Inexorable : Claire Favan

Titre : Inexorable

Auteur : Claire Favan
Édition : Robert Laffont La bête noire (11/10/2018)

Résumé :
Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.

Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

« Claire Favan franchit un cap avec cette histoire qui touchera inexorablement votre âme. » Yvan Fauth, blog EmOtionS.

« À l’enfant qui est en vous, ce livre peut raviver des douleurs. À l’adulte que vous êtes devenu, il vous bousculera dans vos certitudes. » Caroline Vallat, libraire Fnac Rosny 2

Critique :
Le résumé de ce livre m’avait attiré, les critiques élogieuses me donnaient encore plus envie de me plonger dans cette histoire d’un enfant mis à l’écart à l’école.

Ne pas rentrer dans le moule et se retrouver mis à l’écart, je connais ça, j’ai vécu ça, faut pas croire que j’étais une meneuse à l’école, ni la plus populaire.

Ce genre de sujet aurait dû me parler, me procurer des émotions fortes, de l’empathie pour Milo, ce jeune garçon mis au ban dans son école, mais là, j’ai eu du mal à m’attacher à lui car nous n’avions rien en commun…

Bon, déjà, un papa gangster, ça n’aide pas à se sentir en phase, le mien n’ayant jamais pratiqué cette profession lucrative et dangereuse… De plus, si Milo est écarté et perd ses copains, c’est suite à la violence qu’il commence à développer envers les autres, ce qui entraînera l’effet boule de neige de se retrouver accusé de tous les maux, même lorsqu’il est absent. Le bouc émissaire parfait, en quelque sorte.

J’avoue que j’aurais préféré tomber sur un récit plus conceptuel de mise à l’écart d’un enfant dans une école : un enfant timide, taiseux, d’une couleur différente, possédant un petit handicap, ou un retard mental léger…

Ceci afin de pouvoir rattacher cet enfant à un sentiment connu, vécu par moi-même ou par d’autres enfants et qui m’a été raconté. Là, pour ces gosses, j’ai de l’empathie, mon cœur saigne car la mise à l’écart est injustifiée.

Mais un enfant violent, ça fait rejaillir aussi ce que les enfants d’amis ont subi : les coups porté par cet enfant à d’autres et la direction de l’école qui, tel Ponce Pilate, se lave les mains en se retranchant derrière le « C’est un enfant à problème, on ne sait rien faire de plus ».

Comme une amie à moi qui est dans le cas : son gamin s’en prend plein la gueule suite à un enfant violent et le violent n’est pas écarté, ni puni… Et ce gosse ne doit pas sa violence à d’autres enfants de l’école qui l’auraient eux-mêmes maltraité, ni à un milieu familial chaotique. Mon petit-neveu en a souffert aussi, en 2ème maternelle, autrement dit, entre gosses de 3-4 ans !

Anybref, j’ai apprécié le récit, mais niveau émotions, je ne serai pas en overdose puisqu’il m’en a manqué.

J’ai eu du mal à m’attacher à Milo, même si j’ai trouvé le comportement de ses profs injuste et que ces derniers, au lieu de l’aider, l’ont enfoncé un peu plus car il est plus facile de détruire que de construire, plus facile d’enfoncer que d’aider à sortir la tête hors de l’eau.

Idem au niveau de ses copains de classe, qui ont profité ensuite de la situation de bouc émissaire de Milo, mais là, tout le monde sait que les chères têtes blondes sont de vrais démons entre eux.

Malgré tout, l’auteur met bien en évidence le fait qu’un parcours scolaire chaotique tel que fut celui de Milo a débouché sur un jeune homme en manque de confiance, de repères et que ça lui a bousillé ses chances professionnelles.

Par contre, l’auteur m’a glacée au niveau de son polar et de ce qu’une mère est capable de faire pour sauver son enfant. Là, elle m’a troué le cul et je ne m’en suis pas encore remise, oscillant toujours entre le « elle a eu raison » et le « rien ne justifiait cette action ».

Une demi-teinte pour moi, puisque je cherchais autre chose, carton plein pour le côté polar puisque j’en ai pris plein ma gueule sans pouvoir bouger pendant que l’action se déroulait sous mes yeux.

Par contre, pour vous, ce sera peut-être le ticket gagnant au niveau des émotions ou de l’empathie. Je désirais autre chose, je ne l’ai pas eu, ce qui ne m’empêchera pas de sauter de joie à l’idée du prochain roman de l’auteure et de le lire car madame Favan m’a déjà donné un fameux quota d’émotions avec ses autres livres.

