Bilan Livresque Mensuel : Octobre 2016

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Ben oui, mon Bilan d’Octobre n’est pas terrible si on le compare à celui de Septembre car je n’ai lu que 8 romans (12 en septembre).

Même mon bilan bédés est minable : 5 nouveautés seulement… (22 en septembre).

Mais si la quantité de romans n’est pas au rendez-vous ce mois-ci, la Qualité y était et le nombres de pages aussi !

Tout d’abord, j’ai commencé le mois en douceur avec un polar feel-good Je l’ai fait pour toi de Laurent Scalese (ICI). Certes, ce n’est pas le futur Goncourt, mais on s’en fout parce qu’il fait du bien où il passe, ce roman policier d’un autre genre et son final est comme on en voudrait plus souvent.

Lui, je le voulais, et il n’a pas trainé sur ma PAL ! Une mort qui en vaut la peine de Donald Ray Pollock (ICI) est un roman d’une force incroyable qui, comme un ouragan, a tout dévasté dans mon cœur, ne laissant que des ruines pour mon plus grand plaisir de lectrice. Un roman qui se dévore d’un coup, le souffle court, tant il est bourré d’humour grinçant, de mots crus, de violence, le tout sur fond de misère humaine.

Tant qu’on y est, autant y rester ! Où ? Dans le roman noir, pardi ! Là où les lumières se perdent de David Joy (ICI) est l’exemple parfait d’un roman sombre où la lumière n’a pas son mot à dire. Un roman noir qui m’a pris aux tripes, qui est allé droit dans mon cœur, droit dans mon sternum, comme un coup de poing.

Mais qui a éteint la lumière dans ce roman ? L’heure de plomb de Bruce Holbert (ICI) où comment continuer de se complaire dans la misère noire ! Si je ne termine pas dépressive avec toutes ces lectures sombres, je ne le deviendrai jamais… Une belle fresque, une vraie saga, des personnages qui nous marquent, de la violence, la vie qui ne fait pas de cadeaux, un roman qui prend un peu trop son temps au début et puis nous emporte avec lui pour nous faire vivre des époques révolues.

Le moment que tout le monde attend, c’est la LC avec ma binômette Stelphique et nous avions choisi Charlie de Stephen King (ICI) pour coller à l’ambiance Halloween puisque ce roman étant estampillé « épouvante ». Pas de bol, si Charlie est un roman agréable et possède des personnages que l’on aime d’emblée, il n’a rien d’un roman d’épouvante ! Pas mon roman préféré du King, mais un roman dont j’ai pris plaisir à découvrir.

Si vous cherchez un roman qui a de la profondeur, du suspense, des messages, de l’humour, de la tristesse, de l’écologie et qui vous emporte dans les immenses steppes mongoles où l’on aimerait chevaucher, les cheveux au vent, alors je vous conseille le dernier tome de la trilogie de Yeruldelgger : La mort nomade de Ian Manook (ICI). Un roman noir avec de l’humour et une critique sociétale que tu te prendras dans la gueule.

Un rendez-vous que je ne manque pas, depuis quelques années, c’est celui avec l’auteur anglais R.J Ellory qui, chaque année, n’emmène aux États-Unis mieux que personne. Il vient encore de me faire vibrer avec Un cœur sombre (ICI) où il met en scène un anti-héros : salaud, menteur, voleur, alcoolo, bouffeur de médocs, magouilleur et j’en passe. Une belle réussite.

Et puis, j’ai terminé le mois gaiement avec Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histoires homosexuelles de l’antiquité) de Nicolas Carteret (ICI). On s’instruit tous les jours et sur tous les sujets, même les plus coquins !

Niveau bédés, j’ai découvert la série Transmetropolitan et je la kiffe ! J’ai poursuivi mon incursion dans le monde des Fables et j’ai hâte de lire toute la collection !

Niveau films, je me suis visionnée une série de 4 nanars imbuvables (voir mes chroniques qui cassent), une pièce de théâtre avec un Holmes un peu trop grimaçant, un vieux Dracula kitch au possible et un film qui n’arrive pas à la hauteur du livre dont il est tiré (Sombre vallée).

Bilan Livresque Mensuel Octobre : 8 romans

  1. Je l’ai fait pour toi : Laurent Scalese
  2. Une mort qui en vaut la peine : Donald Ray Pollock
  3. Là où les lumières se perdent : David Joy
  4. L’heure de plomb : Bruce Holbert 1/2
  5. Charlie : Stephen King [LC avec Stelphique] 1/2
  6. La mort nomade : Ian Manook
  7. Un cœur sombre : R.J Ellory
  8. Aux originies de la pédérastie : Nicolas Carteret

Bilan Livresque Mensuel Octobre : 5 bédés

  1. Fables – Tome 11 – Le bon prince : Bill Willingham & Mark Buckingham
  2. Fables – Tome 12 – La guerre des nerfs : Bill Willingham & Mark Buckingham
  3. Transmetropolitan – Année 1 – Le come-back du siècle : Ellis Warren & Darick Robertson
  4. Transmetropolitan – Année 2 : Ellis Warren & Darick Robertson
  5. Le pape terrible – Tome 2 – Jules II : Alejandro Jodorowsky & Theo Caneschi

Bilan Filmesque Mensuel Octobre : 6 films + 1 pièce de théâtre

  1. [Sherlock Holmes] Le Chien des Baskerville : Raymond Gérôme [Au théâtre ce soir – 1974]
  2. The Dark Valley – Sombre Vallée [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 23/52]
  3. [S. Holmes] Le chien des Baskerville [#LeFilmDeLaSemaine2016   – 24/52]
  4. [Sherlock Holmes] Le signe des quatre [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 25/52]
  5. [Sherlock Holmes] Crime en Bohême [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 26/52]
  6. [Sherlock Holmes] Le Vampire de Whitechapel – The Case of the Whitechapel Vampire [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 27/52]
  7. Le Cauchemar de Dracula – Horror of Dracula : Terence Fisher (1958) [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 28/52]

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[FILMS] Le retour de Jack l’Éventreur : E.W. Swackhamer

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Titre original : Bridge Across Time
Genre : Thriller, Fantastique
Réalisateur : E.W. Swackhamer
Scénario : William F. Nolan
Casting : David Hasselhoff , Stepfanie Kramer , Randolph Mantooth , Adrienne Barbeau , Lindsay Bloom , Ken Swofford , Clu Gulager
Musique : Lalo Schifrin
Pays : États-Unis

Synopsis :
1988. Angleterre, Londres, Pont de Londres.
Jack l’Éventreur meurt dans la rivière de Thames (La Tamise).

1985. Arizona, Lac Havasu.
La dernière pierre originale pour réassembler le pont de Londres vient d’être posée. Mais à partir de ce moment, d’étranges meurtres sont perpétrés.

Le policier Don Gregory mène l’enquête, et a plusieurs suspects. Mais une curieuse idée lui vient à l’esprit. Une idée qui peu à peu se transforme en certitude: Jack l’Éventreur est revenu à la vie!

Évidemment, personne ne le croit…

terrorCritique du film par Ida (et pas par moi) : « Le retour de Jack l’Éventreur »… Avec David Hasseloff et la brune qui faisait la partenaire de Rick Hunter! (enfin je crois)

Quand je cuisine pour dix le samedi soir (Toquéfada réunissait quelques amis pour réfléchir aux dernières techniques de « la question extraordinaire »), j’aime bien avoir une vidéo en fond sonore pour me sentir moins seule avec mes casseroles…

Et bien décidée à voir tout ce que Youtube nous propose sur Jack l’Éventreur je suis tombée sur un film prétendant tout nous dire sur son retour! Je n’ai pas été déçue.

C’est tellement mauvais que ça en est comique et formidablement réjouissant! Même le doublage est ridicule… chacune des répliques est prononcée avec un manque de conviction sidérant ou sur un ton décalé… Et il peut y avoir des blancs très longs entre deux répliques…

Le clou c’est la vieille sexagénaire qui tient un motel qui parle comme si elle était hôtesse du téléphone rose !!! Voire comme une roulure cherchant le client pour une passe.

