[Sherlock Holmes] La malédiction de Nephrem-Kâ : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : La malédiction de Nephrem-Kâ

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : l’Oeil du Sphinx (30/03/2012)

Résumé :
Bien que la mort de Lord Thorndyke, le linguiste émérite, semble des plus naturelles, elle n’est pourtant pas sans rappeler celle du richissime négociant en tabac, Jack Finley, survenue quelques semaines auparavant dans des circonstances similaires.

Cela n’a pas échappé à l’esprit aiguisé de Sherlock Holmes pour qui ces décès sont à rapprocher de celui de Philip Lovecraft, repêché au pied d’une falaise du Sussex,et à relier au passé commun des trois hommes lesquels ont participé à la mise au jour de la nécropole de Nephrem-Kâ, le pharaon maudit que l’Egypte ancienne s’est empressée d’effacer de son histoire.

Ces disparitions successives raniment le spectre de la malédiction dont on avait dit qu’elle frapperait tous ceux de l’expédition Finley.

D’aucuns évoquent à mots couverts la colère du dieu Cthulhu dont la violation du tombeau de Nephrem-Kâ aurait déchaîné la colère.

Critique :
Souvenez-vous, le 4 novembre 1922, ce fut la découverte de la tombe inviolée de Toutânkhamon.

Non, tout comme vous, je n’y étais pas…

Le 26 novembre, Carter et Lord Carnavon pénètrent dans le tombeau. Imaginez la scène…

Sur le mur, il y a une tablette qui fut bien vite escamotée où il était écrit : « La mort abattra de son aile quiconque dérangera le repos de pharaon ».

Je vous laisse faire vous-même le bruit du roulement de tambour ou la musique angoissante du film « Les dents de la mer », de « Psychose » et même de « L’exorciste », si vous voulez.

Ce qui devait arriver arriva… bon nombre d’entre eux moururent pour avoir osé troubler le repos du pharaon ! Fin de la musique angoissante.

Pourquoi je vous cause de ça ? Parce que dans ce pastiche holmésien, Philipp Lovecraft (oui, l’écrivain !!) et toute sa clique ont découvert le temple d’un pharaon tellement maudit que son nom n’est inscrit nulle part !

Aucun égyptologue ne le connaît ! Nephrem-Kâ, qu’il se nomme. Vous le connaissiez, vous ?? Moi pas !!

À côté de lui, le nom du pharaon hérétique Akhenaton fait figure de « populaire », c’est vous dire que le nom de Nephrem-Kâ fut effacé.

Seul Lovecraft résistait encore et toujours (à l’envahisseur ?) afin de prouver au monde entier qu’il avait raison quand il soutenait l’existence de ce pharaon maudit.

Et ce qui arriva en 1922 à l’expédition de Carter survint à celle de Lovecraft, et ce, bien avant, étant donné que tous les membres de l’expédition seront retrouvés soit morts, soit disparu, soit dingo après avoir découvert le temple du pharaon maudit qui s’était déjà écroulé sur eux lors de leur entrée.

Certains esprits superstitieux évoquent, à mots couverts, la colère du dieu Cthulhu dont la violation du tombeau de Nephrem-Kâ aurait déchaîné la colère.

Sherlock Holmes, avec son esprit aiguisé, a déjà fait le lien entre le décès de Philip Lovecraft, repêché au pied d’une falaise du Sussex et il a relié au passé commun des trois hommes qui avaient participé à la mise au jour de la nécropole de Nephrem-Kâ, ce pharaon maudit que l’Égypte ancienne s’était empressée d’effacer de son histoire.

Bien entendu, on ne la fait pas à Holmes ! Un pharaon qui se venge au travers de sa tombe ou un espèce de monstre à tête de pieuvre mal lunée, ça ne prend pas.

Il va donc enquêter…

J’avoue que j’avais tout de même une petite appréhension à l’entame de cet ouvrage parce que je savais pas ce que l’auteur avait décidé : du vrai fantastique sauce « X-Files » ou du fantastique en apparence alors que c’est du tangible, avec des vrais meurtres perpétrés par des humains ?

Bien que j’ai soupçonné directement le coupable et compris sa supercherie ainsi que sa mystification (c’était trop gros pour moi, un truc pareil), je ne m’attendais pas à un tel mobile.

De ce côté là, c’est bien.

Par contre, niveau digestion de toutes les explications qu’un professeur d’université donne à Watson, c’était un peu lourd !

Le récit n’est pas très palpitant car trop lent, trop surchargé d’explications en tout genre sur le pharaon ou le Cthulhu.

Bref, un 2,5/5 mais la demi étoile n’est pas permise.

Quoi ? Non je ne vous dirai pas si la vérité était ailleurs ou sous notre nez. Vous êtes grand assez que pour ne plus croire à tout cela…

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Sherlock Holmes – L’affaire du chien des Baskerville : Deborah Kespert

Titre : Sherlock Holmes – L’affaire du chien des Baskerville

Auteur : Deborah Kespert
Édition : Tourbillon (24/11/2011)

Résumé :
Grâce à la progression proposée dans le livre, le lecteur aide Sherlock Holmes et son fidèle Watson à résoudre la plus fameuse énigme de leur carrière !

A côté du livre la pochette du dossier personnel contient les fac-similés des documents nécessaires à la résolution de l’enquête. Les cartes d’identité des suspects, les rapports de police, le plan de la scène du crime, les articles de journaux et bien d’autres documents mettront le lecteur sur la piste du coupable.

Les astuces de Sherlock Holmes feront enfin de lui un parfait détective !

Critique :
Le genre de livre à offrir à un enfant qui aimerait découvrir l’univers de Sherlock Holmes, où si vous avez l’intention de passer le virus à vos enfants…

Pour un adulte qui connaît le canon holmésien, le livre n’apporte rien d’autre que de jolies illustrations, des indices dans une enveloppe, des articles de journaux,… bref, tout ce qu’il vous faut pour résoudre l’enquête.

Le hic, c’est qu’elle est la même que le livre, donc, si vous l’avez lu, vous connaissez l’assassin…

Mais l’ouvrage est très bien réalisé et l’adulte que je suis est redevenue enfant en jouant avec…

Le genre de livre à offrir à un enfant qui aimerait découvrir l’univers de Sherlock Holmes, où si vous avez l’intention de passer le virus à vos enfants…

Et vous savez que j’aime jouer avec.

© Parfum des livres – Blog

Les aventures alsaciennes de Sherlock Holmes : Christine Müller

Titre : Les aventures alsaciennes de Sherlock Holmes

Auteur : Christine Müller
Édition : Le Verger (01/09/2011)

Résumé :
A la fin de l’hiver de l’année 1898, l’Alsace a accueilli 2 touristes très particuliers, en la personne de Sherlock Holmes et de son fidèle ami et biographe, le docteur Watson.

