Agatha Raisin enquête – Tome 1 – La quiche fatale : M.C. Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 1 – La quiche fatale

Auteur : M.C. Beaton (pseudo de Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (01/06/2016)

Résumé :
Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme.

Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.

Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Critique :
Il est un fait certain qu’on ne lit pas une enquête d’Agatha Raisin pour son rythme trépidant, ses multiples rebondissements, ses énigmes à tiroir et son suspense insoutenable !

Non, faut pas ouvrir un Agatha Raisin en cherchant ces ingrédients là car ils sont absent de cette délicieuse quiche qui fut fatale à celui qui en mangea un morceau.

Ne cherchez pas non plus des résolutions d’énigmes à la mère Agatha Christie où les morts, les éclopés, ainsi que les narrateurs tuent…

Ici, nous sommes dans une résolution d’enquête classique, pas besoin d’aspirines pour le final, mais pas de cris de malade poussés devant la résolution non plus.

Par contre, si vous aimez le so british, les ambiances délicieuses et détestables des petits villages où vos ancêtres devaient être au moins présent du temps des cavernes pour prétendre être du coin, alors ce roman est fait pour vous !

Agatha n’est pas le genre de voisine dont on rêve d’avoir, elle est un peu antisociale une fois sortie de Londres, mal élevée, grossière, râleuse, arrogante, elle sait ce qu’elle veut, adore donner des ordres, jouer sur la gentillesse mâtinée de chantage et plus que tout, elle voudrait s’intégrer dans ce village où, pour les habitants, elle est une étrangère car elle n’a pas au moins 4 générations d’ancêtres originaires du village.

Pourtant, malgré son caractère ronchon, on s’attache à Agatha et on comprend aussi son envie d’être admirée par les autres, intégrée, tout en restant éloignée de tout cela, un peu comme lorsqu’elle vivait à Londres et qu’elle ne mêlait qu’avec très peu de gens.

Sachez que ici, les petites vieilles du village deviennent toutes folles excitées à l’idée de la venue de l’orchestre… Et c’est pas le genre de chose qui fera mouiller la culotte de notre chère Agatha car à l’aube de la cinquantaine, elle n’a rien d’une miss Marple !

L’enquête prendra son temps car pour tout le monde, ce fut un accident, mais quelques petits détails vont éveiller la curiosité de notre Agatha et elle va prendre le taureau par les cornes et résoudre cette enquête avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Mais à la fin de son aventure, notre Agatha aura tout de même un peu changé, glissant vers une personnalité un peu moins arrogante qu’au départ. Il y a encore du travail avant qu’elle ne soit la perfection même car elle a toujours son fichu sale caractère.

Une lecture rafraîchissante, agréable, douce, tranquille, le genre de roman qui se lit affalé dans un fauteuil de jardin, une cup of tea non loin, avec quelques scones, crumpets et autres sandwich aux concombres.

Une lecture à l’ambiance so bristish, cosy, qui, sans être le polar de l’année, ravira les lecteurs/lectrices qui veulent un peu de légèreté dans leurs lectures en se plongeant dans des romans, qui, publiés en 1992, ne comportent pas de smartphones et autres trucs de notre époque.

Je me ferai la suite des enquêtes d’Agatha Raisin avec grand plaisir !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.