Et on ne peut pas dire que le dialoguiste se soit plus foulé que le scénariste qui visiblement était sous acide…

Parce que ce scénario… C’est du grand art ! On a rarement atteint un tel niveau d’indigence… Le vrai Jack fuit ses poursuivants à Londres en 1888 et meurt en laissant son âme dans la pierre d’un pont où le sang d’une gourdasse viendra lui rendre forme humaine dans les années 1980 aux États-Unis !

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Ah ben oui ! Parce qu’entre temps, le pont a entièrement été démonté et offert à un bled paumé de fin fond de l’Amérique (on ne sait trop pourquoi d’ailleurs) !!!!

Et évidemment, Jack revenu à la vie  zigouille la gourgandine yankee et reprend ses coupables activités à qui mieux mieux !!! Affligeant, non ? Qui peut avoir des idées aussi débiles  et oser croire que le public va adhérer ?

Et quel producteur bourré peut accepter de mettre ne serait-ce qu’un bouton de culotte sur une bouse pareille ???

Et les acteurs? Se commettre dans une telle idiotie! Ils devaient avoir des arriérés d’impôts… Ou très faim… Ou on devait les faire chanter (une sex tape qui traîne ça peut faire faire n’importe quoi !!!)…

Accepter de tourner un navet pareil, c’est savoir qu’on va ruiner à jamais sa carrière!!! C’est un suicide artistique!!! Bon en même temps… L’art de David Hasseloff… Sans vouloir être inutilement méchante (ce qui n’est pas mon genre comme chacun sait)… Il reste assez discutable… Depuis K2000 on ne peut pas dire qu’il ait pété la baraque.

Or donc… Jack s’est remis à jouer du couteau. Ah oui… ce Jack là a une prédilection pour l’égorgement et non pour la strangulation avant de jouer au pseudo légiste… mais on ne va tout de même pas demander à un scénariste de navets made in US (destiné à couper les spots de pub) à se renseigner sur le vrai Jack avant de le remettre en circuit !!!

En plus il est poursuivi par un mystérieux maboul que Toquéfada adorerait… Mais aussi par un flic à problèmes (le bô David) que sa hiérarchie bornée et idiote (rhô… des flics avec un QI si bas… je croyais que ça n’existait que dans les fantasmes des anarchistes moi!) n’arrête pas de brimer (houuuu les vilains! Ils sont jaloux parce que David est un vrai bôgosse épicétou!) à tout bout de champ !

Et bien sur personne ne le croit quand il dit que le VRAI Jack est revenu! Ben ouais… On comprend pas pourquoi tellement c’est évident tout de même ! Ah pôvre David! Seul contre tous ! Il est cerné par les cons qui ne croient pas que le Jack disparu à Londres en 1888 est de retour aux states un siècle après… Heureusement que David est là pour sauver les fâmes!

Je passe sur la psychologie caricaturale des personnages, digne d’un téléfilm allemand… Sur le quart d’heure poê(pathé)tique d’une journaliste inspirée par le (mauvais) génie avant que Jack fasse heureusement le nécessaire pour nous éviter la parution d’un article navrant…

Sur la moureuse du bô David qui joue les psychothéraputes en solde (nan j’ai pas oublié un « e » quelque part) parce que le bô David est déprimé à cause d’une bavure qu’il a commise jadis et lui a fait perdre toute sa crédibilité de flic (pour sa crédibilité d’acteur là aussi après ça elle est irrémédiablement perdue)…

Et sur le fait que dès qu’un mâle et une femelle se rencontrent, c’est à peine s’ils ne se reniflent pas l’arrière train comme des chiens pour savoir quand ils vont conclure…

Et les voix du doublage… Surtout celles des femmes… Nooon… C’est juste pas possible! Elles parlent toutes comme des pétasses décérébrées! Je me demande quelle vision de la femme avait les responsables de cette tragédie !

Bref… J’ai beaucoup ri ! En poussant juste un petit peu plus le bouton on aurait pu tomber dans ma parodie lourdingue du genre « Y-a-t-il un flic pour zigouiller Jack l’Éventreur ? », et au moins on n’aurait pas eu à être navré de voir autant de monde se prendre autant au sérieux pour gâcher de la pellicule d’une façon aussi ridicule.

Mon mauvais esprit a pu s’éclater comme du pop-corn mais j’ai tout de même demandé à Toquéfada de dresser TROIS bûchers! Ma bienveillance a des limites tout de même!

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La mort nomade : Ian Manook [Yeruldelgger 3]

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Titre : La mort nomade

Auteur : Ian Manook
Édition : Albin Michel (2016)

Résumé :
Yeruldelgger, commissaire de police à Oulan Bator, souhaitait prendre une retraite bien méritée mais ce sera pour plus tard : un enlèvement, un charnier, un géologue français assassiné et une empreinte de loup marquée au fer rouge sur les cadavres de quatre agents de sécurité requièrent ses services.

Une plongée dans les malversations des compagnies minières et les traditions ancestrales mongoles.

manook-la-mort-nomadeCritique :
♫ Elle préfère l’amour nomade, c’est juste une question de crédo ♪ Elle rêve d’un long voyage au 7ème ciel ♫ Elle préfère l’amour nomade ♪ Elle se laisse aller sur les hommes ♫ La steppe en est fière, c’est tradition ♪

Entre Yeruldelgger et moi, ce fut tout de suite le coup de foudre, dès les premières pages du premier tome, quand j’ai découvert ce policier mongol pas comme les autres et son équipe.

Les deux premiers tomes m’avaient emportés dans les steppes de Mongolie, dans la misère de la capitale, Oulan-Bator, en France et je  me demandais ce que le 3ème et dernier opus allait me réserver.

Un grand coup de pied au cul, c’est ce que j’ai reçu…

L’auteur nous offre un roman noir sur fond d’écologie qu’on viole dans tous les sens, sur un peuple qu’on spolie (pour rester polie et ne pas dire « qu’on baise en long et en large »), sur un peuple en butte avec ses traditions, avec ceux qui veulent les respecter et ceux qui trouvent ça d’un pathétique…

— Les traditions des uns sont toujours le carcan de l’oppression des autres, répliqua Tsetseg d’un ton qui coupa court à leur discussion.

Niveau traditions, on en apprend plus dans cette trilogie que dans un guide du routard et c’est plus digeste ici, bien que, en ce qui concerne la cuisine locale, je ne pense pas que je me laisserai tenter par du ragoût de queue de mouton ou de la tête de chèvre bouillie…

Rien à dire du côté du dépaysement car l’auteur nous immerge dans la culture mongole aussi bien que si nous étions sur place. Oserais-je dire « mieux » ?

Oui, j’ose le dire parce que ses personnages ne pratiquent pas la langue de bois, nous livrent le fond de leur pensée et les traditions mongoles qui nous semblaient « chouettes » le sont beaucoup moins une fois expliquées en profondeur.

Ce qui fait aussi la force de ce roman (comme pour les autres), ce sont les personnages qui sont typés, travaillés, qui évoluent, auxquels on s’attache et qu’on a du mal à voir partir ou à quitter.

Même les méchants et les salauds sont travaillés, on aime les détester, on aurait envie de les étriper nous-mêmes et c’est encore pire quand le méchant est en col blanc. Oui, ici, rien à voir avec de la kaillera, on fraie avec le beau monde des magouilles, qu’elles soient politiques ou financières.

— Mais il va falloir prendre tes plus beaux gants, Bekter, en soie blanche, parce que tu vas aller taper dans du beau linge, mais doublés latex parce que tu vas mettre les mains dans la merde. Cette femme, elle est de toutes les corruptions, de toutes les arnaques, de tous les coups tordus et elle a couché avec pratiquement tous les gouvernements successifs au grand complet depuis la chute du Régime d’Avant et peut-être bien avec une bonne partie du Parlement aussi.