Mais, dans ce périple tout voué à la détente et à la visite de cette belle région aux charmes pittoresques autant que gastronomiques, la seule présence du plus grand détective du monde a suffi à faire surgir les affaires les plus étranges…

Ce petit volume raconte, en 8 nouvelles qui se suivent, l’intégralité de ce voyage d’agrément… au pays du crime !

Critique :
L’avantage du livre est d’être composé de huit nouvelles – ce qui est plus en adéquation avec l’original – et de nous présenter le détective sous un autre jour.

Un Holmes plus brettien que canonique car en lisant, je voyais Jeremy Brett (accompagné de David Burke).

Le Sherlock Holmes de Christine Muller est un portrait de l’acteur, même dans sa gestuelle. Surtout là !

Très « beauté fatale » devant qui, hommes, femmes et enfants s’étalent d’admiration. C’est très plaisant à lire pour nous, les femmes. Même si Watson insiste un peu trop lourdement sur la beauté de Holmes.

Le quatrième de couverture parlait de « fidélité au Canon » holmésien, ce à quoi je répondrai « non » pour la simple raison que Holmes amoureux, c’est anti-canonique, même si j’adore le voir amoureux. C’est juste que c’est une sacrée entorse au Canon.

Ma seule critique est que lorsqu’il essuie un refus poli de la dame, il redevient très vite la froideur incarnée, comme si de rien n’était. Un peu trop rapide, à mon sens.

Attention, cela n’enlève rien au plaisir que j’ai eu de lire cette nouvelle (ni les autres non plus) et à suivre nos deux hommes dans toutes leurs aventures, plus policières qu’amoureuses…

Les enquêtes, tiens, parlons-en. Elles se suivent mais ne se ressemblent pas, agréables à lire, surtout celle du « concombre masqué ».

Par contre, certaines auraient pu être un peu plus développées dans leur final car elles me laissèrent sur ma faim.

Watson est très gourmand, trouve les femmes jolies, s’extasie sur son amitié avec Holmes et l’écoute religieusement parler de son enfance. Parfois il est un peu benêt et ne voit pas Holmes venir, malgré ses gros sabots.

Peut-être parce que la chanson dit « En passant par la Lorraine, avec mes sabots » et que la Lorraine, ce n’est pas l’Alsace. Je ne suis pas Columbo, mais certaines choses, je les ai vues venir de très loin, riant de l’aveuglement du brave docteur.

De plus, malgré des histoires diversifiées, j’ai tout de même trouvé certains coupables, et ce, dès le départ (trois de trouvé et un quatrième un peu plus loin dans la nouvelle)… Chouette, je fus plus rapide que le Maître !

Les quelques détails historiques sur l’Alsace n’empiètent pas sur les aventures et la narration. Cela ne m’a pas donné l’impression de lire un guide touristique et pour moi, ils étaient utiles, preuve que l’auteur a potassé son sujet et à voulu nous faire partager quelques détails de l’Histoire.

Ne pas en parler aurait retiré de la saveur au livre vu la région dans laquelle nous nous trouvions.

Un des reproches que je ferai toujours à SACD c’est de ne pas avoir donné assez de détails « historiques et sociaux » dans ses écrits sur Holmes.

Le Canon fut bien étudié et les huit nouvelles en sont saupoudrées.

Mes critiques iront plutôt aux trop nombreuses allusions à cette fameuse boîte de maroquin vert (de cuir, dans mon Canon) et sa seringue chargée de cocaïne.

En huit nouvelles, l’auteur en parle plus que sur l’intégralité du Canon. Même quand Holmes ne l’utilise pas, Watson en parle, signalant son abstinence.

À un moment, je m’étais dit que si l’auteur n’en parlait pas dans une nouvelle, je sabrerais le champagne et bien, ce ne fut pas le cas.

Je veux bien que dans « Le signe des quatre », Watson signale qu’il est témoin du spectacle de Holmes se piquant, que cela dure depuis plusieurs mois et ce, trois fois par jour, mais bon, pas besoin d’en parler à toutes les pages, je trouve. À la fin, cela devient lourd.

Autre point qui m’a irrité un peu et qui passera avec un peu de pommade, c’est la manie qu’à Holmes de nommer Watson « mon tout bon » ou « ami Watson ».

C’est assez énervant car répétitif. Pas énervant au point d’envoyer valser le livre dans la pièce, tout de même. Je suis passée au-dessus.

Ma foi, l’auteur aurait pu se contenter d’un « cher ami » ou « mon cher ». Quant à Holmes qui se choque en apprenant qu’une simple d’esprit est née, tout comme lui, un six janvier… Passons, voulez-vous ?

Le tout ne m’a pas empêché de savourer le livre et les nombreuses images bien drôles que l’auteur utilise dans ses comparaisons (Holmes qui mange moins qu’un moineau qui fait Carême), l’allusion au détective nommé Persil, non, Poireau, heu, Hercule Poirot, et tout le reste font de ce pastiche un livre très agréable à lire.

Last but not least, si je n’avais pas « lu » Holmes tomber amoureux et Watson lorgner sur de nombreux jupons, j’aurais eu des doutes en lisant certains de leurs faits et gestes (cette manière qu’à Holmes d’entrer dans la chambre de Watson ; de lire que Watson, coincé dans un renfoncement d’un mur, « sentait la densité rassurante du corps de Holmes » ; entendre Holmes dire à voix basse « votre amitié me suffit » après avoir frotté l’épaule de Watson affectueusement).

J’ai failli penser qu’ils avaient une relation ambiguë, ces deux là. On frôlait le texte « double langage » ou alors, c’est moi qui ait l’esprit trop mal tourné…

Anybref, plus une lecture à réserver aux holmésiens de tout poils (ou plumes), ou à d’autres, qui, ayant lu les écrits canoniques, voudraient se faire plaisir avec des écrits apocryphes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

L’Ami retrouvé : Fred Uhlman

Titre : L’Ami retrouvé

Auteur : Fred Uhlman
Édition : Gallimard (1983)
Date de publication originale :  Reunion (1971)

Résumé :
Âgé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d’un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart.

Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l’arrivée dans sa classe d’un garçon d’une famille protestante d’illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l’amitié, tel que le lui fait concevoir l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence.

C’est en 1932 qu’a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart.

Critique :
J’ai longuement hésité à le lire, me souvenant, avec effroi, du traumatisme que le livre « Mon ami Frédéric » avait causé en moi (j’étais très jeune et n’avais pas encore bien capté la noirceur de l’Humain).

