Retour à Duncan’s Creek : Nicolas Zeimet

Titre : Retour à Duncan’s Creek

Auteur : Nicolas Zeimet
Édition : Jigal Editions (08/09/2017)

Résumé :
Après un appel de Sam Baldwin, son amie d’enfance, Jake Dickinson se voit contraint de retourner à Duncan’s Creek, le petit village de l’Utah où ils ont grandi.

C’est là que vit Ben McCombs, leur vieux copain qu’ils n’ont pas revu depuis plus de vingt ans. Les trois adolescents, alors unis par une amitié indéfectible, se sont séparés dans des circonstances dramatiques au début des années quatre-vingt-dix.

Depuis, ils ont enterré le passé et tenté de se reconstruire. Mais de Los Angeles aux montagnes de l’Utah, à travers les étendues brûlantes de l’Ouest américain, leurs retrouvailles risquent de faire basculer l’équilibre fragile de leurs vies.

Ce voyage fera ressurgir les haines et les unions sacrées, et les amènera à jeter une lumière nouvelle sur le terrible secret qui les lie. Ils n’auront alors plus d’autre choix que de déterrer les vieux cadavres, quitte à renouer avec la part d’ombre qui les habite… et à se confronter à leurs propres démons.

Critique :
Le pari était osé, risqué, même : faire une suite de « Seuls les vautours », roman noir époustouflant où l’auteur avait su insuffler des véritables senteurs des années 80 dignes d’un King.

La suite me faisait un peu peur, mais mes petits copains blogueurs ont su calmer mes angoisses en me certifiant que la suite était une belle suite et qu’il fallait que je la lise.

Les salauds avaient raison : la suite est d’un haut niveau et j’ai retrouvé une partie de la palette des émotions que j’avais ressentie lors de la lecture de « Seuls les vautours ». Pas tout à fait les mêmes émotions, mais j’en ai eu pour mes sous, je vous assure.

Déjà que l’auteur a réussi à me donner l’équivalent d’un coup de poing dans le plexus dans ses premières pages, lorsque Jack s’arrête au milieu de nulle part avec Sam. Là, il m’a coupé la chique.

Une partie du plaisir de lecture réside dans la construction du récit qui alterne les « aujourd’hui » avec les « hier », les deux pouvant se confondre dans le récit, se compléter, se mélanger harmonieusement.

De plus, l’auteur a réalisé un petit puzzle qui fait que l’on ne découvre l’histoire qu’au fur et à mesure de sa lecture, nous réservant grâce à cette construction des petites surprises, des sursauts, nous déroulant une histoire à l’envers.

Rassurez-vous, pas besoin de carte ou de GPS pour retrouver son chemin, il est bien balisé et si on possède un cerveau normal, on aura le film qui se déroulera dans notre tête.

En parlant de film… La chose la plus remarquable, dans ce roman noir, en plus des personnages bien détaillés, vivants, réalistes, c’est le fait que dans ses descriptions, l’auteur m’ait fait vivre les scènes d’amitié, de rigolade, ou de drame comme si j’y étais et je peux vous dire que j’ai eu l’impression de me trouver dans le corridor lorsque le drame est arrivé.

Ceci est un roman noir bien construit, profond, avec une écriture qui n’a rien de neuneu ou de simpliste, les descriptions sont détaillées, mais sans qu’elles ne submergent le récit et n’étouffent les personnages, qui eux, sont tels qu’auraient pu être trois jeunes enfants devenant ados, se faisant des promesses qu’ils ne tiendront jamais d’amitié à vie.

Un roman noir que j’ai dévoré, regrettant ensuite d’arriver à la fin car la palette d’émotions m’avait fait passer par tous les stades, le dernier étant la tristesse de quitter mes amis, devenus adultes.

Ce roman, c’est une traversée de plusieurs états des États-Unis, un road trip pour un retour en arrière, sorte de retour vers le passé, une plongée dans un abîme de sentiments, de souvenirs qui ne laissera pas son personnage principal indemne.

Un roman noir puissant, même si un cran en-deçà de son précédent « Seuls les vautours » qui lui, était exceptionnel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Publicités