– Cette folle me tient par où ça fait mal, et avec une poigne de fer et des ongles crochus en plus. Je ne pouvais pas faire autrement.

— Quand cette folle fait le ménage, elle n’y va pas au plumeau. Elle y va au chalumeau. Au lance-flammes !

Elle descendit directement au sous-sol en émasculant du regard ceux qui s’aventuraient à caresser des yeux son corps de vieille femme bien refaite dans son Chanel classique.

L’humour est aussi omniprésent des ces pages, comme si l’auteur avait bouffé un clown, me donnant des grands sourires fort bienvenus dans cette atmosphère fort sombre car l’auteur nous entraine dans ce que l’Humain a de moins glorieux : fric à gogo, prostitution, asservissement de l’Homme par l’Homme, destruction d’un pays, destruction d’un peuple, foutage en l’ai de la nature, et j’en passe.

— Aux États-Unis, dans les Appalaches, cinquante ans d’exploitation minière ont rasé quatre cents montagnes, comblé autant de vallées, et enseveli mille rivières. Et celles qui coulent encore ont une eau plus acide que du Coca-Cola.

Par contre, petit bémol, même si Yeruldelgger est toujours le plus productif, le plus créatif et le plus prolifique fouteur de bordel que je connaisse, il m’a semblé qu’il était plus en retrait, plus préoccupé par sa retraite, comme s’il prenait tous ces morts qui jalonnent son chemin à la légère.

— Tu n’es pas un mauvais homme Yeruldelgger, bien au contraire, mais tu es le plus productif, le plus créatif, le plus prolifique fouteur de bordel que je connaisse !

– Je m’en contrefous
– Yeruldelgger, on va au massacre.

C’est l’impression que j’aie eue, comme si le Yeruldelgger que j’avais connu était devenu plus détaché, juste préoccupé par le fait de ne pas se mettre en colère, comme si le flic en lui avait disparu, comme s’il était fatigué de la vie, de s’être battu pour des choses puériles tandis que dans son dos, on en a faisait des biens pires.

— Tout ton foutu pays n’est qu’un appel à la fouille et au viol géologique. Tu creuses n’importe où et tu trouves n’importe quoi. Or, cuivre, terres rares, charbon, uranium. Tu crois que ça n’intéresse pas tous les rapaces du capitalisme mondialisé ? Tout ici relève du secret industriel. Ce qu’on cherche, comment y accéder, comment l’extraire, comment le transporter, comment le traiter.

Ce sera mon seul bémol car l’auteur est arrivé à nous plonger dans une affaire complexe, aux ramifications importantes, à nous faire passer de la Mongolie, aux États-Unis, à l’Australie, au Québec et à relier tout cela sans forcer sur le trait ou en quittant le réalisme dans lequel nous chevauchions.

Parce que c’est ça qui fait aussi la force de cette histoire, c’est qu’elle est réaliste, elle est même sans doute encore en deçà de la triste réalité, parce que la fiction ne dépassera jamais la réalité, hélas.

– Mes images disent et diront toujours le contraire.
– Tes images mentent.
– C’est vrai, je les ai fait mentir, mais l’important c’est que ceux qui les voient les croient.
– Personne ne les diffusera sans vérifier.
– Elles ont déjà fait le tour de tous les médias de la planète. Dix-sept millions de vues sur la Toile en quarante-huit heures.

– Mais qui lit les minutes des procès ? Par contre tout le monde regarde la télé et ses raccourcis tendancieux.

Un roman noir dépaysant, des personnages que l’on était heureux de retrouver et triste de quitter, une critique amère de notre société de consommation, de la société mongole, un triste constat sur ce que devient le pays et son peuple, des magouilles, de la corruption au plus haut niveau, une méchante qu’on aimerait étouffer avec des queues de moutons en ragoût (et lui foutre une queue de billard où je pense), des paysages à couper le souffle, une terre martyrisée, écartelée, décimée…

Yeruldelgger se rendait compte. Trois fois le salaire moyen dans leurs rêves de richesse, mais pour trois mois d’été seulement. Une misère pour échapper à la misère, et en échange, toute cette terre épuisée, détruite, inutile. Rien ne repousserait plus dans ces herbes stériles, écrasées sous les remblais, brûlées par les acides et lessivées par les ruissellements. Plus aucun troupeau ne viendrait y pâturer. Des chevaux sauvages s’y briseraient les antérieurs, les yeux fous de panique, en trébuchant dans les trous d’eau sous les orages. Et les loups écœurés n’oseraient même plus dévorer leurs carcasses encore vivantes, effrayés par la cruauté des hommes envers leur propre territoire.

Un roman qui a de la profondeur, du suspense, des messages, de l’humour, de la tristesse, de l’écologie et qui vous emporte dans les immenses steppes mongoles où l’on aimerait chevaucher, les cheveux au vent.

Merci à l’auteur pour cette belle trilogie…

Et attention, entre l’amour nomade et la mort nomade, phonétiquement, il y a peu de différence… La petite mort face à la grande mort.

— Et à quoi tu joues, alors ? À la caravane de Sherlock Holmes ? Au bureau itinérant des affaires nomades ? Au flic routard ?

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

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Charlie : Stephen King [LC avec Stelphique]

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Titre : Charlie

Auteur : Stephen King
Édition : Le Livre de Poche (2007)
Date de publication originale : 29 septembre 1980

Résumé :
Dès l’enfance, le terrible pouvoir de la petite Charlie s’est révélé: qu’un objet, un animal, un être humain provoque en elle la moindre crainte, la moindre tension……..et il se trouve aussitôt livré aux flammes !

Aujourd’hui la douce et jolie Charlie a sept ans et le cauchemar demeure. Certes, elle sait à présent que son pouvoir est un mal qu’elle doit combattre sans relâche pour en être un jour libérée, délivrée.

Alors, de toutes se forces, Charlie lutte, mais la pulsion souvent l’emporte et déferle. Indomptable, criminelle.

Et l’enfant cède au désespoir…

Comment ses parents pourraient-ils lui avouer l’atroce vérité – cette imprudence fatale qu’ils ont commises avant sa naissance ?

A quel destin Charlie est-elle vouée ?

charlie-stephen-king_4516Critique par le Cannibal Lecteur (Stelphique en bas) :
Épouvante, épouvante ? Est-ce que ce roman a une tête d’épouvante ?? Ben non ! Pourtant, c’est noté sur la couverture… Sans doute que les gens de l’époque étaient vite effrayés…

Ma foi, on est loin d’un roman d’épouvante, bien que certaines choses fassent frissonner, mais pas de là à se planquer sous le lit !

Pourtant, si un tel pouvoir existait chez l’Homme, je pense que trouverions ça horrible, monstrueux et que nous aurions la pétoche…

L’Humain n’aimant déjà pas trop les petites différences, alors, celle que possède Charlie, soit ça le fait flipper, soit ça lui donne des mauvaises idées.

Parce qu’ils avaient besoin d’un peu de fric et qu’ils étaient jeunes, Andy McGee et Vicky Tomlinson, deux des cobayes, se sont portés volontaires pour une expérience, ils se sont aimés et reproduit : Charlene (Charlie) était née.

« Mais où est Charlie? » se demandent justement les gens de La Boite, sorte d’accouplement contre nature entre la CIA, Big Brother et la NSA. Oui, c’était un plan cul à trois…

Pourquoi veulent-ils attraper cette petite fille de 8 ans ? Parce qu’elle peut leur allumer tous leurs barbecs ou leur rôtir leurs poulets sans problème et sans s’énerver sur les allumettes ou sortir les boute-feu.

