L’heure de plomb : Bruce Holbert

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Titre : L’heure de plomb

Auteur : Bruce Holbert
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
Hiver 1918. L’État de Washington connaît, durant un bref instant, l’Apocalypse : l’un des pires blizzards de l’histoire du pays balaie tout sur son passage.

Perdus dans la neige, pétrifiés par le gel, des jumeaux de quatorze ans, Luke et Matt Lawson, sont recueillis in extremis par une femme qui tente de les ranimer à la chaleur de son corps. Seul Matt reprend vie.

Le lendemain, le voilà devenu un homme, trop tôt et malgré lui. Car le désastre l’a également privé de son père, le laissant à la tête du ranch familial.

Labeur, amour et violence, autant de découvertes pour Matt, désormais seul face à la beauté sauvage de cette terre, tentant de maintenir l’équilibre fragile entre les êtres qui l’entourent.

bigth_1222Critique :
Mais qui a éteint la lumière dans ce roman ? Y a-t-il quelqu’un pour apporter un peu de chaleur et des gentilles choses à ces pauvres personnages qui vont en voir de toutes les couleurs durant ces 376 pages ?

Non, on ne dirait pas… 1918… Matt et Luke, des frères jumeaux, sont pris dans une tempête digne d’une fin du monde et seul Matt en ressortira vivant, mais brisé par la perte de son jumeau et celle de son père.

C’est en se plongeant dans le travail rude du ranch que Matt tentera d’oublier. Mais si le baume du temps guérit bien des blessures, on dirait que chez lui, cette pommade ne fonctionne pas.

L’absence était sans fin, sans raison ; il lui semblait que c’était moins une blessure que le deuil aurait pu atténuer et finir par refermer, qu’une malformation en elle qu’il fallait recoudre en permanence pour l’empêcher de saigner.

Matt est un personnage assez atypique : ayant dû devenir adulte trop tôt, il s’est transformé en bourreau de travail, faisant augmenter sa masse musculaire mais pas toujours son cerveau. Que se soit dans la recherche de son père disparu durant la tempête ou avec Wendy, une fille de son bled à qui il n’ose avouer ses sentiments.

Ici, la nature est comme Dallas : impitoyable ! Elle ne fait pas de cadeaux et l’écriture de l’auteur nous le montre bien.

Nous sommes dans l’Ouest, dans les plaines encore sauvages de 1918 et nous allons véritablement suivre la vie de plusieurs personnages (Matt, Linda son ancienne institutrice, Wendy, la mère de Matt, Jarms et son père Roland, Lucky) durant des années pour en arriver jusqu’à les voir vieillir sur les dernières pages.

J’ai bien aimé le roman, mais j’aurais apprécié qu’il se passe un peu plus de choses au départ, ayant eu cette horrible impression qu’il y avait du texte pour ne rien dire de neuf.

De plus, l’usage de certains mots vulgaires m’a un peu étonnée parce que ces mots n’apportaient rien de plus au texte, ils n’étaient absolument pas nécessaires dans le contexte (l’utilisation du mot « quéquette » alors que le mot « sexe » aurait très bien fait l’affaire).

Lucky baissa la fermeture à glissière de sa braguette et déposa sa quéquette dans le verre.

Il y aura juste ces deux petits bémols et pour l’ensemble, je dirai que les personnages étaient bien travaillés, complexes, ni tout blanc, ni tout noir, attachants, même si pour certaines ça a pris plus de temps. De plus, ils évoluent avec l’âge et si j’appréciais Wendy jeune, j’ai eu du mal avec elle une fois devenue adulte.

La plume de l’auteur est descriptive, elle nous montre véritablement les paysages qui nous entourent, les gens qui peuplent les petites villes, le progrès qui est en marche, l’arrivée des automobiles, le travail dur des ouvriers pour la construction d’un barrage ou celui des fermiers dans les ranchs.

Les contremaîtres …ils n’avaient pas l’esprit plus vif que ceux à qui ils donnaient des ordres. Ils avaient du travail une idée étroite, essayant de faire en sorte qu’ un homme abatte du boulot pendant une heure sans s’arrêter plutôt que se demander si ce qu’il faisait avait un sens quelconque. Au bout du compte, les hommes n’étaient plus que des bêtes de somme, et les tâches les plus importantes restaient inachevées ou mal exécutées.

Une belle fresque, une vraie saga, des personnages qui nous marquent, de la violence, la vie qui ne fait pas de cadeaux, un roman qui prend un peu trop son temps au début et puis nous emporte avec lui pour nous faire vivre des époques révolues.

Un beau voyage, mais pas un voyage reposant ! L’Ouest est toujours aussi terrible avec les gens et ce roman est une fresque qui met à mal ses protagonistes.

Dans le soleil couchant, des larmes se mirent à briller sur le visage du garçon, suivies de profonds sanglots qui effrayèrent Wendy car elle se demanda s’il allait pouvoir reprendre sa respiration. La poitrine de Matt était secouée de spasmes et il ne pouvait pas parler. Elle reposa les mains sur celles du garçon, peut-être parce qu’elle avait vu ou senti sa mère faire ce geste un jour, peut-être sans autre raison que la beauté de l’instinct que même les animaux les plus féroces sont susceptibles de s’accorder les uns aux autres, ou peut-être parce que quelque chose en lui éveillait la même chose en elle. Elle prit la tête de Matt entre ses mains et la garda, puis elle s’approcha de lui, si près qu’il ne pouvait plus rien voir d’autre que son visage.
– Je suis fatigué de chercher.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

rat-a-week-le-marathon-de-lepouvante-2016

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21 réflexions au sujet de « L’heure de plomb : Bruce Holbert »

  1. Alors lui il m’attire! Mais là, je vois comme une légère déception dans ta notation, alors du coup, face à mon immense PAL, je vais retarder un peu cette lecture, même si je suis quasi sure de m’y coller très beintot!

    Aimé par 1 personne

  2. On dirait que c’est vrai nature-writing et à une époque que j’adore ! Mais les gros mots pas indispensables me heurtent un peu quand même, sans vouloir faire ma chochotte ! Le mélange des genres parfois…hum hum… Je le note mais pour…si je le vois me passer soue le nez, ma PAL est en voie d’effondrement tellement elle est haute et instable ! 😆

    Aimé par 1 personne

    • Bon, a du quéquette inutile une fois, une autre fois, c’est dans la bouche d’une fille (si je puis me permettre de dire cela sans que l’on pense à une clintonnerie !).

      Le mot était inutile, mais il est le seul, mais j’avoue que j’ai été un peu étonnée car le ton du roman ne lassait pas présager cela dans la narration.

      Anybref, c’est du nature writing et on passe de 1918 à 50 en suivant le progrès. Cette partie là, j’ai aimé.

      Ma PAL EST effondrée depuis longtemps…. vive le numérique !

      J'aime

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