Bilan Livresque Mensuel : Juillet 2018

Juillet fut caniculaire à tel point que même lire était fatiguant ! Si, si, je vous le jure ! Pas un souffle de vent… La sueur collant à toutes les pages… Et les mojitos n’arrivant plus à me désaltérer (entre nous, si l’alcool désaltérait, ça se saurait).

Bilan honorable (j’ai déjà lu moins, mais j’ai déjà lu plus) dont le score est l’inverse de celui de Juin : 12 romans lus pour Juillet (21 en juin) dont une grosse brique de 625 pages qui m’a pris pas loin de 7 jours !

Ajoutons à cela 3 mangas et 3 bédés relues (Astérix).

Enfile des vêtements chaud et diriges-toi vers Pilgrim’s Rest, le trou du cul du trou de cul des Appalaches, serres les fesses, commence ta lecture et tu sauras tout au fur et à mesure. Hunter de Roy Braverman (ICI) est bourré d’adrénaline, de sang, de violence, d’humour décalé, de froid et le voyage valait la peine, mais faut pas oublier ses habits chauds et des armes !

Envie d’un roman bien sombre, bien glauque, bien dérangeant ? Alors Jesse le héros de Lawrence Millman (ICI) est fait pour toi ! Jesse n’a pas toutes ses billes dans son sac, mais au lieu d’être émouvant ou touchant, il est glaçant ! Les habitants de son bled aussi… Un roman noir qui ne met pas de gants pour vous livrer une histoire sordide, un roman marquant de par sa noirceur, l’auteur franchissant la ligne rouge allégrement, jouant sans cesse avec la limite du tolérable, vous empêchant tout simplement de refermer le livre.

J’aime les policiers qui sortent de l’ordinaire et Laurent Guillaume  a réussi son coup avec le commandant de l’IGPN, Priam Monet dans Là où vivent les loups (ICI). Rien de tarabiscoté dans l’intrigue, un scénario bien ficelé, un roman policier au personnage principal atypique, hors norme, bourré de défauts et rempli de cynisme. Génial.

Voilà une LC où Bianca et moi sont sur la même longueur d’onde : ABANDON pour Le coma des mortels de Maxime Chattam [LC avec Bianca] (ICI). Le narrateur a réussi à me pomper l’air, à me donner envie de dormir pendant qu’il me racontait le meurtre horrible de sa copine et qu’il me causait de sa vie.

Début un peu mitigé pour Les fantômes de Manhattan de R. J. Ellory (ICI) mais heureusement, une fois les jalons posé, le récit devient intéressant, surtout l’Histoire dans l’histoire. Un roman en demi-teinte pour certains passages, hautement émotionnel pour d’autres. Un final extraordinaire, magnifique, génialissime qui m’a fait sourire jusqu’aux oreilles et même si je m’étais douté d’une chose, je n’avais pas vu les autres.

Je pense qu’il ne me reste plus qu’à aller me noyer dans la baignoire à mojitos d’Anne-Ju pour oublier cette nouvelle défaite avec Ce qui désirait arriver de Leonardo Padura [LC avec Rachel] (ICI). Une fois de plus, j’ai admiré les mouches au plafond, pas conquise par son style, sa prose, ses personnages. Dommage, mais je ne lirai plus du Padura.

Vous voulez vibrer et avoir des émotions à fond ? Foncez donc sur Quelques minutes après minuit de Patrick Ness (ICI) et laissez-vous porter par l’histoire qui mêle maladie, fantastique, apprentissage de la vie. Un véritable coup de coeur !

Quand c’est long, c’est bon, mais pas toujours ! Un univers intéressant mais un peu trop de longueurs dans L’enfant de poussière [Le cycle de Syffe 1] de Patrick K. Dewdney [LC avec Stelphique] (ICI) et j’ai eu du mal à arriver à la fin, malgré le rythme qui s’était élevé. Dommage parce que ce roman trônait en haut de ma PAL et qu’il avait reçu des bons échos de la part de copinautes.

Le vert n’a jamais été ma couleur préférée et Nu couché sur fond vert de Jacques Bablon (ICI) m’a moins emballé que le précédent (Trait Bleu), notamment dans les personnages, le scénario, de plus, il a manqué un poil de réalisme dans les actes, mobiles, un chouïa de sel « empathie » dans les personnages principaux et la main avait été trop forte avec les épices car à force de dézinguer dans tous les sens, on a les yeux qui piquent à cause de l’abus de poudre.

Si vous chercher le souffle de la grande aventure du style de la saga « Pirates des Caraïbes », vous feriez mieux de virer de bord car il y a peu de pirates dans Sucre noir de Miguel Bonnefoy (ICI) mais des petites vérités cachées, telles des pépites qu’il faut dénicher. Une parenthèse agréable dans mes lectures, une brise légère sur ma littérature

Sang Famille de Michel Bussi [LC avec Bianca] (ICI) est un roman qui mêle adroitement la quête de soi, la grande évasion, la chasse au trésor, le Club des Cinq en version plus mâture et du Agatha Christie sous amphèt car on manipule les codes du policier (mais elle reste la number one !).

Beaucoup de poésie  dans Les grandes marées de Jim Lynch (ICI), mais je n’y trouve pas tout le temps du plaisir et donc, je ne me prive pas de sauter des pages lorsque cela devient trop lent.

