dont on n’en a rien à battre qu’elles soient à la cuillère ou au shaker.

Niveau courses-poursuites en bagnoles, les fans seront déçu puisque nous n’en avons pas et lorsque James foncera dans son Aston Martin DBS V12 ce ne sera que pour une courte durée.

Les cascadeurs ont tout de même détruit  trois Aston Martin (300 000$ pièce) et établis un record mondial avec 7 tonneaux.

Anybref (© Meloë) notre James Bond, pour sa partie de poker à 10 million de $ va donc bénéficier de l’aide de la charmante comptable Vesper Lynd (Eva Green) avec laquelle il nouera une histoire d’amour intense (♫ chabadabada ♪), ce que l’on n’avait plus vu depuis « Au service secret de sa Majesté ».

Ouf, au moins on a eu droit à un personnage féminin bien plus fouillé et le plus complexe que ceux vus auparavant, dans les autres films. Ça nous change des nanas qui n’avaient comme atouts que leurs formes opulentes (mais un rôle plus fin que du papier d’Arménie).

Bon, les dialogues, quand ils roucoulent sont sirupeux et, me retournant vers mon Chouchou, je lui dis :
— Mais pourquoi tu ne me fais jamais pareille déclaration ??
— Parce que je ne suis pas James Bond…
— Certes, mais tu possède pourtant un double zéro et un sept dans ton pantalon.

Le goujat me traita d’obsédée… mdr

Je ne spoilerai pas la fin du film, mais quand je vous disais qu’on était proche du film « Au service secret de sa majesté », je ne vous racontais pas de carabistouilles.

James doit souffrir pour devenir celui qu’il est à présent.

Une chose m’a étonnée : le fait que le principal adversaire de Bond boive son bouillon de 11h bien avant le générique final… Hé, ça, c’est original au moins et ça laisse d’autres possibilités.

Dans tous les films, quelque soit le James Bond, notre espion passe souvent un mauvais quart d’heure en frôlant l’haleine fétide de la mort, c’est connu.

Ici, on entre dans un tout autre domaine puisque, assis sur une chaise trouée, notre pauvre homme est torturé, et passe un vrai moment de souffrance.

Tous les hommes voyant cette scène auront les cuisses qui, instinctivement, se resserreront. À se demander comment après, il arrive encore à… Parce qu’après un tel traitement, « elles » devaient avoir la même couleur que celles des Schtroumpfs !

— Mon nom est Bond, James Bond » sera la dernière image du film après que notre ami ait encore été sonné, anéanti, énervé, et qu’il aura dézingué des tas de mecs pas gentils du tout.

Un film de la franchise qui sort de l’ordinaire, un James plus humain, en train de se construire, d’apprendre le métier, un homme blessé, plus sensible, plus profond.

Pas de gadgets habituels, pas de course-poursuite digne de ce nom, mais l’important n’était pas là. Il était dans un James Bond et dans sa genèse.

J’ai passé un putain de bon moment devant mon PC dont le film n’arrêtait pas de faire de la pub (Sony VAIO – Columbia appartient à Sony).

Étoile 4

« A year in England » chez Titine et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

CHALLENGE - Sherlock___Running_Wallpaper_by_draft624 Corrigé

RAT Winter Édition – Le suivi cannibalesque ! [PART 4 – The End]

rat-a-week

Quoi de neuf docteur pour la quatrième et dernière semaine du RAT Winter Edition ?

Le RAT Winter Éditions se déroule chez Chroniques Littéraires et j’y participe dans la catégorie la plus petite :

  • Catégorie moufles : je lis ce qui tombe de ma PAL dans l’ordre que ça me vient, nombre de livres non fixé, hormis le nombre de pages aucune contrainte

Mon suivi de la semaine du vendredi 26 février au dimanche 06 mars (semaine 4) :

  1. Un prisonnier modèle : Paul Cleave (restait à lire 430 pages sur les 568)
  2. Oracle – T1 – La pythie : Peru & Martino (50 pages)
  3. John Long Silver – T2 – Neptune : Dorison & Lauffray (50 pages)
  4. Oracle – T2 – L’esclave : Ronan Le Breton (50 pages)
  5. Châtié par le feu : Jeffery Deaver (128 pages)
  6. Viens avec moi : Castle Freeman Jr. (185 pages)
  7. Les enfants de Dune – Dune III : Frank Herbert (552 pages)
  8. Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II B – T2 – Mon retour en France (124 pages)
  9. Les boucliers de Mars – T1 – Casus belli : Gilles Chaillet (50 pages)
  10. Les boucliers de Mars -T2 – Sacrilèges : Gilles Chaillet (50 pages)
  11. Les boucliers de Mars -T3 – Semiramis : Gilles Chaillet (50 pages)
  12. La malédiction de la Méduse : Erik Emptaz (295 pages)
  13. Le chant de la Tamasse : Ron Rash (231 pages)

= 2245 lues pour la semaine 4

1611 pages lues (semaine 1) + 1381 (semaine 2) + 1485 (semaine 3) + 2245  (semaine 4) = 6722 pour les quatre semaines !

