Bilan Livresque Mensuel : Janvier 2018

Janvier, le mois de traditionnelles résolutions que personne ne tient… Moi, ma résolution annuelle est de ne pas prendre de résolution, mais de me placer quelques petits défis, dont notamment, découvrir d’autres auteurs, ou sortir des livres de ma PAL.

Je viens de commencer l’année de manière tonitruante car j’ai lu pas moins de 11 livres + 2 relectures (ne compteront pas dans le bilan final), mais seulement 3 bédés (2 nouveautés, une relecture).

Niveau séries, je n’ai rien regardé, shame on me, mais pour ce qui est des films, j’ai explosé mon compteur avec pas moins de 13 films (du 13/01 au 26/01).

Rien que le titre est une énigme à lui tout seul !! Carajuru de Sébastien Vidal (ICI). Une enquête sur un suicide qui n’en a pas l’air… J’ai apprécié aussi entrer dans le monde différent des gendarmes, ces militaires qui n’en sont pas vraiment. Ça me change des flics traditionnels. Ce ne sera pas le policier de l’année 2018, l’intrigue est assez classique, tout en sortant des sentiers battus parce que le final m’a troué le cul.

Un p’tit western noir, ça vous dit ? Alors sortez les flingues pour assister à Une assemblée de chacals de S. Craig Zahler (ICI). C’est cru sur la fin, c’est violent, c’est l’époque, c’est l’Homme. Mais la violence n’est jamais gratuite dans le récit, elle est toujours « justifiée » car nous sommes faces à des chacals.

Je n’avais déjà pas aimé lors de ma première lecture et pourtant, je l’ai relu. Fallait être maso pour relire Mycroft’s Testimony de Sophie Bellocq-Poulonis (ICI) ou alors, avoir juste envie de faire une chronique pour les lecteurs/trices de ce blog. Pour un profane en holmésologie, le breuvage sera indigeste et la tartine trop épaisse. Et pour un néophyte dans la question psy, ce sera encore plus infect qu’imaginer boire un thé au beurre rance.

Une autre relecture, mais plus agréable avec Une étude en rouge – Dossier complet de la première enquête de Sherlock Holmes rassemblé par le dr Watson et transmis à Conan Doyle (ICI) qui est une sorte de dossier, un peu comme si vous aviez eu accès au tiroir du docteur Watson, là où il classe les affaires auxquelles il a participé avec Holmes. Ce genre d’ouvrage ne s’adresse qu’aux zinzins dans mon genre qui collectionnent TOUS les trucs sur Sherlock Holmes.

Envie de frémir avec une disparition d’enfant ? De se torturer les méninges et le coeur en même temps que la mère ? Alors, sifflotez la chanson de Brassens ♫ quand je pense à Hortense de Jacques Expert [LC avec Bianca] (ICI). Un thriller efficace mais là où je grince des dents, c’est dans l’abrupt dénouement : on te balance le final et puis c’est terminé, alors que tout un tas de questions restent sans réponses !

Deux anus ? Oui… Parce que Anus Bis… Ok, je sors… Les Voies d’Anubis de Tim Powers (ICI) est un roman fantastique au départ un peu poussif, mais ensuite, impossible de s’embêter. Si vous aimez le fantastique, un brin de steampunk, la grande Aventure, les voyages dans le temps, Londres, la mythologie égyptienne, la magie, l’action, le mystère, le suspense, la poésie, je vous conseille d’embarquer pour le Grand Voyage !

Et si on se faisait un petit roman noir tout neuf de chez Gallmeister ? Sortez les flingues car dans Le diable en personne de Peter Farris (ICI), va falloir descendre des sales types et défendre sa peau ! Un petit roman noir brut, condensé, du chocolat noir à plus de 80% (j’ai lu des bien pire), le tout saupoudré d’une petite bougie qui symbolise l’espoir. Une pépite noire.

Vous aussi vous n’étiez pas la chouchoute de la classe, mais plutôt celui ou celle qui s’en prend plein la gueule pour pas un balle ? Alors plongez dans Hors cadre de Stefan Ahnhem [LC avec Bianca] (ICI) pour imaginer vos tortionnaires morts, et pas de manière douce. Mon seul bémol sera pour le final : il est grandiose, on a le trouillomètre à zéro, mais j’aurais aimé savoir quel allait être le parcours de certains des flics après cette enquête éprouvante, violente, remplie de morts et médiatisée.

Si le premier tome de nouvelles holmésiennes était fort éloigné du canon habituel, le deuxième concernent des nouvelles qui semblent toutes droites sortie des originales ! Sherlock Holmes en toutes lettres – Tome 2 de Collectif (ICI) est un excellent recueil, plus dans l’esprit du canon que son prédécesseur qui lui, était plus dans la parodie.

Si vous voulez frissonner de peur, allez-y, plongez sur le roman Troupe 52 de Nick Cutter [LC avec Stelphique] (ICIet dévorez-le ! Vous ne verrez plus les camps scouts de la même manière. Mes amis ont beau être des gamins de 14 ans, chacun a sa petite personnalité et vous ne serez pas déçu de ce que vous lirez car nous n’avons rien à avoir avec les gentils gamins du Club Des Cinq. J’en frissonne encore.

Envie de visiter les prisons anglaise ? Laissez-vous enfermer avec Oscar Wilde et le mystère de Reading de Gyles Brandreth (ICI) et découvrez les deux années de déchéance du dandy le plus célèbre. Un tome plus sombre, moins joyeux, car voir le grand Oscar Wilde trainé dans la boue n’est jamais agréable. Une enquête qui se déroulera d’une manière plus subtile, où nous apprendrons les faits au compte-goutte, où il faudra attendre les dernières pages pour avoir les ultimes conclusions et voir la pièce dans toute sa splendeur. C’est avec regret que j’ai terminé cette lecture et même si le récit était sombre, Wilde a su, même dans l’adversité, me l’égayer.

Envie d’une petite fumisterie ? Épargnez vos sous et n’achetez surtout pas Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse de Shirley Harrison (ICI) car c’est de la couille en boite !

On retrouve des enfants morts, la police piétine et la ville de Détroit se vide de ses habitants. Prenez votre passeport et envolez-vous pour Motown et découvrez Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry (ICI). Si vous voulez les Vampires de Détroit, vous aurez droit aux banquiers véreux et cupides de chez Goldman et consorts.