Enfin, j’ai l’air de le prendre tout ça à la légère, mais l’espèce de savant fou qui a participé aux expériences sur le Lot 6 (où se trouvaient les futurs parents de Charlie), est persuadé qu’elle pourrait déclencher une apocalypse de feu si elle le voulait. Oui, elle a le don de pyrokinésie. Pratique pour les barbeucs, comme je disais.

Pourtant, Charlie n’est pas une méchante fille, elle n’aime pas se servir de son don, elle sait que c’est mal. Fini ses grosses crises de colère d’enfant ou de bébé.

De plus, elle n’aime pas s’en servir parce que les gens, lorsqu’ils apprennent ce dont elle est capable, la traitent de monstre ou de sorcière.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et l’Homme scientifique a voulu tenter le diable avec des expériences sur des humains, sans imaginer un jour qu’un être doté d’un tel pouvoir pourrait naître.

Même si le roman est prenant, on est loin de l’épouvante ou de l’horreur d’un ÇA, d’un Simetierre ou d’un Peur Bleue !

Pourtant, une chose fout la trouille : La Boite ! Une organisation qui a beaucoup de pouvoirs et qui a l’air d’agir sans filet, sans mors, sans contrôle, employant des barbouzes qui manient le flingue comme d’autre le rouleau à pâtisserie.

Oui, les pleins pouvoirs, quasi. Et ça fout la trouille, croyez-moi ! Le King devait viser les agences gouvernementales (CIA, NSA, FBI) et il tire dessus à boulets rouges tout en restant dans le réalisme pour cette organisation.

Niveau Méchants, on est des gros gâtés car ces derniers sont travaillés, chacun ayant son degré de méchanceté, que ce soit des tarés malades froid comme le serpent (Rainbird), le chef de la Boite qui à l’air bienveillant (Cap Hollister), le psy du service qui devrait consulter un confrère (Dr Pynchot), le Docteur Joseph Wanless ou Hockstetter.

Des méchants dont on n’aimerait pas croiser la route, sans pour autant que ce soit des méchants sanguinaires, mais ils fichent la trouille. Et ce genre de malade existe dans la nature, nous en avons sans doute croisé dans notre vie.

Les personnages principaux que sont Andy et sa fille Charlie, ils sont attachants, plaisants, on aimerait les aider, les héberger, les soustraire de ces tarés d’agents du gouvernement qui les pourchassent sans cesse.

J’ai eu du mal à les quitter à la fin du livre. J’avais un gros faible pour Charlie, qui, du haut de ses 8 ans, est déjà très mature comme fille, obligée qu’elle était de grandir d’un coup.

Entre nous, j’aimerais bien posséder le don de suggestion d’Andy, moi : je pousserais mon boss à quintupler mon salaire et à tripler mes jours de congés… Dommage que ce pouvoir donne des migraines carabinées…

Un roman qui n’a rien d’épouvantable et qui se lit facilement, tant le King a bien ordonné son récit, nous plongeant dans la traque du présent et revenant sur le passé pour nous dire comment tout à commencé.

Pas mon roman préféré du King, mais un roman dont j’ai pris plaisir à découvrir, où je me suis attachée aux personnages, et dans lequel notre auteur critique la société américaine avec des petites piques bien senties.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

Pourquoi je l’ai choisi :
C’est la proposition de ma binômette pour se mettre dans l’ambiance de Halloween….Et bien sur, j’ai suivi parce que c’est le King, et qu’on est toujours moins effrayée à se faire un livre d’horreur à deux…

Synopsis :
Dès l’enfance, le terrible pouvoir de la petite Charlie s’est révélé : qu’un objet, un animal, un être humain provoque en elle la moindre crainte, la moindre tension… et il se trouve aussitôt livré aux flammes ! Aujourd’hui la douce et jolie Charlie a sept ans et le cauchemar demeure. Certes, elle sait à présent que son pouvoir est un mal qu’elle doit combattre sans relâche pour en être un jour libérée, délivrée. Alors, de toutes ses forces, Charlie lutte, mais la pulsion souvent l’emporte et déferle. Indomptable, criminelle. Et l’enfant cède au désespoir… Comment ses parents pourraient-ils lui avouer l’atroce vérité – cette imprudence fatale qu’ils ont commise avant sa naissance ? A quel destin Charlie est-elle vouée ?

Ce que j’ai ressenti :…Petite brûlure au bout des doigts…

  • – Vous avez senti ce changement de température ?

C’est l’automne qui s’installe… Et quoi de mieux que pour accompagner nos plaids et boissons chaudes, la lecture d’un bon King ? Jusqu’à ce jour, je n’ai pas encore trouvé mieux ! Charlie, je ne l’avais encore jamais lu, 600 pages en même temps, ça fait peur, et en plus il est classé horreur… Bouh, en cette période pré-Halloween, il paraissait idéal…

Il pleura, versant des larmes de terreur.

  • Vous avez senti ce changement de température?

C’est le feu qui crépite doucement dans vos cheminées… Ah vous n’en avez pas? C’est sans doute, la chaleur de l’amour alors… Andy est un homme aimant et aimé par ses deux petites femmes…

C’est tout mignon tout plein, cette fifille à son papa, il sont soudés envers et contre tous, et dès fois, on ne sait plus qui protège l’autre. De quoi réchauffer les petits cœurs…

Sans compter les dossiers brûlants, les sociétés secrètes, les petits arrangements du gouvernements: AÏiiiiiie ça brûle, là dans la Boite…

La vie est dure quand on ne veux pas faiblir.

  • -Vous avez senti ce changement de température?

C’est juste que la mignonne petite fille, se transforme en torche vivante, pardi !!! C’est ça, ce changement de température, cette lente montée du mercure, c’est de son cerveau que ça sort…

Un pouvoir un peu déjà vu chez le King, mais c’est toujours aussi efficace: la fin apocalyptique, explosive et enflammée… Ça monte en puissance, et puis d’un seul coup, c’est tout feu, tout flamme….

Les fins de parties étaient souvent les plus amusantes.

20130720-165117-gJe tempère un peu cette chaleur étouffante, en préférant le personnage de Andy: j’aurai aimé qu’il soit plus poussé! Je l’ai bien aimé cette petite Charlie, mais bon, j’avais déjà Carrie comme pyromane et coup de foudre…

Je me serai contentée d’un livre entièrement animé par cet homme souffrant, se débattant avec son pouvoir, et cette transformation d’ADN…

C’est un bon King, à n’en pas douter, mais on est loin de sa classification Horreur…

J’ai bien aimé cette lecture, même si ce n’est pas le personnage principal qui m’a plu le plus, mais bien les secondaires, surtout les hommes (Rainbird, Irv Manders et bien sur Andy…).

Comment évalue-t-on le temps dans l’obscurité absolue ?

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

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Transmetropolitan – Année 2 : Ellis Warren & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année 2

Scénariste : Ellis Warren
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics (2014)

Résumé :
Meurtres. Viols. Vols d’ADN. Le journaliste hors-la-loi Spider Jerusalem a couvert les sujets les plus infâmes que La Ville ait portés.

Mais toutes ces horreurs ne sont rien à côté de ce qu’il estime être l’expression ultime de la dégradation humaine : la politique. Malheureusement pour sa santé mentale, cette année électorale risque fort d’être le clou du spectacle.

Deux candidats, deux bêtes, à la merci d’un éditorialiste enragé.

trans-3415462-18Critique :
La politique et ses manoeuvres retorses pour se faire élire…

La mission de Spider Jerusalem ? Faire en sorte que le président sortant, qu’il a surnommé « La Bête » ne se fasse pas réélire une fois de plus.

Son adversaire ? Le candidat Callahan, dit « Le sourire ».

Ici, attention, nous avons un gros fil rouge à suivre, contrairement au premier tome qui était une sérieuse mise en bouche mais avec des chapitres différents.

Les élections approchent et tous les coups sous la ceinture sont permis, surtout si c’est Spider qui les donne.

Il est toujours aussi fou, aussi drogué, aussi foutraque, il a toujours la haine des autres et sa nouvelle assistante va en faire les frais.

