La Malédiction de la maison Foskett – Les enquêtes de Middleton & Grice – T2 : M.R.C. Kasasian

Titre : La Malédiction de la maison Foskett – Les enquêtes de Middleton & Grice – T2

Auteur : M.R.C. Kasasian
Édition : City Editions (08/03/2017)

Résumé (par Ida) :
March Middleton, après la disparition de son père, médecin militaire, a quitté et vendu la demeure familiale qu’elle ne pouvait entretenir faute de revenus, ne disposant que d’un « maigre héritage » (qui aurait suffit pour nourrir correctement une famille nombreuse de l’Est End… mais pour vivre comme une lady), a été accueillie par son parrain qui a bien voulu devenir son tuteur.

Il s’agit de Sydney Grice, l’insupportable, pédant et arrogant « détective personnel » connu du tout Londres et que consulte régulièrement le Prince de Galle lorsqu’il s’est mis dans une situation embarrassante avec des femmes de petite vertu.

Après avoir résolu ensemble une première enquête (cf le billet de Belette sur « Petits Meurtes à Mangle Street »), l’improbable duo reçoit la visite d’un monsieur qui sollicite son aide.

Un groupe de personnes fortunées sans héritiers a décidé de créer une société dont le principe est transmettre après leur décès les biens de tous ses membres au dernier des vivants.

Afin d’éviter que les membres de l’étrange société ne se trucident les uns les autres pour rafler la mise, Grice est sollicité afin de retrouver les éventuels assassins qui seraient alors probablement pendus par la justice et ainsi exclus du bénéfice éventuel de la succession.

Or, à peine leur a-t-il exposé son marché que le client s’effondre raide mort dans le fauteuil de March Middleton, visiblement empoisonné au cyanure après avoir bu le thé apporté par Molly, la gentille mais pas très futée domestique de Grice, que celui-ci s’amuse régulièrement à insulter sans qu’elle ne s’en rende compte et l’en remercie presque à chaque fois.

Parviendront-ils à éviter aux autres membres de cette société d’héritiers mutuels de passer prématurément de vie à trépas ? Et qui est donc ce Docteur Berry, femme médecin aussi jolie qu’intelligente, que Grice pourtant célibataire endurci et inaccessible à la romance, semble trouver fascinante ?

Ce deuxième volet nous permettra également de mieux découvrir les petits secrets privés de nos personnages évoqués en filigrane dans leur aventure précédente, et de nous rendre compte que… March n’est peut être pas si incapable d’attirer les attentions d’un homme…

Critique (par Ida) :
Dès le départ quelques allusions à certaines affaires célèbres du canon holmésien, que l’auteur via March attribue à Grice, vient nous rappeler que ce ne serait pas Holmes qui a servit de modèle à Grice, mais Grice qui aurait été le modèle dont Conan Doyle se serait inspiré pour créer son personnage légendaire.

Mouais… Permettez moi de n’adhérer que légèrement à ce subterfuge, car c’est Grice qui est la caricature des défauts attribués à Holmes !

Et c’est une caricature trop caricaturale à mon goût. Il est franchement insupportable ce type ! Odieux ! Rabaissant constamment les gens dès qu’il ouvre la bouche. Une saillie ironique de temps à autre aurait largement suffit…

Là c’est tellement fréquent que ça frise la pathologie et laisserait supposer paradoxalement qu’un tel déballage constant d’attaques au narcissisme des autres est révélateur d’un être à l’estime de soi extrêmement fragilisée…

Ce qui ne va pas très bien avec la stabilité mentale et le sang froid dont Grice peut faire preuve par ailleurs. Il est horripilant et j’avoue que ça en devient lassant. Très lassant même.

Ce travers de Grice met en valeur en revanche les côtés sympathique de March Middleton. Pour faire face à un olibrius de cet acabit, il faut manifestement avoir un caractère bien trempé et beaucoup d’esprit. Elle fait heureusement preuve d’un sens de la répartie désopilant, pour notre plus grand plaisir.

Cela étant elle aussi est un personnage trop atypique pour son époque et la modernité de son caractère peu soumis aux normes bourgeoises de l’ère victorienne a quelque chose d’un peu anachronique. Mais sans cette anachronisme, les épouses Pitt, Ross et notre March nous auraient-elle autant plu ? J’en doute !

L’atmosphère du Londres victorien, ses inégalités sociales, ses rues transformées en fossés fangeux où lords et mendiants se croisent, sont bien au rendez-vous.

La complexité de l’intrigue me laisse malgré tout ambivalente. En effet… Il ne faut pas que les intrigues soient trop simples, sinon on s’ennuie. Mais là elle me paraît parfois très alambiquée, de multiples fils s’y entrecroisant, avec ses histoires parallèles… Trop d’infos tue l’info… Et je m’y suis un peu perdue !

Par ailleurs sur la fin, la narration semble souffrir aussi parfois de quelques longueurs, cassant le rythme du dénouement.

En outre… certains éléments de l’histoire que je ne vous révèlerai évidemment pas me semblent assez peu crédibles (voire franchement pas du tout pour qui a quelques notions basiques en rapport avec les champs de savoir scientifiques mis en avant – pour les autres ça peut passer cela étant), tout comme certaines coïncidences « qui font bien les choses lorsqu’il s’agit de se tirer d’un mauvais pas » sont un peu trop nombreuses à mon goût.

