COMMENT BIEN FÊTER HALLOWEEN [Par dame Ida, non rémunérée]

Une overdose de lapsang souchong l’ayant tenue éveillée toute la nuit, c’est bien entamée que Dame Ida fut secouée dans son lit par les hurlements enthousiastes de Pioupioute et Choupinou qui firent même fuir le chat…

— Mamaaaan, Mamaaaan ! Debout paresseuse ! commença la Pioupioute.
— Oui ! Debout paresseuse ! renchérit le Choupinou !
— C’est Halloween ce soir et on a rien préparé ! reprit Pioupioute avant que son frère ne reprenne de plus belle :
— Oui ! C’est Halloween ! C’est Halloween et on a rien préparé ! Debout paresseuse !
— Aaaarg !

Dame Ida découvrit alors que l’overdose de lapsang souchong, comme toute nuit d’insomnie avait un cruel point commun avec la gueule de bois : c’est-à-dire une forte propension à s’accompagner d’un réveil migraineux.

Le premier réflexe de Dame Ida fut alors de se dire qu’elle avait un besoin fou de ses petites pilules magiques aux dérivés de morphine pour soigner l’enclume qui lui tenait lieu de tête…

Avant de se dire qu’en les faisant prendre à ses propres enfants elle pourrait éviter de mettre en acte son soudain désir de les assommer pour espérer avoir la paix.

Mais un éclair de génie vient disperser les nuages orageux de son ciel :

— Mais vous êtes trop grands pour sortir déguisés ! D’ailleurs ils ne vendent pas de déguisement à vos tailles chez Toyzàrusses ! Retournez donc vous coucher !
— Mais Mamaaaaan ! Il est déjà 13h45 et on a toujours pas eu à manger… repris la Pioupioute.
— Mais je t’ai appris à te faire cuire un œuf, non ? Et ben, mets en un deuxième et n’oublie pas d’éteindre le gaz, et fiche moi la paix !
— Mais Mamaaaan ? Le gaz il faut l’éteindre avant ou après avoir cuit l’œuf ? continue le Choupinou…
— Laissez tomber les œufs ! Faites-vous un sandwiche au jambon !
— Mais Mamaaaaan ! Moi j’aime pas le jambon, hurla la Pioupoute.
— Et ben, bouffez le chat !
— Mais ce serait cruel ! On l’aime ! crièrent-ils en cœur !
— Ben justement ! Vous en reprendrez bien un morceau ! Arrrg ! Et puis zut ! Vous n’avez pas un père ?
— Ben Maman ? On va pas manger Papa non plus ? s’étonna Pioupioute.
— Naaaan ! Il a pas bon goût, la preuve il m’a épousée… Mais je voulais juste savoir… Qu’est-ce qu’il fait votre père là ? Il peut pas s’occuper de vous, vous faire à manger, ou vous mettre un bâillon ?

Après un instant de réflexion, Choupinou repris :

— Il est avec une dame dans la cave… Elle crie beaucoup… C’est elle qui a besoin d’un bâillon. Mais rassures-toi Maman, c’est pas sexuel ! C’était une Témoin de Jehova qui faisait du porte à porte… Papa essaie de la convertir au catholicisme romain …
— Ok, ok… Bon… Prenez un billet dans mon portefeuille et allez donc au MacGros…
— Ouais !!!! Super Mamaaaaan ! T’es la meilleure cuisinière du monde !!! s’exclama Pioupioute.
— Oui mais après, qu’est-ce qu’on fait pour Halloween ? demanda Choupinou.
— On verra quand vous reviendrez… Mais pas question qu’on passe la soirée à vous suivre à faire du porte à porte… Vous savez que les voisins ne nous aiment pas trop. Et même si vous vous déguisez, ils reconnaîtront vos voix qu’ils disent trop entendre… Et là c’est pas des bonbons qu’ils vous donneront ! Ils vous jetteront des œufs pourris et des tomates !
— J’aime bien les tomates ! J’aime bien les tomates, moi répondit le Choupinou, brandissant le billet qu’il avait pris dans le portefeuille de sa mère, déjà sur le chemin du MacGros…

Dame Ida était enfin débarrassée de sa meute…

Et constatait en effet, que les exclamations douloureuses  de la témoin de Jéhovah qui exhortait Toquéfada à quitter la « putain de Babylone » pour entrer dans le chemin de la vérité devenait franchement pénible, voire offensante.

Dame Ida fit alors quelques pas titubants jusqu’à sa cuisine pour faire bouillir de l’eau, y coller une bonne dose d’Earl Grey, pour le siroter une fois infusé, en faisant glisser les pilules magiques qui estompaient ses migraines en moins de temps qu’il n’en fallait pour finir son mug…

Puis, refaisant bouillir de l’eau, elle descendit à la cave, bouilloire à la main en hurlant :

— C’est qui la putain de Babylone ? Tu t’es vue morue ? Tu feras moins la fière sur ton bûcher…

Dame Ida s’adressait à une menue quinquagénaire ligotée sur une chaise et à laquelle Toquéfada avait infligé un supplice atroce : il lui avait mis des écouteurs sur les oreilles, la forçant à écouter le dernier disque de Glory-House, un groupe de rock catho, tout en lui montrant des photos du Pape, de Mère Térésa et de l’Abbé Pierre au rétroprojecteur…

Puis tandis que le sujet d’étude de son époux se remettait à hurler à plein poumons,  s’adressant à Toquéfada, elle lui demanda :

— Sors l’entonnoir ! Mets lui dans sa bouche d’égoût ! L’eau bénite est bouillante ! Comme ça elle saura pourquoi elle crie !
— Ah non Ma Douce ! L’Inquisiteur, c’est moi ! Laisse-moi me débrouiller ! J’étais presque sur le point d’obtenir une abjuration ! Et rassures-toi, la putain de Babylone, c’est le joli surnom que les témoins de Jéhovah  donnent à l’Église catholique… ça n’a rien à voir avec toi Ma Douce ! Tous savent que tu es aussi belle que vertueuse !

Pas tout à fait certaine qu’il s’agisse réellement d’un compliment, Dame Ida ne releva pas et repris :

— Ok, ok… On a un problème là-haut. Les mioches se sont rendu compte que c’était Halloween ce soir. Qu’est-ce qu’on fait ?
— Ben on pourrait garder cette témoin de Jéhovah pour jouer aux fléchettes en peignant une cible sur son corps ?
— Ah non… Pas encore… On a déjà fait ça l’an dernier avec un sataniste SM qui s’est très mal comporté…  et puis tu sais que quand les enfants jouent aux fléchettes ils finissent toujours par se viser entre eux !