Bilan Livresque Mensuel Janvier : 11 romans + 2 relectures

  1. Carajuru : Sébastien Vidal
  2. Une assemblée de chacals : S. Craig
  3. Les Voies d’Anubis : Tim Powers
  4. Hors cadre : Stefan Ahnhem [LC avec Bianca]
  5. Hortense : Jacques Expert [LC avec Bianca]
  6. Le diable en personne : Peter Farris
  7. Troupe 52 : Nick Cutter [LC avec Stelphique]
  8. Sherlock Holmes en toutes lettres – Tome 2 : Collectif
  9. Oscar Wilde et le mystère de Reading : Gyles Brandreth
  10. Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse : Shirley Harrison
  11. Les chiens de Détroit : Jérôme Loubry
  12. Mycroft’s Testimony : Sophie Bellocq-Poulonis [Relecture]
  13. Une étude en rouge – Dossier complet de la première enquête de Sherlock Holmes rassemblé par le dr Watson et transmis à Conan Doyle [Relecture]

Bilan Livresque Mensuel Janvier : 3 bédés (1 relecture)

  1. Lonesome – Tome 1 – La piste du prêcheur : Yves Swolfs
  2. Undertaker – Tome 4 – L’ombre d’Hippocrate : Xavier Dorison & Ralph Meyer
  3. Naufragés d’Ythaq – T11 – L’Haleine de l’Ogre : Arleston & Floch [Relecture]

Fiches publiées :

  1. Orcs et Gobelins – Tome 1 – Turuk : Jean-Luc Istin & Diogo Saito
  2. Nains – Tome 7 – Derdhr du Talion : Nicolas Jarry & Stéphane Créty
  3. Nains – Tome 8 – Sriza du Temple : Nicolas Jarry & Paolo Deplano
  4. [FILMS] 300 de Zack Snyder (2007)
  5. Agatha Raisin enquête – T 7 – À la claire fontaine : M.C. Beaton [Par Dame Ida]
  6. Agatha Raisin enquête – T8 – Coiffeur Pour Dame : M.C. Beaton [Par Dame Ida]
  7. Mois du Polar chez Sharon – Février 2018

Films vus : 13

  1. 300 de Zack Snyder (2007)
  2. There will be blood de Paul Thomas Anderson (2007)
  3. Le petit baigneur de Robert Dhéry (1968)
  4. Le Hobbit 1 – Un voyage inattendu de Peter Jackson (2012)
  5. Le Hobbit 2 – La Désolation de Smaug de Peter Jackson (2013)
  6. Pirates des Caraïbes 4 – La fontaine de jouvence de Rob Marshall (2011)
  7. The game de David Fincher (1197)
  8. Thor 2 – The Dark World de Alan Taylor (2013)
  9. Thor 3 – Ragnarok de Taika Waititi (2017)
  10. Star Trek 2 – Into Darkness de J.J. Abrams (2013)
  11. La planète des singes de Tim Burton (2001)
  12. Alien Vs Predator de Paul W. S. Anderson (2004)
  13. Tais-toi ! de Francis Veber (2003)

Bilan Livresque Mensuel 2018 – Intro

L’objectif de 2018 sera d’égaler (ou d’approcher) mon record de lecture de 2017 (en ce qui concerne les romans)…

Pour rappel en 2017…

  • 140 romans lus !
  • 112 bédés lues
  • 26 comics lus
  • 23 mangas lus
  • 3 guides Holmésiens relus
  • 8 relectures pour les besoins du blog

C’est dire si la barre est haute et le challenge costaud. Je ne promets pas d’y arriver, mais du moins d’essayer…

Je vais tenter aussi de sortir des auteurs de Romans Noirs moins « connus » et pas toujours à l’honneur.

Ce seront des auteurs sud-américain, en partie, sud-africain ou Italiens, Espagnols, afin de découvrir le Noir sous d’autres latitudes et de savoir si la misère serait moins pénible au soleil.

Ces dernières années, j’ai un peu oublié de diminuer ma PAL Noire (celle des origines), il serait temps que je m’y remette ou que j’abandonne définitivement l’idée de lire certains livres y figurant.

Statistiquement parlant, lors de mes derniers bilans livresque, j’ai passablement augmenté mon volume de livres lus (et livres achetés aussi), même si en 2012 et en 2015 j’avais un peu baissé mon rythme stakhanoviste.

Malgré tout, hormis en 2012, j’ai souvent été au-dessus de la barre des 100 romans lus, ce qui n’est pas si mal, je trouve.

  • 2012 – 96 romans lus
  • 2013 – 116 romans lus
  • 2014 – 112 romans lus (15 en numérique)
  • 2015 – 109 romans lus (68 en numérique)
  • 2016 – 134 romans lus (100 en numérique)
  • 2017 – 140 romans lus (74 en numérique)

Alors, dépasserai-je mon score de 2017 ou pas ? Prenez les paris, les z’amis ! 

En janvier 2017, jamais je n’aurais pensé (ou rêvé) dépasser le score de 2016 et de ses 134 romans lus, je parlais même de « miracle » avec la voix de rabbi Jacob, et tout compte fait, le miracle a eu lieu et j’en ai lu 140.

Troupe 52 : Nick Cutter [LC avec Stelphique]

 

Troupe 52 - Nick CUTTER (2)

Titre : Troupe 52

Auteur : Nick Cutter, pseudo de Craig Davidson
Édition : Denoël (14/11/2016)

Résumé :
Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar.

L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu.

Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre « Sa Majesté des mouches » et « 28 jours plus tard », ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Critique [Stelphique en bas] :
Ceci sera sûrement ma dernière chronique car c’est sûr, j’ai été infestée… Je sens déjà la faim gronder en moi et je dois me retenir afin de ne pas mordre dans mon clavier pour le bouffer.

— J’AI FAIM !! TRÈÈÈS FAIM !!

Nous étions tranquilles sur la petite île de Falstaff Island, nous 5, les scouts de la Troupe 52, et notre chef, Tim Riggs, un adulte cool et médecin.