C’est donc avec appréhension que j’ai ouvert cette longue nouvelle, ou ce court roman, au choix, puisque l’on se situe à cheval entre les deux genres.

Je suis ressortie de ma lecture avec les émotions moins chamboulées que je ne m’y attendais car le roman se concentre plus sur l’amitié qui est née entre Hans Schwarz (16 ans), le narrateur, fils d’un médecin juif, et Conrad von Hohenfels, un jeune aristocrate (même âge).

Nous sommes à Stuttgart, en 1932 et je ne dois pas vous rappeler qu’en ce temps là, il y avait la montée en puissance du régime nazi, mené par un moustachu qui aurait mieux fait de s’étrangler durant son enfance ou durant sa gestation…

On sent monter la peste brune, on pourrait presque entendre le bruit des bottes à clous, on entend certains discours, des slogans, des aboiements que l’on connait, mais cela reste assez ténu, c’est vraiment en arrière-plan.

Ce qui est mis en avant, c’est cette amitié improbable entre le fils d’un médecin juif et un fils issu de la haute bourgeoisie. Une amitié hors norme, impensable, contre-nature, diraient certaines mauvaises langues.

Alors oui, le livre n’est guère épais, mais il est puissant de par ce qu’il évoque, de par ce qu’il sous-entend avec peu de mots, peu de phrases, ses références à une partie sombre de l’Histoire humaine.

Les personnages sont attachants, autant Hans qui a de grands idéaux sur l’amitié, et Conrad, qui traine toute une kyrielle d’ancêtres célèbres et qui se fait traiter avec un infini respect par les autres, impressionnés qu’ils sont par son pedigree royal (canin ?).

Le pire, ou le plus touchant, c’est le père de Hans qui pense que ses compatriotes vont se réveiller et comprendre que le nazisme est une grosse pustule qu’il faut écraser et que d’ici peu de temps, la patrie de Goethe et consorts va virer cette foutaise qu’est Hitler et son nazisme.

Croyez vous vraiment que les compatriotes de Goethe et de Schiller, de Kant et de Beethoven, se laisseront prendre à cette foutaise ?

Mon père détestait le sionisme. L’idée même lui paraissait insensée. Réclamer la Palestine après 2000 ans n’avait pas pour lui plus de sens que si les Italiens revendiquaient l’Allemagne parce qu’elle avait jadis été occupée par les Romains. Cela ne pouvait mener qu’à d’incessantes effusions de sang car les Juifs auraient à lutter contre tout le monde arabe.

Un roman fort, mais avec moins d’émotions que dans « Mon ami Frédéric » qui nous expliquait les pogroms, tandis qu’ici, tout est en arrière-plan, on s’en doute parce qu’on connait ce qu’il s’est passé.

Et puis, à la dernière ligne, on se prend un V2 dans la gueule, une rafale de mitraillette dans le plexus, on chancelle, on reprend son souffle et là, bizarrement, les yeux se mouillent.

Un roman qui se dévore en peu de temps, mais qui marque l’esprit, même s’il se ne sera pas au fer rouge sur ma peau en plus (ça, c’est réservé aux romans traumatisants qui finissent au freezer).

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (auteur anglais)  et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°5 – Un scandale en Bohême).

Les aventures de Charlotte Holmes – Tome 2 – Le dernier des Moriarty : Brittany Cavallaro

Titre : Les aventures de Charlotte Holmes – Tome 2 – Le dernier des Moriarty

Auteur : Brittany Cavallaro
Édition : Pocket Jeunesse (07/09/2017)

Résumé :
Les vacances de Noël de Jamie Watson ne s’annoncent pas de tout repos : invité dans le luxueux manoir des Holmes dans le Sussex, il se heurte à l’énigmatique comportement de Charlotte. Et quand l’oncle de celle-ci disparaît, le duo se doit de reprendre du service.

Les arrière-petits-enfants des célèbres D. Watson et Sherlock Holmes s’envolent alors pour Berlin, sur les traces d’une mystérieuse filière des faussaires… Leur contact ? Auguste, le dernier descendant des Moriarty…

Critique :
Holmes et Watson comme on ne les a jamais vu… Normal puisque ce ne sont pas les vrais mais leur descendance : ce sont les petits-petits-petits fillots des véritables Holmes et Watson de Baker Street.

Une fille, un garçon, ça donne des envies de faire du chabadabada, mais entre eux, personne n’y croit vu que Charlotte Holmes est le portrait craché de son lointain ancêtre et qu’elle est donc allergique aux sentiments.

Quant à Jamie Watson, il veut trop la protéger, la mettre dans de la ouate, dans son lit, rêve d’une vie de couple avec elle et en devient parfois un peu lourd.

Dans cette deuxième aventure des descendants Holmes-Watson, on retrouve ce qui a fait le succès de la première, additionnée d’un peu plus de descendance du terrible professeur Moriarty et un peu plus de loufoquerie, surtout que sur la fin, on a tout d’un final grandiloquent à la James Bond ou même pire… Un tantinet exagéré, peut-être…

Cette fois-ci, on quitte l’Amérique et direction l’Angleterre et le manoir de la famille Holmes où le jeune Watson va enfin faire connaissance avec les parents un peu zarbi de Charlotte, ensuite, il faudra attendre un peu qu’une disparition arrive pour voir nos jeunes amis se lancer dans une enquête qui a tout l’air de ne pas en être une, tant Charlotte n’est pas trop à ce qu’elle fait.

Bien entendu, le lecteur un peu malin aura compris ce qui clochait bien avant Watson et sa déduction ne pourra être que « Bon sang, mais c’est bien sûr… », ce à quoi on pourrait répondre par un hérétique « Élémentaire, mon cher Watson ».

Si le roman ne mange toujours pas de pain et ne cassera jamais trois pattes à un canard, il a tout de même réussi à me divertir sans me faire fumer le cerveau et en lui offrant même du temps libre.

Les personnages auraient pu être attachant, mais je trouve toujours que Charlotte est horripilante au possible et autant j’apprécie son ancêtre et tout ses travers, autant elle, avec les siens, ça ne colle pas entre nous deux.

Jamie Watson, lui, est plus accessible, plus « comme nous », avec ses défauts, ses qualités, ses idéaux, ses envies, ses emmerdes, son côté un peu ado à baffer…

Anybref, j’ai passé un bon moment de lecture, sans me prendre la tête, sans que mes neurones ne fument, j’ai suivi l’enquête de nos deux jeunes, qui, comme dans le canon, laisse la part du lion à Holmes et Watson en simple observateur, même si ce dernier aura tout de même un rôle à jouer.