Les enfants de Dune – Dune III : Frank Herbert [LC – Impressions de lecture 2/2]

Enfants de Dune - T3 - Herbert

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 225) : C’est quand qu’on arrive à la fin ?
Ennui profond, beaucoup trop de blablas rébarbatifs (c’était pas « zéro tracas »), des pensées complexes. J’ai soupiré, mais soupiré durant cette première partie du voyage sur la planète Arrakis, dite Dune pour les intimes. Trop de complots tuent les complots, surtout que ici, ça complote même entre membre de la même famille ! Mes seuls moments agréables furent ceux passé avec les enfants de Paul Atréides (Muad’Did), Leto et Ghanima.

Impressions de Stelphique (page 1à 200) : Je lutte…
Je lutte de toutes mes forces, non pas pour marcher dans les Dunes, mais bien pour rester accrochée à l’histoire ! S’il y a encore de jolies perles d’écritures, il faut vraiment aller les fouiller dans cet imbroglio de manigances et de complots qui m’horripile.

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (pages 225 à 552) : Sauts dans les dunes…
Oui, j’ai sauté des pages dans Dune sinon je serais toujours engluée dans ses sables. À noter que les derniers 20% du livre (le dernier 5ème quoi !) est un peu plus palpitant avec le voyage de Leto, sa rencontre avec le Prêcheur et sa transformation. Pour le reste, ennui profond.

Impressions de Stelphique (page 200 à fin) : Je ne lis que du plaisir….et je zappe le reste !
Voilà ça m’a gonflée, j’en avais marre de suivre leurs stratégies à deux francs, six sous, donc j’ouvre au hasard de mes envies, cette fin du livre pour apprécier l’évolution des jumeaux et leurs pensées. Je ne m’imprègne que de leur philosophie, car c’est vraiment cela, qui m’avait le plus plu depuis le départ de Dune. C’est la première fois que je lis, pose, revient , repart en arrière, mais finalement je pense en avoir saisi l’essentiel, en arrêtant les frais avec ce tome ci.

Rural Noir : Benoît Minville

Rural Noir - Benoït Minville

Titre : Rural Noir

Auteur : Benoît Minville
Édition : Gallimard – Série Noire (2016)

Résumé :
Adolescents, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables ; ils arpentaient leur campagne et formaient un « gang » insouciant.

Puis un été, tout bascule. Un drame, la fin de l »innocence.

Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.

Évoquant à la fois La guerre des boutons de Louis Pergaud et la tradition du « country noir » américain, oscillant entre souvenirs de jeunesse et plongée nerveuse dans la réalité contemporaine d’une « France périphérique » oubliée de tous, Rural noir est un roman à la fois violent et tendre ; évoquant l’amitié, la famille, la culpabilité.

rural-noirCritique : 
Rural Noir, ce pourrait être le nom donné à une nouvelle série qui explorerait le Roman Noir dans ce qu’il a de « rural ». Une collection rien que sur la cambrousse, la vraie…

Parce que si la banlieue c’est pas rose, la banlieue c’est morose, faut pas se leurrer non plus, la campagne n’est pas toujours aussi bucolique que les citadins pourraient le croire.

Ce Roman Noir explore deux périodes d’une bande de copains, sorte de Club des Cinq sans le chien et dans sa version un peu moins sage puisque nos ados de 14 ans picolent un peu, fument et ont, pour certains, déjà fourré leurs doigts là où il ne fallait pas… enfin, si, c’est là qu’il fallait les mettre… Bref, vous voyez ce que je veux dire.

La première période correspond bien entendu à une époque où Romain, Vlad, Julie avaient 14 ans et Chris, le plus jeune, 12 ans. Ils forment une bande, un « gang » et cet été là, un événement viendra foutre en l’air leurs vacances.

Mais avant que l’on apprenne ce qu’il s’est passé, nous aurons droit aux bêtises d’une bande d’ados, à leurs chamailleries, leurs bagarres, les petites jalousies, les premiers émois amoureux, les doigts qui vont là où…

On se retrouve dans cette bande de gamins… Surtout si l’on a grandi à la campagne et que l’on occupait ses mois de vacances à sillonner la région en pédalant ferme sur des vélos qui n’avaient rien de moderne.

