Bilan Livresque Mensuel – Septembre 2017

Est-ce que j’ai bien lu en Septembre, mois de la rentrée scolaire et période du Mois Américain ?

Ceux qui ont lu le Bilan du Mois Américain le savent déjà… Mais ici, je vais parler en quelques mots des romans que j’ai lu et tâcher de vous donner envie ou de vous faire passer votre tour. Qui sait ?

Bon, déjà, niveau lectures romans, j’ai déjà fait mieux que 8 romans (12 romans lus l’année dernière pour le même mois), mais je ne vais pas me taper la tête au mur, niveau bédés, j’ai bien fait exploser le compteur avec 38 bédés lues et 2 comics !!

Je ne connais pas grand-chose sur la guerre du Vietnam et À propos de courage de Tim O’Brien (ICI) était ce qu’il me fallait pour commencer à en apprendre un peu plus sur le sujet sans pour autant sombrer dans le pathos. Un récit fort, profond, sans fard, mais sans surenchère dans le glauque, des personnages attachants, une écriture poétique, magnifique, qui sublime encore plus les récits de guerre ou d’après-guerre, pendant la reconstruction du corps et de l’esprit.

Le Bon Frère de Chris Offutt (ICI) nous plonge dans ce que l’on appelle péjorativement « Le Sud profond » et nous brosse un portrait au vitriol de cette impitoyable Amérique où les clivages sont importants, que ce soit par race ou par niveau social, où l’appartenance à un clan ou une famille est importante, où tout le monde peut virer paranoïa, le tout porté par une écriture qui oscille entre la poésie brutale ou le brut poétique, tout en finesse et sans fard.

La 5ème enquête de mon vieux copain le shérif Longmire trainait depuis un peu trop longtemps dans ma PAL alors j’ai sorti le fougueux Dark Horse de Craig Johnson (ICI) et la chevauchée fut agréable, comme toujours ! Une enquête qui sort des sentiers battus, un shérif qui travaille en immersion, et une affaire qui, bien qu’elle ait l’air simple, ne le sera pas.

Qui a dit qu’il fallait lire les nouveautés pour être « tendance » ? (private joke avec Dealer De Lignes) Moi, je m’en fiche et j’adore lire des oldies, ce que je ne me suis pas privée de faire avec le western  Des cavaliers dans la nuit d’Ernest Haycox (ICI). Un roman sans prétention aucune, qui se lit vite et facilement, de quoi vous faire passer du bon temps, sans se prendre la tête car les mots glissent tout seuls dans votre esprit et il ne vous reste plus qu’à écouter Ennio Morricone pour vous y croire vraiment.

J’avais sélectionné des romans de Edward Abbey mais pas Désert solitaire (ICI) que j’ai pourtant lu à la place des autres (cherchez pas docteur). On dit de ce livre qu’il fit changer des gens de vie et qu’il déchaîna des passions. Sans doute que des gens furent surpris par le ton caustique de l’auteur et par les vérités qu’il balançait dans leurs gueules, moi, de mon côté, je n’ai pas sourcillé puisque tout ce qu’il dit n’est pas faux ni dénué de sens. Un récit qui se déroule tout en langueur, un récit que l’on lit dans le calme, la sérénité, avant d’avoir envie d’exploser devant la connerie humaine et sa propension au bétonnage et aux ordures laissées derrière lui.

Chez moi, quand des romans prennent les poussières, ils ne le font pas à moitié ! Un psy devrait même se pencher sur mon cas (si il l’ose) et m’expliquer pourquoi des livres que je voulais lire de suite trainent durant des années, comme ce fut le cas avec Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, qui, sans ma LC avec Bianca (ICI), serait toujours en train de se reposer alors que c’est un roman magnifique !

La plume de Pierre Lemaitre m’a emporté dans les tranchées de novembre 1918, dans la France d’après-guerre, celle qui a préféré célébrer ses morts plutôt que ses vivants, me plongeant dans le quotidien de deux hommes qui tirent le diable par la queue pendant que d’autres pètent dans la soie.

Les rumeurs du Mississippi de Louise Caron (ICI) racontent la quête de vérité d’une journaliste au sujet d’un vétéran de la guerre d’Irak qui s’accuse d’un meurtre. Sa quête est plus une recherche pour son propre passé. L’auteur nous dresse, au travers de ses personnages, un portrait de l’Amérique d’aujourd’hui, s’interrogeant sur le rôle de la presse, parlant du racisme ordinaire, de l’Amérique et ses blessures, ses guerres.