— Ah ouais… Et puis… Là mon « invitée » est déjà prête à se faire carmélite, donc rien ne justifierait que je continue à la tourmenter…
— Bon, ben… Fous la dehors avec son aller-simple pour le Carmel de Lisieux maintenant… Et n’oublie pas de lui faire promettre d’arrêter le porte-à-porte, même pour vendre des retraites au couvent ! Et après remonte m’aider à réfléchir à ce qu’on va faire pour Halloween !
— Pffff ! Me dis pas qu’il va encore falloir que je découpe une citrouille !
— Pourquoi pas ?
— Ben, ça ne hurle pas…

À défaut de citrouilles, Dame Ida et Sieur Toquéfada se creusèrent mutuellement la tête sans rien y trouver jusqu’au retour des enfants qui déboulèrent comme une tornade au moment où l’ex-témoin de Jéhovah quittait leur maison en chantant l’ave Maria de Gounod à tue-tête tout en bénissant les personnes qu’elle croisait dans une attitude béate et extatique…

L’effet Glory-House sans doute…

— Mamaaaaaan ! Papaaaaaaa ! On a trouvé ! On sait ce qu’on veut faire pour Halloween !!! lança Pioupioute en tentant de battre le record du monde de décibels.
— Oh oui alors ! Vous allez adorer ! repris son frère tout excité.
— Ben allez y ? C’est quoi le concept ? lâcha Dame Ida désabusée…
— Ben voilà : On sort pas ! On reste chez nous… Mais on s’amuse à terrifier les enfants qui sonnent à notre porte pour réclamer des bonbons ! déclama Choupinou avec un regard plein de gourmandise et de perversité !
— Ouais, et avec un peu de chances, comme ils vont se sauver en courant, ils lâcheront leurs sacs à bonbons devant chez nous ! C’est pas une super idée ?
— Oh si, ma puce répondit son père… Mais comment allez-vous vous y prendre !
— Ben, on a qu’à bricoler une chaise en fer en ajoutant des sangles et en la branchant sur une prise de courant et la mettre dans l’entrée, tu mets ton beau costume d’inquisiteur et tu fais aimablement signe aux gens d’entrer et d’aller jusqu’à la chaise électrique pour s’assoir, ricana Pioupioute.

— Oui les enfants, mais avant il faudra essayer la chaise électrique avec le chat… Faut être sûr que ça marche, opina Dame Ida.
— Et moi j’ai déjà préparé un beau panneau à mettre sur la porte avec écrit en gros : « Ici on aime les enfants »… et en plus petit juste en dessous « Bien cuits et avec de la crème fraîche », pouffa le Choupinou
— Et puis toi, Maman, repris Pioupioute, tu remets ta robe bleue clair pour accueillir les gens ! Tu sais, celle que tu as ruinée en te cassant la figure dans le gâteau à la mousse de framboise du mariage de Tante Marie-Adélaïde, tellement t’étais bourrée !
— Je n’étais pas bourrée ! Quelqu’un m’a fait un croche-pieds pendant que j’exécutais ma chorégraphie personnelle sur « Like a Virgin » de Madonna !
— Heu ma chérie… Tu ne danses que quand tu es bourrée, les enfants ont raison…
— Ta gueule Toqué ! Laisses-leur encore quelques illusions sur leur mère veux-tu ? lui chuchota Dame Ida sans parvenir à faire en sorte que ses enfants ne l’entendent pas…
— Qu’est-ce que tu fais Pioupioute ? interrogea Toquéfada en voyant la bambinette partir fouiller dans l’armoire à pharmacie.
— Ben… C’est au cas où les enfants n’ont pas peur de la chaise électrique ! Il faut leur donner des bonbons… Au lieu de bonbons, on pourrait leur filer des laxatifs, des somnifères, ou les pilules qui font planer maman quand elle a mal à la tête !
— Ah non Pioupioute ! Touche pas à mes Morphodol ! Ni à mon XLprime ! Remplace-les par des pastilles contre la toux, et les Néocodions !
— Bon, d’accord Maman !

C’est à ce moment-là que Toquéfada sorti son mouchoir, écrasa une larme et regardant Dame Ida plein de tendresse, il lui dit :

— Tu as entendu ? Elle a dit « D’accord Maman » et elle a obéi ! C’est la première fois !
— Oh oui mon chéri ! Ce sera le plus bel Halloween de ma vie ! Va faire bouillir de l’eau… ça vaut bien un p’tit Lapsang Souchong !

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Histoires extraordinaires : Edgar Allan Poe [LC avec Stelphique]

Titre : Histoires extraordinaires

Auteur : Edgar Allan Poe
Édition : Le Livre de Poche (1972)
Publication originale : 1856

Résumé :
Histoires extraordinaires est un recueil de nouvelles écrites par Edgar Allan Poe, puis traduites et réunies sous ce titre par Charles Baudelaire en 1856.

Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de forage. – Baudelaire.

Ce volume contient :

  • Double assassinat dans la rue Morgue (1841)
  • La Lettre volée (1845)
  • Le Scarabée d’or (1843)
  • Le Canard au ballon (1844)
  • Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall (1839)
  • Manuscrit trouvé dans une bouteille (1833)
  • Une descente dans le Maelstrom (1841)
  • La Vérité sur le cas de M. Valdemar (1845)
  • Révélation magnétique (1844)
  • Souvenirs de M. Auguste Bedloe (1844)
  • Morella (1835)
  • Ligeia (1838)
  • Metzengerstein (1832)

Critique :
Histoires extraordinaires ? Histoires extraordinaires ? J’t’en foutrai, moi, des histoires extraordinaires !

Lorsque ma binômette de lecture, Stelphique, me proposa de lire un roman de Poe pour Halloween, je fus emballée et je lui répondis « oui, je suis pour ».

Bon, je suis aussi toujours partante pour une LC avec Stelphique, même si elle me proposait une daube du genre de « merci pour ce moment des 50 nuances Twoilette », je dirais encore « Oui j’en suis !! ».

PS : Stelphique, si tu me fais pareille proposition, je descendrai dans le Sud te régler ton compte à coup de cappuccino périmés !

Poe est un grand auteur, mais là, je me suis ennuyée durant ma lecture, soupirant sans cesse, ayant l’impression de déjà-lu, la faute à Poe qui fut un précurseur pour une multitude d’auteurs, notamment Conan Doyle, Verne, Stevenson…

Le style d’écriture m’a semblé inégal, sans doute dû au fait que les nouvelles furent mises en recueil sans suivre l’ordre de publication original et j’ai dû m’accrocher aux bras du fauteuil pour ne pas sauter des pages.

Mais je suis faible et j’ai donc lâché les accoudoirs pour zapper des paragraphes entiers de blabla insipides qui me semblaient sans intérêt pour mon cerveau.

Là, on peut dire que j’aurais été une bonne cliente pour une boisson gazeuse car durant ma lecture, j’ai offert du temps libre à mon cerveau et à mon esprit, puisque tous les deux s’étaient déconnectés depuis longtemps.

— Allô ? Allô ? Y’a personne au bout du fil ? McFly ??

En plus, même si Dupin fut un précurseur de Holmes, je ne l’ai jamais vraiment apprécié, n’ayant jamais accroché à ce détective, sans compter que le fait de n’utiliser que la première lettre pour nommer les gens m’indispose grandement.

J’espérais des frissons, je désirais du fantastique, du mystère, des émotions, de la passion et résultat des courses, je pourrai aller demander le remboursement car je ne suis pas satisfaite !

Pas grave, je l’ai lu pour faire plaisir à ma binômette, on a fait notre LC de Halloween, mais l’année prochaine, faudra trouver un livre qui nous foute vraiment la trouille, ou du moins, des sueurs froides ou son quota de mystères mystérieusement mystérieux !

Qui sait, peut-être que le recueil suivant « Nouvelles histoires extraordinaires » sera plus emballant… Je ne désespère pas et je compte réessayer Poe avec un autre roman.