L’autre période, c’est maintenant. Romain, quand il avait 19 ans, avait planté un beau matin son jeune frère, Chris, 3 mois après la mort de leurs parents et 10 ans après, il fait son grand retour dans le bled où tout à bien changé.

Beaucoup de tensions et de secrets, dans ces 245 pages qu’on ne lâche pas avant de les avoir toutes avalées.

Si les deux frères sont heureux de se retrouver, il y a de la colère dans le cadet, colère qu’il aimerait diriger vers son aîné, mais qu’il garde en lui. Il a morflé, le cadet, lorsque son aîné est parti sans un mot, sans une parole.

Quant à leur copain Vlad, le Captain du gang, il a bien changé et pas dans le bon sens.

Toute la ruralité est exprimée dans ce roman : plus aucune industries à fermer, les agriculteurs qui comment à manquer d’air, les commerces qui ont fermés, les cafés aussi et la drogue qui circule de plus en plus. Au moins une petite entreprise qui ne connait pas la crise.

Une ambiance lourde dans ce récit, oppressante, comme un soir d’été caniculaire où l’orage menace d’éclater dans le ciel. On aimerait que ça éclate, mais on sait que lorsque cela arrivera, des mots seront dit et ils feront mal à la chair, à l’âme, au coeur.

Heureusement qu’il y a les passages dans le passé pour adoucir un peu tout ça, même si on sait que l’on va au devant de révélations terribles pour que tout ait éclaté de la sorte ensuite.

Si les personnages principaux sont bien esquissés et que l’on peut se retrouver dans cette bande de gamins, leurs portraits adultes sont tout aussi réussis et les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus.

L’écriture de l’auteur est bien dosée, ni trop dure, ni trop douce, pas coupée avec de la mauvaise encre ou du marshmallow. C’est du brut noir de noir que tu avales.

Un roman noir avec une sacrée dose d’amitié, de fraternité, l’histoire d’un gars qui est parti du mauvais côté, mais que ses amis ne renient pas, même si les aléas de la vie les ont séparé.

C’est rempli de valeurs qui me sont chères, ce sont mes racines, c’est bourré de violence larvée à laquelle on lâche la bride de temps en temps. Il y a de la nostalgie, des regrets, des pardons qui ne viennent pas, des vieilles rancœurs, des vengeances…

Rural Noir, c’est à la vie, à la mort, à l’amitié, à la fraternité. C’est la cambrousse mais tu évites la bouse de vache à tes chaussures. Quoique, on marche bien dedans, mais c’est une autre merde. C’est la Blanche…

Bon sang, vous êtes encore à me lire alors qu’il faudrait plutôt allez lire ce roman !! Filez l’acheter !

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (245 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

BILAN - Coup de coeur

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T3 – Le mystère de la femme araignée : Lupano & Salomone

Couv_203204

Titre : Le mystère de la femme araignée – L’homme qui n’aimait pas les armes à feu 3

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Salomone

Édition : Delcourt – Conquistador (2014)

Résumé :
Vous souvenez-vous de Tim Bishop, le petit jeune qui en pinçait pour Margot de Garine ? Le gaillard est toujours sur la piste de la belle, même si ses sentiments ont changé. Ne l’a-t-elle pas abandonné, ficelé à un rocher au milieu de nulle part ?

De leur côté, Byron Peck et Knut Hoggaard sont aussi remis sur selle et filent vers le Canyon de Chelly. D’ailleurs, tout le monde semble se diriger vers ce lieu emblématique de la culture navajo.

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour la fortune/l’honneur/la vengeance (rayer les mentions inutiles) ?

Petit Plus : Wilfrid Lupano continue sa relecture personnelle de l’Histoire des USA dans Le secret de la femme araignée.

Comme à son habitude, le scénariste du « Singe de Hartlepool » mêle habilement, avec pas mal de poudre, farce et critique acerbe.

Couv_260974Critique : 
Toujours sous le couvert d’une bonne dose d’humour noir, l’auteur poursuit les aventures de nos deux compères, Byron Peck – l’avocat bon chic bon genre – et de Knut Hoggaard et ses pauvres borborygmes.

