Population 48 : Adam Sternbergh

Titre : Population 48

Auteur : Adam Sternbergh
Édition : Super 8 (11/10/2018)
Édition Originale : The Blinds (2017)
Traducteur : Charles Bonnot

Résumé :
Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants.

Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ.

En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ.

Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder.

Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis.

Trop tard pour faire marche arrière.

Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…

Critique :
Encore un livre que je voulais absolument découvrir et qui ne m’a pas déçu, m’apportant même une bonne dose de ma came préférée : un thriller en huis-clos !

Le tout avec une pointe de fantastique puisque les expériences scientifiques accomplies dans ces pages n’ont pas encore eu lieu.

Enfin… Je crois… Je pense… J’espère…

Caesura, dite aussi « Blind Town »…

Imaginez une ville paumée en plein trou du cul du trou de cul du fin fond de l’anus du Texas.

Un bled qui n’existe sur aucune carte, dans aucune administration et où ne vivent que 48 personnes dont la particularité est qu’elles ont toutes eu une partie de leur passé effacé ainsi qu’une nouvelle identité qu’ils ont dû choisir en mélangeant un nom/prénom d’acteur célèbre avec celui d’un vice-président.

Assassins notoires ou témoins protégés par le système ? Aucun d’entre eux ne le sait et le lecteur n’en saura rien de plus au départ.

Le départ est banal, si je puis dire, car hormis le lieu inhabituel, la suite a l’air d’être courue d’avance puisque nous avons un crime, faisant suite à un banal suicide et donc, étant en milieu clos, on sent venir le bon vieux whodunit à la Sherlock Holmes/Hercule Poirot, avec le shérif Cooper pour mener l’enquête et son assistante, Sidney Dawes dans le rôle du Watson plus qu’éclairé.

— […] Alors avant que vous sortiez votre casquette de chasseur de daim pour vous lancer dans votre numéro de Sherlock Holmes, merci de considérer la nature – délicate – de la situation.

— Je ne savais pas que ça venait de là.
— De quoi ?
— Le chapeau de Sherlock Holmes. Je ne savais pas que c’était une casquette de chasseur.
— Autre chose ?
— Ça ne sent pas bon.
— Non, ça ne sent pas bon, dit Cooper. Ça ne sent pas bon du tout, putain.

Elle hésite. « Je ne suis pas flic, vous savez. J’étais ambulancière avant de venir ici.
— Et moi j’étais gardien de prison. Alors peut-être bien qu’aucun de nous deux ne devrait jouer les Sherlock Holmes sur cette affaire. »

Ça, c’est que tu croiras au départ, lecteur blasé du thriller et du polar ! Un bête crime à résoudre… Que nenni !

On va plus loin que ça, dans ce thriller aux relents fantastiques (SF ?) et d’ailleurs, l’auteur ne s’embarrassera pas longtemps avant de te balancer le coupable de ce meurtre puisque celui-ci n’est que le point de départ et qu’ensuite, on va gripper les rouages de la machine avec des tas de petits grains de sable qui ne se comporteront pas comme ils sont censé le faire.

Et c’est là que réside un autre des talents de l’auteur : arriver à nous perturber, à nous emmener là où on ne s’y attend pas, à nous secouer, à nous surprendre, à nous angoisser… Le tout en s’aventurant sur un terrain inhabituel tout en restant plausible et réaliste dans les actions de ses personnages ou dans la logique de son scénario.

Le panel des personnages n’a déjà pas fini de nous surprendre, mais en plus, l’auteur a fait pousser son idée sur un terreau fertile, l’a bien arrosé, l’a retaillé et nous livre un petit OLNI de 418 pages où il est difficile de s’ennuyer, sans compter que l’on risque de s’attacher à certains personnages.

Un meurtre en huis-clos, oui, mais pas que… pour parodier une maison d’édition célèbre pour ça. La partie immergée de l’iceberg est bien plus intéressante, plus importante, plus glauque, plus sombre, qu’un simple meurtre…

Voilà donc un thriller en huis-clos où l’on a plus d’empathie pour la population de ce bled paumé entouré de grillages, même si on se doute que ce ne sont pas toutes des brebis innocentes, alors que l’on prendra en grippe ceux qui représentent la Loi.

Encore une belle découverte de cette année 2018 et sans aucun doute, il terminera dans mes coups de cœur car il a réussi, avec un pitch qui semblait vu et revu au départ, à partir dans un tout autre sens et à m’étonner tout au long de ces pages survoltées où tout peut arriver.

Il se peut que Dieu pardonne, mais Il exonère rarement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

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29 réflexions au sujet de « Population 48 : Adam Sternbergh »

    • Super 8 ne m’a pas toujours enchanté, mais c’est une question de goût, aussi, mais dans l’ensemble, ils proposent des romans qu’on ne voit pas ailleurs, et c’est tout à leur honneur 😉

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