Si quelqu’un a des propositions décentes à me faire…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et  le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Synopsis (par Stelphique) :

« Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de l’orage. » Baudelaire

Ce que j’ai ressenti :… Un chant d’Halloween…

♫ Je m’ baladais sur Halloween, le cœur ouvert à l’inconnu,
J’avais envie de lire des Histoires Extraordinaires, d’un grand Monsieur,
Pas avec nimporte qui, et ce fut toi,
Ma binomette qui m’accompagna,
Il suffisait de te le proposer, pour te tenter ! ♫

♫ ô Champ-Poelysé, ô Champ-Poelysé,
Dans l’obscur, à la chandelle, A minuit, et en amies,
Il y a tout ce que vous voulez, ô Champ-Poelysé.♫

♫ Tu m’as dit « Je m’ennuie, viens ma Fée,  changeons d’avis »…
Alors je t’ai dissuadée, on a parlé, on a continué
Et l’on a même pas penser à abandonner…♫

♫ ô Champ-Poelysé, ô Champ-Poelysé,
Dans l’obscur, à la chandelle, A minuit, et en amies,
Il y a tout ce que vous voulez, ô Champ-Poelysé. ♫

♫ Hier soir, on a lu et ce matin, sur nos blogs,
Des treize Histoires, fantomatiques ou endiablées,
Il y a eu deux incroyables amies qui chantent leurs avis… ♫

♫ ô Champ-Poelysé, ô Champ-Poelysé,
Dans l’obscur, à la chandelle, A minuit, et en amies,
Il y a tout ce que vous voulez, ô Champ-Poelysé. ♫

Cinq sur treize, c’est le petit score qui ressort de cette appréciation. Lire des Classiques, c’est bien, mais nous ne sommes pas à l’abri d’une déception…

Je garde donc un avis mitigé sur l’ensemble de ce recueil, mais quand même, curieuse de découvrir plus de Poe, plus de fantastique, plus d’horreur…

J’ai adoré :

  • Manuscrit trouvé dans une bouteille
  • Une descente dans le maelstrom
  • Ligeia

Je les ai adoré, car c’est exactement ce que je recherchais quand j’ai décidé d’ouvrir ce recueil. Des Histoires Extraordinaires qui me fasse frémir d’horreur ou de frissons…

Je les ai adoré dans leur champ lexical, dans leur chute, la poésie des mots,  vers les univers qu’ils ouvrent, et les possibilités infinies du fantastique.

En cela, je pense n’avoir pas perdu mon temps, avec cette lecture! On sent un style plus noir, plus prononcé dans ses deux Histoires de mer, alors que Ligeia, est passionnée, vibrante d’amour…

J’ai apprécié :

  • Le scarabée d’or
  • La vérité sur le cas de M.Valdemar

J’ai passé un bon moment avec ses deux là, avec le petit coté « canaille » de conte de pirates, et l’étrangeté d’un corps non-mort… Recherche au trésor et fine ligne entre vie et mort, il n’en faut pas plus pour éveiller ma curiosité!

Pour le reste, je n’y ai pas trouvé de plaisir, ou mes attentes de lectrice étaient toutes autres… Loin de moi, l’idée de critiquer défavorablement des textes qui ont traversé le temps, mais pour ma lecture horrifique spéciale Halloween, ses treize textes prometteurs se sont révélés inégaux, voire ennuyeux.

Je ne regrette pas cette lecture pour autant puisque Edgar Allan Poe est une référence dans le milieu littéraire, et je souhaitais me faire mon avis sur touts les clins d’œil que je peux voir lors de mes lectures de SF.

Je souhaite donc découvrir ses autres textes, et surtout sa poésie.

Ma note Plaisir de Lecture  6/10

Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique : Jean-Yves Ferri & Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Albert René (19/10/2017)

Résumé :
N’en déplaise à Obélix, les Italiques, les habitants de l’Italie, ne sont pas tous des Romains, au contraire !

Les Italiques tiennent à préserver leur autonomie et voient d’un mauvais oeil les vélléités de domination de Jules César et ses Légions.

Dans Astérix et la Transitalique, nos héros favoris s’engagent dans une aventure palpitante à la découverte de cette surprenante Italie antique !

Critique :
Astérix fait partie de ces bandes dessinées dont je ne ma lasse pas, du moins, quand les albums étaient scénarisés par René Goscinny.

Uderzo a du talent en tant que dessinateur, moins en tant que scénariste, du moins, assez inégal car lorsqu’il reprit les rênes du scénario, on a eu droit à des albums super, des moins bons, des horribles et des catastrophiques.

Depuis, c’est le 3ème album confié au duo Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. J’avais apprécié Astérix chez les Pictes qui avait du potentiel, mais peu d’humour, j’ai apprécié Le Papyrus de César qui mettait en avant les réseaux sociaux avec quelques touches d’humour, mais pas dignes de celles de Goscinny.

Puisque ce nouvel album parlait de courses de char, je l’attendais au tournant, espérant ne pas dire à Ben-Hur d’arrêter son char.

Vous connaissez le dessin animé Satanas et Diabolo ? La fameuse course avec les fous du volant ? Oui ? Et bien, cet album y ressemble un peu, le génie du mal Satanas et le ricanement de Diabolo en moins.

Sorte de croisement entre Astérix aux jeux olympiques et le tour de Gaule, on est tout de même loin des éclats de rire de l’ère Goscinny, sans ses jeux de mots magnifiques et avec une analyse moins fine et sarcastique de notre société. On est loin d’un « Obélix et compagnie », de son analyse de l’économie de marché, du marketing et cette critique humoristique du libéralisme.

Certes, ils se moquent des journalistes, de notre société soit disant moderne, des campagnes de pub faites pour vendre à n’importe quel prix, mais rien pour me faire éclater de rire ou noter un bon mot, que je retiendrais pour la postérité, comme avant.

Malgré quelques longueurs, l’album se laisse lire avec plaisir et je suis contente qu’Astérix continue sa vie, les personnages étant croqués fidèlement, que ce soit au niveau du trait ou des caractères.

Là où ça coince, c’est toujours au niveau scénaristique, la faute aux jeux de mots manquants ou non percutants, inoubliables comme il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ou chaque année les Ibères deviennent de plus en plus en dur.

Bref, un moment agréable de lecture, pas inoubliable, pas un de ceux que je relis dès que j’ai un coup de blues ou que je veux passer un bon moment, comme en Corse, en Hispanie et j’en passe !

Black Butler – Tome 24 : Yana Toboso

Titre : Black Butler – Tome 24

Scénariste : Yana Toboso
Dessinateur : Yana Toboso

Édition : Kana (22/09/2017)

Résumé :
Au cours de son enquête, Ciel découvre que le music hall dissimule peut-être des expérimentations sur les transfusions sanguines !

Malheureusement, le nombre de notables influents fréquentant les lieux empêche toute intervention officielle des forces de l’ordre. Le jeune lord décide alors d’intervenir à sa manière.

Critique :
♫ Partir un jour, sans retour ♪ effacer notre amour ♫

Je suppose que vous n’avez pas oublié l’engouement que les « Toubi Truie » suscitèrent sur les jeunes filles pré-pubères ?

D’ailleurs, en 2001, ma cousine m’aurait incendié grave sa mère si j’avais écorché le nom de ses 2Be3 chéris !

Là, si vous n’avez pas lu les tomes 23 et 24 de Black Butler, vous ne comprenez pourquoi je vous cause de ces boys-band en intro de chronique.

Pas de panique, je ne refais pas ma crise d’adolescence, mais vu que cette enquête de Ciel Phantomhive et de son diable de majordome concerne un groupe musical qui fait un tabac et qui ensorcèle les gens au point que ça en devient louche et dangereux car derrière ces 4 bô chanteurs charismatique, se cache un gourou pompeur de sang.

Non, non, non, pas de vampires dans cette aventure, mais un sordide histoire de prélèvement sanguin réalisé à l’insu du plein gré des gens.