Bilan Livresque Juillet : 12 lectures (4 LC !)

  1. Hunter : Roy Braverman
  2. Jesse le héros : Lawrence Millman
  3. Là où vivent les loups : Laurent Guillaume
  4. Le coma des mortels : Maxime Chattam [LC avec Bianca]
  5. Les fantômes de Manhattan : R. J. Ellory
  6. Ce qui désirait arriver : Leonardo Padura [LC avec Rachel]
  7. Quelques minutes après minuit : Patrick Ness
  8. L’enfant de poussière [Le cycle de Syffe 1] : Patrick K. Dewdney [LC avec Stelphique]
  9. Nu couché sur fond vert : Jacques Bablon
  10. Sucre noir : Miguel Bonnefoy
  11. Sang Famille : Michel Bussi [LC avec Bianca]
  12. Les grandes marées : David Lynch

Bilan Livresque Juillet : 3 mangas et 3 bédés (relectures)

  1. GTO – Tome 5 : Tôru Fujisawa
  2. GTO – Tome 6 : Tôru Fujisawa
  3. GTO – Tome 7 : Tôru Fujisawa
  4. Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie : Goscinny & Uderzo
  5. Astérix – Tome 15 – La zizanie : Goscinny & Uderzo
  6. Astérix – Tome 20 – Astérix en Corse : Goscinny & Uderzo

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Sucre noir : Miguel Bonnefoy

Titre : Sucre noir

Auteur : Miguel Bonnefoy
Édition : Rivages (16/08/2017)

Résumé :
Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent.

Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie.

Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.

Critique :
♫ Du rhum, des femmes, et des pirates, nom de dieu ♪ …

Oui, j’ai un peu changé les paroles parce que dans cette aventure, il n’y a pas de bières !

Mais nom de dieu, il y a du rhum et ça va couler à flot. D’ailleurs, je ne verrai plus les tonneaux de rhum de la même manière…

Ça peut devenir intéressant pour planquer des corps, ces grosses barriques de rhum. Vérifiez votre bouteille de rhum avant de préparer les mojitos.

Ça commence un peu comme dans le film sur un arbre perché, sauf qu’ici, nous avons un galion bourré de pirates, de pièces anciennes, de pierres précieuse et de pétites or (pépito ? De Bellin !) dans les contreforts du navire et ce trésor, des tas de gens le cherchent encore 300 ans plus tard ! Gardez le cap, les gars !

Si vous chercher le souffle de la grande aventure du style de la saga « Pirates des Caraïbes », vous feriez mieux de virer de bord, Hissez haut Santiano ♫ et d’aller voir si ailleurs les vents ne sont pas meilleurs.

Par contre, si vous avez envie d’une bouffée d’air frais dans cette canicule qui nous emballe (pas de mauvais jeux de mots, je vous surveille), de lire autre chose, de louvoyer entre le conte et le roman, entre la fiction et la réalité, entre l’Histoire et l’histoire, ma foi, souquez ferme, matelots, parce que ce petit navire est fait pour vous emmener voguer en eaux tranquilles.

Tout le monde cherche un trésor dans la vie, certains au sens propre, d’autres au figuré parce que les trésors ne sont pas toujours en pièces sonnantes et trébuchantes, mais parfois là où on ne l’attendait pas, là où on ne le cherchait pas.

Méfions-nous aussi de ce qui brille, car tout ce qui brille n’est pas or et tout trésor trouvé n’est pas f’or-midable car tout lasse, tout passe et tout casse.

Nos personnages – Serena, Severo le chasseur de trésors, Eva Fuentes – vont trouver la richesse sans pour autant déterrer le coffre de Picsou, ou du Capitaine Morgan. Des destins différents qui vont se rejoindre, se croiser, se combiner, réussir ou foirer.

Pas de trépidations folles dans ce roman, pas de vagues hautes, pas de tsunami, mais des petites vérités cachées, telles des pépites qu’il faut dénicher.

Ici, on ne souque pas ferme, on avance à un train de sénateur, mais bizarrement, si au départ j’ai eu un coup de mou me demandant si je n’allait pas laisser tomber le livre, je me suis surprise, un peu plus tard, d’être passée de la page 30 à la 130 sans avoir senti une puissante bourrasque me pousser mais plutôt un doux zéphyr.

Un parenthèse agréable dans mes lectures, une brise légère sur ma littérature, une incursion dans le rhum, les pirates, les trésors et les rêves de certaines personnes qui, bien que se réalisant, ne sont pas toujours synonymes de bonheur assuré.

Une petite pépite (o?) qui se grignote avec plaisir le temps de quelques heures d’évasion, le tout avec un verre de mojito à la main, parce que dans ses pages, vous allez en voir défiler, du rhum, des femmes ♫

Quelqu’un veut un mojito au rhum noir ??? C’est meilleur qu’avec du blanc…

Nu couché sur fond vert : Jacques Bablon

Titre : Nu couché sur fond vert

Auteur : Jacques Bablon
Édition : Jigal Polar (15/02/2017)

Résumé :
Margot et Romain. Deux flics d’une même brigade. Ont en commun l’habitude de sortir du cadre autorisé pour régler à leur manière les affaires criminelles qui leur tiennent à cœur.

