J’ai été Johnny Thunders : Carlos Zanon

Titre : J’ai été Johnny Thunders

Auteur : Carlos Zanon
Édition : Asphalte (03/03/2016)

Résumé :
Barcelone, de nos jours. Ancien guitariste de rock, Francis revient dans le quartier où il a grandi, où il a noué ses premières amitiés et surtout où il a découvert le rock. Sauf qu’il a désormais la cinquantaine bien tassée et, sans le sou, il doit retourner vivre chez son père.

Francis a brûlé la chandelle par les deux bouts, avec pour seul principe de profiter de la vie, jusqu’à perdre plusieurs de ses proches dans la spirale de la toxicomanie.

Mais Francis a un plan en tête. Retrouver une vie normale, trouver un job qui va lui permettre de payer ses pensions alimentaires en retard, renouer avec ses enfants, rester à l’écart de la drogue – qu’il a arrêtée depuis peu -, mettre un peu de fric de côté…

Et aussi revoir sa petite soeur adoptive, afin qu’elle l’aide à se remettre en selle. Mais celle-ci fréquente un certain don Damiàn, le parrain du quartier, qui a la main sur tous les trafics…

Le retour à la réalité se révélera compliqué pour Francis, aux prises avec les démons de son passé, mais aussi avec la nostalgie d’une vie faite de musique, de passion, de sueur et d’excès.

Critique :
« Si à 50 ans t’as pas encore percé dans le rock, alors, t’as raté ta vie ! » Cette citation s’appliquerait à merveille à Francis, plus connu sous le nom de Mr Frankie, à l’époque où il était guitariste.

Enfin, niveau heure de gloire, à part avoir fait un concert avec Johnny Thunders à l’époque où il avait tout d’une loque imbibée d’alcool et de drogue et tenait à peine sur ses quilles.

Johnny Thunders ?? C’est bien beau tout ça, mais c’est qui, lui ? Wiki m’apprend qu’il a fait partie du groupe  The New York Dolls, qu’il quitta en 1975 en compagnie du batteur Jerry Nolan, pour fonder le groupe The Heartbreakers. Heu…

Heureusement que You Tube m’a rafraîchit la mémoire avec « Born to lose » que je connaissais, effectivement.

Frankie est un looser de première classe ! « Born to lose » pourrait s’appliquer parfaitement à lui. Il a 50 balais, est de retour chez son père, petit pensionné qui ne s’en sort déjà pas et traine un passé peu glorieux.

Frankie est un ancien junkie, un alcoolo, un type qu’a pas fait grand-chose de sa vie, même avec sa guitare, qui est divorcé avec deux fils qu’il n’a même pas vu grandir et une pension alimentaire qu’il est incapable de payer.

La Barcelone décrite dans ses pages n’a rien pour faire rêver ! Ses quartiers populaires sont hantés par des types louches, des dealers, des voleurs, des gangs, ou par des gens qui sont obligé de faire les poubelles des supermarchés pour bouffer.

Avec un roman noir qui a reçu le prix Dashiell Hammet entre les mains, où tous les ingrédients d’un petit noir corsé étaient réunis (bandits, voleurs, quartiers malfamés, bars louches, boites de nuit encore plus louches, magouilles et compagnies, nenettes super bien roulées, came, individus peu fréquentables, sexe, cocus, amants, drogues, pédophilie, musique et riff d’enfer, pauvreté, misère,…) assurément, la lecture ne pouvait qu’être bonne.

Elle le fut, assurément, au début, et puis, vers le milieu, j’ai décroché sévère, passant des lignes, des paragraphes, des pages., les personnages pourtant bien typés me laissant indifférente à leurs aventures merdiques, à leurs combines et même l’égoïsme crasse de Francis m’a laissée de marbre à ce moment là.

Sur la fin, là j’ai repris du poil de la bête et tout est repartit comme sur un bon rock endiablé.

Malgré tout, vu ce long passage qui m’a endormi pire qu’un reportage sur la vie sexuelle des escargots de Bourgogne, ma lecture qui s’annonçait palpitante et corsée me laisse un goût amer en bouche.

Je m’attendais à mieux comme roman noir social, ou alors, lui et moi on n’était pas fait pour se rencontrer et jouer ce morceau ensemble…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017) – Auteur Espagnol.

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23 réflexions au sujet de « J’ai été Johnny Thunders : Carlos Zanon »

  1. J’adore la vie sexuelle des escargots de Bourgogne, et encore plus de l’ensemble des gastéropodes. Mais j’ai adoré encore plus ce roman de Carlos Zanon. Pour moi, ce fut une très belle surprise, certainement mon côté rock conjugué à ma face de loser…

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    • Et bien, mon chou, je me basais entre autre, sur ta critique (et celles des autres) et je m’attendais à un truc de ouf, quelque chose qui percute, qui swingue, qui jazze, qui rock… Et j’ai même pas valsé !

      J’ai aussi la vie sexuelle des fourmis en Nouvelle-Zélande par temps de pluie… Niveau truc un peu trash dans mon assiettes, je préfère les grenouilles et leurs cuisses…

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  2. Ah! Les quinquas aigris qui se rendent compte que leurs rêves de gloire artistique sont bel et bien derrière eux… j’en connais un… c’est terrible! En plus ils ne se rendent pas compte le plus souvent que c’est parce qu’ils n’ont pas de talent ou pas suffisamment travaillé pour développer celui qu’il pouvaient avoir… et l’ont laissé s’éteindre (et oui le talent c’est comme un muscle! Sinon le le fait pas travailler ça s’étiole!) et évidemment ils en veulent aux autres… au public stupide qui ne les a pas compris… aux producteurs/éditeurs/impresarios/etc…

    bref… c’est une rengaine qui a le son de me crisper et c’est pas ce qui va me donner envie de lire ce livre! En plus je trouve que ça fait toujours un peu cliché les histoires de loosers. Ça se ressemble toujours un peu je trouve…

    Or donc… j’éviterai de l’acheter ou de me le faire offrir…

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    • C’est pas eux qui manquent de talent, c’est les autres qu’on rien compris ! PTDR

      Sans entraînement, t’arrives à rien, ou alors, tu es doué de chez doué ! Mais il y a peu d’élus…

      Plus facile de remettre les fautes sur les autres que de se regarder dans la glace et de se dire que si on a foiré, c’est de notre faute, parce qu’on a pas bossé assez dur, parce qu’on a pas voulu changer son fusil d’épaule alors qu’ainsi, ça marchait pas…

      L’Homme est ainsi, je suppose que je ne t’apprends rien… 😦

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    • Le pitch avait tout pour me plaire, les critiques sur Babelio étaient dans le bon sens (5-4 étoiles), faites par des membres que je « connais », donc, pas de complaisance… et bardaf, j’ai pas vraiment aimé.

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