On se racontait des histoires qui font peur, on se chambrait, enfin, on chambrait surtout Newton, le petit gros de la bande, le geek, l’intello. On emmerde un peu moins Sheilley, car il est un peu bizarre, il fait peur.

Ephram, faut pas le chercher, il sait se servir de ses poings, son père est taulard, même. Son meilleur ami est Max, il le protège, ils sont ensemble depuis leur bas âge.

Kent, c’est le meneur, le fils du shérif, celui qui pique tout à tout le monde et que personne n’ose remettre à sa place. Celui qui tutoie les profs, le moniteur, celui qui n’obéit pas.

Ceci est donc ma dernière…

Tout est allé très vite après l’arrivée d’un type très malade, très maigre aussi, genre le type qui sort d’un camp de concentration après 10 ans de privations. Il foutait plus la trouille que toutes nos histoires « à faire peur » réunies.

Le pire est arrivé lorsqu’il est mort et que ce qu’il avait en lui est sorti… Argh, quelle horreur, jamais vu ça de ma life, le moniteur médecin non plus.

Je sens tout ça grouiller en moi, me déchirer, monter le long de ma colonne… arriver au cerveau… pas de bol pour eux, j’en ai pas ! Mhouhahahaha… *voix qui s’étrangle* Argh, tiens, si, j’avais bien un cerveau et ils l’ont bouffé.

Si vous voulez frissonner de peur, allez-y, plongez sur le roman et dévorez-le ! Mes amis ont beau être des gamins de 14 ans, chacun a sa petite personnalité et vous ne serez pas déçu de ce que vous lirez car nous n’avons rien à avoir avec les gentils gamins du Club Des Cinq.

Niveau suspense et tension, vous ne serez pas volé sur la marchandise, je vous garanti que votre médecin vous prescrira ensuite des pilules pour faire baisser la tension qui aura monté tout au long du récit.

Et puisque nous ne pouvons que vous conter l’horreur qui s’est produite sur l’île, notre auteur a eu la brillante idée de chiper une idée au King lui-même (Stephen, pas Elvis), celle qu’il avait utilisée dans la narration de Carrie, celle qui ♫ allumait le feu ♫ et dont on racontait une partie des exploits aux travers d’articles de journaux.

Dans notre histoire horrible, vous saurez tout grâce aux extraits de journaux, grâce aux témoignages de miliaires, de médecins, de scientifiques…

Et si vous voulez savoir si je vais m’en sortir et continuer d’écrire des bafouilles, vous devrez d’abord lire Troupe 52, car un scout, quoi qu’il arrive, est toujours prêt !

Prêt à servir, prêt à mourir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°47 – Détective agonisant – une personne gravement malade meurt dans les premières pages).

Pourquoi je l’ai choisi [Par Stelphique] : 

Ce livre je l’avais repéré avant même sa sortie (vive les teasing de Denoel <3) et puis, on avait envie de se retrouver avec un livre bien effrayant avec ma binôme, histoire de renouer avec nos préférences livresques…

Et puis, quoi de mieux que de se retrouver avec un livre recommandé par le grand, le King de l’horreur, notre cher Stephen King ? Très heureuse d’avoir bousiller nos prévisions de planning en faisait entrer celui ci !

Merci à ma binomette adorée de toujours m’attendre, de toujours dire oui à nos folies, de se laisser séduire par toutes ses tentations de lectures ! Ceci est ♫

Une déclaration, Ma déclaration♫ d’amitié à une femme adorable : Belette, Cannibale de lecture (merci ma poulette, réciprocité de la déclaration © Cannibal).

Synopsis : 

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Ce que j’ai ressenti : 

Ai-je tort de croire qu’il s’agit de l’endroit idéal pour un brin de diablerie ?

Si l’on se rappelait ces soirées de camping entre amis, à se filer la frousse avec les histoires les plus effrayantes à se raconter auprès du feu, parions que cette histoire aurait eu une place de choix dans nos tremblements nocturnes.

Lire Troupe 52, avec ma binôme, au fin fond de nos lits, sous la couette, nous a filé quelques sueurs froides et quelques nausées, mais elle a été un super moment de lecture!

Ce petit groupe dynamique et motivé va bien vite déchanter de leur virée du week-end ! Les devises Scouts vont voler en éclats tout comme les liens d’amitié qui les unissent, ne laissant en bouche qu’un arrière gout amer et une féroce envie de dévorer la vie à pleine dents !

Cauchemardesque à souhait et monstrueusement grouillante, la folle frénésie qui nous prend de lire ses pages est bien à l’image de cette intrigue: effrayante et affamée ! Un page-turner hallucinant, dont on bouffe les lignes, jusqu’au point ultime de fin.

« C’est la nature de tout être vivant. On s’accroche à la vie jusqu’à ce qu’elle nous soit arrachée. Même s’il en reste que des lambeaux, on s’accroche tout de même. »

J’ai été agréablement surprise que l’horreur se tienne tout du long, qu’elle soit sourde et à la fois criante, froide et implacable, juste ce qu’il faut d’écœurante , admirablement ténue.

Entre les petits problèmes d’adolescents et l’inertie des adultes devant ce spectacle de débâcle, j’ai été souvent au bord du vomissement, car les monstres sont d’une évidente frayeur, mais à voir se dessiner la folie pour vendre envers et contre tout, c’est peut encore plus immonde…

« La survie dépendait largement de la capacité de chacun à croire en la possibilité d’une fin heureuse. Vous étiez foutu à partir du moment où vous vous mettiez à imaginer le pire. »

Stephen King avait bien raison d’émettre des réserves pour les âmes sensibles, (je pense que je vais avoir du mal à me remettre de la scène de la tortue…) parce qu’il y a dedans un mélange d’horreur et de tenaces effets grouillants dans nos esprits, qui te tiennent toujours en alerte, toujours plus avec la faim au ventre, qui t’empêchent carrément de dormir tranquille, même à côté de tes amis…

« La seule manière de connaître réellement quelqu’un, c’est de le voir en situation de crise. Les gens s’infligent les pires sévices, Newton. Tu ne peux pas imaginer. Les amitiés, la famille, l’amour et la fraternité, tu peux balancer tout ça par la fenêtre… »

Allez, on parie que tu vas en frémir d’horreur d’aller faire une ballade sur cette île ?!!! Qu’il va se réveiller en toi, une furieuse envie de vivre et de manger les pages de ce thriller terrifiant ??!

