Quel jour sommes-nous Watson ? : Jean-Pierre Crauser

Titre : Quel jour sommes-nous Watson ?

Auteur : Jean-Pierre Crauser
Édition : Mycroft’s brother (30/11/2005)

Résumé :
« Mon propos consiste à dater très scrupuleusement toutes les enquêtes de Sherlock Holmes. Un jeu complexe, exaltant, parfois décourageant et totalement inutile.

Rédiger une chronologie holmésienne s’apparente à une traversée du Far West en diligence. Au début, on espère faire un bon voyage puis, rapidement, tout ce que l’on souhaite, c’est de pouvoir arriver au bout. Ceux qui apprécient la simple lecture des chroniques du docteur peuvent se demander, tout uniment, s’il est bien nécessaire d’aller aussi loin dans l’exégèse.

Ma réponse tient en deux mots : bien sûr. Recommencer sans cesse la lecture, c’est risquer de découvrir du nouveau.  » Vous connaissez mes méthodes, appliquez-les  » (Le Signe des quatre). Tel est le défi que nous lance Sherlock Holmes.

Établir une chronologie des aventures du détective, à partir des chroniques du docteur John H. Watson, n’est pas un exercice élémentaire. »

Critique :
Partant de la réalité que Watson a fait des fautes de dates en relatant les aventures de Holmes, l’auteur a tenté de nous proposer les dates les plus plausibles pour toutes les aventures canoniques du détective de Baker Street.

Oui, Watson a fait des fautes, et si j’en avais repérées certaines (sa blessure qui change), d’autres pas du tout !

Quand Watson disait que le 7 avril 1889 était un mardi, je le croyais de bonne foi, moi. Hors, il n’en était rien ! Le coquin.

Le travail de l’auteur fut celui d’une fourmi, car je dois dire, à la lecture de cet essai, qu’il a du mérite !

D’entrée de jeu, il nous signale sur quoi il s’est basé avant toutes choses pour dater les histoires. : des règles qu’il suit dans l’ordre, d’après une échelle de valeur, en se gardant le droit de parfois y déroger.

J’ai encore appris des choses lors de ma lecture, notamment qu’un début d’aventure ne se trouvait pas à la bonne place…

Initialement prévue pour « La boîte en carton », une intro fort connue des holmésiens, se retrouvait à commencer l’aventure du « Patient à demeure », ce qui changeait tout puisque Watson parlait de chaleur torride, de vacances parlementaires et qu’il disait que l’histoire de déroulait au mois… d’octobre !!

C’était une journée d’octobre ; il régnait une chaleur torride. Baker Street ressemblait à une fournaise ; la réverbération du soleil sur les briques jaunes de la maison d’en face était pénible pour l’œil ; on avait de la peine à croire que c’était les mêmes murs qui surgissaient si lugubrement des brouillards de l’hiver. Nos stores étaient à demi tirés. Holmes était roulé en boule sur le canapé : il lisait et relisait une lettre que lui avait apportée le courrier du matin. Quant à moi, mon temps de service aux Indes m’avait entraîné à mieux supporter la chaleur que le froid, et une température de 33° ne m’éprouvait nullement.

Une fois l’intro remise dans son contexte, on comprend mieux, vu que « La boîte en carton » se passe en août.

Dans mon canon des éditions Laffont, le même passage se retrouve dans les deux aventures et je m’étais posée bien des questions. Tout cela parce que « La boîte en carton » parlant d’adultère, elle ne fut pas publiée en recueil avant des années. Maudite censure !

Mais revenons à la datation des aventures canoniques : lorsque j’avais lu le canon pour la première fois, à l’âge de 13 ans, je m’étais amusée à noter au crayon l’âge probable de Holmes au moment de l’affaire.

Puisqu’il était dit que, en 1914, il avait soixante ans (mais pas écrite de manière aussi précise), j’avais déduit l’année 1854 comme celle de sa naissance.

Hors, toutes les dates ne sont pas mises dans le canon… et pour certaines aventures, c’était l’arrachage de cheveux garantit ! Notamment dans « Le signe des quatre » où l’auteur a eu bien du mal à nous trouver une date plausible.

Conan Doyle, sacré brouilleur de pistes ! Avec toutes ses erreurs, il a donné du travail et des nuits d’insomnies aux holmésiens qui voudraient remettre tout cela en bon ordre. Pire qu’une enquête de Holmes, pire que le plus insondable des mystères !

Ce petit livre hautement instructif se lit comme un recueil d’histoire, vous permettant de les sauter, d’y revenir, de les approfondir… Vous êtes libres.

Sans oublier un tableau à la fin avec tous les titres, les dates données par l’auteur, ainsi qu’un autre tableau avec ce que d’autres holmésiens ont fait, il y a bien longtemps.

Pour certaines, ils sont tous d’accord, pour d’autres, cela donne des écarts énormes. Et on reprend un tube d’aspirines !

Livre réservé pour les véritables mordus ou pour ceux qui veulent approfondir l’œuvre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

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11 réflexions au sujet de « Quel jour sommes-nous Watson ? : Jean-Pierre Crauser »

  1. L’écriture du canon s’étant étalée sur 40 ans, pas étonnant que Conan Doyle se soit emmêlé les pinceaux! Ou du moins les stylos! 😉 Cela étant… le Canon c’est LA vérité vraie! Si il dit que le 38 mars 1889 est un Jourdi… et qu’en le clients est entré chez Holmes à 26h79… c’est que c’est vrai épicétou ! En tout cas quand on est une vraie holmesienne qui croit que Conan Doyle n’était que l’agent littéraire de Watson et qu’il a vraiment écrit le canon parce que Holmes a vraiment existé… et ben c’est ce qu’on doit en penser! 🧐 D’abord j’ai visité le 221b à Londres n’est bien la preuve que tout est vrai!!!🙃

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    • Mais oui, Holmes a existé !! Et Watson avait une blessure qui se déplaçait toute seule selon les désirs de l’homme. Et le 38 mars 1889 était un vendredi, d’après le canon… juste pour rectifier ! 😀

      J’ai visité aussi le 221b !!! Et Holmes n’est pas mort, sa chronique mortuaire n’est pas parue dans le Times !

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      • Mais oui! J’y avais pas pensé ! Mais tu as raison!!! L’absence de parution d’une nécrologie dans le Times c’est LA PREUVE ULTIME! Tout simplement!!! 🤪

        Je te laisse! Toqué vient de m’envoyer deux beaux mâles bien bâtis en blouse blanche qui veulent me faire enfiler une drôle de blouse qui ramène les bras dans le dos pour la fermer et qui m’en proposent une balade en ambulance ! Je te laisse… je ne voudrais surtout pas rater une occasion pareille!

        Aimé par 1 personne

        • Ze preuve ! Et si un en veut une de plus, je dirai, avec la voix de Chabat imitant Jacques Martin « tu as vu son hommage chez Jean-Pierre Foucault ? Non ? Alors Sherlock Holmes n’est pas mort ! Sherlock, si tu nous regarde…. »

          Je sens la nuit torride se profiler ! Avec déguisements et mise en scène des plus cochonnes !!! Chanceuse, va !

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