Comme pour le premier, ça ne mange pas de pain, ça ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais en bonne collectionneuse holmésienne, je lirai le troisième pour clore la trilogie, car, avec un peu de chance, le dernier aura bonifié…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°35 – Charles August Milverton).

[Challenge] Les Irréguliers de Baker Street (Illimité)

Oui, je sais que certains vont dire « Encore un challenge ? Mais tu n’en as pas encore assez ?? »

Ben faut croire que non ! La faute en incombe à Noctembule qui a parlé, sur son blog, de ce challenge qui a tout des allures d’un challenge sur mon détective préféré, mais qui dans le fond, n’en est pas vraiment un !

Et puisque le véritable challenge Sherlock Holmes sur Livraddict auquel je participais ne reçoit plus de nouvelles de son organisatrice, puisque je suis encore la seule pelée à poster des liens dessus (depuis 1 ans je suis la seule), puisqu’une modératrice m’a proposé de le reprendre et de booster les commentaires et comme pour le moment, je n’ai aucune idée de comment lui donner plus de dynamisme (si vous avez des idées, je suis à l’écoute), je me suis dit que j’allais aller sur un challenge avec plus de participantes et plus de rythme.

Au départ, ce challenge se déroulait sur le blog de Rhapsody In Books de Crazy Pops ainsi que sur le forum de Livraddict.

Hélas, les choses ne se déroulant pas toujours comme on veut, Rapsody n’a plus eu la courage de recommencer le challenge après que la page du forum eut été effacée par une mauvaise manipulation.

Le challenge était donc terminé alors que je venais d’arriver… Après moult réflexions, j’ai pris sur moi de reprendre le challenge et j’ai donc fait une nouvelle page forum sur Livraddict pour y poster ses liens.

Vu mon très grand stock de livres, ce ne devrait pas poser de problèmes de remplir ce challenge ! J’ai déjà quelques petites idées de romans,  mais j’avoue que pour certains, je sèche ! Là, je devrai sans doute utiliser des jokers.

Dans la liste des indications à respecter, celles qui se trouvent en bleu sont celles dont je possède des idées de lecture, les autres étant, c’est élémentaire, les consignes sur lesquelles je sèche, mes étiquettes de Babelio ne me renvoyant aucun livre.

Et ce n’est pas faute d’avoir cherché et mis mes meilleurs limiers sur le coup !

Si vous avez des idées, je suis preneuse !

Mais voici sans plus attendre les modalités du challenge :

Durée : Illimitée

Principe : Sir Arthur Conan Doyle a écrit 4 romans et 56 nouvelles ayant pour héros Sherlock Holmes et le Dr Watson.

Pour chacun de ces écrits, il y aura une consigne à respecter. Chaque consigne validée vaut un point.

Vous pouvez bien sûr cumuler avec d’autres challenges !

Vous pouvez laisser un lien vers votre article de blog à chaque consigne validée ou, si vous n’avez pas de blog, laisser votre avis dans un message.

Ça peut être n’importe quel livre, pas forcément de Doyle, du moment qu’il respecte la consigne !

Seuls les romans sont acceptés, pas de BD/manga !

Jokers : Si vous séchez sur une consigne, 5 jokers seront utilisables
— Lire une véritable aventure de Sherlock Holmes
— Lire un livre issu de la paralittérature holmésienne
— Lire un livre se passant pendant la période victorienne
— Lire un livre se déroulant à Londres
— Visionner une adaptation télévisée/cinématographique de Sherlock Holmes (série Sherlock, série Elementary, films, dessins animés…)

Vous ne pouvez pas cumuler plusieurs Jokers du même type.

Exemple : si vous regardez 4 épisodes de la série Sherlock, ça ne vous fera qu’un Joker du type « visionner une adaptation ».

