Mycroft’s Testimony : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : Mycroft’s Testimony

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : L’œil du Sphinx (2009)

Résumé :
« Sherlock Holmes ne serait pas tout à fait l’homme décrit par son biographe et ami le Dr Watson. Il serait de ceux qui cachent leurs déviances sous le masque du génie excentrique.

C’est du moins ce que confesse son frère Mycroft dans son récit-testament, en révélant l’ampleur de la crise identitaire dont souffrit le détective durant les trois années où Watson déserta Baker Street pour épouser Mary Morstan.

C’est aussi ce que subodore le Dr Aaron Kosminsky, psychiatre et criminologue, dans l’étude psychopathologie qu’il fait du personnage et publie en 2004.

Ces trois ans, compris entre décembre 1887 et mai 1891, furent d’insoupçonnables années d’errance et d’égarements psychiques qui conduisirent Sherlock Holmes à travers les affres de la désespérance, avant que ne le délivre de sa disparition dans les chutes de Reichenbach.

De cette période troublée, personne n’en a rien su. Pas même Watson. Comment aurait-il pu ? »

Critique :
Sherlock Holmes raconté par son grand frère Mycroft, ça aurait pu donner quelque chose de super génial, non ?

Pourtant ce petit roman m’a laissé non seulement sur ma fin, mais avec un horrible mauvais goût dans la bouche.

Mais avant de ruer dans les brancards, je vais peut-être commencer par le commencement…

Une fois de plus, on nous cause de la fameuse malle de fer blanc et nous retrouvons une vieille connaissance, c’est-à-dire la fameuse héritière de la famille Watson qui nous avait raconté « L’aventure des vierges de Glace ».

Niveau vie du détective, nous n’apprendrons rien de plus que nous ne savions déjà sur l’analyse de sa personnalité, si ce n’est quelques petits ajouts afin de justifier la « naissance » du professeur Moriarty, du moins, de nous montrer comment son personnage et son nom s’est formé dans l’esprit de Holmes.

Là, autant où le récit de Mycroft commençait bien, on se retrouve dans le fossé directement ou à hausser les yeux au ciel. Là, je ne suis pas preneuse de cette théorie un peu capilotractée.

Dans cette première partie, exit le grand frère bienveillant que nous avions croisé dans la série Granada, ici, Mycroft a plus les traits d’un manipulateur version BBC.

En tout cas, c’est ce qu’il laisse transparaître dans ce récit qu’il livre à son successeur au Diogene’s Club, sur son lit de mort.

Quant à la seconde partie consacrée au récit du docteur Aaron Kosminski qui, en 2004, réalisa l’espèce d »étude psychopathologie de mon détective borderline préféré, je l’ai trouvée…. Comment dire ? Heu… Ça m’a mis mal à l’aise cette manière de faire coller les faits à la théorie.

Déjà le nom qui fait référence à un « suspect » dans les meurtres de 1888… Alors, notre Freud d’opérette, dans la seconde partie, tente de nous éclairer sur le récit de Mycroft.

Une seconde partie froide, sur un ton clinique, indigeste, le tout devant former une sorte de portrait psychologique de Sherlock Holmes.

Alors oui, l’idée de départ était bonne : qui, mieux que Mycroft, aurait pu nous éclairer sur la vie de Sherlock avant sa rencontre avec Watson ?

Oui, il y avait de la recherche aussi pour tenter d’expliquer de manière rationnelle et réaliste le fait que Moriarty débarque ainsi sans coup férir dans les récits canoniques, ainsi que toutes les autres incohérences.

Mais je pense que la manière de le faire n’était pas la bonne et le récit devient lourd, pâteux, boueux, difficile à lire sans avoir l’esprit qui fiche le camp pour voir ailleurs s’il n’y a rien de meilleur.

Les seuls moments où mon cerveau est revenu parmi nous, c’est quand l’auteur Baring-Gould est appelé en renfort caisse (et son ouvrage « Moi Sherlock Holmes » est du grand n’importe quoi) et que les extraits canoniques insérés dans cet ouvrage sont issus des éditions Robert Laffont, réputée pour ses nombreuses erreurs de traduction…

Et là où mes esprit s’est rebellé encore plus, ce n’est pas à la stagnation, mais en comprenant que Sophie Bellocq-Poulonis nous explique calmement que l’auteur des crimes de Whitechapel était Holmes…

Mes griffes ont rayé les murs…. Ce ne sera jamais que la 36.000ème fois qu’on associe le détective de Baker Street à l’Éventreur de Whitechapel et ça commence à bien faire. Trop is te veel et on a fait des révolutions pour moins que ça.

