Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histoires homosexuelles de l’antiquité) : Nicolas Carteret

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Titre : Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histories homosexuelles de l’antiquité)

Auteur : Nicolas Carteret
Édition : La Musardine (2016)

Résumé :
« Être pédé comme un Grec » : cette insulte populaire témoigne de ce que l’homosexualité des Grecs anciens est désormais proverbiale. Mais que sait-on vraiment de l’amour entre hommes tel que le pratiquaient les Hellènes, deux mille ans avant nous ?

À quoi correspond la notion de pédérastie, si chère à Platon et à ses contemporains, et en quoi diffère-t-elle de l’homosexualité telle que nous la concevons aujourd’hui ?

Donnant la parole aux sources antiques, textuelles et visuelles, Nicolas Cartelet retrace l’histoire d’une pratique aussi bien amoureuse que pédagogique, philosophique et militaire, trop longtemps ignorée ou simplifiée par nos moralistes modernes. Une première partie, introductive et didactique, décrit et explique la pratique de la pédérastie grecque.

Une seconde partie, dans la veine d’une histoire populaire à la Pierre Bellemare ou à la Franck Ferrand, s’attache aux amours homosexuels de personnages mythiques et historiques célèbres.

aux-originesCritique :
Chouette,au prochain repas de famille, j’aurais un autre sujet de conversation croustillant ! Et attention, si je le rendrai croustillant, ce n’est sera pas moins avec des accents d’érudition…

Mais comment est née la pédérastie ? Ou du moins, comment certains hommes ont commencé à pratiquer le frotti-frotta entre eux ? (plus, si affinités).

Voilà un ouvrage très sérieux qui nous raconte la vie des Hellènes et des garçons…

Enfin, d’après l’auteur, les éromènes (ceux qu’on aime) n’étaient pas de trop jeunes garçons, quand aux érastes (ceux qui aiment), ce n’étaient pas non plus des vieux satyres, mais des adultes d’un peu plus de 20 ans.

Bref, la première partie qui m’explique le pourquoi du comment est vachement intéressante, sans être trop technique ou historique : on apprend la place de la femme dans la société grecque de l’époque (cloitrée, chez les familles aisées), l’auteur nous explique que si la pédérastie était normalement pratiquée dans les milieux assez haut de la société, elle était mal vue par le peuple d’en bas.

Le tout étant agrémenté de quelques extraits de céramiques avec des hommes nus.

Non, rien de porno car pour l’époque, la représentation de gros machins était mal vue et s’apparentaient aux satyres.

Franchement, j’ai ouvert grand mes yeux parce que ce n’était pas tout à fait comme je le pensais et on est loin de la débauche de Sodome et Gomorrhe et loin de la pédophilie aussi.

La seconde partie, plus importante 120 pages contre 50), nous raconte, sous forme de petites histoires, l’homosexualité vue avec les dieux de l’Olympe ou avec des personnages ayant véritablement existé, comme Alexandre Le Grand.

Ces dernières, je les ai lues comme on lit des histoires quand on est enfant : une tous les soirs.

Si celles avec Zeus, Apollon, Héraclès m’intéressaient un peu moins (on est dans la mythologie !), si celle d’Achille appartient à la littérature, celles d’Alexandre et de Socrate étaient plus dans le réel.

On sent bien (oups) le travail de l’auteur et rien qu’à voir la bibliographie, on comprend qu’il y a du travail sérieux derrière tout ça.

Mon seul bémol sera pour le fait que j’eusse aimé que la première partie soit plus importante que la seconde, j’aurais aimé continuer de dévorer de l’Histoire grecque et en savoir encore plus.

Anybref, voilà un livre que je n’aurais sans doute pas coché dans les nouveautés de la rentrée, et que, sans l’opération de Babelio, jamais je n’aurais lu, ce qui aurait été dommage pour ma culture et pour les futurs repas de famille.

Vivement la fin de l’année que je leur parle de cette époque où les éromènes ne se faisaient pas sodomiser !

