Lucky Luke – Tome 26 – Les Dalton se rachètent : Morris & Goscinny

Les Dalton se rachètent - Lucky Luke

Titre : Lucky Luke – Tome 26 – Les Dalton se rachètent

Scénariste : Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1965)

Résumé :
Le sénateur O’Joyce veut tenter une expérience pour faire diminuer les effectifs de prisonniers dans les pénitenciers des Etats-Unis. Pour que l’expérience fasse l’unanimité, il veut la tenter avec les pires malfrats, en ‘occurrence, les Dalton !

Ainsi, la fratrie rayée jaune et noir va se voir offrir la liberté conditionnelle : si durant un mois leur comportement est exemplaire, ils seront libres. Sinon, retour en prison.

Les Dalton sont partants : Joe compte bien retrouver la liberté pour pouvoir faire ses prochains coups en homme libre !!!.

luckyluke_t26Critique : 
— Mais alors, Joe… nous sommes devenus honnêtes?
— Averell, que tu sois bête, passe, mais je n’admettrai pas que tu sois grossier !!

Les Dalton sont libres ! S’ils restent un mois sans faire de bêtises, d’attaques, de vols ou de tout ce qu’ils font habituellement, ils seront amnistiés totalement !!

Mais heu, on parle bien des Daltons, là, non ?? On oserait les remettre en liberté ? Oui, sous la surveillance de Lucky Luke, pardi !

Voilà encore un album où le talent scénaristique de Goscinny est brillant de par les situations cocasses qu’ils nous concocte ou les running gags, notamment avec Averell qui ouvre le coffre de leur banque à la dynamite.

Oui, les Dalton ont ouvert une banque… Ils sont honnêtes, ma p’tite dame !

Le scénariste croque aussi méchamment les habitants de la petite ville où cette expérience a lieu : au départ, ayant peur des Dalton, ils leur donnent leurs caisses, portefeuille dès qu’un Dalton surgit et ensuite, sachant que les Dalton ne peuvent rien leur faire, alors ils se sentent fort et abusent de la situation en les provoquant inutilement.

Toute la couardise de l’Homme résumée en quelques cases.

Et puis, il y a aussi Rantanplan qui, durant tout l’album, cherche désespérément qui est ce cow-boy à la chemise jaune.

C’est un de mes albums préféré avec les Dalton, en plus des « Cousins Dalton » et « Les Dalton dans le blizzard ». Ici, ils sont mis à l’honneur, Joe est toujours aussi teigneux et Averell crétin diplômé, quant à Lucky Luke, il est mis un peu en retrait.

Un album où l’on rit sans même se forcer tant il est brillamment scénarisé. Morris aux dessins et Goscinny aux scénarios, et c’est le paradis !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur,  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - The magnificent seven

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Pinkerton – Tome 4 – Dossier Allan Pinkerton 1884 : Rémi Guérin & Damour

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Titre : Pinkerton – Tome 4 – Dossier Allan Pinkerton 1884

Scénariste : Rémi Guérin
Dessinateur : Damour
Édition : Glénat (2016)

Résumé :
1884. Gravement malade, Allan Pinkerton sent que la fin est proche et entreprend la rédaction de ses mémoires. Il y raconte son enfance dans les rues de Glasgow, la migration de sa famille au Canada puis à Dundee, Illinois, où il fondera la Pinkerton National Detective Agency.

La « méthode Pinkerton » se met alors en place : recrutement de durs à cuire, réseau d’indicateurs, récolte d’indices et de témoignages, utilisation quasi systématique de la violence. Méthode qui fera ses preuves lors d’affaires devenues légendaires : les Dalton, Jesse James, les Molly Maguires, le Wild Bunch…

À travers son récit, Pinkerton nous fait surtout découvrir l’origine de cet esprit de vengeance et d’injustice qui l’a habité toute sa vie.Ce dernier album de Pinkerton, qui retrace les grands moments de la vie du célèbre détective, nous permet de découvrir l’homme qui se cache derrière la légende…

20160613105433_t4Critique :
Glasgow 1828, dans un quartier ouvrier… Le jeune Allan n’a que 9 ans lorsque son père, policier, est tué et c’est à lui maintenant de subvenir aux besoins et il va travailler dans une tonnellerie.

C’est bien plus tard, alors que menant les ouvriers à la grève afin d’obtenir le droit de vote, il sera contraint de s’exiler aux États-Unis car la police le recherche. Il n’a que 22-23 ans…

Cet album nous montre un Allan Pinkerton aux dernières heures de sa vie, il est alité, vieux, et il a couché sur papier toute sa vie, de ses débuts à Glasgow en tant qu’ouvrier, en passant par Dundee (Illinois) où il travaille pour  lui et Chicago où il commencera à recruter ses futurs détectives de manière assez… limite !

Allan Pinkerton n’est pas un tendre, ce qu’il veut, il l’obtient et peu importe les moyens puisque la fin les justifie !

J’aurais aimé plus de développements lorsque les auteurs évoquent des anciennes affaires ou plus de clarté sur certaines actions plus qu’illégales comme lorsqu’il recruta ses hommes dans le clan des Irlandais.