Pourtant, les articles de Spider Jerusalem, même s’il sont plein de haine envers le genre humain et bourré d’insultes, n’en sont pas moins vrais et très profonds. Il a compris le Système et voudrait ouvrir les yeux de ses con-citoyens qui eux s’en foutent.

Je ne peux pas résoudre les problèmes. Je peux juste m’assurer que les gens ne fassent pas semblant de les ignorer. Faire en sorte que d’autres les résolvent. Ceux qui le peuvent.

Les dessins sont toujours aussi détaillés, avec une foultitude de petites choses qui rendent les dessins réalistes.

Les dialogues sont incisifs, on pense qu’on a gagné mais non, il faut encore poursuivre le combat car on vient de se faire baiser sur toute la lige pas cet enculé de… Pardon, fréquenter Spider Jerusalem est mauvais pour le langage…

Suivez-moi jusqu’en enfer, abrutis, allez… Suivez quiconque a le sourire, la couverture, l’image qu’il faut… Suivez quiconque dire : « Je vais m’occuper de vous, je vais prendre toutes les décisions importantes à votre place pour que vous puissiez retourner vous faire chier les uns les autres et vous foutre en l’air dans une béate ignorance… ».

C’est à coup de boulets rouges lancés au bazooka que l’auteur tire sur la politique sociale de son pays et sur ses politiciens qui sont prêts à s’allier avec le diable si ça peut les faire gagner un état important.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde.

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Charlie : Stephen King [LC – Impressions de lecture 3/3]

king-charlieImpressions de lecture du Cannibal Lecteur (page1 à 200) : ♪ Au feu les pompiers
Le King nous plonge dans la genèse de son roman en nous faisant vivre des moments angoissants avec les deux personnages principaux mais aussi en nous faisant voyager dans le temps. On frissonne de peur, on s’attache aux personnages, on veut en savoir plus.

Impressions de Stelphique (pages 1 à 200) : Étincelle…
Une petite fille qui exerce la pyrokinésie : du déjà vu ?? Carrie es-tu là ??? Non mais c’est pas Carrie, c’est Charlie… Et la différence elle est ou? Dans l’amour…. Mais l’amour n’est -il pas un feu non maitrisable ??!!
Comme du petit bois, cette lecture se met tranquillement en place… Il ne faut pas se précipiter pour faire partir un feu, il faut le bichonner, toute comme cette mignonne petite fille…

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 201 à 400) : Ça chauffe !
Ouh, on passe à une autre vitesse, on est enfermé entre 4 murs après l’immensité d’une forêt. Attachée aux deux personnages principaux je suis. Je tremble pour Charlie et j’aimerais avoir le don du père… Je pousserais mon boss à me quintupler mon salaire mensuel.

Impressions de Stelphique (pages 201 à 400) : Combustion lente…
Doucement, l’auteur alimente son intrigue aussi surement qu’un excellent pyromane, ajoutant toujours plus de carburant à ce feu de joie en devenir… Mais bon, elle en met du temps, cette combustion….

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 401 à 602) : Apocalypse Now !
Le final est prenant, émouvant, et c’est la guerre ! Pas un livre d’épouvante comme noté sur la couverture, mais un chouette livre du King avec des piqûres sur les touts-puissants…

Impressions de Stelphique (page 401 à 602) : Feu d’artifice !
Stephen King sait maitriser son effet pour rendre une fin explosive et enflammée ! On l’a voulu, on l’a eu !!! Si jamais vous craignez les flammes, il va falloir vous éloigner de ce petit pavé qui brûle les doigts !

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Le peuple de l’abîme (Le peuple d’en bas) : Jack London

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Titre : Le peuple de l’abîme

Auteur : Jack London
Édition : 10-18 (1984) / Phébus Libretto (1999)
Édition Originale : The People of the Abyss (1903)

Résumé :
1902. London, déguisé en clochard, se perd pendant trois mois dans les bas-fonds de Londres, et en rapporte ce témoignage terrifiant.

Loin des avenues de l’aventure, mais au plus près des réalités d’un siècle qui, décidément, commençait sous de bien sinistres couleurs.

456Critique (Par Ida et pas par moi !) :
Mon intérêt quelque peu pervers pour le fameux Jack l’éventreur m’a conduite il y a quelques temps à visionner un reportage lui étant consacré ou était évoqué un livre de Jack London, « le peuple de l’abîme » pour nous parler de la vie misérables des londoniens de l’Eastend dont Whitechapel n’était qu’un quartier…

Jack London… L’auteur de Croc-Blanc et de l’Appel de la forêt qui a quelque peu ennuyé voir traumatisé quelques milliards de collégiens tenus de travailler dessus à grands coup de fiches de lecture, de contrôles etc…

Il faut dire qu’en France, la découverte de la littérature étant indissociablement associée à un devoir de productions scolaires et de contrôles de connaissance, dégoûte facilement les élèves les moins brillants des livres à jamais, associant dans leurs têtes à jamais la lecture à une pression inquisitoriale…

C’est donc sans grand enthousiasme que je me suis procuré cet ouvrage, mue par ma seule curiosité de ripperologue amatrice…

La librairie virtuelle associée au compte de ma liseuse ne me laissait aucune excuse puisque « le peuple de l’abîme » étant assez ancien pour être libre de droits, il était disponible gratuitement si je voulais bien me passer des versions à un ou deux euros assorties de préfaces que personne ne lit jamais.

J’ai donc redécouvert Jack London, écrivain, romancier et surtout, explorateur de l’âme humaine lorsqu’elle se confronte aux conditions les plus extrêmes de l’existence.

Car en effet, la confrontation de l’homme à la dureté des éléments n’est-il pas son thème de prédilection si on essaie de se remémorer ses vieux souvenir de collégienne de l’Appel de la forêt ou de Croc-Blanc ?

Ce livre est le fruit d’une immersion de l’auteur, parti vivre incognito dans l’East End, malgré la réprobation de ses proches, voire des londoniens des beaux quartiers eux-mêmes, partageant l’existence des plus démunis qui peuplent cette région mystérieuse de Londres.

Une région si mystérieuse que le bureau londonien de l’agence de voyage Thomas Cook (elle existait déjà à l’époque !), était prêt à lui vendre et à lui préparer un circuit dans les terres les plus reculées de l’Afrique…

Mais incapable de l’aider à préparer son expédition dans la partie de la même ville devenue terra incognita pour les gens comme il faut.

Un style étonnamment moderne, vivant, qui se lit avec facilité et avec plaisir… Un texte qui n’est pas un roman mais une sorte de carnet de voyage, ou de reportage anthropologique immersif, un vadémécum de tranches de vies où London nous présente avec une authenticité rare, les unes après les autres ses rencontres avec quelques figures de l’East End qui lui confient leurs histoires.

Des histoires où affleurent la désespérance la plus noire, la misère la plus crasse, où chacun n’a pour but que d’assurer sa survie quotidienne souvent improbable, dans un univers pollué, surpeuplé, et où la malnutrition sape jour après jour vos possibilité de pouvoir continuer à travailler…

Un récit sur le dépotoir d’une cité dont la prospérité triomphante s’appuie sur l’exploitation des plus faibles qui a leur tour s’exploitent les uns les autres…

Un East End où s’entassent les anglais des campagnes et étrangers attirés par la ville-monde… et où leur progéniture dégénère affaiblie faute de nourriture suffisante, de soins, ou d’éducation… Les files devant les hospices… Les asiles de nuit où l’on dort debout en s’appuyant les uns sur les autres…

Un monde où l’homme perd peu à peu son humanité, traité par ses semblables comme une bête de somme bonne pour la boucherie, l’équarissage ou l’usine de colle, dès qu’elle faiblit.