Bon appétit et bonne découverte…

« Le silence de la nuit s’étendait au dessus de l’immensité de l’océan. Un paysage d’une tranquillité inimaginable qui instilla la peur dans le coeur de Max. La mort serait-elle ainsi: un silence liquide infini? »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Agatha Raisin enquête – Tome 8 – Coiffeur Pour Dame : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 8 – Coiffeur Pour Dame

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (02/11/2017)
Édition Originale : Agatha Raisin and the Wizard of Evesham (1999)
Traducteur : Marina Boraso

Résumé :
Pour toutes ses clientes, Mr John est un magicien : un coiffeur aux doigts d’or qu’elles adorent !

Mais, peu après avoir confirmé ses talents auprès d’Agatha Raisin qui voit poindre ses premiers cheveux blancs, Mr John meurt dans son salon, victime d’un empoisonnement, sous les yeux de la détective.

Voici Agatha embringuée dans une drôle d’enquête. Qui en effet pouvait en vouloir à Mr John, adulé par ses nombreuses clientes qui lui confiaient leurs plus troubles secrets ?

Critique :
Agatha Raisin s’ennuie dans son bled paumé, et entre deux réunions de la société des Dames de Carsely…

Toutes ces dames de Carsely ne parlent plus que du nouveau coiffeur d’Evesham et en sont folles.

Effectivement, il semble faire un excellent travail améliorant leurs tignasses de provinciales.

Cela tombe bien ! Agatha qui se doit toujours d’être au sommet de la sofistication doit impérativement se refaire une beauté , et prend donc rendez-vous avec l’artiste des tifs!

Non seulement Agatha trouvera son nouveau chignon très classe… Mais le coiffeur se révèle en outre être un bellâtre plein de charme, qui en use et en abuse auprès de toutes ces dames en les complimentant bassement comme un habile gigolo.

Or… Depuis que James lui fait la tronche à cause de leur mariage raté, l’obligeant à jouer régulièrement les cougars pour éviter que des toiles d’araignées n’empêchent son gynéco de faire son job, et accessoirement l’obligeant aussi à se rassurer sur le fait qu’elle n’est pas encore si vieille que ça… Agatha est prête à se laisser conquérir par tout ce qui porte un pantalon et se montrerait disposé à lui jouer la comédie du grand amour.

Mais… Agatha n’est pas dupe. Elle se rend bien compte que quelque chose cloche et que le bellâtre se montre entreprenant avec toutes celles qui le paient pour un chignon, une permanente, une teinture ou plus si affinité. Il y a forcément quelque chose qui cloche ! Une intrigue ! Un loup ! Un complot !

Et ce n’est pas Sir Charles un de ses anciens flirts locaux qu’elle a ressorti du placard pour aiguillonner la jalousie de son voisin James, qui l’en dissuadera.

Et tandis qu’elle s’escrime à essayer de mettre à jour les secrets de son coiffeur en jouant les Mata Hari prête à donner de sa personne… s’illusionnant au passage sur une association professionnelle potentielle avec son as du brushing pris subitement par l’ambition de créer sa propre chaîne de salons…

La voilà qui renoue avec Sir Charles qui fait un sex-friend tout à fait acceptable à l’occasion.

Or… Le bellâtre de coiffeur pour dames meurt subitement, zigouillé pratiquement sous les yeux d’Agatha !

Evidemment… Accumulant quelques mensonges aussi maladroits qu’inavouables face aux enquêteurs qui commencent à trouver ça louche, et ayant malgré elle entretenu la rumeur publique d’un début de liaison avec la victime à qui elle a fait imprudemment des cadeaux de prix histoire de l’appâter en vue de révéler ses complots au grand jour, Agatha se trouve en situation de faire un suspect potentiel…

Comme c’est original ! Cela ne lui était jamais arrivé!

Et quand on est une enquêtrice amatrice et suspecte à la fois… on n’a plus le choix : il faut trouver le ou la coupable pour se disculper. Et la voici partie, accompagnée de Sir Charles (James est parti en vacances pour ne plus voir Agatha lui infliger le défilé de ses amants) dans un recensement de toutes les victimes à qui le défunt artiste capillaire a réussi à soutirer des sous, déclenchant ainsi de nouvelles catastrophes et péripéties.

Agatha Raisin serait-elle une obsédée sexuelle ? Que nenni ! C’est une sentimentale ! Elle veut être aimée pour elle-même ! Mais de préférence par de beaux mâles dominants et charmants capables de satisfaire ses besoins qui ne se limitent pas à prendre une tasse de thé avec la femme du pasteur en parlant théologie !

Et ce n’est pas sa faute à elle si James continue à lui en vouloir de ne pas lui avoir dit qu’elle était encore mariée (puisqu’on vous dit qu’elle l’avait oublié !), chose qu’il n’a appris que devant l’autel et accessoirement devant tout le village (c’est embarrassant vous en conviendrez…)!

Il faut bien qu’elle trouve quelqu’un voulant bien d’elle avait qu’elle n’ait définitivement passé la date de consommation !

Bref, en plus d’être une série de romans policiers sans prétention, les aventures d’Agatha Raisin ont un petit parfum de Barbara Cartland, voire de Bridget Jones (ben oui… elle est un peu gaudichonne sur les bords Agatha quand il s’agit de séduire les zômes)… car oui Agatha est très fleur bleue…

Mais une fleur qui a perdu la sienne et ne veut pas courir le risque de la laisser repousser ! Bref… c’est une chaudasse ! Et je vous avoue… que bien que n’étant pas particulièrement prude, je trouve les obsessions d’Agatha pour retrouver l’amour en se jetant sur tout ce qui porte un pantalon un peu lassante au bout de la huitième aventure.

Evidemment, elle reste attachiante (nan ! la faute est volontaire, on ne la corrige pas !)… Et son côté « je mets les pieds dans le plat » et « je résous mes enquêtes  à la machette en manquant de provoquer la fin du monde » à la façon des époux Beresford est même parfois assez jubilatoire bien que là encore quelque peu répétitive à la longue…

Anybref, c’est toujours avec plaisir et gourmandise que je retrouve Agatha et ses amis de Carsley… mais j’aimerais toutefois que son créateur accepte l’idée de faire évoluer son personnage…

Juste un tout petit peu… Histoire de l’aider à se renouveler.