Un petit livre très intéressant que je ne regrette pas d’avoir ouvert car dans le mot « culture », il y a aussi le mot « cul »…

Étoile 3

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40 réflexions au sujet de « Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histoires homosexuelles de l’antiquité) : Nicolas Carteret »

    • Une lecture plus qu’originale ! Bon, au masse-critique de Babelio, j’aurais préférer gagner l’agenda cheval, mais j’ai gagné les étalons…

      Le jeu de mot avec Héllènes et les garçons m’est venu comme ça, en relisant le résumé alors que je séchais sur ma chronique… paf, l’illumination !

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    • Ben comme je le disais à Yvan, j’aurais mieux aimé gagner l’agenda avec les dadas… mais j’avais sélectionné aussi ce livre parce que j’aime en savoir plus sur les petites origines des déviances ! Attention, j’utilise le mot « déviance » sans penser à mal ! Ce que les gens font chez eux entre adultes consentants, ça ne me regarde pas ! 😉

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  1. Et voui ma brav’dame! Les histoires entre garçons des grecs antiques c’était entre ados pubères et jeunes adultes dans une sorte de contexte social initiatique et une fois que les gars étaient assez vieux pour se marier et ben c’était fini! Rien à voir avec Zara Napoli de la cage aux folles et le mariage pour tous… Bref juste du touche-touche sous la douche après le sport… 😚

    Tiens, d’après un rapport américain il paraît qu’un homme sur deux aurait déjà touché un autre kiki que le sien… et les messieurs de ma connaissance qui sont passés par les zinternats dans leur jeunesse (c’est fou ce qu’on raconte aux bonnes copines qu’on répéterait jamais à ses potes quand on est un mec!!! 😏) ont tous des anecdotes de jeux de ce genre à vous raconter mais qu’ils ne raconteraient pas à leurs potes du foot ou du boulot… Genre ce qui se passe au vestiaire reste au vestiaire et ce qui se passe à Vegas reste à Vegas… parce que les actes homosexuels ne font pas une identité sexuelle pour autant… le concept d’identité sexuelle n’étant jamais qu’un mythe sociologique. J’avais lu quelques part que chez les samouraïs aussi ça existait… mais sans qu’on en fasse des zhistoire de kifélom-kifélafâm etc… le seul vrai tabou c’était la féminisation de l’homme ou que celui ci renonce à procréer! 😱

    Tiens même le grand Jules Cesar ! On disait de lui qu’il était l’homme de toutes les femmes et la femme de tous les hommes!!!😄 Ah Ben oui… les romains était bi de chez bi! Le truc c’est qu’on ne devait juste pas se faire mettre par ses esclaves!

    Bref… l’histoire et l’étude anthropologique remet bien en cause des conneries pseudosociologiques comme les théories du genre actuellement à la mode! 🙄

    Bref on est bien loin de nos romans noirs dis moi? 😜😜😜

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    • Mais j’aurais dû te demander d’écrire ma chronique, moi ! Oui, tout à fait, c’était l’aîné qui draguait le jeune, lui apprenait des choses, l’élevait dans la société et en remerciement, le jeune laissait le pus âgé frotter son zob contre le sien ou contre sa jambe, comme un chien.

      La sodomie était assez mal vue, aussi, ça faisait pas bien de se faire mettre, un peu comme si tu étais rabaissé, et donc, non, non, non, on ne la foutait pas dans le cul, sauf les plus obsédés ! Les femmes étaient cloitrées, juste bonne pour la reproduction, dans les classes sociales élevées, mais dans la Grèce d’en bas (la cellulite ??), la pédérastie était moquée, mal vue. Et la Grèce d’en haut riait de ces gens qui copulaient avec leurs épouses parce qu’ils n’avaient rien d’autres.

      Dans les pensionnats anglais, ça a chipoté sous les draps et les frotti frotta étaient légions, en prison aussi, mais les traite pas de tarlouzes, hein ! Ne perds pas ta savonnette non plus.

      Les théories de genre, c’est encore une légende urbaine pour faire peur aux gens un peu étroit du cerveau. Un gamin qui joue avec barbie (pas claus !) ne deviendra pas homo et la fille qui joue aux légo ne deviendra pas gouine.