On va de surprises en surprises avec un certain personnage et on rit jaune devant l’imbécilité des lois et règlements : tout ce qui vit dans la réserve est Navajo (même un Noir) et tout ce qui vit hors de la réserve, est américain, même un Navajo…

— Au dernier recensement de la réserve, l’agent du bureau des affaires indiennes m’a enregistré en tant que Navajo. C’est la loi pour tout ceux qui vivent dans a réserve.
— Hein ? Mais c’est idiot !
— Ouaip. Et les Navajos qui vivent en dehors de la réserve sont considérés comme des citoyens américains. Va comprendre.

De l’humour, mais pas que… L’auteur ne se prive pas pour aborder le cas de ces charmantes religieuses si douces et si bonnes pour les petites filles navajos dont elles avaient l’éducation.

Voyez-vous, lorsque ces gamines disaient un mot de Navajo, elles étaient récompensées non pas par un Mars ou un Bounty, mais par le piquet ou le four…

Oui, liées à un piquet, en plein soleil ou enfermée toute une journée dans une petite cabane exposée en plein cagnard. Quelles braves femmes, n’est-il pas ??

Sans compter les lois qui interdisent à une personne Noire de posséder une arme à feu. Libres, oui mais pas avec les mêmes droits que l’homme Blanc.

Un retour dans l’Ouest, sur les pistes poussiéreuses, avec des attaques de trains et des chevauchées dans le soleil couchant et un final qui laisse présager encore quelques aventures épiques dans les tomes suivants.

Dommage que le tome 4 ne soit pas encore sorti.

Une saga western qu’il est extrêmement plaisant de découvrir.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, Le « Challenge US » chez Noctembule, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (48 pages – 4477 pages lues sur le Challenge).

BILAN LECTURE - Veux la suite

Mois du Polar - Février - SharonCHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

Bilan Livresque Mensuel : Février 2016

BILAN - Bilan Lecture mensuelle EXTRA

Février a vu le compteur de lecture exploser ! 17 romans lus et 10 bédés.

Difficile de faire mieux que cela, mais j’avoue être contente d’être arrivée à dépasser un vieux score de 16 lectures, il y a quelques années, au mois d’août.

Certes, ce n’étaient pas des grosses briques, ni des pavés, mais j’ai tout de même lu un roman tous les deux jours. Un roman tous les 1,8 jours, pour être exacte.

Et puisque c’était le Mois du Polar chez Shannon, j’ai mis les bouchées triples avec toutes des fiches qui entraient dans son challenge et une fournée de romans anglais juste pour bourrer les urnes chez Titine et son « A Year In England ».

Un polar historique pour commencer, avec le génial Oscar Wilde et le nid de vipères de Gyles Brandreth (ICI). Un roman policier historique qui même la fiction à la réalité, qui mélange des personnages ayant réellement existé avec des fictifs, le tout donnant un récit qui a tout d’une affaire d’état ou un complot visant la monarchie. Une belle bouffée d’air frais dans mes lectures sombres.

Allez hop, une bédé avec le dernier Sherlock Holmes Society – Tome 4 – Contamination de Cordurié & Toulhoat (ICI). Une belle aventure holmésienne avec des zombies… sans pour autant sombrer dans le fantastique ! C’est ça que j’aime…

La LC du mois avec Stelphique portait sur L’Évangile des ténèbres de Bizien (ICI) et ce fut une déception à cause d’un personnage imbuvable. Sinon, j’ai apprécié le voyage en Corée du Nord.

Une découverte avec l’inspecteur Resnick, dans Cœurs solitaires de John Harvey (ICI). Un roman noir avec de la profondeur, qui dépeint la vie d’une petite société anglaise. Je dois absolument lire la suite !

Sorte de thriller psychologique, Deux de Penny Hancock (ICI) à tout pour nous donner des sueurs froides. Tout le sel du roman se trouve dans ces deux personnages ainsi que tout ceux qui gravitent autour et dans cette putain de tension qui va s’insinuer entre Theodora et Mona. Diabolique !

Petite pause avec Les noyées de la Tamise / Ressac mortel de A.J. Waines (ICI) qui tient plus du roman policier pour se détendre que de celui qui vous hantera longtemps. J’ai malgré tout passé un bon moment lecture, mais rien de marquant.

Bédé western avec le magnifique Sept Pistoleros de Chauvel, Ayala & Sarchione (ICI). Une bédé qui rend hommage aux grands noms et aux films western par le biais de sept pistoleros qui ressemblent un peu, de par leur légende, aux 7 mercenaires. C’est violent – la fin ayant justifié les moyens – mais c’est jubilatoire parce c’est du bon western que les auteurs nous ont présenté là. Lorsqu’on referme l’album, on a les tripes serrées.