Margot veut retrouver l’assassin du père de Romain, tué par balle, il y a vingt-cinq ans. Une famille au destin tragique… Romain ne lui a rien demandé. Mais Margot ne supporte pas que des tueurs cavalent librement dans la nature.

Romain, lui, traque les auteurs du carambolage meurtrier qui a coûté la vie à l’inspecteur Ivo, son coéquipier. Leurs armes ? Acharnement et patience sans bornes pour Margot…

Beretta et fusil à lunette pour Romain ! Une plongée dévastatrice où le hasard n’a pas sa place…

Critique :
Après l’excellent « Trait bleu » qui ouvrait le bal de la saga des couleurs, je viens, une fois de plus, de confirmer que le vert n’a jamais été ma couleur préférée…

Qu’est-ce qui a foiré dans le récit ? Les personnages, tout d’abord, avec lequel je n’ai ressenti aucune empathie, aucune sympathie car ils m’ont semblé trop stéréotypés.

Lui, Romain, orphelin dont on va découvrir une partie de son enfance est un flic assez froid et Margot, sa même pas coéquipière accumule les problèmes d’une femme flic avec des enfants qu’elle ne comprend plus et un mari qui va tremper son biscuit dans une autre tasse de café.

Là où le bât a vraiment blessé, c’est dans leurs comportements à chacun. Romain va traquer les auteurs de l’accident de voiture qu’ils ont eu, son coéquipier Ivo et lui.

Problème, Romain et Ivo ne s’entendaient pas du tout et on essaye de me faire croire que Romain va assassiner les commanditaires et les hommes de main de cet accident ?? Qu’il le fasse pour lui, passe encore, mais pour un type dont il se fichait pas mal…

Sans compter la violence de la vengeance, le côté pas discret et nous sommes en France, cette fois-ci, pas dans le trou du cul de l’Amérique.

Margot, elle, ne va rien trouver de mieux que de chercher l’assassin qui tua le père de Romain lorsque celui-ci n’avait que 6 ans et dont il se contrefout royalement. Ils ne sont pas coéquipiers, pas copains, au départ, et Margot, qui a une vie bien remplie et trois gamines, va s’amuser à ça ? Ok, d’accord.

Quant au mobile du meurtre du père de Romain, je l’ai trouvé très léger, l’assassinat lui-même manquant de réalisme car qui laisserait un témoin de la scène ? À ce moment là, un cadavre de plus ou de moins, qu’est-ce que ça change ? La personne a vu votre tronche et vous la laissez repartir ? Moi pas…

Certes, pas de temps morts dans ce roman, ça pulse comme une salve de kalachnikov, mais justement, ça pulse un peu trop et ça défouraille pire qu’au temps de la prohibition ! Le final est bourré d’adrénaline, mais justement, il y en a trop et une fois de plus, est exagéré par rapport aux faits.

Anybref, même si j’ai lu le roman avec plaisir, tous ces petites pierres d’achoppements m’ont fait trébucher et empêché de prendre vraiment mon pied littéraire, alors que dans Trait Bleu, j’avais adoré les ambiances, les personnages, le scénario.

Ici, il a manqué un poil de réalisme dans les actes, mobiles, un chouïa de sel « empathie » dans les personnages principaux et la main avait été trop forte avec les épices car à force de dézinguer dans tous les sens, on a les yeux qui piquent à cause de l’abus de poudre.

Cela ne m’empêchera pas de lire les deux autres couleurs « Rouge écarlate » et « Jaune souffre ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Ils ne sont pas sur fond vert, pas toujours nus non plus, mais juste pour le plaisir des yeux (ou de la comparaison avec Monsieur)… J’ai vu des toutes petites (avec des mecs musclés, ça fait cloche) et j’ai vu aussi des trucs très gros qui doivent donner l’impression d’accoucher à chaque fois que monsieur se retire…

L’enfant de poussière [Le cycle de Syffe 1] : Patrick K. Dewdney [LC avec Stelphique]

Titre : L’enfant de poussière

Auteur : Patrick K. Dewdney
Édition : Au diable Vauvert (17/05/2018)

Résumé :
La mort du roi et l’éclatement politique qui s’ensuit plongent les primeautés de Brune dans le chaos. Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage.

Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il est contraint d’entrer au service du seigneur local. Tour à tour serviteur, espion, apprenti d’un maître-chirurgien, son existence bascule lorsqu’il se voit accusé d’un meurtre.

En fuite, il épouse le destin rude d’un enfant-soldat.

Critique :
Une petite incursion dans le monde de la Fantasy, ça ne fait jamais de mal quand on apprécie le genre.

Je pense que même ceux qui n’ont pas l’habitude de ce style là trouveront à boire et à manger dans ce roman car l’univers décrit est plus proche du Moyen-Âge que de la fantasy pure et dure, car ici, pas de magie.

Commençons par ce qui m’a plu dans le roman, notamment les personnages, surtout celui de Syffe, jeune orphelin de dix ans, plus habitué à recevoir des insultes (il est « teinté ») ou la menace de se faire couper la main, que de recevoir de l’aide ou des marques d’amitié.

Syffe n’a rien d’un héros, il est maigrichon, grognon (parfois), faible, se laisse emporter par ses émotions et dans ce monde qui ne fait pas de cadeau, ce monde où il faut essayer de survivre, les enfants doivent vite passer au stade « adultes » et Syffe devra le devenir, lui aussi, à l’âge de dix ans.

