Blackwing – Tome 1 – La marque du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 1 – La marque du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne (18/04/2018)
Édition Originale : Blackwing (2017)
Traducteur : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Sous son ciel brisé, la Désolation est une vaste étendue de terre ravagée, née quand la Machine, l’arme la plus puissante du monde, fut utilisée contre les immortels Rois des profondeurs.

Au cœur de ce désert, grouillant de magie corrompue et de spectres malveillants, les Rois et leurs armées attendent leur heure…

Pour Ryhalt Galharrow, la Désolation n’a pas de secrets. Chasseur de primes aguerri, il est chargé de retrouver une femme aux pouvoirs mystérieux, qui semble avoir mis au jour un inquiétant secret. Jadis, cette femme et lui se connaissaient bien.

Voilà qu’ils se redécouvrent au milieu d’une conspiration qui menace de détruire tout ce qui leur est cher, et qui pourrait mettre un terme à la trêve fragile de la Machine…

Critique :
Alors que j’ai des piles de livres qui attendent depuis des lustres d’être lus, celui-ci n’a pas fait long feu dans mon HAL.

La couverture superbe me l’a fait sortir un peu plus vite, de plus, j’avais envie de me replonger dans de la fantasy.

Si j’en ai lu assez bien, cela faisait longtemps que je n’avais plus plongé dedans.

De plus, les critiques pour ce roman étaient plus qu’élogieuses, alors, je me suis dit que qui ne risquait rien n’avait rien.

Le voyage fut-il bon ? Non, j’ai manqué de me faire zigouiller par des tas de créatures horribles, je ne compte plus les fois où j’ai eu la trouille, où j’ai dû courir, vendre mon âme en remboursement de dette, manqué de me faire déchirer en deux par des esprits entrés dans mon corps, sans compter que je me suis faite trahir, torturée, et plus, si affinités.

Pire, j’ai même failli perdre la raison dans la Désolation, zone de non droit, terres ravagées peuplées de trucs pas nets (des slweans, des dulchers ou des gillings), le genre de paysage qui devrait naître après le largage de 10.000 bombes H…

À l’époque où je portais l’uniforme, le marshal m’avait dit que seules trois sortes de gens s’aventuraient volontairement dans ce territoire maudit : les désespérés, les imbéciles et les corrompus. Les adeptes étaient suffisamment désespérés. J’avais donc réuni une dizaine d’imbéciles corrompus pour me lancer à leurs trousses.

Je n’ai jamais compris pourquoi, mais ces pitoyables créatures aimaient encore plus leurs seigneurs que Tnota aimait la queue. C’est dire.

Pas un lieu que je recommanderais pour des vacances tranquilles ! Par contre, le bouquin, vous pouvez l’emmener avec vous en vacances pour oublier le temps qui passe ou bien le lire chez vous pour vous évader à petit prix.

Mes compagnons de voyage étaient un navigateur (Tnota) qui ne pense qu’à la bite (on s’est bien entendu tous les deux, même si on ne la met pas au même endroit), une femme acariâtre (Nenn) qui ne pense qu’à se battre et un chef, limite ivrogne et tête brûlée (Ryhalt Galharrow), sombre, rempli de blessures secrètes, sorte de chasseurs de primes et chef des Ailes Noires au ordre du Sans-Nom Corbac et une Fileuse, sorte de magicienne, la mystérieuse et bizarre Ezabeth.

— Un converti, répétai-je avec une esquisse de sourire. À l’église de la sodomie et de la fornication dépravée.
— C’est la seule putain d’église que je connaisse, capitaine. (Tnota ricana et se tourna vers Nenn.) Tu devrais essayer un jour. Il paraît que t’as une sacrée queue là-dessous.
— Si c’était le cas, je la fourrerais dans un endroit plus propre que ton fion puant, rétorqua Nenn.

Pas de doute, j’étais bien entourée ! Les chevauchées et les combats furent éprouvants mais au moins, je ne me suis pas emmerdée.

Ambiance d’apocalypse ou de fin du monde, dans cette histoire car les Rois des Profondeurs commencent à bouger et une seule personne se demande si la Machine de Nall (une arme de destruction magique) sera capable de les repousser une fois de plus. Mais ce genre de questionnement est très mal vu par les autorités de la ville…

Bourré d’actions, de péripéties, d’enquête, de fausses-pistes, de questionnements, de doutes et de personnages épiques, ce roman vous fera planer comme un corbeau au dessus d’un champ de cadavres.