L’enquête progresse bien, on en apprend un peu plus sur le mystère de la classification des prélèvements de sang, mais on ne sait toujours pas comment le gourou tient certaines personnes sous sa coupe au point qu’ils ne peuvent le quitter.

Mais Ciel est aidé de son diable de majordome et ensemble, ils vont arriver à retourner la situation, tels des maestros du show-biz, puisque, si on veut récupérer les fans des Toubi Truie, il suffit de créer les Worlds Patate !

Vivement le prochain que sache tout sur cette affaire sanguine !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Une colonne de feu : Ken Follett [LC Bianca]

Titre : Une colonne de feu

Auteur : Ken Follett
Édition : Robert Laffont (14/09/2017)

Résumé :
En 1558, les pierres patinées de la cathédrale de Kingsbridge dominent une ville déchirée par la haine religieuse. En Angleterre, Elisabeth Tudor devient reine et le pouvoir passe de manière précaire des mains des catholiques à celles des protestants.

Toute l’Europe se dresse contre elle. La jeune souveraine, habile et déterminée, crée les premiers services secrets du pays, afin d’être avertie à temps des complots qui se trament contre sa vie, des projets de rébellion et des plans d’invasion.

À Paris, Marie reine d’Écosse, proclamée souveraine légitime de l’Angleterre, attend son heure. Jeune femme séduisante et obstinée appartenant à une famille française d’une ambition sans scrupule, elle possède de nombreux partisans qui intriguent pour se débarrasser d’Elisabeth.

Ned Willard n’a qu’un désir : épouser Margery Fitzgerald. Mais lorsque les amoureux se retrouvent de part et d’autre de la fracture religieuse qui divise le pays, Ned se place au service de la princesse Elisabeth. En ce demi-siècle tourmenté où l’extrémisme attise la violence d’Edimbourg à Genève en passant par Paris, l’amour entre Ned et Margery paraît condamné.

Ned traque l’énigmatique et insaisissable Jean Langlais, espion français à la solde des catholiques, ignorant que sous ce faux nom, se dissimule un ancien camarade de classe qui ne le connaît que trop bien.

Elisabeth s’accroche désespérément à son trône et à ses principes, protégée par son petit cercle dévoué d’espions ingénieux et d’agents secrets courageux.

Critique :
« Les piliers de la terre » m’avaient tellement enchanté que je n’avais jamais osé lire la suite (Un monde sans fin), car elle ne se déroulait plus avec les mêmes personnages.

Sans la proposition de Bianca pour une LC, j’aurais zappé cette 3ème partie aussi, ce qui aurait été dommageable tant elle était aussi bonne que le premier tome.

Attention, c’est un sacré pavé ! Ne le laissez pas tomber sur votre pied, vous le casseriez.

Une fois de plus, Ken Follet nous emmène dans sa ville fictive de Kingsbridge en 1558, deux siècles après le premier tome et, aux travers de ses 928 pages, il nous conduira jusqu’à la conspiration des poudres en 1605, pour terminer son récit en 1620.

Durant tout ce périple, nous suivrons des personnages sympathiques, des enfoirés de salopards de première, des monarques, des hommes de pouvoirs, des religieux, des peureux, des courageux, des veules, des magouilleurs, des flagorneurs, des menteurs, des assoiffés de pouvoir,…

Une sacré palette, je vous l’avoue, mais impossible de confondre deux personnages ensemble tant ils sont différents physiquement et mentalement.

Dans leurs pensées, leurs paroles, leurs actes, j’ai trouvé que tout ce petit monde était bien en adéquation avec cette époque, entre les timorés qui craignent de pécher et d’irriter Dieu, ceux qui sont heureux que le curé de la paroisse ou l’Église les ait absous de leurs crimes passés et futurs, tout le monde était d’une justesse qui ferait sourire à notre époque, si nous croisions de telles personnes avec de telles pensées.

Oups, j’oubliais, on en a toujours dans nos sociétés… Tout aussi fous et fanatiques, hélas. Dieu, comme les religions, sont toujours de bons prétextes : quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage.

Avec l’idéalisme des très jeunes, elle affirma préférer mourir plutôt que trahir son Dieu.

Les puritains pouvaient désormais accuser allègrement les catholiques de compromettre la sécurité nationale. L’intolérance s’était trouvé un prétexte.

— Je pourrais être pendu pour cela.
— Vous n’entreriez que plus promptement au paradis.

Impossible de s’embêter, et même pour celui qui n’aime pas trop l’Histoire car Follet a un talent fou pour nous immerger dedans sans nous dégoutter, sans que l’on voit le temps passer, avalant les guerres de religions entre catholiques et protestants,  se passionnant pour les guerres de trônes (même sans les Stark, les Lanister ou les Targaryen), suivant avec passion la diffusion dangereuse des bibles en langue anglaise (seul le latin était admis), tremblant pour les personnages les plus emblématiques, les plus empathiques, croisant les doigts que les salopards s’étouffent en mangeant.

Aux yeux de l’Église, la Bible était le plus dangereux de tous les livres interdits – surtout traduite en français ou en anglais, avec des notes marginales expliquant comment certains passages prouvaient la justesse de la doctrine protestante. Le clergé catholique prétendait que le commun des mortels était incapable d’interpréter correctement la parole de Dieu et avait besoin d’être guidé. Pour les protestants, la Bible ouvrait les yeux des fidèles sur les erreurs du clergé catholique. Les deux camps considéraient la lecture de la Bible comme la question centrale du conflit religieux qui avait déchiré l’Europe.

Les guerres de religions ne datent pas de maintenant, chacun aimant souligner que son culte est meilleur que celui de l’autre, qu’il vénère Dieu mieux que l’autre, qu’il respecte mieux les règles que son voisin,…

— Pourquoi ne peuvent-ils pas se contenter de se passer d’idoles dans leurs propres lieux de culte ? Qu’ils laissent donc Dieu juger ceux qui ne sont pas de leur avis.

Les textes religieux ont de belles choses en eux, des plus dures aussi, les religions devraient nous élever et à la place, elles ne sont jamais que le prétexte pour certains d’obtenir plus de pouvoir, plus d’argent, plus de place au paradis, oubliant qu’il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’accéder au royaume des cieux.

La plupart des Français ne demandaient qu’à vivre en paix avec leurs voisins, quelle que fût leur confession, mais toutes les tentatives de réconciliation étaient sabotées par des hommes comme les frères de Guise, pour qui la religion n’était qu’un moyen d’accéder au pouvoir et à la fortune.

L’auteur ne prend jamais position pour l’une ou l’autre faction, les catholiques ont leurs défauts, les protestants aussi, chacun reprochant à l’autre ses propres péchés, ses propres exactions, reproduisant les crimes des autres, le tout débouchant sur un bain de sang lors de la Saint-Barthelemy.

La ville abreuvée de haine avait été au bord de l’explosion, attendant que quelqu’un allume la mèche. Pierre était celui qui avait frotté l’allumette. Avant l’aube du dimanche, jour de la Saint-Barthélemy, les rues de Paris étaient jonchées des corps de centaines de huguenots morts ou mourants.

Trois mille personnes avaient été tuées dans Paris et plusieurs milliers d’autres avaient trouvé la mort dans des massacres perpétrés dans d’autres villes.

Ken Follet reste neutre, même si aux travers de ses personnages, il nous livrera quelques petites réflexions très juste.