Hors cadre : Stefan Ahnhem [LC avec Bianca]

Titre : Hors cadre

Auteur : Stefan Ahnhem
Édition : Albin Michel (30/03/2016)
Édition Originale : Offer utan ansikte (2014)
Traducteur : Marina Heide

Résumé :
Près des corps sauvagement mutilés de deux victimes, une photo de leur classe de 3ème sur laquelle leur visage a été raturé. Cette classe a aussi été celle de l’inspecteur Fabian Risk de la police de Helsingborg.

Pour arrêter la spirale infernale et éviter d’être la prochaine cible, il s’enfonce dans les méandres de son propre passé. Au risque de s’y perdre.

Best-seller partout où il est publié, ce roman troublant et cruel qui interroge la violence de la société, impose Stefan Ahnhem comme un des auteurs de thrillers scandinaves les plus prometteurs.

Critique :
♫ Viens, je t’emmène ♪ Où les enquêtes sont replies de secrets ♪ Viens, je t’emmène, Où des meurtres vont commencer ♪

On a tell’ment fermé les yeux ♫ On a tell’ment le regard détourné ♪ Que ça est arrivé ♪

Viens je t’emmène… C’est à peu près ça que l’auteur aurait pu me chanter à l’oreille car il m’a emmené dans une intrigue tellement bien maîtrisée que j’y ai pris un pied fou.

Pourtant, il arriva un moment où je doutai fortement du comment il allait encore pouvoir me tenir ainsi en haleine jusqu’à la dernière page.

Sans pour autant avoir VU le coupable – comme dans un Columbo – j’avais la sensation que tout était dit, que tout était plié, que je savais tout et que le seul suspense serait de savoir comment les policiers allaient le coincer.

Et bien, ça m’apprendra à douter, tiens ! Penser que tout était plié était une erreur grossière de ma part. L’auteur a eu raison de me susurrer à l’oreille « Viens, laisse-moi t’emmener » car le voyage valait vraiment la peine.

Les polars scandinaves dégagent toujours quelque chose en plus que les autres, et celui-ci n’a pas dérogé à la règle : l’intrigue était serrée, bien menée, j’ai été de surprises en surprises, le tout sur un rythme qui oscillait entre le tranquille et l’agité.

Bien que l’enquête prenne du temps, bien que le rythme ne soit pas celui d’un 24h chrono, l’intrigue se met de suite en place et les questions commencent à débouler dans notre tête.

Avec des chapitres courts et en italiques, l’auteur nous plonge dans le journal intime d’un jeune élève qui subit les brimades de certains de ses congénères, ceux qui sont des petites brutes patentées, le tout sous les regards détournés des autres élèves et des profs.

Si l’écriture est conventionnelle, les personnages ne le sont pas, et, sans atteindre la profondeur de ceux du Département V, il n’en reste pas moins qu’on se prend d’affection pour ces policiers dont on suivra un peu leur vie intime, mais sans que cela empiète sur l’histoire principale.

Le personnage principal, Fabian Risk, est un flic tenace, mais un mauvais mari et un mauvais père. Il y a eu des moments où je l’aurais baffé volontiers, ou tout au moins hurlé dessus. Pas de bol, il est Humain, et donc, non parfait. Mais jamais mes parents n’auraient agi avec la même désinvolture que lui et son épouse.

Mon seul bémol sera pour le final : il est grandiose, on a le trouillomètre à zéro, mais j’aurais aimé savoir quel allait être le parcours de certains des flics après cette enquête éprouvante, violente, remplie de morts et médiatisée.

Une LC qui nous a faite plaisir à toutes les deux. Si vous voulez connaître l’avis de ma copinaute, Bianca, cliquez sur son nom !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Sherlock Holmes en toutes lettres – Tome 2 : Collectif

Titre : Sherlock Holmes en toutes lettres – Tome 2

Auteur : Collectif (Anthony Burgess, Davis Grubb, Michael Moorcock, Rick Boyer)
Édition :
Édition Originale : Payot et Rivages (13/09/2017)
Traducteurs : Frédéric Brument et Jean-Paul Gratias

Résumé :
Saviez-vous que la pantoufle persane dans laquelle Sherlock Holmes rangeait son tabac fut l’objet de la convoitise d’une fétichiste unijambiste ?

Et que Sherlock Holmes et Watson avaient dû quitter un temps leur mythique logement de Baker Street à la demande de Mme Hudson ?

Autre fait inconnu à ce jour et révélé par notre expert : Holmes a fait du trapèze dans un cirque pour combattre le « Houdou ».

Vous saviez en revanche que le célèbre détective pratiquait le violon, mais n’imaginiez pas que la musique pouvait tuer.

Davis Grubb, Michael Moorcock, Rick Boyer et Anthony Burgess, quatre grandes plumes rivalisent d’imagination pour rendre hommage à l’un des personnages les plus mythiques de la littérature mondiale.

Critique :
« Les avatars de Sherlock Holmes » m’avaient un peu laissé sur ma faim et je n’avais pas pris autant de plaisir que je le pensais à leur lecture.

Si le tome 1 était fort éloigné du canon habituel, le deuxième mériterait la pastille “A.O.C” car les nouvelles semblent toutes droites sortie des originales.

Hormis la première qui ne concerne pas vraiment le détective de Baker Street, mais des membres d’une société holmésienne (“Le Reclus brun” de Davis Grubb, celui de “La nuit du chasseur”), les trois suivantes sont des plus jouissives, surtout celle de “Zolnay le trapéziste” (de Rick Boyer, l’auteur du “Rat géant de Sumatra”,  un apocryphe exceptionnel) et de “Dorset Street” (de Michael Moorcock).

“Meurtre en musique” d’Anthony Burgess (“L’Orange mécanique”) est très bien aussi, mais les deux précitées avaient un petit côté plus fouillé, plus profondes, elles étaient plus longues, aussi.

Autant le premier tome se lisait vite, autant celui-ci met plus de temps avant l’arrivée à la page finale, celle qui vous fait regretter d’arriver déjà au bout. Mais comme dit mon mari “Toutes les bonnes choses ont une fin”.