Tant qu’à faire dans la bédé, autant revenir vers l’Angleterre avec ce petit bijou rempli de cynisme et d’humour noir qu’est Green Manor – 16 Charmantes historiettes criminelles de Vehlmann & Bodart (ICI). Les histoires sont courtes, mystérieuses, bien trouvées, sadiques, perverses et qui ont la précision d’une véritable horloge suisse. C’est noir, amusant, machiavélique. C’est anglais ? Non, réalisé par un duo franco-belge, uns fois !

Allez, on quitte les brumes de Londres pour aller dans un autre monde, celui de Ekhö monde miroir – Tome 1 – New York de Arleston & Barbucci (ICI). C’est drôle, aéré, amusant et la découverte de ce monde parallèle et étrange est très vivifiant.

Ekhö Monde miroir – Tome 2 – Paris Empire de Arleston & Barbucci (ICI) est la suite et nous avons de nouveau droit à une chouette petite enquête qui n’a de dommageable que sa brièveté. 49 pages, c’est peu, alors qu’on a un univers riche et dense. Un bon moment de rigolade en compagnie de nos deux amis, qui, bien que catapultés dans un autre monde ont l’air de bien s’y accommoder.

Une autre découverte que celle de l’inspecteur Faraday avec Disparu en mer de Graham Hurley (ICI). Pas eu le temps de m’ennuyer durant ma lecture, j’ai dévoré le roman en deux jours à peine, tant je voulais savoir ce qui s’était passé. de plus, j’ai apprécié les personnages, ni tout blanc, ni tout noir, mais réalistes.

Je ne pouvais pas laisser passer ça ! Une affaire de sang – Une aventure inédite de Sherlock Holmes de Bonnie MacBird (ICI) fut lu aussitôt que je l’ai acheté.

Nous sommes ici face à un roman noir plus sombre que dans la raie des fesses d’un mineur occupé au fond de sa mine, à minuit, par une nuit sans lune avec La moisson des innocents de Dan Waddell (ICI). Une fois qu’on en ressort, on respire un grand coup l’air frais, tout en frissonnant de ce que l’on vient de lire.

Vous reprendriez bien un petit coup de guiness ?? Delirium tremens – Une enquête de Jack Taylor de Ken Bruen (ICI) est le premier de la série, mais pas le premier que je lis et j’ai toujours un faible pour cet ancien flic devenu détective privé et éponge imbibée d’alcool. Un roman de Jack Taylor, on ne le lit pas, on ne le dévore pas : on le boit. Cul-sec !

Allez, on se reprend un petit coup du capitaine Mehrlicht avec le troisième roman qui lui est consacré : Sans pitié, ni remords de Nicolas Lebel [LC avec Stelphique] (ICI). Un roman avec le capitaine Mehrlicht c’est comme ce vin qui vient de vous surprendre et dont vous n’avez qu’une seule envie : vider la bouteille et vous enivrer avec.

♫ MEXICOOOO, MEXIIIICO ♪ Tijuana city blues de Gabriel Trujillo Muñoz (ICI). Tijuana et ses cartels de la drogue… Une enquête de l’avocat Miguel Àngel Morgado qui fut trop courte et qui aurait mérité plus de développement.

Retour à Londres pour la traque d’un mafioso de la ville. Je m’attendais à du super avec Dans son ombre de Gerald Seymour (ICI) mais j’ai eu une soupe assez fade, hormis dans ses 200 dernières pages.

Ce cher shérif Walt Longmire ! Toujours un plaisir de le retrouver et Enfants de poussière de Craig Johnson (ICI) ne fera pas exception à la règle. Une enquête rondement menée par notre shérif préféré, de l’Histoire, des Indiens, de l’humour, des fines réparties, de l’amitié, et une plume qui m’entraine toujours dans un autre monde, celui de Walt et de son équipe.

Retour aux États-Unis et à l’Ouest avec la bédé déjantée de Lupano & Salomone L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T1 – Chili con carnage (ICI). Un pari osé de nous sortir un western aussi déjanté mais le pari est réussi car jamais ils n’ont sombré dans le lourd ou le grotesque, ni au niveau du scénario, ni au niveau des dessins qui ne manquent jamais de tons chauds. C’est fin, très fin et ça se mange sans faim.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T2 – Sur la piste de Madison de Lupano & Salomone (ICI). On en apprendra un peu plus sur ce qui a ammené nos acolytes sur la piste de l’Ouest avec cette partie à Los Angeles.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T3 – Le mystère de la femme araignée de Lupano & Salomone (ICI). Plus de profondeur, plus de roublardises, mais toujours aussi déjanté et j’adore !

