Lucky Luke – Tome 13 – Le juge : Morris & Goscinny

Le juge - lucky luke

Titre : Lucky Luke – Tome 13 – Le juge

Scénariste : Goscinny (non crédité sur l’album)
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1959)

Résumé :
Austin, Texas. Lucky Luke est chargé de convoyer du bétail jusqu’au ranch de Silver City. Mr Smith, le patron, lui annonce que le voyage ne sera pas facile : à l’ouest de la rivière Pecos, il n’y a pas de loi, pas de shérif mais que des hors-la-loi. Cela n’effraie pas Lucky Luke.

Mais, ce qu’il ne sait pas c’est que sa route passe par Langtry, là où règne un juge pas des plus commodes : le juge Roy Bean, » la loi à l’ouest de Pecos  » ainsi que « Justice de paix et bières glacées »…

album-page-large-7044Critique : 
Lorsque j’ouvris cet album pour la première fois, je fus surprise de découvrir que le juge Roy Bean (1825/1903) avait réellement existé et son ours aussi.

Notre pauvre Lucky Luke, convoyeur de bétail, va croiser  la route (près de Langtry) de ce juge qui tient son Code Civil à l’envers et qui, si il peut citer des termes légaux en latin, c’est parce qu’il fut lui-même très souvent assis sur le banc des accusés…

Par contre, voir Lucky Luke sur le banc des accusés et condamné après une parodie de procès, voilà qui ne s’est jamais vu !

LE JUGE : Et maintenant, nous allons nous occuper de ton procès, étranger…
LUCKY LUKE : Mais je n’ai rien fait, moi !
LE JUGE : Dans ce tribunal, l’accusé n’a pas besoin de faire quelque chose… Nous nous chargeons de tout !!

Ici, on mêle le personnage réel du juge avec de la fiction, de l’humour, de la bière glacée, des magouilles en tout genre, le tout sur fond de procès truqué ou arrangé.

Roy Bean a un sacré caractère, il est de mauvaise foi et c’est un ancien malfrat qui a gardé une raideur dans le cou, vestige d’une pendaison ratée…

Ça ne l’a pas calmé puisqu’il a toujours gardé ce côté malfrat assez prononcé, mais avec des lois ou des peines qu’il invente selon son bon vouloir.

LE JUGE : Combien avez-vous d’argent ?…
LUCKY LUKE : 50 dollars environ…
LE JUGE : 50 dollars environ d’amende !

Quant à ses jugements, ils sont à l’emporte-pièce et l’on a peu de chance de s’en tirer sans frais, surtout quand son ours est témoin ou donneur de sentence. Ma foi, on se demande même si le juge sait lire, vu qu’il tient son code Civil à l’envers…

LUCKY LUKE : Minute ! Je proteste ! Manifestement, le juge ne sait pas lire !…
LE JUGE : Pas lire ?… Moi ??!! […] Que l’accusé écrive quelque chose ! Je lirai devant tout le monde pour prouver que je sais lire… Le public peut prendre des paris sur le fait que je sais lire… Une amende à ceux qui ne parient pas !
LUCKY LUKE : Tenez, juge ! Lisez ça…
LE JUGE : Hmm… Ne me bousculez pas ! Il y a un tas de lettres là-dedans… Le… juge… est… une… vieille… fri… pouille…

Oui, le juge est un magouilleur de première, mais il a un bon fond, dans le fond et si, au départ, on avait de l’antipathie pour cet homme, on le trouvera vite super sympa lorsqu’on aura fait la connaissance de son antithèse, Bad Ticket.

Bad Ticket, c’est un autre juge, un juge qui veut détrôner le juge de Langtry et si Lucky Luke a dans l’idée de les dresse l’un contre l’autre, il devra vite changer d’option et se rallier au moins pire des deux.

Ceci est le portrait d’une Amérique profonde, sans foi ni loi, ou avec un substitut de loi qui ne favorise que le juge lui-même.

LE JUGE : J’aurais dû lire ce code civil plus tôt ! C’est plein de choses intéressantes et même utiles pour un juge !

Le tout avec humour bien entendu !

— Que se passe-t-il, Jacinto ?
— Un horror ! He visto los horribles fantasmas, lividos y siniestros que han tratado de destrozarme !!
— Eeeh ?… Que dit-il ?…
— Il dit : un horror ! He visto los horribles fantasmas, lividos y siniestros que han tratado de destrozarme !
— Et ça veut dire quoi ?…
— Ça, je ne sais pas, je ne comprends pas l’espagnol…

Petit Plus : John Huston a consacré un film à Roy Bean avec Paul Newman dans le rôle principal : Juge et Hors-la-loi (1972).

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur,  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Lone Ranger

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Carnets Noirs : Stephen King [LC avec Stelphique – Intro]

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— STELPHIIIIIIIQUE !!!! STELPHIIIIIIIQUE !!!! STELPHIIIIIIIQUE !!!!
— Rhââ, mais ne crie pas si fort, Cannibal, j’étais juste à la machine à café !
— C’est pas une machine à café mais une à mojito !
— Oui, mais faut pas le dire, ça ferait des envieuses et on pourrait nous la cambrioler…
— En parlant de cambriolage, lis-moi un peu le résumé de Carnets Noirs, du King, notre prochaine LC… Ça ne te fait pas penser à un autre roman de lui ?
— Ben…
— On dirait du Misery pur jus, non ?
— Oui, mais je n’osais pas le souligner parce qu’ici, on assassine l’écrivain tandis que dans Misery, Annie Wilkes le forçait à écrire la résurrection, plausible, de Misery Chastain, son héroïne romantique. Ici, rien de tel, pas de huis clos sombre et angoissant !
— Je suis d’accord, mais nous sommes de nouveau parti sur un fan obsédé par un auteur et par le fait que celui-ci n’ait pas continué les aventures de Jimmy Gold.
— Tu penses que nous aurons de nouveau droit à une infirmière folle, meurtrière, dingue, malade, souffrant de troubles mentaux et maniant la hache pour couper le pied sur l’herbe de Sheldon ?
— Rhôô, quel humour noir Stelphique ! Bon, Paul Sheldon ne pourra plus sucer son pouce, non plus…
— MDR ! Mais on ne devrait pas rire de ce grand roman du King et nous concentrer sur le nouveau qui, bien que parlant de l’obsession d’un fan pour un auteur, nous donnera autre chose et pas du déjà-lu !
— Si c’est de la resucée, je fais une crise de nerf et je me mets aux Harlequin !
— Misery ne fait-il pas partie de tes meilleurs livres de tous les temps, Cannibal ?
— Si et justement, il est unique ! Alors, sus aux carnets noirs et à l’enquête de Bill Hodges.

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Misery, roman du King publié en 1987. Une tuerie de huis clos !

Carnets noirs (titre original : Finders Keepers) est un roman policier de Stephen King paru aux États-Unis le 2 juin 2015 puis le 2 mars 2016 en France.

Ce roman est, après Mr. Mercedes, le deuxième tome d’une trilogie centrée sur le personnage de Bill Hodges, policier à la retraite.

Après Misery, King renoue avec un de ses thèmes de prédilection : l’obsession d’un fan. Dans ce formidable roman noir où l’on retrouve les protagonistes de Mr. Mercedes (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur… ou le pire.

Résumé : En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold.

Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes.

Le bonheur dans le crime ? C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.