L’écriture de Dewdey m’a enchanté, c’est un excellent conteur, mais, et c’est là que le bât a blessé, j’ai trouvé que ce pavé de 625 pages avaient un peu trop de longueurs et j’ai eu du mal à en venir à bout tant certaines parties étaient longues.

Ajoutons à cela que durant trois jours, je n’ai pas eu le temps de lire une seule ligne (réanimez-en certains, c’est violent ce que je viens de confesser), vous comprendrez que j’étais contente d’en venir à bout, surtout que le côté politique de l’histoire m’a un peu barbé (pour une fois que la politique me barbe dans un roman !!).

C’est donc fort mitigée que j’ai terminé ce roman. Pas de regrets de l’avoir découvert, d’avoir rencontré des personnages intéressants (Syffe, Uldrick le guerrier Var, le première-lame Hesse, le chirurgien Nahirsipal Eil Asshuri), d’avoir fait un long voyage semé d’embûches et de quelques réflexions philosophiques.

Oui, j’ai apprécié le voyage, l’aventure, ainsi que les révélations qui parsèment le roman, quand notre jeune Syffe reçoit la lumière de Sherlock Holmes et comprend ce que nous n’avions pas toujours soupçonné, mais purée, que c’était long et même sur la fin, alors que ça bougeait beaucoup plus, j’avais du mal à terminer, un peu comme un cheval qui a marché trop longtemps et qui peine à arriver à l’écurie.

Dommage parce que ce roman trônait en haut de ma PAL et qu’il avait reçu des bons échos de la part de copinautes.

À voir maintenant si je continuerai la route avec Syffe, afin de ne pas rester sur cet insoutenable suspense, ou si je passerai mon tour.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019)Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book (auteur anglais) et Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (624 pages).


Synopsis (Par Stelphique) :

La mort du roi et l’éclatement politique qui s’ensuit plongent les primeautés de Brune dans le chaos. Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage.

Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il est contraint d’entrer au service du seigneur local. Tour à tour serviteur, espion, apprenti d’un maître-chirurgien, son existence bascule lorsqu’il se voit accusé d’un meurtre. En fuite, il épouse le destin rude d’un enfant-soldat.


Pourquoi je l’ai choisi :

J’avais repéré cette lecture, chez une autre copinaute passionnée Dealer de lignes et elle m’a convaincue de découvrir cet auteur, puis quand ma binôme préférée adorée, Belette ET Cannibale,  a accepté ma demande de LC, j’étais encore plus motivée !

Clairement cette couverture sublime, est la raison de mon attirance vers cette lecture! Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Le diable Vauvert qui m’ont permis de découvrir ce livre, via l’opération Masse critique !

Ce que j’ai ressenti :…Naître Poussière, et devenir Lumière…. 

  • Lune Tranquille : Syffe, L’enfant de Poussière vivote dans les rues de Corne-Brune, avec l’insouciance de l’enfance, accompagné de sa fratrie d’infortune : Cardou, Brindille et Merle. D’amitiés sincères en amour naissant, il grandit chichement, mais relativement heureux au sein de la ferme Tarron. Mais le temps de l’innocence va bientôt se finir et, à force de courir les rues et afficher une curiosité sans vergogne: les Lunes vont changer…

« L’espoir de jours meilleurs n’étaient pas une chose intangible, lorsqu’on attendait, comme nous, après de minuscules bonheurs. »

  • Lune des neiges : 4 livres/ 4 lunes changeantes, et autant d’étapes de vie difficile pour cet enfant syffelin un peu trop malin pour son propre bien…. Il va tour à tour, être sous l’influence de trois hommes charismatiques, (Hesse, Nahirsipal et Uldrick) qui vont tantôt l’initier, le former, le manipuler, mais l’aimer aussi, un peu, malgré les coups (durs) qui pleuvent… C’est un très beau roman d’apprentissage qui nous raconte avec une plume magnifique, le parcours d’un enfant miséreux. D’espion en apprenti chirurgien, à graine de guerrier, Syffe est un gamin attachant, au destin étrange, dans un Moyen-âge revisité où les conditions de vies sont rudes, mais pire encore, est cette atmosphère permanente de violences dans lequel, il essaye de se faire une place…

« Il y avait l’odeur aussi, l’odeur âcre de la civilisation, qui reniflait le feu et l’ordure et la merde moisie. »

  • Lune des labours : Dans ce premier tome de Fantasy, l’enseignement de Syffe est riche d’expériences et de savoirs, mais surtout il ouvre la voie sur la perspective de penser par soi-même. Il y a des graines lancées au vent, qui fleurissent dans son esprit, et il grandit, avide de leçons et de lectures, avec plus de perspicacité sur la religion, la politique, la notion de liberté. Malgré cette vie de rien, faite de trahisons blessantes et de pertes effroyables, l’intérêt de cette lecture se situe bel et bien, dans le lent cheminement du héros de pouvoir s’affranchir de la haine, de la servitude, de l’ignorance.