Comment était Erlendur avant d’être le commissaire taiseux que l’on connait ? La réponse dans Les Nuits de Reykjavik de Arnaldur Indriðason (ICI). Un roman qui se lit tout seul, découvrant, émerveillée, les premiers pas de Erlendur dans la police, moins bougon que d’habitude, encore célibataire et sans ses problèmes avec ses deux enfants (pas encore nés), mais déjà un homme soucieux, taciturne, mélancolique, solitaire et sans cesse hanté par les fantômes de son enfance.

Le retour du Boucher de Christchurch ? Non, c’est une blague ? Non, Un prisonnier modèle de Paul Cleave (ICI) est bien la suite d’Un employé modèle qui m’avait tant fait rire. Une suite aussi jubilatoire que le premier tome, mais dans un registre différent. Un puzzle dont les pièces se mettront en place lentement mais sûrement et des personnages qu’on prend plaisir à retrouver.

Châtié par le feu de Jeffery Deaver (ICI) est la preuve que l’on peut faire de bonnes nouvelles avec un début, une fin non ouverte et un développement au milieu ! Ici, nous sommes face à une nouvelle d’une efficacité redoutable !

Les critiques mitigées ne m’ont pas empêché de lire Viens avec moi de Castle Freeman Jr. (ICI) mais je me rangerai parmi les déçus. L’intrigue est bonne, les personnages aussi, mais certains dialogues m’ont couru sur le haricot et fait descendre le roman dans mon enthousiasme.

BILAN - scrat ok

Bilan Livresque Février : 17 romans / 10 bédés / 3 films / 1 livre

  1. Oscar Wilde et le nid de vipères : Gyles Brandreth
  2. Évangile des ténèbres : Bizien [LC avec Stelphique]
  3. Cœurs solitaires : John Harvey
  4. Deux : Penny Hancock ♥1/2
  5. Les noyées de la Tamise / Ressac mortel : A.J. Waines
  6. Disparu en mer : Graham Hurley
  7. Une affaire de sang – Aventure inédite S. Holmes : MacBird
  8. La moisson des innocents : Dan Waddell 1/2
  9. Delirium tremens – Une enquête de Jack Taylor : Ken Bruen
  10. Sans pitié, ni remords : Nicolas Lebel
  11. Tijuana city blues : Gabriel Trujillo Muñoz
  12. Dans son ombre : Gerald Seymour
  13. Enfants de poussière : Craig Johnson ♥1/2
  14. Les Nuits de Reykjavik : Arnaldur Indriðason ♥1/2
  15. Un prisonnier modèle : Paul Cleave ♥1/2
  16. Châtié par le feu : Jeffery Deaver ♥1/2
  17. Viens avec moi : Castle Freeman Jr.
  18. Le royaume-Uni de 1837 à 1914 : Christian Bonnet
  1. Sherlock Holmes Society T4 – Contamination : Cordurié
  2. Sept Pistoleros : Chauvel, Ayala & Sarchione 
  3. Green Manor – 16 Charmantes historiettes criminelles : Vehlmann & Bodart
  4. Ekhö monde miroir – T1 – New York : Arleston & Barbucci
  5. Ekhö Monde miroir – T2 – Paris Empire : Arleston & Barbucci
  6. Long John Silver – Tome 1 – Lady Vivian Hastings : Dorison & Lauffray
  7. Roma – T1 – La malédiction : Adam, Boisserie, Chaillet, Convard, Penet
  8. L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T1 – Chili con carnage
  9. L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T2 – Sur la piste de Madison : Lupano & Salomone
  10. L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T3 – Le mystère de la femme araignée : Lupano & Salomone
  1. Sherlock Holmes and the Case of the Silk Stocking – La Revanche de Sherlock Holmes [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 6/52]
  2. Sherlock Holmes – Incident at Victoria Falls [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 7/52] 1/2
  3. Django Unchained : Quentin Tarentino [#LeFilmDeLaSemain2016 – 8/52]

 

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T2 – Sur la piste de Madison : Lupano & Salomone

Couv_178424

Titre : Sur la piste de Madison – L’homme qui n’aimait pas les armes à feu 2

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Salomone

Édition : Delcourt – Conquistador (2013)

Résumé :
Pourquoi Margot de Garine a-t-elle quitté son époux, Maître Byron Peck? Comment le Danois Knut Hoggaard, alors encore en pleine possession de ses moyens intellectuels, est-il entré dans la vie de Margot et de Byron ?

