Cosa fácil : Paco Ignacio Taibo II [Hector Belascoarán Shayne 1]

Titre : Cosa fácil – Hector Belascoarán Shayne 1

Auteur : Paco Ignacio Taibo II
Édition : Payot et Rivages (01/01/1994)
Édition Originale : Cosa fácil (1977)
Traducteurs : René Solis & Mara Hernández

Résumé :
Certains disent qu’Emiliano Zapata n’est pas mort et que c’est son double qui a été assassiné. D’autres sont ingénieurs dans une usine au bord de la grève et se font tuer.

D’autres encore persécutent une adolescente, fille d’une actrice de films pornographiques.

Hector Belascoaran Shayne, détective privé, va essayer de retrouver Zapata, découvrir les assassins d’ingénieurs, venir au secours de la jeune fille.

Comme si une seule de ces histoires n’était pas suffisante, il s’attelle aux trois en même temps! Totalement irrationnel.

Mais être un privé à Mexico ne relève-t-il pas de la folie ?

Critique :
Viva Zapata ! Problema : Zapata está muerto… Muerto de chez muerto, même. Plus muerto que lui, tu meurs.

Votre mission, monsieur le détective indépendant Hector Belascoaran Shayne – si vous l’acceptez – sera de prouver qu’Emiliano Zapata está vivo (♫ Vivo per lei anch’io lo sai ♪).

Et comme une affaire n’arrive jamais seule, vous en profiterez aussi pour élucider le meurtre d’un ingénieur dans une usine au bord de la grève et, tant qu’a faire, vous tâcherez de savoir pourquoi ces petits voyous en ont après la belle Elena.

Hector Belascoarán Shayne est un drôle d’oiseau. Basque par son père, irlandais par sa mère, il vit au Mexique et, durant sa triple enquête, il va en profiter pour nous parler un peu de son pays et de ses problèmes (au pays, pas à Hector, bien que ce dernier ait un passé qui sera éclairé dans les prochains tomes).

Avec du cynisme et de l’ironie mordante, notre détective va mettre le doigt sur les multiples dysfonctionnements du Mexique des années 70, sur les magouilles en tout genre, qu’elles soient politiques, sociales ou autres.

Ses trois colocataires du bureau qu’il loue sont soit à la recherche de travail, ou tout simplement désabusé, cynique, aussi, et le tout donne des personnages haut en couleurs du genre qu’on a pas l’habitude de croiser dans des polars noirs européens.

— Alors, beaucoup de travail ? demanda son voisin de bureau aux heures de nuit, le célèbre ingénieur « Gallo », diplômé ou peut-être en fin d’études, spécialiste du réseau d’égouts de la ville de Mexico. Il sous-louait à Gilberto, le plombier, un morceau du local pour la nuit.

Sans avoir un rythme trépidant à la 24h chrono, le roman se lit d’une traite car les trois affaires vont occuper notre Hector durant le jour et une partie de ses nuits, sans compter qu’il a un héritage maternel à régler avec son frère et sa sœur sans parler des événements qui arrivent de tous les côtés, vu qu’il a du pain sur la planche.

Lire un roman de Paco Ignacio Taibo II faisait partie de mon petit challenge personnel, je viens de le découvrir et le courant est bien passé entre nous, ce qui me fait dire que je compte bien encore m’accouder au bar en sa compagnie et boire des faux Cuba Libre tout en devisant du Mexique qui, ma bonne dame, n’est plus ce qu’il était.

C’était sa manière à lui de rester mexicain. Un Mexicain au quotidien, solidaire des récriminations, protestant contre la hausse du prix des tortillas, furieux contre l’augmentation du ticket de bus, écœuré par l’infamie des journaux télévisés, se plaignant du niveau de corruption des flics et des ministres, pestant à cause de la situation du pays, comparant son état déplorable à un dépôt d’ordures, maudissant le grand stade aztèque qu’il était devenu.

Une belle découverte, un détective hors-norme, des acolytes peu habituels, une description acéré Mexique et de sa classe dirigeante, le tout en résolvant trois affaires totalement différente, le tout sans prendre de repos, en dormant juste quelques heures dans un vieux fauteuil.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

 

Publicités