Comme je le disais plus haut (suivez, que diable), le personnage se Sherlock Holmes est en tout point conforme à l’original, nous ne sommes pas dans des textes de SF, ou de loufoqueries, mais dans des nouvelles policières pures et dures, avec des tas de déductions du Maître, ce qui me rend toujours guillerette.

Si j’avais compris en partie la solution de  “Zolnay le trapéziste”, je n’ai pourtant aucun mérite, ayant des connaissances que mon détective préféré n’a pas, puisque je suis née bien après lui. Celui ne retire pas du mérite.

Quant à la première, celle du “Reclus brun”, j’avais entrevu la fin aussi, mais je me suis laissée porter par la plume du talentueux Davis Grubb qui nous offre ici un récit moins sombre que sa nuit du chasseur, et, bien que Holmes ne soit pas présent dans sa nouvelle, on sentira néanmoins son ombre planer sur les pages.

Un excellent recueil, plus dans l’esprit du canon que son prédécesseur qui lui, était plus dans la parodie.

Du Sherlock Holmes pur jus, certifié Origine Contrôlée et Conforme.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembuleet Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

 

Mois du Polar chez Sharon – Février 2018

Si juin est pour le Mois Anglais, septembre pour le Mois Américain et mai pour le Mois Espagnol, février est réservé au Mois du Polar sous toutes ses formes.

Sharon nous invite tous et toutes à son mois de février dédié aux crimes, aux meurtres, aux enquêtes, aux thriller en tous genre. Les choix littéraire sont vastes et moins sectaires que les autres mois.

Une fois de plus, je participe, bien entendu, et je compte bien fournir quelques billets à Sharon, juste de quoi la faire suer avec une dingue dans mon genre.

Qu’elle se rassure, je serai plus calme qu’il y a deux ans, mais je compte tout de même faire honneur à son mois et ne pas faire de la simple figuration.

On pourra poster les liens sur la page Fesse Bouc « Mois du polar » ou sur la page récap du blog de Sharon (pas encore l’adresse de la future page).

Que lire ? C’est la question que je me suis posée… Au départ, je pensais lire des titres des éditions  » Payot et Rivages », collection « Rivages/Noir », puis j’ai eu une meilleure idée…

Sortir mes séries policières entamées lors des précédentes éditions et dont je n’ai encore lu qu’un titre (Inspecteur Faraday, Inspecteur Charles Resnick, Yudel Gordon le psychologue juif, Pepe Carvalho le détective et Perro Lascano).

Sans oublier de découvrir des auteurs qui sont sur ma liste des « à découvrir » et dont je n’ai pas encore eu le temps de le faire (Commissaire Montalbano, Lew Griffin, John Turner, Héctor Belascoarán Shayne, Mario Conde et Gabriel Du Pré).

Je ferai donc des « Rivages/Noir », mais aussi des « Points Policier » ou des « 10-18 ».

Je vais vous présenter les auteurs, avec leurs personnages et les titres s’y rapportant, commençant par les « déjà commencé » et poursuivant avec « à découvrir ». Le tout avec des auteurs de différents horizons.

La liste est bien entendu exhaustive, je ne saurai jamais lire tout ça en 28 jours.

John Harvey (Anglais) :

  • Cœurs solitaires – Série Charles Resnick (lu fév. 2016)
  • Les Étrangers dans la maison – Série Charles Resnick
  • Scalpel – Série Charles Resnick

Graham Hurley (Anglais) :

  • Disparu en mer – Série Joe Faraday (lu fév. 2016)
  • Coups sur coups – Série Joe Faraday
  • Les Anges brisés de Somerstown – Série Joe Faraday

Wessel Ebersohn (Sud Africain) : 

  • Coin perdu pour mourir – Série Yudel Gordon
  • La Nuit divisée – Série Yudel Gordon
  • La Tuerie d’octobre – Série Yudel Gordon (lu juillet 2015)

Manuel Vázquez Montalbán (Espagnol) : 

  • Tatouage – Série Pepe Carvalho (lu mai 2015)
  • Meurtre au comité central – Série Pepe Carvalho

Ernesto Mallo (Argentin) : 

James Sallis (Américain) :

  • Le Faucheux – Série Lew Griffin
  • Papillon de nuit – Série Lew Griffin
  • Bois mort – Série John Turner
  • Cripple Creek – Série John Turner
  • Drive – Série Le Chauffeur

Paco Ignacio Taibo II (Mexicain) : 

  • Jours de combat – Série Héctor Belascoarán Shayne
  • Cosa fácil – Série Héctor Belascoarán Shayne

Leonardo Padura (Cubain) :

  • Passé parfait – Série Mario Conde
  • Vents de carême – Série Mario Conde

Peter Bowen (Canadien) : 

  • La maison du coyote – Série Gabriel Du Pré

Andrea Camilleri (Italien) :

  • La Forme de l’eau – Série commissaire Montalbano
  • Chien de faïence – Série commissaire Montalbano
  • Le Voleur de goûter – Série commissaire Montalbano

Bill James (Anglais) : 

  • En de bonnes mains

Le diable en personne : Peter Farris

Titre : Le diable en personne

Auteur : Peter Farris
Édition : Gallmeister (17/08/2017)
Édition Originale : Ghost in the fields (2017)
Traducteur : Anatole Pons

Résumé :
En pleine forêt de Géorgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya échappe in extremis à une sauvage tentative d’assassinat.

Dix-huit ans à peine, victime d’un vaste trafic de prostituées régi par le redoutable Mexico, elle avait eu le malheur de devenir la favorite du maire et de découvrir ainsi les sombres projets des hauts responsables de la ville.

Son destin semblait scellé mais c’était sans compter sur Leonard Moye, un type solitaire et quelque peu excentrique, qui ne tolère personne sur ses terres et prend la jeune femme sous sa protection. Une troublante amitié naît alors entre ces deux êtres rongés par la colère.

Critique :
Mais qui tiendrait le rôle du Diable, dans ce roman ? Le vieux Leonard Moe ? Mexico le maquereau ? Monsieur le maire ? Les trois à la fois ?

En tout cas, le Diable n’est sans doute pas celui qu’on pense et Mexico le maquereau aidé du maire véreux ont tous deux de quoi faire de l’ombre au véritable Satan lui-même.