Lorsque l’on dit que Pinkerton n’hésitait pas à semer des cadavres pour servir la justice, c’est la vérité et je frémis toujours en lisant ce que cet homme, qui se disait du côté de la Justice, fit pour la servir. Souvent hors des limites de cette même justice…

D’ailleurs, notre ami, lorsqu’il était jeune, menait ses collègues ouvriers à la grève pour obtenir le droit de vote, mais sur le territoire américain, il n’hésita pas à faire arrêter, juger et pendre les Molly Maguires ou à envoyer ses hommes pour casser des grèves.

C’est le portrait d’un homme qui ne regrette rien que les auteurs nous présentent de manière un peu brouillonne, je dois dire, car avec tout ces retours dans le passé, on s’y perd si jamais on n’est pas attentif à 100%.

Étoile 3

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CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - The magnificent seven

Lucky Luke – Tome 16 – En remontant le Mississippi : Morris & Goscinny

En remontant le Mississippi - Lucky Luke

Titre : Lucky Luke – Tome 16 – En remontant le Mississippi

Scénariste : Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1961)

Résumé :
La Nouvelle-Orléans. Lucky Luke, qui vient de mener un troupeau en Louisiane, en profite pour faire du tourisme.

Mais il va se retrouver au centre d’un conflit entre deux capitaines, Barrows, celui du Daisy Belle et Lowrner, celui du ASbestos D.Plower.

Lucky Luke aidera le capitaine Barrows à remporter la course entre les deux hommes, Lowrner n’usant pas de techniques légales.

luckyluke_t16Critique : 
Voilà un album qui nous emmène sur un lieu inédit pour notre cow-boy solitaire : le Mississippi !!

On échange les plaines sauvages de l’Ouest américain pour naviguer sur la flotte à bord de ces magnifiques bateau à aubes et fonctionnant avec une chaudière à bois.

Là, Goscinny fait péter la chaudière pour notre plus grand plaisir avec toujours un bon thermos d’humour et des tasses de situations cocasses.

J’ai lu que dans certains pays, cet album avait été censuré pour racisme, mais je ne vois pas où Goscinny, juif polonais, aurait été raciste !

Que du contraire, il nous présente juste les clichés sur les populations noires de l’Amérique à cette époque… Il n’allait quand même pas leur donner des droits alors qu’ils n’en avaient pas ou si peu (le droit de la fermer, je pense). Nous sommes en Louisiane et on le ressent bien.

Moi, j’ai un gros faible pour Ned, le meilleur de tous les pilotes du Mississippi (et le plus menteur), jamais avare d’une anecdote sur le Mississippi ainsi que son acolyte Sam, détenteur du titre du meilleur verseur de café du Mississippi et du Missouri réunis !

— N’oubliez pas, mon garçon, que je suis le meilleur pilote du Mississippi… Si je vous disais que je connais tous les alligators par leurs noms et leurs surnoms…

— Vous ai-je parlé de la fois où le Mississippi était tellement sec qu’on ne pouvait naviguer qu’au petit matin à cause de la rosée ?

— Le Mississippi,… 3700km d’eau sale. Trop épais pour bien naviguer dessus, trop liquide pour cultiver… le fleuve le plus capricieux du monde !… ou bien il est tellement mouillé qu’il inonde cinq états à la fois, ou bien il est tellement sec qu’il faut le boire à la fourchette !…

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Quant au capitaine Lowriver, c’est un méchant de grande envergure, prêt à tout pour ne pas que le capitaine Barrows gagne et pour cela, il va tricher, magouiller, engager les pires racailles des environs des port, comme ce bon vieux Joe de l’album « Joss Jamon ».

[Capitaine Barrows ] — Je n’ai pas besoin que mon pont soit mouillé, j’ai besoin que le Mississipi soit mouillé.

Non, rien à redire sur cet album qui nous entraine dans une aventure toute voiles dehors… Pardon, toutes chaudières à bois dehors !

Quand à la morale de l’histoire, laissons-là à Cards Devon : « J’en ai assez de cette vie de tricheur sur les bateaux du Mississippi…Je vais aller tricher sur les bateaux du Missouri ! »

Étoile 4

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CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Elementary

Fables – Tome 5 – La marche des soldats de bois : Bill Willingham & Mark Buckingham

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Titre : Fables – Tome 5 – La marche des soldats de bois

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Mark Buckingham & Tony Akins

Édition : Panini France (2008)

Résumé :
Depuis des siècles, les Fables surveillent les portails entre notre monde et leurs royaumes magiques perdus, à l’affût du moindre signe d’invasion.

Alors qu’ils sont toujours plus divisés en cette période électorale, l’Adversaire envoie ses troupes à la conquête de Fableville. Une opération militaire est en cours, dont l’objectif est la destruction totale de la ville et de ses citoyens.

Après une longue période de tranquillité, les Fables vont de nouveau être confrontés aux dures épreuves de la guerre. Pour affronter les Soldats de Bois, ils devront mettre de côté leurs divergences et unir leurs forces.

Petit Plus : « Fables – La Marche des Soldats de Bois » regroupe les épisodes 23 à 27 de la légendaire série VERTIGO signée Bill Willingham et Mark Buckingham.