Surtout, que contiennent ces mystérieuses lettres, pour lesquelles cet improbable trio est prêt à s’entretuer ?…

Deuxième volet de la poursuite infernale au cœur de l’Arizona.

Couv_217918Critique : 
Sur la piste, elle m’a dit « Sonne »…

Non, non, non, le Madison de cet album rien à voir la route du même nom dans le roman et le film, ici, on parle d’un Grand Homme, le père de la constitution des États-Unis, excusez du peu.

Dans le tome 2, on apprend comment notre Byron Peck, éminent avocat de Los Angeles, en est arrivé à sillonner les routes à bord d’un chariot avec son Hercule qui ne lâche plus que des borborygmes.

Dans ce tome 2, on quitte les pistes de l’Ouest profond direction Los Angeles pour nous expliquer comment tout cela a commencé et nous montrer les personnages tels qu’ils étaient avant que tout cela n’arrive.

Byron Peck est un avocat qui ne recule devant rien pour gagner un procès, Margot de Garine, son épouse, ne rêve que d’argent et de mener un encore plus grand train de vie et Knut Hoggaard n’était pas encore cet homme diminué que l’on a vu dans le premier tome.

— Désormais, son sort est entre les mains du seigneur…
— Et du diable ! Et comme à mon avis aucun des deux n’en veut chez lui, nous avons toutes les chances de le garder encore quelques temps avec nous.

— C’est d’autant plus appréciable que souvent, les bonnes nouvelles arrivent en groupe.
— LHA SoloOop !
— M. Hoggaard n’allait pas nous quitter pour quelques malheureux litres de sang.

Beaucoup de profondeur dans ce tome, avec notre Byron Peck qui va ressentir une peur atroce et dont les dessins vont nous montrer sa descente aux enfers, barricadé dans sa maison qui va commencer à sentir le puma puisque notre avocat ne se lave plus.

C’est aussi une partie de l’Histoire Américaine que nous allons explorer aussi avec son fameux deuxième amendement, celui qui permet à quiconque de porter une arme à feu.

— C’est ce pays qui est souffrant, Hamilton ! Ce pays magnifique, plein de promesses qui, d’un côté, défend la liberté, le droit, et de l’autre… qui permet à n’importe quel aliéné de se balader avec une arme à feu !

Les dialogues sont toujours aussi savoureux, Margot est toujours aussi calculatrice et, telle une araignée veuve noire, tissera sa toile afin de dévorer toutes ses proies.

— Ne le prenez pas mal, Madame de Garine, mais je crois que vous êtes la personne la plus répugnante qu’il m’ait été donner de rencontrer.

Le dessin est chaleureux grâce à ses couleurs et bien que ce tome soit un peu moins « fou » que le premier, il permet, grâce à ses flashbacks de poser les bases de l’histoire et tous les différents enjeux selon les personnages.

Il est à noter que pour certains, la situation a bien mal tourné et notre naïf Tom Bishop en fera l’amère expérience.

— Toi comprendre moi ? Toi vouloir quoi ? Argent ? Nous pas argent ! Nous vouloir papiers toi avoir volés ! Voler pas bien ! Grand manitou pas content dans le ciel ! Grand manitou Trèèèèèès Fâché !
— Je suis très triste pour lui, mais hélas, je suis Navajo, et les Navajos ne croient en aucun grand Manitou.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, Le « Challenge US » chez Noctembule, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (48 pages – 4477 pages lues sur le Challenge).

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

Mois du Polar - Février - Sharon

Viens avec moi : Castle Freeman Jr.

 

Viens avec moi - Castle Freeman Jr.

Titre : Viens avec moi

Auteur : Castle Freeman Jr.
Édition : Sonatine (2016)

Résumé :
Dans les fins fonds désolés du Vermont, la jeune Lilian est devenue la cible de Blackway, le truand local. Son petit ami a préféré fuir, elle a décidé de rester.

Bien résolue à affronter celui qui la harcèle. Alors que le shérif se révèle impuissant, Lilian se tourne vers un étrange cénacle.

Sous la houlette de Whizzer, ancien bûcheron en chaise roulante, quelques originaux de la région se réunissent chaque jour dans une scierie désaffectée pour disserter en sirotant des bières.

Devant la détermination de la jeune femme, Whizzer décide de l’aider en lui offrant les services de deux anges gardiens peu ordinaires : un vieillard malicieux, Lester, et un jeune garçon, Nate, plus baraqué que futé.

Avec eux, Lilian se met à la recherche de Blackway dans les sombres forêts qui entourent la ville pour s’expliquer avec lui.