Et j’ai terminé le mois par Underground Railroad de Colson Whitehead (ICI) qui nous parle de l’esclavage dans les états du Sud et je peux vous dire que si le roman était passionnait, le contexte était historiquement dur. L’Amérique s’est construite sur des terres volées, cultivées par des gens volés… Un grand roman !

Bilan Livresque Mensuel : 8 romans lus

  1. À propos de courage : Tim O’Brien
  2. Le Bon Frère : Chris Offutt
  3. Dark Horse : Craig Johnson
  4. Des cavaliers dans la nuit : Ernest Haycox
  5. Désert solitaire : Edward Abbey
  6. Au revoir là-haut : Pierre Lemaitre [LC avec Bianca]
  7. Les rumeurs du Mississippi : Louise Caron
  8. Underground Railroad : Colson Whitehead

Bilan Livresque Mensuel : 39 bédés + 2 Comics = 41

  1. Lucky Luke – T14 – Ruée sur l’Oklahoma (Morris – Goscinny)
  2. Lucky Luke – T30 – Calamity Jane (Morris – Goscinny)
  3. Lucky Luke – T6 – Hors-la-loi (Morris)
  4. Lucky Luke – T11 – Lucky Luke contre Joss Jamon (Morris – Goscinny)
  5. Lucky Luke – T24 – La Fiancée de Lucky Luke (Morris – Vidal)
  6. Lucky Luke – T01 – La diligence (Morris – Goscinny)
  7. Lucky Luke – T03 – Dalton City (Morris – Goscinny)
  8. Lucky Luke – T12 – Les Cousins Dalton (Morris – Goscinny)
  9. Lucky Luke d’après Morris – T06 – Les tontons Dalton (Achdé)
  10. Lucky Luke – Tome 11 – Ma Dalton (Morris – Goscinny)
  11. Lucky Luke – T18 – Le bandit manchot (Morris)
  12. Lucky Luke – T23 – Le Daily Star (Morris – Léturgie)
  13. Lucky Luke – T35 – Le Klondike (Morris – Léturgie)
  14. Lucky Luke – T12 – La guérison des Dalton (Morris – Goscinny)
  15. Lucky Luke – T16 – Le magot des Dalton (Morris)
  16. Lucky Luke – T28 – Le pony express (Morris – Fauche)
  17. Lucky Luke – T30 – Chasse aux fantômes (Morris – Van Berda – Hartog)
  18. Lucky Luke – T41 – La légende de l’Ouest (Morris – Nordmann)
  19. Lucky Luke – T18 – Sarah Bernhardt (Morris – Fauche – Léturgie)
  20. L’étoile du désert – T3 (Marini – Desberg – Labiano)
  21. L’histoire en bédé – T1 – L’épopée sanglante du Far West (Joly)
  22. Les Tuniques Bleues – Tome 33 – Grumbler et fils (Cauvin – Lambil)
  23. Les Tuniques Bleues – Tome 18 – Blue Retro (Cauvin – Lambil)
  24. Les Tuniques Bleues – T03 – Et pour 1.500$ de plus (Cauvin – Salvérius)
  25. Les Tuniques Bleues – T04 – Outlaw (Cauvin – Salvérius)
  26. Les Tuniques Bleues – T09 – La grande patrouille (Cauvin – Salvérius)
  27. Les Tuniques Bleues – T17 – El Padre (Cauvin – Lambil)
  28. Les Tuniques Bleues – T19 – Le David (Cauvin – Lambil)
  29. Les Tuniques Bleues – Les Bleus tournent cosaques (Cauvin – Lambil)
  30. Blueberry – T11 – La Mine de l’Allemand perdu (Charlier – Giraud)
  31. Blueberry – T12 – Spectre aux balles d’or (Charlier – Giraud)
  32. Durango – T11 – Colorado (Swolfs)
  33. Durango – T12 – L’héritière (Swolfs)
  34. Durango – T13 – Sans pitié (Swolfs)
  35. Buck Danny – T20 – SOS soucoupes volantes (Charlier – Hubinon)
  36. L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu – T04 – La Loi du plus fort (Lupano – Salomone)
  37. Le casse – Tome 5 – Gold Rush (Blengino – Sarchione)
  38. Le pape terrible – T3 – La pernicieuse vertu (Jodorowsky – Theo)
  39. Oracle – T8 – Le héros (McSpare – d’Auria)
  40. Scalped – T4 – La rage au ventre (Aaron – Guéra)
  41. Scalped – T5 – La vallée de la solitude (Aaron – Guéra)