9782365770996_p_3Critique :
Je me disais bien que la bouche des trois M.I.B avait un air de famille avec un Fable bien connu ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

L’Adversaire ne recule devant aucun sacrifice pour envahir Fableville et c’est toute son armée de soldats de bois qu’il envoie au casse-pipe…

Enfin, on pourrait croire que nos Fables vont gagner, mais le combat est rude, acharné, difficile et violent.

Nos personnages préférés vont en prendre un coup, certains vont même morfler grave et dire que personne n’avait voulu écouter Jack quand il les avait prévenue de la présence d’homme en bois à New-York.

Les dialogues font mouche une fois de plus, on découvre certains autres personnages de Fableville qu’on n’avait pas encore mis sous le feu des projecteurs et la personne qui était traitre a été démasquée. Une belle révélation dans ce cas-ci aussi.

J’ai aimé les bordures autour des pages, la mise en scène, la mise en page, les retournements de situations, Blanche qui perd les eaux et la petite histoire de Cendrillon libertine.

Assurément, un excellent tome une fois de plus et un suspense toujours insoutenable pour savoir QUI est l’adversaire. Bien que, j’aie ma petite idée, maintenant… et si j’ai vu juste, c’est tout simplement un truc de malade !

Notre shérif poilu Bigby va encore devoir se démener pour aider ses semblables !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Cow-Boys

Lucky Luke – Tome 21 – Les collines noires : Morris & Goscinny

Les Collines noires - Lucky Luke tome 21

Titre : Lucky Luke – Tome 21 – Les collines noires

Scénariste : Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (19)

Résumé :
Le sénateur Williams propose de coloniser le flanc Est des collines noires. Sauf que le sénateur Storwind s`oppose à ce projet mais il sera accepté pareil.

Lucky Luke est chargé d’emmener quatre scientifiques à travers les Collines noires, afin d’étudier les possibilités de colonisation.

Le sénateur Storwind demande à Bull Bullet, une crapule, d`empêcher les membres de l`expédition de franchir les collines.

9594_t7Critique : 
Escorter quatre scientifiques (un biologiste, un géologue, un géomètre et un anthropologue) à travers les Collines Noires, toujours non colonisées à cause des redoutables indiens qui y vivent…

Voilà une mission a priori moins dangereuse que d’escorter les Dalton, non ?

Que nenni ! La mission est bien plus dangereuse justement à cause de ces quatre scientifiques totalement barrés qui n’auront jamais conscience du danger qui les a frôlé.

— Ils sont fous ! Ils vont vers le Wyoming !…
— C’est terrible de risquer ainsi la vie de cinq chevaux et de quatre mulets dans la force de l’âge !

Évidemment, avec Goscinny au scénario, ça donne un album hilarant à cause de ces quatre scientifiques dont les dialogues sont savoureux de naïveté ou de rigueur scientifique.

Imaginez, vous avez passé la nuit dans un hôtel dont la literie était replie de punaises et de poux… Que faites-vous le lendemain ? Vous vous plaignez à l’hôtelier, exigez le remboursement et le menacez de lui coller 0 étoiles sur le Net…

Non scientifiques, eux, pas du tout ! Ils devisent tranquillement dans le hall, tout content d’avoir pu examiner une colonie de punaise, d’en avoir pris un gros spécimen, tandis que l’autre leur raconte qu’il a vu des poux de toute beauté.

— Bonjour messieurs. L’hôtel n’était pas bien fameux, je m’en excuse, mais il n’y en aura pas d’autre à Omaha. [Lucky Luke]
— Pas du tout ! J’ai passé une nuit intéressante à étudier une magnifique colonie de punaises de lit : cimex lectularius… J’emporte d’ailleurs un spécimen d’une taille fort rare… [Le scientifique Gurgle]
— Magnifique ! [Le scientifique Frankenbaum]
— Félicitations cher collègue ! [Le scientifique Doublelap]
— Il y avait aussi des poux de toute beauté ! [Le scientifique Frankenbaum]
— Pediculus, insecte hémiptère… [Le scientifique Doublelap]
— Il faut aller chercher les chevaux maintenant [Lucky Luke, hilare]
— Caballus, mammifère périssodactyle de la famille des équidés… [Le scientifique Doublelap]
— EMMA !! Il faut nettoyer les lits ! Il y a des bêtes terribles dedans ! Des Lecturassodactyles ! [L’hôtelier]

Rien à redire, les scientifiques sont réussis, ils sont drôles, amusants, naïfs au possible, ne voient jamais le danger, examinent tout ce qui leur tombe sous la main et sont totalement déconnecté de la réalité. Je les adore !

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— Votre crâne est du plus haut intérêt, je donnerais cher pour l’examiner à loisir… Peut-être qu’un jour, quand vous n’en aurez plus l’usage… [Le scientifique anthropologue examinant le crâne du groom Noir de l’hôtel]

Comme toujours, beaucoup d’humour, du burlesque avec nos scientifiques et leur voyage en train, des comiques de situation avec le « Attendez-moi ! Je suis tombé de ma monture » du professeur Frankenbaum et ce pauvre Bull Bullets, le méchant engagé, qui aurait pu dire « Caramba, encore raté ».

