Iboga : Christian Blanchard

Titre : Iboga

Auteur : Christian Blanchard
Édition : Belfond (25/01/2018)

Résumé :
Pire que la peine de mort : la réclusion à perpétuité… 28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes.

Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la « Louisette ».

Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d’honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour. Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.

Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir…

Ce livre raconte la vérité… La vérité selon Jefferson Petitbois… Un homme trop jeune pour mourir.

Critique :
Des romans traitant de l’univers carcéral, j’en ai lu quelques uns et je suis toujours ressortie nauséeuse de ces histoires.

Non pas que je sois contre l’enfermement des criminels, violeurs et autres personnes ayant commis des méfaits graves, juste que j’y ai toujours ressenti une inhumanité crasse.

Pas de faux suspense dans ce roman, Jefferson Petitbois est coupable, il méritait la réclusion, sans aucun doute et même la peine de mort (même si je ne suis pas pour).

Mais Jefferson méritait aussi les circonstances atténuantes ! Abandonné à sa naissance, ses débuts dans la vie n’ont guère été brillants. Ensuite, la faute revient sans doute à une administration trop lente, trop froide, trop archaïque et au manque de moyens, qu’ils soient financiers ou humains.

Et on se retrouve ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil…

La faute aussi à Jefferson car môssieur s’indigne que ce soit toujours à lui de faire des efforts pour être poli, gentil, alors qu’on n’exige pas cela des gens qui se trouvent en face de lui, que ce soient les familles d’accueil ou des matons, bien plus tard.

Le récit est prenant, poignant, un huis-clos qui se déroule sous la musique des chaînes qui entravent les poignets et les chevilles de Jefferson.

Jefferson, notre jeune narrateur, nous raconte sa vie dans les murs de deux prisons différentes, son passé, sa rencontre avec Max, ses crimes et le comportement affreux de certains matons (je ne jetterai pas la pierre à toute la profession, leur boulot n’est pas une sinécure non plus).

C’est un récit poignant, mais l’émotion attendue n’était pas au rendez-vous… Non pas que j’aie un coeur de pierre ou que je manque d’empathie, non, juste que j’avais ressenti des tonnes d’émotions dans d’autres livres du même genre et que je désirais les ressentir à nouveau dans celui-ci.

Pourtant, des émotions, il y en a, même si pour moi, elles ont un goût de trop peu. Sans doute aussi la faute au fait que l’on se retrouve avec l’habituel maton sympa et le détestable, comme souvent.

Ou alors était-ce parce que le récit était trop réaliste, comme réellement écrit par un assassin qui laisserait une trace de sa vie sur 21 carnets ?

Là où l’auteur a bien bossé, c’est dans son personnage car on devrait mépriser Jefferson, surtout à la lumière de ses crimes, mais je ne suis pas arrivée à le détester tout à fait, j’ai même eu de la peine pour lui, un comble lorsque l’on pense que c’est un criminel !

Iboga est un roman qui, comme les douze alcaloïdes tirés des racines de cet arbre, a un goût acre et amer particulièrement fort dans la bouche. Le milieu carcéral n’est pas celui des Bisounours et si la rédemption est toujours possible, l’espoir, lui, est aux abonnés absents.

Malgré le manque d’émotions ressenties (je suis peut-être la seule responsable), Iboga est un roman fort, profond, où l’on ressent très bien la sensation d’étouffement dans ces 10m2 que font la cellule.

Un roman bourré d’humanité mais aussi d’inhumanité.