Bilan Livresque Mensuel : 5 films

  1. Sherlock Holmes à New York [TÉLÉFILM]
  2. Les gardiens de la galaxie 2 [FILMS]
  3. Despicable Me 3 [FILMS]
  4. Les Goonies (The Goonies) [FILMS]
  5. La Famille Addams [FILMS]

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L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu – Tome 4 – La Loi du plus fort : Wilfrid Lupano & Salomone

Titre : L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu – Tome 4 – La Loi du plus fort

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Salomone
Édition : Delcourt (21/06/2017)

Résumé :
Dans cette Amérique de 1900 où le Congrès est dominé par les millionnaires, l’application de la loi Dawes permet la spoliation de milliers d’hectares de terres indiennes et la NRA, jeune association de promotion des armes à feu, intrigue pour faire voter une loi à sa mesure.

Tandis que dans les banques, le TIC TIC d’une nouvelle machine est en train de changer le monde, nos héros se retrouvent pour un chassé-croisé impitoyable…

Critique :
J’ai toujours eu un faible pour les auteurs qui me parlent de l’Amérique telle qu’elle est en vrai et qui, avec un certain cynisme noir me démontre qu’en effet, l’être humain est difficilement récupérable lorsque l’on agite devant lui la possibilité de palper des billets.

Dans les albums de Lupano, on a croisé des tas de gens peu fréquentables : des magouilleurs, des tueurs, des salopes, des bonnes sœurs méritant les flammes de l’enfer, mais les pires seront toujours ceux qui reprennent d’une main ce qu’ils avaient donné de l’autre.

Notamment les 30.000.000 (30 millions, vous lisez bien) d’hectares de terres données aux indiens après les guerres… Et les amerloques viennent toujours donner des leçons de morales aux autres.

Si dans l’Ouest d’où nous sommes parti, ce sont les flingues qui font la loi, à la jeune capitale de Washington D.C. c’est la finance qui fait la loi. Et la jeune société baptisée N.R.A, si vous voyez de qui je veux parler. Le lobby des armes qui ne voudrait pas voir son futur marché juteux s’écrouler pour quelques papiers signés Madison.

La loi du plus fort étant toujours la meilleure, va falloir ruser afin d’arriver à ses fins. Si on y arrive, parce que les bâtons dans les roues sont nombreux dès qu’il s’agit de business florissant ou de lobby.

C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé toute ma petite bande à la poursuite des fameuses lettres : Margot et ses atouts  qui se trouvent aussi bien dans sa te^te que dans son corsage qu’elle a bien rempli, Byron en fâcheuse posture, Knut et son langage à lui, nos deux jeunes indiennes, Jack, son père adoptif.

Ce tome 4 clôt la série et les fins de séries sont attendues avec impatience, mais aussi avec crainte car la question reste toujours de savoir comment les auteurs vont mettre fin à tout ça. Vont-ils rallier la fiction à la réalité (on sait ce qu’il en est du 2ème amendement) ou faire une uchronie avec un Amérique qui changerait de bord ?

Les États-Unis resteront tels qu’ils sont, ils ne changeront pas, seule le décor de notre bédé à changé puisque nous avons quitté les plaines de l’Ouest pour la « civilisation » de l’Est et ses grandes villes, ce qui donne un air mon western à ce dernier album qui clôt de manière honorable la série, à mon avis.

Puisque les États-Unis ne peuvent changer, autant que ce soit l’un des personnages qui fasse preuve d’un peu d’humanité, bien que je ne l’aurais jamais imaginé faire preuve d’amour ou de compassion. Les miracles n’ont pas lieu qu’à Lourdes, apparemment.

Un dernier tome moins burlesque que les précédents, des petits coups de plumes assassines envers les States et leur mentalité, leur mode de fonctionnement qui écrase les minorités qui y habitaient bien avant les nouveaux arrivants, une fin inattendue où la fiction rejoint la réalité, avec une explication appartenant aux auteurs mais qui pourrait être plausible aussi.

Une belle saga que je prendrai plaisir à relire encore et encore.

Mais je laisserai le dernier mot à notre cher ami Knut Hoggaard et sa poésie bien à lui :
— Lha SoolOop ! LaA SSSoLoôp ! La LooAaaah Mon KUuL ! Moooonde eeest fouuu !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.