Lucky Luke – Tome 14 – Ruée sur l’Oklahoma : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 14 – Ruée sur l’Oklahoma

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1960)

Résumé :
Vers 1830, le gouvernement américain avait donné l’Oklahoma aux Indiens où ils s’ennuyaient ferme.

Plusieurs années plus tard, il le leur rachète pour quelque verroterie afin d’y favoriser la colonisation.

Il est décidé que, le 22 avril 1889, le territoire sera ouvert à la colonisation et, pour être sûr qu’il n’y aura personne d’installé avant la ruée, Lucky Luke est chargé de surveiller l’opération.

Celui-ci commence par vider le territoire des habitants qui s’y étaient aventurés sans autorisation légale puis il va surveiller les candidats à la ruée à la frontière.

Ruée sur l’Oklahoma est la vingt-septième histoire de la série Lucky Luke par Morris (dessin) et Goscinny (scénario). Elle est publiée pour la première fois du n°1046 au n°1070 du journal Spirou. Puis est publiée en album en 1960.

Critique :
Les indiens de leur territoires ayant été délogés et dans des réserves parqués,
L’armée se trouva fort dépourvue lorsque pour les colons, l’heure fut venue,
D’aller s’installer dans cet état qu’est l’Oklahoma…

Imaginez que l’on vous dise qu’un état aussi grand qu’un département français et vide de tout habitant peut être colonisé et qu’une terre vous sera donnée si vous plantez votre poteau nominatif…

Plus d’un sera tenté de participer afin d’obtenir une terre gratuitement, et à fortiori, encore plus tenté de tricher.

Pas de bol, Lucky Luke est chargé par le gouvernement de surveiller les colons qui auraient la mauvaise – ou la bonne – idée de franchir la frontière avant la date du 22 avril 1889 afin de s’adjuger les meilleurs emplacements.

Goscinny collaborait avec Morris depuis le tome 9 « Des rails sur la prairie » et il n’est toujours pas crédité dans les pages de mon album qui est une réédition datée de 1977… Honteux, selon moi, car Goscinny apporta beaucoup de son esprit et de son humour aux aventures du cow-boy solitaire loin de son foyer, même si Morris l’empêchait de faire trop de calembours, disant qu’ils seraient trop difficile à traduire lors des publications à l’étranger.

Des situations cocasses du départ avec les tricheurs de tout poil, nous passerons aux problèmes une fois le territoire ouvert, avec des running gags notamment entre les colons Martin et Jones, avant de passer à du plus sérieux avec des élections afin d’élire le maire de ce territoire.

Si Coyote Will, le méchant dans cet album-ci a tout du méchant intelligent, son associé, Dopey, est une fois de plus un benêt de la pire espèce, mais un benêt attachant et, une fois n’est pas coutume, un imbécile qui évoluera vers un rôle plus important dans l’histoire que celui par qui les gags arrivent.

Les dessins de Morris étaient en pleines évolutions et nous sommes face à un Lucky Luke émacié, ainsi que son cheval, Jolly Jumper, plus en finesse qu’en rondeur, et non encore doué de parole ou de pensées.

Alors non seulement il y a de la profondeur dans le scénario et dans certains personnages, mais en plus, cette histoire a une fin qui nous donne une belle leçon de morale en nous démontrant que la stupidité et l’avidité de certains peuvent aussi se retourner contre eux.

À lire et relire sans modération.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.