EDIT : le coup d’Olivier Norek en marraine la bonne fée, dans les remerciements, m’a fait pisser de rire !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

43 réflexions au sujet de « Inexorable : Claire Favan »

    • Oui, le vécu importe énormément, l’état d’esprit aussi et tout le reste. Bon, ben, je n’en ferai pas une maladie, l’auteure a écrit un bon livre, même si je cherchais autre chose. Les deux derniers m’avaient procurés plus d’émotions (dompteur d’anges et serre-moi fort)

      Aimé par 2 personnes

    • 3 Sherlock parce que ce n’est pas de la faute de l’auteur si je pensais lire une exclusion due à autre chose qu’un caractère devenu violent suite à un traumatisme… Pas sa faute non plus si dernièrement, le fils d’une copine et mon p’tit neveu ont fait les frais d’enfants violents, ce qui change mon regard envers Milo… Et oui, ça me fait pencher du côté des gens qui les excluent, ce qui ne fait qu’empirer les choses… Mais merde, quoi, mon p’tit n’veu, c’est mon chouchou !

      Le livre est très noir, pas vraiment de quoi reprendre son souffle et quand tu le reprends, elle te replonge sous l’eau.

      Non, personne n’est jamais là pour te sauver, dans le scolaire… Ou alors, c’est quasi du miracle ! Autant les profs violentés que les élèves, personne ne les aide.

      3 sherlock aussi pour le côté polar et le coup de pied au cul.

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  1. Pas sûre pour l’empathie, parce que les gamins violents que les parents excusent, voire que le professeur excuse, j’ai connu ça dès l’école primaire. Dédicace à deux de mes institutrices, eu deux années différentes. L’une a pris les choses en main, et a fait cesser les problèmes, l’autre a enguirlandé les victimes, disant qu’elle ne s’en mêlerait pas, que c’était scandaleux que nous nous fassions battre, nous n’avions qu’à battre à notre tour.

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    • Mon mari, victime des autres parce que étranger, a cassé des gueules et ça a cessé de suite, les quolibets, plus personne ne l’a cherché, mais il ne s’est battu qu’avec les emmerdeurs… jamais avec les autres, la violence était ciblée, donc.

      Les profs ont peur des enfants violents, ils ne savent pas toujours quoi faire et nier le truc est plus facile, donc… On fait l’autruche.

      Ici, le gosse est mis à l’écart de suite et les autres, évidemment, le brime…

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  2. C’est compréhensible que notre ressenti biaise une lecture, et je dois avouer que les petits caïds des cours de récré, j’ai connu en tant qu’élève et maintenant c’est mon fils qui s’y colle. Sauf que lui, si on le cherche, on le trouve, à l’instar de ce que ton mari a dû faire pour qu’on lui lâche la grappe. Je préfère qu’il ramasse une punition pour avoir riposté plutôt qu’un oeil au beurre noir par semaine ! Ceci dit, je crois que je vais quand même finir par le lire… ne fût-ce que pour tous les bons points que tu lui donnes !

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    • Tu pourrais trouver dedans ce que tu recherches, ou, si tu ne cherches rien de spécial, il risque de te plaire, ce qui serait une bonne chose 😀 Je n’avais rien d’une caïd, que tu contraire, moi…

      Problème, quand tu donnes des coups, c’est que les autres peuvent aussi venir te chercher parce qu’ils savent que tu vas te retrouver chez le dirlo ou puni, alors que les caïds, eux, ne le sont jamais. Cherchez pas à comprendre… La génération de mon mari était sans doute plus intelligente que celles de maintenant.

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  3. Pas pour moi! L’ancienne surdouée à lunettes qui n’avait que les livres pour amis et mère d’un surdoué (fait vérifié par l’éducation nationale elle même !) lui-même bien cassé par le système scolaire… ne supporte plus les histoires de ce genre… Je veux pas m’effondrer en larme à chaque page! Pitié ! 😭

    Aimé par 2 personnes

    • N’étant pas surdouée… Mais je lisais un peu trop, en effet, ça n’aide pas à se faire des amies, sans oublier que j’étais timide à mourir, … Ouf, tout ça est loin derrière moi.

      Vaut mieux être le cancre au fond de la classe, parfois… Malheureux d’être dans un système où la réussite n’est pas encouragée. Jalousée, même.

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