La cité des jarres : Arnaldur Indriðason [Erlendur Sveinsson 1]

Titre : La cité des Jarres

Auteur : Arnaldur Indriðason
Édition : Métailié (2005) / Points Policier (2006)
Édition Originale : Mýrin (2000)
Traducteur : Éric Boury

Résumé :
Pourquoi l’inspecteur Erlendur use-t-il sa mauvaise humeur à rechercher l’assassin d’un vieil homme dans l’ordinateur duquel on découvre des photos pornographiques immondes et, coincées sous un tiroir, la photo de la tombe d’une enfant de quatre ans ?

Pourquoi mettre toute son énergie à trouver qui a tué celui qui s’avère être un violeur ?

Pourquoi faire exhumer avec quarante ans de retard le cadavre de cette enfant ?

À quoi sert cette collection de bocaux contenant des organes baptisés pudiquement la Cité des Jarres ?

Pourquoi nos enfants nous font-ils toujours souffrir ? Pourquoi partout dans le monde la vie de flic est toujours une vie de chien mal nourri ?

Ce livre écrit avec une grande économie de moyens transmet le douloureux sens de l’inéluctable qui sous-tend les vieilles Sagas. Il reprend leur humour sardonique, l’acceptation froide des faits et leurs conséquences lointaines.

Petit plus : « La Cité des Jarres » a obtenu le prestigieux prix Clé de verre du roman noir scandinave. Il figure en tête des listes des best-sellers en Allemagne, Suède et Hollande.

Critique :
De ma première lecture de ce polar islandais, je retirerai que le commissaire Erlendur est loin des stéréotypes du policier « grand, beau, fort, avec une épouse aimante et des enfants adorables ».

Mais de très loin ! Son père littéraire torture le pauvre commissaire.

Entre une épouse qui l’a quitté il y a trèèès longtemps et deux enfants qui se droguent comme moi je bois du thé, enfants qu’il voit aussi souvent qu’une éclipse totale du soleil, à la différence que l’éclipse, elle, elle ne vous demande pas du pognon !

Ce commissaire aux antipodes de certains « too much » m’a séduite. Pas de cette manière, mais séduite au niveau littéraire et intrigue.

Parce que j’avais beau être en vacances, avec le cerveau déconnecté, je me suis demandé comment toute cette enquête allait finir, vu qu’elle partait dans des directions un peu bizarres.

Quand à la fille d’Erlendur, je l’aurais volontiers baffée. On ne peut pas dire que notre commissaire soit gâté du côté de ses enfants.

Une belle découverte de l’univers islandais que je ne connaissais qu’aux travers de ses sources d’eaux chaudes et de ses faillites bancaires. Le voyage valait la peine.

Le roman est prenant, mais il ne m’a pas empêché de piquer une tête dans l’eau de la piscine, mais bon, aucun roman ne m’en aurait retenu, je pense.

Soit dit en passant, je l’ai lu en trois jours, avec une moyenne de cent pages par jour, ce qui, vu mon emploi du temps « vacances » fort chargé, est un exploit (j’ai lu durant la pause « manger » de mes randos, sous les yeux exorbités de mon pauvre mari).

Dans la dernière soixantaine de pages, l’aurait fallu me l’arracher des mains, ce livre.

Pourtant, pas d’enquête trépidante et de courses poursuites, mais un commissaire plus tenace qu’un bouledogue qui tient un os et qui ne veut pas le lâcher. J’étais dedans et j’ai suivi les pas du commissaire avec plaisir.

Lorsque je l’ai posé je me suis dit que j’avais de la chance d’avoir emporté un autre roman de cet auteur.

Par contre, j’avais une forte sympathie pour le coupable et ma foi, je l’aurais bien aidé. Il mérite une médaille, même.

A découvrir !