Dans un roman qui doit mettre en valeur l’esprit rationnel et scientifique du héros je trouve que c’est un peu décalé. On devrait pouvoir compter plus sur son cerveau que sur les coups de bols dans un tel roman !

J’hésitais dans ma cotation « Sherlock »… Je serais bien allée jusqu’à quatre pour l’impression générale du roman… Mais le côté pénible du personnage de Grice est à la longue très fatiguant et l’abus de ressors peu crédibles pour alimenter le scénario me font revoir ma note à la baisse.

On en restera à trois car même si je deviens exigeante, on passe malgré tout un bon moment, un léger sourire sur les lèvres d’un bout à l’autre, en voyant comment March remet avec art ce malotru de Grice à sa place !

Nous rappelons à notre aimable clientèle que la dame Ida n’est pas rémunérée pour ses chroniques !

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120 réflexions au sujet de « La Malédiction de la maison Foskett – Les enquêtes de Middleton & Grice – T2 : M.R.C. Kasasian »

    • Je ne parlerai pas d’uchronie car on est bel et bien dans la même époque et que l’Histoire n’est pas modifiée. Mais cette caricature de Holmes force trop le trait c’est un fait. Cela étant il y a tout de même de bonnes choses dans ce livre! Si ça avait été totalement nul je n’aurais pas mis un seul Sherlock!

      Bon… Ben j’en ai déjà découragées deux… l’auteur va finir par le faire un procès! 😱

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    • Moi je le lirai puisqu’il est dans ma PAL… J’avais déjà signalé dans ma critique du tome 1 que niveau dates, on était un peu serré pour que ACD prenne Grice comme modèle pour Holmes.

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      • Ah oui! C’est vrai ! Tu étais allée fouiller dans les dates avec précision ! Je crois que tout comme moi, l’auteur ne s’est pas donné cette peine (moi j’ai une excuse je n’écris pas!)… ni celle de vérifier quelques notions médicales basiques d’ailleurs (il ne suffit plus de désinfecter une plaie quand ses signes évidents de septicémie sont relevés ! Et vu l’époque… antérieure aux antibios… y a plus qu’à convoquer le notaire et le prêtre!!!) … mais je n’en dirais pas plus…

        Et je ne me prononcerai explicitement pas sur les raisons qui font que le choix du titre est trèèès maladroit… pour éviter de spoiler…

        Que de maladresses dans ce livre! Mais… March et mignonne et il y a beaucoup de mauvais esprit… donc… on aime forcément ! 😇

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          • La notion d’uchronie va donc jusque là! D’accord. Moi j’avais associé ce mot au
            Steampunk alors… forcément… 😁 Comme on est loin du steampunk je croyais que… mais c’est pas grave! 😁

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            • Le steampunk, si je ne dis pas de conneries, c’est de la technologie dans un monde victorien, par exemple… Comme dans le manga « City Hall » où le papier n’existe plus car dangereux, mais remplacé par des liseuses…

              Mon ami Wiki dit que je n’ai pas tout à fait dit des couilles, mais lui, il le dit mieux que moi « Steampunk est le nom d’un courant essentiellement littéraire dont les intrigues se déroulent dans un XIXe siècle dominé par la première révolution industrielle du charbon et de la vapeur (steam en anglais). Il s’agit d’une uchronie faisant référence à l’utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l’époque victorienne.

              On y retrouve l’utilisation de matériaux « nobles » tel que le cuivre, le laiton, le bois et le cuir. Pour cette raison, il est parfois plus approprié de parler de « rétrofuturisme » ou d’ « uchronie » pour désigner le mouvement.

              L’expression steampunk, qui signifie littéralement punk à vapeur, parfois traduite par futur à vapeur, est un terme inventé pour qualifier un genre de littérature né à la fin du XXe siècle (même si des origines peuvent être trouvées dans des récits de Jules Verne), dont l’action se déroule dans l’atmosphère de la société industrielle du XIXe siècle. Le terme a été forgé à la fin des années 1980 en référence au cyberpunk (terme apparu en 1984). »

              Si ça se trouve, l’auteur a inventé un nouveau genre « l’uchronie à l’insu de son plein gré » !

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        • Oui, avant de dire des conneries, j’avais été vérifier les dates afin d’avoir un argument canon (mdr) et pour ne pas me faire rétamer ensuite si j’ai cafouillé dans mes dates. Pour la médecine, étant non conventionnée, je ne puis me prononcer pour l’invention des antibio, mais la pénicilline, elle date de quand, mon cher Google ?? (Fleming, c’était en 1928)

          Wiki nous répond ceci : 1871 – Angleterre – Joseph Lister, un chirurgien anglais et le père de l’asepsie moderne, décrit en 1871 que des échantillons d’urines contaminées par de la moisissure ne permettent pas la croissance de bactéries. Il décrit également l’action antibactérienne sur les tissus humains d’une moisissure qu’il nomme Penicillium glaucum. Une infirmière du Kings College Hospital, dont les blessures ne répondent pas aux antiseptiques, est guérie par Lister avec une substance à base de ce Penicillium.
          https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9couverte_de_la_p%C3%A9nicilline

          Le médecin aurait mieux fait de ne pas désinfecter mais de jouer avec des moisissures, comme Wiki le dit 😆

          Titre maladroit en français ? Il est le même en anglais, on ne peut pas en imputer la faute aux traducteurs, alors.

          Ok, je verrai tout ça lors de ma lecture 😉

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