— Vous n’avez pas de chevaux plus dociles que ceux-là ?
— Jeune homme, quand un cheval est plus docile que ceux-là, on l’enterre ou on en fait de la colle…

Les dialogues sont au poil et je rouspèterai juste sur les couleurs merdiques de l’époque et ces auteurs qui, pour gagner du temps sans doute, colorisaient  des cases entières avec des couleurs grises, bleues, vertes, rouges, décors et personnages compris.

Vous l’avez compris, nous sommes dans de la colonisation gentille des territoires indiens, ici ! On sait comment cela se passait la plupart des cas… Rien de gentil dans la spoliation des terres par les colons, rien d’aimable dans la mise en réserve de ces mêmes indiens…

Mais puisque nous sommes dans de la bande dessinée humoristique, pas d’effusion de sang, juste de l’humour. L’époque ne l’aurait pas permis, monsieur Dupuis encore moins.

Alors oui, ça fait un peu grincer les dents de voir les choses présentées ainsi : les colons sont des gentils, ils vont respecter les indiens… Mais nous sommes dans l’humour ici, à nous de savoir faire la part des choses.

En tout cas, c’est du bon humour.

— Quand mon saloon ne sera plus qu’une cabine de bain sur une plage du pacifique, cela voudra dire que tout ce pays sera civilisé !…

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur,  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Lone Ranger

Durango – Tome 7 – Loneville : Yves Swolfs

Loneville - Durango

Titre : Durango – Tome 7 – Loneville

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : des Archers (1987) / Dargaud (1988) / Alpen Publishers (1987-92) / Les Humanoïdes Associés (2006) / Soleil (2007)

Résumé :
Durango sauve une fermière des meurtriers de son mari, peu avant d’arriver à Loneville. Il apprend que ces hommes font partie d’une bande de ravageurs dirigé par White Head. Ceux-ci s’en prennent à tous les habitants, et aucun notable ne tient à leur tenir tête.

Une jeune orpheline s’attache à Durango, qui se retrouve la cible des tueurs pour avoir abattu six d’entre eux ; il décide d’intervenir lorsque l’orpheline est enlevée par la bande.

Critique : 
Terminé le chaud soleil de Mexxiiicooo ! Retour dans la neige froide tel un poor lonesome cow-boy qui sur route, passa par Loneville.

Loneville… Sa potence, son juge qui ne chôme pas, son shérif qui t’arrête plus vite que son ombre… Enfin, ça c’était avant ! Maintenant, c’est le gros bordel.

Durango chevauchait dans la neige froide avec son canasson lorsqu’il fut le témoin d’une scène que nous ne verrons jamais dans un Lucky Luke et pour cause : un homme qui se fait abattre par des cavaliers surgis du haut de la colline, ses deux gamins qui se font scalper par un truand chauve et la mère, déculottée et prête à se faire prendre par 5 à 6 truands.

Bang, bang, bang, bang… Ils sont morts les truands ! Le chevalier blondin au mauser vient de régler le problème des truands avec le pantalon sur les mollets.

Avec la première page, pas de doute à avoir, on est dans un western qui n’a rien d’humoristique ou gentillet. Ici, c’est du western pur et dur, on découvre l’Ouest tel qu’il était dans ces années là : impitoyable avec tout le monde, surtout avec les colons qui ont tout quitté pour s’installer dans des contrées hostiles.

Un peu comme dans les deux premiers albums de la série, Durango se retrouve à jouer les nettoyeurs de ville et doit éliminer la vermine qui tient toute une région sous sa coupe et qui est plus est, il y a un traite dans la ville.

Les dessins sont précis, les couleurs sont correctes et ma nouvelle édition de chez Alpen y est sans doute pour quelque chose.

C’est violent, pas le temps de respirer, pas le temps de fuir, Durango doit sauver sa peau car le chef des truands en ferrait bien une descente de lit et s’il veut se débarrasser de cette vermine qui suce le sang des pauvres gens, faut trouver leur tanière et couper la tête du chef.

Lorsqu’on apprend qui était le traitre et le pourquoi du comment il s’est associé à cette bande, on ne peut que trouver la chose saumâtre, cruelle, injuste (des deux côtés) et on se dit que si les coupables ont payés, des innocents ont trinqué.

Quand on mange à la table du diable, il faut une longue cuillère et lorsque l’on dîne avec les loups, on n’est jamais certain d’être l’invité ou le plat principal.

Encore un excellent Durango, mais c’est pas pour les enfants !

Étoile 3,5

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CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Cow-Boys

Les frères Sisters : Patrick deWitt

Frères Sisters, les - Patrick deWitt

Titre : Les frères Sisters

Auteur : Patrick deWitt
Édition : Actes Sud (2012)

Résumé :
Oregon, 1851. Eli et Charlie Sisters, redoutable tandem de tueurs professionnels aux tempéraments radicalement opposés mais d’égale (et sinistre) réputation, chevauchent vers Sacramento, Californie, dans le but de mettre fin, sur ordre du « Commodore », leur employeur, aux jours d’un chercheur d’or du nom de Hermann Kermit Warm.