Les clients dotés d’un minimum de bon sens étaient suffisamment avisés pour ne pas abîmer la marchandise de Mexico. Maya avait entendu qu’il avait déjà castré un homme à la cisaille pour bien se faire comprendre.

Que pourrait-il se passer lorsque Maya, jeune fille transformée en pute de luxe par ce mac vénal et sans pitié – qui veut qu’elles le nomment Daddy – s’enfui et rencontre Leonard, un vieux bootlegger un peu zinzin, qui vit avec ses chats et avec un mannequin à qui il parle ?

Leonard détestait la ville, aussi bien en tant qu’abstraction qu’en tant que réalité. Plutôt boire de l’eau de vaisselle croupie qu’aller là-bas. Il y avait des gens en ville.

Un mélange détonnant, celui de deux opposés qui se rencontrent, un mélange improbable, comme quand on insère du beurre dans du chocolat fondu et que les deux corps gras se repoussent car pas destiné à se rencontrer.

Pourtant, au final, les deux corps hétérogènes se mélangent parfaitement avec un peu de patience et le résultat donne un récit bien noir, bien onctueux, que l’on peut consommer sans modération, si on aime le noir, bien entendu.

Peter Farris connait bien les codes du Roman Noir, il les a révisé, mis à sa sauce, n’usant de la violence que lorsqu’elle est nécessaire et saupoudrant sa préparation d’un peu de sucre pour l’adoucir, sans pour autant en faire un truc bourré de saccharose guimauve qui ferait grincer les dents et donnerait des maux de ventre.

Ce n’est pas du Disney ! Disney, lui, aurait titré le récit « La princesse péripatéticienne et le vieux bootlegger fou », nous transformant un roman noir démoniaque en truc sirupeux, style histoire d’amûr.

Peter Farris n’étant pas fou et étant un écrivain qui sait ce qu’il doit faire de son récit (et ce qu’il ne faut pas faire), il nous balance un petit roman noir condensé, sans en rajouter, sans trop d’emphase, et sans sentimentalité à deux balles. Ouste aux histoires d’amour, l’amitié, c’est déjà très bien.

Il est assez intelligent pour savoir qu’il est souvent incompatible de faire les choses bien et de survivre pour pouvoir en être fier.

C’est du brut, c’est du noir. On a affaire à des trafiquants de chaire humaine, de drogues, d’armes. Ici, c’est pas les Bisounours qui passeraient des livres de beurre en douce.

Maya réalisa que c’étaient toujours les « normaux » qui représentaient le plus grand danger, des nantis qui régnaient sur l’univers avec cette idée perverse que tout leur était dû. Avocats et cadres, conseillers municipaux, acteurs et athlètes épris de leur reflet dans le miroir. Maya ne connaissait pas le mot sociopathe, mais elle savait que c’étaient ces types-là qui s’en sortaient le mieux dans la vie et qui portaient les secrets les plus sombres, les plus lourds.

Peter Farris a pris soin aussi de brosser les portraits de ses personnages principaux et secondaires, nous offrant leurs failles, leurs secrets, leurs douleurs, leurs ambitions, rendant plus humain le vieux un peu taré et la jolie petite pute qui sait faire des tas de trucs avec son corps, mais ne donnant rien aux salopards pour les sauver.

Prance était un vieil inspecteur libidineux avec le cœur fragile et un problème d’alcool. Il fumait deux paquets par jour et avait la déontologie d’un urinoir dans des toilettes de femmes.

Mexico avait des dossiers sur tous ses clients. Il était le John Edgar Hoover des macs. Audio. Vidéo. Suffisamment d’éléments pour tuer une carrière, briser un mariage, entacher une réputation, menacer une vie.

C’est une partie de l’Amérique un peu trash qu’il nous offre, celle des bouseux, des gens qui vivent dans le trou du cul de la Géorgie du Sud, c’est-à-dire nulle part, dans un trou perdu.

Pourtant, on dirait que ce trou perdu au milieu de nulle part attire les types sans foi ni loi comme une merde fraiche attire les mouches, comme un cadavre attire les vautours. Mais là, j’insulte les animaux…

— […] Je t’en prie. Le sexe m’ennuie. Mais j’ai constaté très tôt son pouvoir sur les gens et j’ai appris à en profiter. Les stups et la spéculation foncière rapportent plus […]

Un politique qui n’est pas agité mentalement n’accède pas au pouvoir. Ni les vrais sentiments ni les émotions n’ont leur place en politique.

Un petit roman noir brut, condensé, du chocolat noir à plus de 80% (j’ai lu des bien pire), le tout saupoudré d’une petite bougie qui symbolise l’espoir, qui, même quand « Noir c’est noir » Il n’est jamais trop tard, Il me reste l’espoir…

Elle avait vu l’anormal dans toutes ses manifestations. Comportements vicieux et dépravés, passions perverses, hommes à quatre pattes hurlant comme des chiens, avec des engins longs et fripés qui évoquaient la trompe d’un tamanoir, ou bien ratatinés comme des champignons. Certains étaient bien soignés et sentaient l’eau de Cologne, d’autres avaient l’odeur putride d’un tapis de mousse.

— C’est pas mon problème si le maire de notre bonne ville a un appétit sexuel à épuiser un bonobo.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Agatha Raisin enquête – Tome 7 – À la claire fontaine : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 7 – À la claire fontaine

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (02/11/2017)
Édition Originale : Agatha Raisin and the Wellspring of Death (1998)
Traducteur : Françoise du Sorbier

Résumé :
La population d’Ancombe, village voisin de Carsely, est divisée suite à l’arrivée d’une société d’eau minérale qui veut exploiter la source d’eau douce.

Agatha Raisin, qui travaille pour les relations publiques de cette société, enquête sur le meurtre du président du conseil du village qui aurait été assassiné avant de pouvoir donner son accord pour l’exploitation de la source.

Critique :
Or donc… Je résume les épisodes précédents… Agatha avait réussi à convaincre son séduisant voisin James Lacey de l’épouser.

