Ton avant-dernier nom de guerre : Raúl Argemi

Titre : Ton avant-dernier nom de guerre

Auteur : Raúl Argemi
Édition : Payot et Rivages (2013)

Résumé :
Victime d’un accident de la route, le journaliste Manuel Carraspique se retrouve hospitalisé au coeur de l’Argentine profonde.

Il partage sa chambre avec un Indien Mapuche, que les infirmières appellent Marquez mais qui ne s’appelle peut-être pas ainsi comme le soupçonnent les policiers qui viennent lui rendre visite.

Manuel a plus ou moins perdu la mémoire, mais pas ses réflexes de journaliste. Dans le silence de la chambre, il entreprend de faire parler le blessé.

Ce dernier raconte des choses terribles, des histoires à dormir debout dont il serait le héros. Délire ou vérité ? Manuel n’est pas au bout de ses surprises.

Roman à la construction brillante, dans lequel les récits se superposent jusqu’au vertige final, « Ton avant-dernier nom de guerre » a remporté de nombreuses récompenses, dont le prestigieux prix Dashiell Hammett et le prix Luis Berenguer.

Critique :
Lorsque vous êtes un journaliste accidenté, tombé dans un petit hôpital un peu paumé et que dans le lit à côté de vous, il y a un indien Mapuche suspecté d’avoir trucidé une partie de sa communauté, faudrait être absolument amnésique ou très con pour ne pas profiter de l’occasion et l’interviewer, même s’il est dans un semi-coma et grand brûlé.

Je pensais tomber sur un récit noir d’un indien Mapuche racontant ses déboires à un journaliste (l’auteur en est un, de journaliste), en apprendre un peu plus sur ce peuple, sur comment on les a traité, au travers de ce petit roman noir qui fut primé.

Ou encore, apprendre des faits sur le coup d’état militaire du général Videla (mars 1976), ce qui provoqua non seulement un massif exil d’Argentins et un massacre de plus de 30.000 personnes. Oui, je suis d’accord, on ne nous en parle pas assez souvent.

Il n’en fut rien. Ce roman noir hargneux est constitué d’une superposition de récits dont on ne sait s’il sont sortis de l’esprit embrumé du journaliste Manuel Carraspique ou si le Mapuche lui raconte réellement ce qu’il s’est passé, puisqu’il est censé être dans le coma.

Le tout donnant un récit bordélique sans nom dans mon pauvre cerveau qui avait bien du mal à faire la part des choses et qui, au final, a opté pour une solution qui s’est révélée être la bonne.

Hé, on ne me le fait plus, à moi ! Ou alors, faut monter son coup correctement, mais depuis Di Caprio sur son île avec des fous, je me méfie de tout, surtout des récits éparpillés façon puzzle.

Il est vrai que le final est bien vu, surtout pour celui ou celle qui ne s’y attendait pas, et il aurait  pu sauver le reste du roman, mais ce ne fut pas le cas chez moi, hélas.

Anybref, après la lecture de ces 160 pages qui oscillent entre de la fantasmagorie, de la paranoïa et un récit échevelé, j’en suis sortie frustrée et totalement aussi inculte sur le sujet qu’en ouvrant le roman.

Du moins, le récit ne pas appris grand-chose que je ne savais déjà. Et vu les récits parcellaires auquel j’ai eu droit, me reste plus qu’à tout remettre dans l’ordre maintenant.

Un roman noir qui aurait pu ma plaire, mais dont je suis sortie frustrée à cause de ses scènes incohérentes, de son récit morcelé, qui provoqua un début d’indigestion chez moi et l’envie de zapper le reste, ce que je n’ai pas fait, puisque, courageusement, je suis allée au bout.

Faudra que je vérifie si les autres romans de cet auteur que je voulais découvrir sont de la même veine ou pas.

Si encore c’était une daube, je calerais un meuble avec, mais ce n’est de la daube, c’est juste un récit bordélique qui donne envie de reposer le roman et de passer à autre chose.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017).