Tandis que Charlie galope sans états d’âme – mais non sans eau-de-vie – vers le crime, Eli ne cesse de s’interroger sur les inconvénients de la fraternité et sur la pertinence de la funeste activité à laquelle lui et Charlie s’adonnent au fil de rencontres aussi insolites que belliqueuses avec toutes sortes d’individus patibulaires et de visionnaires qui hantent l’Amérique de la Ruée vers l’or.

15bdaf4842c9b5ab4019b53795f8801aCritique :
Si je vous dis « Brothers Sisters », vous me répondez quoi ? Non, ce n’est pas un nom de positions sexuelle tarabiscotée, c’est le nom de famille de deux frères et ce ne sont pas des funambules de cirque !

Les frères Sisters sont deux drôles d’oiseaux : l’un est mince (Charlie) et l’autre a du bide (Eli), l’un est teigneux et l’autre un peu moins, mais ce sont tout deux les rois de la gâchette et leur métier parle pour eux : tueurs professionnels pour le compte du Commodore. Un métier qui ne connait pas la crise.

— C’est lequel des deux qui parle ? Le méchant ou le gros ? Je ne veux pas parler au méchant.

« C’est un ami à vous ?
— Oui, et j’en suis fier.
— J’espère que vous lui avez fait vos adieux. Il sera mort dans moins d’une minute. »

Quand je vous disais qu’Eli le bedonnant était moins teigneux que son frère Charlie, je vous ai un tout petit peu édulcoré l’affaire : certes, il a du bide, c’est un doux rêveur et un branleur (dans le sens premier du terme) mais il tout à fait capable de vous loger une balle entre les deux yeux sans plus d’émotion que s’il se torchait le cul.

Je me levai dans l’idée de continuer à mutiler le corps, de lui vider mon chargeur dans l’estomac, mais, fort heureusement, je changeai d’avis. J’avais le pantalon toujours baissé, et après avoir recouvré quelque peu mon calme, je me saisis de mon organe pour me compromettre. Quand j’étais jeune homme, et que mes accès de colère devenaient incontrôlables, ma mère me conseillait d’utiliser cette méthode afin de retrouver l’apaisement – technique qui, depuis, m’a été fort utile.

Mon être profond commença à se dilater, comme c’était toujours le cas avant la violence; mon esprit s’obscurcit, et j’eus la sensation qu’un flacon d’encre noire se déversait en moi. Mon corps résonnait, j’étais parcouru de frissons des pieds à la tête, et je devins quelqu’un d’autre, ou plutôt j’endossai mon autre moi.

Charlie, lui, c’est le gars qui a tué des gens pour un regard de travers ou pour une parole malheureuse… Aucun état d’âmes et son crédo c’est alcool et prostituées. Et les flingues, aussi.

Leur mission du moment ? Flinguer un mec qui a volé le Commodore. Quoi ? Juste abattre un petit chercheur d’or ? Ce Hermann Kermit Warm ? Ben oui… Fastoche ! Heu, n’oubliez pas la foutue loi de Murphy, les gars…

Une lecture jubilatoire, voilà comment je pourrais résumer cet espère de road movie de l’Oregon jusqu’en Californie qui, en plus de me faire passer un excellent moment de lecture, m’a fait sourire et je me suis même attachée à ces deux tueurs aux caractères bien trempés.

Désolée, mais oui, j’ai apprécié le bedonnant Eli qui s’inquiète pour son cheval et même le Charlie qui, sous ses dehors de tueur implacable, aurait bien un p’tit coeur qui battrait pour son cadet.

Quand au cadet, lui, il a le cœur qui bat dès qu’une donzelle lui fait les yeux doux et voilà que notre caïd lui refile son pognon ! Un peu comme Dortmunder, ils ne gardent jamais longtemps leur fric, ces deux là.

Un roman où les dialogues ont de la profondeur, même si on ne le dirait pas à les voir sortir des bouches de nos deux frangins tueurs, une plume qui fait mouche, qui fait sourire, poétique, amusante, qui vous emporte au temps des ruées vers l’or et de la folie des hommes pour les pépites jaunes.

Je repensai au prospecteur perclus de tics, au prospecteur au poulet, et au prospecteur mort, au crâne défoncé, et dis,  » J’ai l’impression que la solitude des grands espaces n’est guère propice à la santé. « 

Un roman bourré des cadavres, où la vie d’un cheval a plus d’importance que celle d’un homme et où les femmes sont quasi toutes des putains, hormis la mère, une sainte.

Un roman où les hommes puent comme dis chacals mais lueur d’espoir, Eli vient de découvrir les miracles de la brosse à dent !

Assis devant la cuvette, je sortis ma brosse à dents et ma poudre et Charlie, qui n’avait pas vu mon attirail jusqu’alors, me demanda ce que je fabriquais. Je lui expliquai, et lui fit une démonstration, après quoi j’inspirai profondément : « C’est très rafraîchissant pour la bouche », lui dis-je.
Charlie réfléchit. « Je n’aime pas ça, rétorqua-t-il. Je trouve ça idiot.
— Pense ce que tu veux. Notre docteur Watts m’a dit que mes dents ne se gâteront jamais si j’utilise cette brosse comme il faut. »
Charlie demeura sceptique. Il me dit que j’avais l’air d’une bête enragée avec ma bouche pleine de mousse. Je répliquai que je préférais avoir l’air d’une bête enragée quelques minutes par jour plutôt que d’avoir une haleine fétide toute ma vie, ce qui marqua la fin de notre conversation sur la brosse à dents.