Liste des romans/nouvelles et leurs consignes : 14/60

  1. Une Étude en Rouge : lire un livre dont la couverture est à dominante rouge
  2. Le Signe des Quatre : lire le quatrième tome d’une saga
  3. Le Chien des Baskerville : lire un livre dans lequel un chien est mis en avant – Coups de crocs d’Erle Stanley Gardner
  4. La Vallée de la Peur : lire un livre du genre « Horreur »
  5. Un Scandale en Bohème : lire un livre se passant en Allemagne – L’ami retrouvé de Fred Ulhman
  6. La Ligue des Rouquins : lire un livre dans lequel un personnage est roux
  7. Une Affaire d’Identité : lire un livre dont le personnage principal est amnésique
  8. Le Mystère du Val Boscombe : lire un livre se passant à la campagne – Glaise  de Franck Bouysse
  9. Les Cinq Pépins d’Orange : lire le cinquième tome d’une saga
  10. L’Homme à la Lèvre Tordue : lire un livre dans lequel le personnage principal a une déformation physique
  11. L’Escarboucle Bleue : lire un livre se passant à la période de Noël – Le Noël d’Hercule Poirot d’Agatha Christie
  12. Le Ruban Moucheté : lire un livre dont le titre comporte un mot se référant à la mode
  13. Le Pouce de l’Ingénieur : lire un livre du genre « Steampunk » – Feuillets de Cuivre de Fabien Clavel
  14. Un Aristocrate Célibataire : lire un livre se passant dans l’aristocratie
  15. Le Diadème de Béryls : lire un livre comportant un vol de bijoux
  16. Les Hêtres Rouges : lire un livre avec un ou des arbre(s) sur la couverture
  17. Flamme d’Argent : lire un livre se déroulant dans le monde hippique
  18. La Boîte en Carton : lire un livre dans lequel tout commence par une lettre/un colis
  19. La Figure Jaune : lire un livre dont la couverture est à dominante jaune
  20. L’Employé de l’Agent de Change : lire un livre dans lequel de grosses sommes d’argent sont brassées
  21. Le Gloria Scott : lire un livre se déroulant en partie sur un bateau – L’île au trésor de Robert Louis Stevenson
  22. Le Rituel des Musgrave : lire un livre comportant une chasse au trésor/une énigme à résoudre – Le perroquet qui bégayait d’Alfred Hitchcock
  23. Les Propriétaires de Reigate : lire un livre dans lequel les personnages sont en vacances – Les vacances d’Hercule Poirot d’Agatha Christie
  24. Le Tordu : lire un livre débutant par un assassinat
  25. Le Pensionnaire en Traitement : lire un livre dans lequel les personnages vivent en colocation
  26. L’Interprète Grec : lire une histoire se déroulant en Grèce
  27. Le Traité Naval : lire un livre dont l’intrigue est en partie politique
  28. Le Dernier Problème : lire un livre qui est le dernier tome d’une saga
  29. La Maison Vide : lire un livre dans lequel une demeure abandonnée est au centre de l’intrigue
  30. L’Entrepreneur de Norwood : lire un livre se passant dans une grande ville, avec beaucoup d’immeubles
  31. Les Hommes Dansants : lire un livre appartenant au genre « Jeunesse »
  32. La Cycliste Solitaire : lire un livre dans lequel l’héroïne pratique le vélo
  33. L’Ecole du Prieuré : lire un livre se déroulant dans un pensionnat
  34. Peter le Noir : lire un livre avec de la piraterie
  35. Charles August Milverton : lire un livre dont le titre comporte un nom et un prénom – Les aventures de Charlotte Holmes – Tome 2 de Brittany Cavallaro
  36. Les Six Napoléons : lire un livre du genre « Historique » – Une colonne de feu de Ken Follet
  37. Les Trois Étudiants : lire un livre se passant à l’université
  38. Le Pince-Nez en Or : lire un livre comportant un objet en or sur sa couverture
  39. Le Trois-quart Manquant : lire un livre se déroulant dans le monde du sport
  40. Le Manoir de l’Abbaye : lire un livre dans lequel la religion est un sujet important
  41. La Deuxième Tache : lire le deuxième tome d’une saga
  42. L’Aventure de Wisteria Lodge : lire un livre dont l’intrigue se passe majoritairement la nuit
  43. Les Plans du Bruce-Partington : lire un livre se passant en temps de guerre
  44. L’Aventure du Pied du Diable : lire un livre comportant des démons
  45. L’Aventure du Cercle Rouge : lire un livre avec un cercle sur la couverture ou avec le mot « cercle » dans le titre
  46. La disparition de Lady Frances Carfax : lire un livre traitant de la disparition d’une personne – Entre deux monde d’Olivier Norek
  47. Le Détective Agonisant : lire un livre dans lequel un personnage est gravement malade/meurt au début du livre
  48. Son Dernier Coup d’Archet : lire un livre dans lequel la musique a une place importante  Les harmoniques de Marcus Malte
  49. La Pierre de Mazarin : lire un livre se déroulant à l’époque du Cardinal Mazarin (XVIIe siècle)
  50. Le Problème du Pont de Thor : lire un livre en rapport avec la mythologie nordique
  51. L’Homme qui Grimpait : lire un livre se déroulant dans un environnement montagneux – Inavouable de Zygmunt Miłoszewski
  52. Le Vampire du Sussex : lire un livre du genre « bit-lit »
  53. Les Trois Garrideb : lire le troisième tome d’une saga
  54. L’Illustre Client : lire un livre dont le titre contient le nom d’un personnage célèbre
  55. Les Trois Pignons : lire un livre dont la couverture comporte trois objets identiques
  56. Le Soldat Blanchi : lire un livre dont la couverture est à dominante blanche
  57. La Crinière du Lion : lire un livre se passant en Afrique
  58. Le Marchand de Couleurs Retiré des Affaires : lire un livre dont le titre comporte le nom d’une couleur
  59. La Pensionnaire Voilée : lire un livre se déroulant dans le monde du cirque
  60. L’Aventure de Shoscombe Old Place : lire un livre du genre « Policier » – Puzzle de Franck Thilliez

Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » chez Cannibal Lecteur ou sur le forum de Livraddict (Illimité).

Une vision de ce que j’espère sortir de ma PAL avec ce challenge, qui se coupleront avec d’autres ainsi que quelques LC !

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Une histoire des loups : Emily Fridlund

Titre : Une histoire des loups

Auteur : Emily Fridlund
Édition : Gallmeister (17/08/2017)

Résumé :
Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne.

Bientôt alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas.

L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Critique :
Comment faire la chronique d’un roman où l’on a pas réussi à rentrer dans l’histoire, que l’on a survolé en soupirant, en sautant des lignes, des paragraphes, des pages, des chapitres entiers ?

Impossible me direz-vous…

Je vais tout de même essayer : déjà au départ, j’ai eu du mal à m’attacher à Madeline, la narratrice, dont je trouvais le récit décousu, inintéressant, et dont j’ai eu envie quelques fois de lui coller une claque pour la faire réagir.

De toute façon, pas moyen de m’attacher aux autres personnages du livre, même au gamin de 4 ans, Paul, que j’aurais aimé balancer dans le lac… Rien de moins !

Pire, je n’aurais pas dû relire le premier tome de Soeur Marie-Thérèse des Batignolles (Maëster) car le petit Paul, je le voyais avec la tronche du petit Attila que l’on croise dans la bédé et je vous jure que ça ne le mettait pas en valeur !

Les loups, que je cherche encore, même si j’ai capté que c’était une métaphore et que les loups de l’histoire devaient être l’Homme qui, comme tout le sait, est un loup pour l’Homme.

Le récit m’a donné une impression de froideur, comme si l’auteur me tenait volontairement à distance de son récit, me fermant la porte d’entrée, survolant des sujets qui auraient sans doute mérité un traitement plus en profondeur.

Autant j’apprécie les romans où les époques s’alternent dans les chapitres, autant ici j’ai trouvé les allers-retours lourds, pénibles, chiants et la plupart n’étaient même pas indispensables, sans parler des circonlocutions (ou l’art de tourner autour du pot) et des faits qui étaient anecdotiques et qui n’apportaient rien à l’histoire.

J’avais eu ouïe dire que j’allais me retrouver face à roman très psychologique et je m’attendais à un suspense à couper au couteau, plus tendu que le soutif de Lolo Ferrari après s’être faite regonfler les nibards, ou à une atmosphère épaisse comme un discours d’un politicien pris les doigts dans le tiroir-caisse,  et au final, comme disait l’autre, ça a fait « Pchitt ».

Oui, l’histoire dramatique de Paul, petit garçon embarqué dans une histoire bien tordue c’est révélée être d’une banalité affligeante, ou alors, c’est la manière de la raconter qui était mauvaise et de ce fait, je n’ai pas réussi à pénétrer dans cette histoire.

Chronique d’un drame annoncé, somme toute.

Mon drame a moi c’est de finir déçue par un roman de l’écurie Gallmeister, déçue par un roman que j’avais coché (stabiloté, même !) dans cette rentrée littéraire de septembre 2017 et dont j’attendais beaucoup.

Allez, au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Le casse – Tome 5 – Gold Rush : Luca Blengino & Antonio Sarchione

Titre : Le casse – Tome 5 – Gold Rush

Scénariste :
Dessinateur :

Édition :

Résumé :
Yukon. 1899… Hermès Coltrane, prestidigitateur de talent et ancien braqueur de trains, est rejoint par le jeune Mac, un ancien complice récemment évadé et dont la tête est mise à prix.

