Le brouillard tombe sur Deptford : Ann Granger [Lizzie Martin & Ben Ross – Tome 6]

Titre : Le brouillard tombe sur Deptford [Lizzie Martin & Ben Ross – Tome 6]

Auteur : Ann Granger
Édition : 10-18 (04/05/2017)

Intro (par Ida): Une bourgeoise est retrouvée le crâne défoncé et accessoirement morte dans un terrain vague et forcément immonde du quartier de Deptford.

Ce n’est pas ce soir que l’inspecteur Benjamin Ross et son adjoint Moriss pourront rentrer chez eux, après une longue journée passé à Cambridge pour une autre affaire !!!

Parce que le chef de la police de Deptford soi-disant en sous-effectif avait d’autant plus besoin que quelqu’un se coltine ce boulot à sa place qu’il promettait d’être délicat et casse-gueule…

Ne croyez pas que son épouse, Lizzie Martin épouse Ross soit en reste… Ann Granger a fait ce qu’il fallait pour que l’un et l’autre courent après le même lièvre comme à l’accoutumée.

Résumé (par Ida) :
Or donc Ben Ross qui se réjouissait de pouvoir enfin rentrer dîner avec sa femme après sa longue journée de procédure à Cambridge, se voit réquisitionné au moment de partir pour aller sur les lieux de la découverte d’un cadavre, celui d’une femme bien nourrie, bien habillée gisant dans la boue d’un terrain vague.

Un peu plus tôt dans la journée Lizzie était allée prendre le thé avec son obèse tante Parry que son médecin a refilé à un confrère pour qu’il la mette au régime. Un véritable drame victorien au cours de laquelle, Lizzie va croiser la fiancée d’un neveu de Tante Parry, devenu représentant à la Chambre…

Or le frère de la dite fiancée semble s’enfoncer dans de sombres affaires de dettes de jeux qui risquent d’embarrasser la réputation de son futur époux qui doit rester sans tâche.

Et dieu sait qu’avoir un beau-frère qui a des dettes de jeux est le genre de scandale qui doit contraindre un homme politique à la démission…

La fiancée implore l’aide de Lizzie pour convaincre son frère d’aller humblement demander de l’aide à leur père afin qu’il règle ses dettes et que son frère cesse de lorgner sur son héritage…

Or, le lendemain, la bonne d’une certaine usurière de Deptford vient annoncer la disparition de celle-ci au poste de police, et reconnaît de cadavre la veille comme celui de sa patronne… et le frère de la fiancée du neveu de tante Perry comme le dernier visiteur de sa maîtresse !

Évidemment le gandin proteste de son innocence ! Et voilà, bingo la boucle est bouclée !

Voici Lizzie et Ben à nouveau réunis dans une ténébreuse affaire. L’un devant trouver le coupable d’un meurtre et l’autre veiller à protéger la fiancée du neveu de sa marraine d’un scandale qui pourrait empêcher le mariage tant attendu !

Critique (réalisée par Ida) :
J’ai eu un drôle de pré-sentiment en découvrant le volume, ou tu du moins le titre de celui-ci. En effet, j’étais habituée à des titres plus mystérieux et poétiques de la part de l’auteur.

Depuis « Un intérêt particulier pour les morts », et avec « La curiosité est un défaut mortel », j’avais toujours apprécié l’originalité des titres des romans de cette série.

Et là… Ce titre qui relève de la simple banalité d’un communiqué météo m’a paru tomber un peu à plat…Bof…

Je n’allais pas m’arrêter à si peu ! Les aventures de Lizzie et Ben, personnages sympathiques, dans une atmosphère victorienne par ailleurs toujours bien rendue par l’auteur devaient suffirent à mon ravissement…

La magie a presque opéré cette fois ci encore… Oui… je dis bien presque.

Parce que cette fois ci le roman me semble pécher quelque peu…

D’une part, parce qu’il peine à se mettre en route. L’intrigue n’est clairement posée qu’au terme du premier tiers du roman, ce qui dans un roman de 260 pages confine à un démarrage plutôt poussif.

Et généralement qui dit démarrage longuet dit souvent dénouement (proportionnellement) précipité…

Ensuite… Une chose m’a profondément gênée.

Ce roman a un parfum de déjà lu assez entêtant qui vous assaille dès les trente premières pages et reste là, bien tenace, jusqu’à ce l’affaire soit déjà très avancée, c’est à dire suffisamment pour que soient définitivement écartés les soupçons de plagiat que ne pouvait manquer d’avoir une lectrice de la série d’Anne Perry mettant en scène le couple Pitt, lui-même également composé d’une jeune femme de bonne famille mariée à un inspecteur de la police londonienne.

Car en effet, l’une des premières aventures du duo Pitt d’Anne Perry porte justement sur une affaire de meurtre d’usurier qui aime à faire chanter ses clients, dont un proche du couple…

Et si le fait qu’Ann Granger se soit inspirée d’Anne Perry pour créer un duo assez similaire échappait au parfum du plagiat parce que sa narration y était plus légère, je trouve extrêmement maladroit qu’Ann Granger ait également réutilisé comme intrigue de roman, une intrigue déjà utilisée par Anne Perry pour son jeune couple victorien.

Je dois avouer que cela m’a profondément perturbée et dérangée pendant toute ma lecture.