Un western original, le portrait de deux frères attachants (malgré les cadavres qu’ils sèment à la pelle) dont un, Eli, voudrait se ranger des voitures et laisser Charlie poursuivre le boulot seul…

Autant j’aspirais à la vie tranquille de commerçant, autant Charlie souhaitait continuer à vivre entre passions et violence perpétuelles mais sans plus s’engager personnellement, donnant ses instructions à l’abri d’un rideau de sbires bien armés tandis qu’il se prélasserait dans des chambres au doux parfum où des femmes bien en chair lui verseraient à boire et ramperaient par terre pareilles à d’hystériques nourrissons, le derrière à l’air, frissonnantes de rires, d’eau-de-vie, et de fourberies.

Charlie pourrait dire comme Qui-Vous-Savez : « Eli, Eli, lama sabachthani ? » (à vos wiki ! Je parie mon string brésilien rouge que personne n’en connait la signification sans l’aide d’un ordi – MDR).

Le grincement d’un lit qui gémit sous le poids d’un homme qui ne trouve pas le sommeil est le son le plus triste que je connaisse.

Les femmes ne cessaient de s’approcher de moi et de me titiller en s’asseyant sur mes genoux jusqu’à ce que mon organe s’engorge. Après quoi, éclatant de rire, elles s’écartaient pour aller retrouver mon frère ou Mayfield. Je me souviens m’être levé pour remettre en place mon appendice enflé, et avoir remarqué que mon frère et Mayfield étaient congestionnés eux aussi. Ainsi nous étions là, autour d’une table à débattre, en gentlemen civilisés, des événements du jour, avec de palpitantes érections.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Cow-Boys coucher soleil

 

Fables – Tome 4 – Le dernier bastion : Bill Willingham & Mark Buckingham

Fables - T4 - Le dernier bastion

Titre : Fables – Tome 4 – Le dernier bastion

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Mark Buckingham – Russell Philip Craig – Hamilton Craig

Édition : Panini France (2007)

Résumé :
Raconté par Boy Blue, Le Dernier Bastion décrit les conditions dans lesquelles le Prince Charmant, Barbe-Bleue et les autres Fables ont quitté leurs royaumes, ravagés par la guerre.

Dans le feu d’un dernier combat sanglant surgit une jeune fille tout de rouge vêtue qui va briser à jamais le cœur de Boy Blue… Pendant ce temps, la communauté de Fableville tremble.

La présence de gobelins à la solde de l’Adversaire autour du passage entre le monde des Fables et le nôtre n’augure rien de bon.

Et qui sont ces hommes en noir qui ressemblent étrangement à Pinocchio et harcèlent Jack ?

9782365770651_p_1Critique : 
Waw, je viens de sortir retournée de cette lecture car si j’en ai appris un peu plus sur l’invasion du monde des Fables par l’Adversaire, je suis encore loin de tout savoir !

Mais j’adore quand on me titille la curiosité de la sorte et quand on me surprend alors que je suis bien installée dans mon confort de lecture.

Boy Blue n’a pas trop le moral et puisqu’on lui demande si gentiment, il va nous conter l’histoire du dernier bastion, ce dernier refuge des Fables avant qu’elles ne quittent définitivement leur monde pour arriver dans le nôtre.

L’auteur est une peau de vache, bien qu’il nous dévoile un peu plus sur cette guerre et ce qui se passa durant le dernier bastion, cette sorte de Fort Alamo qui est prêt à tomber au mains de l’Adversaire, il ne nous dit pas tout non plus, juste assez pour nous satisfaire, mais sans nous gaver ou tout nous dire.

De plus, il introduit aussi trois personnages bien chelous dans Fableville avec des airs des M.I.B, la démarche de Will Smith en moins.

Hélas, il y a toujours un dessinateur dont je n’aime pas ce qu’il nous fait de Bigby (pas de nom), mais pour le reste, ça bouge, c’est rempli de souvenirs, de suspense et de sacrifices de certains aussi pour que d’autres puissent s’enfuir et vivre.

Le tout entrecoupé de la campagne électorale de notre Prince Charmant qui se verrait bien maire à la place du maire de Fableville. En tout cas, comme tout bon politicien, il baratine beaucoup.

Depuis le temps que je dirige cette ville, je manie le double langage à la perfection.

Rien à dire, c’est addictif cette série !

— Passe au large des pylônes, bon sang ! Tu veux faire le boulot de l’ennemi à sa place et nous couler ?
— Ben non cap’tain ! Mais le bateau est surchargé et plus délicat à manier qu’une putain vérolée.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Lone Ranger

Fables – Tome 3 – Romance : Bill Willingham & Mark Buckingham

Fables - T3 - Romance

Titre : Fables – Tome 3 – Romance

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Mark Buckingham – Medina Lan – Talbot Bryan – Medley Linda

Édition : Panini France (2007)

Résumé :
Dans l’univers des Fables, les histoires finissent rarement bien.

Exilés de leur pays des merveilles, les Fables ont été contraints de se fondre dans la banale réalité du monde des Communs. Mais l’amour n’en frappe pas moins à leur porte, avec son lot de souffrances, de trahisons et de crises de jalousie.