« Un bel esprit ne sert à rien, si on ne s’en sert pas. »

  • Lune glanante: S’il est vrai que ce livre recèle de richesses indéniables, on peut y sentir aussi quelques longueurs. Il y a une beauté exceptionnelle, des scènes de vies époustouflantes, des émotions bouleversantes, mais quelques fois, cela manque de dynamisme. Pour autant, je me suis attaché à cet enfant et il y a beaucoup de mystères encore à découvrir, (j’ai hâte d’en savoir plus sur Elle), alors je serai très curieuse de lire la suite de ce Cycle de Syffe…

« C’est une chose étrange, la vie. »(…). « Les certitudes changent. Même celles pour lesquelles on a donné le plus. » 

Ma note Plaisir de Lecture   9/10

Quelques minutes après minuit : Patrick Ness

Titre : Quelques minutes après minuit

Auteur : Patrick Ness
Édition : Folio Junior (21/11/2016)
Édition Originale : A Monster Calls (2011)
Traducteur : Bruno Krebs

Résumé :
Depuis que sa mère a commencé son traitement, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. À minuit sept, un monstre vient le voir, qui a l’apparence d’un if gigantesque, quelque chose de très ancien et de sauvage.

Mais pour Conor, le vrai cauchemar recommence chaque jour : sa mère lutte en vain contre un cancer, son père est devenu un étranger, et il est harcelé à l’école.

Au fil des visites du monstre, l’adolescent comprend que son vrai démon est la vérité, une vérité qui se cache au plus profond de lui, terrifiante.

Critique :
Après la lecture d’un pavé pourvu de moult longueurs, il me fallait un truc court, quelque chose de 200 pages et pas plus.

Et, une fois de plus, le truc court s’est révélé plus percutant, plus orgasmique que le long bazar…

Messieurs, tirez les conclusions que vous voulez, mais on peut avoir un petit tout mince dans la main et passer de meilleurs moments qu’avec un grand épais.

Ce ne sont pas les lectrices qui vont me contredire… Même si, il arrive aussi qu’on tombe sur un petit roman décevant et une pavé envolé.

Oui, durant toute l’intro de ma chronique je n’ai fait que de parler de taille de romans  et de rien d’autre ! What did you expect ?

Si j’ai déconné autant d’entrée de jeu, c’est parce que je ne savais pas trop par quel bout commencer pour vous dire combien de roman m’a ému, bouleversé, happé, intrigué, émotionné, et j’en passe.

La maladie, le crabe, rien de joyeux là-dedans, surtout lorsque cela touche une mère qui élève seule son enfant (Conor), le mari s’étant envolé avec une autre femme et reconstruisant une nouvelle famille en Amérique.

Quelle poésie, quelle délicatesse l’auteur use pour nous parler de ce sujet grave et, au lieu de faire pleurer bêtement dans les chaumières, il sublime son récit avec une touche de fantastique qui m’a soufflé par tant de justesse.

Certes, c’est un if géant qui raconte trois histoires à Conor, histoires où l’on désigne, au premier abord, des coupables faciles.

Mais méfions-nous et évitons de trop vite juger car tout n’est pas toujours tout blanc ou tout noir dans la vie et Conor va aller de surprises en surprises, d’apprentissage en apprentissage avant d’arriver à cracher ce qui le hante.

Nom de dieu, quel roman mes ami(e)s !

En deux heures de lecture (oui, c’est court), j’ai été retournée dans tous les sens, surtout mon coeur, j’ai eu mal, j’ai pris des coups, j’ai appris des leçons, j’ai eu des vapeurs d’oignons dans les yeux (ben oui, ils pleuraient, ces cons !) et une fois le livre posé, je n’en ai pas repris un autre parce que je voulais digérer celui-là d’abord.

Oui, c’est du brutal, comme disait l’autre en buvant un alcool à base de betterave, mais ça ne vous rendra pas aveugle car la violence contenue dans ces pages est tout à fait maîtrisée et parfaitement à sa place.

Un coup de cœur pour cette belle philosophie contenue dans ces pages et qui n’a rien de gnangnan ou guimauvienne.

PS : Ce qui me désole dans cette affaire, c’est que je n’ai même pas de mojito à offrir à mon lectorat le plus fidèle… je répète… Pas de mojito pour le moment !!

Agatha Raisin enquête – Tome 12 – Crime et déluge : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 12 – Crime et déluge

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (30/05/2018)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 12: And the Day the Flood Came (2002)
Traducteur :

Résumé :
Le bonheur conjugal est de courte durée pour Agatha, une fois de plus délaissée par son mari. Punition divine, un véritable déluge s’abat sur la région, plongeant le petit village de Carsley sous les eaux.

C’est le moral dans les chaussettes et sous une pluie torrentielle qu’Agatha aperçoit le corps sans vie d’une jeune femme en robe de mariée, un bouquet à la main, flottant dans la rivière.

Pour noyer son chagrin, Agatha n’a qu’une solution : se jeter à corps perdu dans une nouvelle enquête…

Critique :
Là encore, pour éviter de vous spoiler une intrigue qui courrait en filigrane au cours des dix premiers volumes, et restant sur la lancée qui m’avait conduite à n’être qu’allusive pour vous parler du tome 11, je respecterai mes devoirs d’omerta.

Je ne voudrais tout de même pas que Dame Belette ne m’égorge et ne fasse sortir ma langue par le trou de ma trachée ! Ça ne me va pas du tout !

Je me contenterai de vous dire que… Comment dire… Agatha… C’est Agatha, et il faut bien qu’elle reste fidèle à elle-même !

Donc ce roman commence comme quelques autres : pour se consoler de son Nième fiasco sentimental, elle fait sa valise et part en voyage !

