Le retour de Jack l’Eventreur : J.B Livingstone

Titre : Le retour de Jack l’Eventreur

Auteur : J.B Livingstone (pseudo de Christian Jacq)
Édition : Les Éditions du Rocher (1989)

Résumé :
A la fin du siècle dernier, une affaire tristement célèbre, la plus mystérieuse de l’histoire criminelle, devait bouleverser l’Angleterre : plusieurs meurtres de femmes de petite vertu étaient commis dans un quartier sordide de Londres par celui que l’on appela sans jamais déceler son identité, Jack l’Éventreur.

Plus d’un demi-siècle plus tard, les mêmes faits atroces se reproduisent à Whitechapel.

La date des meurtres, les crimes eux-mêmes, les affreuses blessures, les mutilations… Tout porte la marque du héros maudit.

La surprise confine à la stupéfaction lorsque les huit suspects repérés par le super-intendant Marlow apparaissent comme les inquiétantes réincarnations de ceux de l’année 1888… Il y a de quoi devenir fou…

Jack l’Éventreur, par la grâce d’un élixir de jouvence, serait-il de retour ? Mais pourquoi avoir attendu si longtemps pour reprendre ses sinistres activités ? Un dément aurait-il ourdi cette œuvre noire ?

Mais mû par quel mobile ? Une fois de plus la perspicacité de Higgins est mise à rude épreuve.

Critique :
Mais quel est l’imbécile qui a établi ma liste de lecture pour le Mois Anglais de juin 2017 ? Ah mince, c’est moi…

Niveau nombres de lectures pouraves mensuelles, je ne sais pas si j’ai déjà réussi à faire pire…

Victor Pivert, déguisé en Rabbi Jacob, m’aurait dit : « Et bien, fallait pas jouer le mauvais chameau ! ».

Parce qu’ici, nous sommes face à la toute grande littérature… de gare ! Attention, pas d’une grande gare, une toute petite gare paumée dans le trou du cul du monde.

Si les écrits de monsieur Christian Jacq (J.B Livingstone c’est lui) m’ont emporté à un moment de ma vie de lectrice, il n’en serait plus rien maintenant et la preuve m’est apportée sur un plateau d’argent.

Je vais sortir mon scalpel pour l’autopsie sauvage de ce truc littéraire.

Déjà une grosse erreur dans le résumé où l’on nous dit que nous sommes « plus d’un demi-siècle plus tard » : un gros demi-siècle plus tard, oui ! Parce que 1888 + 50 nous donnerait l’année 1938, hors, on nous parle de police scientifique et d’ordinateurs !

Nous nous trouvons clairement dans la moitié des années 80… Autrement dit, presque un siècle plus tard que les événements de 1888.

J’assassine qui maintenant ? Les dialogues et la narration à la limite du neuneu ? Où l’on se demande si c’est un grand auteur qui les a écrit où s’il a délégué la tâche à son p’tit n’veu ?

Il y avait de quoi devenir fou. Certains ne tarderaient pas à croire que Jack l’Éventreur n’était pas mort et qu’après de trop courtes années de répit il avait décidé de se lancer dans une nouvelle croisade meurtrière contre les dames de petite vertu de Whitechapel. Cela ne se pouvait pas…

Les personnages qui sont stéréotypés, clichés et poussifs au possible ?

Comme les chats, l’ex-inspecteur-chef voyait dans l’obscurité.

L’ex inspecteur-chef Higgins est bourré de qualités, sans défauts aucun, de plus, il parle aux suspects comme si c’était des gosses que l’on gronde !

— Pouvez-vous jurer que vous n’aviez pas l’intention d’assassiner cette femme ? demanda Higgins avec gravité.
— Oui, inspecteur. Mais j’ignore si ma parole possède une quelconque valeur à vos yeux.

Higgins se fit sévère.
— Je vous interdis bien de vous en servir ailleurs que dans votre boucherie. [En parlant d’un couteau sacrificiel].

Quand au super-intendant Marlow, je ne sais pas où Scotland Yard l’a pêché, mais bon sang, quel crétin fini !

Nous sommes dans les années 1980 et ce petit monsieur ne veut pas importuner les aristocrates parce que selon lui, les gens de la haute ne peuvent pas être le coupable des crimes atroces ! On lui dit que nous ne sommes plus à l’ère Victorienne ??