Cupidon va même décocher ses flèches à deux des Fables les plus réfractaires aux élans de la passion. Vont-ils vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants… ou mourir prématurément ?

PlancheA_170909Critique : 
♫ C’est un beau roman, c’est une belle histoire ♪ C’est une romance d’aujourd’hui ♫

Dans les contes, ça se termine toujours pas « Ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours » mais dans l’univers des Fables, nous sommes loin de la magie de l’amour à la sauce Disney.

Nous commençons ce tome par un petit aparté pour nous présenter les contes folkloriques de Jack qui ont tout l’air de déboires…

Ensuite, ne vous fiez pas au titre qui pourrait vous faire penser à de la guimauve romantique, nous en sommes loin !

Déjà, nous sommes dans la merde avec un journaliste qui souhaite publier un article fracassant sur nos Fables, révélant leur véritable nature de… Vampire ! Heu oui, il s’est un peu planté, le mec, n’empêche qu’il faut à tout prix le stopper.

Nos personnages principaux vont révéler un peu plus leur véritable nature, on va découvrir des traitres, des Fables qui jouent au double jeu et qui sont prêtes à tout pour arriver à leur fin.

Les dialogues sont toujours au top, correspondant bien aux personnages, à sa personnalité propre.

Il y a juste une chose qui m’a dérangée : les dessins ! Nous passons à plusieurs dessinateurs et il y en a un dont je déteste son interprétation des personnages et le pire est ce pauvre Bigby qui a l’air d’avoir de lèvres perpétuellement rentrées.

Hormis ce petit bémol qui pour moi en est un grand, la qualité du scénario, des dialogues et le mystère qui entour la prise du monde des Fables par l’Adversaire sont toujours de haute facture et il m’en faudrait plus que je m’arrête en si bon chemin.

Maintenant que le coupable s’est désigné, je peux donc accuser Actu du Noir (Jean-Marc Laherrère) de ma dépendance à cette série. Merci à lui.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Eagle+flag

Carnets noirs : Stephen King [LC avec Stelphique]

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Titre : Carnets noirs

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (2016)

Résumé :
En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold.

Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes.

Le bonheur dans le crime ?

C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.

81ejz58t3clCritique du Cannibal (Stelphique plus bas) :
J’avais eu quelques appréhensions en voyant le résumé du nouveau roman du King qui avait des relents de l’excellent Misery, avec un fan obsédé par un écrivain et qui refusait la destinée que l’auteur avait réservée à son personnage.

Ce roman m’a fait réfléchir et je me suis demandée ce que j’aurais fait, si par le plus grand des hasards j’avais eu Arthur Conan Doyle devant moi ?

Lui aurais-je mis un révolver sur la tempe pour l’obliger à écrire une scène où Sherlock Holmes culbutait la belle Irene Adler sur le bureau de Watson, faisant voler tout le bric-à-brac par terre ?

Ou l’aurais-je abattu d’une balle dans la tête pour lui avoir donné, noir sur blanc, une destinée que je n’aurais pas aimé (les chutes de Rechenbach, si j’avais vécu en 1893) ?? Ma foi, la question restera ouverte.

— Oh, je t’en prie. Toute son histoire c’est rien d’autre qu’une longue épopée vers le conformisme. Le but de la culture américaine, c’est de créer une norme, Morris. Ce qui veut dire que les gens hors norme doivent être recadrés, et c’est ce qui arrive à Jimmy. Il finit publicitaire, bordel. Si c’est pas les meilleurs agents de la norme dans ce pays de dégénérés ! C’est le propos central de Rothstein. » Il secoua la tête. « Si c’est de l’optimisme que tu cherches, achète un roman Harlequin. »

Morrie Bellamy a basculé carrément du côté obscur, lui. Un vrai malade mental incapable de se rendre compte qu’il est lui même le responsable de ses déboires, mais souffrant de mauvaise foi chronique, il préfère dire que c’est de la faute de sa mère, qu’elle l’a énervé, qu’à cause d’elle il a bu et qu’ensuite, il a pété les plombs.

Le petit Saubers a lu ce qui était destiné à Morris et à Morris seul. C’est une grave injustice, qui doit être punie.

Alors oui, je peux dire que je viens de lire un bon roman policier, j’ai apprécié l’atmosphère, les personnages que je connais bien, les nouveaux (un faible pour Peter), la trame était bien présentée avec quelques retours dans le passé dans la première partie, le tout s’imbriquant bien l’un dans l’autre.

Certes, pas de courses poursuites ou de rythme à la 24 heures chrono, mais le roman se lit tout seul et le final est tendu comme le string d’une demoiselle qui aurait pris des kilos dans les fesses.

Mais… Oui, il y a un gros mais qui n’a rien à voir avec le roman en lui-même, enfin, pas tout à fait.

Stephen King, c’est l’homme de mes premiers frissons (Albator et Holmes aussi, mais pas du même acabit), celui qui me fit une Peur Bleue, celui à cause duquel j’avais peur de traverser un parking à l’orée du soir, non pas pour les rencontres mauvaises avec des humains, mais avec des voitures ! (Christine).