Nous sommes loin de la cheminée du 221b Baker Street et des scones de Mrs Hudson… Loin des salons fréquentés par les héros d’Ann Granger, d’Anne Perry ou des intrigues amoureuses en dentelles de Jane Austin…

Dickens, le premier avait déjà évoqué le destin des miséreux de Londres quelques décennies plus tôt…

Mais choisissant le roman pour le faire, il laissait à son lecteur le choix de mettre l’horreur à distance, en réduisant cette misère à une fiction, et en maintenant le voile pudique du refoulement sur les oubliés du triomphe d’un Empire pourtant construit avec leur sueur. Jack London ne nous laisse pas cette possibilité.

Ce livre date de 1902. Il n’est donc plus « victorien » à une ou deux années près… Mais il on ne peut pas croire que le destin des plus pauvres ait tant évolué en quelques années…

Un chef d’œuvre.

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RAT a week, le marathon de l’Épouvante [BILAN LECTURES 2/2)

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Semaine 3 : Du Lundi 17 Octobre au dimanche 23 octobre (687 pages lues)

Catégorie Mysterium : vous pouvez lire différents genres du moment qu’il y a au moins un livre d’horreur ou un thriller. Menez l’enquête : fantômes ? Meurtrier ? Histoire vraie ? Le prince charmant était-il parfait ? Vous avez le choix.

  1. Charlie : Stephen King (Horreur) (353 pages restantes)
  2. La mort nomade – Yeruldelgger 3 : Ian Manook (90/432 pages)
  3. Trolls de Troy – Tome 12 – Sang famille (48 pages)
  4. Trolls de Troy – Tome 13 – La Guerre des gloutons (48 pages)
  5. Trolls de Troy – Tome 17 – La Trolle impromptue (48 pages)
  6. Trolls de Troy – Tome 20 – L’Héritage de Waha (48 pages)
  7. Ekhö – Tome 4 – Barcelona (52 pages)

Semaine 4 : du lundi 24 octobre au lundi 31 octobre (1074 pages lues)

Catégorie Cape d’invisibilité : tel Harry Potter, vous vous faufilez dans le château hanté muni de la PAL de votre choix hors livres d’horreurs (vous pouvez lire tout ce que vous voulez sauf de l’horreur).

  1. La mort nomade – Yeruldelgger 3 : Ian Manook (322 pages restantes)
  2. Aux origines de la pédérastie : Nicolas cartelet (192 pages)
  3. Un cœur sombre : R.J Ellory (560 pages)

 

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Le Cauchemar de Dracula – Horror of Dracula : Terence Fisher (1958) [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 28/52]

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Le Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula) est un film britannique réalisé par Terence Fisher, sorti en 1958. C’est le premier film de la saga Dracula réalisé par le studio Hammer Films dont la suite est « Les Maîtresses de Dracula ».

Résumé : Jonathan Harker se rend dans les Carpates chez le comte Dracula qui l’a engagé comme bibliothécaire.

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Fiche technique :
Réalisation : Terence Fisher (réalisateur britannique)
Scénario : Jimmy Sangster d’après le roman de Bram Stoker
Durée : 72 minutes (version française), 82 minutes (version anglaise)
Langue originale : anglais

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Distribution :
Christopher Lee : Comte Dracula
Peter Cushing : Docteur Van Helsing
John Van Eyssen : Jonathan Harker
Melissa Stribling : Mina Holmwood
Michael Gough : Arthur Holmwood
Carol Marsh : Lucy Westenra
Valérie Gaunt : la femme vampire
Janina Faye : La petite Tania
Barbara Archer : Inga, la servante

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cauchemar-de-dracula-tumblr_nw4d5smzbo1t0t5m3o1_500Ce que j’en ai pensé : Délicieusement rétro et kitch !
Comme vous le savez, je suis toujours  à la pointe de l’actualité et aujourd’hui, je vais vous parler d’un film qui n’est pas encore sorti sur vos écrans, réalisé par une petite boite de production, la « Hammer Films », avec deux acteurs plein d’avenir que son Christopher Lee (Dracula) et Peter Cushing (Van Helsing).

Tiens, je les verrais bien dans les rôles de Holmes, ces deux là… Même d’un Henry Baskerville ou d’un Mycroft Holmes (blague pour les holmésiens).

Sorti en 1958, ça pue le kitch et les effets spéciaux à la noix… Mais j’aime me faire ce genre de soirée Ciné-Club rétro pour moi toute seule.

Alors, d’emblée, si le film se base sur le roman de Stoker, bien des choses ont été changées en cours de route. Déjà le fait que Jonathan Harker (John Van Eyssen) sache très bien où il met les pieds : dans le château d’un vampire !

Le scénariste Jimmy Sangster ayant du condenser 546 pages dans un long métrage de 1h22, il a supprimé une quantité de personnages et d’intrigues secondaires qui épaississait le roman de Stoker : Renfield et Quincey Morris n’existent pas, la tempête sur les côtes britanniques non plus, idem pour le quotidien du Docteur Seward….

Si vous voulez voir un excellent Dracula, je vous conseille la version de Francis Ford Coppola (1992) avec Gary Oldmand dans le rôle titre.

Ici, l’intrigue est épurée au maximum, elle va droit à l’essentiel et se focalise sur trois lieux : le château du Comte, la demeure des Holmwood et le cimetière.

Anybref ! Si notre Harker sait qu’il est dans le château d’un vampire, il reste pour le moins un grand naïf en pensant que la jolie fille qui l’aborde est vraiment une prisonnière du château et lorsque celle-ci se pend à son cou pour lui demander de la sauver, notre naïf lui répond gentiment, avec assurance qu’il va la sortir de là !

Putain, le con, on dirait un marchand de chaussures qui vous assure qu’il va aller vous chercher le soulier que vous aimez en pointure 39 ! Bien évidemment, il se fait mordre !

Ce que j’adore, dans ces films, ce sont les incohérences : en une morsure, Harker va devenir vampire !

Et attention, niveau grosses incohérences, vous n’avez rien vu ! Alors qu’il sait qu’il ne lui reste que quelques heures avant la tombée de la nuit, il cherche la crypte pour trouver le comte et il se souvient qu’en arrivant, il a vu une porte…

Ben oui les gars, si vous cherchez la crypte où repose Dracula (Christopher Lee) le jour, pas la peine de retourner son château ou de s’enfoncer loin dans les souterrains, vous poussez simplement la porte qui se trouve à gauche, lorsque vous êtes face à la porte d’entrée du château.

Oui, faut juste pousser ! Pas fermée à clé, rien du tout. Dracula et sa meuf reposent dans leur caveau, sans couvercles, alors qu’il y a des fenêtres à vitraux dans la crypte… Heu ??

Tiens, nos vampires respirent… déjà que ce n’est pas possible de les voir respirer la nuit, le jour, quand ils dorment du sommeil des morts, c’est encore moins possible !

Au fait, grouillez-vous parce que dans les Carpates, la nuit tombe à une vitesse hallucinante !

Dracula en fuite, c’est l’ami de Jonathan Harker qui va se lancer à sa poursuite : le docteur Van Helsing (Peter Cushing). Mais avant, faut planter un pieu dans le corps de Harker le Vampire.

Pauvre Christopher Lee, dans ce rôle, il a eu 6 lignes de dialogues et puis c’est tout ! Juste ouvrir la bouche et montrer ses canines, c’est tout ce qu’on lui a demandé. Heureusement qu’il a mis à profit sa haute silhouette pour donner du poids à son personnage et utilisé ses origines aristocratiques donner de la prestance au personnage.

Autre choses importantes qui changent, ce n’est pas de Mina dont Dracula est tombé in love, d’ailleurs, il ne tombe in love de personne, il veut juste se faire la fiancée de Harker : Lucy (Mina dans le roman).

La Mina (Melissa Stribling) dans le film, elle, c’est l’épouse d’Arthur Holmwood (Michael Gough), le frère de Lucy (Carol Marsh).