Ensemble, ils se lancent dans un voyage à travers le froid et la glace pour monter une équipe hors du commun.

Leur but : voler « The Stone », la plus grosse pépite d’or jamais découverte. Et la subtiliser au colonel Zondrick, l’homme qui, quelques années plus tôt, a détruit leur vie…

Critique :
Je dois avoir un faible pour le Klondike, moi, ces derniers temps, parce que je viens encore de passer la terrible Chilkoot Pass et de faire le voyage épuisant et frigorifiant jusque Cripple’s Junction, ville minière perdue dans le trou de cul glacé du monde !

Aujourd’hui je vais vous parler du vol du Youkounkoun ! Ah pardon, on me signale en régie qu’il a déjà été volé… et qu’en plus, c’était un diamant.

Or ici, on va tenter de voler le plus grosse pépite d’or jamais trouvée dans le Yukon : « The Stone », 50kg d’or le plus pur et certains aimeraient bien faire d’elle une Rolling Stone, c’est à dire la chouraver pour devenir riche, rouler le terrible Zondrik pour se venger de lui, et accessoirement, inscrire leurs noms dans l’Histoire.

Pour ça, faut réussir le casse du siècle et ne pas la jouer comme le cambrioleur Dortmunder dans « Pierre qui roule », justement.

Ce qui m’a attiré dans cette bédé, c’est avant tout sa couverture, le fait que cela se déroule aux États-Unis, les dessins, que j’ai trouvé très réalistes, les couleurs sépia de certaines cases.

Emballé c’est pesé et j’ai été embarquée dans une aventure folle, folle, folle, une sorte de casse à la Ocean Eleven, avec moins de monde, mais tout aussi bien détaillée, aussi extravagante.

Les personnages des voleurs sont sympathiques, trainent derrière eux un passé trouble, mais j’ai éprouvé de l’affection pour eux.

Zondrik, le proprio de la plus grosse pépite d’or, est – contrairement à Zorglub – un véritable salopard de la pire espèce et l’ombre de son Z plane, telle celle d’un sadique psychopathe lâchée dans la nature. Lui, les voleurs ou toute personne qui ne lui revient pas, il lui tranche la tête avec une véritable guillotine !

Beaucoup de violence et d’adrénaline dans cette bédé, de l’action, de l’intelligence, des tours de magie et d’illusion, car, même si la magie n’existe pas en tant que telle, le but du jeu consiste seulement à faire voir aux gens ce que vous voulez qu’ils voient.

Et le coup était parfaitement réussi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Le Mystère Mystérieux du Thé Interdit [Par Ida]

Le Mystère Mystérieux du Thé Interdit

Par notre envoyée spéciale et non rémunérée, Dame Ida

Théinomane notoire, et accro aux petits gâteaux qui vont avec la cup of tea, Dame Ida se rendit un beau matin à son comptoir de thés préféré afin de refaire les niveaux des boîtes de ses mélanges favoris.

Earl Grey (parfait pour accompagner les scones et le Victorian Sponge Cake), Thé vert à la menthe et à la rose (pouvant être bu n’importe quand et sans sucre ni lait), mélange fruité de roibos pour le soir, Darjeeling pour les shortbreads, et… Pour aller avec les spécialités chocolatées… du Lapsang Souchong.

Et là, vlan ! Y en a pas !

Le vendeur en uniforme crème, avec toute la bonne éducation et le vocabulaire choisi qu’il a dû démontrer pour se faire embaucher dans ce lieu un peu select, explique à la pauvre Dame Ida dépitée, que non seulement il n’est plus en mesure de lui vendre la précieuse substance, mais qu’en plus, par-dessus le marché il ne sera pas en mesure de lui en vendre avant longtemps, de nouvelles réglementations européennes ayant proscrit l’importation de cette variété de thé.

Dame Ida senti alors les larmes lui monter aux yeux.

Déjà que la fermeture ces dernières années des deux magasins Hédiard de proximité l’avait privée de la possibilité de racheter sans aller au Diable, son Mélange Madeleine préféré (thé noir, subtilement parfumé aux huiles essentielles d’orange et de vanille) parfait en toute circonstance…

L’annonce fut un terrible et tragique choc qui la laissa sidérée.

Afin de mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette sinistre affaire, Dame Ida parcouru la toile en long, en large et en travers… Et ce à plusieurs reprises…

Pour se rendre compte que si d’autres qu’elle avaient eux aussi tapé les mêmes mots clés dans leur moteur de recherche, les pages proposées par internet ne levaient absolument rien ou presque de l’énigme.

Tout au mieux mentionnait on de façon très vague que certains thés chinois pouvaient se trouver interdits d’importation car trop chargés en pesticides, les normes locales étant plus souples que les normes européennes…

Mais rien de plus spécifique concernant le Lapsang Souchong.

Dame Ida essaya alors de remobiliser ses vieux souvenirs de classe d’anglais et se lança dans l’écriture d’une longue bafouille au Sieur Charlot Kolmse, éleveur d’abeilles retiré des affaires londoniennes dans le Surrey, et dont certains de ses fans disaient qu’il s’agissait de son thé préféré…

Probablement pourrait-il alors éclaircir le mystère ?

A sa grande satisfaction, Dame Ida appris que le Sieur Charlot Kolmes avait été lui aussi sollicité pour les mêmes raisons par une très éminente nonagénaire chapeautée richissime souvent aperçue dans la presse people, habillée de couleurs acidulées et chargée de bijoux comme un sapin de Noël, et dont la principale activité est d’agiter sa main gantée d’un balcon ou à la fenêtre de sa voiture.

On la croise une fois par an paraît-il au Parlement, en train de nettoyer le sol avec une lourde serpillère géante en fourrure et velours, affublée d’un casque de sécurité étincelant de mille feux… et on lui propose assez vite de s’asseoir sur un siège totalement dément peu facile à caser dans le salon de n’importe qui, pour reprendre son souffle le temps d’un speech et de refaire le même chemin en sens inverse.

Mais ça… C’est une autre affaire… Surtout depuis que son mari refuse de lui servir de déambulateur dans ce genre de pinces-fesses.

L’intérêt de cette sollicitation prestigieuse, était que la dite nonagénaire cousue d’or et de diamants avait déjà largement rétribué le Sieur Charlot Kolmes, qui n’exigea alors aucun honoraire pour lui transmettre les informations à sa disposition avec un pot de miel de ses ruches… Qui au passage n’était guère fameux… Mais comme il était gratuit, il était bienvenu pour sucrer le rooibos du soir fruité de Dame Ida.

