Patagonia tchou tchou : Raúl Argemi

Titre : Patagonia tchou tchou

Auteur : Raúl Argemi
Édition : Payot et Rivages (06/10/2010)
Édition Originale : Patagonia ciuf ciuf (2005)
Traducteur : Jean-François Gérault

Résumé :
Deux hommes embarquent à bord de « La Trochita », un train antédiluvien qui parcourt la Patagonie argentine à petite allure.

Haroldo, un ancien marin qui se prétend le descendant de Butch Cassidy, a entraîné son ami d’enfance Genaro, ex-conducteur de métro, dans une aventure risquée : les deux compagnons projettent de prendre en otages les passagers du train pour libérer « Beto », le frère d’Haroldo, prisonnier en transit.

En outre, ils comptent bien profiter de l’occasion pour mettre la main sur les sacs de billets qui se trouvent dans l’un des wagons.

Cependant, rien ne se passe comme prévu. Il n’y a pas grand monde dans le train — une femme enceinte et son mari, des touristes — et la prise d’otages tourne court ; le conducteur de la locomotive y voit même une diversion !

S’ensuit alors une série d’événements qui va faire de ce voyage une odyssée surréaliste….

Critique :
Lorsque l’on parle de la Patagonie, c’est souvent pour embrayer sur un chanteur français exilé dans ce pays sauvage…

Ici, je ne vais pas « chanter pour oublier mes peines », mais chanter ma chronique car ce voyage fut dépaysant à plus d’un titre et en Patagonie, les chemins de fer ne sont pas en grève, malgré les conditions de vie qui ferait défaillir plus d’un syndicaliste.

La Trochita est un train qui parcourt la Patagonie et qui relie des petits villages entre eux, qui amène la vie, qui permet aux gens perdus dans les trous du cul du pays de se revoir, de circuler, d’avoir un semblant de vie sociale.

Vous n’êtes pas sans savoir que les attaques de train ne sont pas toutes vouées à se terminer de manière aussi réussie que celle du Glasgow-Londres…

Alors, lorsque Butch Cassidy et Juan Bautista Bairoletto, deux célèbres bandits s’attaque à la Tronchita, ça ne pourrait que réussir, non ?

Heu… En fait, ces deux bandits n’existent plus et sous ces noms d’emprunts se cachent en fait Haroldo (ex-marin) et Genaro (ex-conducteur de métro), amis d’enfance, qui ont décidé de s’attaquer à la Tronchita pour accomplir leur première prise d’otage et je peux vous dire que rien ne va se passer comme ils l’avaient pensé.

— Ah ! Je ne sais pas. Mais moi je fais griller la viande ici. Et si quelqu’un se brûle, qu’il aille se faire voir ! Je ne suis pas là pour entendre des coïts en vingt langues ; je ne suis pas de…

Lotti fit un effort pour mobiliser ce qu’elle avait appris sous le soleil d’Argentine :
— Toi, tu me manges… la chatte. D’accord ?

Véritable petit bijou d’humour (sans pour autant se taper sur les cuisses), ce récit qui oscille entre le Roman Noir, celui d’Aventures et la fable que l’on raconterait à ses petits-enfants, le soir au coin du feu est tout de même bourré aussi d’ironie et de satyre sociale car le pays ne va pas en ressortir grandi, les politiciens encore moins.

Le monde est, de plus en plus, un monde unique, une boucherie généralisée où l’on vend la chair des travailleurs.

Entre un gardien de prison, un gardien de fric, des touristes allemands alter-mondialistes, sorte d’écolos en goguette, une nymphomane qui fait l’amour dans plusieurs langues, une femme sur le point de démouler le polichinelle du tiroir, une autre qui porte un short en cuir moulant, un conducteur russe et sourd, je peux vous dire que ça va partir dans tous les sens, mais sans jamais virer au surréaliste car tout est calibré et bien agencé pour nous faire passer un bon moment mais sans que l’on crie au chiqué.

On se croirait dans un Far-West au pays de la pampa et du Pagny, sauf que personne ne chantera « Terre », juste « Gare » pour faire le plein de flotte et de maté ou « goal » lors d’une partie de foot improvisée.

Fraicheur et profondeur, humour et satire, ce sont les mots que je retire de ce petit maté que j’ai dégusté jusqu’à la dernière goutte, jusqu’au final qui m’a cloué à mon fauteuil de jardin.

Nom de dieu, quel voyage en tortillard ! Et même pas un contrôleur pour me poinçonner le billet… Dommage que la Tronchita a été retirée du service par le Gouvernement, car pas assez rentable, parce que j’aurais bien refait un voyage, moi.

— Tu crois aux amours des putes ?
— Écoute-moi bien. (Bairoletto fit un pas en arrière.) Tu crois que, moi, avec cette gueule de con, je peux prendre d’assaut un train, faire l’amour en quatre langues avec une Hollandaise et séquestrer un sénateur ? Tout ça le même jour ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

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33 réflexions au sujet de « Patagonia tchou tchou : Raúl Argemi »

  1. En fait… l’Amérique du Sud… quand j’y pense… et ben c’est pas mon truc! Le cliché du voyou desperado pas lavé qui t’attend au premier coin de rue pour te dépouiller et où les (p’tain! Mais pourquoi le clavier « magique » maudit de l’Iphone tape-t-il « lesbienne » quand je tape « les ») infrastructures relèvent du pays sous développé… très peu pour moi! ☹️

    Si au moins il découpait des femmes en rondelles parce qu’elle lui font penser à sa mère… ce serait plus drôle… Nan… là ils veulent juste du fric ! C’est d’un trivial tous ces fauchés (des fainéants qui ne sont rien comme dirait l’autre!) qui veulent du fric! S’ils n’ont pas de fric… et bien… qu’ils utilisent une carte visa quôa! 🧐

    Aimé par 1 personne

    • Et le gaucho sur son cheval, pas lavé non plus, mais prêt à t’enlever en travers de sa selle sur son bel étalon Criollo ?? Ça te fais pas fantasmer ?? Non, je ne veux pas de séance, merci, je n’ai pas de problèmes psychiatriques refoulés.

      Les claviers magiques ne le sont pas tant que ça… ou alors, ils sont drillés pour l’égalité de tous les genres…

      Bon, on va essayer de te trouver un auteur espagnol ou sud-amerloque qui découpe sa gonzesse en rondelles… 😆

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  2. et bin de mon cote j’etais mdr…car cela reste une critique des argentins par un argentin, et en vivant le pays d’a cote…cela reste un delice….surtout le passage avec le politicien….ils ne controlent plus rien les 2….et j’ai trouve que la fin etait bien reussi….elle nous laisse pantois….

    Aimé par 1 personne

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  4. Rien que le titre me fait sourire
    Si en plus il y a une odyssée surréaliste, humour et ironie ….je ne peux que noter et partir en fredonnant « chanter pour oublier mes peines » … Sans oublier d’enregistrer le dernier logo ..

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  5. C’est un véritable bijou, vraiment, à lire absolument. Et qui donne envie de se renseigner sur le périple de Butch Cassidy et du Kid en Paragonie, et de relire Tango de Pratt où Corto va sur leurs traces, et de se perdre dans ces paysages magiques.
    Et même de jouer au foot, c’est dire !

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