Dans la brume électrique : Bertrand Tavernier (2009) [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 30/52]

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Dans la brume électrique (In the Electric Mist) est un film franco-américain réalisé par Bertrand Tavernier, sorti en 2009.

Le film est inspiré de In the Electric Mist with Confederate Dead (Dans la brume électrique avec les morts confédérés) de James Lee Burke.

Synopsis :
À New Iberia, en Louisiane, une prostituée de 19 ans est retrouvée morte et mutilée. Il s’agit de la dernière victime d’un tueur en série qui s’attaque à de très jeunes femmes.

L’inspecteur Dave Robicheaux chargé de l’enquête soupçonne Julius « Baby Feet » Balboni, une figure de la mafia locale.

Dans le même temps, il arrête pour conduite en état d’ivresse Elrod Sykes, une star hollywoodienne venue en Louisiane tourner un film et dont l’un des producteurs n’est autre que Julius Balboni.

L’acteur lui confie avoir découvert des ossements humains dans le bayou du delta de l’Atchafalaya.

Cette découverte fait resurgir chez Dave des souvenirs du passé : trente-cinq ans plus tôt, il a assisté au meurtre d’un homme noir à cet endroit.

Distribution :

  • Tommy Lee Jones  : Dave Robicheaux, shérif adjoint de la paroisse de New Iberia, ancien inspecteur au NOPD
  • Mary Steenburgen  : Bootsie Robicheaux, l’épouse de Dave
  • John Goodman : Julius « Baby Feet » Balboni, investisseur notoirement véreux, impliqué dans divers trafics illicites
  • Peter Sarsgaard : Elrod Sykes, acteur de cinéma
  • Kelly MacDonald  : Kelly Drummond, actrice de cinéma et petite amie d’Elrod
  • Ned Beatty : Twinky LeMoyne, homme d’affaires associé de Murphy Doucet
  • Bernard Hocke  : Murphy Doucet, propriétaire d’une société de sécurité et ancien agent de la Highway Patrol
  • James Gammon : Ben Hebert, gardien de prison retraité
  • Pruitt Taylor Vince  : Lou Girard, policier de la paroisse de New Iberia et ami de Dave
  • Justina Machado  : Rosa « Rosie » Gomez, agent du FBI

dans-la-brume-electrique-avec-les-morts-confederesCe que j’en ai pensé :
Ceux qui ont déjà lu les romans de James Lee Burke savent que l’auteur ne mène pas son Dave Robicheaux à une allure de dingue.

On prend son temps, on plante le décor, ça ne court pas dans tous les sens et pourtant, on ne s’y embête pas.

Le film ne dérogera pas à la règle : il prend son temps, plante son décor d’une Louisiane ravagée par l’ouragan Katrina (pas dans le roman qui se déroule bien avant l’ouragan) et d’un flic pas tout à fait dans les normes.

Notre Dave Robicheaux est incarné par un acteur que j’apprécie beaucoup : Tommy Lee Jones. Il a toujours l’air de tirer la tronche, n’a pas 50 expressions faciales, mais je l’adore parce qu’il donne toujours du relief à ses personnages.

Notre flic enquête donc sur un manique du couteau qui taillade les jeunes filles une fois qu’il a tué.

Le film suivra une trame classique pour l’enquête, rien de fou dans la mise en scène, que du classique, un pur « Wodunit » dans le genre. Nous sommes loin d’un Jack Bauwer de 24h chrono.

Et sur cette enquête du présent où la mafia locale ne serait pas étrangère à l’affaire, on a un cold case avec un homme Noir assassiné dans le bayou dont on vient de retrouver les ossements.

Ce qui sauve le film – qui a peu de rythme – c’est l’atmosphère si particulière du Bayou qui ressort très bien.

On a de la musique cajun pour s’immerger dedans encore mieux, des vieux habitants avec des trognes qui n’appartiennent qu’à eux, du racisme latent, des effluves d’esclavage, la méfiance de l’homme Noir devant l’homme Blanc et l’air est saturé d’humidité qu’on en transpirerait.

Oui, on ressent bien l’atmosphère poisseuse du bayou avec ses marais putrides et sa végétation lugubre, le tout donnant au film une ambiance mystique et inquiétante.

Je ne compte plus les scènes où on suit Dave Robicheaux qui sillonne les routes au volant de son énorme pickup (polluant) et qui permettent de nous plonger encore mieux dans ce décor époustouflant où l’ouragan Katrina a fait d’énormes dégâts.

La vision des maisons abandonnées, détruites, amplifient encore le sentiment d’oppression du bayou.

La petite particularité du scénario c’est qu’il devait arriver à intégrer les fantômes du passé qui viennent hanter Dave Robicheaux, et ce n’était pas évident d’arriver à placer des ellipses temporelle dans l’historie, sans casser le rythme qui n’était déjà pas trépidant.

Et quels fantômes du passé ! Rien de moins que la compagnie du Général confédéré John Bell Hood. Cela donne un petit air fantastique au film.

L’autre personnage dont j’ai apprécié le jeu d’acteur, c’est celui de John Goodman, le mari de Roseanne, qui ici n’avait rien d’un gentil. Un vrai méchant comme on les aime : une crapule notoire, un proxénète reconverti dans la production de films, un type qui suinte le gras par tous ses pores et baisent toutes les filles qui passent.

Au final, on a un film qui se déroule doucement, à la vitesse des eaux du bayou, donc, faut aimer les rythmes lents et les films où l’action n’est pas la chose primordiale.

Si l’enquête est classique, elle se révèlera de par sa résolution moins classique que l’on pourrait le croire et notre flic déterminé n’hésitera pas à piétiner les plates-bandes de la loi afin de faire respecter la sienne dans sa juridiction.

Et je ne lui donne pas tort !

Étoile 3,5

Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

 

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28 réflexions au sujet de « Dans la brume électrique : Bertrand Tavernier (2009) [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 30/52] »

  1. Ton résumé me fait penser à la série Thrue Detective, saison 1. La lenteur, les plans du bayou, des hommes dans leur souffrance et leurs fantômes….
    C’est étonnant pour un film français. Tu sais pourquoi Tavernier a voulu faire ce film?
    Tu as lu le livre d’où est adapté le roman?
    il y a une belle bande son ou il y a un travail sur le silence?

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : Le challenge USA | 22h05 rue des Dames

  3. Superbe film, très fidèle au roman, avec un Tommy Lee Jones qui correspond parfaitement à Robicheaux tel que je me l’imaginais.
    Puis il y a Buddy Guy en guest star, et qui en plus joue de la musique.
    Sinon Tavernier est un grand amateur de polars en général, de polars américains, et de James Lee Burke en particulier.
    Sans oublier Coup de Torchon, sa géniale adaptation de Jim Thompson (pop. 1280).

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  4. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Novembre 2016 | The Cannibal Lecteur

  5. Ping : Cinéma américain | 22h05 rue des Dames

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