Or son premier mari dont elle n’était pas divorcée et dont elle avait préféré refouler l’existence en se persuadant qu’il était mort depuis longtemps a la très très mauvaise idée de surgir comme un diable de sa boîte pendant la cérémonie où James et Agatha devaient s’unir…

Léger malaise…

Et voilà que le mari ressurgi du passé ne trouve rien de mieux que de se faire assassiner, d’obligeant ainsi Agatha, première suspecte de la liste pour la police, à résoudre l’énigme de son violent départ pour un mode meilleur…

Cela étant, toujours très fâché (on se demande pourquoi, il aurait dû se douter qu’Agatha n’est jamais à court de surprises), James était partit seul profiter de leur voyage de noces à Chypre…

Agatha tenta de le poursuivre jusque-là bas pour se jeter tête baissée dans une nouvelle enquête puisque partout où Agatha passe… y a des gens qui trépassent (purée ! pourvu qu’elle ne passe jamais près de chez moi – Je ne lui donnerai pas mon adresse en tout cas)…

A son retour, Agatha trouve les Cotswolds en ébullition car au petit village d’Ancombe, près de Carsely, où réside notre Agatha préférée, la propriétaire d’un terrain sur lequel jaillit une source qui alimente le village, accepte de laisser un accès à son eau une grande entreprise afin qu’elle puisse la commercialiser.

Voilà une décision qui provoque des remous terribles au conseil municipal où les élus se font la guerre…

Et voilà qu’Agatha tombe sur le cadavre du président du dit conseil municipal en allant remplir sa gourde à la source pour préparer son thé. Et la voici à nouveau en selle pour une nouvelle enquête qui la conduira à renouer avec son ancien métier de chargée de communication au service de l’entreprise voulant revendre l’eau de la source… position et couverture bien pratique pour être au cœur des évènements…

Elle en profitera au passage pour coucher avec un des séduisants patrons de la firme, bien plus jeune qu’elle, histoire de bien faire remarquer à James ce qu’il manque.

Comme si l’empilement des cadavres ne suffisait pas, voilà que d’obscures groupuscules soi-disant écologistes manipulés par on ne sait trop qui viennent rajouter une couche de complications à cette affaire que l’on trouvera au final assez embrouillée et difficile à suivre mais qui va contribuer à ce que James et Agatha reprennent leur collaboration… Au moins pour cette fois.

Entre les préoccupations sentimentales d’Agatha, celles de son ami policier dont les parents effrayants font fuir toutes les copines, les potins du village, les inimitiés intestines des membres du conseil municipal, les arcanes de la grande entreprise et les mystères mystérieux de ceux qui y travaillent, et l’instrumentalisation de l’écologie pour mettre davantage le souk…

Je vous avoue que je me suis un peu perdue au point d’avoir fini par renoncer à comprendre, me laissant mener passivement par l’auteur…

Et de fait… en perdant une bonne part de plaisir à suivre cette intrigue labyrinthique.

Mais Agatha c’est Agatha… Odieuse, cynique, mesquine, avec son sens de la répartie so british, s’embarrassant peu des convenances… Et en même temps… avec ses petits points de fragilité… Bien cachés… tout au fond… Qui nous la rendent un peu humaine…

Bref, c’est ma copine, et c’est toujours avec plaisir que je vais passer quelques jours dans les Cotswolds avec elle par le biais des pages…

J’y retrouve avec plaisir les personnages récurrents qui l’entourent et leurs petits drames. Je suis donc fan de la série.

Mais cette fois ci… l’intrigue était un peu trop embrouillée à mon goût. Trop d’informations pour mon petit cerveau un peu ramolli par les fêtes de fin d’année sans doute…

J’espère que le tome 8 sera à la hauteur !

 

Nains – Tome 8 – Sriza du Temple : Nicolas Jarry & Paolo Deplano

Titre : Nains – Tome 8 – Sriza du Temple

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (23/08/2017)

Résumé :
Sriza est un exorciste du temple, un cognar ayant fait voeu de combattre les démons et de protéger ses paroissiens.

Mais alors qu’une terrible tempête de neige recouvre la vallée, l’isolant ainsi du reste du monde, une horde de possédés attaque les villages enclavés. Sriza doit découvrir ce que cherchent les démons pour avoir une chance de les arrêter.

Critique :
— Ta mère suce des bites en enfer !

Non, non, rassurez-vous, je n’insulte pas votre mère et je n’insinue rien, mais vu que notre Sriza est un exorciste, il aurait pu tomber une fois dans sa longue vie sur ce genre de démon hurlant des insanités sur sa pauvre mère !

Mais au fait, je connais, moi, Sriza ! Bon sang, mais c’est bien sûr : on avait croisé sa route dans le tome 17 des Elfes ! Quelle bonne surprise.

Après avoir chassé les Démons, notre ami a une vie un peu plus calme en tant que prêtre dans la cité d’Ark’öm. Un prêtre qui n’hésite pas à foutre son poing dans la gueule de ses ouailles qui ne respecteraient pas les règles.

Sriza ne sera pas le seul nain dont j’ai déjà croisé la route avant, car nous retrouverons aussi Aral, celui du tome 3, déclaré Grand Traître de sa Race, et à qui on va faire la chasse car sur son chemin, on retrouve des villages entiers décimés !

Qui a fait ça ? Vous le saurez en lisant cette bédé et en chassant le Démon avec Sriza et sa team de guerriers plus fermiers que combattants, et pas toujours des Sherlock Holmes !

Heureusement que Sriza a un cerveau et un passé qui fait de lui en homme compétent dans la chasse au serial-killer de masse.

Mêlant habillement les moments du présent avec ceux de l’enfance de Sriza, ce tome ne vous laisse que peu de temps pour respirer et vous entraine dans une chasse à l’Homme (au Nain ? Au Démon ?) endiablée où il faudra être le plus rapide si on ne veut pas crever comme une bête dans les montagnes enneigées.

Dans ce tome, il y a l’histoire de deux jeunes enfants, au destin semblable, mais l’un est allé vers la lumière et l’autre vers l’obscurité, l’un sera Yoda et l’autre Dark Vador, jusqu’à l’ultime affrontement.

Les dessins ne sont pas aussi superbes que certains autres albums, mais ils se défendent bien et les décors sont d’une majesté qui donne envie d’aller s’y recueillir, s’il n’y faisait pas aussi froid.

Le final est dantesque, perfide, démoniaque. Bref, j’ai adoré !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).