La réponse du Sieur Charlot Kolmes consistait en ces quelques lignes que je me suis permise de traduire (probablement avec quelques erreurs) afin de les rendre plus accessibles aux lectrices et lecteurs francophones :

« Chère Dame Ida,

C’est avec plaisir que je vous transmets gracieusement les quelques informations dont je dispose sur les raisons votre impossibilité à vous fournir en Lapsang Souchong.

Il faut tout d’abord comprendre réellement ce qu’est le Lapsang Souchong en revenant à l’étymologie des deux vocables qui s’associent pour le désigner. Le terme « souchong » renvoie non pas à un vieux chanteur français dont on peut encore se demander par quel mystère il parvient à écouler des disques depuis si longtemps, mais découle du terme chinois qui désigne de manière générique tous les thés fumés.

Le terme « Lapsang » quant à lui vient du mot chinois qui désigne la dernière feuille, plus épaisse, moins délicate et aux arômes peu subtils prélevée au théier lors de la cueillette.

Et oui, le lapsang souchong est un thé composé avec les feuilles les moins intéressantes du théier !

Cette feuille est traitée par oxydation afin de devenir un « thé noir » puis ensuite fumée, généralement avec un feu de bois d’épicéa (comme le saumon est généralement fumé au bois de hêtre !).

La légende voudrait que le Lapsang Souchong soit le fruit d’une erreur ou d’un accident, un peu comme votre tarte tatin…

En effet, au cours du XIXème siècle, dans un climat de relative instabilité politique (qui aboutira finalement à l’effondrement de l’Empire Chinois et à une « république » communiste), des cultivateurs de thé qui avaient mis leur récolte à sécher furent contraints de fuir leurs plantations avant qu’elles ne soient détruite.

Afin de ne pas perdre la récolte en cours de séchage, ils voulurent hâter le processus en mettant le thé au-dessus d’un feu de bois, ce qui laissa à la marchandise un goût fumé… (à l’instar du Scout qui passe à côté de vous après une soirée autour d’un feu de bois et qui ne s’est évidemment pas douché – NB : Je n’ai pas précisément testé le goût du Scout fumé n’étant pas cannibale comme une Belette, mais juste été incommodé par leur odeur en faisant la queue derrière eux à la boulangerie).

Le thé fumé ainsi obtenu était destiné à l’exportation européenne et surtout anglaise, les Chinois préférant garder les meilleures feuilles pour eux (n’oubliez pas qu’il s’agissait de « lapsang », c’est-à-dire des feuilles les moins bonnes), c’est avant tout en Occident que ce thé oxydé connût un véritable succès tandis qu’il était peu consommé en Chine.

Le Lapsang, ils ne souhaitaient pas le garder… Et lorsqu’il fut Souchoung ils s’en débarrassèrent encore plus volontiers.

Je connais d’ailleurs quelques mélomanes et amateurs de poésie française qui voudraient bien se débarrasser de leur Souchon également. On pourrait lui suggérer de rejoindre un certain Florent P. au Portugal où il pourrait bénéficier de super réductions d’impôts à condition de se taire à jamais… mais c’est une autre question.

Les informations dont je dispose maintenant sont hélas bien parcellaires et ne reposent que sur mes déductions personnelles issues du peu d’éléments et d’indices qui m’ont été transmis.

Les thés fumés étant exposés à des composants carbonés peuvent être devenus potentiellement cancérogènes, cancérigènes ou oncogènes (trois mots qui veulent dire la même chose et renvoient à la même cruelle réalité), à l’instar de la viande fumée, du saumon fumé, du barbecue, et de la cigarette pourtant bien plus addictogène et meurtrière (elle tuerait un consommateur sur deux) mais qu’on laissera en vente libre puisqu’elle permet de moins payer de retraites et d’engranger plus de taxes en faisant croire que les gens coûteraient moins cher à la société lors de leurs dernières années de vie s’il ne fumaient pas, ce qui est rigoureusement faux si on considère les coûts de la grande dépendance des sujets très âgés qui n’ont pas fumé.

Le potentiel oncogène des thés fumés serait considérablement augmenté par la saturation en pesticides des thés de Chine que l’Union Européenne aurait dans le collimateur.

La Chine se débarrassait déjà des feuilles de thé dont elle ne voulait pas, alors si en plus, elles sont pleines de pesticides et rendues potentiellement plus toxiques à cause du fumage, où va-t-on !

Bien entendu, on pourra rappeler que le tabac dont on fait les cigarettes n’est pas moins chargé en pesticides et aussi en substances aromatiques ou de texture… majorant l’effet addictogène et cancérigène… Mais ce serait de la mesquinerie, évidemment.

En tout cas, d’après certaines rumeurs, un grand nombre d’aristocrates britanniques auraient convaincu en sous-main certains parlementaires de rouler pour le Brexit et la sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne, simplement pour pouvoir à nouveau importer chez eux ce thé interdit dont il paraît qu’il peut encore se commander sur certains sites internet…

Mais pas sur tous… D’ailleurs, la dénomination « Lapsang Souchong » n’est plus au catalogue de Mariage, de Dammann, de Kusmi, Hédiard…, on pourra vous y proposer d’autres variétés de thés fumés, mais dont le goût restera éloigné de celui du Lapsang Souchong.

En revanche on trouvera une référence de Lapsang Souchong pour 17 euros les 90g sur la boutique en ligne de Fauchon… S’agit-il de vieux stocks pas encore totalement écoulés ? D’un contournement de la loi par le biais d’internet ? Quelque chose serait-il en train de bouger ? De nouvelles techniques de fumage ou des jardins chinois répondant à des normes de culture plus conformes aux attentes européennes seraient-ils en voie d’apparition ? La recette de ce mélange ne serait-elle pas la recette originale ?

Je ne suis malheureusement pas en mesure de répondre davantage à la question pour le moment car les maisons de thé semblent peu communiquer sur le sujet de peur que le public qui voit dans le thé un produit de santé ne finisse par le bouder : la mise en cause de la saturation en pesticide des thés chinois ne concernerait pas que les thés fumés ou le Lapsang Souchong mais toutes les autres importations.

C’est ce qui explique probablement l’absence d’informations claires sur la toile…

Absence d’informations qui nous laisse hélas à nos conjectures et ne fait pas autre chose que de souligner l’existence d’un complot international des marchands dirigé par un certain Maury Harty qui a sans doute utilisé le scandale du Lapsang Souchong pour favoriser le Brexit et spéculer sur la baisse de la livre sterling ».

