Agatha, es-tu là ? : Nicolas Perge & François Rivière

Titre : Agatha, es-tu là ?

Auteur : Nicolas Perge & François Rivière
Édition : Le Masque (28/12/2016)

Résumé :
Le 3 décembre 1926, Agatha Christie disparaît mystérieusement.

« Ni vivante… ni morte…  » Ces quelques mots d’un ami médium résonnent fortement dans l’esprit d’un Conan Doyle fatigué.

Le vieil auteur de Sherlock Holmes s’est juré de tout mettre en œuvre pour retrouver sa jeune consœur, volatilisée alors que la gloire commençait à poindre avec son dernier roman, « Le Meurtre de Roger Ackroyd ». Enlèvement ? Assassinat ? Fugue ?

Conan Doyle veut comprendre, savoir pourquoi … Mais y a-t-il un pourquoi ?

Réfugiée dans l’hôtel d’une ville thermale du Yorkshire sous une fausse identité, Agatha Christie cherche un peu de paix. Elle ignore que les chiens se sont déjà lancés sur ses pas…

Critique :
Agatha, où es-tu ? Agatha, que fais-tu ? Agatha, pourquoi le camp es-tu foutue ?

C’est cette disparition inquiétante et mystérieuse que Arthur Conan Doyle va essayer de résoudre : voilà donc le père de Sherlock Holmes sur les traces de la mère d’Hercule Poirot !

Ma foi, il aurait mieux fait d’envoyer sur la piste leurs deux rejetons, ils auraient eu vite fait de résoudre l’énigme, un en triturant ses petites cellules grises, l’autre en se couchant par terre pour relever des traces.

Il avait appris grâce à Sherlock Holmes que rien n’égale l’observation et la détection d’après les preuves.

— Seuls comptent les preuves et les indices, un peu comme pour votre grrrrand détective ! Les faits et pas les fées, sir Arthur !

— Toujours on regarde et on déduit à partir de ce qu’il y a… Mais il est plus intéressant d’analyser ce qu’il n’y a pas. Ce qui est manquant !

— C’est grâce à vous, monsieur Doyle !
— Comment cela ?
— Je suis, comme on dit, tombé dans ce genre de littérature grâce à Sherlock Holmes.

Que voilà un roman policier plaisant et où l’on côtoie du beau linge car nous croiserons la route de quelques auteurs anglais bien connu, dont le père de Peter Pan et on cite Dorothy L. Sayers.

Arthur s’empourpra en entendant que la romancière Dorothy L. Sayers, la « mère » de l’insupportable Lord Peter, était dans les parages. Il ne portait pas dans son cœur cette enragée féministe et ne sut que répondre.

Inspiré d’un fait réel qui est la disparition à un moment donné de la romancière Agatha Christie (et pas Raisin), les deux auteurs développent une enquête qui aurait pu avoir lieu puisque toutes les zones d’ombres de cette époque laisse la place à l’imagination la plus totale.

Le roman met, de plus, l’accent sur les pensées et les moeurs des gens à cette époque (1926) où l’homme a encore de grands pouvoirs, dont celui de tromper sa femme sans que cela pose problème à la société.

D’ailleurs, si son épouse n’est pas contente, elle n’a qu’à s’en accommoder !  Et ce n’était pas un homme qui disait cela….

— On en revient à ce qu’on disait. Si ton mari te trompe, tu acceptes la chose sans broncher. Après tout, tu l’as bien choisi.

Une lecture plaisante, donc, qui se lit assez vite, sans se prendre la tête sauf si on veut tenter de résoudre le pourquoi Agatha Christie a décidé de disparaître dans la nature, ce que Doyle ne sait pas encore…

L’écriture est agréable, poétique, avec de jolies phrases qui roulent dans votre bouche et dans votre tête.

Tel le chancre du syphilitique, le froid saisissant le rongeait, tiraillant sa peau meurtrie.

Les personnages sont bien campés, et quand bien même nous n’avons pas les certificats de conformité et l’appellation C.O.C (Caractère d’Origine Contrôlée), j’ai trouvé que toutes ces personnes avaient des airs de fidélité avec ce qu’ils auraient pu être dans la réalité.

Un mystère trouble, des fausses-pistes, des personnages attachants, un Conan Doyle qui imite son fils littéraire, un agréable moment de lecture et puis… heu, il manquerait pas un chapitre à la fin ??

Moi je veux bien, mais comment elle s’en est sortie, la mère Agatha, de son traquenard ?? L’autre homme lui a-t-il donné un coup de main ? Les flics sont arrivés ? Comment s’est-elle débarrassée des autres malfrats ?

