Surtensions : Olivier Norek

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Titre : Surtensions

Auteur : Olivier Norek
Édition : Michel Lafon (2016)

Résumé :
Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu’on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ?

De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ?

Comment cinq criminels – un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur – se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?

Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance…

brigade_anti_criminalite_la_clauCritique : 
J’avais déjà un œuf à peler avec Monsieur Norek, suite à un micro-ondes utilisé de manière sadique dans « Territoires ».

Maintenant, j’en aurai tout un carton à peler suite à la conséquence désastreuse qu’a eu une vengeance…

Sadique comme il est, l’auteur annonçait déjà une partie de la couleur dans l’intro. Et moi, maso, j’ai quand même osé le lire.

« Code 93 » était trèèès bon, « Territoires » était super trèèèès bon de la mort qui tue, c’est donc avec une certains appréhension et le cœur tremblant que j’ai ouvert cette 3ème aventure de Victor Coste.

Pourquoi cette angoisse ? Parce qu’il aurait été très difficile de faire aussi fort que Territoires et que j’avais peur de me trouver face au roman qui annoncerait le chant du cygne.

L’auteur est un petit démon… Plutôt que de tenter de faire mieux ou égal à son précédent opus, il a fait « différent ».

« J’ai changé » comme le disait un p’tit gars à talonnettes. Ici, c’est vrai, le roman est différent de ses deux prédécesseurs.

— Parce que c’est un coup parfait, confirma Coste. Profitez-en, c’est assez rare de se faire aussi bien baiser.

Exit le personnage principal qu’était la Cité, la banlieue et ses habitants seront un peu mis en retrait et welcome à la prison de Marveil qui nous donnera le « la » en intro. C’est du costaud.

Ensuite, une enquête concernant un enlèvement et une autre sur un braquage et nous plongerons au cœur de notre équipe de la brigade criminelle du 93, nous permettant de passer plus de temps avec eux, pour mon plus grand plaisir.

— Une ado qui n’utilise pas son portable pendant quatre-vingt-seize heures, j’aurais tendance à vérifier son pouls, fit remarquer Johanna.

Les enquêtes sont prenantes, on passe des deux côté de la loi niveau narration : enquêteurs et braqueurs, ce qui donne du peps à l’histoire et sa dose d’adrénaline.

La plume m’a, une fois de plus, enchantée et elle griffe toujours autant en disant, noir sur blanc, des vérités que l’on a tendance à oublier, hélas.

Un centre pénitentiaire n’est efficace que s’il reconstitue une société carcérale juste, avait-il dit. Sans prédateurs, sans proies, dans une parfaite équité, sans privilèges ni passe-droits, sans nécessité de violence, sans jalousie de ce que l’autre pourrait avoir de plus ou de mieux. La force devenant inutile, il ne reste plus qu’à vivre ensemble, en bonne société. Malheureusement, il n’existe pas d’endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. Et au lieu de ressortir équilibré ou cadré, les détenus en sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs, sans aucun projet de réinsertion. Plus venimeux en sorte. La prison comme une école du crime.

Certains pourraient trouver que tout se goupille facilement, mais moi, j’aime quand des bandits ou des assassins tombent à cause d’un grain de sable qui est venu se nicher dans leur mécanique parfaitement huilée ou d’une bêtise faite par un membre de leur entourage. Là, je jouis.

Une fois de plus, l’auteur nous propose une histoire réaliste, sans tests ADN réalisés pour chaque quart de poil de mollet de fourmi trouvé, sans profilage réalisé à l’aide d’une brosse à dent ou de photos de mauvaise qualité qui, une fois agrandie, vous font découvrir une image dans la rétine du gars.

Non, ici, on sent la réalité à plein nez, on sent l’ombre des tours de la Cité, même si elle est moins présente que dans les deux précédents tomes, mais on bouffera le fait que les gens riches peuvent aussi jouer aux salauds finis. On a tendance à l’oublier ou à moins leur en vouloir qu’à la racaille.

Et puis, cette toile d’araignée qu’il est parvenu à tisser dans les pages de son récit… Et ces personnages, travaillés, ni tout bon, ni tout méchant, oscillant dans des nuances de gris, avec leur force, leurs faiblesses, leurs fêlures, leurs codes d’honneur…

Sans compter, cerise sur le gâteau, ces touches d’humour qui parsèment le roman, des émotions à l’état brut (j’ai failli lâcher le roman plusieurs fois), du suspense, de l’adrénaline, de réalisme (je l’ai déjà dit ?) et quelques petits clins d’œil à d’autres auteurs, avec des noms de rues ou un rôle de brute épaisse.

— Il est tombé une fois avec ce play-boy, un certain Michaël Mention, alias Rhinocéros.

Excellent, mais un cran sous Territoires et puis, beaucoup de chagrin en tournant la dernière page… C’est fini ? Passez-moi des kleenex, merci !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix Le Point du polar européen 2016).

CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016

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51 réflexions au sujet de « Surtensions : Olivier Norek »

  1. Hou hou voilà voilà je suis encore tentée ! Je ne connais même pas de nom cet auteur est-ce normal ? Pourtant « Coste » ça me dit quelque chose ! J’ai dû lire chez toi mais je n’avais pas noté… Pffff ! Ton billet est extra, comme d’hab (c’est bien là le drame) ! 😆

    Aimé par 1 personne

          • Qu’est-ce que tu es moqueuse quand même !!! 😆 Je disais ça très sérieusement ! Tsss ! Vous n’êtes que 3 à qui je fais vraiment confiance pour les polars, ou mes autres copines quand elles en chroniquent mais c’est plus rare… Donc avec 3 je répète, c’est pas compliqué !!! 😀 😀

            Aimé par 1 personne

            • Sharon et moi sommes les polardeuses du coin ! Je me doutais que tu ne pouvais puiser que chez nous et p’têt ailleurs, puisque je vois souvent tes comm sous les articles de Sharon.

              Sinon, j’ai des noms de gens sérieux niveau polars, mais bon, ils sont tentateurs, les bougres !! Ils agitent sans cesse des trucs excitant sous mes yeux !

              Oui, je suis moqueuse, je l’avoue, mais toujours gentiment, parce que quand j’envoie des piques, ça peut devenir des javelots ! J’en ai dans ma famille qui les ont reçu et ça fait mal !

              Aimé par 1 personne

            • Je sais bien que tu es une gentille, sinon je ne te fréquenterais pas !!! 😀 Ça n’empêche pas de dire ce que l’on pense de temps en temps de façon bien sentie ! Non non ne me donne pas de nouveaux noms, stop ma blogroll explose elle aussi et j’ai assez de tentations jusqu’en 2020 je pense !!! 😀

              Aimé par 1 personne

            • Attention, quand on me cherche, on me trouve ! mdr

              Faut dire de temps en temps ce qu’on pense, on se déstresse et on se déleste, ça fait du bien !

              Non, vaut mieux pas donner des noms, ma wish-list exploserait !!

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  2. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Avril 2016 | The Cannibal Lecteur

  3. Ping : Surtensions, d’Olivier Norek | Cannibales Lecteurs

    • Cousine jumelle !! Je me marre, je me marre !

      Un excellent roman, mais Territoires reste pour moi au-dessus… 😉

      — Allez, fini ton assiette mon garçon *humour cannibale et pas trash*

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  4. Ping : Challenge Thriller et polar – session 2015-2016, bilan final | deslivresetsharon

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