Le Sieur Charlot Kolmse termina sa lettre par quelques badinages à faire rougir, vantant les formes généreuses et appétissantes de Dame Ida, et sur la beauté de sa voix qu’il comparait à celle d’une ancienne gloire des scènes lyriques, une certaine Irena Delair qu’il avait bien connue dans un sens, mais pas bibliquement s’empressa-t-il de préciser de peur que cessent les rumeurs sur son mariage tardif supposé avec un certains Jo Newattsön, et qui lui permettait de bien écouler son miel dans les milieux interlopes LGBT et asexuels fans de fandoms de la toile.

Mais en dire plus sur ce registre consisterait à lever le voile sur des affaires très intimes qui ne nous regardent pas, ce qui fait que nous ne nous étendrons pas sur la question.

Dame Ida en fut quitte pour perdre quelques euros afin de goûter un ersatz de thé légèrement fumé sans grand intérêt qu’elle essaie d’écouler en le proposant à sa belle-mère lorsqu’elle s’invite pour le thé, attirée par les odeurs diaboliques de pâtisserie émanant de sa cuisine.

Il est vrai que ses afternoon tea agrémentés de son sponge cake à la strychnine, ses scones à l’arsenic, et ses sandwiches au beurre moules périmées (qui remplacent avantageusement le crabe), et ses petits fours à la Landru ont résolu bon nombre de ses embarras sociaux.

Dame Ida, se prit alors à rêver d’une invitation dans la résidence écossaise où la nonagénaire aux jolies robes s’enferme pour bouder (le château s’appelle depuis « Pâlemoral »), pour prendre un vrai thé fumé dans les règles du lard, en compagnie d’autres aristocrates comme Lady Gaga ou des stars du showbiz comme les nouveaux mannequins vedettes de mode pour bébés comme Georges et Charlotte, qui tels de parfaits top-models ont appris à tirer la tronche en lisant dans The Sun que leur dévergondée de maman leur préparait un petit frère ou une petite sœur, pendant que leur père apprenait à retirer des draps recouvrant des plaques commémoratives par-ci par-là où à couper des rubans avec des gros ciseaux…

Peut-être y serait-elle également présentée à ses stars préférées, Hercule Poivrot, Miss Marble et Agatha Chippie ?

Ah ! si seulement… Vautrée dans son fauteuil, le sourire aux lèvres et la tête à Pâlemoral, Dame Ida sombra dans son abîme de rêverie, imaginant le buffet de scones et de pâtisseries proposés dans le grand monde… sans se rendre compte que sa main tenant son ultime tasse de Lapsang Souchong relâchait sa prise et laissait écouler le divin nectar sur ses pieds… « Sa mère la pute qui suce des ours morts en enfer ! » s’écria-t-elle alors dans un sursaut rageur, tant sous l’effet de la douleur de ses pieds ébouillantés, de ses Loboudins ruinées, et du thé perdu.

Elle jeta sa tasse vide à travers la pièce en visant le chat qu’elle n’avait pas encore réussi à faire entrer dans le grille-pain, en hurlant : « Ben puisque c’est comme ça, je me mettrai au café ! ».

Par le vent pleuré : Ron Rash


Titre : Par le vent pleuré

Auteur : Ron Rash
Édition : Seuil (01/08/2017)

Résumé :
Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis des décennies.

Été 1969 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead.

Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et prendre dans le tourbillon des tentations.

Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue.

Critique :
Ron rash est un auteur qui a le don de m’emporter ailleurs, de donner de la profondeur et de la présence à la Nature, de me créer des personnages forts et même de m’émouvoir au-delà du possible avec certains de ses romans.

Le dernier paru, « Le chant de la Tamassee », m’avait moins emporté que les autres, mais c’était son premier écrit et réédité, par contre, niveau Nature, j’avais été servie.

Pour son roman de la rentrée littéraire septembre 2017, j’ai l’impression de ne pas avoir retrouvé ce que faisait la puissance de l’écriture de Ron Rash, un peu comme si en ouvrant un Stephen King, je tombais sur un récit qui ne lui ressemblait pas du tout.

Je suis pour les auteurs qui sortent de leur zone de confort, qui testent d’autres choses, d’autres histoires, mais là, j’ai vraiment l’impression que ce roman aurait pu être écrit par un autre que lui et même si nous étions dans ses Appalaches habituelles, je n’ai pas été emportée par l’histoire.

Attention, je ne dis pas ce que roman est chiant ou mal foutu, juste que je n’ai pas ressenti les émotions qui m’assaillent habituellement lorsque j’ouvre un de ses romans.

Pourtant, le début avait bien commencé, l’introduction était pour le moins originale.

L’alternance des époques variait selon les chapitres, sans que l’on perde le fil de l’histoire, passant alternativement de 1969 à notre époque, nous faisant découvrir Eugene, le narrateur, jeune homme de 16 ans et son frère Bill, 21 ans, rencontrant une jeune fille à problèmes et à la sexualité débridée.

Eugene va grandir à son contact, et pas toujours dans le bon sens puisqu’il boira comme un trou, fumera des pétards, volera des médicaments et aura un comportement d’imbécile face à cette jolie sirène qui lui fit perdre son pucelage.

Dans ce roman qui oscille entre une nouvelle fort longue et un roman court – qu’on n’oserait pas faire plus long au risque de finir par se mordre la queue – il y a peu ou pas de Nature grandiose, mais une sorte de huis clos dans cette petite ville de Sylva, tenue par une main de fer dans un gant de fer par le docteur Matney, grand-père despotique d’Eugene et Bill.

Le portrait du grand-père est superbement réalisé, tout en finesse, sans trop en dévoiler au départ, mais on sent déjà bien que ce type est un petit dictateur et que grâce à son statut de médecin de la ville, il sait bien des choses sur tout le monde, de vos hémorroïdes à votre chaude-pisse, en passant par la grossesse hors mariage de votre fille…

Pas de Nature sublimée, donc, mais une immersion dans une cellule familiale où un homme tient toute une petite ville dans sa main de fer, où un médecin a la puissance d’un parrain, faisant des autres ses pantins. Une plongée dans un huis clos oppressant de deux jeunes garçons qui aimeraient s’opposer au vieux, mais n’osent pas toujours car le prix à payer sera exorbitant.

Si le roman avait été signé Thomas H. Cook, je l’aurais compris, nous étions dans ses atmosphères bien à lui, mais de Ron Rash, j’attendais d’être emportée dans une nature sauvage, avec des personnages autres que ceux que je viens de côtoyer car Eugene, notre narrateur, m’a passablement ennuyé à certains moments, avec ses atermoiements, lui qui n’a jamais vraiment grandi, ni pris ses responsabilités, lui qui boit comme un trou alors qu’il n’avait rien à oublier.

Bref, le roman est bon, mais mes attentes étaient toutes autres.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.