Sylvie cita un passage de l’Évangile selon saint Jean : « Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière car leurs œuvres étaient mauvaises. »

Si tous ceux qui rencontraient des prêtres pusillanimes rejetaient Dieu, il n’y aurait plus beaucoup de chrétiens.

— Ah ! Je comprends. Ce n’est pas ma foi protestante qui te tracasse, c’est ma modération. Tu ne veux pas que tes fils sachent qu’on peut parler de religion posément et avoir des avis différents sans chercher à s’entretuer.

Pour le reste, il nous donne les faits, à vous de prendre position si vous le désirez, ou pas, parce qu’entre nous, les torts sont partagés et je n’ai pas croisé un dirigeant pour en relever un autre. Même si certaines dirigeantes furent plus tolérantes que d’autres.

— Quel est l’intérêt d’une loi que l’on n’applique pas ?
— De satisfaire tout le monde. Les protestants sont contents parce que la messe est illégale. Les catholiques le sont parce qu’ils peuvent tout de même aller à la messe. Et la reine est contente parce que ses sujets peuvent vaquer à leurs affaires sans s’entretuer pour des motifs religieux. Je te conseille vivement de ne pas aller te plaindre auprès d’elle.

— Ce ne sont pas des saintes. Il faut que tu comprennes une chose, Roger. Il n’y a pas de saints en politique. Mais des êtres imparfaits peuvent tout de même changer le monde et le rendre meilleur.

Un style d’écriture qui passe tout seul, pas ostentatoire, pas pédant, simple mais pas simpliste, une fresque magistrale, un voyage dans le temps exceptionnel, des personnages attachants (ou à tuer), travaillés, qui vous donneront une autre vision de l’histoire, qu’elle soit avec un H majuscule ou pas.

Parce que le passé éclaire souvent le présent, qu’il pourrait éviter de reproduire les mêmes erreurs d’antan, et que le fait de lire ce roman fera que vous vous coucherez moins bête (mais vous vous coucherez quand même).

Et puis, pourquoi se priver du plaisir de lire une grande fresque Historique aussi bien contée ? D’ailleurs, je vais me faire le tome deux, maintenant que je suis rassurée sur le fait que Ken Follet peut encore me faire vibrer avec d’autres personnages.

Mais pas tout de suite, ceux-ci sont encore trop présent dans mon cœur.

Allez, juste pour le plaisir, voici l’ancêtre du mojito que j’ai croisé dans les pages…

Elle versa un pouce de rhum dans chaque verre, mélangea une cuillerée de sucre, puis ajouta le jus de citron vert jusqu’à ras bord. Barney prit une gorgée. Jamais il n’avait goûté de boisson aussi délicieuse.
« Ma foi, convint-il. Vous avez raison. C’est la meilleure façon de le boire ».

Et, pour les coquin(e)s, une autre citation, qui, comme le disait si bien Magritte « Ceci n’est pas une pipe ».

S’agenouillant près de lui, elle défit le devant de son haut-de-chausses pour libérer son membre pâle et légèrement incurvé, se dressant dans une toison de boucles acajou. Elle le caressa amoureusement et se pencha pour l’embrasser, arrachant à Ned un soupir de plaisir. Une petite goutte de sperme apparut au bout de son gland, et elle ne put résister à l’envie de la recueillir du bout de la langue.

Lien vers la chronique de Bianca, ma collègue de lecture pour ce pavé monumental.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N° 36 – Historique).

À LA RECHERCHE DU THÉ PERDU… LE THÉ RETROUVÉ… [ou la petite madeleine de Dame Ida]

À LA RECHERCHE DU THÉ PERDU… LE THÉ RETROUVÉ…

ou la petite madeleine de Dame Ida [toujours non rémunérée]

Après avoir nettoyé la flaque de thé et les éclats de sa tasse qui avaient ruiné sa moquette, Dame Ida essaya maintes fois d’apaiser sa frustration en cherchant à attraper le chat en vain pour le passer au lave-vaisselle et au micro-ondes…

Dépitée et épuisée elle chiffonna la recette de chat en civet au vin et aux carottes trouvée dans son dernier numéro de Femme+ pour son déjeuner dominical.

Sa belle-mère devait venir manger… Dame Ida décida qu’elle se contenterait d’une part de tarte à la grimace. Elle la réussissait depuis bien des années pour elle !

Non… Dame Ida ne se laisserait pas démoraliser pour si peu! C’était une battante ! Elle était bien parvenue à détourner Toquéfada de son ambition pour la prêtrise et d’une grande carrière d’Inquisiteur !

Elle l’avait séduit et depuis, il se contentait de torturer et de brûler des sorcières en amateur dans sa cave…

De toute façon, il n’y en avait plus tant que ça en liberté de nos jours, et il n’aurait jamais pu gagner sa vie ainsi !

Anybref ! Elle avait tout de même réussi quelque chose dans sa vie !

Certes ses enfants en pleine crise d’ado lui attirait les regards courroucés des voisins du fait de leur déplorable habitude de se courir l’un après l’autre dans les cages d’escaliers de l’immeuble en brandissant les ustensiles de torture fauchés à leur père pour s’entre-tuer…

Et elle avait été convoquée par le proviseur de son fils le jour où le débat en instruction civique portant sur l’abolition de la peine de mort avait conduit leur aîné à regretter profondément d’avoir dû renoncer à devenir « exécuteur des hautes œuvres »…

Et il y avait cette sombre histoire avec sa fille en cours de biologie, lors d’expériences sur des batraciens… le professeur s’étant évanouie ne supportant pas très bien la façon dont sa pioupioute s’était bien amusée au médecin légiste sur les grenouilles…

Non ! Dame Ida n’allait pas se laisser abattre pour si peu !

Après tout, s’il n’y avait plus de Lapsang Souchong dans son placard, voire en Europe, Dame Ida avait d’autres possibilités pour se faire plaisir.

Proust avait sa petite Madeleine…

Et bien Dame Ida aussi : le Mélange Madeleine de chez Hédiard, délicatement vanillé et parfumé à l’huile essentielle d’orange était un véritable délice, et accompagnait très bien la nouvelle recette de scones qu’elle avait trouvée sur internet et qu’elle se promettait d’essayer un jour !

En effet, recherchant où l’on pouvait contourner l’embargo Européen supposé contre les thés fumés, Dame Ida s’était donc tournée vers les partisans du Brexit qui s’était affranchis de telles mesures…

Et comme Dame Ida n’aime pas la gnognote, elle avait carrément envoyé une petite lettre à une fameuse Nonagénaire drapée de robes aux couleurs vives et constellée de pierreries (mais si, vous savez… celle qui agite encore très gracieusement la main quand on la plante sur son balcon londonien, et qui file ensuite bouder à Pâlemoral pour tout l’été!), pour lui demander où elle-même se fournissait !

Son ami Charlot Kolmse à qui elle avait envoyé ses félicitations pour son divorce très lucratif d’avec le Docteur Jo Newattesön, lui avait donné son adresse postale.

La Nonagénaire lui avait fait répondre par un de ses nombreux secrétaires d’aller voir chez Fortnum and Mason (https://www.fortnumandmason. com/) si elle y était.

Puisque c’est en effet chez cette prestigieuse maison, sise depuis plus de trois siècles sur Piccadilly, que la Nonagénaire cousue d’or et son fils qui rêvait d’être le tampon hygiénique de sa nouvelle femme, se fournissaient.