Un véritable festin sous mes yeux ! De la fantasy comme je l’aime, avec quelques personnages emblématiques et d’autres qui fraient dans leur univers sans que l’on sache qui est un traître ou pas, qui ment, qui dit la vérité, qui est fou, qui a raison, de la magie, mais utilisée avec parcimonie car il y a un contrecoup à payer…

Là où cette histoire se démarque des autres, c’est dans son final digne d’un esprit vachement retors ! On visait plus haut que certains livres de fantasy, assurément, et ce fut réussi !

Certes, ce n’est peut-être pas de la haute littérature pour certaines journalistes, mais j’ai passé un excellent moment dans ces pages, j’ai vécu une aventure qui ne m’a pas laissé le temps de savourer des mojitos et j’ai eu chaud mes fesses, croyant ma dernière heure arrivée.

Un roman de fantasy que je recommande à tous les fans du genre ou à ceux qui voudrait tâter de l’épée sans jamais en avoir fait.

Ce n’est pas du 4 Sherlock, mais on est plus haut que le 3,5 car il y a de la profondeur et de la justesse dans les dialogues, des situations de notre monde (la lutte de classe, pauvreté, exploitation de l’Homme par l’Homme, guerres, discussion sur le sexe des anges quand l’ennemi est à nos portes, croyances et extrémistes religieux), un scénario bien ficelé et une question : tout ce carnage valait-il la peine ?

Pour chaque manoir majestueux occupé par Lindrick et ses pairs, un millier d’âmes en souffrance iraient se coucher le ventre vide.

Quand on asticote la garde civile alors que la force de frappe de l’Empire dhojaran fond sur la nation, c’est que l’on n’est pas doté d’une surabondance d’intelligence ou d’ingéniosité.

— Mon âme pleure pour vous, le raillai-je. Je comprends. Ça ne peut pas me plaire. C’est la guerre, et je pige le principe. Je trouve simplement que le prix qu’on a payé était trop élevé.
— Nous ? Ou juste toi ?
— Quelle différence ça fait ?
— Dans un cas, tu pleures pour le monde. Dans l’autre, tu t’apitoies simplement sur ton sort.

Le point qui me fâche le plus, c’est la narration à la première personne. On suit les pensées de Ryhalt Galharrow et j’aurais apprécié avoir les pensées ou les actions des autres personnages. Une narration à la 3ème personne ou un changement de POV (Point Of View) aurait fait monter l’intérêt et donc, les étoiles.

— Vous êtes tombé bien bas, me lança-t-il sèchement tandis que j’actionnais la poignée de la porte. Regrettez-vous parfois vos décisions, quand vous êtes entre deux bouteilles ?
— Lorsqu’on se rend compte que la montagne qu’on gravissait n’est qu’un tas de merde, la chute paraît moins dure.

— Vous êtes une Aile noire, lâcha-t-elle avec désinvolture. Vous pouvez décider que ce sont vos affaires.
— Les gens qui abusent de leur pouvoir ont tendance à ne pas s’y accrocher longtemps. Je refuse de jeter l’ombre d’un soupçon sur la mémoire de Gleck. Il méritait mieux que ça. Il était peut-être dingue, mais il n’y avait pas plus loyal que lui.

Les hommes de son calibre ne comprenaient pas que le véritable pouvoir était silencieux. Un homme comme le marshal Venzer ne fanfaronnait pas ni ne défiait ses ennemis, il leur disait simplement ce qu’il attendait d’eux. Soit ils rentraient dans le rang, soit ils se retrouvaient écrasés, réduits en miettes par le poids de son autorité. Il ne se vantait jamais de ses victoires, ne venait pas jubiler devant les vaincus. Le véritable pouvoir se dessine dans le mépris que l’on a pour ceux qui ne le respectent pas.

— Les gens sont des moutons, assenai-je. Ils font ce qu’on leur demande. Ils croient ce qu’ils veulent, ou ce qui leur fait le plus peur. Si ça ne leur plaît pas, ils rejettent tout en bloc ou font comme s’ils n’avaient rien entendu. C’est naturel. On ne peut pas le leur reprocher. On ne peut pas non plus leur affirmer qu’ils sont stupides. Ils ne comprennent pas qu’ils sont des moutons. Comment le pourraient-ils ? Les moutons ne se rendent pas compte que le berger est plus malin qu’eux.