De bar clandestin en repaire de camés, la journée qui s’annonce promet d’être mouvementée, l’affrontement final terrible.

vermont moulinCritique : 
On pourrait résumer en disant que c’est l’histoire de deux gars qui vont aider une bonne femme qui a bien des soucis avec l’espèce de caïd de la région :  Blackway.

Rien que son nom, ça sent déjà l’homme malfaisant, l’homme que tout le monde craint, l’homme qui pense que tout lui est dû et que si vous n’êtes pas d’accord pour lui donner ce dont il a envie, et bien, il le prendra à l’insu de votre plein gré.

Une fois de plus, je viens de plonger dans un infâme trou du cul du Vermont nommé « Est Connardville » par le regretté Kevin qui est parti la queue entre les jambes à cause justement de Blackway.

Dans le couple que formait Kevin avec Lilian, c’était elle qui portait la paire de… la paire de vous devinez quoi ! Notre Lilian nationale, elle en a marre des agissements de Blackway, du fait qu’il la suive, qu’il lui ait bousillé sa bagnole et bien d’autres saloperies encore dont je tairai la chose.

Le shérif, ne sachant pas appliquer la loi, lui conseille de s’adresser à ce que je nommerai « une bande de paumés » qui passent leur journée à boire et à bavasser dans le vieux moulin de Whizzer.

Elle s’en ira régler son affaire avec Lester, un vieux qui a dû voir Napoléon perdre à Waterloo – morne plaine – et le jeune Nate qui lui, ne pourra pas revendiquer le surnom de Futé, juste celui de Bison car il est baraqué et sait se battre.

Le trou du cul du Vermont, le caïd local que tout le monde craint, la criminalité tellement apparente qu’elle fait partie du décor, des bars glauques sans vitres, une recherche du fameux Blackway en demandant poliment – oups – à ses acolytes et une vendetta locale qui a tout de l’opération de la dernière chance qui va mal tourner car nos énergumènes n’ont rien de L’agence tous risques.

Cela aurait pu donner quelque chose de super, les ingrédients étant là.

Ajoutons à cela des chapitres qui se mélangent entre le trio qui cherche Blackway et les zozos qui sont restés au moulin, en train de discutailler sur des lieux communs, sur leur patelin, les mœurs de certains, racontant leurs souvenirs embrumés – tout en éclusant des bières –  leurs conversations étant enflammées, humoristiques mais… lourdingues !

Et bien, c’est loupé ce roman ! Certes, j’ai aimé ce portrait peu flatteur de l’Amérique profonde avec ses paumés marginaux, ses sociétés qui n’existent plus car elles ont toutes fermé, sa consanguinité, ses truands…

J’ai aimé l’enquête du trio afin de remonter la piste de Blackway, la visite de la ville m’a enchanté, ses mœurs aussi – même si je n’irai jamais en vacances chez eux – mais j’en reviens à la chose qui m’a énervé prodigieusement : les DIALOGUES !

Leur redite, leur « quoi ? » à tout bout de champs, comme s’ils étaient des crétins congénitaux, ces pages de dialogues courts où, à la fin, je ne savais plus qui parlait, m’a pompé l’énergie et a rendu ma lecture très difficile à certains moments.

Lilian aussi, m’a pompé l’air ! Voilà une femme qui veut qu’on lui résolve son affaire, qui veut trouver Blackway, qui se plaint quand ses deux aidants ne se bagarrent pas et qui s’offusque quand ils le font – à leur manière – et que Lester bousille le genou d’un homme à terre. Hé, oh, tu sais ce que tu veux ??

— Vous saviez à quoi il servirait. On peut pas faire peur à Blackway. Vous le saviez. Vous l’avez dit vous-même. Blackway a pas peur. Il marche pas au bluff. On vous avait prévenue : quand vous commencez avec Blackway, vous devez être prêt à aller jusqu’au bout.

Un roman noir qui manque de corps, de charpente, de dialogues un peu plus travaillés, même si ce sont des bouches de loosers qui les prononcent. Sérieusement, si j’avais été à la table de ces gars là, je me serai levée et j’aurais fichu le camp de suite.

Plus de pages n’auraient pas fait de mal à ce roman ultra court (185 pages) afin de lui donner une meilleure charpente sur laquelle les dialogues de ces piliers de comptoirs auraient pu venir s’arrimer sans faire tanguer tout le récit de par leur courtes phrases et leurs répétitions à gogo.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (185 pages – 893 pages lues sur le Challenge).

BILAN - Minion tasse dépité - OK

rat-a-week1-copie Mois du Polar - Février - Sharon