Si le Londres victorien est toujours au rendez-vous, et si Lizzie et Ben me sont toujours aussi sympathiques…

C’est leur créatrice qui l’est aujourd’hui nettement moins à mes yeux.

Si elle veut faire du couple Ross une copie du couple Pitt… le mieux serait tout de même qu’elle évite de leur écrire des aventures qui se ressemblent ne serait-ce qu’un peu ! Elle évolue avec ce couple là, sur une crête instable qui mériterait plus de prudence.

Impossible pour moi de noter les qualités intrinsèques de ce roman. Pas de cotation « sherlocks » aujourd’hui…

Juste un carton rouge. Parce que là, il y a faute… Et pas qu’un peu.

PS : La tenancière du blog rappelle à ses aimables abonnés ou autres, que l’inestimable Ida n’est pas rémunérée pour la rédaction de ses chroniques littéraires chez Cannibal Lecteur. Ni en argent, ni en nature, ni en poste de travail hautement rémunéré pour ne rien faire !!

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79 réflexions au sujet de « Le brouillard tombe sur Deptford : Ann Granger [Lizzie Martin & Ben Ross – Tome 6] »

    • Bah… le roman n’est pas si mal en soi… Disons que je réagis comme une prof qui a un bon devoir entre les mains et qui se rend compte que le voisin de l’élève a écrit sensiblement la même chose… Elle ne note pas et convoqué les gamins en exprimant ses doutes quant à une tricherie.

      Ben là pareil! Je ne peux pas noter car non seulement les Pitt de Perry et les Ross de Granger sont des couples très similaires mais en plus Granger nous écrit une histoire sur le meurtre d’un maître chanteur…

      La note aurait été moyenne toutefois car la construction du roman est déséquilibrée: trop de temps pour poser l’intrigue proportionnellement à l’épaisseur totale du livre, trop de temps en papotages de salon… et un dénouement qui se précipite sur la base d’une étincelle!

      Ça aurait été du 2,5 Sherlock si il n’y avait pas eu tant de similarités entre ce livre et l’une des premières aventures des Pitt.

      Aimé par 2 people

      • Dans un autre roman, le meurtre d’un maître chanteur n’aurait pas éveillé de soupçons… Ce genre de meurtres, il doit y en avoir des tas dans la littérature policière, mais ici, comme il y a déjà des similitudes entre les deux couples d’enquêteurs, ça passe moins bien je suppose.

        Merde, j’ai jamais aimé les dénouements en quelques lignes même si je n’ai rien contre l’étincelle qui vient tout éclairer.

        Aimé par 1 personne

    • La sanction « no Sherlock » est celle de Ida, je ne sais pas quelle note je lui mettrai lorsque je le lirai… La sensation de plagiat passera peut-être mieux, ou pas.

      En tout cas, dans mon cas, j’en ai lu 5/6 et je suis satisfaite, il y en a des meilleurs que d’autres, mais dans l’ensemble, no regrets !

      Kiss

      Aimé par 1 personne

    • J’espère au moins qu’elle ne l’a pas fait exprès ! Non seulement Anne Perry aurait de quoi ne pas être contente mais au-delà du préjudice éventuel pour un auteur qui a été plus ou moins plagié, je trouve que c’est aussi un manque de respect du lecteur. On espère qu’il n’a rien lu d’autre ou n’aura pas assez de mémoire pour s’en rendre compte ou alors on néglige de veiller à lui offrir quelque chose de réellement nouveau etc… Et ça c’est décevant.

      Aimé par 2 people

    • Même si dans toute la littérature qui existe depuis que l’homme gribouille, il doit y avoir des similitudes, il n’y a pas 36.000 manières de tuer ou 36.000 mobiles. On a dû tomber sur les mêmes dans notre vie de lectrice.

      Mais ici, ce qui marque plus, c’est que déjà le couple est une sorte de copie de Thomas et Charlotte Pitt. En plus léger.

      Aimé par 1 personne

      • Oui en effet! Des usuriers zigouillés y en a plein les polars! Mais des polars réunissant dans la même époque et dans la même ville des couples formés d’un flic et d’une jeune fille de bonne famille qui a fait une mésalliance ET un usurier zigouillé… là c’est too much! 😡

        Tiens ! Granger et Perry devrait écrire un cross over ! Les Pitt et les Ross qui se feraient une bouffe et un concours genre ceux qui mettraient le plus de vilains en taule en une semaine… 🤣😂🤣

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        • Là ce qui est embarrassant c’est que les similitudes portent sur trop de choses : à la fois sur le cadre général de la série (deux couples mal assortis selon les critères de l’époque, à la même époque, et dont les maris sont des policiers aidés par leurs femmes) et sur le début de l’intrigue. Too much !!!

          Alors je ne sais pas à partir de quand on parle de plagiât mais quand je vois ce qui se passe actuellement dans le monde musical US et les procès retentissants avec des sommes colossales à la clé sur la base de quelques similitudes dans le choix de certains motifs musicaux… je me dis tout de même que tant de similitudes c’est problématique.

          Notez que j’évite d’être catégorique et me contente juste de soulever la question: je pourrais être poursuivie pour diffamation si j’étais plus affirmative! 🙄 Ce serait un comble mais… les arcanes du droit sont alambiquées si j’en crois la série The Good Wife!

          Aimé par 1 personne

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