Higgins crut que le superintendant était sur le point de défaillir.
— Higgins… Si vous éprouvez un peu d’amitié pour moi, laissez le duc à l’écart ! Comment un homme de cette qualité pourrait-il avoir massacré des femmes de mauvaise vie ?
— Il rodait bien dans Whitechapel le 31 août et le 8 septembre, et il figure bien sur votre liste.

De plus, ce trouillard rêve depuis toujours d’intégrer la garde rapprochée de la reine Elizabeth II, la plus belle femme du royaume, selon lui.

Depuis son enfance, Marlow était amoureux de la plus belle femme du monde, la reine Élisabeth II. Il rêvait d’appartenir au corps d’élite qui formait sa protection rapprochée. Encore fallait-il présenter d’impeccables états de service.

Rien qu’à entendre certaines de ses réflexions et on comprendra qu’il est coincé de chez coincé et limité intellectuellement. Bref, pas crédible pour un sous, ce super-intendant.

— […] C’est dur, l’existence, loin de son pays… Alors, il me faut des compensations. Quand mon âme souffre trop, je viens à Whitechapel. Normal, non ?
Scott Marlow était révolté. Comment l’Angleterre morale et rigoriste de la reine Victoria, le modèle de la civilisation, pouvait-elle s’en aller ainsi à vau-l’eau ? Comment l’establishment pouvait-il accepter que des mœurs aussi dissolues dénaturassent ainsi un quartier de la capitale de l’Empire ? S’il n’avait tenu qu’à lui, il aurait immédiatement mis sous les verrous cet ivrogne dont les vêtements étaient imprégnés d’une détestable odeur d’alcool à bon marché.

Attendez, je suis tombée sur pire ! Quand notre Higgins, ancien inspecteur-chef à Scotland Yard (à la retraite), accepte d’enquêter sur le meurtre horrible, il va se faire aider par une jeune prostipute qui assistera – à la demande expresse d’Higgins – aux interrogatoires des suspects, réalisés dans une vieille boutique de Whitechapel, cachée derrière un rideau. Non mais j’hallucine, moi !

— Je vous propose d’être mon assistante, mademoiselle. Je dois procéder au premier interrogatoire d’un certain nombre de suspects. Consentiriez-vous à m’aider ?
La jolie blonde tapa dans ses mains et sautilla sur place.
— Aider le Yard ? C’est formidable ! J’en ai toujours rêvé !

— Soyez remerciée pour votre parfaite collaboration, mademoiselle. Sans doute serons-nous appelés à nous revoir.
La jolie blonde offrit à Higgins son plus délicieux sourire.
— Avec plaisir, inspecteur.

Autre GROSSE incohérence : je veux bien admettre qu’il serait possible qu’un Copy Cat nous refasse les crimes de 1888… Mais quelle est la probabilité pour que Scotland Yard se retrouve face à une liste de suspects ressemblant à celle de 1888 ou que l’on retrouvait dans les fantasmes complotistes de certains ?

Non mais allo quoi ? On aurait plus de chance de se faire mordre par une chauve-souris enragée alors qu’on habite au 30ème étage, sans ascenseur, avec porte blindée, que de réunir tout ce petit monde : un boucher juif, un chirurgien, un noble attaché à la famille royale, un avocat (qui se nomme Montague aussi), un russe, une sage-femme et un peintre !!

Je vous passerai le final, bête à manger du foin, avec un coupable aux motifs simplistes, pas réalistes pour deux sous et totalement injustifiés.

Anybref ! Une lecture morne, sans joie, un roman sans profondeur, sans rien d’intéressant, avec des personnages fades, clichés, des enquêteurs dont un est un grand dadais qui voit le coupable chez tout le monde, sauf chez les nobles et qui arrêterait n’importe qui sans preuves.

Je m’y suis emmerdée, mais emmerdée, dans cette histoire !

Sans le Mois Anglais 2017, ce bouquin aurait terminé sa vie par la fenêtre ou sous un meuble bancal, arrêté dès la page 10 (ou même avant).

— Il n’existe que trois solutions, sir. La première relève de l’irrationnel le plus absurde : Jack l’Éventreur utiliserait un élixir de jouvence qui lui permettrait de continuer à frapper. Mais, en ce cas, pourquoi aurait-il attendu si longtemps avant de reprendre ses sinistres activités ? La seconde est exigée par la raison la plus obtuse : nous serions en présence de simples coïncidences. Vouer un tel culte au hasard, après tant d’indices troublants, me paraîtrait plutôt léger. Aussi suis-je partisan de la troisième solution : le retour de Jack l’Éventreur.