Et puis, nous ne trouvons pas à Londres, comme pour le roman, mais dans un pays de langue germanique puisqu’ils iront à la Frederickstrasse (Friedrichstrasse ?) et que tout ceux qui ont vu un épisode de l’inspecteur Derrick connaissent.

Un acteur qui est mauvais, c’est celui qui joue le rôle d’Arthur Holmwood ! Nom de dieu, mais qu’il est à chier, dans le film !

Alors que sa femme est enlevée par Dracula et que lui et Van Helsing sont à sa poursuite, il n’a pas l’air de paniquer plus que ça, on dirait juste qu’il se dépêche juste pour ne pas arriver en retard à l’église (humour pour un des fils de l’ex nain de jardin).

Autant il y avait de la profondeur dans le roman et dans le film de Coppola, autant il y en a moins dans celui-ci, que je trouve trop épuré de ce qui faisait sa grandeur.

Par contre, si le romantisme est absent, l’érotisme, lui, il est bien présent ! Enfin, si on s’en réfère à son année de sortie, 1958 !

La femme vampire dans le château était belle et possédait des formes voluptueuses, de quoi satisfaire les mains d’un honnête homme… Elle savait charmer et user de ce que la nature l’avait pourvue !

Dracula possède une élégance dominatrice et voir comment Lucy se trémousse dans son lit en l’attendant, on se dit que si c’était un être de chair et de sang qui entrait dans sa chambre, il aurait de fait une solide érection devant l’appel plus qu’explicite de la dame.

Les victimes du comte sont plus que consentantes ! Le sourire chargé de concupiscence que Mina Holmwood a après qu’elle ait rencontré le comte…Son mari aurait sans doute aimé voir le même en allant se mettre au lit…

Tout ça, c’était des mœurs interdites par la société victorienne (époque où se déroulent les faits) ou de celle des années 50 (année de sortie du film) puisque la révolution sexuelle sera pour les années 60.

Je terminerai en ajoutant que le film est bien entendu un combat entre le Bien (Van Helsing, un scientifique) et le Mal, représenté par Dracula, un vampire, une créature surnaturelle qui a des pulsions interdites (on ne boit pas le sang des gens, c’est mal élevé).

Autant dans le film de Coppola on ressentait l’amour que porte Dracula à Mina, autant ici il n’est doté qu’aucune empathie. Par contre, Van Helsing, il est prêt à tout pour détruire Dracula et lui, il a un portrait plus ambigu, moins lisse.

Si le film est considéré comme un classique et marque une apparition importante du comte vampire au cinéma, il n’en reste pas moins que nous nous trouvons devant un film au charme suranné et un peu kitch.

Étoile 3,5

Anecdotes sur le film :
En 1957, le succès de Frankenstein s’est échappé encourage la firme britannique Hammer Films Productions à ressusciter une autre icône du fantastique : Dracula. Le studio négocie un deal avec les américains d’Universal, détenteurs des droits du roman de Bram Stoker. Ces derniers autorisent la Hammer à produire leur film, en échange de l’exploitation internationale.

Avec le temps le film fut reconsidéré comme une œuvre importante dans le cinéma fantastique et britannique. Le bal des vampires parodiera les œuvres de Terence Fisher. Dans Vampire vous avez vampire ? Roddy McDowall incarne Peter Vincent, contraction de Vincent Price et Peter Cushing. Francis Ford Coppola rendra hommage au Cauchemar de Dracula, via certaines scènes de son adaptation. Dans Vampires, John Carpenter transpose la dualité Van Helsing-Dracula, à travers Jack Crow et Valek. Certains éléments sont aussi présents dans les jeux vidéo Castlevania. La 1ère apparition de Dracula fut reprise dans Gremlins 2 : la nouvelle génération et Sleepy Hollow : la légende du cavalier sans tête, dans lequel joue Lee.

Anecdotes du tournage :
Totalement aveuglé par ses lentilles de contact, Christopher Lee manqua plusieurs fois ses prises durant le tournage.

Dans la séquence finale, c’est à Peter Cushing que vint l’idée de se jeter sur les rideaux pour les arracher, contre celle, plus banale, de les tirer pour dévoiler le soleil, comme le prévoyait le script.

Lors d’une prise de la séquence où Dracula enterre l’héroïne, Christopher Lee, perdant l’équilibre, chuta sur la cascadeuse qu’il venait de basculer dans la fosse.

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016, le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde.

[Sherlock Holmes] Le Vampire de Whitechapel – The Case of the Whitechapel Vampire (2002) [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 27/52]

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The Case of the Whitechapel Vampire (ou Le Vampire de Whitechapel en DVD) est un téléfilm canadien réalisé par Rodney Gibbons, sorti le 21 juillet 2002 sur Hallmark Channel aux États-Unis.

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1. Résumé :
1892 dans le quartier de Whitechapel. Les moines et les nonnes de St. Justinien viennent en aide aux déshérités depuis des années.

Peu avant Noël, un des moines est trouvé mort dans l’église de l’abbaye, apparemment mordu par un vampire. Frère Marstoke demande l’aide de Sherlock Holmes…

2. Distribution :
Matt Frewer : Sherlock Holmes
Kenneth Welsh : Docteur Watson
Shawn Lawrence : Frère Marstoke
Neville Edwards : Docteur Chagas
Cary Lawrence (en) : Sœur Helen
Isabel dos Santos : Signora de la Rosa
Michel Perron : Inspecteur Jones

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NB : Pour cette chronique de film, j’ai aussi tenu à vous faire partager les impression d’une de mes commentatrices et abonnée, Ida (clique dessus pour descendre), avec son consentement, of course et son humour.

Notre avis dix-verges un peu, mais dans l’ensemble, on râle sur l’accoutrement de Holmes et l’âge de Watson…

Ce que j’en ai pensé : Le vampire m’a moins pompé les sangs que je l’aurais cru (par la Belette Cannibal Lecteur)

Et bien, je ne m’attendais pas à ça ! Pensant une fois de plus souffrir le martyre devant cette collection de 4 films, je m’apprêtais à être cinglante une fois de plus et tout compte fait, non.

Je dirais même que des 4, c’est le moins pire. Certes, tout est relatif et bien entendu, c’est avec la mesure étalon des trois autres films visionnés ad nauseam.

De plus, dans ce cas-ci, puisqu’ils sortaient des récits canoniques, aucunes autorisations des ayants-droits n’a été nécessaire pour réaliser ce téléfilm qui frôle vers le fantastique.

Une commentatrice de ma connaissance (Ida) me fera sans doute remarquer que si on a ajouté Whitechapel au mot Vampire, c’était sans doute pour attirer plus de monde, donnant à penser que ce quartier de l’East End a eu bien des malheurs en plus de l’Éventreur.

Moi, j’ajouterai que la seule abbaye à Whitechapel que je connaisse, c’est la prestigieuse abbaye de Westminster… Mais ce n’est pas dans celle-ci que nous nous trouvons !

On commence par une ruelle sombre, une charrette tirée par un âne, un type qui chantonne… Oui, je ne rêve pas il chantonne « Jingle Bells » et on l’entend même en musique de fond.

Église, un vieux moine qui prie, une musique angoissante et une silhouette vêtue entièrement d’une cape et d’un capuchon arrive derrière lui et là une voix ressemblant à celle d’un type qui aurait fumé 3 paquets de Gitanes sans filtre par jour (et ce, durant 60 ans) lui dit « Frère, tu as péché… » et on se doute que se serons les dernières paroles qu’il entendra avant de rendre son âme et de comparaître devant son Patron d’en Haut.

221b Baker Street où je retrouve un Sherlock Holmes toujours aussi blond, mais avec un visage encore plus ascétique qu’avant et il nous déclare haut et fort qu’il ne croit pas…

Holmes athée ? Là, on va en totale contradiction avec le Canon et le fameux monologue de la rose.

Mais bon, l’acteur fait moins de mimiques, il en devient donc plus agréable à suivre. Cela ne sous-entend pas que je l’apprécie !