Dame Ida s’en fut alors voir sur le site de la prestigieuse maison dont elle avait une fois par mégarde avalé une boîte entière de chocolats devant la télé…

Avant de réaliser que la personne qui la lui avait offerte avait déboursé près de 100 euros pour lui filer une crise de foie…

Elle craignait le pire, mais la boîte de Lapsang Souchong était proposée pour une dizaine d’euros les 125g… Ce qui était très raisonnable.

Un peu plus loin sur le site, elle trouva même LA recette de leur scones (ici : https://www.fortnumandmason. com/fortnums/scones-made-in- piccadilly ) !!!

Hélas ! La E-card de crédit de Dame Ida ne fonctionnait plus ! Impossible de commander son lapsang souchong par internet ! Là c’était trop !

Dame Ida essaya alors d’attirer le chat avec la souris de l’ordinateur, espérant pouvoir l’étrangler avec le câble pour se passer les nerfs…

Mais le chat ne fut pas séduit par la bestiole, que Dame Ida essaya de lui jeter à la tête pour l’assommer.

Malheureusement, le câble était trop court, et fit brutalement revenir la souris qui percuta l’écran, achevant définitivement son ordinateur ! La commande de lapsang était franchement compromise !

Dame Ida avait bien besoin de consolation et de Mélange Madeleine, faute de Lapsang Souchong…

Hélas, il n’y en avait pas davantage dans ses placards ! Elle se précipita donc sous la pluie battante vers la dernière boutique Hédiard « de proximité » qui n’était qu’à 20km de chez elle…

Après avoir subi les embouteillages du marché et victorieusement forcé le passage pour piquer la place que convoitait un bellâtre en voiture de sport, elle s’en fut sous les insultes de malotru vers la boutique de ses rêves, sans oublier d’agiter son majeur avec classe et distinction vers le type qui soudainement paraissait nettement moins beau, et encore moins jeune, au point que Dame Ida douta franchement que les dents et les cheveux du dit type lui aient toujours appartenu.

Évidemment dans la boutique noire et rouge, la vendeuse était débordée et la fit attendre deux trop longues minutes avant de venir la voir…

— Bonjour Madame, vous désirez ?
— Auriez vous du Mélange Madeleine s’il vous plaît ?
— Mais certainement ! Voyons voir…
10 minutes plus tard… après avoir retourné toutes les boîtes à thé du rayon…
— Hé Robert ? Tu sais où est rangé le mélange Madeleine ?
— Il est en rupture ! Cherche plus, Paulette !

Dame Ida sentit tout à coup sa main se crisper sur son parapluie, estimant d’un regard le nombre de clients présents dans la boutique et se persuadant que chacun d’entre eux pouvait constituer autant de témoins gênants devant une cour d’Assises si elle se laissait aller à son furieux désir de s’en servir pour empaler la vendeuse.

Se contentant de prendre son air le plus pincé et le moins aimable, Dame Ida redressa dignement la tête, rejetant une mèche comme elle l’avait vu faire dans les films par les bourgeoises élégantes, et tripotant un triple rang de perles imaginaires, elle repris plein de morgue :

— Et je suppose évidemment qu’il en est de même pour le lapsang souchong ?

Convenons en, une telle remarque par les temps qui courent était d’une vile mesquinerie…

Mais semblant ne pas le relever, la vendeuse esquissa un large sourire et répondit :

— Mais si, Madame, nous en avons !

Sous l’effet du choc, Dame Ida s’accrocha à son parapluie qui heureusement pouvait aussi servir de canne, afin de ne pas tomber.

Presque assommée, balbutiante, se prenant soudainement pour une tradeuse un jours de flambée boursière, Dame Ida bredouilla un « Je prends ! Je prends ! » qui tenait plus de l’éructation d’une junkie en manque que de la digne bourgeoise pour qui elle aurait encore voulu passer quelques fractions de secondes plus tôt.

Treize euros et 200 grammes plus tard, repartie de la boutique avec son précieux paquet, Dame Ida était prête à défendre chèrement sa vie et son thé, brandissant son parapluie tel un sabre, négligeant de l’ouvrir sous la pluie.

La pluie, on s’en fout ! Le paquet était étanche!…

Et c’est une fois séchée, bien au chaud chez elle, affalée dans son fauteuil le plus moelleux, que faute de mélange Madeleine, après un toast à la santé de la Nonagénaire chapeautée, Dame Ida se délecta du suave nectar, oubliant allégrement le chat qui ronronnait à ses pieds au point d’omettre de l’écraser d’un coup de talon !

Enquête sur Sherlock Holmes : Bernard Oudin

Titre : Enquête sur Sherlock Holmes

Auteur : Bernard Oudin
Édition : Gallimard (1997)

Résumé :
Sherlock Holmes, création du romancier britannique Arthur Conan Doyle, est à coup sûr un des personnages les plus célèbres de toute l’histoire.

Mais, au-delà de son succès proprement littéraire, il existe un « phénomène » Holmes, vieux maintenant d’un siècle et qui ne donne aucun signe de déclin.

Il a été le héros le plus souvent porté à l’écran et des dizaines d’écrivains ont voulu donner une suite à ses aventures.

Mieux encore, dès la parution des premières œuvres, des milliers de gens ont cru à l’existence réelle du détective.

Aujourd’hui encore, du courrier arrive à son domicile supposé de Baker Street. Plusieurs centaines de clubs holmésiens dans le monde, jusqu’en Amérique et au Japon, perpétuent son culte.

Bernard Oudin, spécialiste de Sherlock Holmes, démêle les fils de cet étonnant sortilège qui a amené un personnage de fiction aux frontières de la réalité et du fantasme.

Critique :
Prenons la DeLorean de Doc et remontons dans le temps, voulez-vous ?

Fermez les yeux… Imaginez…

Je suis jeune (si, si, faites un effort, nom de dieu !), l’Internet n’est pas démocratisé comme maintenant et d’ailleurs, je n’avais pas encore de PC en ce temps-là !

Alors vous pensez bien que lorsque mon bouquiniste déposa devant mes yeux ce petit guide sur Sherlock Holmes, ce fut la fête, Noël avant l’heure !

Imaginez, j’allais enfin avoir une liste des apocryphes holmésiens, des films, des acteurs ayant joué Son rôle, sur Sa naissance littéraire,…. Et j’en passe et des meilleures !

Madeleine de Proust ce petit guide et véritable mine d’informations intéressantes pour cette époque où le Net était obscur et ou certains le traitaient de labyrinthe de l’information, limite si on ne le mettait pas sur le bûcher.

Anybref, en ce temps-là, ce petit guide a fait ma joie, stabilotant des tas de titres d’apocryphes qui, au fur et à mesure, sont venus grossir mes étagères ou fluorant des titres de films, qui, avec l’avènement du P2P et puis du Torrent, sont venus, eux aussi , grossir mon disque dur ou mon rayonnage de films holmésiens (parce que j’aime aussi les posséder en vrai).

C’est rempli de petites anecdotes ou de grandes révélations (pour l’époque !), le tout étant illustré par des dessins d’époque de Frederic Dorr Steele (pour le Collier’s Weekly), de Sidney Paget (pour le Strand Magazine), d’affiches, de photos d’acteurs de théâtre, de cinéma, de personnalités importantes et connues.

Vous pensiez que les anglais étaient les seuls à pouvoir se prétendre détenteur de Sherlock Holmes ? Pourtant, ce furent les Américains qui publièrent les aventures de Sherlock Holmes sous forme de magazine, les british n’en voulant pas…

Sans l’éditeur américain Stoddart, nous n’aurions jamais eu d’autres aventures de Sherlock Holmes que « Une étude en rouge » !! C’est lui, le directeur du Lippincott new-yorkais, qui demanda à Conan Doyle de lui écrire un roman AVEC Sherlock Holmes, obligatoirement !