Si vous voulez les noms des romans qui m’ont émotionné, je vous citerai « Papillon de nuit » de R.J. Ellory, « Meurtres pour rédemption » de Karine Giebel, « La ligne verte » de Stephen King, « Oscar Wilde et le mystère de Reading » de Gyles Brandreth et « En ce lieu enchanté » de Rene Denfeld.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

 

29 réflexions au sujet de « Iboga : Christian Blanchard »

  1. et oui comme toi, un peu contre la peine de mort, pour beaucoup de raisons dont celle-ci….c’etait une bombe a retardement cree par la societe….en tout cas dommage pour le manque d’emotions…peut-etre que ce n’etait pas le moment de le lire…;)

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  2. Merci pour ton avis, si pas assez d’émotions, je vais passer mon tour!
    J’éprouve un sentiment ambivalent face à la prison et la peine de mort. Approuver la peine de mort c’est s’abaisser au niveau de ceux qui ont commis des crimes de sang, c’est une réponse à la violence par la violence et ce n’est pas très « intelligent » mais d’un autre côté, pour ceux qui se sont rendus coupables de crimes atroces, n’est-ce pas la seule punition adaptée? Je pense aux vies brisées, à ces victimes qui n’auront jamais d’avenir ni de seconde chance. Alors pourquoi leurs bourreaux y auraient droit? Je suis pour de longues peines de prison mais pas avec les conditions d’un palace. Tu as de braves gens qui n’arrivent pas à se chauffer ou manger correctement dans le quotidien et certains prisonniers ont la belle vie même si privés de liberté. Et je ne vais pas pleurer pour un Dutroux s’il est malmené derrière les barreaux. C’est un sujet épineux. Je suis mal à l’aise devant l’attention portée aux condamnés et les efforts et énergie dépensés pour des coupables alors que bien souvent les victimes rescapées et leurs familles sont ignorées… Vaste sujet…

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    • Je suis et je serai toujours le cul entre deux chaises pour la peine de mort. On tue aussi… Je ne sais pas si on se met à son niveau, parce que le gars a été jugé, a eu possibilité de se défendre, ses victimes, pas… Je comprends que l’on puisse tuer par accident, par rage, pas vengeance, mais pas gratuitement comme le font les serial killer.

      J’en ai déjà discuté avec un ami et il est pour, pour lui, si le type n’a pas su respecter les règles de la société et à tué gratuitement, il mérite de mourir puisque de toute façon, on ne saura plus rien faire avec ce mec.

      Comme celui chez nous qui avait tué sa copine, les deux soeurs de celle-ci, la mère, le tout à l’arbalette…

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      • Je comprends totalement ton ami mais je suis partagée: je me dis que la mort pour le coupable est trop douce quelque part mais lui « offrir » des années de vie, même sans confort, dans une prison, est aussi une injustice pour la victime qui, elle, n’a plus un seul jour de plus sur cette terre. Mais ce qui est clair, à mes yeux, c’est qu’il n’y aura jamais de punition à la hauteur de certains crimes.
        Je parlais récemment des condamnations aux States qui peuvent atteindre 300 ans par exemple. La personne avec qui j’en parlais trouvait cela ridicule. Pas moi. Bien entendu que le condamné ne fera jamais 300 ans mais ces peines à rallonge ne sont pas édictées pour le coupable, elles le sont pour reconnaître à la victime ou aux victimes (surtout leur famille malheureusement), leur droit à la justice. Mais entre le droit, la justice et la morale, il est difficile de se mettre au diapason…

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  3. Je suis innocente! J’ai rien fait ! C’est pas moi ! J’veux pas aller en prison! J’ai des enfants! Prenez plutôt mes enfants! 😱

    Bref… j’ai rien fait pour mériter d’aller suivre le héros dans les geôles de la république! Pas envie de ressortir du bouquin comme si j’avais pris 30 ans! 😕

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  4. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Avril 2018 | The Cannibal Lecteur

  5. Moi, il m’a vraiment bousculé ce roman, pas tant pour peine de mort ou pas, mais par le chemin qui le ramène à l’humanité : lecture – écriture. De monstre hurleur à 17 ans, il évolue, très lentement vers une réelle reconnaissance de ce qu’il a fait et s’humaniser …enfin je trouve 🙂

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    • Oui, de ce côté là, c’était magnifique… réapprendre à vivre, à redevenir humain par l’apprentissage de l’écriture et de la lecture, c’était super. Mais je ne connais pas beaucoup de matons qui aiderait un détenu de la sorte… Hélas.

      Il y a un beau parcours, mais il m’a moins émotionné que d’autres. Je ne sais pas à quoi ça tient.

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