Il arrive souvent que des gens de bien essaient de faire ce qu’il y a de bien pour de mauvaises raisons appartenant à de mauvaises personnes. L’homme grisonnant semblait être de ceux-là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

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Sur la piste de Jack l’Éventreur (2015)

Au cours de l’automne 1888, cinq femmes sont assassinées dans le quartier misérable de White Chapel, à Londres. Malgré les efforts des autorités, le tueur échappe à toutes les recherches. Puis la série de meurtres s’interrompt brusquement et l’éventreur se volatilise à jamais.

Au fil des années, d’innombrables théories ont fleuri quant à son identité. Retour sur les diverses hypothèses, des plus sérieuses aux plus farfelues. Aujourd’hui encore, des passionnés rêvent de percer le mystère.

En 1988, des profileurs du FBI ont dressé le profil du tueur. En 2006, Scotland Yard a également tenté de livrer une sorte de portrait-robot de Jack l’éventreur.

En 2014, l’homme d’affaires Russell Edwards a fait appel à l’ADN pour dévoiler dans un livre à sensation très controversé le nom de celui qui, selon lui, est l’auteur des crimes de Whitechapel.

Ce que j’en ai pensé :
Le début est très instructif. Sans revenir sur ce que l’on sait déjà des crimes, on entre assez vite dans le vif du sujet avec les dernières études, théories qui ont été faites sur le criminel le plus recherché du monde.

En quelques minutes, à l’aide d’intervenants et d’images de films ou des illustrations de l’époque, on se replonge dans la ripperologie ou l’étude des actes de Jack The Ripper.

Ce reportage, je l’ai trouvé sur le Net et je ne savais absolument pas dans quoi je mettais les pieds, si ce n’est sur les traces de Jack.

Et puis patatras ! On commence à causer de la théorie que Russel Edwards développe en long et en large dans son livre « Naming Jack The Ripper » (Jack l’éventreur démasqué) où on apprenait qu’il avait acheté, lors d’une vente aux enchères dans un village du Suffolk, un châle décoré d’un motif d’asters, en très mauvais état, déchiré et taché.

Le tissu était maculé de sang et aurait été trouvé aux côtés du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur. Un policier l’avait alors emporté pour l’offrir à sa femme qui, sans surprise, n’avait pas voulu du cadeau.

Anybref… Si vous avez la flemme de relire ma chronique de l’époque (lien dans le titre en bleu), je vous la résume en un mot : fumisterie ! Carabistouilles (pour les belges qui me lisent).

Un châle que tout le monde a touché, foutant de l’ADN partout ! Un châle ramassé par un flic que rien ne prouve qu’il était dans le secteur à ce moment là, un châle qui ne se retrouve pas dans la liste des effets personnels de Eddowes.

Heureusement qu’ensuite on nous parle du pourquoi Jack et les autres serial-killer fascinent autant, des nouvelles théories en vogue, qu’on nous dresse un petit topo de l’East End, du pourquoi il était assez facile de tuer à cet endroit et à cette époque, des médias qui firent de ces meurtres leurs choux gras, les lettres sois-disant envoyées par le meurtrier (on n’est sûr de rien)…

Instructif ce fut ! (mes excuses) J’ai beau savoir, j’apprécie toujours autant que l’on me parle de l’East End de 1888 et de ses meurtres. Il serait peut-être temps que j’aille me faire examiner chez un psy…

La seule chose que je regrette et qui est commune à bien des reportages ou écrits sur les meurtres de Whitechapel, c’est que chaque expert, chaque ripperolgue, est persuadé que Machin Brol EST le tueur, ou, du moins, le plus probable !

Ce qui nous donne, en vrac : 

  • Aaron Kosminski
  • David Cohen
  • Montague Druit
  • Le mari journaliste de Mary Jane Kelly

Mais vu que l’on a aucune preuve, on ne saura jamais QUI était Jack The Ripper avec certitude. De plus, l’identifier mettrai fin à son règne…

Un reportage intéressant, instructif, qui n’échappe pas à moult théories, chacun des intervenants y allant de la sienne et toutes ayant au moins 50% de chance d’être la bonne.

Un reportage que je conseille à ceux ou celles qui voudraient découvrir les crimes de 1888, en savoir un peu plus, qui voudraient remettre à jour les faits dans leurs mémoires, entendre de nouvelles théories, ajouter des suspects à leur liste ou à tous ceux qui aiment le sujet et qui s’y intéresse.