Alors, puisque Holmes ne croit pas en Dieu, ça donne une petite discussion avec Watson après la réception d’un télégramme apporté par madame Hudson où l’on nous parle d’un vampire. Holmes ne croit pas au vampire, bien entendu !

Hé oui, on a un élément fantastique dans l’affaire car le moine retrouvé mort avait deux trous de (cul ?) canines dans le cou et deux minces filets de sang qui coulaient, donc, il a été tué par un vampire et tout le monde crie aux maléfices et à la diablerie.

Christopher Lee et Béla Lugosi ont des alibis. Gary Oldamn aussi. Mdr

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Une chose m’a choquée dans la fameuse abbaye où Holmes est appelé pour tenter de résoudre le mystère : les frères et les sœurs y cohabitent ! (co-à-bite ?)

Oui messieurs dames, l’abbaye est mixte ! Sans doute pour favoriser les petites culbutes du soir.

Oups, mes excuses pour le paragraphe précédent, je faisais un peu ma mauvaise langue parce que Wiki, mon ami, me dit que cela existe le monastère double !

Le monastère double abrite, en deux enclos séparés, des moines et des moniales, réunis sous l’autorité d’un même abbé ou d’une même abbesse. On se couchera tous et toutes moins bêtes ce soir.

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Pour Holmes, son enquête est « correcte », il sautille moins comme un taré, il parle normalement à Watson, qui à l’air d’être moins crétin que dans les trois autres (ou alors je m’habitue), il suit des pistes, porte toujours son horrible casquette qui ne se porte pas à Londres, se frotte à l’inspecteur Atenely Jones qui est toujours aussi crétin et tend des pièges.

Le quartier de Whitechapel n’est pas aussi pouilleux que dans mes souvenirs et ses habitants, bien que vêtus de vieux vêtements, ne portent pas des guenilles comme ils le devraient.

Mais bon, heureusement qu’il y a Whitechapel dans le titre, parce que nous pourrions être partout dans un quartier un peu pauvre de Londres ! De plus, on est très peu dehors et plus souvent entre les murs humides de l’abbaye mixte.

Le budget « Cheval » est toujours aussi sec puisque j’ai vu le même cheval noir attelé au même cab !

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Quand à la scène de bagarre, heu, comment dire ? Je veux bien que les voies du Seigneur sont impénétrables, mais tout de même, c’est gros et grotesque !

Holmes qui reste comme un benêt au sol alors que le Méchant veut le tuer… ça pue !

Et son baritsu, il est où ?? De plus, je me demande comment le Méchant n’a pas vu l’affaire venir… Bref, c’est grotesque et limite improbable !

Mais ça donnera des discussions dans les dernières minutes entre Watson et Holmes sur les pouvoirs de Dieu et toussa toussa.

Anibref, si le film se laisse regarder gentiment, il n’en reste pas moins que l’explication finale est un peu saboté, vite expédié.

Oui, Holmes nous explique tout, mais en fait, il laisse de côté une question importante : comment le coupable tuait-il ses victimes ?

Non, je ne divulgâche pas ! S’il vous plait, les vampires n’existent pas, Holmes a prouvé que, comme pour le chien maudit, il y avait la patte de l’Homme dessous.

Ok, on a le mobile, OK on sait comment il faisait les trous dans le cul, pardon, dans le cou de ses victimes, mais comment les faisaient-ils mourir ?

Le coupable ne comptait pas les faire tous mourir de peur, tout de même ? Et ce n’est pas le peu de sang qui a coulé qui allait les tuer. On en perd plus chaque mois et on vit toujours.

Et pourquoi, quand le coupable encapuchonné a touché le crucifix de sœur Helen dans une ruelle, cela a-t-il fait une sorte d’arc électrique digne du baise-main de Ludovic Cruchot sur la main de sa future « Ma Biche (Le gendarme se marie) ??

Puisque c’était un être de chair et de sang, le crucifix n’avait pas à réagir (et je me dis que même si c’était un vampire, ça ne marcherait pas !).

Au final, malgré les gros défauts, ça reste le moins pire de tous les quatre ! Ça se regarde en mangeant du pop-corn, sans se casser la tête ou se péter un neurone.

Mais malgré tout, ça ne vaut pas la peine d’aller acheter le coffret de 4DVD, sauf en brocante, comme moi je l’avais fait (mais si j’avais su que c’était des films aussi merdiques, je ne l’aurais pas acheté !).

Étoile 2,5

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016, le Challenge British Mysteries chez My Lou Book, Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde.

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Chronique du film par Ida :

« Toquéfada ! Tu peux commencer à empiler les bûches le temps que je rédige MÂ critique du film ? Et puis tu prépareras ta corde à étrangler… le « patient » n’est pas obligé d’être brûlé vif ! On le cramera une fois mort… Par miséricorde! Oui je sais… tu es déçu… Mais t’inquiètes ! Belette m’assure qu’elle a d’autres clients à te laisser… »

Or donc… On va éviter de trop spoiler mais… Quand même… Le vampire de Whitechapel… Même si c’est pas le pire… C’est franchement pas top !

D’abord ça aurait pu se passer n’importe où ! Whitechapel ? On n’en voit rien mais ça fait venir le public ! Ben ouais… C’est la zone… C’est le crime… C’est Jack the Ripper…

Mais en réalité… Ce film se passe à huis clos… On ne sort presque pas d’un monastère où tout est moyenâgeux ! Le mobilier, les costumes… Et mêmes les moines qui en cette fin de XIXe siècle galvanisée par l’espoir des découvertes scientifiques, restent de purs produits de l’obscurantisme de l’an mil !

Toquéda les a évidemment beaucoup appréciés mais… il en convient… Ils sont salement anachroniques et n’ont rien de victorien et rien à voir avec Withechapel !

Mais est-ce le pire ? Les quelques scènes tournées au 221b sont sidérantes ! Le 221b est bien rangé ! Une jolie demeure bourgeoise où nos vieux garçons semblent avoir été matés par Mrs Hudson, n’oubliant pas de marcher avec les patins et remettant toujours tout à sa place ! Le truc pas canonique du tout ! Que serait Madame Hudson si Holmes et Watson lui donnaient peu de boulot ???

Et encoooore une fois… Holmes a quinze ou vingt ans de trop… Quant à Watson… Là encore… Il a largement passé l’âge de la retraite et se déplacerait presque en déambulateur !

Franchement j’ai une copine infirmière qui me disait qu’après 70 ans les docteurs ont du mal à trouver une assurance professionnelle… Et ben là papy, personne ne devrait plus accepter de se faire examiner par lui !

Je passerai sur le macfarlane et le deerstalker de Holmes lors des rares scènes en extérieur où on ne voit pas réellement les charmes de Whitechapel…

Et sur le fait que le monastère soit mixte ! Ce n’est qu’un détail… Mais quand on enfile les détails pas crédibles comme des perles, et bien on cultive là l’art du navet à un stade très honorable !

En revanche ATTENTION SPOILER, le miracle final qui sort nos héros d’une très mauvaise situation n’est même pas comique tellement c’est nul !

Et je ne vous parle pas de ma lassitude extrême lors des débats interminables entre sciences et superstition… J’ai régulièrement décroché tellement ça devenait répétitif et prévisible…

En résumé… Un film construit sur une bonne idée au départ… mais saturé de tous les poncifs et clichés malmenant le canon, mais aussi les communautés religieuses (c’est pas parce qu’on ne croit pas en Dieu qu’on doit systématiquement faire passer les religieux pour des abrutis), avec une intrigue réduite à peu de chose (Holmes retrouve le vilain grâce à trois détails), finie au pipi et trop recouverte de sauve au navet !

Mon code critique est particulier : il va de un bûcher (modérément nul) à trois bûcher (quand c’est une méga daube qui devrait être interdite pour atteinte à la santé mentale du public)…

La je mets un bûcher!