Anybref, pour un profane en holmésologie, le breuvage sera indigeste et la tartine trop épaisse. Et pour un néophyte dans la question psy, ce sera encore plus infect qu’imaginer boire un thé au beurre rance !

De plus, c’est court, bien trop court ! Enfin, vous me direz que quand c’est mauvais, vaut mieux abréger et faire dans le court…

Une étude holmésienne (ou un pastiche, car il a des deux) que l’on referme avec un soupir de soulagement, en se demandant bien ce qu’on vient de lire et à qui ce genre d’ouvrage peut faire le bonheur ??

Sans doute un meuble un peu bancal…

Parce que je ne vois pas à qui d’autre cela pourrait servir : les holmésiens risquent de ne pas apprécier (ou si peu) et les amateurs d’écrits canoniques qui en lisent pour le plaisir risquent de tomber endormi ou de se fouler le poignet en l’expédiant au cent diables.

Allez, classement vertical !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

37 réflexions au sujet de « Mycroft’s Testimony : Sophie Bellocq-Poulonis »

  1. Ah oui… c’est à cette auteure qu’on devait aussi la pénible Malediction de Nephren Ka, non?

    Massacre du canon à la hache… psychologisagion à la mord moi le noeud… a remplacer le deerstalker de Holmes par un entonnoir… le genre de trucs qui me fait monter la tension car les romanciers qui pastichent le vocabulaire psypsy se vautrent lamentablement le plus souvent dans des contresens et des approximations…

    Pas pour moi! Naaaan!😱😱😱

    Aimé par 1 personne

    • Bien vu ! Tu as gagné le droit de te faire envoyer un livre pas lourd via l’autre canal de livraison… 😆

      Seul un psy peut parler psy… On ne rigole pas, c’est comme quand deux personnes de cheval se croisent, ou deux agriculteurs… eux seuls connaissent les mots.

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      • Naaaan! Pitié ! Me l’envoie pas!!😱😱😱 Après je vais me sentir obligée de le lire pour prouver à quel point c’est nul! 👎

        Je deviens très forte pour ça! Pour le boulot j’ai fait une critique saignante de 6 pages d’un bouquin d’une ancienne gloire psypsy des années 70 à qui nous devons des générations de mioches mal élevés devenus des adultes paumés!

        Je suis vilaine, vilaine, vilaine!😏

        Aimé par 1 personne

        • Laisse-moi deviner… La maman de Carlos ?? Ou alors je me plante, parce que la maman de Carlos, elle était pédiatre, non ? Je parle de Carlos le chanteur, bien entendu ! ♫ tout nu et tout bronzé ♪

          6 pages ?? Waw, là, c’est pas la descendre que tu as fait, mais c’est l’enterrer, enterrement première classe et rhabiller pour l’hiver, au moins.

          J’aime les vilaines filles !! 😀

          Mais pour l’envoi, je te proposais de choisir un titre, pas de recevoir celui-ci ! Parce que lui, à part photographier toutes les pages et te les envoyer en mail, je ne vois pas comment faire. La tarte tatin est par terre… je répète la tarte tatin est par terre… 😦

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          • C’est sa fille Catherine la pédiatre. La mère de Carlos était censée (j’en dis bien censée car elle a passé sa vie à jouer la supernanny peu inspirée auprès du grand public) être psychiatre et analyste… évidement… pour des raisons qui pourraient me valoir un procès et que je ne peux préciser… on ne peut pas dire que ce soit un exemple de réussite psycho éducative… et ses écrits sont à la mesure de ce gâchis! D’ailleurs quand on lit ses conseils éducatifs à côté de la plaque on se demande si elle a déjà observé des enfants (à commencer les siens) dans la vraie vie ou élevé les siens! Faire mette la table à des enfants de moins de deux ans et dire qu’à trois ans ils sont capables de s’habiller seuls et d’aller seuls à l’école! Il faut ne pas avoir vu beaucoup d’enfants ou être totalement irresponsable!!!!

            Je suis rassurée de savoir que ton exemplaire de la Poulonis Bellock te sert à caler un meuble! Ouf! 😅

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            • Nous ne dirons rien sur la face publique de ce blog, mais sur la fesse privée de la boite mail, on peut ce qu’on veut, non ?? Tant que la C-IA et le F-BI qui me lisent, ne rendent pas mes mails publics…

              À 3 ans aller seul à l’école ?? Si c’est la porte à côté qu’il faut pousser, oui, mais sinon… ce serait du pain béni pour les pédophiles, ce genre de choses ! 👿

              Pourtant, il m’avait semblé (je dis bien « m’avait ») que certains de ses conseils étaient corrects…

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