Et oui, la vie est un éternel recommencement, et en particulier la vie d’Agatha qui n’est jamais allée voir un psy pour se sortir des compulsions de répétition qui donnent à sa vie un tournant assez prévisible somme toute !

On pourrait trouver ça lassant (surtout si on était assis derrière le divan où elle serait aller raconter ses déboires), mais l’auteur sait mener l’affaire de main de maître et…

Je dois bien l’avouer avec une certaine dose de sadisme : les tourments d’Agatha ont quelque chose d’amusant !

Or donc, Agatha part en voyage où le manège étrange d’un jeune couple l’intrigue… Et à son retour à Carsely elle apprend que le jeune marié a tué sa jeune moitié pour une sinistre affaire d’héritage !

Or tandis qu’une inondation causée par un climat plus britannique que d’habitude, provoque la crue du fleuve local, elle tombe sur le corps d’une jeune femme qui devait incessamment se marier avec un homme qu’elle avait trouvé très louche car supposé avoir demandé à sa fiancée de se faire épiler le maillot (ah oui ! c’est louche ça !).

Il n’en faut pas moins à Agatha pour se remettre à enquêter persuadée de tomber sur un drame analogue…

La traque des criminels a toujours été un bon dérivatif pour se remettre de ses propres tourments personnels entre deux leçons de pilate (oui… une nouvelle lubie!)…

Tiens… un nouveau voisin vient d’arriver… Auteur de roman policier à succès… Divorcé en sans enfant Qui fait frémir toutes les dames du cru… puisqu’en plus du reste il n’est pas mal de sa personne…

Évidemment, Agatha est bien décidée à ne pas s’intéresser à lui ! Les vraies enquêtes c’est autrement plus compliqué que les romans !

Et puis… Les hommes c’est fini ! Ne parlons plus de James même si elle ne cesse de penser à lui (une habitude aussi tenace pour Agatha que la clope visiblement !)…

Même Sir Charles n’a plus le droit de lui adresser la parole depuis qu’il a eu l’impudence de se marier sans l’inviter… et de prendre autant de kilos qu’il n’a perdu de cheveux…

Mais les circonvolutions de cette enquête complexe, que la police ne saurait évidemment résoudre sans les subterfuges et ruses d’Agatha, ne la conduiront-elle pas à se rapprocher de l’écrivain plus qu’elle ne l’aurait imaginé ou voulu?

Sacrée Agatha !

Ce qui désirait arriver : Leonardo Padura [LC avec Rachel]

Titre : Ce qui désirait arriver

Auteur : Leonardo Padura
Édition : Métailié (06/05/2016)
Édition Originale : Aquello estaba deseando ocurrir (2015)
Traducteur : Elena Zayas

Résumé :
En quelques mots, on y est. Cuba, La Havane, comme un regret sans fond, comme la musique d’un vieux boléro. Un doigt de rhum Carta Blanca (quand il en reste), soleil de plomb, solitude. Magie des décors qui n’ont pas besoin de description, ou si peu.

Les héros de Padura sont des tendres ; ils se heurtent à la société, au destin, au temps qui passe ; à ce désir qu’ont les choses, souvent, d’arriver contre notre gré, sans nous consulter. Ainsi, les toits qui s’effondrent, les pénuries de rhum, le départ intempestif d’êtres aimés.

On trouve de tout dans ce recueil de nouvelles, amours bêtement gâchées, soldat en fin de mission à Luanda, archange noir, nuits torrides, jeunes gens désœuvrés, fonctionnaires désabusés, souvenirs cuisants…

On trouve surtout le sel des romans de Leonardo Padura, sa marque de fabrique : l’humanité qui irradie à chaque ligne, la nostalgie des vies qu’on ne vit pas, et l’art suprême de nous plonger dans une île qu’on emporte toujours avec soi.

Critique :
Caramba, encore raté !

Je pense qu’il ne me reste plus qu’à aller me noyer dans la baignoire à mojitos d’Anne-Ju pour oublier cette nouvelle défaite avec Leonardo Padura.

Zut alors, moi qui voulais conclure avec lui, moi qui rêvais de ressentir ce que deux copinautes avaient ressenti en lisant ses romans, et bien, c’est loupé !

Ce n’était pas la première fois avec lui et notre premier essai n’avait pas été concluant.

Je ne dirais pas que j’avais regardé le plafond et pensé à mes factures, mais j’avais été soulagée d’arriver à la fin de notre petite affaire, pas vraiment enchantée de ce que l’auteur m’avait montré durant l’exercice.

Puis les copinautes m’ont dit que puisque j’étais tombée de cheval, je devais remonter en selle au plus vite, mais en choisissant un autre bourrin que ceux de la quadrilogie des saisons.

Une fois de plus, donc, je me suis retrouvée avec Padura, choisissant, pour cette remontée en selle, un recueil de nouvelles. Pas folle la guêpe, les nouvelles, c’est court et si on n’en aime pas une, on peut zapper vers la suivante.

Une fois de plus, j’ai admiré les mouches au plafond, pas conquise par son style, sa prose, ses personnages.

Je mentirais en disant que je n’ai pas apprécié au moins deux nouvelles : « La porte d’Alcalá » et « La mort heureuse d’Alborada Almanza » qui étaient agréables à lire et ne m’ont pas endormies comme les autres (autres que j’ai fini par abandonner, entre nous).