Apparemment, ces moments sont laissés à l’imagination personnelle du lecteur…

Un peu expéditif à mon goût dans le final, mais dans l’ensemble, ce roman fait passer un agréable moment de lecture, sans pour autant être transcendantal et vous laisser un souvenir impérissable.

PS : j’adore la couverture avec la voiture abandonnée près de l’étang et, en reflet, la silhouette d’une dame accoudée à la voiture.

La Weaver joue à la détective ! Une Sherlock Holmes en culotte de satin.

En signe de mépris pour l’avis littéraire de James, Arthur haussa les épaules. Il s’assit dans le sofa tout proche et jeta le livre d’Agatha Christie à côté de lui.
— Ça ! Aficionado ? De la camelote pour les gares tout au plus.
— Moquez-vous ! Cette femme vous reléguera aux oubliettes, mon cher !
James se mit à rire tel un enfant. Il battit des mains comme pour amplifier la perfidie de ses déclarations.
— Au tréfonds du siècle passé ! Vous, les Collins, Gaboriau et les autres… Vous allez être les dinosaures du roman policier et cette Mme Christie ouvre la voie d’une nouvelle ère. Ah !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

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[SÉRIES] Downton Abbey – Saison 2 – La série qui te Down des émotions…

Cette saison s’étend sur une période allant de novembre 1916 à l’été 1919.

L’épisode de Noël, qui sert de conclusion à la saison 2, se situe entre Noël 1919 et les premiers jours de janvier 1920.

Bien que débutant dans l’ambiance festive de Noël, et se terminant sur une note romanesque et optimiste, il n’a pas grand-chose de l’enchantement que l’on attend en général de cet exercice de style, spécialité de la télévision britannique.

Loin d’être une parenthèse un peu magique dans l’univers de la série, il scelle le destin de certains protagonistes, en particulier celui de Bates.

Ce que j’en ai pensé :
Nom de dieu, quelle boucherie !! Quelle horreur ! Comment est-ce possible ??

Mais non, je ne parle pas de la série, bande de moules, mais de la Grande Guerre !

Non, je ne l’ai pas faite, mais on a droit à quelques morceaux (oups) dans la saison 2 puisque nous avions quitté nos personnages à l’aube de la déclaration de guerre et nous les retrouvons en novembre 1916, en plein boucherie des tranchées…

Vous savez que les reconstitutions de toilettes (les vêtements, je précise une fois de plus pour ceux qui ne suivent pas), décors, et toussa toussa, sont au top, mais pour ce qui est de te faire ressentir les émotions de la guerre, la peur et l’incertitude de ton avenir, ils sont doués aussi, les salauds !

My god, quelle saison 2 qui m’a fait passer par toutes les émotions possibles et imaginables entre mon cher Bates qui croule sous les emmerdes alors qu’il allait enfin d’ouvrir au bonheur et Matthew, mon bel officier blond, qui a des grave soucis avec « fauvette » qui ne se lèvera plus, suite à une blessure de guerre…

Le Thomas qui revient et qui est toujours aussi à égorger; Lord Grantham qui trépigne et qui est fâché de ne pas avoir été appelé sous les drapeaux (moi, à sa place, j’aurais pas voulu aller sur le chemin de Dames ou dans les tranchées sur la Somme); les bonnes gens qui regardent les jeunes hommes de travers parce qu’ils ne sont pas au front (mais quelle personne saine d’esprit aurait envie d’envoyer son fils sur le front ???).

Lady Mary qui ne sait pas à quel homme vouer son amour, qui en refuse un et puis se languit de lui quand il en trouve une autre; Downton Abbey qui se retrouve transformée en maison de convalescence pour les officiers (oui, les bêtes soldats n’ont pas droit au luxe, eux !)…

Lady Sybil, cherche à devenir infirmière et flirte avec le chauffeur et Lady Édith essaie de trouver sa place et un mec, ce qui n’est pas évident, la pauvre, à chaque fois qu’elle jette son dévolu sur l’un ou l’autre, ça ne va pas plus loin..

Bref, je vous assure qu’on ne s’emmerde pas, que l’atmosphère beaux dîners de la saison 1 a changé suite aux restrictions alimentaires, bien que chez les Grantham, on n’en soit pas encore à crever de faim… Loin de là !

Des péripéties, mais aussi des émotions avec un personnage qui nous quitte, des changements dans les personnalités des gens, certains, plus en retrait, tentent de s’affirmer…

Anybref, en un mot comme en cent, c’est toujours une super belle putain de série que je prends plaisir à regarder, à découvrir (après tout le monde, je sais), avec des personnages travaillés, profonds, qui évoluent et ne restent jamais figés, des décors somptueux et des fringues à se damner, si elles étaient pratiques dans la vie courante (mais on se doute qu’elles ne le sont pas).

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.