Heureusement qu’il ne m’avait rien coûté… Allez, au suivant !

 

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sweeney Todd – Le Diabolique Barbier de Fleet Street : Tim Burton

Sweeney Todd est le nom d’un tueur en série du folklore anglais dont l’histoire a donné lieu à des adaptations au théâtre et au cinéma.

Sweeney Todd était barbier londonien qui assassinait ses clients avec son rasoir tandis que sa complice, Mrs. Lovett, se débarrassait des corps en les utilisant pour garnir ses tourtes à la viande.

En 2007, Tim Burton réalise au cinéma, toujours sous le titre de Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street, une adaptation de la comédie musicale de Sondheim (1979) avec Johnny Depp dans le rôle de Sweeney Todd et Helena Bonham Carter dans celui de Mrs Lovett.

Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street (Sweeney Todd: The Demon Barber of Fleet Street) est un film musical, entre comédie noire et horreur.

Johnny Depp et Helena Bonham Carter incarnent à l’écran ce duo maléfique et interprètent eux-mêmes les chansons du film, tout comme les autres acteurs.

Il a remporté plusieurs prix, dont le Golden Globe du meilleur film musical ou comédie et l’Oscar des meilleurs décors et Depp a été récompensé pour son rôle par le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie et a été nommé pour l’Oscar du meilleur acteur.

L’adaptation de Tim Burton présente le personnage principal comme une victime de la société.

Résumé :
L’histoire se déroule au XIXe siècle à Londres. Condamné à tort par un juge corrompu qui désire sa femme, le barbier Benjamin Barker est exilé en Australie.

Il s’évade quinze ans plus tard et, sous le nom de Sweeney Todd, retourne à Londres, et arrive à Fleet Street où il espère retrouver sa femme (Lucy) et sa fille (Johanna) et reprendre sa vie d’antan. Il se lie d’amitié avec le jeune marin qui le transporte à Londres, prénommé Anthony.

Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie Lovett. Celle-ci l’informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin.

Ce que j’en ai pensé :
Je haïs les comédies musicales ! J’ai en horreur des films où on passe la moitié de son temps à chanter !

Et je vous jure que si je m’étais souvenue que ce film en était une, je n’aurais même pas pris la peine de le regarder !

Ne tergiversons pas, j’ai déjà zappé toutes les parties chantées… et pour le reste, bof, bof, bof.

Nous sommes dans du Tim Burton, pas la peine de le cacher, on sent sa patte, son design et sa méthode dans sa manière de filmer, dans les personnages, maquillés à outrance, ou dans Johnny Deep qui, en maniant ses rasoirs, avait tout d’un Edward aux mains d’argent.

On présentait ce film comme un Monte-Cristo qui, après avoir été injustement condamné, s’en revient crier vengeance.

Ouais… On repassera !

Certes, Benjamin Barker (Johnny Deep) a été condamné à tort, certes, il est revenu en bateau, repêché par un marin, certes il a perdu sa femme, sa fille et il hurle vengeance, mais là où Edmond Dantès faisait dans la finesse, dans la vengeance haut-de-gamme et taillée sur mesure, Sweeney Todd est dans la démesure et fait couler trop d’hémoglobine à mon goût.

Hémoglobine ou peinture rouge ? Anybref, trop is te veel, et l’abus d’hémoglobine tue l’hémoglobine puisqu’à la fin, on en vient à bailler d’ennui devant tous ces égorgements.

Le final a une morale sadique et je ne vous dirai pas que j’ai été surprise car depuis le début je le présentais. Trop d’indices laissaient à penser que…

La seule chose qui valait la peine d’être vue, c’est Allan Rickman, le Rogue de Harry Potter, ZE méchant par excellence, qui, dans son rôle de juge implacable et débauché valait son pesant de tourte à la viande !

Amoral, immoral, rempli de vices, bref, du grand Allan Rickman et j’aurais aimé que son personnage soit plus mis en avant et autrement qu’en chantant puisque j’ai visionné les chansonnettes en accéléré.

Putain, il y avait matière à faire mieux, bien mieux ! Déjà, en ne chantant pas…

Oui, sans les chansons, j’aurais sans doute été plus complaisante avec ce film qui a été salué par la critique (sauf aux États-Unis où c’était mitigé) et qui a remporté des prix.

Un film qui ne me laissera pas un souvenir impérissable… sauf pour les décors, tiens, qui eux, étaient réussis !

Allez, au suivant !

Lle Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.