Dommage, parce que j’aurais aimé partir à la découverte du Cuba sombre avec l’auteur, en apprendre plus sur la vie au pays du cigare à Fidel et de l’embargo américain à cause de baies qu’on aurait donné aux cochons…

Heureusement, l’auteur n’est pas avare d’explications et dans les cinq nouvelles que j’ai lues, j’ai déjà eu un aperçu de la vie peu glorieuse et misérable que vivent les cubains.

Au vu de ces deux échecs cuisants avec le sieur Leonardo Padura, je ne retenterai sans doute pas l’expérience, bien qu’on m’ait dit le plus grand bien de « Hérétiques ».

Je suis venue, je l’ai lu et ça n’a pas conclu !

LC avec Rachel, grande amatrice de Padura.

 

Agatha Raisin enquête – Tome 11 – L’Enfer de l’Amour : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 11 – L’Enfer de l’Amour

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (20/05/2018)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 11: And the Love from Hell (2001)
Traducteur : Marina Boraso

Résumé :
Qui a dit que l’amour c’était le paradis ? Plutôt l’enfer, même pavé de bonnes intentions ! [No spolier] Jusqu’à ce que James disparaisse pour de bon, laissant derrière lui sa maison saccagée…

Les soupçons se portent aussitôt sur l’épouse du disparu : Agatha. Décidée à se défendre et à remettre la main sur son mari, notre détective part à sa recherche, à ses risques et périls…

Critique (par Dame Ida) :
Je vous avais laissé(e)s en plan sur l’évocation d’un rebondissement aussi ébouriffant qu’inattendu (ou presque) à la fin de la précédente enquête de notre héroïne préférée.

Difficile d’introduire cette nouvelle aventure sans évoquer les détails de ce spoiler qui se prolonge et constitue un élément central de cette nouvelle intrigue…

Alors… J’essaierai d’être la plus habile possible, mais il faudra ne pas m’en vouloir de faire court.

Cela étant, comme les lecteurs et lectrices du blog de Dame Belette sont forcément des personnes de bon goût, supérieurement intelligentes (sinon ils seraient devant les émissions de télé-réalité qui font de l’audimat au lieux de lire ces lignes), et forcément dotées de capacités de déduction élevées, le titre de l’aventure ci-devant présentée pourra vous mettre sur la voie !

Et oui, il s’agit encore d’amuuuuur ! Toujours l’amuuuur ! Agatha, cette romantique aussi incorrigible que torturée pensait avoir enfin achevée sa quête du Graal et pouvoir couler des jours heureux et paisibles…

Sauf que… les choses ne sont évidemment pas si simples. Elles ne le sont jamais avec Agatha ! Et les psys diraient qu’elle sait aussi choisir les personnes qu’il faut pour que ce soit toujours compliqué histoire de n’avoir pas à regarder en face ses propres complications !

Bref, pour résumer, c’est la grosse merdasse… Et ça vire au drame quand son chéri disparaît, qu’on retrouve des traces de sang, et que la femelle perfide qui tournait autour de lui est retrouvée morte à son tour.

Pour une fois, Agatha avait un alibi et n’est pas suspectée… Mais le fait que son chéri conquis de haute lutte (ne comptez pas sur moi pour vous dire lequel – sauf sous la torture… et seulement si elle est bien faite) ait disparu est suffisant pour lui faire reprendre sa loupe, sa pipe et son deerstalker !

Heu non… Agatha a un autre costume : les jupes et talons aiguilles qui mettent ses jambes en valeur, ses teintures capillaires, ses couches de maquillages, son gin tonic et ses clopes !

Comme toujours avec Agatha, j’ai passé un très agréable moment sur ma terrasse à prendre le frais à l’ombre…

Une aventure pleine de rebondissements, avec une intrigue bien menée et rythmée où l’on retrouvera les personnages récurrents que l’on s’était habitué à fréquenter dans les Cotswolds !

PS : la proprio de ce blog hautement intellectuel remercie chaleureusement Dame Ida pour la couche de crème à reluire qu’elle vient de lui passer ! Nous aurons droit aux honneurs dans la rubrique « Brosse à reluire » du « Canard Enchaîné », le journal préféré du porteur de costumes Ar-Nys.

 

Les fantômes de Manhattan : R. J. Ellory

Titre : Les fantômes de Manhattan

Auteur : R. J. Ellory
Édition : Sonatine (07/06/2018)
Édition Originale : Ghostheart (2004)
Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
Annie O’Neill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle.

Son existence est bouleversée par la visite d’un nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. L’homme est venu lui remettre un manuscrit.

Celui-ci raconte l’histoire d’un certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais.

Quel rapport avec l’histoire intime d’Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ?

Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

Critique :
Annie O’Neill n’est pas parente avec Jack O’Neill, fondateur de la marque de vêtements pour surfeurs du même nom…

Pourtant, on peut dire que cette libraire effacée va se prendre une sacrée vague dans sa vie qui était aussi calme et paisible qu’un lac et que ce ne sera pas toujours facile pour elle de garder l’équilibre afin de ne pas boire la tasse.

Étrange… C’est le premier mot qui est venu à mon esprit en commençant la lecture du dernier Ellory car je ne savais absolument pas où il allait m’emmener, vu que je n’avais pas relu le résumé et que les chroniques des copinautes avaient été consultées en diagonale.