Ce jour là, Oscar Wilde était invité aussi, mais lui, il eut carte blanche (et cela donna « Le portrait de Dorian Gray »).

Vous apprendrez aussi que Holmes n’a JAMAIS dit « Élémentaire, mon cher Watson » dans les livres, et que l’horrible deerstalker et le macfarlane ne figurent pas dans les écrits canoniques, mais que c’est l’illustrateur, Sidney Paget, qui le dessina ainsi dans deux aventures « Le mystère du Val Boscombe » et « Flamme d’argent ».

Dans le canon, pour la nouvelle « Flamme d’argent », Conan Doyle fait juste allusion à une casquette de voyage (travel cap).

Idem pour la pipe recourbée qui est un anachronisme, mais parait qu’elle permettait à William Gillette, acteur de cinéma pas rasoir, de parler plus distinctement.

Vous apprendrez notamment que Scotland Yard n’a pas tenu rigueur au fait que, dans les écrits de Conan Doyle, ses policiers n’aient jamais été mis en valeur et qu’ils furent même traité avec mépris, puisqu’ils ont baptiser leur ordinateur de recherche « Home Office Large Major Enquiry System »… HOLMES !

Anybref, vous saurez tout sur les apocryphes et les pastiches holmésiens (d’avant 1997, bien entendu), vous saurez tout sur les clubs holmésiens, sur Rex Stout qui démontra un jour que Watson était une gonzesse, les lieux de pèlerinage holmésiens, ainsi que le musée Sherlock Holmes.

Je ne m’en lasse pas et régulièrement, je remonte le temps en l’ouvrant et en tournant les pages, revoyant les titres que je désirais et puis, me retournant, toute fière, pour les découvrir dans ma bibliothèque.

Comme le chantait si bien Pierre Peret, ♫ Tout, tout, tout, vous saurez tout sur Sherlock Holmes ♪

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Géographie de Sherlock Holmes : André-François Ruaud & Xavier Mauméjean

Titre : Géographie de Sherlock Holmes

Auteurs : André-François Ruaud & Xavier Mauméjean
Édition : Les Moutons Electriques (2011)

Résumé :
Sherlock Holmes est une des plus grandes figures de la culture populaire et son seul nom est synonyme de mystère policier, de brouillard londonien et de crimes énigmatiques.

De sa résidence de Baker Street à la gare de Paddington, des landes de Dartmoor aux montagnes suisses, de l’East End à Hyde Park, par les clubs et par les rues…

Sherlock Holmes et son époque, retrouvés et commentés dans tous leurs lieux.

Une géographie du grand détective, en photos rares, gravures, plans et documents inédits.

Critique :
Qui n’a jamais rêvé de suivre les pas de Sherlock Holmes dans le Londres de la reine Victoria ?

Qui n’a jamais rêvé de tomber sur un plan original de l’époque ? Ou un Baedeker original comme Holmes aurait pu en posséder un dans sa bibliothèque, juste à côté de l’indicateur de chemin de fer ?

J’eusse aimé tomber sur un ouvrage qui m’aurait entrainé dans les lieux mythiques foulés par les pieds de Holmes…

Hors ce bien beau livre n’est pas tout à fait ce que je pensais qu’il serait.

Certes, nous suivons des lieux importants, classés par ordre alphabétique, avec des belles représentations de ce qu’ils devaient être à l’époque et quelques menues explications, mais de plan pour situer tout cela dans Londres ou dans l’Angleterre, il n’y en a point.

De plus, certains lieux du glossaire ne sont pas des lieux géographiques à proprement parler, mais des noms communs tels que fiacres, bow-windows, université, smog,… et même pas un index pour les retrouver plus facilement, crénom !

Malgré cette petite déception, j’ai toujours pris plaisir à feuilleter l’ouvrage, à regarder les images reproduites, à relire les textes accompagnant les lieux, qui, à défaut d’être importants font dans la concision (et pas dans la cir) et la précision.

On aurait sans doute aimé en apprendre plus, mais je pense que c’est aussi un choix des auteurs de faire dans le court et le bref, de se focaliser sur le plus important et d’éviter le superflu qui aurait pu lasser le lecteur.

Évidemment, des personnes comme moi en voudraient toujours plus, je reste sur ma faim, un peu comme un Hannibal Lecter au régime salade verte…

Yapuka se mettre en chasse pour combler sa dent creuse et s’instruire sur ces lieux ô combien holmésiens.

Sans compter que vous pouvez aussi vous mettre en chasse pour d’autres lieux, d’autres personnages, puisqu’ici, le réel Oscar Wilde côtoie, comme s’ils avaient réellement existé, les Darcy, les Holmes ou les James Bond.

Mais au fait, qui a dit qu’ils n’étaient pas réels ??

Si le titre de l’ouvrage est un peu surfait à mon goût et que j’aurais aimé en avoir plus, je n’ai jamais regretté cet achat, je prends toujours plaisir à me replonger dedans, à rafraichir ma mémoire, à admirer les anciens lieux (zut, on n’a pas les lieux comme ils sont maintenant) et il serait parfait pour un petit voyage à Londres sur les traces de Sherlock Holmes.

Allez, cherche mon chien, cherche !

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Les damnées de Whitechapel : Peter Watson

Titre : Les damnées de Whitechapel

Auteur : Peter Watson
Édition: Paulo Raman (2011)

Résumé :
Londres, début de l’automne 1888. Depuis l’heureux dénouement de l’affaire du Signe des Quatre, le docteur Watson vit sur un nuage. Mary Morstan lui ayant promis sa main, il a décidé de réendosser sa blouse blanche et de ressortir sa vieille trousse médicale afin que son couple puisse vivre de ses honoraires.

Aussi envisage-t-il de quitter Baker Street pour aller s’installer dans un quartier agréable de la grande ville et y fonder une famille.

Sherlock Holmes est quant à lui en proie avec son plus terrible ennemi : le désœuvrement. Depuis quelques temps déjà, il se morfond nuit et jour, tristement allongé sur son canapé.

Les meurtres simultanés de deux prostituées à Whitechapel ainsi qu’un vol commis à Pondicherry Lodge vont subitement le tirer de sa retraite et remettre en branle les rouages de la formidable machine à penser qu’il est.

A la suite de toute une série de rebondissements inattendus, les deux hommes vont devoir quitter la grande métropole afin de s’employer à ce que la Lumière triomphe des Ténèbres.

Critique :
Lorsque je pris connaissance du livre, je m’attendais à une enquête classique de Holmes face à l’Éventreur, les cinq meurtres, l’attente entre le quatrième et le cinquième… Bref, le coup classique, quoi.

Et bien là, j’en fus pour mes frais parce que ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. Je fus surprise et agréablement surprise, même, par la tournure de l’histoire.

L’auteur, dans le but de ne pas mélanger l’histoire et la fiction, a changé quelque peu les noms des victimes ainsi que celle d’un apparenté royal. Cela lui a permis de prendre plus de liberté avec la véracité des faits de 1888 et de ne pas décevoir les « ripperologues » en attente d’un nom.

Bref, l’enquête ne s’occupera « pas vraiment » des crimes commis dans les ruelles sordides de Whitechapel, mais partira dans un autre sens, Holmes voulant laisser les policiers résoudre eux-mêmes les crimes sordides (vous comprendrez tout en lisant).