Lorsque j’ouvre un roman du King, c’est pour y trouver quelque chose de bien précis : des frissons, de la peur, de l’angoisse, du fantastique, des personnages qui foutent la trouille (Annie Wilkes), des personnages qui m’entrainent dans leur vie (Dolores Claiborne), des clowns maléfiques (ÇA) ou des histoires qui me font chialer (La Ligne Verte, Simetierre).

Que le King ait envie de changer de registre, c’est son droit, mais lire un roman policier écrit par la King, ça me fait tout drôle, un peu comme si Jim Thompson ou Dashiell Hammet écrivaient un Harlequin. Un bon Harlequin, mais du Harlequin quand même.

J’avoue que le King assène quelques vérités dans son roman, que l’on voit des traces de ses pattes, mais j’ai l’impression qu’il se fait trop aider et qu’à force d’écouter les autres, il se dilue, il s’égare, il se police et on se retrouve avec du King à dose homéopathique.

— Regarde les opposants à la guerre du Vietnam. La plupart d’entre eux vivent des vies de petits-bourgeois maintenant. Gros et gras, heureux et républicains. Ceux qui ont refusé de se soumettre sont en prison. Ou en cavale, comme Katherine Ann Power.

Au final, un bon roman policier qui m’a fait passer un excellent moment, j’ai eu aussi des temps de réflexion avec son fan totalement barré, j’ai apprécié les personnages, mais un autre auteur de romans policiers aurait pu l’écrire, sans que la patte du King nous manque.

Allez, Stephen, reviens à tes premiers amours ! Sinon, je vais être obligée de relire tes anciens écrits pour retrouver l’essence de toi-même… Heureusement qu’il m’en reste des non-lus que je garde précieusement, telles des provisions de guerre.

En le tuant, il avait obéi à sa croyance intime : que l’écriture est en quelque sorte plus importante que l’écrivain.

– C’est là que tu te trompes. Un bon romancier ne guide pas ses personnages, il les suit. Un bon romancier ne crée pas les événements de son histoire, il les regarde se dérouler et ensuite il les écrit. Un bon romancier finit par réaliser qu’il est secrétaire, et non pas Dieu.
– C’est pas le personnage de Jimmy ! Ce connard de Rothstein l’a changé ! Il en a fait un bouffon ! Il en a fait un… un Monsieur-tout-le-monde !

L’une des révélations les plus électrisantes dans une vie de lecteur, c’est de découvrir qu’on est un lecteur – pas seulement capable de lire (ce que Morris savait déjà), mais amoureux de la lecture. Éperdument. Raide dingue.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Eagle+flag

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Une proposition de lecture de ma binômette, ça ne se refuse pas ! Même si je n’ai pas accroché avec le premier tome, je fonce toujours pour un King en duo !!!

Synopsis :
En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.

Après Misery, King renoue avec un de ses thèmes de prédilection : l’obsession d’un fan. Dans ce formidable roman noir où l’on retrouve les protagonistes de Mr. Mercedes (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur… ou le pire.

Ce que j’ai ressenti : … Être fan…Et lire tous les écrits de ton auteur préféré…
Être fan….C’est un art. C’est vivre, ressentir, aimer. Mais jusqu’à quel point, peut on parler de fan attitude, et de la distinguer de la folie furieuse ?

Stephen a déjà emprunté ce chemin (il doit certainement savoir de quoi il parle….L’obsession des fans…),une fois déjà avec Misery, mais là, Carnets noirs vous emporte aussi surement que son prédécesseur sur les routes tortueuses des comportements borderline des lecteurs.

En peu de temps je suis toujours aussi surprise d’accrocher autant au King : il a un talent indéniable, une imagination de dingue, une force d’écriture qui vous happe ! J’en suis fan…

Ahhhhhhhh mais maintenant, je vais craindre de dire une chose pareille : et s’il croyait que je suis de la trempe de Morrie ???!!!!

L’une des révélations les plus électrisantes dans la vie de lecteur, c’est de découvrir qu’on est un lecteur – pas seulement capable de lire, mais amoureux de la lecture. Éperdument. Raide dingue. Le premier livre qui donne cette impression ne s’oublie jamais et chacune de ses pages semble apporter une nouvelle révélation, une révélation qui brûle et qui enivre : (Oui ! C’est ça ! Oui ! Je l’avais vu aussi ! Et bien sûr : C’est exactement ce que je pense ! C’est ce que je RESSENS !)

Plus sérieusement, j’ai beaucoup aimé cette lecture, car le King rend hommage à la lecture, aux mots, à la force d’une passion, à quelques auteurs.

On aimerait détenir ce petit trésor de Moleskine, le découvrir, le choyer et pouvoir le partager (Ben, oui, moi je suis contraire à l’égoïsme et l’exclusivité : Partageons tous en cœur!)… De Pete à Mollie, nous faisons un tour d’horizon de l’Amérique, ses difficultés, ses angoisses. Par la passion de la lecture, ses deux héros s’unissent autour d’une œuvre cachée, et nous entraine dans leur course folle.

J’ai hâte de découvrir le troisième tome, car il annonce un peu plus de fantastique, une note un peu plus troublante… Et c’est bien comme cela que je préfère le King!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

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