De plus, le récit commençait doucement et j’ai eu un peu de mal à m’installer dans le roman de cet auteur que j’apprécie pourtant grandement. Ce n’est qu’au moment où l’histoire dans l’histoire a commencé que ma lecture est devenue addictive, intéressante et captivante.

Moi qui pensait que Ellory aurait pu nous raconter l’annuaire téléphonique et nous passionner tout de même, et bien, je révise en partie mon jugement suite à ce livre. Sans rancune parce que ce début soporifique était nécessaire pour lancer l’intrigue avant de nous hameçonner et puis nous harponner.

À la décharge de l’auteur, je viens d’apprendre que c’était en fait son deuxième roman et qu’on venait seulement de l’éditer dans la langue de Molière, 14 ans plus tard…

Ceci explique sans doute cela dans le fait que j’ai ressenti moins d’émotions dans cette histoire que dans certains autres romans de l’auteur (Papillon de Nuit, Les Neufs Cercles, Mauvaises Étoile), sauf lors du récit que le vieux Forrester apporte, chapitre par chapitre, à Annie, pour qu’elle le lise. Là, émotions fortes. Violentes.

Personnage intéressant que cette Annie qui vivait une vie pépère, qui ne sait plus quoi penser de ce récit qu’on lui donne à lire, sans compter tout ce qui va lui arriver et chambouler sa vie en profondeur, la faisant passer de femme effacée en dragon prêt à tout, limite Agatha Raisin en colère (ou en chaleur), même si elle geint un peu trop à certains moments et qu’on aurait bien envie de la secouer énergiquement.

Il y a une belle évolution dans ce personnage, et dans les autres aussi, notamment le « chat » (vous comprendrez si vous l’avez lu) qui va faire un gros travail sur lui même, ainsi que chez les personnages secondaires qui vont, eux aussi, se révéler au fil des pages, prenant plus de place, évoluant, changeant, nous donnant ensuite une autre donne que celle du départ.

Si je devais résumer ce livre, je dirais que « La connaissance des livres enrichi les gens » ou « Lire est excellent pour votre santé, quelle qu’elle soit (mangez, bougez) » car le salut viendra des livres et ceux qui ne les aiment pas comme Annie les aime ne comprendront jamais quelle richesse culturelle ils ont eu dans leurs mains.

Un roman en demi-teinte pour certains passages, hautement émotionnel pour d’autres, une histoire dans l’histoire qui mériterait, à elle seule, de faire l’objet d’un roman car elle a un potentiel explosif et nous parle de l’Amérique sombre, des personnages auxquels on s’attache, même si on rêve parfois de les secouer.

Un roman où l’auteur fera preuve de talent de couturier pour rassembler tous les bouts épars de son récit et en faire une belle redingote, un roman qui, après quelques errements dans les premiers chapitres (qui sont longs et soporifiques), va tout doucement s’imposer à nous au point que, une fois passé la moitié du récit, on n’ait plus envie de le lâcher.

Un final extraordinaire, magnifique, génialissime qui m’a fait sourire jusqu’aux oreilles et même si je m’étais douté d’une chose, je n’avais pas vu les autres. Pan dans ma gueule.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Le coma des mortels : Maxime Chattam [LC avec Bianca]

Titre : Le coma des mortels

Auteur : Maxime Chattam
Édition : Albin Michel (01/06/2016) – Presse Pocket (novembre 2017)

Résumé :
Qui est Pierre ? Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ?
Un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ?

Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui.
Et rarement de mort naturelle.

Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant… un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d’une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse.

Un roman noir virtuose dont l’univers singulier n’est pas sans évoquer celui d’un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain.

Critique :
Avez-vous déjà ressenti ce grand vide lorsque, dégustant un verre de vin, vous cherchiez vainement où les professionnels de l’œnologie avaient trouvé des senteurs boisées de fraises des bois, de noisettes, d’écurie ou de caramel alors que vous, du côté des sensations olfactives et gustative, vous sentiez nada ?

C’est ce que j’ai ressenti en commençant ce livre pour ma LC avec Bianca et cherchant là où les autres avaient ressenti du plaisir et un David Lynch filmant Amélie Poulain.

Soporifique, voilà pour la note boisée.

Confus, voilà pour la senteur noisette.

Abandonné, voilà pour le goût du bouchon.

Le narrateur a réussi à me pomper l’air, à me donner envie de dormir pendant qu’il me racontait le meurtre horrible de sa copine et qu’il me causait de sa vie.

J’ai finalement ressenti lors de ma lecture de ce 10 juillet 2018 après-midi ce que j’ai ressenti pour le match de foot du soir : nos Diables Rouges courant partout mais n’arrivant pas à conclure !

Ce n’est pas avec ce roman-ci que je reviendrai à Maxime Chattam et ce n’est pas avec ce roman-là qu’il faut le découvrir car nous sommes aux antipodes de l’auteur qui m’avait conquise avec sa « Trilogie du Mal », avec son « 5e règne » ou subjuguée avec son roman noir « Que ta volonté soit faite ».

Une LC sur la même longueur d’onde avec Bianca puisque de son côté, c’est un abandon aussi, mais à la page 80, ce qui fait d’elle une plus courageuse que moi qui l’ai arrêté à la page 50.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).