Malgré tout, l’ombre de l’assassin ne sera jamais loin, les pistes se recoupant souvent. On a beau partir d’un côté, au final, on retombe sur les traces de l’assassin.

Entre nous, le final m’a fait accélérer la cadence de lecture, voulant à tout prix connaître la fin. L’auteur m’a donné quelques sueurs froides et… Non, je ne dis rien de plus, cela dévoilerait ce que je ne peux dévoiler.

Le style d’écriture est agréable, ressemblant aux écrits victorien, sans langage moderne. Repéré une seule coquille dans l’absence d’un tiret cadratin. Rien de bien terrible.

Le seul point négatif du livre est un paragraphe un peu longuet où l’ajout d’un point final n’aurait pas été du luxe et m’aurait permis de reprendre mon souffle.

Un autre passage qui pourrait rebuter certain est la description du cérémonial d’ouverture d’une tenue de Loge maçonnique.

Moi, cela ne me dérange pas, mais je pense que cela pourrait en faire soupirer d’autres, les fils de la veuve étant assez cérémonieux, comme vous devez le savoir.

C’est ce que j’appellerai l’exercice périlleux du juste milieu, étant donné que si l’auteur abrège, on considéra qu’il ne maîtrisait pas son sujet (maçonnique) et s’il en fait trop… ben, on le taxera d’en faire trop.

Le Holmes du livre n’est pas caricatural, du moins, pas plus que l’original dont Watson nous contait les nombreux travers dans « Le rituel de Musgrave ».

Je l’ai trouvé fidèle à lui-même, tout en sachant que, bien entendu, les auteurs mettent un peu du leur dans le personnage.

Watson n’est pas un gros balourd, c’est un homme amoureux de Mary et qui va bientôt convoler en juste noce.

La relation entre les deux amis est à cent lieues du « gay-friendly » à la mode ces dernières années, Holmes sait être taquin ou caustique envers Watson et même assez sec avec Lestrade.

Un clin d’œil à la nouvelle « Les hommes dansants » avec un message codé et de nombreuses allusions au canon disséminées par-ci par là.

Petite anecdote : Elveden Hall dont on parle dans le livre existe bel et bien et fut réellement, dans le passé, la résidence du Maharaja Duleep Singh (le nom change dans le récit).

Pour la petite histoire, la chambre n° 12 que l’auteur fait occuper à Watson, à l’hôtel La Cloche, a réellement la réputation d’être hantée (aujourd’hui encore) par le fantôme d’un… curé !

Le livre m’a fait passer un très bon week-end avec Holmes et je remercie l’auteur pour cela. Son histoire était originale, à cent lieues des autres déjà lues, fidèle à la réalité tout en gardant ses distances avec elle. le plus dur fut de fermer le livre quand je l’ai eu terminé et de quitter mon détective préféré.

Je vous le disais, je l’ai dévoré, le livre.

Son unique point merdique est qu’il est difficilement trouvable, hormis sur un grand site de vente de livres en ligne (mais pas que des livres), il me semble…

Coups de crocs : Erle Stanley Gardner [Perry Mason 4]

Titre : Coups de crocs

Auteur : Erle Stanley Gardner
Édition : Presses de la Cité – collection « Un mystère » N°680 (1963)
Édition originale : The Case of the Howling Dog (1934)

Résumé :
Imaginez qu’un homme au bord de la crise de nerfs surgisse dans votre bureau. Que cet individu vous annonce qu’il désire porter plainte contre le chien de son voisin. Qu’il profère des menaces à l’encontre dudit voisin et vous implore de faire quelque chose, vite, très vite !

Comme Perry Mason, le célèbre avocat détective, vous auriez sûrement quelques doutes sur l’état mental de votre client.

Mais quelle serait votre réaction si, après enquête, à la place d’un voisin bien vivant et d’un chien qui hurle à la mort, vous découvriez deux cadavres ? Vous auriez tendance à soupçonner votre visiteur de la veille, n’est-ce pas ?

Mais auriez-vous tout à fait raison ?

C’est justement la question que se pose Perry Mason, qui s’est toujours méfié de l’évidence…

Critique :
La Belette Cannibal est toujours à la pointe des dernières nouveautés, de l’actualité littéraire brûlante, des lectures les plus tendances, les plus « in » du moment, la preuve – s’il en est besoin – avec ce roman paru en France en 1963 et aux États-Unis en 1934 !

Si ça c’est pas de la chronique avant l’heure et novatrice, ce n’en sera jamais !! PTDR

Perry Mason, je l’avais découvert par le plus grand des hasards en me plantant dans mon achat lors d’une de mes incursions dans ma bouquinerie préférée.

J’avais pris la chose avec calme et, puisque j’avais un roman à lire, je l’avais entamé de suite (c’était une des « nouvelles » publications de 1986 aux éditions J’ai Lu) et j’avais accroché aux enquêtes hors norme de cet avocat détective et de sa pétillante secrétaire.

Ensuite, j’avais découvert la série télé avec Raymond Burr (fort différente des romans) et, last but not least, entamé la collection de tous les Perry Mason publiés chez J’ai Lu, ou, encore mieux, chez Presse de la Cité, dans la Collection Un Mystère.

Le monde judiciaire, c’est un monde que j’apprécie, les grandes plaidoiries, les avocats, les cols en fourrure, tout ça a le don de m’exciter au plus haut point et ce que j’apprécie aussi, dans les enquêtes de l’avocat au grand coeur, c’est que nous sommes dans les années 30, donc, pas de GSM, de PC et on s’arrête encore dans les cabines téléphoniques pour passer ou recevoir des coups de fils.

Délicieusement rétro et vintage, j’adore lire un Perry Mason lorsque j’ai envie de me changer les idées et de remonter le temps. Ça me détend les pensées noires aussi bien qu’un Oui-Oui.

Et puis, un avocat prêt à tout pour défendre son client, ou sa jolie cliente sans le sous, certes, ce n’est pas vraiment réaliste, mais putain, que ça fait du bien ! Surtout sur la fin, lorsque tout se résous au tribunal, laissant le district attorney Hamburger sur le carreau.

Là, le client de Mason est un espèce de taré qui veut porter plainte sur… le chien de son voisin !! Proférant même des menaces sur ledit voisin, avant de sortir du bureau de Perry.

Oups, le lendemain, à la place d’un voisin bien vivant et d’un chien qui hurle à la mort, Perry Mason découvre deux cadavres !

Moi, j’aurais tendance à soupçonner le visiteur dingo de la veille… Ce qui serait trop évident…

C’est justement la question que se pose Perry Mason, qui s’est toujours méfié de l’évidence… Et hop, voilà l’avocat qui part enquêter, se déguisant en Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Columbo.

Un roman assez fou et qui se termine au Tribunal, comme tous les Perry Mason, et de manière un peu loufoque, ou alambiquée, comme souvent, puisqu’il y a même eu des résolutions d’affaire où je n’ai pas tout compris !

Le style facile à lire, même si certaines explications sont biscornues, on a assez bien de points juridiques, ce qui pourrait braquer ceux qui n’aiment pas ça, et, bien entendu, on oublie toute les technologies de notre époque.

Un roman qui fait du bien, dont on sait qu’il se terminera bien, qu’on aura l’explication au tribunal et que plus Perry Mason a l’air de perdre, et plus il va gagner.

Allez, maintenant, Médor, à la niche et on arrête d’aboyer !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)le challenge US (2017-2018) chez Noctembule Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°02 – Le chien des Baskerville).