      J’avais déjà lu un article hautement intéressant sur la pédérastie dans un Hors-Série du Monde (les magazines très cher qui sortent de temps en temps et qui sont super bien foutus) ou dans un Hors-Série du Monde des religions, je sais pu… mais c’était pas un Public ou un Voilà ! Si je dois acheter un magazine, je vise haut, sinon, c’est Spirou, Lanfeust Mag, Canard Enchainé et Cheval Magazine (on ne se refait pas).

      Les gens devraient un peu plus s’instruire, tiens, savoir d’où vient certaines choses, ça leur éviterait de dire des conneries…

      Oui, j’étais au antipodes d’un roman noir, bien que, dans les trous du cul, il n’y fasse pas très lumineux… 😆 Je sors !

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      • Et oui… l’homme libre ne devait pas se faire sodomiser! Il pouvait abuser de son esclave cela étant… et même avec bobine c’est lui qui devait rester au-dessus! C’est pas juste un truc occidentalo-judéo-chrétien ce tabou! C’est universel. Même dans toutes les sociétés qui toléraient les pratiques bisexuelles, le grand tabou c’est que l’homme doit rester un homme (et au dessus) et la femme doit rester une femme. Jouir avec l’un ou avec l’autre c’est possible… à condition que l’ordre social et la perpétuation de l’espèce soient préservés !

        Ce qui est venu foutre le brun c’est la confusion qui a été faite ensuite entre désir et identité sexuelle… mais bon…

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        • Oui, faut toujours garder sa position sociale, même dans la sodomie… et s’il se fait mettre, faut juste pas que ça se sache et comme disait Benjamin Franklin : « un secret entre trois personnes n’était un secret que si deux d’entre elles étaient mortes » et donc, je suppose qu’il y a eu des jeunes gens qu’on a retrouvé mort parce qu’ils avaient accepté de sodomiser celui qui ne voulait pas qu’on le suce ensuite (du verbe « savoir ».

          Putain, même dans le sexe, faut encore une position sociale et celle-là, elle n’est pas dans le Kama !

          Les gens aiment qu’on les foutent dans des cases et aiment y foutre aussi les autres : les homo, les bi, les hétéro, les « ne se prononce pas »…

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  2. – Tonton Marcel, peux-tu me passer le sel s’il te plaît ?

    – Mémé, ne garde pas pour toi toute seule le plat de la dinde !

    – Maman, ta sauce est divine !

    – Ah, au fait !… savez-vous que…

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    • Oui, presque ça ! En fait, je vais attendre que le sujet sexe débarque à table car c’est un sujet passe partout, un truc qui ne fâche personne, pas comme le foot qui met en rage mon oncle, surtout quand son club perd !

      Vivement nowel, tiens !

      Aimé par 2 people

  3. « Les hellènes et les garçons », c’est le meilleur jeu de mots de l’automne, ma Belette. Cela dit, un ouvrage érudit qui ne sodomise pas les diptères (ah, l’enculage de mouches), c’est toujours une bonne façon de se cul-tiver.
    Amitiés.

    Aimé par 1 personne

    • Merci cher Claude !

      Je vois que ce genre d’article ramène des tas de lecteurs curieux… le titre est sans doute plus attirant que « la vie des fourmis en Provence »…

      Le sodomisateur de dyptères, je l’avais déjà entendu dans le portrait d’un qui s’étant sans aucun doute inventé une vie d’homo, avec un mec sexy et des tas de choses qui sentaient le pas vrai !

      On se cul-tive comme on peu… L’important est ce « queue » nous en retiendrons…

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  4. En voyant le titre du livre, j’ai eu peur par rapport à ton billet ! On se demande bien pourquoi d’ailleurs ! Enfin, je dis que j’ai eu peur mais j’attends toujours -bien évidemment- un bon jeu de mots. Je n’ai pas été déçue !

    Aimé par 1 personne

    • À l’époque, représenter des gros machins était très mal vu ! Seuls les satyres étaient montés comme Sifredi. Eux, les vrais grecs, on leur en mettait un tout petit… la taille avait une importance, mais pas dans le même sens que nous.

      Alors, pour voir des petits machins sur des représentations de poteries… faut mettre son nez dessus !! PTDR

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  5. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Octobre 2016 | The Cannibal Lecteur

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